Pas d’interférence. Pas de bagnole, pas de jobs. Juste quelques bons amis, un peu de bière, des litres de whiskey et une brume hallucinogène à y perdre ses derniers neurones. Le décor est planté. Bienvenus dans « Kick Up The Dust », premier album de Blood Meridian. A la tête de ce projet barré, Matthew Camirand, écrivain à l’imagination débordante et fan transi des histoires impulsives de John Fante, est également actif au sein des excellents Black Mountain et Pink Mountaintops. Mais aujourd’hui, Blood Meridian est au centre de (toutes) nos préoccupations.
Passionnant. Le disque nous tient en haleine. Sans savoir pourquoi. Juste comme ça. Pourtant, les références sont bien présentes. Faut être complètement sourdingue pour les louper : Bright Eyes, Meat Puppets, Pavement, Neil Young, Gun Club. Et, cerise dans le ciboulot, c’est toute l’âme de Nirvana qui arpente ce disque. En général, le référent Nirvanien n’augure rien de bon. Mais nous sommes ici en compagnie d’une exception. Pas de rugissement, pas de guitare explosée, pas de grunge. Juste quelques bonnes mélodies, un psycho-folk drogué jusqu’à la moelle et la compagnie d'un chien (stupide ?) nommé Wandle. Blood Meridian signe un album bouleversant. Le disque rêvé par Cobain au lendemain de ses jérémiades acoustiques et fleuries sur MTV ? L’Histoire ne connaît pas la réponse. Mais des chansons de la trempe de « Most Days », « Soldiers of Christ » ou « Get Someplace Else » constituent de belles hypothèses de recherche.
Les histoires de Blood Meridian s’achèvent toujours mal. ‘Nous essayons d’écrire des histoires d’amour. Mais à la fin, il y a toujours un personnage qui meurt, un truc qui part en couilles.’ Matthew Camirand glorifie le rock’n’roll des lendemains qui déchantent. « Kick Up The Dust » devient alors la bande son idéale d’une histoire d’amour. Celle-là même qui unit les deux derniers survivants d’une explosion nucléaire. Espérons que nous serons de ceux-là.