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mardi, 31 décembre 2002 01:00

Cardiology

Christopher Anton Rea est né en mars 1951. A Middlesbrough, en Angleterre. Ses débuts à la guitare sont inspirés par Joe Walsh et Ry Cooder. Il fonde son premier groupe en 1973 : Magdalene. Un combo au sein duquel le futur Deep Purple, David Coverdale, est préposé au chant. Il embrasse ensuite une carrière solo.

Paru en 1978, son 1er album "Fool" ne recueille qu'un succès plutôt discret. Depuis, Chris a commis, presque chaque année, un nouvel elpee. Dont "Road to hell" en 1983 et "Auberge" en 1991 décrocheront la première place dans les charts. Son dernier album, "King of the beach", remonte à 2000. Chris Rea est surtout célèbre pour la beauté naturelle de son chant et son jeu à la slide ; mais manifestement, il est plus apprécié dans les milieux pop/rock que blues. Il serait cependant dommage que ces derniers boudent ce "Stony Road", car il est sculpté dans le Delta blues du Mississippi. Chris a composé toutes les plages. Il a reçu le concours de Martin Ditcham aux drums, Sylvin Marc à la basse, Robert Ahwai à la guitare, Ed Hession à l'accordéon et Gerry O'Connor au banjo.

"Changing times" ouvre le feu. Chris actionne un bottleneck électrique au son poussiéreux. Les musiciens trament la toile sonore du rythme ; et en particulier l'accordéon qui reste toujours en retrait. Authentique, dépouillé à l'extrême, "Easy rider" est très impressionnant. Après quelques notes de dobro, le banjo paresseux commence à distiller quelques petites grappes de notes. Le timbre vocal chaud et graveleux est très présent. Lorsqu'elle se libère, la slide métallique vous flanque un sacré frisson dans le dos. A fleur de peau, minimaliste, l'atmosphère se maintient tout au long de la plage générique. La section rythmique est très effacée. Seule la slide se permet des diversions au sein de ce décor lugubre et fantomatique. Nonchalante et laidback la voix exerce des ravages dans ce style. Mr Rea s'inspire surtout des anciens maîtres du Delta, tels que Charley Patton et Blind Willie Johnson. Sur "Dancing the blues away", Chris injecte du tonus à son blues. Davantage allègre, le rythme autorise l'accordéon et les percussions à participer au festin sonore. Tout au long de "Burning feet", caractérisé par un dobro chargé bourré de feeling, Chris observe un chant personnel, très laidback, qui me rappelle JJ Cale. Un harmonica sautillant introduit le rythme de "Mississippi 2", cette rivière qui coule dans ses veines. Tempéré dans le son et l'énergie, ce boogie est rondement mené. Faut dire que Rea n'est pas un extraverti. Un piano pourri, sorti tout droit d'un barrelhouse, annonce "Slow dance". Une danse pour le R&B. Une plage enjouée, au cours de laquelle l'accordéon et la slide sont distillés goutte à goutte. Le ton devient grave lorsque Chris aborde "When the good Lord talked to Jesus". C'est la parole du père à son fils. Une tristesse infinie nous envahit. La lumière diffuse nous éclaire à peine. Un piano sourd et un accordéon particulièrement sobre entretiennent ce climat tout en retenue instrumentale. Seule la voix rocailleuse se fraie un chemin pour aboutir à la clarté de "Heading for the city". "So lonely", nous ramène au chœur du Delta. La slide se complait au cœur de cet espace volontairement dramatique et toujours aussi dépouillé. Chris est à cet instant tellement proche de ces songsters d'une autre époque. Le diable serait-il à nouveau à la rencontre de carrefours mythiques (Crossroads)? Au cours des dernier mois, Chris a traversé des moments difficiles. De sérieux problèmes de santé ont même miné son moral. Pourtant, il fait preuve d'optimisme mais sans esquisser le moindre sourire, lorsqu'il chante "Someday my peace will come". Le banjo et l'harmonica donnent la réplique à son timbre vocal empreint de douceur, tout au long de "The hustler". Pour achever cette œuvre, Rea se mue en poète ; et à l'instar d'un Leonard Cohen, il murmure d'une voix grave "Give that girl a diamond". Non seulement cet opus est excellent, mais en outre, il constituera une véritable révélation pour les aficionados de blues. Et franchement, je lui souhaite bon vent dans cette nouvelle direction qu'il vient d'embrasser. D'ailleurs, n'a-t-il pas déjà vendu, au cours de ces vingt dernières années, plus de trente millions d'albums ?

