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mardi, 31 décembre 2002 01:00

Meet me on the Coast

R.J est un des harmonicistes les plus doués de sa génération. S'il a établi aujourd'hui ses pénates à San Francisco, il a entamé sa carrière à Minneapolis. Il y déjà plus de vingt ans. Il y a signé tous ses premiers albums ; et en particulier son elpee initial, "Ready to go!". En 92. Un disque pour lequel il avait reçu le concours du Kid (Teddy) Morgan Blues Band et de Percy Strother. Il y commet encore "Gonna rock tonight". En 94. Il fonde ensuite son Red Hot Blues Band. Tous ses derniers albums sont sortis sur le label allemand Crosscut : "Rough 'n' tough" en 96, "Cool disposition" en 97, et "West wind blowin" en 99.

" Meet me on the coast " est issu de différentes sessions. Six plages ont été commises au studio Wally Sound de Berkeley, en Californie. Puis mixées dans notre plat pays, à Houthaelen très exactement, sous la houlette de Marc T. On y retrouve les musiciens qui côtoient habituellement R.J : son ami Jeremy Johnson à la guitare, Marc Carino à la basse, Robi Bean aux drums, Bob Welsh au piano et notre Marc T à la guitare. Les autres plages ont été enregistrées au studio Goldmine, à Ventura. R.J. et Frank 'Paris Slim' Goldwasser en assurent la production. Frank y prend même une part active dans l'instrumentation. Et pour quatre plages, Junior Watson se réserve les guitares, John Juke Logan l'orgue, Ronnie James la basse, et Eddie 'le cheyenne' Clark la batterie.

R.J chante un curieux "Put you down", les intonations de Marc T dans la voix. Le climat funky repose sur un riff pas vraiment éloigné de Magic Sam et son West Side sound. La paire Mischo et T s'attaque au "Take it easy" de Sonny Boy Williamson II. La guitare est nerveuse. Elle déverse des flots de notes avec parcimonie. Le solo est très bien construit. R.J qui a très bien compris le message, reste sur la défensive. Un excellent exercice de style très respectueux du titre original. L'adaptation du "Passing by blues" de Howlin' Wolf Blues est un autre blues classique. Mischo a écrit "Funky room" dans l'esprit le plus radical du Chicago blues des fifties. Tout est parfaitement mis en place. La section rythmique est solide, mais discrète. Le piano de Bob Welsh efficace. La guitare de Marc bien amplifiée, réverbérée. L'envol à l'harmonica sublime. Digne de Sonny Boy. Du blues comme on aimerait en entendre au quotidien. Susceptible de vous débarrasser du stress ! "You can lie to me" prend un faux départ. Ce titre me fait un peu penser à "Good morning little schoolgirl" de Sonny Boy I. Mais, c'est ici qu'on se rend compte que Marc T à la main mise sur la mise en forme. Et le confirme tout au long "Don't cross me". Si la ligne de basse est intéressante, c'est Fillmore Slim qui lacère les cordes de guitare. Du vécu ! Les sessions de Ventura se distinguent par un son plus propre. La finition est volontairement plus léchée. Ce qui n'empêche pas les deux formules d'atteindre des résultats plus que convaincants. En soufflant dans l'instrument chromatique sur "Old nightcat", R.J. prouve que sa fixation californienne n'est pas usurpée. "You think I'm lying?" marque un changement le style. La production communique de la puissance au son. James et Clark échafaudent une section rythmique de plomb. Juke Logan est à l'orgue. R.J chante avec autorité. La puissance sonore se communique au jeu de l'harmonica. L'homme semble disposer de quatre poumons. Et si Junior Watson est bien présent, il se limite à la rythmique, accentuant ainsi l'intensité dramatique de l'ensemble. Impressionnant! "My baby she's got it" de Slim Harpo campe un rock'n'roll foudroyant. Dommage que cette plage victorieuse soit si courte (1'36"), parce que déménager plus que ça, tu meurs!!! Le funky et exotique "One good woman" est une autre plage qui s'impose par sa force rythmique. Mischo chante divinement de sa voix un peu poussée. La plage titulaire est un slow blues. Le jeu de R.J est ici inspiré par Little Walter et toute la cohorte des grands harmonicistes blancs de la West Coast. Watson vient confectionner un court solo dans son style inimitable. R.J fait étalage de tout son savoir-faire, de toute sa technique, sur l'instrumental saignant "Bobsledding". Un fragment qui se fond dans "My muddy story". Les cordes de Paris Slim impriment un rythme très enlevé à cette chanson qui relate la première rencontre entre R.J et Muddy Waters. "Lucky that's me" est une composition très funky. Dans le passé, elle aurait pu être enregistrée par le Paul Butterfield Blues Band. "I'm your sideman" est taillé dans du Chicago blues soutenu. Le chant colle à ce style de manière indélébile.Les guitares de Junior Watson et de Paris Slim s'autorisent, à leur tour, un billet de sortie. Ronnie James prend son pied sur sa basse au son lourd. La fin de l'album nous réserve un titre acoustique : "I'll take the whole thing" ; une plage illuminée par l'harmo lumineux de Mischo, sur laquelle on retrouve Paris Slim, Ronnie James et Eddie Clark. Excellent!

