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Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Killer diller

A l'instar de Bonnie Lee, Zora Young, Big Time Sarah et Karen Carroll, Miss Johnson est une de ces nombreuses ambassadrices du Chicago Blues de la dernière génération (NDR : encore qu'elle écume la scène des clubs de la Cité des Vents, depuis quelques années). Shirley est née en 1949. En Virginie. Au cours de sa tendre jeunesse elle y chante le gospel. A l'église. Elle ne découvrira le blues et la soul music que bien plus tard. En 1983, elle se fixe à Chicago. Pour y chanter le blues. En compagnie de Buster Benton, Artie "Blues Boy" White et même Professor Longhair. Elle est devenue, depuis, l'une des attractions du club Blue Chicago.

L'enregistrement de cet album a été découpé en plusieurs sessions. Elles datent pour la plupart de 2000 et de 2001. Pour la circonstance, elle est parvenue à s'entourer de musiciens réputés, dont cinq différents guitaristes ainsi que les claviéristes Roosevelt Purifoy et Allen Batts.

L'album s'ouvre par "Not for the love of you", une ballade soutenue, très cuivrée. Mais ce qui frappe instantanément, c'est sa voix grave, profonde, caractérisée indéniablement par ce soupçon de vécu. Au passage, on reconnaît les sonorités frêles des cordes de Maurice John Vaughan. Une fragilité qui persiste tout au long de la plage maître, nonobstant le solo du blanc Rockin' Jimmy concédé devant le redoutable Johnny B. Moore et les claviers d'Allan Batts. "You turn to cry" est une nouvelle ballade mélodique. Ecrite par Twist Turner, elle permet à Robert Ward de révéler son talent à la guitare : sa maîtrise, sa technique et son feeling contenu. Il reprend magistralement le célèbre "Somebody have mercy" de Sam Cooke, un morceau qui met en exergue un bijou de solo blues accordé par John Primer. Cet excellent opus nous réserve encore d'autres bons moments. Et je pense tout particulièrement à la reprise somptueuse du célèbre "As the years go passing by", fruit d'une session antérieure (NDR : millésimée février 1996 !), conduite par les cordes de Johnny B. Moore, au chatoyant Chicago shuffle "Hard lovin' mama", ainsi qu'à "The blues is all I've got"…

 

mercredi, 14 septembre 2011 02:00

Greyhound

Ce jeune chanteur/guitariste a passé sa jeunesse à St Louis, dans le Missouri. Il aime la musique, et décide de se mettre à la guitare, choix opéré après avoir entendu un disque de Van Halen. Dans un style mêlant rock, pop et les racines de la musique américaine, il accomplit ses premiers pas sur la scène musicale, à 19 ans. Et il se révèle rapidement prolifique. Mais la vie sur la route est difficile et parsemée de galères pour un Mike rongé par l'alcool et les drogues. Walter Trout parvient à le remettre sur le bon chemin. Zito s’établit au Texas, avec sa nouvelle famille.

En 2007, il signe sur la branche rock, Eclecto Groove, du label blues Delta Groove. Il y publie l'album "Today", l'année suivante. Un disque suivi par "Pearl river", gravé en 2009, pour lequel il reçoit le concours de Cyril Neville et d’Anders Osborne. Le titre maître de ce long playing lui permet de décrocher un award de "Song of the year", en 2010. Début 2011, il immortalise, sous son nom, "Live from the Top", un elpee enregistré en public. Il y bénéficie de la participation, notamment, Nick Moss, Teresa James, Curtis Salgado et Ana Popovic.

Pour concocter ce troisième chapitre, il a de nouveau reçu un coup de main d'Anders Osborne. Non seulement, ce dernier assure la production, mais il collabore à l’instrumentation. Les onze nouvelles compo de Zito sont très introspectives. Le thème principal de ses chansons ? Ses multiples périples accomplis dans le bus Greyhound. Mike est épaulé par sa section rythmique, Carl Dufrene à la basse et Brady Blade à la batterie. Anders se réserve les parties vocales et gratte épisodiquement ses cordes. 