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

A different shade of Red

Depuis qu'il a commencé à enregistrer, c'est à dire au début des 50's, cet artiste a commis un nombre incalculable d'albums. De son vrai nom, Iverson Minter, il est né en mars 1932. A Vicksburg, dans le Mississippi. Il a vécu une enfance assez misérable. Sa mère est décédée d'une pneumonie, une semaine après sa naissance. Son père a été massacré par le Ku Klux Klan. Après avoir été recueilli quelque temps par sa grand-mère, il a été ensuite hébergé chez sa tante Corrine Drive. Mais son compagnon détestait et battait Iverson. Résultat des courses, il sera placé à l'orphelinat. Mais le sort ne l'épargne toujours pas. En 1972, il perd sa première femme, Ealase, atteinte d'un cancer.

Depuis 1981, il vit en Allemagne. Où il s'est déjà produit sous divers patronymes : Cryin' Red, Elmore James Jr, Guitar Red, Playboy Fuller, Rockin' Red et bien d'autres. Mais en mars 2001, Louisiana Red se voit remettre les clés de la cité de Woodstock. A l'instar de Muddy Waters, de nombreuses années auparavant. En août de la même année, notre homme se retrouve dans la même cité. Dans les studios "Levon's Barn" de l'ancien batteur du Band, Levon Helm. Il bénéficie alors de la production des guitaristes Brian Bisesi et Jimmy Vivino.

Sous-titré "The Woodstock sessions", l'album démarre d'une manière surprenante par "Take your time". Une plage funky, balayée de cuivres. Et lorsque David Raynor s'en extrait, c'est pour livrer un superbe solo sur son saxophone. Et je m'en voudrais en omettant de mettre en exergue le brio du guitariste Brian Bisesi. "Lou Jean" est imprimé sur un tempo très rapide. Louisiana Red chante à la manière d'un shouter, devant la section de cuivres au grand complet. Le piano de David Maxwell est très présent. La guitare, manifestement à l'aide dans ce contexte, opère une heureuse sortie. Red possède une voix éraillée, puissante, tellement belle dans son style. Elle crie, gémit sans douleur. Le registre s'avère cependant inhabituel pour interpréter "Alabama train", une ballade assez rock, très sudiste dans la démarche. Implacable, la rythmique est assurée par Steve Gomes à la basse et Levon Helm à la batterie. Le tempo décélère quelque peu pour permettre à Red de sortir enfin sa slide et chanter "I had a dream". Le son de la slide est relativement pourri, mais colle parfaitement à l'expression sonore. Sa voix est capable d'opérer des exercices de style et les cordes libèrent leur intensité sur le fil du rasoir. Il chante de manière inimitable, avec tellement de vécu, "Blue evening". Un fragment qui bénéficie de la participation du saxophone de Garth Hudson, un autre musicien du Band. "Blues 2001" est une nouvelle plage funky. Red joue avec sa voix. Benjie Porecki est à l'orgue. Les saxes sont présents. Tout comme les guitares bien électriques assumées par Vivino et Bisesi. Signée Sandy Jones Jr, "Laundromat blues" est une cover bien roots. Red chante et joue de la guitare. Levon Helm est à l'harmonica. Jimmy Vivino se réserve la mandoline. David Maxwell, le piano. Une pause acoustique opportune qui se prolonge sur "Philippa". "Lightning bug" sonne le retour intégral des cuivres. Un fragment qui met une nouvelle fois en évidence les dons de chanteur de l'artiste, dont le timbre se module à l'infini. "Where's my friends" campe un sublime blues classique. La slide électrique, le piano et les drums se conjuguent pour libérer une solide dose d'émotions. L'opus s'achève par une jolie ballade, illuminée par un solo de sax : "Sleep Little Robert". Un chouette album !