 

mardi, 13 mai 2008 02:00

King of a mighty good time

RJ est un des meilleurs chanteurs/harmonicistes contemporains. Il arpente les routes du blues depuis plus de vingt ans, et se produit régulièrement, chez nous. Il a accompli ses débuts au sein de son Minneapolis natal. Notamment pour y accompagner des musiciens noirs locaux : Mojo Buford, Sonny Rogers, Percy Strother et Milwaukee Slim. Il est d'ailleurs l'un des enfants chéris du label allemand Crosscut. Cette écurie a ainsi distribué quatre de ses albums : "Cool disposition" en 1997, "West wind blowin'" en de 98 ainsi que les superbes "Meet me o the Coast" en 2001 et "He came to play" en 2004. Pour enregistrer « King of a mighty good time », Mischo n’a conservé qu’un seul musicien ayant participé à son opus précédent : le Norvégien Chris ‘Kid’ Andersen. Ce dernier s’est chargé des parties de guitare, du mixing, et de la production. RJ s'est entretemps établi en Californie. Il réside, semble-t-il, à Fayetteville, dans l'Arkansas.

L’elpee ne démarre pas par un brûlot, mais un morceau divertissant : "Cheap wine". Apparemment assoiffé, RJ est à la recherche de vin bon marché. Instrumental, "Joint!" libère du groove et de l'énergie. La cohésion entre les musiciens est parfaite. La voix de RJ me plaît beaucoup. Rugueuse mais très mélodique, elle se révèle terriblement expressive sur "Too little love" (too much religion)". Une plage quasi tribale au cours de laquelle Hans Bosse secoue ses maigres percussions. Jon Lawton glisse son bottleneck sur son Resonator. L’étonnant Kid produit des sons incroyables sur un sitar tandis que l'harmonica gémit au cœur de ce décor étrange. Signé Otis Spann, "Who's out there?" est introduit par le piano de Bob Welsh. RJ est très en verve sur son instrument tout au long de ce Chicago blues. L'émotion envahit "Crawlin' kingsnake", un fragment imprimé sur un tempo primaire, indolent. RJ épuise tous les artifices chers à Sonny Boy Williamson II. Manifestement son influence majeure. "Greyhound" nous invite ensuite à accomplir un périple sur les routes californiennes. Propice à la bonne humeur, cette plage déborde d’enthousiasme. On y sillonne les itinéraires ensoleillés de l'Ouest. Kid sort enfin de sa réserve et produit un solo nerveux tout en picking. Mr Mischo nous avertit : "RJ's back in town". Toujours aussi soutenu, le rythme semble pour la circonstance emprunté à Jimmy Reed. Il déménage même. L'harmo se déchaîne face aux cordes rythmiques d'Andersen et Welsh. Plus classique, "Bird nest on the ground" évolue sur un tempo aussi élevé. Tout au long de cette compo musclée, mais légèrement teintée de R&B, la rythmique d’Andersen est implacable, pendant que Welsh assure sur ses ivoires. Mischo rend enfin un hommage à son maître Rice Miller alias Sonny Boy II sur le blues lent et dépouillé "I can't do without you". Il embraie par un shuffle léger. La basse acoustique de Kedar Roy colle à l'harmo dont la magie expressive de Sonny Boy est à nouveau parfaitement rendue, alors que Bob Welsh entretient parfaitement l'ambiance fiévreuse des clubs du Chicago southside. Cet excellent opus nous réserve encore d’autres facettes de son talent. A l’instar de "Good bad Co", un morceau découpé dans un swing léger presque manouche. Il rend un autre hommage, mais à un de ses mentors qui ont guidé sa voie lors de ses débuts, à Minneapolis : George ‘Mojo’ Buford. Il reprend ici l'excellent "Watch dog", en appuyant ses phrasés d'harmo comme le faisait cet ancien membre du Muddy Waters Band. Cet elpee s’achève dans la bonne humeur. Il pose une couronne sur sa tête et devient le "King of a mighty goodtime", en exécutant une musique joyeusement acoustique, face aux chœurs des Heart Stoppers. 

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Footprints on the ceiling

La sortie d'un nouvel album de Mississippi Heat suscite toujours une certaine émotion dans nos chaumières belges ; et un petit accès de chauvinisme, difficile à cacher, nous envahit dès que nous pensons à Pierre et Michel Lacocque. Pierre, c'est l'artiste, l'harmoniciste de format international. Michel, le frère, le manager. Qui confesse n'être qu'un spectateur ; mais lors de chaque développement du Heat, son importance est cruciale. Il y a déjà trente ans que nos deux compatriotes ont élu domicile dans la capitale du blues. Depuis, ils ont eu tout le temps nécessaire et indispensable pour assimiler le feeling du blues local!

