New Brutalism de 087 à 089…

New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

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La fuite d’Ellside

Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre et lumière pour un voyage qui durera un an. Une lente année pour dévoiler 6 chapitres de 2 chansons, 12 titres qui narrent l'histoire de Light. Le groupe invite les…

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Milow vous débarrasse de vos soucis…

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Milow vient de publier son tout nouveau single « Lay Your Worry Down », sur lequel il a invité Matt Simons. Il s'agit du premier extrait du sixième album studio « Lean Into Me » qui paraîtra en 2019.

Ce titre a été écrit et enregistré à Los Angeles, au printemps de cette année, par les trois amis et auteurs-compositeurs Milow, Matt Simons et Chris Ayer.

Jo Francken (qui a aussi produit « You Don't Know », « Ayo Technology », « You And Me (In My Pocket) ») a enregistré, produit et mixé la chanson.

La vidéo a été tournée à Bruxelles et à Londres. Elle a été réalisée par Zeb Daemen, le directeur de la photographie est Rik Zang (qui a filmé les vidéos de « You Don't Know », « Ayo Technology », « Howling At The Moon », « You And Me (In My Pocket) »). Le clip est produit par CAVIAR Belgium et il est disponible ici

http://milow.com/

 

Femi Kuti

Femi n’a toujours pas viré sa Kuti…

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C’est le dernier jour du festival. L’afrobeat (NDR : cocktail explosif de jazz, de funk et de musique africaine traditionnelle) a toujours reçu une place de choix au Festival des Libertés. Et c’est à nouveau le cas pour cette édition. Femi Kuti est devenu le porte-parole contemporain de ce style musical. Il est d’ailleurs aussi engagé que son père, Fela, dont il a repris le flambeau. A travers sa musique, il dénonce les injustices, la tyrannie et les oppressions des pouvoirs politiques sur les peuples. Tout comme son paternel, il critique virulemment la corruption et de l'incompétence de l'ancien régime militaire nigérian. Son combat, il le mène pour davantage de justice et de liberté. Et il n’est pas prêt à virer sa cuti. C’est la deuxième fois qu’il se produit dans le cadre de cette manifestation. Au sein d’un Théâtre National comble.

Sur scène, Femi Kuti est soutenu par The Positive Force, un baking group réunissant un guitariste, un bassiste, un drummer (perché sur une estrade), un percussionniste, un préposé aux synthés et quatre cuivres, dont deux saxophonistes (baryton et alto), un trompettiste (à coulisses) et un joueur de bugle. Soit 9 musicos habillés de costumes traditionnels nigérians de couleur jaune chamarrés de formes géométriques symboliques et de pantalons en toile de teinte bleue. Sans oublier les trois choristes/danseuses en petites tenues ethniques (jupettes, bustiers et rubans sur les jambes de couleur rouge et jaune, maquillage tribal). Femi Kuti a enfilé un deux pièces africain de teinte noire, tapissé de signes indigènes de couleur blanche, sur la face de sa chemise. Il va se consacrer au sax et aux synthés, suivant les morceaux. Bref, ils sont treize sur les planches.  

De grande taille, Femi n’est ni un chanteur extraordinaire (NDR : sa voix passe quand même bien la rampe, quand elle devient autoritaire) ni un saxophoniste génial (NDR : ce qui ne va pas l’empêcher d’accorder un solo de plus de 10’ sur son instrument). Mais c’est un fameux showman et un chef d’orchestre hors pair, qui sautille ou gesticule continuellement, la plupart du temps, dos au public. Il demande de lever les bras, de danser, de jumper et de reprendre des couplets de manière incantatoire. Cependant, pour mettre l’ambiance, il peut également compter sur sa section de cuivres. Ainsi que les choristes/danseuses qui, frénétiquement et sensuellement, remuent le popotin.

Pendant une bonne demi-heure, il va revisiter ses classiques, et notamment, le titre maître de l’album « Africa For Africa », une compo qui monte progressivement en intensité, mais également  le puissant « Politics Na Big Business », une piste qui figure sur l’elpee « No Place For My Dream ». Avant de passer aux titres du dernier opus, « One People One World », son dernier LP, paru en février dernier, dont les versions sont davantage développées que sur disque.  

A l’instar de Youssou N'Dour ce leader de revue (NDR : à l’américaine ou à l’africaine, selon) nous a réservé un spectacle plus grand que nature… un peu dans l’esprit de feu James Brown. La grande salle du Théâtre National s’est ainsi transformée en ‘Shrine’ (NDR : une boîte mythique ouverte par son père, mais qu’il a relancée à l’aide de sa sœur), le temps d’une soirée…

Au Nigeria, on se bat pour la justice et la liberté une guitare à la main (un saxo dans le cas de Femi) et on fait de la musique, comme on fait la révolution…

Femi Kuti and The Positive Force

(Organisation : Festival Des Libertés)

Tony Joe White

Disparition de Tony Joe White, icône du swamp rock…

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Victime d’une crise cardiaque, Tony Joe White est décédé ce 24 octobre 2018. Il avait fêté ses 75 ans en juillet dernier et encore participé à la dernière édition du Blues & Roots, à Lessines, le 1er mai de cette année.