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Rattlebag

En une bonne dizaine d'année d'existence, Les Sidemen ont commis quatre albums : "The sidemen" en 92, "When the sun goes down", produit par Joe Louis Walker, en 95, "Dig in" en 99 et ce petit dernier, produit par l'un des plus célèbres bluesmen canadiens, Colin Linden. Paul Reddick en est le leader, le chanteur et l'harmoniciste. Il écrit ses propres chansons, dans l'esprit du blues rural des années 30, de Sleepy John Estes, de Fred McDowell et d'Alan Lomax lorsqu'il consacrait ses enregistrements pour la Librairie du Congrès.

Paul est flanqué de Kyle Ferguson aux guitares, de Greg Marshak à la basse et de Vince Maccarone à la batterie. La production de Colin Linden est excellente. Le son est assez sale. Solide et soudée la section rythmique est bien en avant. L'introduction laisse augurer une excellente plaque. Un fragment assez court, intitulé "P.r Jubilee", chanté comme une work song. Les premières plages sont très électriques. Hommage au vieux country bluesman, "Sleepy John Estes" est en réalité un boogie pur et dur, propagé sans le moindre compromis. Une entrée en matière très heureuse mais féroce, au cours de laquelle l'harmo est déjà bien allumé. Le funky "Pinegum" trempe dans une ambiance Memphis soul. Paul souffle puissamment dans l'harmonica pour introduire le mélodique "King o' the zig-zag". La guitare est très aventureuse. "One way trip" est superbe. Chanté divinement il est imprimé sur un rythme à la "Wang dang doodle", alors que l'harmonica ne demande qu'à décoller! A partir de la sixième plage ("Pearl river blues") l'opus amorce un virage acoustique. Signée Colin Linden, "Blind river bound" est une roots song bien relax, balisée par le dobro de Linden et l'orgue de Richard Bell. Linden s'assied et empoigne la mandoline pour aborder "Trouble again", dans l'esprit d'un passé lointain. "Scufflewood" marque un retour au hard blues. La voix bien graveleuse de Paul rappelle celle de Billy Gibbons. Le riff de guitare peut également nous faire penser au trio texan, alors que le piano vient donner une touche plus personnelle. Cette référence à ZZ Top réapparaît régulièrement, mais avec bonheur, sur "I'm a criminal" ; notamment au niveau du chant. Imprimée sur un rythme hypnotique, cette assez longue plage laisse libre champ au guitariste Ferguson. Le dobro, l'orgue et la section rythmique funky alimentent un étrange "Dreamin' dreamin" à l'ambiance roots, très dépouillée. La plage titulaire est un shuffle à la texane. Le rythme est bien imprimé par la guitare. Elle suit à la trace basse et drums, pendant que l'harmonica s'évade de cette puissante trame pour atteindre les sommets. Court intermède instrumental, au cours duquel l'harmo est dupliqué avec un maximum d'écho et de réverbération, "06/19" introduit "Smokehouse". Une plage vive, imprimée sur le rythme du chemin de fer. L'harmonica apaisé et l'orgue paresseux entretiennent le très laidback "Tumblin' down", une finale qui respire la quiétude... Je recommande tout particulièrement cet excellent album. Un disque dont la démarche est très originale ; hard blues for modern times, comme ils le clament eux-mêmes...

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Greasy kid stuff

Kid Ramos est incontestablement chouchouté par son label, car il est ici encore une fois entouré par du beau monde! Evidence a donc décidé de miser sur le kid de LA. Surtout après le succès récolté par ses 2 autres albums "Kid Ramos", en 99 et "West Coast Party", l'année suivante. Une chose est sûre, il est respecté par ses pairs. Pas moins de sept harmonicistes figurent sur la liste des invités. Et tout le who's who des souffleurs de la West Coast signe présent.

Le quatuor de base est constitué de Kid à la guitare et parfois au chant, de Tom Mann au piano, et d'une super section rythmique réunissant Jeff Turmes à la basse et Richard Innes à la batterie ; c'est à dire des anciens membres du James Harman Band et du Hollywood Fats Band.