Mississippi Heat est né en 1981. Avant d'enregistrer " Footprints on the seiling ", il comptait quatre excellents albums à son actif. Le premier, "Straight from the heart", date de 92. Il réalisait déjà cette symbiose entre les éléments noir et blanc, un contraste cultivé par les Lacocque! Côté white, on retrouvait Pierre et l'excellent slider Billy Flynn ; côté black, Robert Covington, Bob Stroger et James Wheeler. "Learned the hard way" est paru en 1994. Il saluait la participation d'une chanteuse noire de talent : Miss Deitra Farr. A l'exception d'Allen Kirk qui avait repris le siège de Covington, les autres musiciens avaient été reconduits. Et en 95, "Thunder in my heart" avait été enregistré sous le même line up. Il faudra attendre près de 4 ans (NDR : donc en 1999) pour voir sortir "Handyman". Sans aucun doute l'elpee le plus accompli. Paru tout d'abord sur le label maison Vanderlinden, il bénéficia l'année suivante d'une distribution internationale : celle de Crosscut. Un disque enrichi de deux titres supplémentaires. Dans l'intervalle, le groupe avait subi quelques remaniements. Katheryne Davis avait pris le relais vocal. Barrelhouse Chuck celui du piano. Ancien gratteur de Junior Wells, George Baze a été, tout un temps, préposé à la guitare; mais il est malheureusement décédé en octobre 1998. Sans oublier les invités de marque parmi lesquels ont transité Billy Boy Arnold et Carl Weathersby.

"Footprints on the ceiling" constitue le cinquième opus de Mississipi Heat. Et il faut avouer que nous n'avons pas le droit d'être déçus. L'intensité du son dispensée tout au long de "Goin' home" est une bonne surprise. Inetta Vistor possède la voix de l'emploi. C'est une digne héritière de Deitra et de Katheryne. Toute l'envergure du style de Pierre est bien présente. Si au départ ses influences incontournables répondaient au nom de Junior Wells et de Big Walter Horton, il s'est forgé aujourd'hui, et de manière indéniable, son style 'Lacocque' que l'on reconnaît immédiatement. Un style qu'il impose sur l'instrumental "Jean's jive", une compo dédiée à une amie de longue date, Miss Jean, malheureusement gravement malade. La puissance mélodieuse, cette faculté à imaginer l'existence de deux paires de poumons, se révèle à son écoute. Chris Winters se met en évidence à la Gibson Les Paul sur "She's got everything", une chanson d'amour écrite pour sa femme et son fils. Roger Weaver l'épaule au piano. Mais quel régal d'écouter la voix de Billy Boy Arnold sur "What kind of man is that?" ! Il s'autorise également un petit solo à l'harmonica sur un titre acoustique au son très vintage. "That ain't love" nous replonge avec le même bonheur au cœur de l'album précédent. Inetta prend bien le rôle de Miss Davis. Le son est épaissi par la présence des cuivres, du piano et de l'orgue. Seule la guitare de Chris se détache. "Blues for George Baze" est un autre instrumental au tempo lent. Réservé à l'harmo, il souffle toute la passion de Pierre, pour faire revivre l'ami disparu qui lui avait encore téléphoné une demi-heure à peine avant de rendre son dernier soupir. "Caribbean sunshine" nous plonge au sein d'une atmosphère des îles, une atmosphère agitée par un rythme très fouillé, latin, communicatif et emprunt de gaieté, une atmosphère que le Heat aime privilégier (NDR : ce qui n'est guère étonnant lorsque l'on sait que Vickie, l'épouse de Pierre, est cubaine). Carl Weathersby chante avec beaucoup de soul dans la voix. Il impose une tonalité incisive à la guitare. Le piano de Pat Bremman roule avec beaucoup de bonheur. Excellent blues lent, "Heartbroken" figurait déjà sur le premier album. Un morceau introduit par Pierre. Inetta chante. L'orgue Hammond de Bremman réchauffe nos cœurs, pousse la slide de Chris Winters avant qu'elle ne cède le relais aux cordes, profilées sur une ligne bien mélodieuse, à Michael Thomas. Terrain fertile pour un duel fraternel entre l'harmo de Pierre et celui de Peter "Madcat" Ruth, " Madcap hop " est un nouvel instrumental qui fait des "Whoopin" à la Sonny Terry. Un interlude très country & western ; ou si vous préférez une invitation à se défouler les jambes. Carl Weathersby chante, avec beaucoup de bonhomie et de paresse dans la voix, " Hobo blues ", pendant que le piano de Roger Weaver imprime un style proche de Fats Domino. "Still havin' a ball" sonne le réveil des troupes. Tous le musiciens sont au sommet de leur art. Carl est au chant. Phil Baron au piano. La guitare est toujours aussi agressive. Pierre décoche un court solo mais terriblement incisif. Billy Boy Arnold opère un retour chaleureux et bienvenu sur "Gonna leave and let her be". L'opus aurait pu s'achever ici, avec un sentiment du devoir accompli. Mais non, un superbe blues lent revient à la surface : "What else can I do" ? "Que puis-je faire d'autre?", chante Inetta avec une formidable dose d'émotion et de sensibilité soutenue. C'est bien cela le blues ! En super forme, le Heat clôt les débats par la plage titulaire : "Footprints on the ceiling". Le groove est total, la puissance au maximum. Un blues qui laisse espérer un monde meilleur, suite aux événements tragiques du 11 septembre 2001. Un superbe album, MM Lacocque!

