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Julia Drouot a coupé court…

De ses années de conservatoire, il reste à Julia Drouot peut-être le goût de ses fugues, non pas celles qui se jouaient au XVIIème siècle dans les salons des cours européennes, mais celle qui se chausse de semelles de vent. La chanteuse et compositrice a…

La fuite d’Ellside

Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre…

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Four Tet

Remixes

Après Fridge (bientôt le comeback), ses albums solo, ses compilations d’influences et de goût(s) (LateNightTales, DJ Kicks, tous deux fameux) et son ‘featuring’ Steve Reid, Kieran Hebden rappelle à notre bon souvenir qu’il est aussi, forcément dirait-on, un sacré bon remixeur. Normal pour un type de cette éclectisme trempé, à l’ouverture d’esprit simplement exemplaire : monsieur aime la musique ? Nous aussi, et c’est pour ça qu’on l’aime et qu’on guette chacune de ses sorties. Scindée en deux (« remixes » et « remixed »), cette double compile donne un bel aperçu de ce que le garçon est capable, à savoir s’approprier la musique des autres sans la rendre vulgaire. Sous son scalpel digital s’ébaudissent stars planétaires (Radiohead, Aphex Twin, Bloc Party), les visionnaires Madvillain (bref Madlib et MF Doom) et même la gentille Sia – avis aux amateurs de Six Feet Under, la fin. C’est là qu’on repense au slogan de la série (« Tout a une fin ») et que d’un coup notre pression sanguine s’affole et nous oblige à éteindre cet ordi, pour une bonne nuit de sommeil. Ah oui, sinon Four Tet est remixé par Jay Dee, Manitoba, Battles ou encore Boom Bip. « Tout a une fin ». Sniff. Ca ne pouvait pas mieux tomber. 

 



The Low Lows

Fire on the bright sky

Écrit par

Lorsque trois ex Parker & Lilly –le chanteur Parker L. Noon, le batteur Jeremy Wheatley ainsi que Daniel Rickark– s´associent, le résultat aboutit au projet The Low Lows, un projet à tendance folk lo-fi, atmosphérique, intimiste et torturé.

Dès la plage d’ouverture – « Dear Flies Love Spider – on est frappé par ces sonorités entêtantes et cette voix déprimée à l´accent si particulier qui couche ses mots sur un tapis de claviers éthérés et de guitares en feedback. Il est cependant possible de ne pas accrocher à cette formule assez répétitive et somme toute, plutôt molle ; mais on appréciera cependant, à sa juste valeur, des morceaux tels que le hanté « White Liner », l’aérien « St Neil », bercé de vagues de pedal steel ou encore le lumineux « Wolves Eat Dogs ».

Une œuvre calme, portée par une voix noyée de réverb, une brume sonique cotonneuse susceptible de vous envoûter ou de vous lasser. Tout est affaire de goût !



Izaline Calister

Kanta Hélele

Écrit par

Originaire de l’île de Curaçao dans les Caraïbes, la chanteuse Izaline Calister est une star locale depuis la sortie de son premier disque « Krioyo ». Sur « Kanta Hélele » elle revisite quelques traditionnels de son île en y ajoutant sa touche personnelle. Elle compose aussi ses propres morceaux dans un mélange qui doit autant à la salsa moderne un peu clinquante, au zouk qu’à la rumba congolaise. Les atmosphères sont aussi fort versatiles : des chansons pour se trémousser, quelques ballades jazzy carrément mielleuses (« Nada den mi man ») et des plages touchées par la fièvre vaudou (« Karnaval di Zumbi »). Une belle voix, peut-être trop lisse, comme le reste de la production musicale de ce disque ; l’interprétation est irréprochable, mais hésite constamment entre pop et tradition.

 

Matt Elliott

Falling Songs

Écrit par

Il est des livres que l’on aime ouvrir et rouvrir sans fin, des recueils de poésie où dès la première page, le parfum des émotions parle à nos sens. Il en est de même tout au long du dernier bijou de l’anglais Matt Elliott, ex jungleman de The Third Eye Foundation et propriétaire solitaire de 2 excellents albums (« The Mess We Made » ainsi que « Drinking Songs »), disques parus sous le label Ici d’ailleurs… Là  où la ‘branchitude’ actuelle pousse les artistes à remplir leur disque dur d’effets électro, lui s’arrête en chemin pour nous offrir un conte où les instruments - acteurs généreux - nous racontent sans complexes une histoire douce et magique.