L'album s'ouvre par la plage titulaire. Un instrumental qui démontre tout le savoir-faire du kid dans le jump style. "Chicken hearted woman" est un blues lent. Ouvert par les cordes reproduisant le cri de nos gallinacés favoris, James Harman chante cette plage avec toute la maîtrise que nous lui connaissons. James chante aussi "Low down woman" au cœur d'une ambiance très country blues et "Gratitude is reaches", dans le style Chicago Southside, pendant que la slide de Ramos sonne comme la jumelle de celle d'Elmore James. L'entrée en lice d'un de mes harmonicistes favoris de toujours, Charlie Musselwhite, est bouleversante. Il a composé ce "Charlie's old Highway 51 blues" qu'il chante de cette voix immédiatement saisissable. Charlie est une légende vivante du blues. Un artiste attachant et authentique ; et les interventions de Ramos ne font qu'accentuer l'effet. Charlie revient chanter avec autorité le blues très dépouillé "Rich man 's woman". Paul deLay a certainement été l'une des meilleures découvertes des années 90. Il possède un style tellement personnel. Une voix cassée, puissante, qui transpire le vécu! Il est présent sur deux titres qu'il a écrits : "Say what you mean, baby", cuivré par Jeff Turmes, et "Ain't gonna holler". L'harmoniciste le plus proche de Kid est sans doute Mr Richard Duran, alias Lynwood Slim. Ils sont tellement complices que lorsqu'ils jouent ensemble, tout semble couler de source. Ils donnent ici une parfaite leçon de west coast jump lors de la reprise du "I don't care who knows" de Willie Dixon. Ensemble, ils apportent un traitement rockabilly au classique de Bobby "Blue" Bland, "Hold me tenderly". L'énergie reste présente. Le rythme s'intensifie avec l'entrée en lice du joyau de Sacramento, Rick Estrin (de Little Charlie and the Nightcats). Sa voix nasillarde et son harmo offensif s'acquittent parfaitement de "It's hot in here". Estrin aime aussi le blues pur. Il est merveilleux quand il pense au génial Little Walter. A l'instar de "Marion's mood", un fragment de derrière les fagots. Le virtuose Rod Piazza change de registre pour se consacrer à l'instrumental "Devil's foot". Il prend indéniablement une direction jazz et swing. Kid se met même à sonner comme Charlie Christian. La machine à vapeur s'emballe pour aborder "Mean ol' lonesome train". Une composition écrite par Lightnin' Slim et superbement rendue à la vie grâce au vieux Johnny Dyer. La Ramos party s'emballe pour la finale. Un tonique "Harmonica hangover" qui adresse un double clin d'œil à Charlie Musselwhite et à Rick Estrin. Un superbe album !

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

So here we are

Vivant du côté d'Edmonton, à Alberta très exactement, Lester Q est canadien. La slide guitar est sa spécialité. De quoi déjà plaire aux amateurs de blues ! Il est aujourd'hui aux commandes de son Very Electric Trio. Greg Johnston est à la basse, aux claviers et à accordéon, Lyle Molzan aux drums. Lester a aujourd'hui 27 ans. Il est né de père danois et de mère hollandaise!! Il a longtemps fait partie d'un groupe qui répondait au nom des Yard Dogs. En 1993, il a sorti un album intitulé "Keep on walking". Puis un second album, plus personnel et électrique en 96, "A big love". Pourtant Lester fréquente surtout les milieux ‘folk’. Ce qui l'a poussé à enregistrer en 2000, un album en compagnie de Bill Bourne, spécialiste en folk celtique, et du guitariste Madagascar Slim : "Tri/Continental". Double album, "Tri Continental Live" a vu le jour en février 2002.