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Look back

L'ancien drummer d'Albert Collins a fait son chemin! Originaire de Santa Monica, en Californie, il a aujourd'hui dépassé le cap du demi-siècle. Au début des années 80, il avait sévi chez les BluesBreakers de John Mayall en compagnie d'un autre guitariste devenu célèbre, Walter Trout. Il y est resté une dizaine d'années, avant d'entamer sa carrière personnelle. Son 1er album est paru en 1995 : "Gotta mind to travel". Sur Silvertone. Le suivant, "Ya think I'd know better", est sorti l'année suivante et "Just let go" en 97. Tous deux sur Blind Pig. En 2000, il a décroché un contrat chez Alligator. Pour lequel il a commis, quelques mois plus tard, "Suspicion".

L'opus s'ouvre par "Wish I could be that strong". Un titre blues rock qui flatte l'oreille. Blues modéré, légèrement funky, "Running away from love" a sans doute été inspiré par Albert King. Coco ne perd à aucun moment sa ligne mélodique, permettant ainsi à la guitare de s'égarer de manière divertissante. Il reprend avec beaucoup de bonheur "Something about you", un ancien hit des Four Tops écrit par Holland, Dozier & Holland, l'équipe attitrée de la Tamla Motown. Le backing band assure très bien son rôle ; et notamment Chuck Kirkpatrick à la rythmique et Benny Yee à l'orgue. Montoya est alors libre de délivrer un de ces solos dont il a le secret. "I won't beg" est une ballade rythmée plus soul, sur laquelle il peut mettre en évidence sa voix naturellement puissante et chaude. "Trip, stumble and fall" est une plage tonique, écrite par les texans Stephen Bruton et David Grissom. Constituée de Steve Evans à la basse et de Randy Hayes à la batterie, la section rythmique est d'une solidité soumise à toute épreuve ; une assise qui permet à la guitare de galoper à vive allure. Coco peut enfin aborder "Can't see the streets for my tears", un slow blues conduit de manière fort semblable à celle de son ex patron, John Mayall. "Same old thing" est une composition du maître de la Telecaster, Albert Collins. De toute évidence, il rend un nouvel hommage à celui qui l'a tant aidé à se forger une personnalité, dans les années 70. "Can't look back" est une ballade soul agrémentée de cuivres. Joe Sublett est au sax et Darrel Leonard à la trompette. "Women have a way with a fool" permet de mesurer une nouvelle fois encore l'aisance vocale de Coco dans le R&B. Sa versatilité sur les cordes est assez remarquable. Inspiré une fois encore par le travail qu'il a accompli au sein des Blues Breakers, "Back in a Cadillac" est un blues bien rythmé. En fin d'album, il concède "No longer a part of your dreams", une plage dansante bien agréable enrichie par la guitare slide, le sax de Sublett et l'orgue de Tommy Eyre, un ancien sideman de Joe Cocker. Ce disque de bonne facture s'achève par "Free", une plage très blues rock, assez majestueuse dans le riff. Montoya peut encore y faire respirer sa Stratocaster aux parfums très électriques. Et pour être complet, sachez que la production est signée Jim Gaines.

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

All I want

John Mooney est newyorkais. Au cours de sa jeunesse, il a appris à jouer de la guitare. Il avait à peine assimilé la technique, qu'il se convertissait déjà au blues. A 16 ans, il fait la connaissance d'un de ses voisins : Ed ‘Son’ House, le légendaire bluesman du Delta qui aurait été le professeur du mythique Robert Johnson. John commence à tourner aux USA et lorsqu'il descend à New-Orléans, il rencontre celui qui sera une autre influence majeure : le maître du piano local, Professor Longhair.

