Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

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Bénabar les regarde danser…

Bénabar est de retour et nous propose un nouveau single intitulé « Elles dansent », un titre fondamentalement pop, joyeux et émouvant, qui raconte une histoire de famille ou d’amis dans laquelle chacun pourrait se reconnaître : un moment de joie et de liberté…

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mardi, 08 juillet 2014 10:40

Une histoire de famille

La rencontre s’est déroulée au Witloof Bar du Botanique, juste après le concert de présentation de son nouvel opus, « Time away ». Sweet Jane alias Christel Mignolet a donc attendu plus de 10 ans avant de publier ce troisième essai. « Full moon » remonte d’ailleurs à octobre 2003. Ce qui méritait des explications…

Ce n’était pas intentionnel ! Au cours de cette période, je me suis consacrée à d'autres projets. Et comme je suis entière, je m’y livre à fond. Je n'ai jamais arrêté d'écrire des chansons. J'ai toujours continué dans mon coin, dans ma chambre. Et puis à un certain moment, je me suis dit qu'il était temps de faire un peu l’inventaire. Et réunir les chansons écrites dans le passé sur un album. J’en ai également ajouté quelques unes qui occupent une bonne moitié du nouveau cd.

L'écriture de tes textes est assez pointue, mais aussi soignée. Tu es méticuleuse ?

Mon écriture est spontanée. J’utilise énormément la métaphore. J’ai plutôt recours aux images plutôt qu’au réalisme. Et pourtant, je suis également dans la réalité, en utilisant des mots simples et directs.

« Sweet Jane », c’est le titre d’une chanson du Velvet Underground que Lou Reed a transformé en tube. Mais pourquoi avoir choisi ce patronyme ?

J’ai découvert le Velvet Underground, il y a une vingtaine d'années. Et j’ai flashé sur cette chanson. A cette époque, j’étais aux Etats-Unis en compagnie d’amis qui l’écoutaient souvent. Finalement, elle est devenue une expression entre nous. Aussi, quand j’ai cherché un nom de scène, je n’ai pas dû chercher très loin. Et puis la musique colle bien au projet. Oui, je reconnais, je suis fan du Velvet Underground.

D’après tout ce que j’ai pu lire, tu es très attirée par la scène britannique. C’est une référence primordiale pour toi ?

Oui, absolument ! J’ai été bercée par la scène anglaise, parce que ma maman est néerlandaise et elle écoutait beaucoup de musique anglophone. Mon papa est francophone, et lui est chanteur/compositeur. Mon frère joue également de la musique. Mon petit frère est ingénieur du son. C'est lui qui s’est chargé du mixing ce soir. Donc, c'est une histoire de famille. On baigne dans l’univers de la musique depuis notre enfance.

Se produire en concert, c’est important pour toi ?

Tout à fait ! A cause du retour que nous procure le public. Le ‘live’ me transporte. Me fait vibrer à l’intérieur. J’essaye de donner le meilleur de soi-même. Bien sûr que pour les artistes, il est très important de monter sur les planches… 

Au Botanique, tu as joué au Witloof Bar. Pourquoi pas à la Rotonde ?

Un concours de circonstances. Le Botanique est fort booké. Quand on m'a proposé de me produire au Witloof Baf, j’ai accepté. Je suis ravie d’y avoir joué. A ce propos, je remercie le programmateur du Bota, Paul Henry Wauters. A la Rotonde, le son est magnifique. J'y ai déjà assuré la première partie de Shannon Wright, au mois de novembre 2013 ; et c'était très chouette. Et la prochaine fois que je reviens au Botanique, cela sera à la Rotonde. Maintenant, je suis vraiment contente d'avoir joué ici ce soir après 10 ans d'absence. De voir que les gens qui sont déplacés ce soir ont apprécié le spectacle. Ils étaient vraiment enthousiastes. C'est mon sentiment en tout cas. J'ai les deux pieds sur terre et la tête dans les nuages. C'est un peu dans ma nature.

A propos de première partie, dans le passé, tu as accompli celles de Calexico, Sophia et d'Echo & The Bunnymen. De bons souvenirs ?