Ce musicien blanc louisianais pratiquait du swamp rock, c’est-à-dire une musique sudiste inspirée du blues, du rock, de la country, de la soul et du gospel. S’il a décroché deux hits incontournables, « Polk Salad Annie » en 1969 –repris notamment par le King– et « Groupie girl » en 1970, il est également responsable une vingtaine d’albums studio. On retiendra son style si particulier, lancinant et syncopé, sur lequel il venait poser sa voix de baryton, mais aussi rappeler qu’il a écrit des chansons pour des tas d’artistes, et parmi les plus célèbres, figurent Elvis Presley, Ray Charles, Wilson Pickett, Tina Turner et Dusty Springfield.

En novembre 2006, votre serviteur avait eu l’honneur de le rencontrer, à l’issue d’un concert accordé au Handelsbeurs de Gand, moment inoubliable immortalisé par une interview que vous pouvez lire ou relire ici

R.I.P.

Nashville Pussy

Une véritable leçon de rock’n’roll…

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Originaire d’Atlanta, Nashville Pussy a été fondé par Blaine Cartwright et son épouse Ruyter Suys, au cours des nineties, un quatuor déjanté qui a toujours aimé jouer sur l’image provocatrice, à la limite de la pornographie. Au sein du line up, plusieurs drummers masculins et bassistes féminines ont déjà défilé. Le groupe a publié son nouvel elpee, « Pleased to eat you », en septembre dernier. Il s’agit de son septième ! 

Le supporting act est assuré par Scramjet, un combo issu de l’Est de la France, mais établi en Belgique depuis deux ans. Formé en 2009, ce power trio réunit Piero Mondeira (chant/guitare), Sturgis Rushmore (batterie) et Savatore Canicatti (basse) et reconnaît pour influences majeures Black Sabbath, Queens Of The Stone Age et MC5. Un album à son actif et un second en préparation.

Dès le début du set on a l’impression de replonger au cœur des seventies. L’énergie est omniprésente. Les traces de blues malsain et de stoner graisseux sont bien perceptibles. Explosive, puissante mais mélodieuse, la voix s’autorise de belles envolées. Les morceaux libèrent, en outre, un excellent groove. Piero ne tient pas en place et est parfaitement épaulé par une solide section rythmique. Plus paisible, « Final Fight » nous réserve une jolie envolée aux cordes. Le spectre du Led Zeppelin plane tout au long de « Hangin’ On The Phone ». Pas étonnant que le band attaque une cover de « Kashmir ». Et elle est excellente. « Queen Of The Night » se caractérise par un changement radical de rythme en milieu de parcours. Et le set de s’achever par une autre reprise, mais de Jimi Hendrix, « Electric Ladyland »…

Setlist : « Intro », « Hangin’ On The Phone », « What I Saw », « Final Fight », « The Visionary », « Excuse Me », « Kashmir », « Queen Of The Night », « Electric Ladyland ».

C’est la reprise du « Kicked In The Teeth » d’AC/DC qui ouvre le set. Première constatation, le volume sonore a augmenté de quelques (?!?!?) décibels. Ruyter Suys, la guitariste, a enfilé un tee-shirt particulièrement échancré et un short en jeans au dessus de bas résilles. Blaine Cartwright, le chanteur/guitariste a toujours ce look de bouseux ventripotent. Coiffé d’un stetson de couleur noire, il ressemble de plus en plus à feu Lemmy Kilmister (Motörhead). A la basse, Bonnie Buitrago, est intenable. Mais pas autant que Ruyter Suys, hyperactive du début à la fin du show et dont la crinière blonde est constamment en mouvement. Elle s’agenouille régulièrement pour balancer ses solos ou aguiche les premiers rangs en affichant ses généreux attributs. Assoiffé, Blaine Cartwright vient régulièrement se désaltérer en lampant une bouteille de Jack Daniels, qu’il va vider en compagnie des deux gonzesses qui assurent le show. Le couple a beau friser la cinquantaine, il est toujours aussi déchaîné sur les planches. Enfin, le drummer va se révéler, à travers ses interventions imparables, mécaniques, sauvages voire tribales, un musicien techniquement balèze… 

La musique de Nashville Pussy se nourrit de racines sudistes, empruntées tour à tour à Lynyrd Skynyrd ou à ZZ Top, même si les riffs de gratte sont aussi meurtriers que ceux dispensés par Angus Young mais avec la fougue semblable à celle affichée par Airbourne…

Sex, fun and rock'n'roll est la devise du groupe. Mais un r’n’r graisseux, décomplexé et redoutable. Le tout sur fond de drapeau sudiste.

Pas de temps mort entre les titres. Les hymne primaires, grrovy, défilent ou déferlent, selon…

La voix de Blaine évoque pourtant aujourd’hui davantage Alice Cooper. Et c’est particulièrement flagrant tout au long du sémillant « Go Home And Die », une compo dont les lyrics auraient pu être signés par Vincent Funier, en personne.

Infernal, le concert s’achève par l’inévitable « Go Motherfucker Go ». Ce soir, face à un auditoire comble (250 personnes), Nashville Pussy a dispensé une véritable leçon de rock’n’roll…

Setlist : « Kicked In The Teeth » (AC DC cover), « Piece Of Ass », « Wrong Side Of A Gun », « PillBilly Blues », « We Want a War », « Rub It To Death », « Go Home And Die », « She Keeps Me Coming And I Keep Going Back », « CCKMP » (Steve Earle cover), « 5 Minutes To Live », « Low Down Dirty Pig », « First I Look At The Purse » (The Contours cover), « Go To Hell », « I'm So High », « I’M The Man », « Why Why Why ».