La guitare sèche ouvre le bal en narrateur averti, les voix fantomatiques de Matt Elliot et de ses acolytes comprennent l’appel et prennent le relais. Ensemble, ils entament l’histoire pour nous emmener à la rencontre de violons tziganes, d’une batterie, d’une trompette, d’une flûte... Tous les acteurs ont parfaitement compris leur rôle dans la fable, et chassent ensemble l’Ogre représenté ici par la saturation d’une guitare électrique. Le monstre vaincu, l’ensemble des protagonistes se retrouve lors d’un banquet pour narrer de manière exhaustive leur culot et leur courage. Ils se congratulent en affichant fièrement la tête de l’ennemi posée sur l’autel. L’album, d’une justesse et d’une émotion sans faille, rend impossible l’indifférence et son écoute ne peut que troubler. Un recueil qui se doit d’avoir une place de choix dans votre collection… en tout cas il ne bougera pas de la nôtre.

 



Jean-Paul Effe

Prendre l´air

Écrit par

De son véritable nom Jean- Paul Fourgeot, cet auteur-compositeur-interprète n’est pas né de la dernière pluie, puisque avant de se lancer en solitaire, il a travaillé en compagnie d’artistes tels que les Rita Mitsouko, Laurent Sinclair ou encore Daniel Darc... Et a participé à « Angel moves too fast to see », pièce symphonique pour 100 guitares. Il baigne d’ailleurs dans l’univers de la musique depuis un quart de siècle. Son premier elpee solo, « C’est ainsi », ne remonte pourtant qu’à l’an 2000. Il nous invite à « Prendre l´air » sur son deuxième essai. Invitation volontiers acceptée. La pop, le rock et le folk des années 80 semblent avoir marqué Effe. Aussi bien Dylan que Pink Floyd. Mais aussi la chanson française. Et en particulier Jacques Higelin. En proie aux doutes existentiels, il opère, à travers ses textes, l’inventaire d’une existence, des envies, des erreurs, des oublis, des déboires (NDR : les siens ?) ; et en particulier des relations humaines. Tantôt dépouillées, sous un format acoustique, tantôt enrichies d’arrangements luxuriants, ses compos nous plongent au sein d’un univers tour à tour paisible, mélancolique ou franchement ténébreux (« En finir », « Ce qu´il manque »). Des plages, qu’il interprète d’une voix au timbre proche d’Hugues Aufray. Fort bien réalisé par Georges Betzounis - compositeur du Nijinsky de Daniel Darc – l’opus recèle même quelques tubes potentiels tels que le titre maître ou « Abandonne ». Très joli...

Janiva Magness

Bury him at the Crossroads

Écrit par
Miss Magness a passé sa jeunesse à Detroit, dans le Michigan. Elle y écoute du R&B ; et tombe sous le charme d’Etta James, de Billie Holiday, de Memphis Minnie, d’Aretha Franklin et de Koko Taylor. Il y a cependant belle lurette, qu’elle réside du côté de Los Angeles. Après avoir commis "More than live" (NDR: paru chez Tiger), "It takes one to know one" (NDR: sur Fathead), ainsi que "My bad luck soul", "Blues ain't pretty" et "Use what you got" (NDR: tous trois pour Blues Leaf), elle nous revient déjà avec un sixième elpee: « Bury him at the Crossroads ». Un oeuvre qui est en quelque sorte le fruit de sa rencontre avec Colin Linden. Et pour cause, ce denier a produit, enregistré, mixé et s’est réservé la guitare sur cet opus. Ex musicien de Janis Joplin, Richard Bell siège derrière les claviers, Stephen Hodges assure les percussions, et Jeff Turmes - le compagnon des bons et des moins bons jours – est fidèle au poste à la basse ; tout en prêtant son concours au saxophone, à la guitare, et au banjo. Le timbre vocal de Janiva est pur, velouté, très expressif. Mais pour la toute première fois, son chant n’a jamais été aussi dépouillé.
 
L'album s'ouvre par "A woman knows". Le saxophone baryton de Jeff Turmes alimente le son complètement pourri, dans un style inimitable et facilement reconnaissable. Et la guitare de Linden n’est pas en reste pour accentuer cette sensation d’étouffement. Janiva nous plonge alors dans une atmosphère intimiste. Sa voix se fait autoritaire dans l’univers acoustique. Elle rend véritablement justice au "The whale has swallowed me" de JB Lenoir. Une interprétation accomplie avec une intense émotion. La version d’"Everything gonna be alright" de Magic Sam Maghett est à la fois très personnelle et inscrite dans le style importé de Chicago. On y recèle instantanément le riff, véritable marque de fabrique. Colin nous y accorde une prestation 5 étoiles. L’orgue Hammond colle littéralement au chant sur la douce et belle ballade, "Wasn't that enough". Linden accompagne Janiva sur "Wasn't that enough", un delta blues tonique issu de sa plume, chanté avec force et passion. Assise sur le rebord du piano, elle chante en toute décontraction "The soul of a man" d'Oliver Sain, avec pour seul accompagnement les ivoires. Elle se retourne sur Colin Linden qui commence à gratter son dobro pour chanter "That's no way to get along". Composé par Turmes, le titre maître plante sa simplicité dans le décor sonore ; pourtant on distingue nettement le banjo, le son métallique du dobro et de timides percussions. Toutes les expressions de ses cordes vocales sont mises en évidence dans ce répertoire roots. "One more heartache" en est la plus belle démonstration. Piano, guitare et basse acoustique apportent une touche cabaret jazz à "I'm leavin'". "Less and less of you" renoue avec son répertoire habituel. Un country blues au cours duquel les percussions de Stephen Hodges sont à l'avant-plan, pendant que la guitare électrique produit d'excellents effets autour de la voix. "Ain't lost nothin'" constitue le morceau qui me botte le plus. Un fragment écrit par Delbert McClinton et porté par la basse de Jeff, avec la bénédiction évidente de la section rythmique. En finale, "Eat the lunch you brought" marque un retour au style roots. D’excellente facture, cet opus rend justice aux qualités vocales de Janiva ; et si ce n'est son meilleur à ce jour (NDR : une artiste d’une telle dimension doit toujours être capable d’étonner), il tient bien la route.