Son 1er album, "Comin' your way" (Blind Pig), date de 1979. Depuis 81, il tourne avec sa formation, le Bluesiana Band. D'autres albums ont suivi : "Telephone king" en 83, "Sideways in paradise", commis en duo avec Jimmy Thackery en 85, "Late last night" en 90, "Travelin' on", un live immortalisé à Brême (Crosscut) en 91, "Testimony" en 92, "Against the wall" (House of Blues) en 95, "Dealing with the devil" (Ruf) en 96 et "Gone to hell" (Blind Pig) en 2000.

"All I want" constitue donc le petit dernier. John est entouré de trois musiciens : Alfred Roberts aux percussions, Bernard Johnson aux drums et Jeff Sarli à la basse. Mooney ouvre par le titre maître de l'opus. Une plage imprimée sur le rythme du chemin de fer qui lui permet déjà d'étaler toute sa dextérité sur le manche. Marqué par la voix graveleuse et partiellement ravagée de Mr Mooney, "Baby please" est du pur Delta Blues. La National Steel répond du tac au tac au chant du maître. Toujours seul, il remet le métier sur son ouvrage en abordant "Buried treasure" et un blues traditionnel mené avec autorité intitulé "Future blues". Au passage, John nous rappelle que l'une de ses influences favorites, c'est également la musique de New Orleans, façon Professor Longhair. Il le démontre sur "She ain't no good". Un fragment joué en trio. La rythmique est d'acier, sûre et sans faille. Le son de sa slide découpé au couteau. Mooney est un maître du style. Il reprend d'ailleurs "Hey little girl" de Henry Byrd, alias Professor Longhair. Il l'attaque avec une voix pas possible. Le bonheur ! Il est tout aussi convaincant dans le domaine du Mississippi blues amplifié. Sa slide communique toujours cette intensité métallique. A l'instar de "Feel like hollerin, un fragment dur, abrupt, sans concession. Il libère un son hawaiien de cette slide, pour prodiguer l'exotique "Tell me who". La musique pourtant complexe semble couler de source. La plénitude est de retour. La prouesse conjugue à la fois la technique et le feeling. "Son's blues" a été écrit il y a bien longtemps par Son House. Sa reprise très fidèle est un vibrant hommage au maître. L'émotion transpire tout au long des cordes d'acier. Il poursuit par "You got to move ", sans doute la composition la plus connue d'un autre seigneur légendaire de la slide : Mr Fred McDowell. Il la traite avec une attitude empreinte de beaucoup de respect vis à vis du maître. Il referme cet opus par une version chargée d'émotion d' "If you love me" de Ted Hawkins. Une fois de plus, Mr Mooney a signé un bon album !

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Bang goes my heart

Au cours des 50's, le label United privilégiait les groupes vocaux, et en particulier les quartets gospels, sans pour autant négliger d'autres styles moins sacrés. Ce recueil réunit des enregistrements opérés par quatre groupes qui ont sévi entre 53 et 55. Un phénomène qui allait ouvrir la voie au doowop. La collection "Cho Chop Boom" était réservée au label States. Elle sera donc limitée à United! Les Moroccos appartenaient à la Communauté Englewood du South Side de Chicago. Drivés par Ralph Vernon, ils s'appelaient à l'origine, les Four Chimes. Un line up qui allait passer à un quintet, lors de l'engagement du ténor Sollie MeElroy. Les Moroccos se taillent la part du lion sur l'album. Et pour cause, douze titres leurs sont consacrés.

L'opus s'ouvre par "Bang goes my heart", un fragment rehaussé par la présence d'une guitare surprenante. Le piano s'emporte sur le sémillant et rythmé "The hex" pendant que Red Holloway actionne son sax ténor, avec beaucoup de bonheur. Les Answers ont participé aux sessions finales de United. En 1957. Ils sont inconnus au bataillon, mais signent ici deux plages dont une face jump : "Keeps me worried all the time"et le rapide "Have no fear", qui bénéficie du concours du Lefty Bates Trio et à nouveau de Red Halloway au saxophone. Les Sheppards étaient issus du South Side de Chicago. Un quintet ici responsable de deux faces jump : "Just let me love you" et "Pretty little girl". Elles datent de 1956. On y retrouve les mêmes collaborateurs. C'est à dire Horace Palm au piano et Red Holloway et Mac Easton aux saxophones ; mais le lead vocal est assuré par le ténor John Pruitt. Les Pastels sont également issus de Chicago. Ils ont commis deux sessions pour United, en 1956. Six plages dont un " Boom De Boom " parcouru par l'excellente guitare jump du leader Lefty Bates. Bates partage la vedette de ces sessions avec avec Red Halloway. Il accorde quelques petits bijoux de soli sur "Goodbye", et donne un merveilleux exemple de doowop sur "My little girl". Le nombre de formations auditionnées à l'époque était très important. Parfois elles disparaissaient sans laisser de traces, sans même qu'un disque ne vienne témoigner de leur existence. A l'instar du Mystery Group, qui interprète les deux dernières plages de cette collection. Ce sont des illustres inconnus dont l'interprétation de la fort jolie ballade "Tender love" est renforcée par des chœurs! Dommage qu'à l'issue de cette fin mouvante des fifties, ce style allait progressivement disparaître, pour laisser la place à la folie du rock'n'roll…