"So here we are" s'ouvre par une version très électrique et un tantinet hard du "Rollin' & tumblin" de Muddy Waters. La section rythmique est en béton. La voix adaptée au style. La slide ronronne furieusement en produisant des montées en puissance très métalliques. Un important travail de production a été accompli tout au long des sessions d'enregistrement. Le son est très rempli, le dépouillement n'est pas ce monde. Le calme peut cependant faire partie de l'univers quitzalien. A l'instar du 'deltaesque' "Waiting", enrichi par la mise en forme d'effets amplifiés. "Honey Bee", autre classique de Muddy Waters, adopte un jeu assez technique de recherche sonore et de réverbération. Le reste de l'album relève de la plume de Lester. La trame musicale reste cependant semblable. Il opère un travail synthétique sur le son chez l'atmosphérique "Here we are". La voix est proche de celle de Jimi Hendrix. J'apprécie tout particulièrement "Release me", un blues lent, dépouillé, dégageant fièvre et menace. La guitare électrique est certainement inspirée par Billy Gibbons du ZZ Top. Au milieu du déluge émerge une chanson acoustique : "Broken heart. Une composition épicée d'un piano et d'un orgue discret ainsi que du violoncelle de Christine Hanson. "Devil's dues" est une composition assez complexe, à la sonorité originale. Elle peut rappeler El Fish de l'époque "Wisteria". La puissance de feu revient pour "Home on the range". La slide crache son venin. Un boogie dramatique rappelant une nouvelle fois ZZ Top! "Time takes time" est une somptueuse ballade, proche de la country music! L'album s'achève par "Heart & Soul", une complainte jazz funk, marquée par les percussions. Un étrange album aux saveurs inattendues...

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

This time

Cette formation belge de blues nous vient d'Alost, en Flandre. Ses prémisses remontent au début des années 90, lorsque les frères Peter et Johan Bronder fondent le groupe the Blues Bronders. Rejoints deux ans plus tard par Karel Meganck, l'ensemble opte pour le patronyme Night Time Heroes. Auquel ils ont adjoint le qualificatif Blues Band l'an dernier. Sous son line up actuel, le groupe est composé de Karel Meganck au chant et à harmonica, de Peter Bronder à la guitare, de Stany Van Veer au piano et à l'orgue, de Jacky Verstraeten à la basse et de Luc Baetslé aux drums.

Si à la base, l'influence majeure du combo est manifestement le Chicago Blues, leur registre est aussi bien capable de flirter avec les rythmes texans que le West Coast feel. Le disque est d'un bon niveau musical. La prise de son est irréprochable. Le guitariste et le claviériste tirent régulièrement leur épingle du jeu. Ce premier album est sous-titré "Live at the Blauwe Wolk". Un des meilleurs clubs belges, situé à Zottegem. Mais surtout l'antre de ce sorcier du blues, monsieur Filip Moore.

Les héros de la nuit démontrent l'amplitude de leur registre tout au long des trois premières plages, dont une excellente reprise du célèbre "Messing with the kid" de Junior Wells. Une compo au cours de laquelle l'orgue bien jazzy de Stany est bien mis en évidence. Peter prend le relais à la guitare, dans le même style emprunté au jazz. Une excellente occasion pour permettre aux musiciens de prendre confiance. Ils entament le "Some day, some way" de Sugar Ray Norcia (NDR : une ancienne figure de proue de Roomful of Blues !), avec beaucoup d'assurance. Karel chante avec autorité. Peter se montre une nouvelle fois très à l'aise, très véloce, sur son manche. Même si le groupe n'a pas forcément le West Coast jump dans ses tripes, la reprise de "Red headed woman" du Hollywood Fats Band est encore un excellent choix. Karel tire facilement parti de ce rythme et Peter joue dans propre style. L'elpee recèle quelques compositions personnelles. "This time", tout d'abord. Un blues au rythme assez soutenu. Stany est passé au piano, pendant que chaque musicien prend son pied. "My turn to suffer" est un slow blues classique. Le phrasé de guitare est très proche de ceux de BB et de Freddie King, mais la sonorité demeure plutôt british blues. Quasi unplugged, "Mad about her blues" nous réserve un moment calme. L'harmo et surtout le piano de Stan passent au boogie avec beaucoup d'appétit. A l'instar de tant de formations avant eux, les Night Time Heroes sont bien entendu très influencés par le Chicago blues des fifties. Ils en reprennent quelques canons (NDR : peut-être un peu trop connus !), tels que "Rock me baby", "I'm ready" (très bien mené) et "Hoochie Coochie Man". Bon choix, le "Big legs" de Big Joe Maher permet au combo d'aborder le swing. Van Veer manifeste beacoup d'aisance au piano. Reste deux compos à souligner : "Long time ago", un très long blues, lent, de pure souche, interprété avec le maximum d'effet dramatique ; et puis la finale amusante, "Back to Belgium". A travers " This time ", The Night Time Heroes Blues Band vient de démontrer qu'il était devenu une solide formation belge de blues sur laquelle l'avenir pourra compter…