Tuxedomoon

Bardo Hotel Soundtrack

Écrit par

Tuxedo Moon a donc composé la bande originale de ce film réalisé par George Kakanaki, un hommage aux techniques de cut-up expérimentées dans un hôtel parisien par William Burroughs, mais aussi par Brion Gysin, deux poètes de la radicalité, et dont Gysin a tiré son fameux roman, The Bardo Hotel. Malheureusement, le long métrage n’est pas joint au cd audio. Grosse surprise, les sessions d’enregistrement ont été opérées à San Francisco, alors que le groupe avait annoncé mordicus qu’ils n’y mettraient plus les pieds. Bref, revenons-en à la musique. Exclusivement instrumentale (NDR : il y a bien quelques chœurs, mais intégrés à la solution sonore), cette œuvre nous conduit de chambre en chambre (NDR : celle de l’hôtel), au sein desquelles vous avez parfois envie de vous attarder, de vous y installer ou d’y transiter à la vitesse éclair. Certaines sont bruyantes, car on y fait la fête ou tout simplement parce que les vrombissements des avions qui atterrissent ou décollent (à moins que ce ne soit tout simplement à cause du tumulte de la rue), d’autres propices à la méditation. Tuxedo Moon peint en quelque sorte des impressions avec des sons. Nous ne sommes parfois pas très loin de l’univers de Miles Davies ou de Charlie Mingus, même si l’électronique y est plus présente. Maître de l’avant-gardisme, Tuxedo Moon s’est même autorisé quelques fantaisies, en parsemant, au beau milieu de ses compos, quelques mesures de « Baron Brown » (« Cabin in the sky »), « Loneliness (« Half mute ») et même de l’incontournable « Jinx », morceau phare de « Desire ». On comprend mieux pourquoi, cet opus porte l’empreinte de Made to Measure, collection qui avait disparu de la circulation depuis belle lurette…

 

Maximilian Hecker

I´ll be a virgin, I´ll be a mountain

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Ah, Maximilian… Quelle voix, quelle douceur… Et quelle gueule… Stop : on connaît la chanson. Facile : en trois albums, l’Allemand a présenté un univers dont les limites sont déjà tracées. « Infinite love songs » avait convaincu, « Rose » a plu. « Lady Sleep » a commencé à décevoir. “I’ll be a virgin, I’ll be a mountain” continue la suite logique. Enfin, à quelques nuances près. « Snow White » nous emmène au cœur de la Forêt Noire et confirme la tendre poésie ésotérique de l’auteur. Sa recherche introspective se poursuit au long des 12 plages pour ne trouver la lumière qu’au bout de la dernière (« Grey »). Entre blanc et gris, Maximilian Hecker décline sa palette de tons pales qu’il habille de piano, guitare et murmures. Le tableau est mélancolique, joli même, mais lisse et lassant. Car l’essentiel ne se trouve pas dans ces complaintes de velours. La simplicité de la ballade folk « Messed-up girl » témoigne du talent à l’état brut du songwriter. Au final, pas de surprises sur ce quatrième album à écouter au chaud. Les mélodies et la voix restent agréables, mais à force d’avoir tant pleuré sous la couette, faudrait penser à changer les draps…

 

 

Eagles Of Death Metal

Death by sexy...

Écrit par

On pourrait aisément vous vendre les Eagles Of Death Metal en arguant de la présence de Josh Homme, frontman des Queens Of The Stone Age. Un gage de qualité pour ce side-project apparu pour la première fois dans les Desert Sessions. Mais ce ne sera pas nécessaire. D´une part parce que la musique des EoDM n’a rien à voir avec les œuvres des Reines de l´Age de Pierre – on est ici face à du garage rock bien brut, malgré le nom du groupe – mais aussi parce que l´album tient parfaitement la route sans reposer sur la réputation de l´un de ses membres.

