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Jean-Claude Mondo

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mardi, 31 décembre 2002 01:00

Footnote to the blues

Né à Pasadena en Californie, mais résidant aujourd'hui en Angleterre, Guy Tortora est un musicien très intéressant. Il est partagé entre la guitare électrique et l'instrument acoustique.

La première plage "Long slow blues" n'est ni un slow blues, ni spécialement longue. Le tempo est assez rapide. Le style roots, pas réellement blues. La guitare acoustique est soutenue par l'orgue Hammond de Mark Breen. La composition est plaisante. A cause des changements de rythme, et surtout des interventions de Tortora à l'harmonica. Cette étiquette roots est renforcée par l'excellent "Hallowed ground". Guy sort son dobro à la sonorité divinement métallique, pendant que Charlie Hart, un artisan anglais des pubs, le soutient à l'accordéon. Charlie est également violoniste. Il a transité par toute une flopée de groupes intéressants : Pete Brown and the Battered Ornaments, Kilburn and the High Roads, Ronnie Lane's Slim Chance, Juice on the Loose et l'Atcha Band de Chris Jagger. Guy a un toucher de cordes très pur. Il le démontre sur "I need a car", un fragment de country/folk/blues de bonne facture. "Late starter" est une première composition électrique assez décapante. Guy se révèle constamment à la hauteur aux cordes. L'orgue Hammond de Breen est omniprésent. Qui ne connaît "I heard it through the grapevine" ? Et notamment les célèbres versions opérées par Marvin Gaye, bien sûr, et Creedence Clearwater Revival" ? Le traitement en solitaire qu'il lui réserve est absolument remarquable. La voix est très musicale et la technique instrumentale irréprochable. "Did somebody make a fool of you" a été écrit par Tony Joe White. L'adaptation de Tortora n'est pas très éloignée du style de Tony Joe. La voix n'a pas le caractère "coin du feu" de l'artiste mais, une fois encore, le jeu de guitare sans artifice atteint le sublime. En outre, la montée en puissance de cette chanson est superbe. La voix suit le rythme. Elle s'élève au fil des coups de baguettes puissants assénés par Sam Kelly, aux drums. Le style laidback persiste. La voix se traîne sur "Love nor money". Guy joue du dobro. Les percussions de Neil Littman et de Wan Hewitt confèrent un caractère très swamp à cette composition. L'orgue Hammond teinte, avec beaucoup de bonheur, cette atmosphère. Un solo d'harmonica la traverse. Exécuté en trio, "Tough love" est un petit bijou. Secondé par la double basse d'Andy Cleveland et le piano de Janosch Bajtala, GT est aux cordes. L'interprétation est très intimiste, minimaliste même. Ces notes clairsemées entretiennent, en réalité, cette intense densité musicale. Guy est seul avec sa guitare acoustique amplifiée pour s'attaquer au célèbre "Crossroads". Un frisson me parcourt l'échine. Le climat est résolument dramatique et la puissance contenue. Impressionnant ! Epaulé par le piano de Bajtala, "Sanctified love" est résolument jazzy. Cet opus surprenant s'achève par "Going down slow" (Pt II). Rien à voir, cependant, avec le célèbre blues, mais une fort jolie mélodie chantée avec émotion, au cours de laquelle le tempo fluctue. Faut dire que Brendan Canty est à créditer d'une très bonne prestation, à la basse ; alors que l'orgue Hammond et le piano soulignent la richesse de la ligne mélodique alimentée par les très belles sonorités de la guitare. Dans ces conditions, il est difficile de ne pas succomber à ce premier elpee, plus que prometteur, de Mr Guy Tortora !

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Respect the dead

Une année à peine après avoir commis le remarquable "White african" (NDR : un disque qui lui avait permis de décrocher le WC Handy Award du meilleur nouvel artiste), le bluesman du Colorado nous revient avec ce " Respect the dead ". Toujours sur le même label.