Rappel : « Struttin' Cock », « Till The Meat Falls Off The Bone », « Go Motherfucker Go ».

(Organisation : Zik Zak + Rock Nation)

Fakear

Malgré un line up en chair et en os, ce sont les machines qui ont volé la vedette à l’humain…

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Après la projection d’un film d’une dizaine de minutes consacré aux différents artistes qui se produisent dans le cadre du Festival Des Libertés, une présentatrice vient présenter Fakear. Elle déclare notamment que Fakear mérite sa place lors de cette manifestation, comme d’autres courants musicaux. Le concert est soldout depuis quelques semaines.

Originaire de Cannes, Fakear, aka Théo Le Vigoureux, a provoqué un engouement musical qui résonne bien au-delà de la sphère électro. Puisant son inspiration dans la world, le trip-hop et la deep house, il propose une expression sonore limpide, puissante et personnelle. Dès le départ, son succès a été foudroyant, son style passionnant les amateurs de musiques électroniques. Sa générosité et son univers à la fois onirique et mystique ont fait de lui un véritable phénomène dont les concerts reflètent parfaitement la magie. Grâce à son goût prononcé pour la mélodie et une nouvelle manière d'aborder la musique électronique, le jeune producteur est parvenu à imposer sa griffe prometteuse. Après avoir pris d'assaut la scène électro, rempli un Olympia, tourné en Amérique, Australie et dans toute l’Europe, sa musique solaire va irradier le Festival des Libertés.

« All glows », son dernier opus, est paru en avril dernier. Un disque pour lequel il a reçu le concours de quelques collaborateurs huppés, dont le trompettiste Ibrahim Maalouf, le rappeur Ebenezer, Polo & Pan, Clément Bazin, Noraa et Ana Zimmer.

Le bassiste et le claviériste sont installés sur une petite estrade. Le drummer sur la sienne. Casquette retournée vissée sur le crâne, Fakear, sur une troisième, centrale, mais en arrière-plan, sur laquelle ont été posés deux contrôleurs Midi MPD, un synthétiseur et un Mac sur une table basse. Devant le batteur, se plante la harpiste. Trois écrans (NDR : un grand et deux petits) ont été placés en fond de scène, des écrans sur lesquels vont défiler des images mêlées à des effets lumineux. Puissants, les projecteurs leds plongent la scène dans le bleu, avant que les musicos ne grimpent sur les planches.

Si la musique est exclusivement instrumentale, les voix émanant uniquement des deux contrôleurs MPD, le set proposé ce soir implique de véritables musiciens, et pas seulement des machines, une formule destinée à la rendre le plus ‘live’ possible. D’ailleurs Theo va également jouer de la guitare. Plutôt timide, il cause peu, mais annonce quand même qu’il s’agit de la dernière date en compagnie du line up actuel. Dans une gestuelle frénétique –tressautement sur les touches, poignets souples et virevoltants, main qui se lève et vrille avant de se poser à nouveaux sur les pads– il transforme son electronica imprégnée de world music en danse hallucinée. D’ailleurs, rapidement, la fosse se métamorphose en dancefloor. « Lost In Time » est assurément le hit qui a fait danser le monde entier. Et ce titre ne déroge pas à la règle, ce soir. Le public se laisse transporter, au gré des sons oniriques, enfantins et des nappes vaporeuses (« Lou », « Animal »).

Cette musique est également très susceptible de nous transporter dans le temps ou sur les autres continents, plus particulièrement l’Asie du Sud (NDR : celui qu’on appelle le sous-continent indien), à travers « Chakra » et « Karmaprana ». La setlist alterne nouveaux morceaux et ancien répertoire, à l’instar de « Darjeeling ». C’est en solo, en se servant de ses seuls pads que Theo enchaîne « Something Wonderful », « Silver » et « Training Lesson ». Trépidante et souriante, la harpiste vient aider Fakear à frapper énergiquement les tom bass, tout au long d’« Ankara ». Les portables illuminent la fosse pendant « La Lune Rousse ». Lorsque les beats electro s’emballent, les infrabasses suivent ; mais pas de panique, le tout est réglé correctement, sans risque de distorsion de son. Dommage que les voix féminines aient été exclusivement dispensées par des machines. Deux chanteuses physiquement présentes auraient permis d’apporter une dimension plus vivante au show. Car malgré un line up en chair et en os, ce sont les machines qui ont volé la vedette à l’humain, lors de ce spectacle…

Setlist : « Lou », « Karmaprana », « My Own Sun », « Song For Jo », « Out Of Reach », « Lost Colours », « Something Wonderful » (solo), « Silver » (solo), « Training Lesson » (solo), « Lost In Time », « Sacred Féminine », « Animal », «  La Lune Rousse », « Consciousness », « Damas », « Darjeeling », « Tigers », « Ankara ».

Rappel : « Neptune », « Chakra ».