Chaque concert laisse de bons souvenirs. Pour Calexico, c'était à la Soundstation de Liège. A cette époque là, ils s’étaient déjà forgé une certaine notoriété, mais pas encore comme celle acquise aujourd'hui. Donc c'est chouette. Echo & The Bunnymen, je les ai précédés à l'Ancienne Belgique. J'étais un peu angoissée, car la salle est très grande. A l’époque, je n’étais pas très sûre de moi. Mais après le set, le guitariste est venu me voir pour me dire qu’il l’avait apprécié. J’étais vraiment contente, alors que pourtant, pendant toute ma prestation, j'étais dans mes petits souliers. Un excellent souvenir ! Sophia, on a grandi entre guillemets ‘ensemble’. Son projet a commencé à la même époque que le mien. Robin vit en Belgique. On se connaît. J'aime beaucoup ce qu'il fait. Il fait partie de mes relations amicales.

As-tu prévu une tournée des festivals ou des grandes salles pour défendre ton nouvel album ?

En tout cas, pas pour l'instant. Pas tout de suite. J'ai encore envie de poursuivre la tournée des petits clubs, en automne. En janvier, je vais peut-être encore me produire dans des centres culturels. Je commence à bosser sur un quatrième album et après je pourrais envisager celle des festivals. Si on me sollicite, bien sûr, je ne dirai pas non. Mais pour l'instant, je me suis cantonnée aux petits clubs et c’est plutôt une formule sympa. Je trouve que le rapport entre l’artiste et le public y est vraiment direct. Je suis très heureuse d’y jouer. Des grandes scènes, j'espère oui. Mais je suis déjà très satisfaite de ce qui m’arrive actuellement.

On compare souvent ta voix à celle de PJ Harvey. Un compliment ?

Une référence importante. C’est certainement une source d’inspiration pour moi. Et pour pas mal d’autres chanteuses. Mais pas seulement pour sa voix. Pour ce qu’elle dégage. Elle a vraiment en elle quelque chose de poignant. Et que l'on me compare à elle, c'est un beau compliment.

Que représente Spain pour Sweet Jane ?

Un groupe américain que j’adore. Enfin, leur musique. Elle est particulièrement chaleureuse, intense, soul, très poignante également. C’est également une de mes inspirations majeures. De nombreuses formations issues de la scène new-yorkaise pratiquent ce style de musique. J'ai tout de suite accroché. Velvet Underground était un peu plus rock. J’étais plus jeune aussi. Puis j’ai évoluée et je suis tombée sous le charme de la lo fi. Cette musique me berce, me transporte, m’envahit…

Question que je pose régulièrement aux artistes belges : peut-on vivre de sa musique en Belgique ?

Non, il faut garder les pieds sur terre. Adamo et Arno sont professionnels et peuvent vivre de leur musique. Ils s’exportent à travers le monde. Puggy et Suarez sont certainement sur la bonne voie. Tant mieux pour eux ! Pour tous les autres qui commencent leur carrière ou dont le style musical est plutôt alternatif, ce n’est pas possible. Le téléchargement illégal est toujours d’actualité. On ne vend pas de cd, sauf en concert. En magasin, c'est fini. On ne peut pas compter sur de telles rentrées au début d'une carrière de chanteur/musicien. Aujourd'hui c'est dur. Perso, j’ai une activité professionnelle en plus de l’artistique ; et si un jour je devais lâcher mon job pour vivre de ma musique, je le ferais. Mais pour l’instant, ce n'est pas mon intention…

Geoffrey Hautvas, c’est le leader d’Electric Château. Dans le paysage belgo-belge, ce n’est pas un néophyte, puisqu’il sévit sur la scène musicale depuis une vingtaine d’années. Et avant de monter son nouveau projet, il a milité chez The Dallas Explosion (NDR : fondé début des années 2 000, il a publié deux elpees et un Ep). Enfin, il prête sa basse à Vismets et Antoine Chance. Une nouvelle aventure qui a commencé été 2012, lorsque le leader a posé ses valises à Londres, pour écrire de nouvelles chansons. Après avoir défendu ses compos dans les clubs londoniens, le combo est revenu au plat pays pour enregistrer un Ep 6 titres intitulé « Noblesse Oblige ». Geoffrey qualifie son style de ‘royalty rock'n’roll’. Tourné vers le futur tout en véhiculant une certaine nostalgie du passé, il puise son inspiration dans l’histoire de la pop insulaire, depuis les mods et les rockers, en passant par les dandies et la britpop. Sur un ton sarcastique, les lyrics d’Electric Château s’attaquent aux grandes fortunes, à la noblesse et à la royauté. Mais nous réservent également quelques chansons d'amour...