A l'âge de 52 ans, on peut dire qu'il a de la bouteille. Avant de militer chez Zephyr, il a côtoyé fin des sixties le guitariste de rock, Tommy Bolin. Mais curieusement, entre 1977 et 95, il a complètement disparu de la circulation, avant de réapparaître avec ses musiciens ; c'est à dire le bassiste Kenny Passarelli et le guitariste Eddie Turner. Il enregistre alors deux albums: "Blue eyed monster" en 96 et "When negroes walked the earth" en 98.

"Respect the dead" défend les mêmes objectifs sociaux entamés par le précédent opus. Il souligne à nouveau et sans compromission les injustices de ce monde. Armé de son banjo et avec une certaine dose de colère contenue, il relate la condition (in)humaine de 10 millions d'esclaves africains introduits voici deux siècles ("Ten million slaves"). En guise d'ouverture, c'est un fameux manifeste. "Hands on your stomach" est imprimé sur un rythme quasi hypnotique. Tramé en boucle, ce tempo ne le quitte guère. A l'instar de "Changing rules", qui bénéficie du concours de la basse de Passarelli, et de "32nd time", enrichi par les cordes d'Eddie Turner qui se fondent aux siennes. Il retrace les luttes passionnées des Noirs qui se sont produites au cours des 60's, pour acquérir leurs droits civiques, et en particulier celui de vote ; des luttes qui s'enflammaient lorsque des blancs du Nord descendaient vers le Sud, parfois au péril de leur vie. Otis ne laisse sporadiquement souffler sa voix que…dans son harmonica. A travers "Baby so", il nous narre l'histoire d'une partie triangulaire entre deux femmes et un homme qui a mal tourné. Une tragédie qui s'est produite dans les années 30. Et il projette cette aventure minimaliste dans l'espace sonore. Le son devient plus dense sur "Shaker woman". Il fait le deuil de ses passions. Les guitares libérées sont rejointes par l'orgue Hammond et le piano de Passarelli, au sein d'une atmosphère qui flirte avec le psychédélisme. "Black witch" entretient un même climat impénétrable et oppressant : un homme blanc est venu débaucher une sorcière noire dans son quartier misérable ; elle est même devenue sa maîtresse. En toile de fond, les claviers synthétisent les sonorités aériennes. "Seven hours of light" adopte le style de l'un de ses mythes : John Lee Hooker. Un instant de pureté dans son blues ; mais également un moment saisissant, au cours duquel l'émotion est à son paroxysme. Sa manière de chanter et de plaquer ses accords sur la guitare me fait penser à Richie Havens ; même si chez Taylor, on a droit à de petites et savantes doses de guitare rythmique, de la basse et des claviers. "I like you, but I don't love you" est un coup de maître. Sur "Jump Jelly Belly", il donne l'ordre, avec beaucoup d'autorité à ce soldat de la deuxième guerre mondiale, de sauter de la barge de débarquement sur laquelle il se trouve. Otis renoue avec le rythme pour nous conter une nouvelle histoire triste : celle des morts d'une fille mexicaine et d'un couple de compétiteurs, survenues lors d'une course de voitures. Tout au long de ce "Three stripes on a Cadillac", la voix doucereuse de sa fille Cassie lui répond comme si elle venait d'outre-tombe. Cet opus s'achève par "Just live your life". Une composition qui s'achève dans un climat empreint de quiétude, une atmosphère plutôt inhabituelle pour lui. Le blues de Taylor est un blues bien personnel, mais tellement original…

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

White African

Otis assume la majeure partie de cet album. Il chante, joue de la guitare, du banjo, de la mandoline et de l'harmonica. Il est accompagné du redoutable Kenny Passarelli à la basse et aux claviers ; et pour quelques plages, du guitariste Eddie Tuner.