Zito possède une voix très caractéristique. Puissante, éclatante, elle alimente des atmosphères tragiques. Les accords rythmiques entrent en effervescence électrique dès l'ouverture "Roll on". Un excellent rock largement teinté de blues. Autoritaire, la voix maîtrise cette plage de toute bonne facture. La slide prend le large tout en adressant un clin d'œil au blues du delta, propice aux tonalités fort métalliques. Le titre maître est imprimé sur un tempo plus vivace. Son Greyhound propulse toute l’équipe sur les routes de l’Amérique profonde. Une plage filmique colorée par la slide. Tous les éléments s'enchaînent et se déchaînent ; et pourtant, la tempête sonore est bien gérée. Zito ne s’accorde guère de répit. Une atmosphère lourde envahit le "Judgement day". Les guitares libèrent des accents durs et métalliques, comme un Calvin Russell au sommet de son art. Répétitif, "Show me the way" se révèle, in fine, un tantinet agaçant. "The hard way" replonge dans le blues, une piste impitoyable qui arrache tout sur son passage. "Motel blues" permet de reprendre son souffle, en cours de route. Un blues acoustique plus cool, au cours duquel la voix s’impose. Les interventions de bottleneck sont primaires, mais sereines. On décèle très bien la présence d'Osborne. "Stay" est une magnifique ballade au cours de laquelle la voix implore et les cordes donnent la réplique, dans un climat menaçant et sinistre. Véritable perle de blues rock trempée dans le delta, "Hello midnight" est une plage chaleureuse. Sur-amplifiée, la guitare en impose, mais les effets produits sont bien torchés. "The southern side" baigne dans la même solution, mais dans un style plus americana, proche du Band (NDR : autrefois, le backing group de Bob Dylan). Excellent, cet opus s’achève par "Please please please", un cri d'amour qui libère une fameuse de sensibilité et de souffrance, à peine contenue.

mercredi, 14 septembre 2011 02:00

Almighty Dollar

Rod Piazza est un pionnier du blues, l'un des premiers harmonicistes blancs qui soit parvenu à creuser son trou dans cet univers, pendant les années 60, aux côtés de Paul Butterfield, Charlie Musselwhite et Alan Wilson. Il a milité successivement au sein du Dirty Blues Band, de Bacon Fat et en solo. Ses Mighty Flyers, il les a fondés, il y a déjà trente ans. Au fil du temps, ces ‘aviateurs puissants’ sont devenus ‘tout puissants’ ; et aujourd’hui prétendent que le dollar est ‘tout puissant’. Ce qui reste encore à prouver. 

"Almighty Dollar" constitue déjà le quatrième elpee commis pour le label californien, depuis 2005. Rod est toujours soutenu par sa tendre épouse Honey Alexander aux claviers, le fidèle Henry Carvajal à la gratte et Dave Kida aux percussions. Pour enregistrer cet opus, le patron de Delta Groove, Randy Chortkoff, a fait appel a quelques invités.

Le disque démarre en force par le "Move out baby" de Jimmy Liggins. Du west coast jump pur et dur. Miss Honey est déjà bien échauffée derrière ses ivoires. Comme d’hab. Rod est brillant. Il a une pêche d'enfer sur son harmonica. Rod est entouré de voix féminines lors du blues gospel "What makes you so tough", une compo indolente. Et lorsqu'il prend son billet de sortie à l'harmo, c’est pour échanger un dialogue avec le sax ténor de Johnny Viau. "Blue shadows" marque un nouveau changement de style. La musique est bercée par les rythmes syncopés de la Nouvelle Orléans. Redoutable et talentueux à la six cordes, Rusty Zinn met la gomme. Il impressionne la galerie. Freddie King avait autrefois traduit "Ain't nobody's business" en classique. Excellente, la nouvelle version ne manque pas de subtilité. Honey siège derrière le piano et Hank Van Sickel se réserve la basse acoustique. Piazza sort son instrument diatonique de sa poche pour attaquer "That's it", un instrumental signé Little Walter. Il y brille de mille feux. On se croirait revenu au cœur des fifties, lorsque Walter était entouré de ses Aces au sein des studios chicagolais de Chess. Le coup de griffe d'un génie de cet instrument. Les Flyers déménagent toujours autant lors d’un remuant "Baby don't go", Zinn se chargeant à nouveau des cordes. Elles jumpent de ravissement! J'adore Rod quand il souffle dans son harmo chromatique. Sa performance est de très haut niveau! En route vers le Chicago Southside, lors d’une adaptation magique du "Loving man" de Muddy Waters, une compo à nouveau hantée par le fantôme de Little Walter. Ami d'enfance de Muddy, Johnny Dyer est aux vocaux. Tout comme sur "Confessin' the blues", une autre piste issue de la plume du même Walter. Rien désormais ne peut plus les arrêter. Ils attaquent la plage éponyme ; et pour la circonstance, c’est Carjaval qui se déchaîne. Un Carjaval qui interprète, d’un timbre empreint de nostalgie, "We belong together", une bien jolie ballade au parfum 50’s. Cet album d’excellente facture, s’achève par "Con-vo-looted", un instrumental de toute beauté signé Piazza. 