 

(Organisation : Festival Des Libertés)

King Tuff

The Other

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King Tuff (NDR : également impliqué chez The Muggers) pourrait être le neveu de Ty Segall, tant le Californien l’apprécie. Les deux musiciens collaborent d’ailleurs régulièrement au sein de leurs différents projets. Kyle Thomas (NDR : c’est son vrai nom) est sans doute plus loufoque et sa musique un peu plus pop. Mais il est aussi doué que celui qui le chaperonne. Sa musique navigue au cœur d’une galaxie décalée depuis maintenant 4 réjouissants albums de moins en moins ouvertement lo-fi. « The Other’, King Tuff » s’ouvre d’ailleurs aux influences ouvertement glam et se frotte à de réjouissants claviers 80’s ! Le roi du Tuff s’autorise tout : la basse hypnotique et le saxo de « Raindrop Blue » répond aux effluves psyché du judicieusement intitulé « Psycho Star » tandis qu’« Ultraviolet » s’autorise un beau riff bluesy. Vu ces nouvelles ambitions qui lui ouvrent de nouveaux horizons, on ne peut que souhaiter une longue vie au King Tuff ! « The Other » constitue le ‘feel good’ album du mois…

 

Air Waves

Warrior

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Trois années après avoir gravé son deuxième opus (« Parting Glances »), Nicole Schneit, aka Air Waves, nous propose son nouvel album. Intitulé « Warrior », il est paru sur l’excellent label Western Vinyl ». Le titre et l’artwork de cet essai illustrent parfaitement la philosophie prônée par l’Américaine basée à Brooklyn. Tout au long des onze morceaux qui jonchent « Warrior », elle relate ses différents combats. Celui mené pour la tolérance vis-à-vis de la communauté queer à laquelle elle appartient, de sa mère contre la maladie ou encore contre la présidence de Donald Trump…

Portées par sa voix androgyne, ses mélodies sont captivantes mais complexes. Outre la qualité de ses compos destinées à répercuter ses émotions à travers la musique, la songwritrice a bénéficié du concours de quelques excellents collaborateurs, dont John Taveniere, producteur et guitariste de Woods, derrière les manettes, ou encore Kevin Morby, aux chœurs, sur le titre electro-pop-rock éponyme. Des compositions indie/folk à l’instrumentation riche. A l’instar du titre qui ouvre l’opus, « Home », une plage colorée de cuivres. Ce qui n’empêche pas Nicole de libérer toute sa sensibilité, en ne se servant que d’une simple gratte électrique. Comme sur « Sky » et « Hold on Hope », deux pistes qui montent en intensité grâce à leurs longs crescendos…

D’excellente facture, « Warrior » nécessite cependant plusieurs écoutes avant d’être apprécié à sa juste valeur. Des lectures qui permettront, progressivement, de révéler la richesse des douze morceaux et de s’immerger totalement dans l’univers d’Air Waves...

 

Phosphorescent

Un concert… phosphorescent…

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Dans le cadre du festival Autumn Falls, Phosphorescent se produisait à l’Orangerie du Botanique. Drivée par Matthew Houck, la formation est habituée des lieux, puisqu’il s’agit déjà de la cinquième fois qu’elle se produit au sein du complexe culturel bruxellois. Au fil du temps, Phosphorescent est devenu une valeur sûre de l’indie rock. Pas étonnant que le concert de ce soir soit sold out. Un public impatient de découvrir en ‘live’ « C’est la vie », le septième opus de ce band originaire de l’Alabama.

Il est tout juste 21 heures lorsque les lumières s’éteignent. Matthew Houck se plante au centre du podium. Coiffé d’une casquette il a enfilé un tee-shirt rentré dans le pantalon qui laisse apparaître un léger bide. Quelque part, à l’instar de plusieurs de ses musicos –deux claviéristes, un guitariste, un drummer et un percussionniste– il illustre bien le stéréotype du routier sudiste, aux States. Le set s’ouvre par « New Birth in New England », un morceau issu de son dernier elpee. Mais va ensuite piocher dans l’ensemble du répertoire du combo yankee, alternant ballades langoureuses telles que « My beautiful Boy » et « Christmas Down Under » et compos énergiques, comme « Terror in the Canyons (The Wounded Master) » ou « Around the Horn ». Et finalement, l’aspect americana ressort davantage sur les planches que sur disque. Phosophorescent n’en oublie pas pour autant sa reprise du « Hey That's No Way To Say Goodbye » de Leonard Cohen. Les musiciens maîtrisent parfaitement leur sujet. Pas une seule faille dans l’ensemble. L’équilibre est parfait. Manifestement, Phosphorescent est aussi apte à se produire dans les grands festivals qu’au sein d’espaces plus intimistes. Quant à l’expression sonore elle navigue quelque part entre celles de War on Drugs, Wilco et Bruce Springsteen. Après une bonne heure de prestation, le groupe vide les lieux, avant que Matthew Houck ne revienne seul sur l’estrade, seul, armé de sa gratte. En l’espace de deux morceaux dont l’excellent « C’est la vie », il va nous démontrer toute l’étendue de son talent, mais également communiquer un feeling déchirant à l’ensemble de l’auditoire. Impressionnant ! Ses musicos le rejoignent ensuite pour interpréter le morceau final, « Song for Lula ».

Très inspiré, Matthew Houck et son team nous ont accordé, ce soir, un concert… phosphorescent…

(Organisation : Autumn Falls + Botanique)

Jorja Smith

Une nouvelle Amy Winehouse est née, mais clean…

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Le parcours de Jorja Smith a été fulgurant. Il y a environ trois ans, elle était encore pratiquement inconnue. Après avoir publié de nombreux singles autoproduits et un Ep intitulé « Project 11 », en 2016, elle a sorti son premier elpee, « Lost and found, en juin dernier. Drake et Elton John en sont de fervents admirateurs. Née en 1997, à Walsall en Angleterre, elle est d’origine jamaïcaine.

