Il n’existe pas de ligne droite pour The Beths…

The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

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La vie explosive de Fine Lame

Groupe de rock poétique incisif, enflammé, tumultueux, exalté, tranchant, Fine Lame convoque le rock français à appétence littéraire et la tradition du spoken word anglo-saxon. Le groupe a sorti un premier Ep 5 titres le 29 novembre 2022 qui évoque tant le…

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Nicolas Alsteen

Nicolas Alsteen

mardi, 24 octobre 2006 03:00

The Information

Il y a bien bien longtemps que Beck Hansen ne nous amusait plus. Mais tout semble rentrer dans l’ordre : « The Information ». D’abord, c’est franchement bidonnant de concevoir la pochette de son nouveau disque. Plein de petits stickers à coller partout, des vignettes barrées pour bricoler une jaquette délirante. L’initiative est originale. Un peu trop fantaisiste, d’ailleurs, au goût de nos amis Anglais. Ces derniers ont, en effet, interdit l’album de hit-parades. Pour cause, « The Information » enfreint la loi ! Et oui, la petite singularité du packaging confère au disque un avantage considérable et déloyal dans l’impitoyable lutte mercantile de ce début de siècle. Moins drôle l’information, hein ? Pourtant, Beck a le sourire : ce genre d’anecdote tend à semer les germes d’une belle campagne promotionnelle. Et le consommateur ? Il trouve ça cool, merci pour lui. La transgression des interdits demeure l’éternelle source de motivation des jeunes générations. « The Information » circulera dans les cours de récréation britannique. Soyez sans crainte.

Le neuvième album de Beck tient le bon bout. Fouillé, bidouillé, décontracté. Trois qualificatifs disparus depuis bien longtemps (« Odelay », 1996 ?) de l’univers de notre blond scientologue. Franchement, on n’y croyait plus. Et pourtant… « The Information » relance l’intérêt. Beck redevient cette drôle de machine détraquée, ce sampler fou. Folk, rock, jazz, lo-fi, hip-hop : le grand bordel organisé se joue ici en toute désinvolture. Et ce nouvel album remet un peu de désordre dans sa discographie. « One, two : you know what to do ! ». Yeah ! Dès « Elevator Music », on se déhanche telle une super limace bionique. Derrière les manettes, Nigel Godrich assiste Beck dans ce regain de coolitude. « Think I’m In Love », « Cellphone’s Dead » ou « Nausea » invitent le hip-hop à folker sur des hymnes de défoncés. Beck surprend et, en fin de parcours, on ne sait vraiment pas où le petit blond nous a largué. On est perdu. Mais heureux d’avoir retrouvé notre vieux pote !

mardi, 25 juillet 2006 03:00

Chulahoma

En attendant le successeur de « Rubber Factory » (2004), les Black Keys dégainent « Chulahoma », six reprises désenchantées du bluesman culte Junior Kimbrough. Avec ce disque, Dan Auerbach et Patrick Carney marquent un retour aux racines. Le blues constitue l’essence même de la fureur électrique des Black Keys. Ce n’est un secret pour personne. En rendant hommage à l’un de ses plus grands héros, la paire retrouve l’intensité passionnée éprouvée dans la moiteur du fulgurant « Thickfreakness » (2003), disque culte du duo d’Akron (Ohio). Entre rock et blues, punk et soul, les Black Keys installent le décor d’une musique référencée, presque datée. Ancré dans le passé, ce garage blues contemporain dresse maintenant ses perspectives en s’inspirant des plus grands. La voix rocailleuse de Dan Auerbach, les accords écorchés arrachés à sa guitare et la frappe sèche de Patrick Carney confèrent à cette musique un charme diabolique. Dans quelques semaines, les Black Keys reviendront armés d’un nouvel album. Nous retenons notre souffle...