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

One night in America

Figure de proue légendaire du blues blanc, Charlie est né en 1944 à Kosciusko, dans le Mississippi ; mais il a vécu plusieurs années à Memphis, dans le Tennessee. Il s'était établi à Chicago en 1962, où il a écumé les clubs, l'harmonica en poche et la guitare en bandoulière. Son premier album, "Stand back! Here comes Charlie Musselwhite's Southside Blues Band" était paru en 1966, sur Vanguard. Depuis, il s'est fixé en Californie et a sorti un nombre impressionnant d'elpees. Son dernier, "Continental drifter", remonte à 1999. Un disque remarquable, paru chez Pointblank. Une œuvre au cours de laquelle, il était parvenu à réaliser une fusion originale entre son blues et la musique traditionnelle cubaine. Cette nouvelle plaque opère un changement radical !

La première plage, "Trail of tears", plante le décor : nous sommes bien à Memphis, au carrefour du blues, du country et du rock'n'roll. La voix de Charlie se mêle à celles de Kelly Willis et de Christine Ohlman, pendant que les guitares de G.E Smith et Robben Ford se partagent les soli. Ecrit par le pianiste Ivory Joe Hunter, "Cold grey light of dawn" baigne au sein d'un climat parfaitement country. Sans aucun doute un des meilleurs moments de l'album ! Memphis Charlie se rappelle sa jeunesse. Cet album, dit-il, est une réflexion sur ses expériences que j'ai menées à Memphis, au cours des années 40 et 50. "Blues overtook me" est une composition autobiographique. Elle retrace la manière dont le blues l'accosta naguère à Memphis. Les guitares de G.E Smith et Robben Ford le suivent à la trace, alors que Robben sort un solo très rock'n'roll qui sied parfaitement à ce climat. "In a town this size" est clairement country. Authentique spécialiste de country et de bluegrass, Marty Stuart est à la guitare. La voix cristalline de la citoyenne d'Austin, Kelly Willis, accompagne parfaitement celle du vieux Charlie. Rehaussé par la présence de la chanteuse Christine Ohlman, "Walking alone" est une plage légèrement rythmée, assez différente de ce que nous avait habitué Charlie. Illuminée par la guitare de G.E Smith et la mandoline de Stuart, mais également balayée par l'harmonica, "Rank strangers to me" est une ballade très lente, proche des canons de la country et du blues. La reprise du "One time one night" de David Hidalgo et Louie Perez de Los Lobos est imprimée sur un rythme rock'n'roll. Tout fan de Charlie Musselwhite aime le retrouver dans l'exercice du blues authentique. Epaulé par la seule basse de T-Bone Wolk, il le pratique sur le grave "In your darkest hour". Et puis également chez le très très lent, enrichi par la voix de Miss Ohlman , "Ain't it time?". Charlie est aussi resté un vieux fan de Johnny Cash. Il le croisait régulièrement à Memphis, à l'époque des enregistrements Sun. Il reprend avec beaucoup de respect son "Big river". G.E Smith s'y révèle très à l'aise aux cordes. Soutenu par les guitares de G.E et de Robben Ford, la fin d'album est plus classique. Mais en même temps, Charlie retrouve toute sa verve à l'harmonica. A l'instar de son "I'll meet you over there" et du célèbre "Ain't that lovin' you baby", de Jimmy Reed ; une finale au cours de laquelle l'intervention de Ford est particulièrement brillante. Ce retour aux sources d'inspiration de l'artiste décontenancera sans doute le fan qui avait apprécié l'album précédent qui, je le rappelle, était le fruit de la rencontre du blues moderne et de la fusion cubaine.

 

jeudi, 13 octobre 2011 18:07

Blackwood

Bjørn Berge est un chanteur/guitariste norvégien. Agé de 43 balais, il s’est forgé une solide réputation en Europe. Faut dire qu’il y roule sa bosse depuis plus de vingt ans, et en solitaire depuis ces 15 dernières. Il est surtout réputé pour sa technique sur les cordes. Il avoue avoir été inspiré par des figures mythiques du blues comme Robert Johnson et Elmore James. Eponyme, son premier opus date de 1994. Il faudra cependant encore attendre 5 ans, avant qu’il lui donne une suite, en publiant "Blues hit me" sur le label Blue Mood. Sur son troisième, "Bag of nails", il s’autorise même de reprendre des compos de Led Zeppelin et Beck. En 2001, à travers "StSlide", il adapte à son style à Motörhead et Frank Zappa.