 

mardi, 31 décembre 2002 11:27

Downhome sophisticate

Corey Harris est déjà devenu une référence alors qu'il est à peine âgé de trente ans. Originaire de Denver, dans le Colorado, ce bluesman est respecté par tous ses pairs. Ce musicien de la rue avait effectué ses débuts sur "Between midnight and day" en 1995. Il était alors hanté par les fantômes de Robert Johnson, de Lightnin' Hopkins et de Howlin' Wolf. L'album "Fish ain't bitin" est paru en 97, suivi deux ans plus tard par "Greens from the garden". Il commet en 2000 "Vu-du Menz", un elpee enregistré en duo avec le pianiste Henry Butler. Corey Harris a produit ce nouvel opus en compagnie de Jamal Millner. Le travail est soigné, le son absolument superbe. Passé les quelques effets sonores, la voix puissante émerge d'un environnement à la richesse très dense. Voix et instruments se mêlent. Composée de Vic Brown ou de Houston Ross à la basse et de Johnny Gilmore à la batterie, la section rythmique pousse les deux chanteurs guitaristes, Harris et Millner, au sein d'un univers sonore agrémenté de cuivres et d'orgue.

"Money on my mind" évolue dans le delta blues électrique et contemporain. Un héritage trafiqué en un cocktail détonant, au cours duquel les surprises fusent de partout. La voix de Harris est très puissante. Elle domine sans forcer son entourage ; et il en faut pourtant de la force pour le dominer ; car l'accompagnement est résolument électrique. A l'instar de "Don't let the devil ride" et du traditionnel "Keep your lamp trimmed and burning", infectés par cette slide saturée. Son comparse, Millner, incarne peut-être l'élément modérateur. Son "Capitaine" est ainsi une douce ballade instrumentale pour deux guitares acoustiques. Millner chante aussi, mais d'une voix beaucoup moins agressive et marquante. Le retour de Harris coïncide avec la mise à feu de "Fire" ( !?!?), une messe incantatoire, décapante, au cours de laquelle les cordes flirtent avec ivresse vers des sommets déjantés. "bb" est un joyeux instrumental. Talonnées par le piano du grand Henry Butler, les guitares explosent dans la joie. Chantée partiellement en français, "Sister Rose" baigne au sein d'une musique créole, exotique, toute droite sortie des Caraïbes. Nous restons au cœur de cette atmosphère des îles, très latine, pour aborder "Black Maria". Sans aucun doute le sommet de l'album pour sa richesse et sa beauté mélodique. Un état de grâce qui se prolonge tout au long de l'atmosphérique "Chinook".

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Hydraulic groove

Rick Holmstrom est né en 1965. A Fairbanks, dans l'Alaska. A 20 ans, il émigre du côté de Los Angeles. Et se met à écouter Smokey Wilson et Junior Watson. De 85 à 88, il tourne en compagnie de William Clarke. Puis de Johnny Dyer. Avec lequel il enregistre les albums "Listen up!" en 94 et "Shake it!" en 95. Il remplace ensuite le guitariste Alex Schultz, chez les Mighty Flyers. Ce qui ne l'empêche pas d'enregistrer son album solo. Intitulé "Look out!", il paraît chez Black Top en 96.