mardi, 12 septembre 2006 03:00

Magic Potion

Quelques semaines plus tôt, les Black Keys rendaient hommage à Junior Kimbrough par le prisme d’un mini-album intitulé « Chulahoma ». Le flingue bariolé illustrant la pochette laissait entrevoir une œuvre sans concession. Le blues – base de production du duo d’Akron – du maître s’électrocutait alors aux riffs poisseux de ses élèves : Dan Auerbach (chant, guitare) et Patrick Carney (batterie). Après cette dédicace distordue, les Black Keys goûtent aux effets de « Magic Potion ». Sur ce nouvel album, le rock tente de subordonner le blues. Mais ce dernier riposte. Il sursaute, vibre. Et jamais ne se laisse dompter. L’antidote concocté par Carney et Auerbach constitue un nouveau tour de force : confrontation instable campée entre rock’n’roll et blues, douleur et sueur. La guitare et la batterie célèbrent ici une symbiose de tous les instants. Le timbre de Dan Auerbach évoque celui d’un vieux bluesman, éreinté par la vie, accablé par les brûlures du soleil mais fier de son pacte conclu avec le diable. A l’heure du quatrième album, les Black Keys affichent leur personnalité. Entière, vouée aux souvenirs de l’esclavagisme noir américain et aux riffs burnés d’une meute de teenagers restés trop longtemps cloîtrés dans leur garage. Remède moderne aux divers égarements sonores, « Magic Potion » est une fiole de jouvence essentielle pour ce bon vieux rock’n’roll. Sans crainte, les novices peuvent absorber « Just A Little Heat » et « Goodbye Babylon ». Métamorphosés, ils marcheront dans le droit chemin. L’effet est immédiat, garanti. Pas rétrogrades, mais fidèles aux principes fondateurs du mode binaire, les Black Keys demeurent nos druides favoris. Buvons à cette « Magic Potion ». Buvons !

mardi, 27 juin 2006 03:00

Midnight world

Prenez un câble électrique de haut ampérage, ouvrez la bouche et croquez. Alors, peut-être, ressentirez-vous l’électricité éprouvée en plongeant les oreilles dans « Midnight World », deuxième livraison toxique de Black Time. Certainement enregistré en une seule prise après une overdose de trois jours, ce nouvel album dépoussière le rock-noisy à grands renforts de riffs garage. Inévitablement, on songe aux Hunches, à Sonic Youth, aux Clone Defects, à Pussy Galore. Un son primaire, une attitude primale, Black Time n’en fait qu’à sa tête. Au diable les concessions ! Pas question de retourner son perfecto. Mieux vaut rester dans sa cave et faire fuir les cafards. Une musique jouée à fond les pistons pour servir le rock’n’roll : une noble cause pour laquelle se battent encore quelques irréductibles, à l’instar d’un Billy Childish, vieil adepte des œuvres sans compromis.

mardi, 21 novembre 2006 02:00

Bless

L’étymologie est parfois trompeuse. Blottie derrière Bless, Bénédicte rend hommage aux racines latines de son prénom. ‘Bénie de Dieu’ Bless ? Peut-être. En attendant, Béné s’est plantée. Car en se penchant sur son prénom, on constate que Bénédicte découle de la contraction de deux mots latins : ‘bene’ (‘bien’) et ‘dicere’ (‘dire’). Bless n’est donc pas bénie de Dieu. Mais nous ‘dirons’ ici tout le ‘bien’ qu’on pense de son premier album. De ce souffle de voix inspiré, la jeune femme rejoint une mouvance allant de Françoise Hardy à Keren Ann. En français ou en anglais, ses textes trahissent quelques désirs sexuels (« Ce plaisir (ne m’est pas donné) », « Monsieur X »), recherchent le réconfort (« Fais un vœu », « La raison pure ») et témoignent d’une écriture soignée, sophistiquée.

Sur cet album éponyme, Bless s’essaie à toutes les besognes. Son timbre, doux et fragile, s’expose ainsi aux émotions les plus diverses. D’une ritournelle mélancolique (« Anyway »), Bless se lâche, se donne corps et âme et s’abandonne dans un rock sulfureux (« Dusty Dirty Duty »). Sagesse apparente ou démence invisible, vrais mensonges et demi vérité, Bless se défile et défie les genres. A l’écoute de ce disque, on songe à la force tranquille d’Holden, à la désinvolture affranchie de Coralie Clément. On demeure ‘sans voix’ et c’est agréable. Un peu comme Bless finalement...