« Blackwood » constitue son onzième elpee. Il marque un retour aux racines, une musique essentiellement acoustique, mêlant le folk et le blues, même s’il y ajoute quelques bonnes doses de rock et de funk. Un profond changement par rapport à son LP précédent, "Fretwork", sorti en 2009. Sur ce nouveau long playing, Bjørn se charge pratiquement de tout : la voix, les guitares et le banjo, ne tolérant que Kjetil Ulland à la basse, aux percus et au synthé. Il a écrit neuf des onze plages.

En ouverture, Bjørn double banjo et guitare pour alimenter "In and out". Une plage sculptée dans un country-folk-blues de bonne facture qui accroche instantanément l'oreille. Le Scandinave possède, en outre, une voix profonde et rassurante. Son jeu sur les cordes multiples est impressionnant. Enrichie par le saxophone de Karl Christian Gronhaug, "Once again" est une ballade toute simple, mais superbe dans sa mélodie. Berge est habile à la six cordes. Sur "Accused" et "Those days"sait, son attaque ne manque pas de caractère. Rugueuse, elle colle bien à la voix chargée de révolte. En 1994, sur son premier elpee, il avait adapté le "Going to Bronwville" du légendaire bluesman noir Sleepy John Estes. Il nous propose une nouvelle version de cette compo intemporelle. Plus contemporaine. Instrumental particulièrement riche, "Blackwood" est un des sommets de la plaque. L’offensive rythmique est franche et directe. Bjørn possède un doigté limpide qu’il traduit à la perfection sous une forme acoustique. Et il le démontre tout au long de sa cover du célèbre "Woodstock", une superbe ballade signée par l'égérie folk hippie, Joni Mitchell, et popularisée par Crosby, Stills, Nash and Young. C’était déjà, il y a plus de quatre décennies… La voix et la musique de Berge sont parfaitement complémentaires. Tantôt elles fusionnent. Tantôt, elles marquent leur territoire. Ainsi sur "Sick 'n tired", son vocal s’élève pour s’affranchir de son instrument. Saturée de blues, "Blues for one" est une ballade empreinte de sérénité. Et il achève son œuvre, en nous plongeant dans l’amertume et les ténèbres de "Darkness". Naturellement doué, considéré comme un virtuose des cordes, Bjørn Berge a encore frappé fort.

 

mercredi, 23 novembre 2011 19:31

Unleashed

Will est à peine âgé de 22 ans. Un très jeune harmoniciste anglais, originaire d'un petit village du Wiltshire. Il est le frère de la chanteuse Dani Wilde, responsable au cours de ces dernières années, de deux albums de bonne facture, parus sur le label allemand Ruf. En 2007, il avait concocté, pratiquement seul, "Nothing but trouble", un elpee qui avait reçu d’excellentes critiques. Il reconnaît, pour influences majeures, deux sources d'inspiration, deux artistes qui ont développé une technique très personnelle : le vieux Charlie Musselwhite et Pierre Lacoque, issu de la formation de Chicago, Mississippi Heat. De très solides références, il faut le souligner. En 2010, Will a décroché le Blues award anglais de meilleur harmoniciste!

Mr Wilde a une plume très prolifique puisqu'il a écrit les douze plages de cet opus. Pour la circonstance, il a reçu le concours de fines pointures. En l’occurrence, Pete Wingfield aux claviers (NDR : en plein British Blues Boom des sixties, il a fondé Jellybread, avant de se mettre au service de Van Morrison, Buddy Guy et même de Paul McCartney), le guitariste Stuart Dixon (ex-Geno Washington), le bassiste Rober Innis (ex-Chaka Kahn) et le drummer Jamie Little ; ce dernier se chargeant également de la mise en forme.

Will a du souffle à revendre, et il le démontre dès les premières notes d’"Angel come down", une compo qui s’appuie sur un riff puissant. On peut déjà discerner l’empreinte laissée par Memphis Charlie Musselwhite. Il chante d'une voix assurée face à des chœurs, ma foi, quelque peu encombrants. Un traitement funky est accordé à "Waster my life aways", une piste dynamisée par ses changements de rythme. Les envols à l'harmonica sont de haute facture, proches de Jason Ricci et Jon Popper. Pétillant, "No no no" nous transporte dans le monde de la Tamla Motown" (NDR : northern soul). Les chœurs féminins, sont ici bien en place! Plage complexe "HLS", aborde des lyrics revendicateurs, mettant en cause le traitement infligé aux animaux en laboratoire. L'arrangement alimente un climat dramatique et l'harmonica chromatique en rajoute une couche à cette sensation de malaise. Différent, "Fly around the world" baigne dans une certaine forme d’allégresse ; celle de jouer du blues au sein d’un environnement funkysant, en soufflant dans son frêle instrument. Will redevient plus grave. Son âme est en peine lorsqu’il chante le tendre "Wish you were mine", d'une voix très soul, tout en signant sa sortie instrumentale la plus émouvante. Boogie classique, "If I get my hands on you" illumine les talent de Mr Wilde et du vétéran Wingdield, qui s'éclate à l'orgue. Blues lent de toute bonne facture, "Mosquito" est un morceau victime de la piqûre d’un moustique, à moins que ce ne soit de la morsure d’une jolie Kenyane… Sa grande sœur, Dani, est venue donner la réplique sur "Blues is my first love", cocktail de funk et de rap, produit par Mike Vernon en personne. Ce personnage mythique a bossé en compagnie de toutes les grosses pointures du blues anglais. Il a aussi fondé autrefois le label Blue Horizon. Finement ciselé, "Let's get high" est un dernier blues lent. Aux côtés de Matt Schofield et de Ian Siegal, Will Wilde apporte un vent de fraîcheur au blues insulaire… 