La première plage "My soul's in Louisiana" est dramatique. Elle raconte l'histoire d'un noir, accusé puis exécuté pour un meurtre qu'il n'avait pas commis. Un événement qui s'est produit dans les années 30. L'atmosphère qui règne tout au long de cet elpee est particulièrement ténébreuse. Une impression qui s'amplifie dès "Resurrection blues". Une chanson dont les lyrics parlent de ceux, qui à l'instar de Jésus, souffrent avant de partir. Mais également du cancer, du sida et d'autres maladies. La basse de Passarelli donne le ton. La voix semble venir d'outre-tombe. La slide électrique de Turner vient se mêler à cette atmosphère blafarde. Le même climat inquiétant domine "Stick on you". Otis crie la douleur d'un homme qui voit sa mère malade pousser ses derniers soupirs. Il arrache son désespoir des cordes de son banjo. La douleur devient intolérable lorsqu'il décrit le calvaire d'un enfant mourant faute de soins, sur "3 days and 3 nights". Le ton poignant et le style dépouillé rappellent ici certains vieux titres de John Lee Hooker. Taylor hurle avec un maximum de colère! On retrouve la voix grave de John Lee sur "Rain so hard". Elle véhicule une grande tristesse ; et les cordes renforcent ce sentiment. Proche peut-être de Sonny Boy Williamson, "Round and round" est un court dialogue entre la voix et l'harmonica. Le sommet de la tragédie est atteint sur "Saint Martha blues". Un titre qui retrace l'existence courageuse de Martha, son arrière-grand-mère, qui dut élever seule ses enfants, lorsque son mari fut lynché. Résumé de toutes les festivités rencontrées tout au long de cet opus, "Hungry people" est consacré aux sans abris. Un album sombre, mais dont la démarche est manifestement originale…

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Bust out

Ce guitariste texan est totalement inconnu chez nous. Il est pourtant un vétéran des scènes locales. Il a débuté à Austin en 69. Au sein de Kracker Jack. Qui impliquait Uncle John Turner à la batterie et Tommy Shannon à la basse.

Dès l'ouverture, c'est l'explosion. Un début détonnant, furieux, très surf music, pour la plage titulaire, instrumentale de surcroît. Robin maintient un rythme aussi soutenu pour attaquer "Louisiana Lava man". Il chante d'une voix un rien criarde, mais il y croit. Le trop plein d'énergie hante Mr Sylar, un peu dans l'esprit de Cub Coda. "Dynamite Nitro" passe au Memphis R&B et au funk. La guitare se fait plus classique avant de se divertir. Dans le même registre "Dux" trace des lignes de guitares, à la manière d'Albert King, avec ce zeste de démesure que favorise l'ami Sylar. Le schéma est semblable pour l'hilarant "Bertha Lu". Robin s'amuse follement sur son manche. Il essaime des divertissements surf, pendant que Phil Bennison chante. Responsable des effets sonores et des bruitages étranges qui parsèment "Bust out", il adore manifestement jouer sur les sons. "Scratchy" est une nouvelle plage instrumentale. Assez personnelle, mais à la sonorité métallique, elle est agitée par un maximum de percussions, et offre un break, pour le moins inattendu, de cornemuses bien écossaises. Shuffle servi brûlant, "Wild cherry" se situe bien au cœur du Texas. La guitare y hurle de bonheur. Slow blues sulfureux, "Delivery boy" bénéficie d'une fort belle introduction de cordes et d'un smoking solo. Beaucoup d'instrumentaux sur cette plaque. A l'instar de "Double dip", caractérisé par un phrasé de guitare inspiré par Freddie King. "Steel trap" et "Wild angels" également. "Queen of the hop" est un shuffle construit à la manière de Stevie Ray. Et pour mon plus grand plaisir, cette plaque recèle une reprise du tonique "Made up my mind" ; un titre du Savoy Brown qui date de l'extrême fin des sixties, c'est à dire l'époque de "Raw Sienna". Ce chouette album s'achève par "Flashback", un très long morceau qui fait l'étalage des compétences de ce guitariste.