Pour ce deuxième elpee, successeur du réussi « Peace Love And Death Metal », on retrouve Josh Homme à la batterie. Primitive, peut être, mais n´est ce pas l’essence du son garage ? Si vous en doutez, réécoutez les Stooges ou les White Stripes. A la basse et aux chœurs, en sus de son rôle de producteur. Aux guitares et voix, toujours Jesse Hughes, sa moustache et sa bouille de Ned Flanders rock & roll. Dave Catching, Brian O´Connor et Dean Trautmann ont également apporté leur concours aux guitares, basses, batteries et percussions.

Au programme, treize titres et un bonus à base de guitares fuzz hargneuses, de chœurs déjantés, de batterie tribale et de touches de slide acoustique. Par exemple « Chase The Devil » et son riff survolté. On démarre sur les chapeaux de roues par « I Want You So Hard », on se laisse chavirer par le feeling bluesy/stonien de « I Like To Move In The Night » assaisonné de chœurs allumés en fausset, « Solid Gold » et son petit côté beatlenesque ne laisse pas augurer le climat pesant de « Poor Doggie » ou un « Eagles Goth » si glauque qu´on a presque du mal à le prendre au sérieux. La musique des EoDM est un savoureux cocktail d´influences passées au shaker de musiciens talentueux qui sont parvenus à en extirper la substance pour en tirer un mélange unique, personnel. On sait ou croit savoir d´où vient ce que l´on entend, mais cette saveur est belle et bien originale.

Quarante et une minutes de musique directe et efficace, allant droit au cœur.

 

Various Artists

Declaration of fuzz

Écrit par

Pour célébrer son 25ème anniversaire, le label Glitterhouse a décidé de ressortir le tout premier elpee de son catalogue sous la forme d’un cd. Le tout a, bien évidemment, été remasterisé. 18 titres pour autant de combos qui émarge(ai)ent (alors) au garage. Difficile d’ailleurs de savoir si ces formations sont toujours actives. Une chose est sûre, ces morceaux auraient tout aussi bien pu figurer dans le répertoire de bands issus des sixties comme dans celui de groupes revivalistes, contemporains ou non. Ce qui n’empêche pas cette compile de se révéler particulièrement savoureuse. Et de constituer, pour tout aficionado de garage, une œuvre indispensable à sa collection. Si la plupart des ensembles sont issus des States et de Suède, l’Allemagne, l’Ecosse, l’Autriche, l’Italie et les Pays-Bas sont également représentés. Et le booklet est suffisamment explicatif pour vous y retrouver facilement.

Ce « Declaration of fuzz » épingle ainsi dans l’ordre Boys from Nowhere pour un sauvage et rageur « Jungle boy », The Not Quite lors d’une compo particulièrement mélodieuse, intitulée « Wars or hands of time », nonobstant la voix sépulcrale (Vincent Crane ?) du chanteur. Blacklight Chameleons nous entraîne dans un énigmatique et cosmique « Door ». Le « Don’t come with me » de Sick Rose est littéralement rogné par un orgue vintage, comme chez Inspiral Carpets. The Seen s’attaque à la cover de « Hey Joe », compo immortalisée par Jimi Hendrix ; mais en enlevant le tempo, il lorgne manifestement vers l’univers mod des Who et des Kinks. The Blackberry Jug nous plonge dans un univers cauchemardesque, fantasmagorique, tout au long du titre éponyme, imprimé sur un rythme frénétique. Minimaliste, « I’m glad I walked out the door » rappelle manifestement les premiers enregistrements des Beatles. Il est l’œuvre de Mystic Eyes. The Stomach Mouths se réserve un insidieux et étrange « Something weird ». Le « Nowhere to run » de The Cynics possède un refrain entêtant, hypnotique. Les Miracle Workers ont opté pour l’épileptique « L.O.V.E. ». Le folk fuzz de Cornflake Zoo prend toute sa dimension sur « 13 stations ». Les spectres des Yardbirds et des Electric Prunes ne sont pourtant pas loin. The Stepford Husbands concède un « Why aren’t you there ? » envoûtant, hymnique. The Otherside revendique l’héritage de Love pour attaquer le dépouillé et binaire “Say those magics words”. Le farfisa domine le « Gonna make you mine » de Crimson Shadows. On baigne à nouveau, ici, dans un univers sonore proche d’Inspiral Carpets. Un harmonica poussiéreux donne une coloration r&b au « I never loved a girl » de Running Stream, compo régulièrement enflammée par les cavalcades du drumming. Plus psyché, le « Make me stay » de Green Telescope, bénéficie d’une mélodie contagieuse. Le « Cryin’ shame » des Preachers est un fragment garage qu’on pourrait qualifier de classique. Et en finale, The Broken Jug se distingue des 17 autres combos, par un « 2120 south Michigan ave » lancinant, presque ‘doorsien’. Intemporel, ce style musical n’est pas encore prêt à emprunter une voie de garage…