 

mardi, 15 août 2006 03:00

Kick Up The Dust

Pas d’interférence. Pas de bagnole, pas de jobs. Juste quelques bons amis, un peu de bière, des litres de whiskey et une brume hallucinogène à y perdre ses derniers neurones. Le décor est planté. Bienvenus dans « Kick Up The Dust », premier album de Blood Meridian. A la tête de ce projet barré, Matthew Camirand, écrivain à l’imagination débordante et fan transi des histoires impulsives de John Fante, est également actif au sein des excellents Black Mountain et Pink Mountaintops. Mais aujourd’hui, Blood Meridian est au centre de (toutes) nos préoccupations.

Passionnant. Le disque nous tient en haleine. Sans savoir pourquoi. Juste comme ça. Pourtant, les références sont bien présentes. Faut être complètement sourdingue pour les louper : Bright Eyes, Meat Puppets, Pavement, Neil Young, Gun Club. Et, cerise dans le ciboulot, c’est toute l’âme de Nirvana qui arpente ce disque. En général, le référent Nirvanien n’augure rien de bon. Mais nous sommes ici en compagnie d’une exception. Pas de rugissement, pas de guitare explosée, pas de grunge. Juste quelques bonnes mélodies, un psycho-folk drogué jusqu’à la moelle et la compagnie d'un chien (stupide ?) nommé Wandle. Blood Meridian signe un album bouleversant. Le disque rêvé par Cobain au lendemain de ses jérémiades acoustiques et fleuries sur MTV ? L’Histoire ne connaît pas la réponse. Mais des chansons de la trempe de « Most Days », « Soldiers of Christ » ou « Get Someplace Else » constituent de belles hypothèses de recherche.

Les histoires de Blood Meridian s’achèvent toujours mal. ‘Nous essayons d’écrire des histoires d’amour. Mais à la fin, il y a toujours un personnage qui meurt, un truc qui part en couilles.’ Matthew Camirand glorifie le rock’n’roll des lendemains qui déchantent. « Kick Up The Dust » devient alors la bande son idéale d’une histoire d’amour. Celle-là même qui unit les deux derniers survivants d’une explosion nucléaire. Espérons que nous serons de ceux-là.

 

mardi, 07 novembre 2006 02:00

Paper Television

A l’échelle humaine, une demi-heure ne représente qu’une petite portion temporelle. Après tout, que faire en trente minutes ? Tuer le temps ? Face à l’ennui profond du quotidien, l’option a de quoi séduire. Tuer le temps, c’est plus amusant que de jouer au puzzle, certes. Mais à l’écoute du premier album de The Blow, la traditionnelle demi-heure prend une autre dimension. Surréaliste, forcément hors norme. En quelques beats croustillants, The Blow fait sursauter l’establishment. A l’intérieur de ce « Paper Television », les sonorités mainstream s’accoutument des petites astuces électroniques de cette clique ludique. En provenance de Portland, le duo féminin Jona Bechtolt/Khaela Maricich s’amuse à devancer la pop, à l’effrayer (chez The Blow, c’est tous les jours Halloween !) par quelques délires arty franchement bien sentis. Leurs mélodies sont entêtantes (le génial « Parentheses »), leurs roulements de tambour jouissent du pouvoir d’affoler un bataillon de Gilles de Binche assoiffé d’oranges sanguines (l’improbable tube R’n’B « The Long List Of Girls ») et leur français se chante toujours la tête à l’envers (« Bonjour Jeune Fille »). L’électronique lo-fi déjantée de The Blow se joue ainsi des genres et du temps. Une demi-heure à perdre ?