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

In the house

Le label Crosscut vient de prendre l'excellente initiative d'éditer une série fort intéressante d'elpees enregistrés en public. Intitulés "In the house", ils ont été enregistrés en Suisse, dans le cadre du Lucerne Bues Festival. Un soir de novembre 1998, la scène était occupée par de véritables routiers du Chicago Blues, venus apporter la bonne parole! Le vétéran Bob Stroger est un gentleman du blues. Il est originaire du Missouri mais vit à Chicago depuis 1955. Il s'est très rapidement converti au blues. Pendant une quinzaine d'années, il a participé à l'aventure d'Eddie King & the King Men ; mais au cours des années 80, il a embrassé une carrière de musicien freelance. Ce qui lui a permis de côtoyer les meilleurs bluesmen : depuis Otis Rush à Sunnyland Slim, en passant par Jimmy Rogers et quelques autres ; et d'enregistrer en compagnie de la crème de la scène blues chicagolaise. A l'instar de Billy Flynn et de James Wheeler, il a sévi au sein de la première mouture du Mississippi Heat.

Le line up de ses Chicago Blues Legends me donne l'eau à la bouche. Il est constitué, à la base, du Ken Saydak trio ; c'est à dire Ken au piano, Marty Binder à la batterie et Bob à la basse. James Wheeler et Billy Flynn aux guitares, ainsi que Ron Sorin à l'harmonica, complètent le tableau.

Bob entame au chant son "Talk to me Mama", un titre bien saignant qui met en exergue la guitare de Wheeler et l'harmo de Sorin. "The blues is back in town" nous clame Mr Stroger, avant de nous servir un blues à fleur de peau intitulé "Stranded on St Louis", un fragment écrit par Omar Shariff, au cours duquel tous les musiciens sont parfaitement en place. J'épinglerai cependant le rôle joué par Ken Saydak ; un rôle semblable à celui qu'Otis Spann exerçait pour Muddy Waters, c'est à dire tantôt dans l'ombre, tantôt sur le devant de la scène, mais du début à la fin brillant, discret et toujours efficace. Ken opéra ses débuts chez le groupe de Mighty Joe Young, avant de rejoindre celui de Lonnie Brooks. Il participa également à des sessions pour Johnny Winter, avant de former Big Shoulders, en 1987. Billy Flynn chante le "Lovin' man" de Muddy Waters. Il n'oublie pas d'y inclure une bien solide partie de slide. Flynn est un guitariste blanc qui fut découvert par Jimmy Dawkins. Ce musicien très apprécié et très sollicité à joué depuis avec le Legendary Blues Band, Mississippi Heat, Kim Wilson et Otis Rush. "Extension 309" marque le retour du blues lent et prenant. Un morceau composé, chanté et interprété par James Wheeler ; un musicien qui a longtemps joué pour Otis Rush et Willie Kent & the Gents. James chante aussi le très rythmé "Gonna make some changes". Le rythme emprunte celui du chemin de fer tout au long de "Loan me train fare", une plage qui souligne les qualités de l'harmoniciste Ron Sorin. Un musicien fort proche de Ken Saydak. Il a participé à son album "Foolish man", paru sur Delmark, et fit aussi partie de Big Shoulders ainsi que du backing group de Johnny Winter. "Heads up" est un instrumental signé Freddie King, il est interprété à la manière de ….Freddie K. Ken Saydak adore les envolées rythmiques de la Nouvelle Orléans. Il le démontre à travers sa version du "Thinking and drinking" d'Amos Milburn. Il le chante d'une voix chaude et ravagée, dans le même style que son "Watching the river flow", paru sur son album "Love without trust". Un disque édité également chez Delmark. Ecrit par Jimmy Rushing et un certain Count Basie, le somptueux "Going to Chicago" constitue le dernier blues lent. L'album s'achève par un vigoureux "Keep your hands off her". Une heure d'excellent Chicago blues classique!