L'Ep a été enregistré sous la houlette de Remy Polfliet et François Vincent (Romano Nervoso, Elvis Black Star). Il a été masterisé aux RAK Studios de Londres par Doug Shearer, personnage qui a notamment bossé pour Kasabian, Gorillaz et Rémy Lebbos de Vismets. Sur les planches, Geoffrey est soutenu par Maxime Honhon à la basse, Alexandre De Bueger (David Bartholomé, Alaska Gold Rush) à la batterie, ainsi que d'une section de cuivres. C'est une semaine après leur concert exécuté au Bar du Matin, un café concert sis à Ixelles, que Geoffrey a accepté de répondre à nos questions.

Le set accordé la semaine dernière à Bruxelles était sold out. Tu le pressentais ?

Je me doutais qu’il allait y voir du monde, car on habite tous dans le coin. Dans le public, il y avait beaucoup d’amis. Des fidèles et également des journalistes. Mais également des musiciens. Un chouette public, en tout cas.

Manon (NDR : Noa Moon) y était.

Ah, bon, je ne l'ai pas vue.

Je constate qu’au sein du nouveau line up de ton groupe, il y a des cuivres. C’était important de les incorporer ?

Il y a longtemps que je rêve de mettre des cuivres dans ma musique. Et j’ai franchi le pas. Un de mes albums préférés, c'est « Sticky Fingers » des Rolling Stones. Et la présence massive de cuivres explique, certainement, le crédit que je lui accorde. 

Quel est le dernier concert auquel tu as assisté ?

Celui de Connan Mockasin, hier à l'Ancienne Belgique. Pas mal du tout ! Cet artiste donne énormément de sa personne. En fait, rien qu'en communiquant avec son public entre les morceaux, on plonge directement dans son univers…

Quel est le dernier long playing que tu as écouté ?

« Lousy With Sylvianbrian » d’Of Montreal ! C’était lors du trajet, que j’ai effectué en voiture, qui m’a conduite ici. Un superbe disque que je considère comme mon album préféré pour 2013. Sans quoi, pour l’instant je relis une biographie consacrée à Neil Young et j’en profite pour réécouter tous ses albums en boucle.

Un nouvel album en gestation pour Electric Château ?

Pas encore. Là on retourne en studio au mois de mars. On a envie de mettre en boîte cinq ou six titres. Nous disposons de cinq nouvelles chansons que l'on aime bien et qu'on a envie de mettre sur bande. Perso, j'aimerais bien sortir un single deux titres. Un 45trs partagé entre face ‘A’ et ‘B’ qui permettraient des codes de téléchargements. Certainement avant juillet.

Vous vous produirez au cours des festivals d’été ?

Nous négocions des tas de dates, mais rien n’a encore été confirmé. En fait, tout va dépendre du Propulse. Le ProPulse est un peu l'Eurosonic belge. De nombreux organisateurs de festivals vont inévitablement assister à notre prestation. On verra s'ils souhaitent nous engager ou pas...

L'Angleterre, c'est un tremplin pour toi ?

C'est un de mes pays préférés. Mais après y avoir vécu, je préfère m’y rendre comme touriste. Une fois tous les six mois, pour y séjourner un week-end, c'est très bien. Clairement, quand on joue du rock et qu'en plus, on chante en anglais, c’est un des pays les plus importants sur la planète. C’est l’endroit idéal pour entamer une carrière. J'espère y retourner bientôt pour m’y produire. Un objectif futur à court terme, en tout cas.

J’ai lu que Paul Weller et Liam Gallagher constituaient des références majeures pour toi…

Paul Weller ? Absolument ! Pourtant je n’ai jamais été fan de The Jam. Je préfère The Style Council. Et surtout les disques solos de Paul. Lui et Nick Cave ont brillamment passé le cap des 50 ans. Leur carrière est significative. Etrangement, ce sont les deux derniers albums d'Oasis que je préfère. De bons disques de rock. A contrario, je n'ai jamais tellement accroché aux premiers. Le cd de Noël Gallagher est superbe et le projet de Liam, Beady Eyes tient bien la route…

Tu joues de la basse chez les Vismets. As-tu rejoint définitivement le line up ? Participes-tu à la composition ?

C'est une bonne question. Je ne participe pas du tout à l’écriture des chansons. Je me contente de jouer de la basse. Quand j’ai intégré le groupe, les morceaux étaient déjà terminés.

Pourquoi avoir transformé votre patronyme, en passant de Château à Electric Château ?