Le supporting act est assuré par Maverick Sabre. C’est un Londonien, mais aux racines irlandaises. Le style de ce chanteur s’inscrit dans la droite lignée de la nouvelle génération de chanteurs incarnée par Isaac Gracie, Daniel Docherty et Soham De. A son actif, deux long playings, « Lonely Are The Brave » (2012) et « Innerstanding » (2018). Et son dernier single, « Drifting », qui vient juste de paraître, est excellent…

Sur les planches, ce soir, Maverick est soutenu par son pote, Charlie, à la gratte. Sabre est avant tout chanteur, mais il se sert également d’une loop machine et circonstanciellement d’une gratte semi-acoustique. Notamment sur le titre d’entrée, dont il pince les cordes délicatement. Son débit de paroles est constant. Sa voix de crooner est puissante. Proche de celle de Colin Blunstone (NDR : le chanteur des Zombies), elle est capable de monter dans les aigus, sans difficulté, comme Jonathan Jérémiah. Charlie récupère la guitare et Maverick en profite pour arpenter le podium de gauche à droite, et inversement, en incitant la foule à reprendre le refrain. Il lui demande régulièrement si elle est en forme. Qui lui répond en applaudissant. Tout au long du single, « Drifting », les cordes finissent par littéralement vous envoûter. Lorsque Macrick rencontre un problème avec ses pédales, il en profite pour chanter tout en plaisantant. Manifestement, cet artiste a un fameux charisme…

La salle est comble. Trois estrades sont réparties sur la scène. Une est destinée au claviériste, la deuxième au guitariste ainsi qu’au bassiste et la dernière au drummer. Jorja a revêtu une longue robe blanche qui brille de ses milles étoiles sous le light show. Elle entame son set par le titre éponyme de son premier LP. Puis embraie par « Teenage Fantasy », une chanson qui décrit les amourettes adolescentes et qu’elle interprète sur un ton langoureux. Plus sombres, « The One » et « Wandering Romance » permettent à Jorja Smith d’ouvrir réellement son cœur sur un lit d’instrumentation particulièrement riche. D’ailleurs, elle n’hésite pas à étaler ses états d’âme lors des morceaux les plus intimistes... voire personnels. Ballade acoustique, « Goodbyes » scelle un véritable moment de communion entre les artistes et la fosse. Mrs Smith étale toute la puissance de sa voix, tout au long de « Tomorrow ». On pense tour à tour à Sade, Beyoncé, Rihanna, mais surtout Amy Winehouse, mais sans les dérives nées de la consommation excessive d’alcool ou de substances illicites. La surprise va survenir lors du freestyle « Lifeboats ». Tapissée par une instrumentation aux sonorités hip-hop sur fond de pluie, elle se lance dans le rap. Pari réussi !  

Avant d’attaquer « Carry Me Home », Maverick est invité à la rejoindre pour y prêter sa voix de crooner. Certaines compos de Jorja Smith pourraient facilement devenir des classiques. Et notamment le hit « Blue Lights », dont la version ‘live’ est absolument somptueuse, une compo qui clôt une prestation d’une durée de 75’, rappel compris. A l’issue du show, on a la conviction que Jorja possède toutes les aptitudes pour succéder à feu Amy Winehouse… 

Setlist : « Lost & Found », « Teenage Fantasy », « Something In The Way », « February 3rd », « The One », « Goodbyes », « Tomorrow, You Got Me » (The Roots cover), «Wandering Romance », «Carry Me Home », « On Your Own », « Lifeboats », « Where Did I Go? », « I Am », « Blue Lights ».

Rappel : « Don't Watch Me Cry », « Let Me Down », « In My Mind ».

(Organisation : Live Nation)

Florence and The Machine intimiste…

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Florence and The Machine s’est livré à un exercice de style à la fois drôle et original…

En effet, la formation a été invitée à se produire en live au sein d’un lieu intimiste, dans le cadre d’un concept intitulé ‘Tiny Desk Concerts’. The XX ou encore The National s’étaient déjà frottés à ce type de concept, dans le passé.

A voir ici

 

Le ‘making of’ du dernier album d’Arctic Monkeys.. …

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« Tranquility Base Hotel and Casino », c’est le titre du sixième album d’Arctic Monkeys, paru ce 11 mai dernier.

Un mini documentaire intitulé « Warp Speed Chic » nous plonge dans l’univers des sessions d’enregistrement de cet opus.

La vidéo suit le groupe emmené par Alex Turner où on peut notamment le voir à la batterie et au piano.

Ce making of d’une durée d’environ douze minutes est disponible ici

 

Mumford & Sons en grec !

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Le groupe anglais Mumford & Sons revient vers ses premières amours, après avoir embrassé un côté plus électrique.

En effet, le combo a opéré un retour au folk/rock lyrique qui a fait son succès.

Un nouvel album « Delta » sortira ce 16 novembre.

Pour patienter, le clip du single « Guiding Light » est à écouter et à voir ici

 

Editors jette un froid…

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Issu de son dernier album intitulé « Violence », Editors balance un nouveau clip pour son titre « Cold ».

Réalisé par Rahi Rezvani, il a été tourné au cœur de l’Islande, un clip qui s’insère parfaitement dans l’esthétique de l’opus…

Tom Smith, le leader, le décrit d’ailleurs comme le confort que l’on peut toujours trouver dans une relation amoureuse moribonde….