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

No end to the blues

James Nixon est né à Nashville, dans le Tennessee, en 1941. Ses parents étaient musiciens. Rien d'étonnant qu'il ait suivi le même chemin. Il a commencé par chanter le gospel à l'église, est devenu chanteur d'opéra dans les années 50, avant de fonder un groupe de rock'n'roll : King James & the Scepters. Et c'est en écoutant BB King qu'il a opté pour le blues. Lorsqu'il fonde NTS Limited, il recrute Billy Cox à la basse. Cox rejoindra plus tard le fameux Band of Gypsies de Jimi Hendrix. Ce qui permettra à James de partager occasionnellement la scène avec ces supers musiciens. Durant les 70s, Nixon devient guitariste. Ses débuts discographiques remontent à 1985. Un 45 tours produit par Charlie Daniels. Il commet ensuite deux albums de gospel : "Me, myself & the Lord" en 97, et "Stand up" en 99.

Pour enregistrer son premier album de blues, il a bénéficié du concours de la formation de Fred James ; et c'est bien entendu ce dernier qui en assure la production. Derechef, Billy Earheart est aux claviers et la légère Mary-Ann Brandon aux backing vocals. Nixon possède une bonne voix, forgée dans l'exercice du gospel. Une voix naturellement soul, veloutée, et assez haut perchée. La plage titulaire est une ballade soul, délicatement cuivrée. La six cordes se libère très facilement de ce style délicat, parfaitement ciselé. Ces ballades soul blues lui collent vraiment à la peau. "Trying to hold on" trempe dans ce même style léché. "Sundown blues" est un blues lent classique, mais efficace. "Baby right now" accélère le rythme. Toute la machine suit le tempo et la guitare peut s'emballer ; même si on a l'impression qu'elle en garde sous la pédale. Il chante le très roots "Sweet thing", en s'accompagnant de son dobro. Un instant chargé d'émotion auquel participe l'harmoniciste Shannon Williford. Le processus est semblable pour aborder "You're the one" et "I'm your handy man". "The best in town" fait furieusement penser à une composition de Jimmy Reed. Le rythme nonchalant permet aux guitares de se défouler. D'abord celle de Nixon, ensuite la slide de Fred James. Par les vertus du rerecording, c'est James qui répond à son propre chant. "Please come back to me" est un blues au tempo ralenti. La voix est quelque peu forcée. Le sax de Dennis Taylor répond au chanteur. La guitare enchante par sa retenue et son lyrisme. Le reste de l'album adopte la formule des ballades ‘soul’ pour lesquelles l'homme semble taillé.

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Soul deep

Lee McBee n'est pas texan, mais nous vient du Missouri. De Kansas City, très exactement. Il vit aujourd'hui à Lawrence, dans le Kansas. Au cours de sa jeunesse, il a beaucoup écouté les artistes de honky tonk. Tout d'abord Georges Jones, Patsy Clyne et Buck Owens. Et puis Sam Cooke, Al Green et Otis Redding. Il va donc finir par goûter au blues. Celui de Chicago et de la Louisiane, en particulier. L'harmonica, il le découvre en écoutant tout d'abord Paul Butterfield et puis surtout l'elpee "Turning point" de John Mayall. Georges Smith devient son idole. Avant qu'il ne tombe sous le charme de monstres sacrés, tels que Big Walter, Little Walter, Sonny Boy Williamson ou Junior Wells.