Pour deux bonnes raisons ! Un groupe américain totalement inconnu a également choisi ce nom et publié un cd qui porte le titre de « Château ». Les plateformes comme iTunes, Deezer et Spotify ne parvenaient pas à faire la différence. On se retrouvait dans une drôle de situation. Les internautes pensaient que nous avions sorti un nouvel elpee. Alors que ce n'était pas le cas. Un vrai problème ! Nous les avons contactés pour leur demander de les engueuler. Je ne sais pas, mais la première chose à faire quand on fonde un groupe, c'est de se renseigner pour savoir si l’appellation n’a pas encore été choisie. Bref, les services de streaming musical ont fait la sourde oreille. Lorsque des acheteurs potentiels nous contactaient, on leur disait qu’on s’appelait Château. Mais une semaine plus tard, ils nous rappelaient pour nous raconter qu’hormis la sélection de vins labellisée ‘Château’, nous étions absents des moteurs de recherche. Château est un terme difficile à référencer sur internet. C’est même mission impossible. Nous voulions cependant le conserver, mais on a été forcés de le précéder par le mot Electric.

Est-il possible de vivre de sa musique, en Belgique ?

Non. J'en connais très peu, en tout cas, qui en vivent pleinement. C'est clairement un truc auquel tu ne peux pas te consacrer toute ta vie. C'est comme un sportif qui joue au tennis. Sa carrière professionnelle dure quelques années, et puis il devient entraîneur. En général, un musicien finit inévitablement par se ranger. Le statut d'artiste en Belgique est loin d’être parfait, mais il permet de survivre. C'est clairement un chômage aménagé.

La seule alternative, c’est de s’exporter ?

Oui, car tu as vite fait le tour de la Belgique. Pourtant, tu peux y décrocher de chouette cachets. Mais il est préférable de s'exporter pour pouvoir revenir en Belgique plus tard. Bien sûr, tourner à l’étranger nécessite un fameux investissement. Un groupe sur la route a besoin d’un gros Van, de techniciens. Et la note grimpe rapidement. On perd de l’argent, quand on joue hors de nos frontières…  

Ce qui est paradoxal en Belgique, c’est que la plupart des artistes francophones se produisent presque exclusivement en Wallonie, et les néerlandophones, en Flandre. Seul Bruxelles semble échapper à cette règle. Arsenal qui est à l’affiche de Werchter, remplit le Lotto Arena ou le Sportpaleis, n’est guère connu dans le Sud du pays…

On se retrouve régulièrement sur des affiches parmi des néerlandophones. Auprès de Silvering signé par Sony ou Alton Walgrave chez PiaS. On s’est produit au Sportpaleis, au Marktrock et au Pukkelpop. C'est vrai que lorsqu’on arrive en Flandre, on a l’impression de débarquer sur un autre territoire. Les artistes francophones s'exportent plus facilement en France. Les artistes néerlandophones, aux Pays-Bas. C'est une réalité. Je me débrouille pour être programmé au Nord du pays. Je parle également le néerlandais. Hooverphonic et Ozark Henry ont acquis une certaine notoriété sur tout le territoire. Cette barrière est totalement ridicule. C'est à cause de la barrière de la langue. C'est un constat, mais il faut passer outre. Et puis des organisateurs wallons programment des néerlandophones à leur affiche, et vice versa. C’est très bien. Il est grand temps !

Les prochains concerts

23.08.2014 – Bucolique Festival (Ferrières)
31.08.2014 – Festival Scène sur Sambre (Abbaye d’Aulne)
27.09.2014 – Le Salon (Silly)
20.09.2014 – Fêtes de Wallonie (Namur)

 

jeudi, 05 juin 2014 01:00

Stripped

Le hard rock mélodique des années 80 ne ferait plus recette. Faux ! « Stripped », la compile qui résume la longue carrière de Cinderella en est la parfaite illustration. Cet opus était déjà paru, en 1999, sous le titre de « Live At The Key Club », chez Cleopatra. Il a été enregistré les 2 et 3 octobre 1998 au Key Club d’Hollywood durant la tournée baptisée ‘Unfished Business’. La nouvelle mouture a été enrichie de deux plages ; en l’occurrence « Sick For The Cure » et « Make Your Own Way », deux bonus tracks immortalisés ‘live’ lors de concerts accordés en 1991. Les quatorze autres pistes remontent à 1999. Des versions puisées au sein des quatre elpees parus entre 1986 et 1994. Une bonne initiative pour permettre de raviver le souvenir du combo chez les anciens aficionados ou d’inviter les néophytes à approfondir le sujet, en s’intéressant à leur discographie.