"Hydraulic groove" est un album très surprenant. Surtout lorsqu'on sait qu'il a été concocté par le guitariste des Mighty Flyers. A cause du recours à la technologie moderne, et en particulier à l'électronique et aux samples. Dès la plage d'ouverture, "These roads", on est d'ailleurs immédiatement mis au parfum. Il faut croire que le dénommé Genome (?) y est pour quelque chose, et même pour beaucoup. Pas parce qu'il assure les parties d'orgue, mais parce qu'il est responsable de la production. Très soignée cependant, il faut le reconnaître. Instrumental balisé par un riff exotique, "Bobo the Hobo" adopte un format reggae. La guitare magique de Rick est épaulée par les drums de Steve Mugalian et la basse de Jeff Turmes, pendant que l'orgue de Genome densifie l'univers sonore de cette plage. "Last to know" adopte une profil plus classique. Le chant de Rick est bien en place. Les percussions de Mugalian sont placées tout en avant de la toile sonore. La prise de son est signée Rob Schnapf, personnage qui a notamment bossé pour Beck, les Foo Fighters ou encore R.L Burnside. Eclatante, la guitare de Holmstrom affiche toujours ce côté vintage omniprésent. La pilule est plus difficile à avaler chez "Pee Wee's nightmare". Un cauchemar instrumental enregistré dans le garage de Mugalian. Exécuté par Turmes, mixé par Schnapf et produit par Genome, il souffre du trafic intense d'une guitare démesurée. Et ils remettent le couvert sur "Shake it". Le fragment démarre par un sample de la voix de Rufus Thomas, piqué lors d'une remise des WC Handy Awards ; et pourtant, croyez-moi, la guitare est de qualité! Rick chante le latino "My Maria", un morceau à la fois séduisant mais encore bien trafiqué. Toujours placées devant les autres instruments, les percussions de Mugalian accueillent "Back it up" dans un ballet de cuivres orchestrés par Jeff Turmes et Ronald Dziubla. La sonorité devient sourde pour introduire les nouveaux gadgets électroniques qui envahissent "Gravy". Cette compo aurait dû être un des sommets de l'album. Ce n'est pas le cas ! Dommage, car la guitare décolle progressivement vers des sommets. "Tell me" est une bonne composition agressive. La guitare est lacérée, hypertendue à l'excès. Le tracklisting de l'album se termine par l'excellent "I'm gone". Un shuffle qui semble sorti tout droit des 50s. Il aurait d'ailleurs pu garnir n'importe quel juke-box de l'époque, s'il n'y avait quelques artifices-maison et une panoplie de gadgets électroniques. Mais ce Cd nous réserve encore des surprises. Car il cache encore quelques bonus tracks. D'une durée de vingt bonnes minutes, s'il vous plait. L'orgue jazz de John Medeski improvise sur une base franchement funky tout au long de "Roll tape", ne cédant le relais qu'au sax très free de Ronald Dziubla. C'est le moment choisi pour relancer le "Shake it Part 2" afin d'abandonner le DJ Logix à son travail de remix. Pourquoi pas? "Knock yourself out" est un autre remix signé Genome. Et pour clôturer le tout, l'elpee s'achève par un fragment de 8 minutes intitulé "Hamp's hump". Honnêtmeent je préférais l'album précédent de Rick Holstrom. Sculpté dans le blues du futur, il est un peu trop expérimental à mon goût. Je vous conseille d'ailleurs de l'écouter avant de l'acheter…

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Red line

Né à Houston, dans le Texas, Jay est à peine âgé de trente ans. Avant d'entamer sa carrière solo, il a beaucoup tourné dans le backing band de la chanteuse Lavelle White. Son aventure en solitaire a commencé en 1997. Il commet alors l'album "Hooked up", chez Sunburst. Ce qui va attirer l'attention du label hollandais Maskot, pour lequel il sort alors en 2000, l'elpee "Jay Hooks". Pour enregistrer ce nouvel opus, il s'est entouré d'une section rythmique composée de la bassiste Maria Delprete et du batteur Jerry Gaskill. Il a, en outre, reçu le concours de Hadden Sayers à la production. Sur l'elpee précédent, nous avions déjà pu détecter l'influence majeure exercée par Jimi Hendrix. Elle se confirme sur "Red line". Jay joue sur une Gibson de couleur rouge, coloris reproduit sur la pochette de ce CD. On navigue ici au sein d'un rock blues d'une grande pureté ; et la formule du trio est idéale pour la pratique de ce style musical.