Pour ouvrir ce "Soul deep", les cuivres ouvrent le feu. Les saxes de Kaz Kazanoff et la trompette de Jimmy Shortell sont à l'unisson et le piano de Gene Taylor sautille pour célébrer l'arrivée du seigneur, du shouter blanc à la voix puissante : Mr Lee McBee. Ce "Ride with me" est impérial. Une compo de Long John Hunter, au cours de laquelle la section rythmique, constituée de Johnny Bradley à la basse et de Wes Starr à la batterie, et enrichie de diverses percussions, porte le tout. Les guitares des texans Jon Moeller et de Hash Brown respirent déjà à pleins poumons. Tout ce petit monde avait émerveillé le public du Spring Blues d'Ecaussinnes, l'année dernière. Lee a de la voix, du souffle, du cœur et puis une présence assez extraordinaire. Il possède l'art d'insuffler le feeling aux musiciens qui jouent à leur plus haut niveau. La section rythmique texane exerce une grande importance dans ce contexte. Starr et Bradley militent aujourd'hui au sein des Rockets d'Anson Funderburgh. Starr a déjà côtoyé Marcia Ball, Delbert McClinton et Asleep at the Wheel. Bradley, Mike Morgan & the Crawl! La reprise du "Just a feeling" de Little Walter est le moment choisi par Lee pour dégainer son harmonica. Soutenu par cette même section rythmique et le piano de Gene Taylor, qui élaborent cette plate-forme aux soudures parfaites, ce blues lent est joué de manière tout à fait remarquable. Le ton à l'harmo est naturellement puissant. Les deux guitares se fondent. Lee saisit son instrument chromatique pour attaquer "Twelve hours from you". Sur un rythme de rumba, à la manière de son idole, Georges Smith. Un rythme exotique que l'on retrouve également sur "It's your voodoo working". La plage titulaire est signée Clarence Carter. Une ballade R&B mélodieuse, agrémentée de chœurs féminins qui emprunte au style soul blue. La cover du "Country blues II" de Muddy Waters est une plage roots, inspirée du Delta blues. Un dialogue échangé entre la voix torturée de Lee et le piano, le dobro ou l'harmo. "Gonna find my baby" demeure discrètement le registre roots. La puissance atteint son maximum pour jouer "I don't understand". Le shuffle brûle tout sur son passage. Son souffle est ravageur. Il rappelle même parfois le saisissant Papa George Lightfoot. Les guitares de Jo et Hash impressionnent. J'adore le son paresseux, très swamp blues, de "Your turn to cry". On se croirait revenu à Baton Rouge, à l'époque de Guitar Slim ou d'Earl King. La finale, "Walk" est issu de la plume de Jimmy McCracklin. Elle met en évidence l'indiscutable talent de Kaz Kazanoff. Lee McBee est l'une des plus grandes voix du blues contemporain. Un superbe album.

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Bye bye baby

Robert est né à Aliceville en 1908 ; mais toute sa famille a rapidement émigré à Birmingham, en Alabama. Johnny et Willie Mc Coy, ses deux frères aînés, étaient pianistes. Ils fréquentaient régulièrement ‘Pinetop’ Smith et Cow Cow Davenport. Inévitablement, Robert apprendra également à jouer de l'instrument aux ivoires. Il va même le maîtriser avec un rare bonheur ; ce qui l'amènera à se produire régulièrement dans les ‘rent parties’, des soirées destinées à permettre au responsable de payer son loyer.

Dans les années 30, il enregistre en compagnie de différents musiciens, dont Guitar Slim. Une longue période de dépression s'annonçait, et McCoy allait abandonner le blues jusque dans les années 50. C'est à cette époque qu'il est repéré par Patrick Cather, le producteur d'un label obscur (Vulvac). Il y enregistrera deux 33 tours : "Barrelhouse blues" en 1962, et "Blues and boogie classics" l'année suivante. Robert n'est plus de ce monde depuis 1977. Delmark vient donc de prendre l'excellente initiative de nous faire connaître le blues d'un grand adepte du Barrelhouse piano, mais surtout d'un artiste injustement méconnu.