La naissance de Cinderella remonte en 1983. A Philadelphie. Lors de la rencontre entre le chanteur/lyriciste/guitariste/claviériste Tom Keifer et le bassiste Eric Bittingham. John Bon Jovi, poids lourd du métal mélodique, les prend sous son aile et leur permet de signer chez Mercury. Cinderella se traduit par Cendrillon, dans la langue de Molière. Leur premier long playing paraît en 1986. Il s’intitule « Night Songs ». Et suinte de glam bien yankee. Pensez à Poison ! Cinq pistes ont été retenues pour le recueil. Tom y signe tous les textes. Le single « No Body’s Fool » rencontre un succès certain et permet au combo de servir de supporting act à John Bon Jovi, Poison et David Lee Roth. « No Body’s Fool » est une superbe ballade destinée à caresser les tympans délicats. Efficace et caractérisée par son refrain entraînant « Shake Me » est une compo imprimée sur un tempo plus enlevé. La voix de Tom est haut perchée, légèrement rocailleuse, rappelant même parfois Brian Johnson d’AC/DC, une formation au sein de laquelle il puise une certaine inspiration.

« Long Cold Winter » remonte à 1988. Les traces de glam sont encore présentes, mais on y assiste à un virage carrément blues. Le disque va se vendre à plus de trois millions d’exemplaires aux States. 5 pistes de cet opus ont été retenues, dont le méga hit « Don't Know What You Got », une ballade racée, très spécifique de cette époque. Et que votre serviteur apprécie tout particulièrement.

Cinderella grave « Heartbreak Station » en 1990. Malgré des accents blues davantage marqués, et le concours de cuivres, le disque s’écoule moins facilement que le précédent. Pourtant, y figurent de très bonnes chansons comme « The More Things Change », « Heartbtreak Station » ou« Shelter Me », incluses sur la compilation, parmi les cinq pistes retenues, si on tient compte des deux bonus tracks.

C’est à partir de cette époque que Tom va rencontrer des problèmes de cordes vocales. Le quatrième album, « Still Climbing », voit le jour en 1994 ; mais il ne déclenche pas l’enthousiasme des trois premiers essais. D’ailleurs un seul titre a été retenu de cet LP, « Hot And Bothered ».

Cette compilation prélude le retour de Cinderella sur la route des festivals et des concerts. En espérant qu’il retrouve l’inspiration pour concocter un véritable nouvel album…

 

dimanche, 31 décembre 1995 00:00

Manic Compression

Troisième opus pour ces vétérans de la scène hardcore new-yorkaise. Un disque qui souffle le chaud et le froid. Le froid lorsqu'il se contente de marcher sur les plates-bandes d'Helmet. Le chaud lorsqu'il montre un visage plus subtil, plus raffiné, sans pour autant perdre la nature de sa férocité. Comme par exemple sur "Delusional" et "Landmine Spring". Les riffs de guitares sont davantage effilés que déchiquetés. Les vocaux moins étouffés permettent de laisser entrevoir des textes intelligents, engagés, consacrés aux problèmes sociaux rencontrés aux States, mais également à l'échelle mondiale. Et à travers ces questions, et des sentiments de colère, d'hostilité, de révolte qu'elles peuvent engendrer, il se pose en modérateur, en conciliateur. Un point positif qui sauve l'œuvre des sables mouvants de l'oubli...

 

jeudi, 15 mai 2014 01:00

Noir désir à l’Horizon

Cent ans de solitude et onze ans d’absence ne sont pas venus à bout du souffle de l’une des plus belles voix, de l’une des plus belles plumes de la scène rock française. Si la musique avait oublié Bertrand Cantat, ne fût-ce qu’un instant, le public avait résolument répondu présent ce jeudi 15 mai, à l’Ancienne Belgique de Bruxelles. Et quel accueil !

Quelques minutes à peine ont d’ailleurs suffi pour fermer tous les guichets de l’Hexagone et de Belgique.

Sans doute, certains s’attendaient-ils à un événement peuplé de quadras nostalgiques à la recherche du temps perdu. D’autres, à de nouveaux horizons sis au-delà du vide orienté vers une autre lumière, loin des rivages ‘sombres’ de Noir Désir, qui auraient définitivement brûlé les dernières pages du groupe culte français, grillé ses dernières cartouches. Par bonheur, Bertrand Cantat et Pascal Humbert ont réussi magistralement à garder le cap, à se frayer une voie médiane, louvoyant entre passé et futur pour s’ouvrir vers un Détroit plus que présent. Un voyage au bout de la nuit ? Pas vraiment.      

