Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

logo_musiczine

La fuite d’Ellside

Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre et lumière pour un voyage qui durera un an. Une lente année pour dévoiler 6 chapitres de 2 chansons, 12 titres qui narrent l'histoire de Light. Le groupe invite les…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nicolas Alsteen

Nicolas Alsteen

mardi, 20 juin 2006 03:00

Guide to Insufficiency

La chaleur nous caresse le visage. Au loin, le soleil disparaît, tout doucement, se tâtant, cherchant comme toujours consolation à l’autre bout du globe. Le pas léger, nous avançons vers ces reflets orangers. David Thomas Broughton vient de composer « The Complete Guide to Insufficiency », bande son idéale de cette fin de journée ensoleillée. Par la grâce de cinq chansons en lévitation, Broughton se rapproche de Nick Drake et John Fahey, deux génies d’un siècle passé. Comme si Anthony (& The Johnsons) abandonnait son piano pour fredonner au gré d’une guitare folk. Enregistré en une seule prise sous la nef d’une église de la banlieue de Leeds, ce disque convoque la quiétude en toutes circonstances. Les agressions, les échauffourées et les colères meurent dans l’univers esquissé par David Thomas Broughton. Ne subsistent ici que l’amour, la mélancolie et l’espoir de meilleurs lendemains. Coups de cœur aux édifiants « Ambiguity » et « Unmarked Grave », véritables bénédictions musicales. Broughton chante à la mémoire de John Peel. Là-haut, l’animateur de la BBC affiche certainement un large sourire : le soleil approche. Un nouveau jour se lève.

mardi, 31 octobre 2006 02:00

Waiting for the light to find us

Echappés de leurs vastes espaces enneigés, les Suédois d’Amandine viennent nous présenter leur second E.P. de l’année. Le magnifique « Waiting for the light to find us » dévoile l’univers d’un groupe touché par la grâce. La mélancolie s’allie ici aux harmonies. Pour Amandine, les idées noires seront toujours les meilleurs. On songe à Iron & Wine, à Great Lake Swimmers pour ce côté désabusé, à Crosby Stills Nash & Young pour cette Amérique fantasmée, à Chad VanGaalen pour cet aspect bricolé. Assis au coin d’un feu, les quatre musiciens rêvent de déraciner le folk de ses origines. Quelques instruments atypiques viennent alors nourrir cette espérance : accordéon, banjo (le sublime « Sparrow »), theremin, trompette, glockenspiel. Un bonnet sur la tête, les mains dans les poches et une écharpe autour du coup, on passe la langue, essayant de gober ces petits flocons tombés du ciel. C’est l’hiver. L’après-midi touche à sa fin, le soleil se couche : le moment idéal pour se laisser réchauffer par les mélodies d’Amandine.

mardi, 29 août 2006 03:00

Do Whatever Turns You On

Deuxième tentative pour Aberfeldy. Après l’inaugural « Young Forever », voici « Do Whatever Turns You On », suite logique des aventures musicales de nos cinq Ecossais. La formation perpétue son art, suivant les règles d’or d’un genre devenu patriotique : la ballade pop au cœur brisé. Dans le rétroviseur de Belle & Sebastian ou de Camera Obscura, l’ombre d’Aberfeldy se profile. Pourtant, à l’image d’un vieux disciple, le groupe ne parvient jamais à surpasser l’œuvre de Stuart Murdoch, le père fondateur. Alors, Aberfeldy se jette corps et âme dans de vaines complaisances ensoleillées. « Do Whatever Turns You On » est joli et inutile, gracieux et embourgeoisé. Cette pop lumineuse aurait besoin d’un sérieux décrassage, d’une cure de Juvamine, d’une bonne dose de poudre frénétique. Quelques morceaux viennent heureusement sauver ce deuxième album d’un naufrage tragique. On songe alors à « Hypnotised » ou « All True Trendies ». Sous peine de rejet cutané, on évitera les claviers dégoulinants de « Uptight ». Pour clore son triptyque discographique, ces Papas Fritas écossaises ont tout intérêt à revoir leur recette. Là, elle sent franchement le roussi...

mardi, 05 septembre 2006 03:00

Sculptures

Huit juillet 2006. Dans le ciel, le soleil culmine, inondant de ses rayons les rives de l’Ourthe. Sous une chaleur torride, presque tropicale, 12 sculpteurs internationaux s’apprêtent à donner le coup d’envoi du Symposium de sculpture monumentale de Comblain-au-Pont. En parallèle, un autre évènement ouvre ses portes au public : le Festival Confluences, dédié à des artistes issus du monde du jazz, de la musique du monde, des musiques classique et contemporaine. La création, l’ouverture et l’improvisation demeurent les trois axes directeurs de ce nouveau festival, fruit d’un dialogue permanent entre musique, sculpture et poésie. A l’affiche, figurent 6 concerts, dont une création mondiale : « Sculptures », 12 œuvres originales écrites par Line Adam. Tour à tour classique, audacieux, impétueux ou nostalgique, son univers musical brode une œuvre totale. En sa compagnie, le Quatuor Thaïs se fait caisse de résonance de ses musiques intérieures. Violons, violoncelle, flûte traversière et piano s’entrecroisent ainsi au gré de ces fascinantes « Sculptures ». A découvrir.