lundi, 06 février 2006 02:00

Blink The Brightest

‘Le nouvel album de Tracy Chapman’. Cette sentence dégage un formidable parfum passéiste. La prononcer, c’est s’accorder une cure de jouvence verbale (essayez, vous verrez). Et l’exercice fonctionne dans toutes les langues : ‘repeat after me : The new album of Tracy Chapman’. Lancée sur les jupons de sa mère (« Mother Mother ») en 1996, signée sur une major (Island Records), Tracy reste posée là, assise sur les recoins du cortex, grattant les derniers neurones d’un organe planté dans les limbes des nineties, recouvert (pour mieux camoufler un passéisme mal assumé) d’une tignasse peroxydée. Chez certains, le pantalon baggy serait encore de rigueur. A l’autre bout du monde, on dénombre encore quelques tribus chaussées de Pump. Oui, Tracy Bonham hante les connexions nerveuses d’un siècle passé. Explication rime ici avec production. Un disque tous les cinq ans en moyenne. La performance est de taille. Comment peut-on aller moins vite ? Passé le single précité, oubliés les rêves de gloire aux côtés des Joan Osborne, Meredith Brooks et autres Alanis Morissette, Tracy affiche les couleurs de son troisième album. « Blink the Brightest » s’inscrit dans la continuité de l’œuvre de l’artiste, dans une époque guidée par la bande hertzienne. Diablement contemporain, le disque contrarie les idées reçues. Non, Tracy n’est pas qu’un spectre des années 90. Ces douze nouveaux titres le chantent à qui veut l’entendre. Tracy Bonham trace son chemin artistique. Lentement, sûrement. Bien. Qu’elle continue, bon pied, bonne âme.

mardi, 24 octobre 2006 03:00

Only An Orchard Away

Au lendemain de l’ouragan Franz Ferdinand, le monde a changé. Désormais, le rock fait danser les filles. Dès cet instant, on s’attendait à remuer son popotin sur les chansons de Box Codax. Mais comme le sous-tend la pochette d’« Only An Orchard Away », le nouveau projet de Nick McCarthy semble tourner le dos aux commodités populaires. Inutile donc de chercher un « Take Me Out » ici bas. La lo-fi disco pop bidouillée de Box Codax s’adresse davantage aux nerds énervés, aux clubbers de salon, voire aux Travoltas du dimanche matin. Nick McCarthy vient nous présenter son nouvel Alexander. Exit Kapranos. Cette fois, il se nomme Wagner. Visiblement, les deux hommes s’entendent bien. Ensemble, ils s’accordent deux courtes sessions de cinq jours. En résulte ce disque : « Only An Orchard Away », hérésie pop-rock du mois, tout et n’importe quoi. Punk chloroformé (« Dogs To The Beaches »), hip hop « lo-filisé » (« Naked Smile ») ou bossa nova pour cow-boys délétères (« Do It With Charm »). En définitive, Box Codax ne respecte aucune ligne de conduite. C’est naïf, bordélique et sans ambition. Un side-project, tout simplement.

lundi, 30 janvier 2006 02:00

Steal Yer Heart

Bienvenue chez les syncopés de The Briefs. Ici, on aime le punk-rock, la vitesse. On affiche une attitude : froc ‘moule-bite’, cravate, perfecto collant et tignasse peroxydée. ‘Vivre moche mais heureux’, telle est la devise. The Briefs n’est pas là pour parader. Personne ne viendrait se risquer à tel défilé. Non, les pensionnaires de Seattle s’activent à griffer des guitares en un temps record. Et de fait, les 11 titres bombardés sur nos tympans viennent à bout de toute énergie vitale en moins de 28 minutes et 40 secondes. Les Briefs ont mangé du Ramones, se sont fringués new wave et sont parvenus à convaincre une maison de disque de produire leur speed musical en grande quantité. En se penchant sur la discographie des vilains, l’auditeur averti (en vaut cinq) découvre une production stakhanoviste : quatre disques en quatre ans. Ces types sont nerveux. Mais sont-ils réellement dangereux? C’est en tout cas l’hypothèse défendue par la pochette de ce nouvel album : cavalcade sanglante de quatre sprinters de syllabes. The Briefs vit une passion sans concession. Mais au final, que reste-t-il ? Rien. L’expérience fut Briefs mais intense.

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