A découvrir ici

 

Nov’A festival à Braine-le-Comte (update 20/10/2018)

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Festival intimiste pluridisciplinaire Le Nov’A se déroulera du 9 au 18 novembre en la salle Baudouin IV à Braine-le-Comte. Ce sera sa quatrième édition. Au programme découvertes en cinéma, théâtre, musique, impro, spectacle jeune public, atelier, expo, etc.

L’affiche :

10/11: David Lynch: The art life (ciné)+ Bacon Caravan Creek (musique)

11/11: Les Dactylos (théâtre) + La Plage (musique)

12/11: Léon Kamae + Petit Charlot (spectacles jeune public)

13/11: Mon Royaume pour un cheval (théâtre)

14/11: Le dernier Vice-Roi des Indes + Film de la Maison des Jeunes (soirée ciné)

15/11: Impro Sessions

16/11: The John Coltrane Documentary (ciné) + Guillaume Vierset - Harvest Group (musique)

17/11: Captain Fantastic (ciné) + Wuman (musique)

18/11: La liste de mes envies (théâtre) + Braiz (musique)

19/11: La fille de la lune + Tic Tac Tock (spectacles jeune public)

www.ccblc.be

 

Whispering sons

Une grosse claque dans la tronche…

Aujourd'hui, c'est un grand jour pour Whispering Sons. Le jeune groupe belge, originaire du Limbourg (Houthalen-Helchteren, pour être précis) mais établi à Bruxelles, présente son premier album, « Image », sorti au Benelux sur le label PiaS. Après avoir gravé un Ep très prometteur, « Endless Party », il y a 3 ans, sur Wool-e-Tapes et Minimal Maximal, puis deux singles, « White Noise » et « Performance », publiés par Weyrd Son Records, le premier LP du groupe était en effet impatiemment attendu. Auréolée par sa victoire au Humo Rock Rally et suite à un début de carrière fulgurant, la bande à Fenne Kuppens est décrite par tous les observateurs comme 'the next big thing' sur la scène indie orientée 'dark' (postpunk/wave/shoegaze). Manifestement, l'essai a été converti et ce, haut la main. Le disque est véritablement exceptionnel de maîtrise et d'intensité. Et la prestation du band en ‘live’ a confirmé ces excellentes dispositions...

Au départ, le contexte est favorable : l'AB Club est archi-sold out pour accueillir le quintet et l'ambiance est électrique, pour ne pas dire, survoltée. Fenne Kuppens apparaît, habillée d'un ensemble blanc et rouge. Elle est épaulée par ses quatre acolytes. Tout comme lors du showcase privé accordé deux jours plus tôt chez PiaS, le combo enchaîne les titres de son nouveau long playing, dans l'ordre du tracklisting, en entrecoupant la série d'incursions dans son 'back catalogue'.

Après « Stalemate », « Got A Light » nous assène un premier coup de poing dans la figure. Fenne y éructe ‘How Are You Feelin' ?’ en arpentant le podium de droite à gauche (NDR : et inversement) comme une possédée. On constate alors, à quel point son attitude scénique a progressé. Dépassant sa timidité naturelle, sa présence est devenue charismatique. Sa voix de baryton ou plutôt de mezzo, vu qu’il s’agit d’une femme, est grave, évoquant, bien sûr, Nico, Siouxsie Sioux ou Chinawoman, voire même Andrew Eldritch. Mais en écoutant les paroles et en observant la manière avec laquelle elle rayonne, on pense plutôt à Patti Smith. Il émane de son être, une même rage et une même désespérance, sombre et paradoxalement très lumineuse…

« Alone », le premier single tiré de l'album, met joliment la pression, dans un style assez proche de Sisters of Mercy. Particulièrement bruitiste et imprimé sur une rythmique krautrock tribale et répétitive, « White noise » justifie son titre. Sander Pelsmaekers, qui a troqué ses drum pads électroniques contre une batterie analogique y étale toute sa maestria. Il reste, comme auparavant, debout ; ce qui l'oblige à jouer du kick drum de la main gauche sur un tom, un exercice qui demande une concentration maximale. Et il faut reconnaître qu'il assure à la perfection.

Entre les morceaux, Fenne s’approche de l’auditoire, immobile, les mains derrière le dos, comme un professeur devant sa classe, dévisageant les spectateurs d’un regard hypnotique. Mais dès les premiers accords de « Performance », elle entre à nouveau en transe et sa chevelure blonde recommence à valser. Transperçant un 'wall of sound' assourdissant, sa voix hurle ‘I can't take them down !’ Impressionnant...

« Skin » calme un peu le jeu grâce à une gratte cristalline, proche des sonorités dispensées chez les Chameleons (NDR : la bande à Mark Burgess –pensez à l’incontournable « Second... Skin »– est une référence majeure, pour Whispering Sons). Une chose est sûre, ‘we were not wasting time’

« No Time » persiste dans la thématique du temps. La longue intro réveille le souvenir de Joy Division, à cause de la ligne de basse tracée par Tuur Vandeborne, et Simple Minds pour les sonorités en ‘arpeggiateur’ libérées par le synthé ‘Little Phatty’ (un Moog!) de Sander Hermans.  

Après « Fragments » et « Hollow », « Wall » replonge dans le passé ; probablement le morceau le plus connu du groupe, au cours duquel la guitare Fender de Kobe Lijnen scintille de mille feux.