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Delta Roots

Basé à Londres, ce trio pratique un blues aux accents très country. Son leader, Ben Tyzack, est originaire d’Iowa City ; mais il a beaucoup bourlingué entre Charleston et Atlanta. Depuis quelques années il s'est installé à Londres. Il avait fondé les Spikedrivers, voici neuf ans, en compagnie d'un percussionniste. Marqué par Stefan Grossman, Ben privilégie un style qui répond au nom de Piedmont finger picking. Depuis près d'un an, il est épaulé par le batteur irlandais Maurice McElroy, qui joua naguère avec Otis Grand, et d'une bassiste américaine originaire de l'Oklahoma, Constance Redgrave. Encore une ancienne de la bande à Grand !

" Delta roots " constitue leur troisième album. Il fait suite à "Delta boogies" et à "Whiskey river blues". En ouverture, le cri des criquets surgit des marais. Les sons semblent venir tout droit des sources du blues. Ils sont même d'une grande pureté tout au long de "That's no way to get along". A cause de la guitare de Ben, qu'il joue avec concision et adresse. Sa voix s'imposer sur "Front porch swing". La section rythmique épouse bien le timbre de son leader, pendant que la guitare se divertit. Une excellente impression qui se confirme chez le rapide "Soul searchin' blues". Constance et Maurice répondent en chœur au chant de Tyzack qui a empoigné son bottleneck pour l'occasion. L'émotion est bien présente. Lors de l'introduction de "Stop breaking down blues", écrit bien entendu par Robert Johnson, un fantôme passe... Une cover imprimée sur un tempo plus lent que l'original. Le rôle joué par la section rythmique est déterminant. Ben chante d'une voix légèrement chevrotante. Les notes ciselées, sans le moindre empressement, de la slide guitare s'aventurent. "I can't be satisfied" est une autre chanson blues universellement célèbre. Mr Tyzack sait comment ficeler une mélodie. Il le démontre tour au long de son "Midnight Mademoiselle", épicé ça et là de petits mots écrits dans la langue de Voltaire. Constance Redgrave chante deux titres. Tout d'abord "Rhythm guitar" d'Emmylou Harris. Une composition blues de cette artiste country. Ben accompagne la voix de son dobro au son métallique. Et puis "Queen of the one night stand". D'une manière feutrée et un tantinet fragile. Maurice assume son rôle en chantant "Am I high", un titre amusant mais également une invitation à boire un coup. Ainsi que "Clyde" de J.J Cale. S'il possède une voix moins riche que celle de son leader, la version tient parfaitement la route. Et le rôle joué par le bottleneck n'y est pas étranger. Une excellente reprise! "Kansas City Kitty" est une courte plage instrumentale. Les derniers titres sont de nouveau assumés par la voix de Ben. Et c'est un soulagement ! "Life is fine " met en musique un poème de Langston Hughes. Signé Professor Longhair, "How long has that train been gone" exalte par ses changements de rythme bien négociés. En finale, "Hard to get" adopte un tempo nonchalant. A cet instant, le chant de Tyzack est à son meilleur niveau. Un très bon album !

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

The come back

Memphis Slim restera à jamais au Panthéon du blues comme un des plus grands pianistes de tous les temps. De son véritable nom, Pete Chatman, il était né à Memphis le 3 septembre 1915. Delmark lui avait déjà consacré "Memphis Slim U.S.A", un elpee qui recelait deux de ses sessions accordées pour le label United, entre 52 à 54.

Ce nouvel album nous livre les deux autres sessions United auxquelles Slim a participé. Nous retrouvons ici 11 plages qui n'ont jamais été éditées précédemment. Memphis Slim nous a quittés depuis bien longtemps. Le 24 février 1988, très exactement. A Paris. Merveilleux guitariste, Matt ‘Guitar’ Murphy est ici son principal collaborateur. Et à l'écoute de ces enregistrements qui lui rendent un hommage assez vibrant, il y a vraiment de quoi se régaler.