 

 

Slaid Cleaves

Unsung

Écrit par

Slaid Cleaves pourrait être comblé: excellent guitariste et doté d’une voix magnifique, il est parvenu à se tailler une place au soleil dans la scène musicale d’Austin. Mais voilà : après deux albums (« Broke down » et « Wishbones »), et une renommée flatteuse, le songwriter choisit d’emprunter un autre chemin que celui alors tracé en solitaire. Car « Unsung », c’est avant tout l’envie de faire la part la belle aux amis, collègues, frères et sœurs d’armes. Ce sont treize chansons interprétées par d’autres songwriters dans son salon ou dans les bars. Treize titres folks, aux accents country, dignes héritiers de Woodie Guthrie, Johnny Cash et Hank Williams. Treize deuxièmes naissances pour ces morceaux qui brillaient dans l’ombre… Les grands moments de l’album sont signés par Steve Brooks (« Everette », et son tempo désinvolte), Karen Poston (« Flowered Dresses » où piano et violoncelle viennent saluer la disparition à petit feu d’une belle héroïne) ou David Olney (« Millionaire » ou l’éloge de la dignité). Et si, à première vue, on peut s’inquiéter de la cohérence de l’album, c’est sans compter sur la grâce et l’élégance de son géniteur. En reprenant des chansons qui auraient probablement disparues, Slaid Cleaves signe un recueil poétique désormais classique, dans la pure tradition d’auteurs tels que Townes Van Zandt. ‘That’s just what poets do’…

 

Benoit Tab

Best of the bayou blues

Écrit par

Né à Baton Rouge, Tab est un Louisianais pure souche. Il vient de fêter ses 39 ans. C'est dans le club de Tabby Thomas - le Tabby's Blues Box - qu'il a fait ses armes dans l'exercice du blues. Parti à la Nouvelle Orléans, il est remarqué par Barbara Becker, alors manager de Dr John. Il participe à un projet du label Justice Records, "Strike a deep chord : Blues guitars for the Homeless", en concédant une de ses compos, "Nice and warm". C’est également le titre de son premier elpee, paru en 1992. Dans la foulée, il commet "What I live for" en 94, "Standing on the bank" en 95, "Live Swampland jam" en 97 (NDR : tous chez Justice) et puis, "These blues are all mine" en 99, sur Vanguard. La même année, il signe chez Telarc. Il y commettra plusieurs elpees, dont "Homesick for the road", un disque pour lequel il avait reçu le concours de deux autres guitaristes, Kenny Neal et Debbie Davies. Le présent album est une collection réunissant des extraits des cinq premiers opus. L’emploi du temps de Tab est assez chargé, puisqu’il accorde près de 250 concerts par an. Et le succès est au diapason. Enfin, au cours des dernières années, il a souvent travaillé en compagnie de Jimmy Thackery.

"Voodoo on the bayou" ouvre le disque en force. Très offensive, la guitare lâche des accords secs et métalliques. A ses débuts, le jeune Tab évoluait manifestement dans un registre proche du regretté Stevie Ray Vaughan. C’est d’ailleurs à la même époque qu’il est disparu. L'opus affiche les différentes facettes de ce jeune Louisianais ; mais il est incontestablement au sommet de son art dans l’exercice du blues lent. Le plus souvent, il établit, en toute simplicité, un dialogue entre sa voix assez autoritaire et sa guitare. Six cordes qui envahissent le moindre espace libre. Une méthode qui nous vaut quelques bien belles plages. A l’instar de "Nice and warm", superbement introduit par l'orgue Hammond B3 ou encore "Drownin' on dry land", deux titres issus du premier elpee. Sa voix est brûlante. "What I live for" en est la plus belle démonstration. Une compo toute en sensibilité, à fleur de peau. Une sensation accentuée par l'orgue de Reese Wynans et la guitare rythmique de Derek O'Brien. "Cherry tree blues" et "These blues are all mine" constituent autant de perles aux accents dramatiques. Tout bluesman issu de l'un des états du sud profond des Etats-Unis ne peut rester insensible au blues traditionnel du delta. Tab n’échappe pas à la bonne règle. En particulier sur "Somehow", fragment au cours duquel ses cordes acoustiques accompagnent sa solitude. Lors du "Mother Earth" de Memphis Slim, également. Ou encore le "Rainy day blues" de Willie Nelson. Le célèbre countyman est d’ailleurs de la partie. Pour un duo magique. Dépouillé à l’extrême, ce petit bijou baigne au sein d’une atmosphère gorgée de feeling et tout en subtilité. Splendide, "Standing on the bank" évolue dans un style très proche de John Lee Hooker. En dispensant ses notes parcimonieusement. Il est chez lui à Baton Rouge. A moins que ce ne soit à Houma. Une chose est sûre, sa solution sonore stagne dans l’atmosphère paresseuse et suffocante des bayous. La musique plus spécifiquement louisianaise n’a pas été oubliée. A l’instar de la cover sémillante du classique de Hank Williams, de "Jambalaya", parcouru par le piano sautillant de Marc Adams ou encore de "Crawfishin". L’œuvre recèle deux titres enregistrés ‘live’, dont le "Hot tamale baby" de Clifton Chenier. Chubby Carrier se réserve l’accordéon sur ce fragment plus direct, sans la moindre fioriture. Et les accords de guitare dispensés sur cette plage entretiennent cette instantanéité. Ce qui ne l’empêche pas, pour la circonstance, de manifester énormément de panache. Si ce recueil est d’excellente facture, il ne faut pas pour autant en oublier sa production actuelle. Edité chez Telarc, son dernier album, "Brother to the blues", ne date d’ailleurs que de cette année. En outre, cet opus a bénéficié du concours de Billy Joe Shaver, Louisiana Leroux et du violoniste cajun, Waylon Thibodeaux.