Un rendez-vous avec le temps traversé par une électricité spasmodique. Rarement une telle ferveur n’a saisi l’auditoire francophone de l’AB. Aux côtés de Bertand Cantat (Chant, Guitare) et Pascal Humbert (Basse, Contrebasse), militent Nico Boyer (Guitare), Bruno Green, alias ‘le Professeur’, (Claviers, Guitare) et Guillaume Perron (Batterie). Et cette équipe s’est vraisemblablement rendue coupable de l’un des meilleurs concerts de musique française, en cette année 2014. Rien de moins.

Certainement sensible à la critique de ses premières représentations, le ‘jeune’ groupe français ne cesse de revisiter ses concerts, de changer de formule, de trouver l’équilibre. Tant dans le répertoire que l’orchestration. Et vu le résultat atteint ce jeudi soir, le public bruxellois a certainement dû assister à la fin d’un ‘tour de chauffe’.

17 titres d’une set list qui sillonne habilement entre « Horizons » et le répertoire de Noir Désir totalement réorchestré. Entre l’envie furieuse de réécouter les anciens titres réinventés et de découvrir les nouveaux sur scène. Aucune concession, pas de prétexte au racolage nostalgique. Juste un nouveau Cantat qui préfère chanter sans lyrisme excessif ni grandiloquence, privilégiant une justesse émotionnelle déchirante.

Le frisson est constamment palpable dans la salle, il vibre derrière chaque mot, chaque note, chaque morceau. Il lézarde les âmes. Une pureté émotionnelle qui, cette fois, ne se cache pas derrière des violons. Ce soir, Détroit a décidé de sortir les guitares électriques et de laisser les cordes au vestiaire. Le temps d’un instant.

Hagard, cheveux ébouriffés et habillé de noir, Cantat monte sur les planches accompagné de son complice Pascal Humbert et de ses trois nouveaux camarades de jeu. Le chanteur est accueilli par une longue salve d'applaudissements ponctuée de ‘On t’aime’. Figé au centre de l’estrade, tel un enfant perdu dans la foule, il répond par quelques sourires, quelques gestes mêlés de mercis étouffés. Symboliquement, c'est sur Pascal Humbert que sont braqués les projecteurs pour les deux premières chansons de la soirée.

« Ma Muse » et « Horizon » en ouverture. L’atmosphère devient subitement troublante, suffocante. Une chape de béton scelle un public désormais muet. La tête rivée au ciel, les yeux fermés, comme absent, Bertrand Cantat revient sur l’indicible d’une voix bouleversante : ‘Qui de mon cœur ou de ma tête va // Imploser comme une étoile // Quel débris ou quel morceau de moi // D'abord te rejoindra.’ Pas question d’oublier !

« Des Visages des figures » vient ensuite atténuer l’intensité de l’émotion. Et nous rappeler, qu’outre une voix magnifique, intacte, l’artiste français est un grand parolier.

Dès les premières notes de « A ton étoile », le ton général change radicalement. Le leader de Détroit reprend progressivement confiance et retrouve les automatismes de l'homme de scène qu'il était du temps de Noir Dez, tourbillonnant avec sa guitare. Loin des polémiques et des controverses, les interprétations de Cantat et Humbert sont habitées d’une musicalité exceptionnelle. Le diable au corps, le chanteur se libère, crache, vomit ses émotions et enchaîne les tubes. Les riffs s’enragent, la batterie cogne et le public exulte. Un incendie volontaire largement maîtrisé par nos cinq pompiers-pyromanes.

Un set terriblement plus dynamique et électrique que celui des concerts précédents qui change de configuration lors du premier rappel. Un rappel sur lequel Pascal Humbert échange sa basse contre une contrebasse et vient souffler sur les braises à l’aide du violon de Catherine Graindorge et du violoncelle d’Anne Lisa pour interpréter « Droit dans le soleil » et quatre autres titres.

Après deux heures de concert, les cinq musiciens viennent frontstage, guitare à la main, pour un final furieux en communion totale avec le public sur « Le vent nous portera » et « Comme elle vient ». Un vacarme étourdissant produit par un auditoire braillant sans accalmie : ‘Comme elle vient vient // Encore et encore // Comme elle vient // Encore et encore…’ sur lequel Bertrand Cantat a eu juste le temps de lancer un ‘Bruxelles, je t’aime’ avant de disparaître en backstage.

Un très grand concert sans démesure, plein de sobriété et riche en émotion.  

Nietzsche suggérait ‘qu’il n’est pas de belle surface sans une redoutable profondeur’ (Naissance de la Tragédie), Cantat nous apprend qu’on ne crée pas de chant sublime sans un gouffre de souffrance sous-jacent.     