Jay entre dans le vif du sujet par "Burnin' up". Un rock shuffle solide. La guitare est saturée d'électricité. L'esprit hendrixien envahit "Last stand". Le travail est bien fait, comme à la belle époque de l'Experience. Mais il ne se limite pas à de la pure copie. Le ton est bluesy. La guitare en pyrotechnie contrôlée. Une plage qui devrait plaire aux fans du blues électrique! Partagé entre la voix sauvage à la Johnny Winter, les riffs lourds des guitares circa Z.Z Top et l'attaque toute en puissance d'un Leslie West à son meilleur niveau (NDR : pensez à "Mississippi queen"), "Once around the moon" libère un rockin' blues à la texane. Lancé à vive allure, "Cold natured thang" campe un boogie métallique. La slide qui remplit l'espace sonore me rappelle une nouvelle fois Winter. "Strong love" consume en son cœur un Memphis blues à la Albert King ; et lorsque la guitare se libère, elle assimile King à la manière d'Hendrix ou de Stevie Ray Vaughan. "Wicked wayward son" est un intermède roots acoustique. La machine repart de plus belle avec "Across the pond". Un morceau très Z.Z Top. A l'instar de "Lowlands". Un boogie mené comme le bon ZZ des années 70. En fin d'album, Hooks se rappelle son maître Hendrix, en sortant son blues lent chargé d'électrons? "Half hell & half voodoo" ressemble furieusement au "Red House blues" du maître. Et la reprise de "Freedom" d'Hendrix achève l'opus. Excellent dans le genre!

 

Tout comme son frère yankee Delmark, le sous-label United immortalise régulièrement des témoignages du temps passé. Robert Anderson, les Staple Singers et les Caravans, avaient déjà eu le privilège de cette consécration. Moins connus, ces quatre autres exemples remontent au début des années 50. Soucieux d'améliorer leur qualité d'existence et surtout de trouver du travail, un grand nombre d'afro-américains quittèrent les Etats du Sud pour se rendre dans les villes bordant la région des grands lacs : Chicago, Detroit et Cleveland. Avec pour conséquence indirecte, une multiplication des quartets. En 1951 Leonard Allen fonde United, un label qui va tenir la route jusqu'en 57 ; s'illustrant par la sortie de merveilleuses sessions de jazz, de blues, de gospel et de R&B. Celles consacrées au gospel commencèrent en 52.

L'album s'ouvre sur quatre plages interprétées par les Joiner's Five Trumpets, un groupe formé au début des années 40. A Gary, dans l'Indiana. Les voix sont superbes. Elles se manifestent a capella à travers toutes les tonalités, atteignant le sommet de leur art sur les merveilleux "The changing world" et "Freedom after awhile".

Les Chicagolais Southern Tornadoes on transité, pour la plupart, chez les Veteran Singers. Pas moins de huit gospels leur sont consacrés. Ils chantent, le plus souvent, suivant un mode traditionnel ; ou plus exactement sous une forme questions/réponses. A l'instar de "Toll the bell easy", "How about you" ou encore "Precious memories". "When they ring the golden bells" et "Satisfied" bénéficient de la présence d'une guitare. Le chanteur soliste possède un timbre fort proche d'Elvis Presley (NDR : le King a aussi chanté le gospel, quelques années plus tard).

Les Veterans se sont formés sous la houlette du Reverend Glover, juste avant que n'éclate la 2ème guerre mondiale. Six plages, ma foi fort classiques, leur sont réservées. Dont le très bluesy "Glory to his name" et "How much more", parcouru par un piano délicieux. Tout au long de "He'll never let go" et du titre maître de l'opus, les voix sont véritablement remarquables.

Les Spiritualaires clôturent le recueil. Commis lors d'un radioshow accordé en Caroline du Sud, leurs sept plages sont bien dans la continuité des trois autres. Consacré à la musique gospel, cet album bien agréable épingle 25 plages, dont 17 plages inédites...

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Back in love again

Miss Mandeville Greeson est une chanteuse blanche de blues. Une Chicagolaise d'adoption qui compte déjà plus de vingt ans de route à son compteur ; et dont la voix langoureuse est capable de s'étaler langoureusement sur pas moins de quatre octaves. Elle a également une plume facile. Pas pour rien qu'elle a écrit l'intégralité des chansons de cet album. Liz s’est déjà produite chez nous. Lors d'un set dont le charisme naturel nous avait éblouis.