 

Jean-Louis Aubert

Ideal tour (Dvd)

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C’est un double DVD que Jean-Louis Aubert nous propose. Deux films immortalisés lors de sa dernière tournée accomplie à travers l’Hexagone et les pays francophones. Le premier disque est un documentaire réalisé par Thierry Dory reproduisant la quintessence des concerts accordée au Havre, à Lille, Bruxelles, Paris, La Rochelle, Luxembourg, Bayonne, Carcassonne, Spa, Colmar, etc., ainsi que la vie en coulisses. Sans oublier les inévitables bonus. Si les concerts sont manifestement bien rôdés, il faut avouer que le climat au sein de l’équipe, entretenue au cours du périple, respire la bonne humeur et la joie de partager cette aventure. Et puis, les fans seront ravis de retrouver tant les compos issues du répertoire solo de l’artiste que de classiques de Telephone. Le deuxième DVD réunit le set accordé lors des Francofolies de La Rochelle ainsi que le concert ‘Ephémère’, c'est-à-dire, celui au cours duquel il avait interprété des compos qu’il n’intègre que très rarement dans son tracklist.

Les quatre heures d’images bénéficient, en outre, d’une qualité sonore irréprochable. Le dernier mot reviendra à l’artiste, une phrase qu’il répète régulièrement lors de ses interviews : ‘J’aime dire des choses naïves, ces choses qui marchent à côté de toi, comme un ami. C’est pour ça qu’on vit d’amour’.

 

 

Sophia

Technology won´t save us

Écrit par

Rien que le fabuleux titre maître (et morceau qui ouvre l’album) vaut l’achat de ce disque. Une compo instrumentale qui s’ouvre tout en délicatesse, puis s’étoffe, s’enrichit, se gave, et finit par éclater dans une symphonie contemporaine intense, baroque, douloureuse, impitoyable et tellement belle. Et le reste réserve son lot de (bonnes) surprises… A ce sujet, je vous invite à vous replonger dans l’interview que Robin Propper Sheppard nous a accordée tout récemment. Elle est suffisamment éloquente. Et puis difficile de vous parler davantage de cet opus, puisque je ne dispose que d’une copie promo, dénuée de la moindre info. Pas de booklet donc. Ce qui n’empêchera pas cette œuvre de figurer parmi les albums de l’année.

The Thermals

The body, the blood, the machine

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Un peu comme le dernier album de Mudhoney, la nouvelle œuvre de ce trio de Portland évoque une époque révolue du rock indépendant américain des années 90, à cheval entre le grunge, les Pixies et la conscience politique de R.E.M.. Le menu musical de « The blood, The Blood, The Machine » regorge donc de chansons rock rapides. Elles sont en outre truffées de solos de guitare, dans un style rappelant tour à tour Joey Santiago et Thurston Moore. On a cependant droit à quelques mélodies bien senties (« A pillar of Salt », « Here’s your future », « Test Pattern ») et à des remarques piquantes sur l’Amérique ultra chrétienne de Bush. Présenté sans effets de manches (NDR : assurée par Brendan Canty de Fugazi, la production est sobre et électrique), le tout n’a évidemment pas l’ambition de conquérir les ondes FM. Cette petite demie heure de rock un peu bateau mais pas désagréable est néanmoins ternie par la voix un peu trop nasale de Huth Harris (NDR : elle finit par lasser !) Quoique de bonne facture, « The Body, The Blood, The Machine » n’a, en outre, aucune caractéristique vraiment marquante ou mémorable. On le conseillera donc uniquement aux acharnés du genre.