L'album s'ouvre d'ailleurs par "Bye bye baby", aux accents de piano bien ‘barrelhouse’. L'instrument remplit bien l'espace. Les mains de l'artiste s'embrasent. Robert chante d'une voix sereine, un tantinet chevrotante. Le tempo diminue. Il chante "Let's get together" et "Pratt City special", avec une sensibilité bouleversante, pour délivrer son message. Le désespoir dans la gorge, il reprend "Goin' down slow" de James B. Oden. Robert puise également dans le répertoire de grands pianistes. A l'instar de "Gone mother blues", "You got to reap what you sow" et "Love hides all faults" de Leroy Carr, "Jump steady blues" de Clarence "Pinetop" Smith, et "Rockin' with Red" de Piano Red. Sa voix écorchée vive sied à ravir aux blues lents et désespérés. Il le démontre tout au long de "Straight Alky blues", d' "All in all baby" et surtout du sublime "Louise Louise blues". Les sept dernières plages sont des bonus tracks immortalisés lors de différentes prestations. "Lonesome and blue" et "Mr Freddie blues" datent de la Noël 1958 ; et les 4 derniers titres, interprétés en duo avec le batteur Clarence Curry, ont été ajoutés à titre documentaire ; la prise de son étant un peu limite!

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Blues Berries

De son véritable nom George Miles, Buddy Miles est né en 1945. Il sait un peu tout faire : chanter, jouer de la batterie et parfois de la guitare. Il a côtoyé Otis Redding et Wilson Pickett avant de rencontrer le regretté guitariste, Mike Bloomfield. C'était en 1967. De cette entrevue est né l'Electric Flag, un des tous premiers bands de R&B rock. Lorsque Bloomfield quitte le navire, Miles en devient le leader. Il change alors le patronyme du groupe en Buddy Miles Express. Une aventure qui sera ponctuée d'un elpee, "Expressway to your skull", produit par Jimi Hendrix. En 1969, Miles rejoint Hendrix au sein du fameux Band of Gypsys. Après la mort de Jimi, Miles s'est encore illustré à travers de nombreuses nouvelles expériences ; et notamment comme chanteur de Santana, ou encore membre de Parliament-Funkadelic. L'artiste s'est ensuite longuement fait oublier, avant de revenir avec ce "Blues Berries". Un disque commis en 2000. A Austin, au Texas.

Pour enregistrer cet opus, Buddy s'est entouré de beau monde. Tout d'abord la section rythmique de Double Trouble. En l'occurrence Chris Layton aux drums et Tommy Shannoon à la basse. Rocky Athas, ensuite. Un guitariste texan qui fut jadis impliqué chez Black Oak Arkansas. Originaire de Dallas, il a également été un compagnon de classe de Stevie Ray Vaughan.

L'album débute par la reprise classique de "Tobacco road". La voix très caractéristique de Buddy est frappante. Une voix qui paraît tellement frêle, au vu de son important gabarit. "Compassion for the blues" est un blues lent, très lent, classique, comme Buddy en chantait déjà voici plus de trente ans. La voix est bourrée de feeling. La guitare prend tous les plans caractéristiques du genre. L'orgue Hammond de Mark Leach renforce le tableau sonore. "Life is what" est une plage funky, étonnement rapide, enfiévrée par sa guitare. Il en est de même pour "Bayou delate". Un fragment qui, inconsciemment, me fait penser à Sly & the Family. Stone. "Rock & roll" est une excellente composition autobiographique sur laquelle il raconte, d'un ton tellement présent et vécu, son exode du Nebraska à San Francisco ; ainsi que son apparition au Fillmore en compagnie de l'Electric Flag, à l'époque où il pouvait rock'n'roller le blues! La guitare peut bavarder à satiété sur le thème choisi. "Come on back" est une fort jolie ballade au potentiel commercial indéniable. Elle démontre, une nouvelle fois, l'extrême richesse de la voix de Mr Miles et son art à vocaliser. "Texas Cannonball" a été composé en hommage à un grand bluesman texan disparu : Mr Freddie King. On y décèle sans mal des thèmes jadis créés par Mr King. "Miss Sugar' fine" est une plage qui sent bon le parfum d'autrefois. La guitare est bien électrique, plus proche de la rock music que du blues. L'album se referme dans la quiétude de "Down at the Crossroads". Et pour être complet sachez que Jim Gaines en assure la production avec beaucoup de bonheur.