Son 1er album "Look at me" était sorti en 96. Il a été suivi par "Ready to cheat" en 99. Elle a aussi participé à la collection " Red Hot Mamas", parue en 97, sur le label Blue Chicago. En compagnie du George Baze Blues Band. Elle remet donc le couvert pour ce troisième album. Un disque plus personnel, plus introspectif, plus relax, mais très réussi.

Sa voix se fond naturellement au cœur d'un tapis sonore élaboré par ses nombreux musiciens et invités. Elle a composé des superbes ballades, qui adoptent un profil assez Memphis Soul. Elle les chante remarquablement. A l'instar de l'ouverture, "Soul tender", abordée par Liz à la guitare acoustique. La voix, une force innée, disserte avec passion et bonheur. Un solo de honky sax accordé par Sonny Seals brûle tout au long de "The night thing". "All my love" s'étend paresseusement sur des parties instrumentales de classe concédées par le piano de Phil Baron et les cuivres des Chicago Fire Horns. Le timbre vocal de Liz se fait voluptueux sur le doux "All alone". Le réputé harmoniciste Billy Branch collabore sur trois titres avec brio. Lorsque Liz élève la voix, elle me rappelle la grande Janis Joplin. C'est évident sur le blues assez classique "Juicehead man", et sur le merveilleux et plus rythmé "Back in love again". Les guitares crépitent de joie, surtout celle de Mike Gibb. Billy est toujours présent pour le real blues, "Johnny and me". Un fragment aux accents plus roots, au cours duquel on retrouve Allen Batts au piano. "Broken hearted fool" est un tout bon blues lent enrichi par le piano de Batts, les cordes de Mark Wydra et les chœurs émouvants. Une telle richesse vocale illumine des plages franchement gospel, telles que "Face the music" ainsi que la finale "Shine clear with joy", caractérisée par un échange de voix a capella. Excellent !

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

In the house

Roy Gaines avait commis, il y a peu, "New Frontier lover". Un superbe album paru sur le label Severn, au cours duquel il se révélait comme un brillant successeur de T-Bone Walker. Roy a été élevé à Houston, au Texas. Ce qui explique, sans doute, sa vénération pour T-Bone. A l'instar de ce dernier, il a aussi émigré vers la Côte Ouest, du côté de Los Angeles. Il est ici entouré de sa formation californienne.

"Standing up for women's rights" s'ouvre par un riff de guitare que n'aurait pas renié un artiste rock. Il y milite pour les droits de la femme, à travers un R&B puissant, appuyé par la ligne de cuivres composée, il est vrai, de fameux musiciens : George Pandis à la trompette, Troy Jennings au sax baryton et le plus que célèbre Johnny Viau au sax ténor. Cette assise est parfaite et idéale pour libérer les cordes inspirées de Gaines. Roy est aussi doué d'une voix puissante, forgée dans la lignée des shouters du blues. Elle est très inspirée sur le rythmé "Wolfman", au cours duquel sa guitare au son métallique, soutenue par le travail au piano de Neil Wauchope, ne demande qu'à s'évader. Gaines a la réputation d'être un parfait showman. Une bête de scène. Il n'hésite pas à utiliser tout un arsenal de "pyrotechnies", et de se servir de son manche à gratter dans toutes les positions. Parfois empruntée au style cher à Carlos Santana, la partie de guitare sur "Hind ends and elbows" est divine. Troy Jennings y prend son ticket au baryton. Introduit par la trompette de Pandis, "I got my thang on you" laisse ici le champ libre à la guitare, dont les cordes sont parcourues à la manière de T-Bone. Un blues au tempo semi-lent et au feeling jazz. Une longue plage rondement menée au cours de laquelle chaque musicien est mis en exergue. Et c'est ici qu'on se rend compte que le pianiste et les saxophonistes sont habitués de jouer ensemble (NDR : écoutez-les sur des albums de Jimmy Morello, de Kris Wiley, de Richard Boals ou de Candye Kane). J'adore la tonalité de la voix de Roy sur le blues coloré "Lucille works for me". Les cuivres y sont intenables et le travail en dentelles, exercé par la guitare, sur la trame de base de T-Bone, est remarquable. Faut dire que le gratteur est génial ! Imprimé sur un rythme enlevé, "Too many men" est une autre composition maison. Roy éclabousse une nouvelle fois le public par son incontestable talent. Le travail accompli au piano par Neil Wauchope sur "Rag blues" baigne dans le swing jazz. Les cuivres nous y font vibrer comme à la meilleure époque du ragtime et du dixieland façon New Orleans. "Petrol for your tank" marque le retour au R&B façon Stax. Les musiciens sont décidément à l'aise sur tous les terrains! "W.C Handy sang the blues" campe un tout bon blues imprimé sur un tempo modéré. Introduit par un riff que n'auraient pas renié les Rolling Stones, " Southern women " renoue avec le bonheur de goûter à l'immersion d'une guitare au cœur des cuivres. Un excellent album qui s'achève dans la douceur veloutée qui berce la Crescent City : "New Orleans". Nous quittons alors ce festival de blues qui s'est déroulé à Lucerne ce 9 novembre 1991, le cœur léger, heureux d'avoir pu goûter à ces exercices de style aussi remarquables…