Son jeu sur le blues lent, "The come back", est savoureux. Tant lors de la version connue que sur l'adaptation alternative. Murphy est aussi lumineux sur l'instrumental "Shuffleboard", au cours duquel il vole la vedette à son patron. Memphis Slim chante de sa voix de ténor "Living the life I love". Il nous invite à partager son plaisir évident de jouer, de chanter et de vivre le blues ; pendant que Matt gratte au même niveau, mais avec une tonalité toujours aussi contemporaine. Il y a ici tant de créativité dans le jeu, que vous risquez tout bonnement de tomber de votre chaise. Ce jeu devient même clair et chargé de feeling sur "Cool down baby", un nouveau blues lent que Murphy chante lui-même. L'intégralité de l'opus est un réel bonheur. Les blues lents, brûlants, sont nombreux et remarquables. Jim Conley se distingue au sax tenor sur "I love my baby". Murphy adopte un style proche de T-Bone Walker. C'est évident sur "Call before you go home" et "Two of a kind". La basse de Curtis Mosley nous fait vibrer sur le très downhome "5 O'clock blues", au cours duquel Slim shoute les vocaux avec une puissance si naturelle. Le disque contient également quelques plages sensiblement différentes. Et je pense tout particulièrement à "Smooth Sailin", "The cat creeps" et au pétillant "Back alley". La part belle est alors laissée au grand Jim Conley qui peut étaler son talent au honky sax, et libérer un swing du tonnerre. "Stewball" affronte un spiritual parcouru de percussions et de chœurs féminins. La finale est un véritable document dont l'authenticité, était à l'origine, plutôt incertaine. D'époque, enregistré 'live' au sein d'une atmosphère explosive, ce "She's alright" exsude toute la magie des House Rockers. Un rocker illuminé par le honky sax et le piano magique.

Cet album est un superbe testament de ce blues urbain pratiqué au début des 50s. Memphis Slim et Matt Murphy devaient encore collaborer ensemble quelques années plus tard ; notamment pour participer aux sessions d'enregistrements de Vee-Jay en 58-59 ; puis, en 1985 pour concocter l'album "Together one more time", paru chez Antones.

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Bless my soul

Sicilien d'origine, Tom Shaka est un excellent bluesman. Presque quinquagénaire, il jouit d'une énorme popularité en Allemagne, pays au sein duquel il réside le plus clair de son temps. Il y a d'ailleurs enregistré deux albums pour Crosscut : "Hit from the heart" en 90, et "Hot 'n' spicey" en 93 ; trois pour Stumble : "Blues Magic" en 97, "Timeless in blues" en 95 et "Keep on keepin' on" en 99. Il avait également commis un elpee en compagnie de son frère Bill, en 2000. Paru sur ce label Acoustic Music, il s'intitulait "Blues blood".

Tom débute sur les chapeaux de roue par un brillant "I feel so good today", une composition signée par son ami Honeyboy Edwards. Sa voix est rocailleuse et puissante. Il joue de la guitare tout en soufflant avec brio dans son harmonica posé sur le rack! Shaka a assimilé l'essentiel des plus grands : depuis Charlie Patton à Blind Lemon Jefferson, en passant par Big Joe Williams et quelques autres. C'est évident sur le "Going up to the country, paint my mailbox blue" de Taj Mahal. L'émotion pure transpire facilement de ses notes. Il le démontre tout au long de "Down & out in Amsterdam" ; un morceau au cours duquel il susurre chaleureusement son texte, hanté par Lightnin' Hopkins. Superbe! Une sensation qui se reproduit à plus d'une reprise sur ses compositions. A l'instar de l'intense "Churchhouse blues" ou encore de "War blues", sur lequel il me rappelle assez bien un de ses amis, Louisiana Red. Sa technique instrumentale est très affûtée. Elle est impressionnante tout au long de l'instrumental "Tom's boogie". Shaka reprend aussi quelques classiques bien connus tels que "Smokestack lightnin" d'Howlin' Wolf, "You gonna miss me" de Muddy Waters, le fameux "Georgia rag", de Blind Willie McTell ou encore "Sitting on top of the world" de Little Walter, qu'il interprète en s'accompagnant à la mandoline. La reprise qui me botte cependant le plus appartient à une petite partie de rock'n'roll solitaire signée Huey "Piano" Smith : "Sea Cruise". Et c'est d'une voix bien grave qu'il achève cet opus par "Keep your eyes on the road". Recommandé !