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Heads up!

Lil' Ed Williams est né en 1955 dans le West Side de Chicago. J.B. Hutto, son oncle, lui apprend tous les rudiments du blues. Un des plus grands 'slide guitarists' de la grande époque du Chicago blues, avec bien entendu Elmore James et Hound Dog Taylor. La première incarnation de son groupe, les Blues Imperials, date déjà de 1975. C'est le boss d'Alligator qui les a découverts et leur a permis d'enregistrer sur son célèbre label, "Roughhousin" en 1986. Lil' Ed va écumer toutes les scènes nationales et internationales. Depuis l'Europe au Canada, en passant par le Japon et Australie.

"Chicken, gravy & biscuits" est paru en 89 et "What you see is what you get" en 92. Quelque temps plus tard, on retrouve sa trace sur le double album live, "The Alligator Records 20th Anniversary Tour". C'est pourtant à cette époque qu'il décide de suspendre les activités des Blues Imperials et de disparaître dans un certain anonymat. Il remonte pourtant le vaisseau en 1998 ; et dans la foulée grave "Get wild". Si on se réfère aux photos reproduites sur la pochette, Ed semble toujours aussi souriant. Et très fier de son beau fez au sommet du crâne. Il est épaulé par son fidèle bassiste James "Pookie" Young. Son demi-frère qui l'accompagne depuis les débuts. Le line up est complété par deux musiciens blancs : Mike Garrett à la guitare et Kelly Littleton aux drums.

"Heads up!" ouvre l'opus judicieusement. Sur "Woman in the castle", le rythme est très rock'n'roll. La slide rugit dès la première note. Elle sent bon le parfum de Hound Dog. "Never miss your water" maintient le tempo soutenu. De sa voix dominatrice, Lil' Ed chante avec férocité. Il libère de courtes phrases à la guitare, comme autant de lames de rasoir. Le son est terriblement métallique. Impressionnant ! Le bonheur est toujours au beau fixe chez "Natural man". La slide épouse le motif classique du Chicago blues. Le son dur et abrupt évolue, c'est une certitude, au sein d'un univers plus proche de Hound Dog que d'Elmore James. Long slow blues, comme Muddy Waters pouvait nous le prodiguer depuis le cœur du South Side, "The creeper" est un véritable régal. Toute l'intensité dramatique s'y libère. La voix puissante se joue des obstacles. La slide joue son rôle à la perfection. Le rythme revient au grand galop dès "My mind is gone". Un morceau signé Pam Williams. La slide est lancée à vive allure, comme un train qui écrase tout au passage. Les percussions sémillantes de Kelly Littleton renforcent cette impression du chemin de fer. "Four leaf clover" nous renvoie plutôt vers le Westside de la Cité des Vents. Le style a changé, et c'est Mike Garrett qui dirige la manœuvre aux cordes. Leçon de cuisine, "Lil'l Ed's home cooking" nous maintient un peu à l'écart du travail sur la slide. Toujours un pied dans l'Ouest de la ville, la guitare reprend brillamment "Black night". Un canon du blues lent, écrit par Jessie Robinson, au cours duquel la guitare, dont le feeling coule à travers les veines de l'artiste, atteint un maximum d'intensité. Un sommet! "Empty house tour" marque le retour au tempo rapide. Ed et Mike s'échangent les soli. Ils décochent tour à tour des flèches meurtrières. "Computer girl" libère un maximum de groove. La guitare se montre de plus en plus agressive. Le travail instrumental opéré sur "Ed head's boogie" est un véritable régal pour les oreilles. On n'entend d'ailleurs plus guère de nos jours une slide jouée avec autant d'expression! Chanté d'une voix très passionnée, "I still love you" constitue le dernier blues lent. Un fragment bien long, brûlant, au cours duquel les notes dispensées par la guitare sont réservées et limitées. Cet excellent album se termine un peu comme il avait débuté. Par un shuffle poignant. Intitulé "I love my baby", il marque un dernier retour victorieux de la slide. Superbe!