 

mardi, 31 décembre 2002 01:00

Live at the Blue Note NY

Né au Brésil, à Rio de Janeiro très exactement, Big Gilson es âgé de 43 ans. Il a drivé le groupe local Big Allanbik, responsable de 4 albums au cours de son existence. " Live at the Blue note NY " constitue son 3ème opus solo. Il fait suite à "Yellow mojo blues", commis en compagnie d'Alan Ghreen" et "Car driver blues", déjà paru chez Topcat. Ce petit dernier a été enregistré live, en février 2000, dans le plus grand club de jazz au monde : le Blue Note de New York.

Big Gilson a toujours été inspiré par Johnny Winter et d'une manière plus générale par le Texas blues. Il est ici entouré par les Solid Senders. Marty Bauman est à la guitare, Steve Shaw à la basse et Bob Berberich aux drums. Ils sont épaulés par l'harmoniciste de Washington DC, Bruce Ewan.

L'elpee s'ouvre par "Tribute to Roy Buchanan". Un hommage appuyé au formidable guitariste disparu. Toujours pas repu, il reprend également "Messiah will come again" du même Buchanan. Un blues très lent et d'excellente facture. La présence de l'harmoniciste Bruce Ewan est un plus pour les Solid Senders. C'est en outre une collaboration cinq étoiles sur "Cab driver blues", même s'il faut oublier la voix passablement faible de Gilson. Heureusement, la slide de ce dernier fait facilement passer cette carence. La bonne impression laissée par Ewan subsiste sur "Ghreen's boogie", un boogie très participatif au cours duquel il se révèle percutant, doué d'un phrasé clair, habile dans les tons jazz. C'est avec un certain soulagement que Big G cède le relais vocal à son ami Bruce qui entame aussitôt deux compositions de Little Walter : "Blue and lonesome" et "I got to go". En harmonie complète avec la slide gouailleuse, la première est majestueuse. Elle est jouée sur l'instrument chromatique, avec beaucoup de passion et de feeling. Ewan accelère à fond sur l'harmo diatonique pour amorcer le second. L'intervention de Gilson sur cette plage est tout à fait brillante. Ewan est à nouveau mis en évidence sur "Judgment day" de Snooky Pryor". Une redoutable version, dont il respecte le style. Pour aborder "Shake your moneymaker", le célèbre tube d'Elmore James, les Senders bénéficient de la participation d'un autre guitariste : le très doué Bobby Radcliff. Pourtant, on ne l'entend plus guère depuis quelques années. Elève de Magic Sam Bobby, ce musicien de Washington compte quatre albums sur le label Black Top, à son actif. Mais son dernier, "Live at the Rynborn", date déjà de cinq ans ! Son intervention est nerveuse et sans bottleneck, Big Gilson se réservant la slide. La dernière plage est encore une cover d'Elmore J : "Drivin' wheel". Rampe de lancement idéale pour le décollage final de ce guitariste brésilien doué, elle s'étend ici sur plus de neuf minutes. L'opus recèle également "Hey doc", un blues original, très enlevé, marqué par les éclats d'Ewan à l'harmo. Un musicien à suivre, c'est une certitude...