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

My day is just beginning

Né à Londres en 1970, Lee Sankey est un jeune harmoniciste anglais qui a la particularité de ne plus avoir un poil sur le caillou. Largement inconnu sous nos cieux, ses premières expériences musicales ont été opérées dans les milieux hip hop, avant qu'en 83, il n'assiste à un concert du groupe de blues Howlin' Wilf and the Veejays. Son influence majeure devint alors son compatriote Paul Lamb, avant qu'il ne taquine des géants comme Little Walter, Sonny Boy Williamson, Sonny Terry, Kim Wilson et William Clarke. Depuis, il a beaucoup travaillé. Il apporte même de l'originalité à son style dans lequel le blues flirte avec jazz, le roots et le funk.

Lee a écrit toutes les plages de l'album. Il est aussi le responsable des arrangements et de la production. Il est entouré d'une formation assez conséquente, au sein de laquelle on retrouve le redoutable Matt Schofield aux guitares, David Migden au chant, Jeff Walker à la basse, Rob Eyers aux drums et une section de cuivres composée de Nick Payn, Sid Gauld et Andy Hamilton.

L'ouverture "Drinking game" lorgne vers un R&B largement cuivré. Schofield y produit un excellent solo dont un maximum de notes est libéré dans un ton proche du jazz. Si le morceau tient bien la route, il écarte de manière assez surprenante, l'harmonica. Il est vrai que Sankey joue aussi des cordes. L'opus embraie par le jazzyfiant "Only my baby". Lee souffle à la manière de notre Toots national. Le ton est d'une clarté irréprochable. Le chanteur Migden s'acquitte bien de sa tâche. "Woman and trouble " est une superbe plage rythmée. David Migden chante à la manière d'Earl Green, le chanteur actuel des Kingsnakes. La tonalité et le phrasé sont identiques. La guitare disserte avec beaucoup d'originalité. Les cuivres rejoignent le rythme ; et en finale, l'harmonica se déchaîne. Un exercice très réussi ! L'harmo se mêle ensuite à la ligne de cuivres pour entamer "Shout it on out". Une plage blues plus conventionnelle. Sankey est passé à l'instrument chromatique. Il souffle avec beaucoup de verve et d'inventivité. Retour au bop jazz sur "Office politics". La sonorité d'un harmonica blues, plus proche d'un classique, intervient lors de l'interprétation de "Stone in my shoe". Une plage nerveuse, assez longue, au climat instrumental qui monte facilement en puissance, permettant aux solistes de s'évader au cœur de prestations toujours sobres et éclairées, tant à la guitare qu'à l'harmonica. "S'picious" est un shuffle assez proche de ce que nous offrent habituellement les meilleurs Texans Migden domine les vocaux. La guitare et harmo travaillent à l'unisson pour notre bonheur ; et en fin de parcours, le ralentissement du rythme est judicieux. "My day is just beginning" opère huit minutes de dissertation jazz. Tous les instrumentistes évoluent à un niveau plus que respectable ; et en particulier la section rythmique. Caractérisé par un effet vocal saisissant à la Howlin' Wolf, le funkysant "I don't like my way of living" est un réel bonheur! Cet excellent album s'achève par le vigoureux "Where we going to". Mais lorsqu'il n'y en a plus, il y en a encore. Car cet elpee nous propose en bonus, un EP de près de 50'. Un disque qui s'ouvre par le superbe slow blues "She's not alone'. Une compo très dépouillée, probablement inspiré par T-Bone Walker. Les trois titres live confirment tout le talent manifesté par le Lee Sankey Group. Son savant cocktail de blues et de jazz mâtiné de funk fait vraiment merveille. La version de "Stone on my shoe" évolue également à ce haut niveau. Une excellente découverte !