 

 

The Sunshine Underground

Raise The Alarm

Écrit par

Nous sommes à Leeds, en 2004. Quatre garçons campent dans le salon, s’écoutant le premier album de The Rapture à fond les pistons. Un joint en main, leur esprit divague au gré de la ligne de basse hypnotique de « Heaven ». Quelques neurones en moins, ils décident de prendre leurs guitares en main(s). L’heure de fonder un groupe a sonné : The Sunshine Underground est né. Pas mauvais, les gaillards s’empressent de graver quelques disques et de cultiver une hype anticipée. Les concerts s’enchaînent, le groupe joue quelques dates à guichets fermés et assure les premières parties de LCD Soundsystem. Bientôt, The Sunshine Underground remporte le titre de ‘meilleur groupe live de l’année’ à l’occasion des Leeds Music Awards (décidemment, ces Anglais ne savent plus quoi inventer...).

Alors, que demander de plus ? Un album ? Et bien, voici « Raise The Alarm », premier disque disco-punk (?) pompier, un brin racoleur mais diablement efficace pour sauter comme un dératé sur son sommier. Des singles évidents (« Wake Up », « The Way It Is », « Commercial Breakdown ») contribuent à pousser ce rock chimique vers l’avant. Ici (« Dead Scene ») et là (« Panic Attack »), The Sunshine Underground n’échappera pas à la comparaison avec The Rapture. Mais le bât blesse plus encore lorsque le groupe se perd dans de vaines turbulences, déjà entendues du côté de The Music. Et là, ça coince vraiment. Et quand ça coince, ça coince !

 

 

 

Pixies

Loud Quiet Loud (a film about the Pixies) - Dvd

Écrit par

Filmé par Steven Dantor et Matthew Galkin, ce film retrace la longue tournée effectuée par les Pixies, en 2004, consécutive à leur réunion. Une chose est sûre, la vie en coulisse n’est guère enthousiasmante et on a l’impression que les musiciens n’aspirent qu’à une seule chose : rentrer chez eux. Motif principal : l’envie de retrouver sa famille, et en particulier leurs épouses respectives ainsi que leurs enfants. Seul scoop, le quatuor avait emmené dans ses bagages Kelly Deal. Pas pour jouer, mais simplement pour accompagner sa sœur. Ce sont d’ailleurs les deux seules personnes qui semblent prendre du bon temps. Elles n’arrêtent d’ailleurs pas de rire pour un oui ou un non. En coulisses, il ne se passe pratiquement rien de bien intéressant. Chez les Pixies, la vie de tournée frôle même parfois le mortel ennui. Heureusement, lorsque Charles Thompson, Joey Santiago, David Lovering et Kim Deal montent sur scène, la magie est à nouveau au rendez-vous ; et on comprend de mieux en mieux pourquoi les Pixies sont devenus un des groupes majeurs de la fin des eighties. Mais pourquoi aussi cette tournée fut un véritable triomphe…

 

 

 

Matt Walsh

Under suspicion

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Matt Walsh est chanteur/harmoniciste/compositeur. Il s'exprime par la voie du blues depuis quarante ans déjà. D’origine irlandaise, il s’est établi depuis longtemps à Münster, en Allemagne. Dès 1978, il fonde l'Electric Blues Band en compagnie du guitariste Erhard Hirt. Un patronyme qu’il va transformer par la suite, et très modestement, en Matt Walsh Blues Band. En 1999, il rejoint Janni Pestos (NDR : préposé aux cordes) chez Master Charge à Stuttgart. Puis Reloaded. Il a aussi partagé un duo en compagnie de l'excellent gratteur teuton, Gregor Hilden. Agé aujourd'hui âgé de 60 ans, il a monté son Acoustic Quartet en recrutant des musiciens locaux : le percussionniste Markus Passlick, Matthias Fleige aux guitares acoustiques et le bassiste Jürgen Knautz.

Le Quartet signe les douze plages de ce premier opus. La qualité musicale est au rendez-vous. La prise de son des instruments acoustiques est impeccable. La production est soignée. Un ensemble de caractéristiques rencontrés dès le morceau d’ouverture, "Techno blues". L’éclectisme est également de rigueur. A l’instar de "Top heavy", couvert d’accents hispaniques. Markus frappe son djembé, ses bongos et secoue un shaker. Matthias aligne des notes bien élégantes, dans un registre proche de Paco de Lucia. Il y manifeste énormément de lucidité et de panache. Ce n'est certainement pas un accident, car la même recette est reproduite lors du brillant "Since my baby's gone" ainsi que pour "Me and mine". Dépouillé à l'extrême "Checking out" baigne au sein d’une ambiance feutrée. Matt chante de sa voix grave ce blues d’excellente facture. Il souffle de courtes phrases inspirées par Sonny Boy Williamson II, pendant que la basse acoustique de Jürgen plante le décor. Le titre éponyme est sans doute le meilleur morceau de l’elpee. Encore une fois un blues sobre. Chaque sonorité est importante. Parfois on pense au climat entretenu par Santana à une certaine époque. A cause des bruitages empruntés à « Caravanserai ». La basse de Jürgen est divine. Mais le climat devient franchement magique lorsque Walsh dispense un solo digne de Toots Thielemans. Le quartet est manifestement très à l’aise lorsqu’il s’enfonce au sein de la musique intimiste. Dans ce registre, il est capable de sortir les meilleurs effets. A l’instar de la finale "Always, always". L’opus recèle cependant quelques plages rythmées. Et je pense tout particulièrement à "The land of the blues", compo au cours de laquelle Matt se met à rêver debout. Il souffle dans son harmo, en imaginant être entouré de BB, Elvis, Stevie Ray, Willie Dixon et autres légendes. "Working stiff" est un superbe blues balayé par la brise de la cité des vents. Celle de Chicago, bien sûr. Tous les instruments sont bien en place. Une certitude : si on branchait l’amplification à ce moment précis, le résultat serait sans aucun doute très consistant! Une constatation qui vaut également pour "Joleen", même si le tempo est plus enlevé.