Quelques tonalités de synthé séquencées introduisent « Waste », puis Fenne murmure ‘Fragile figure, don't speak...’ Le riff de guitare et la rythmique enflent et conduisent au paroxysme… Fenne crache les paroles ‘It's a perversity slowly spiralling down in me’, comme du venin et cette spirale sonore hallucinante nous emporte jusqu'au moment où elle lâche la phrase ultime, ‘And I don't know if I can’. Au moment du dernier cri scellant la chanson, l’auditoire est véritablement en folie. Il accorde au groupe une véritable ovation, qui dure quelques minutes. Les musiciens se regardent, éberlués, comme choqués par le moment exceptionnel qu'ils viennent de vivre. Wow, magique !

Après un tel sommet, le groupe n'a plus qu'à se laisser glisser sur cette vague d'émotions, nous réservant d’abord « Dense » et ensuite, pour clôturer, le sublime « Insights », une perle de shoegaze/post-punk, d'ailleurs assez proche par certains aspects du titre éponyme de Moral, à la fin duquel Sander et Kobe se déchaînent littéralement en jouant à l'unisson la mélodie finale.

Sous un tonnerre d'applaudissements, Fenne et la section rythmique quittent le podium, laissant Kobe et Sander entamer « No Image », la plage atypique de l'album. Lente et lancinante, elle se construit sur quelques accords plaqués au piano par Kobe. Fenne remonte sur les planches afin d’interpréter ce titre ensorcelant, qui pourrait bien devenir leur « Atmosphere ». Malgré un petit trou de mémoire au deuxième couplet, elle parvient à convaincre le public, avant que la formation au grand complet ne participe à l’explosion finale...

Bref, on a pris une grosse claque dans la tronche. Tout était réuni : intensité, cohésion, concentration, émotion et puissance. Seuls petits bémols : la voix trop étouffée (à cause d'un mauvais micro?) et un mixage parfois trop bruitiste, mais ici, c’est peut-être aussi une question de goût(s)... Une certitude, Whispering Sons a aujourd’hui acquis une stature internationale et l'album, distribué en Europe par SMILE et aux USA par Cleopatra Recs, devrait rencontrer un succès sans précédent auprès des aficionados de ce genre musical. Et encore bravo !

Setlist :

Stalemate
Got A Light
Alone
White Noise
Performance
Skin
No Time
Hollow
Wall
Waste
Dense
Insights

Encore  

No Image

Avant Whispering Sons, Public Psyche, la formation gantoise a de nouveau assuré en dispensant un krautrock aux accents psychédéliques, pimenté par un chant très 'acid', réminiscent des plus beaux moments de Madchester. 

Setlist Public Psyche :

Untitled (nouveau morceau)
Bleached
Elevator
Saturn
Veil
New Days

(Organisation : Ancienne Belgique)

Stuart A. Staples

Arrhythmia

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Lorsque Stuart A. Staples prend provisoirement congé de ses Tindersticks, c’est pour emprunter d’intéressants chemins de traverse. Et il le démontre tout au long d’« Arrhythmia », son second album solo en… 13 ans ! L’élégant dandy anglais ose tout ce qu’il veut sur ce nouveau chapitre personnel. Depuis les 30 minutes de musique ‘ambient’ et post-rock dispensées tout au long de « Music For A Year In Small Paintings », un morceau qui accompagne les expositions de peintures de son épouse Suzanne Osborne, aux plages vaporeuses (« Memories of Love ») lorgnant vers l’univers de Mark Hollis (Talk Talk) en passant par des pistes truffées de moments de silence significatifs si chers à Scott Walker (le dissonant « Step Into The Grey »). Le tout enrichi par la voix veloutée du vétéran british. Les fans adoreront ces aventures sonores classieuses, cinématographiques et singulières ; les autres auront besoin de temps pour les apprécier mais pourraient en être grandement remerciés, s’ils prennent la peine de s’en imprégner…

 

Serpentwithfeet

Soil

Écrit par

Derrière le patronyme Serpentwithfeet se cache Josiah Wise, un Américain originaire de Baltimore, dans le Maryland. Après avoir effectué un court passage par le Conservatoire duquel il s’est fait virer, ce personnage âgé aujourd’hui d’à peine 30 ans roule sa bosse sur la scène néo soul, que ce soit à Paris ou Philadelphie. C’est après avoir mis le cap sur New York que Josiah Wise monte son projet Serpentwithfeet et signe un premier Ep sur le label électronique Tri Angle. Le look du Yankee est aussi particulier que sa musique ; ce qui a sans doute attiré l’oreille des critiques. Les retours positifs lui permettent alors de signer chez Secretly Canadian (Antony and the Johnsons, Damien Jurado, Suuns,…) et de graver « Soil », un premier opus déroutant à plus d’un titre…

Le premier choc, en écoutant ce disque, c’est la voix haut perchée de Josiah. Chaque morceau lui permet d’effectuer une performance en soulevant les émotions et en essayant toujours d’atteindre l’octave supérieure. Outre sa capacité à moduler sa voix androgyne, Wise les superpose à l’aide une loop machine. Bien accompagné (notamment par Clams Casino à la rythmique), il mélange intelligemment les styles. Depuis la soul au r’n’b, en passant par le gospel et l’électronique, sans toutefois que l’instrumentation ne passe au-delà de sa voix qui reste le point central de son expression sonore.

Difficile de définir le style de cet artiste. On ne peut dès lors que vous inciter à écouter cet LP qui révèle l’une des personnalités vocales les plus intéressantes de cette année 2018.