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Live - The Blues nights

Ce chanteur/guitariste anglais a eu son heure de gloire au début des années 80, lorsqu'il drivait Samson, un trio spécialisé dans le hard rock assez métallique. A l'époque le groupe avait déjà commis une petite dizaine d'album. Samson se reforme régulièrement et a notamment sorti, il y a peu, "Live in London 2000", toujours chez Mystic. Ce nouvel opus réunit des témoignages 'live' de Paul Samson opérés dans un registre bluesy. Comme ce musicien manifeste une prédisposition pour le hard, l'elpee privilégie le rockin' blues électrique, un style susceptible d'intéresser les vieux adeptes du british blues.

L'album réunit des plages tirées de quatre différents concerts qui se sont déroulés entre 95 et 97. Tout d'abord à Croydon, près de Londres. En juin 95. A l'affiche : les Breakers. Un groupe drivé par l'ancien batteur de Ten Years After, Ric Lee, et secondé par le bassiste/chanteur Ian Ellis, un musicien qui transita naguère chez le Savoy Brown. En panne de guitariste à l'époque, les Breakers avaient invité l'ami Samson. Qui avait rappliqué alors en deux temps trois mouvements. On le retrouve ici sur quatre plages, dont une reprise pas mal ficelée du "Reconsider baby" de Lowell Fulson. "Sweet home Chicago" est devenu un titre éculé tant il a été repris. Et que dire du fameux "Crossroads" de Robert Johnson? Il est exécuté à la manière d'Eric Clapton, lorsqu'il sévissait chez le Cream, à la fin des années 60 ; mais en moins bon. Car si Samson n'est pas Clapton, Ellis et Lee ne sont ni Jack Bruce ni Ginger Baker.

Le deuxième concert est consacré au Peter Green Tribute Show, accordé à Londres en octobre 95. Il est de notoriété publique que dans chaque guitariste anglais sommeille un Peter Green en puissance. Mais n'est pas Peter qui le veut! Steve Robinson chante plutôt bien le superbe blues "Love that burns". Pete Brown, promoteur de ces concert-hommages, est aux percussions. Paul tient la guitare. Mais la version de "Black magic woman" est assez pénible. Car les vocaux sont assurés par… Paul Samson.

Le troisième concert a été immortalisé en compagnie du groupe chicagolais, le Richard Black Project. En juillet 96. Dans le Colorado. Une fois encore, l'ami Samson fut appelé pour remplacer au pied levé un musicien… empêché. Ce n'est pas vraiment du blues, mais la section américaine possède plus de groove et le chanteur n'est pas inintéressant. "Hot girls" et "The city burns" passent le cap. Signé Jimi Hendrix, "Cherokee mist" nous restitue Samson dans un élément plus familier.

Enfin, le quatrième concert épingle Samson au sein de son propre combo. Paul est épaulé par une section rythmique pour interpréter "A fool for your stockings" du ZZ Top, ainsi que "Voodoo chile" de Jimi Hendrix. Le traitement infligé à un fragment baptisé "Louise", me semble un peu lourd. Un fragment composé à l'époque par une formation de pub blues qui répondait au nom de Sam Apple Pie, et que j'adorais à l'époque. Mais qui se souvient encore de cette formation? Un document, sans plus.