 

 

The Loved Ones

Keep your heart

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Ce trio américain pratique un hardcore à haute teneur mélodique. Du travail de bonne facture où la qualité dans l’écriture des chansons n’a pas été négligée. On pense quelquefois à Nirvana pour la manière de placer les chœurs, à Green Day pour la sensibilité pop qui transpire du disque et aussi à Bad Religion pour les cavalcades électriques menées à un BPM élevé. Le tout sur fond d’un spleen tout adolescent. Du bon boulot qui devrait plaire aux skaters et aux indécrottables fans de punk rock californien.

 

Lamb Of God

Sacrament

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A l’instar de Trivium et Hatebreed notamment, Lamb of God incarne la scène métalcore, née au début du siècle, fruit d’un croisement entre le métal carré de Pantera et le NY hard core d’un Biohazard. Pour se distinguer de ses nombreux clones, et pour éviter de se momifier faute d’avoir su évoluer, Lamb of God a ajouté une touche de Death mélodique à son métal furibard. Une tendance qui se marque encore davantage sur ce quatrième opus à la fois vertigineux et écrasant, complexe et tourmenté. Le jeu de batterie de Chris Adler est tout simplement hallucinant, d’une précision chirurgicale. Le drummer s’est gavé de Dave Lombardo, cela ne fait pas l’ombre d’un doute. « Again We Rise », « Requiem » et « Redneck » ne se contentent pas de faire parler la poudre, mais apportent une touche de fraîcheur à un style musical parfois un peu lourd à digérer. Des compositions qu’il vaut mieux ne pas écouter en boucle afin d’éviter de sombrer dans une certaine morosité. Plus étonnant, la plage finale « Beating On Death’s Door » semble sortir tout droit d’un album de Testament, de Death Angel ou de tout autre groupe ayant sévi sous la bannière du trash californien des années 80. Tout au long de cette nouvelle offrande, Lamb of God prouve à son public et à ses détracteurs qu’il n’est pas dénué d’ambition !

 

 

Goo Goo Blown (Le bonhomme)

Devilish FantaZiäh

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Dix ans après avoir commis leur premier EP, Goo Goo Blown (le bonhomme) nous invite à nouveau dans leur monde fantastique et glauque. Premier album de la formation, « Devilish FantaZiäh » commence de la plus belle manière par « I’ve got my own private killing company for assisted suicides (Corporate And National Death Yard) », un fragment sculpté dans le rock puissant qui donne le ton dramatico-gothique à l´ensemble de l´œuvre. On est immédiatement séduit par la symphonie des violons, évoquant The Divine Comedy. Après trois morceaux rock musclés aux accents métal, se succèdent de nombreuses ballades chantées tantôt en anglais, tantôt en français. L´une d´entre elles (« Bal(l)ade nocturne ») s’ouvre même dans un registre proche de Radiohead. Plus les titres défilent, plus l´atmosphère devient macabre et démentielle. Sans jamais pourtant se départir d’une dose d’originalité certaine qui fait de cette plaque, une œuvre surprenante. Cette folie noire atteint son apogée sur « Le cabinet des fées » et « Fantaisie démonacale ». L´album s’achève par un excellent morceau digne du Placebo au sommet de son art (« Daisy Soup & Pork Breast (to nuzzle in Dunwich) »). Bien que toutes les pistes soient musicalement séduisantes, en particulier lorsque le violon est mis à l´honneur, les chansons interprétées dans la langue de Shakespeare sont généralement meilleures. Quant à la voix, il ne s´agit malheureusement pas de l´atout principal du trio parisien. Celle-ci se révèle en effet souvent le maillon faible. Pas toujours en phase, elle soutient difficilement la comparaison face à la force des mélodies. Malgré tout, on appréciera le côté lugubre et décalé de « Devilish FantaZiäh », qui évoque l´univers de Tim Burton.