Notez également qu’après ce concert accordé dans une AB archi-comble, Détroit a décidé d’offrir à son public belge une troisième et dernière date à l’Ancienne Belgique, le mercredi 8 octobre 2014.

Voir aussi la section photos ici

La setlist:

Ma muse – Horizon – Des visages des figures – A ton étoile – Le creux de ta main – Lazy – Le fleuve – Lolita nie en bloc – Ange de désolation – Null & void

Rappel 1

Droit dans le soleil – Glimmer in your eyes – Sa majesté – Fin de siècle – Tostaky

Rappel 2

Le vent nous portera – Comme elle vient

(Organisation Live Nation)

 

jeudi, 11 juillet 2013 03:00

LOUD by Court-Circuit 2013

Si l’an dernier, Court-Circuit ouvrait le Concours Circuit aux musiques électroniques en lui consacrant une compétition spécifique, c'est à la scène ‘loud’ (metal, trash, speed metal, heavy metal, death, doom, gothic, emocore, neo-metal, indus, black metal, ... qu’elle sera réservée cette année.

En effet, Court-Circuit coordonne un tout nouveau dispositif d'accompagnement, LOUD by Court-Circuit. Un festival au Botanique en décembre, des showcases en Wallonie et à Bruxelles, un festival off à Bruxelles-les-Bains, des programmes et outils de développement... Tout un programme et un agenda de niche pour ce second semestre 2013 !

http://www.youtube.com/watch?v=OgURnFis9mk&feature=youtu.be

Les inscriptions se clôturent le 13 septembre 2013. Voir ici

Et pour regarder le teaser, c'est

 

 

Another Belgian Band a terminé l’enregistrement de son premier album. Il s'intitulera « Bored with the Music » et sortira cet automne.

Toutefois, le travail n'est pas fini : le groupe a besoin de votre aide pour qu'il soit mixé, masterisé et pressé !

Le groupe a lancé un financement participatif via le site KissKissBankBank pour récolter les 2.500€ qui offriront à cet album la production de leurs rêves.

Vous pouvez précommander l'album et le recevoir avant tout le monde ou encore choisir d'autres contreparties exclusives (DVD, places de concert, concert privé à domicile, ...).

Les paiements sont sécurisés par carte de crédit.

Si la collecte n'atteint pas son objectif avant le 30 juin, elle sera annulée et vous serez intégralement remboursés.

http://www.anotherbelgianband.be

 

Bonne nouvelle puisque le groupe liégeois Fastlane Candies a annoncé la date de sortie de son très attendu prochain album. « Telenovelas » devrait paraître ce 7 octobre ; et dans un souci de partage et d’amitié, le groupe vous propose de découvrir ses nouveaux titres dans l’intimité de milieux sympas et décalés.

Pour un avant goût en catimini, rendez vous :

Le 20 juin à Namur (Musique à tous les étages)

Le 04 juillet pour nos amis Parisiens (International Records)

Et le 10 Juillet à Liège (Appartement Session)

https://www.facebook.com/fastlanecandies

 

 

vendredi, 26 avril 2013 03:00

Jusqu’aux portes du Paradis…

Auteur-compositeur-interprète et chanteur, Benjamin Biolay est né en 1973 dans le Rhône, à Villefranche-sur-Saône, très exactement. Il s’illustre d’abord en composant quelques chansons pour l’album d’Henri Salvador, « Chambre avec vue », en 2000. Depuis, il a apporté sa collaboration à de nombreux artistes, et notamment Françoise Hardy, Carla Bruni, Vanessa Paradis, Julien Clerc ou encore 113. Publié en 2009, son double album « La Superbe » récolte un franc succès. Plus ténébreux voire plus rock (encore que les compos recèlent des traces de hip hop et d’électronica) son sixième opus, intitulé « Vengeance », est paru en novembre 2012, et il épingle de nombreux duos. Echangés notamment en compagnie de l’ex-Libertine Carl Barât ou d’Oxmo Puccino. C’est d’ailleurs pour défendre cette œuvre que la nouvelle coqueluche de l’Hexagone est partie en tournée…

Et si sur disque, pour réaliser ses duos, il invite régulièrement collaborateurs et collaboratrices, ce soir il assume lui-même les deux voix. Sous cette forme, « Ne Regrette Rien », le titre pour lequel il avait pourtant reçu le concours d’Orelsan en studio, constitue une des meilleurs moments du concert. Tout comme « Laisse aboyer les chiens ». Mais la plus grosse surprise nous viendra de la participation de Vanessa Paradis, lors du premier rappel. Ensemble, ils vont interpréter « Profite », en fin de parcours.