mardi, 08 août 2006 03:00

Places For Love

Deuxième album pour Adrian Bouldt. « Places For Love » condense tout le savoir-faire de la formation liégeoise. Après une première sortie discographique (« Presents ») élégante mais inégale, Adrian Bouldt repart à la conquête de son public par le prisme d’un insoluble amour musical. Nous sommes ici sur nos terres. Et cela s’entend. Le son, la voix, les arrangements. Bienvenue en Belgique, pays d’Hooverphonic et d’An Pierlé. Bientôt celui d’Adrian Bouldt ? A l’écoute de ce nouvel album, c’est tout le bonheur qu’on souhaite à la belle Delphine Bouhy, voix satinée et enjouée d’Adrian Bouldt. Produit par Rudy Coclet (Sharko, Arno, Mud Flow, etc.), « Places For Love » affiche d’emblée ses prétentions : « I Don’t Blame You », premier single cajoleur de ce nouvel album. Sur « Car Crash », on songe aux jolis méandres mélancoliques d’Emiliana Torrini. Parfois, quelques éléments (guitares, claviers) redondants tendent à surexposer la simplicité rayonnante de certaines compositions (« The Fisherman », « How I Travel... »). Mais dans l’ensemble, « Places For Love » dégage une joie de vivre expansive (« Bus Stop », « Anzaborrego ») qu’il serait de bon ton de découvrir.

lundi, 09 janvier 2006 02:00

Extraordinary Machine

Depuis 1996, Fiona Apple a signé trois albums. Petit dernier de la trilogie, « Extraordinary Machine » vient confirmer tout le talent de la New-Yorkaise. A la production, Mike Elizondo peut faire valoir un superbe travail, en succédant parfaitement aux prouesses technologiques de Jon Brion sur « When The Pawn ». Des chansons à la mélancolie assumée s’écoulent ici comme autant de sensibles ritournelles. Sautillant entre jazz, pop et poèmes épiques, les titres d’« Extraordinary Machine » séduisent les organes auditifs et offrent des paysages esquissés de cuivres et de cordes. Le timbre sublime, Fiona penche une nouvelle fois sa voix vers l’avant, offrant des tubes atypiques : « Get Him Back », « O’Sailor » ou « Tymps ». Jamais à court d’inspiration, la belle Américaine légitime pleinement le temps nécessaire pour graver ces perles sonores. Le disque s’achève par une production de Brion : « Waltz (better than fine) ». The Last « Waltz », un bien bel épilogue. ‘Rockumentaire’ mon cher Watson ! (2005)

mardi, 11 avril 2006 03:00

Derdang Derdang

Tagada tagada, voilà les Bronson. « Derdang Derdang », y a plus personne. C’étaient Archie Bronson. Les nouveaux canonniers de l’artillerie Domino vont mettre tout le monde d’accord. Après plusieurs virées dans les pubs du quartier en 2005, les trois lascars débarquaient, Guinness à la main, en compagnie de « Fur », premier album défroqué, pour roter et ripailler. A poil, forcément. En 2006, nos fêtards ont ‘déguinzé’. Et ça va faire mal ! Les arsouilles d’alors sont devenus des rockeurs. Des vrais, des coureurs de riffs. Le trio a posé la bouteille, écouté les Stooges, Wire, Jon Spencer et s’est inscrit au Gun Club. A l’heure du deuxième album, ce sont des tueurs, dignes héritiers de leur bataillon. Mais ils nous auront prévenus : « Dead Funny, Don’t Worry ». Cependant, avant de mourir heureux, il convient de vivre les claques soniques de « Derdang Derdang », ce nouvel album qui s’épelle telle une armée au galop. En éclaireur, « Cherry Lips » pose les jalons d’une indubitable victoire. Ensuite, à l’abordage : d’un chant de naufragé perturbé, « Kink » noie raison et passion. Les corps chavirent, les riffs déchirent. Les cris de « Dart For My Sweetheart » tranchent l’air, transpercent les chairs. La reddition est inévitable. Les mains sur la tête, les pieds liés, nous suivrons ce chemin : « Derdang Derdang », toujours plus vite, « Derdang Derdang ».