 

Imperial Age

The Legacy Of Atlantis

Écrit par

Fondé en 2012, Imperial Age est particulièrement apprécié par les musiciens de Therion. Pas étonnant que le groupe suédois les ait invités à assurer le supporting act de sa tournée. Et puis qu’il ait reçu le concours de la moitié de ses membres. En outre, la formation russe a également bénéficié de la collaboration du chœur de chambre du Conservatoire de Moscou ainsi que de Sergei Lazar (Arkona) à la mise en forme. Vu le contexte susvisé, vous vous doutez bien qu’Immperial Age pratique du metal symphonique.

En 2016, son Ep « Warrior Race », avait recueilli des critiques favorables sur la scène internationale, un disque qui faisait suite à « Turn The Sun Off! », paru en 2012. « Atlantis » constitue donc son second elpee. « Atlantis » désigne, dans la mythologie grecque, les filles du Titan Atlas. C'est aussi le nom choisi par Platon pour évoquer le continent disparu…

Théâtral et mélancolique, « The Awakening » véhicule des accents slaves. Un morceau d’entrée de plus de 14 minutes caractérisé par des chœurs riches et puissants. Une puissance qu’on retrouve sur « The Legacy Of Atlantis » et « Domini Canes ». Plus paisibles, « The Monastery » et « Life Eternal » se distinguent par leurs chœurs grégoriens, un peu dans l’esprit de Muse, Epica ou Dream Theater…

Des chœurs qu’on retrouve encore sur l’emphatique « Love eternal », une plage qui aurait pu naître de la rencontre entre les Chœurs de l’Armée Rouge et un orchestre symphonique, mais sous un angle métallique…

L’intensité monte en puissance tout au long de l’impérial, « Islands In Time »…

L’opus s’achève par un « And I Shall Find My Home » démoniaque et dévastateur.

 

Glass Museum

Deux

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Marchant sur les traces de ses modèles que sont GoGo Penguin, BadBadnotGood et probablement Grandbrothers, Glass Museum possède un talent indéniable et une dextérité musicale bluffante pour sonder jazz et classique, tout en y ajoutant une multitude de touches électroniques, conférant à ses morceaux une évidente modernité. Martin Grégoire et Antoine Flipo parviennent ainsi à agréger cérébralité et émotion sur « Deux », second –étonnant et réussi de bout en bout– album enregistré au sein des studios Rubens. Lors des sessions, ils ont été épaulés par Haring, Sun Glitters, DC Salas et Monolithe Noir à la mise en forme. Une belle prouesse réalisée par ce tandem tournaisien…

Amen Dunes

Freedom

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Amen Dunes, c’est le projet solo de Damon McMahon et « Freedom » constitue son cinquième essai. Produit par Chris Coady (Beach House), ce disque devrait assurément figurer à la plus haute marche de sa discographie. Difficile de décrire sa musique tant ses morceaux dominés par un vibrato sont emplis d’émotion (« Believe ») et regorgent de nuances. Il s’agit bien de rock, mais il est teinté de folk, déborde de points de tensions émotionnels (« Miki Dora »), autorise des chemins de traverse (« Skipping School » et son harmonica halluciné) ou célèbre des moments de pure épiphanie (« L.A. »), des compos qui véhiculent des textes introspectifs et cryptiques. Amen Dunes parvient à emmener le ‘classic-rock’ vers d’autres sphères intemporelles, comme Adam Granduciel était parvenu en compagnie de ses formidables The War on Drugs. Définitivement l’un des albums de l’année… Amen.

 

Dominique A

Toute latitude

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La sortie d’un album de Dominique A constitue toujours un événement au sein dans la sphère musicale…

Se réinventer de manière systématique sans s’éloigner de l’essence même de cette culture qui l’habite depuis toujours et dont lui seul maîtrise la recette, telle pourrait être la préface d’un ouvrage consacré à cet artiste unique en son genre…

Si son dernier essai « Eléor » et son titre éponyme avaient permis aux médias les plus critiques de souligner une absence de risques et une pop trop léchée, « Toute latitude », premier des deux disques d’une année particulièrement prolifique (un second « La Fragilité », paraît en octobre), revient à des fondamentaux ; et notamment grâce au recours à la Tanzbär (NDR boîte à rythmes fabriquée outre-Rhin).

Le résultat révèle des morceaux très susceptibles d’embrasser une forme abrupte tout en lorgnant vers la new wave et ses séquences rythmiques métronomiques, mais aussi des chansons plus chaleureuses à la douceur des flammes d’hiver, à l’instar de la plage d’ouverture ou encore « Aujourd'hui n'existe plus »…

Si l’exercice de style dénote un vrai goût pour l’indépendance des diktats contemporains, le côté synthétique de certaines plages peut vite souffrir d’une linéarité non maîtrisée et glaciale (« Les deux côtés d’une ombre »).

Le gaillard innove toutefois aussi en utilisant la technique complexe du ‘spoken word’ (« Se décentrer »), exercice auquel il s’était déjà essayé en 1990 (« Fossette ») ; ce qui apporte une touche un peu plus percutante et incisive à la narration presque incantatoire des mots prononcés par l’artiste...

Bref, Dominique Ané, à l’état civil, flirte davantage avec l’écrin que la plume, dans un ouvrage qui balaye un genre assez large tout en berçant l’auditeur d’histoires tantôt touchantes et minimalistes parvenant à transformer une banalité en tragédie (« La mort des oiseaux »), voire militantes et percutantes lorsqu’il dénonce l'urbanisation à outrance (« Le reflet »)… le tout modestement, mais allègrement…