Mathis Gardel assure le supporting act. Il est surtout connu pour son single « Reste encore ». Pourtant, ce jeune songwriter ne manque pas de talent. Il appartient à la génération du renouveau de la chanson française. Il reconnaît pour influences majeures, Daho et Bashung. Ce qui explique sans doute pourquoi Biolay l’a emmené dans ses bagages. Il faut dire que l'on a déjà vu et entendu pire comme première partie, d’autant que dans son style, il s’en sort plutôt bien, et puis, il a une bonne voix.  

Ce soir, Biolay sera généreux. Et va proposer un spectacle de deux heures, en forme de ‘best of’. Car non seulement il va interpréter les meilleurs morceaux de son dernier elpee, mais également, ses classiques, prenant bien soin d’équilibrer ancien et nouveau répertoire. Benjamin Biolay est une valeur sûre, en ‘live’, et il va de nouveau le prouver ce soir…

Il est 20h35. Le chiffre ‘600’ s'affiche en lettres lumineuses au fond de la scène. Une voix cynique résonne dans les haut-parleurs. Elle communique ‘Biolay fait de la pop française comme de la pop anglaise mais en moins bien’. Autodérision ? Benjamin et ses acolytes débarquent alors sur les planches et le spectacle peut commencer…

Après un "Cactus Concerto" déconcertant, Benjamin et ses musicos attaquent « Sous le lac gelé ». Le son est excellent. La formation très soudée. Benjamin Biolay paraît à l'aise sur scène. Sa voix est grave et profonde. Les arrangements sont particulièrement soignés. Il arpente le podium de long en large et lève parfois le poing, quand la foule l'acclame. Les guitares incisives ont leur mot à dire et on est ici très loin de la variété française. Le groupe s’autorise même une incursion dans la dance sur « Rendez-vous qui sait », l’électro pop (« A l’origine ») et même le funk (« Qu’est-ce que ça peut faire » et « Padam »).   

‘C'est bien d'être ici, ça fait longtemps’ déclare le chanteur, avant de se lancer dans une splendide interprétation de « La Superbe ». Une des ballades qui reflète parfaitement son univers mélancolique. Celui où il communique le mieux ses émotions. Et ces ballades seront nombreuses ce soir, puisqu’il exécutera également « La pénombre des Pays-Bas », « Aime mon amour », « Chère inconnue », « Ton Héritage » ainsi que « Confetti » (NDR : sur l’elpee, c’est Julia Stone qui lui donne la réplique).

Le public en veut encore et le Caladois réapparait sur le podium, suivi par la silhouette d'une dame. On entend les premières notes de "Profite" et une immense ovation s’élève de la foule pour accueillir Vanessa Paradis, venue en guest partager la scène avec Benjamin. Le public est ravi et le Français revient une seconde fois pour interpréter « Marlène est aux Anges ». Au bout de 120 minutes, il clôt sa prestation par l’incontournable « Les Cerfs-Volants ». Un chouette concert !

Setlist :

Cactus concerto
Sous le lac gelé
La Superbe
La pénombre des Pays-Bas
Dans la Merco Benz
Laisse aboyer les chiens
Aime mon amour
Chère inconnue
Rendez-vous qui sait
Qu'est ce que ça peut faire
Ton Héritage
Ne regrette rien
Dans mon dos
Confettis
Ground Zero Bar
15 septembre

Personne dans mon lit
A l'origine
Padam 

1er rappel

Profite (avec Vanessa Paradis)

2ème rappel

Marlène déconne
Les cerfs-volants

(Organisation AJA concerts)

 

Hard Rock International organise le Hard Rock Rising, soit la plus grande ‘Battle of the bands’ au monde.

Hard Rock Rising soutient des groupes de musique locaux pleins d’avenir à travers le monde et leur permet de réaliser leur rêve ultime : faire une tournée mondiale dans plusieurs Hard Rock Cafes, tourner un clip vidéo, enregistrer un album avec Hard Rock Records et recevoir de nouveaux équipements et instruments de musique d’une valeur de 10 000 dollars.

Pour participer, les groupes belges peuvent s'inscrire dès maintenant sur la page Facebook de Hard Rock Cafe Brussels (www.facebook.com/hardrockcafebrussels). Tout le monde peut y participer, mais ce sont les fans qui décideront de qui sera sélectionné pour participer au second tour de la compétition. Les fans pourront voter en téléchargeant gratuitement les chansons des groupes participants sur la page Facebook.

(D’après communiqué de presse)

 

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