lundi, 30 janvier 2006 02:00

In case we die

La subversion est-elle facteur essentiel d’évolution? La question partage visionnaires, prophètes et hauts dignitaires du rock. Pour leur part, les artisans de la musique moderne persistent à tisser les mailles d’une histoire dont la métamorphose n’exige aucune réponse. Les chantres du siècle nouveau s’activent, visitent les alvéoles des genres et en retirent le nectar le plus précieux. Architecture In Helsinki est de ceux-ci. Cameron Bird, cheville ouvrière de cet audacieux projet, propose une collection de titres qui s’agenouille dans les chapelles sans jamais s’attarder pour la prière. L’electronica, le rock, le baroque, le folk et le psychédélisme se côtoient, tournoyant ensemble autour de multiples instruments en bois. La sensation de légèreté foudroie l’auditeur : c’est exubérant, doux et sautillant comme une fin de soirée estivale. Ne rien faire, s’amuser, écouter ces sons loufoques affluer et converger vers un point commun, zénith de naïveté et de génie. De « Tiny Paintings » à « Wishbone » en passant par « Do The Whirlwind », Architecture In Helsinki ne laisse aucune place à l’amertume. Les huit membres de la chorale australienne (et non finlandaise) traversent des textes graves, moments délicats de l’existence (« In Case We Die », « The Cemetery »), sans accorder la moindre importance à la désespérance. Comme chez The Arcade Fire, les ‘funérailles’ sont prétextes aux plus belles réjouissances. Architecture In Helsinki livre ses confessions les plus intimes, le cœur empli de passion et de bonnes résolutions. Filles et garçons, à l’unisson, chantent et construisent un disque que ne renierait pas l’architecte Alvar Aalto. Assurément conquis par ces formes innovantes et organiques.

Avant de jouir d’une distribution digne de ce nom, Art Brut en a chié. Beaucoup. Trop. Finalement, le petit label Fierce Panda leur a laissé une chance. Notre chance en quelque sorte. L’année dernière, nous découvrions donc « Bang Bang Rock & Roll », premier album miracle de ces sympathiques Londoniens. Nous vous en disions tant de bien (voir l’élogieuse chronique de G.E.). Aujourd’hui, Art Brut est signé sur une Major. La terre tourne à l’envers : dans le sens des musiciens, à contresens des desiderata de l’industrie musicale.

Comment explique-t-on qu’en 2005, Art Brut se soit fait balancer de toutes les maisons de disques ? Qu’en 2006, ces mêmes maisons de disques viennent leur déposer une valisette de diamants pour les héberger ? Plusieurs raisons sont avancées : un sens aiguisé de l’observation, un super patronyme, des refrains idiots à gueuler comme des sots et un accent britannique caractéristique. A faire tomber les irréductibles fans de Blur et Pulp. Au chant, la verve d’Eddie Argos fait des ravages : « Formed a Band », « Bang Bang Rock & Roll », « My Little Brother », « Bad Week-end ». Il y a plus d’un an que la mayonnaise n’est pas prête de tourner ! En cause, une distribution internationale appropriée et un disque bonus du plus bel effet. De nouvelles chansons sans ambitions viennent ainsi donner une bonne leçon aux productions prétentieuses de bon nombre de leurs contemporains. Et toujours de chouettes histoires : celle d’un gars qui se fait frapper à l’école (un fan de rock ? Un fan d’Art brut en 2005 ?) sur « These Animal Menswear » ou, encore, celle d’un type gratouillant dans sa chambre en se prenant pour une star (Art Brut en 2005 ?) sur « Maternity Ward ». Sans oublier les versions live des grands moments du disque (« Rusted Guns of Milan », « Modern Art »). Bref, vous l’aurez compris : Art Brut, c’est fort !

mardi, 13 juin 2006 03:00

Petits cauchemars entre amis

Après les petits meurtres, voici les petits cauchemars entre amis. Autant dire qu’on préfère dormir et se payer des heures de terreur en compagnie des quatre trublions d’Asyl. La dernière fois où nous avions croisé tant de détermination en France ? La réponse coule de source, elle est sombre : Noir Désir. La référence au groupe de Bertrand Cantat a été usée sans vergogne pour étiqueter de nombreux troupeaux de guignols hexagonaux. Cette fois, le rapprochement n’est pas volé. Electricité, authenticité. Asyl lance ses « Petits cauchemars entre amis » sur un « James Dean » rageur, fonceur. Les textes défilent dans une urgence, une violence trop rarement entendue dans les vignobles chiraquiens. Pour entrer dans cet univers fiévreux, le « James Dean » initial s’auto suffit. Les lignes de basse rebondissent, fonçant à travers les riffs stridents de guitares nerveuses. Produit par Andy Gill, le mythique guitariste de Gang Of Four, ce premier album réduit en miettes tous les détours du retour du rock entendus aux abords de la capitale. Si la bataille devait commencer aujourd’hui, Asyl serait le premier à sauter dans la tranchée. Guitare à la main, riffs tranchants, prêts à tuer pour percuter. Asyl ne suit aucune ligne de conduite. Pourtant, le groupe appuie quelques œillades électriques en direction du passé (« Génération » et « Zeppelin »). Mais ces clins d’œil ne trouvent pas écho dans ces chansons éjectées, postées aux portes du Gun Club, un lieu où les fantômes aiment à danser sur les brûlots des Stranglers, des Gang of Four et autres Buzzcocks. Un lieu où on chante en français. On crie, on se défoule. Ça déboule ! Après ces « Petits cauchemars entre amis », il ne nous restera plus qu’à courir. Droit à l’Asyl !

 

Page 30 sur 42