La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de…

logo_musiczine

Le parfum de vie de Goudi

Pierre Goudesone, alias Goudi, trace son chemin musical depuis la fin des années 80. Après s’être fait connaître en compagnie des groupes Flesh & Fell et Speaking T, il poursuit aujourd’hui une carrière solo. Son univers musical riche et profond l’a conduit à…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Grégory Escouflaire

Grégory Escouflaire

vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Shock City Maverick

Depuis la dissolution d’Antipop Consortium, Beans n’a pas vraiment chômé : en l’espace d’un an et demi il a sorti un EP et un album, tous deux d’une qualité irréprochable. Et « Shock City Maverick » ne déroge pas à cette règle : mix névrotique d’électronica rachitique et de rap à l’ancienne, ce nouvel album tape à nouveau dans le mille. La cible : le futur, toujours, parce que Beans reste quoi qu’il arrive tout devant… « MC don’t like my style / Cos they can’t do better », et il est vrai qu’on reste impressionné par ce phrasé despotique, cette incroyable faculté à superposer beats old school et bleeps avant-gardistes, ce style à nul autre pareil qui donne à Beans tout son mordant… Et surtout plusieurs longueurs d’avance sur le temps (pas le sien, le nôtre, et celui de ses concurrents). Il s’agit peut-être bien du hip hop de demain, en tout cas c’est un choc. Un de plus ! S’il continue ainsi, Beans devra bientôt ralentir la cadence… N’empêche qu’à la ligne d’arrivée, on sera présent pour le féliciter : ‘Mon vieux t’es trop fort, et ta musique elle tue ! ! !’.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

To The 5 Boroughs

Le sixième album des Beastie Boys est une réussite parce qu’il n’est pas à la mode. Timbaland, les Neptunes, Outkast, Kanye West, Madlib ne sont pas crédités : en lieu et place, Public Enemy, LL Cool J et Sugarhill Gang ont été samplés. Pas de breakbeats dévastateurs ni de fumeuses tentatives de prendre le train gangsta en marche : ici le hip hop est millésimé eighties, 100% old school, plein de scratches (aaah, Mixmaster Mike !) et de beats ciselés à la Mantronix. Rien que pour cette raison, les Beastie Boys pourraient être taxés de puristes, voire de révisionnistes : en quinze titres râblés et vindicatifs, ils parviennent pourtant à nous faire regretter cette époque où le rap US n’était pas encore une affaire de braqueurs. Véritable ode au New York ravagé par le 11 Septembre, « To The 5 Boroughs » s’écoute avec le sentiment qu’il restera toujours quelques B-Boys pour sauver le hip hop du terrorisme marketing. Si vous aimez le rap et son âge d’or, « To The 5 Boroughs » est un must. C’est dans les vieilles casseroles qu’on fait les meilleures soupes : celle-ci est délicieuse et sans agents conservateurs. Chez les Beastie Boys on n’est jamais repu : 18 ans de carrière, et aucune faute de goût.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

The Unsustainable Lifestyle

A l’heure actuelle, il s’agit sans aucun doute du disque le moins détraqué de tout le catalogue Dischord : Beauty Pill n’a de fait rien à voir avec l’emocore de Fugazi ou le punk débridé de Q and Not U. Il s’agirait plutôt d’indie rock à la Mudhoney, voire de pop mal réveillée, surprise au saut du lit, souffrant une grosse migraine. Et puis il y a ces deux filles, l’une qui chante comme sous anxiolytiques, l’autre qui de sa basse imprime un rythme pesant à toutes les mélodies. Des mélodies qui ont bien de la peine à s’imposer, malgré l’insistance des guitares (grunge ?) et l’emphase des claviers (piano/synthé)… C’est fatigant à force, alors qu’en insufflant un davantage de pêche, Beauty Pill auraient pu nous convaincre. A défaut, on les rebaptisera Sleepy Pill, en espérant que la nuit, pour leur prochain album, leur portera conseil.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Free The Bees

« Sunshine Hit Me », paru il y a deux ans, ne laissait pas augurer le virage à 180° qu’allaient négocier Paul Butler et Aaron Fletcher pour ce deuxième disque. Parce qu’on parle bien ici de transfiguration : d’honnêtes pourfendeurs d’une pop bricolo pas géniale, les deux Anglais de l’île de Wight se sont changés en incroyables recycleurs sixties… Tel qu’on croirait presque que « Free The Bees » date de l’époque de « Sergent Pepper » (les harmonies vocales) et du « Fifth Dimension » des Byrds ! Epaulés par quatre joyeux drilles qui font qu’aujourd’hui The Bees est un vrai groupe, Butler et Fletcher se sont ainsi laissés aller à leurs rêves les plus fous : nous faire croire qu’en 2004 rien n’a changé depuis perpète, et que Pink Floyd, les Small Faces et les Impressions existent toujours. Il n’y a rien à jeter sur ce disque, pour autant qu’on aime regarder dans le rétroviseur de nos vieilles passions musicales… The Bees, c’est ça : un super groupe de 1965 qui sort son deuxième disque en 2004. Rétro, vous avez dit rétro ? Oui, mais de quelle belle manière ! « Free The Bees » est un grand disque, même s’il s’écoute à l’imparfait.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Books

Belle and Sebastian brille par sa constance : à chacun de ses albums c’est (presque) le bonheur… Et c’est pareil pour les maxis. Cette fois c’est « Wrapped Up In Books », tiré de « Dear Catastrophe Waitress » : une ritournelle pop comme on les aime, produite pourtant par l’infâme Trevor Horn. L’inédit ? « Your Cover’s Blown », qui comme d’habitude vaut son pesant de faces B (deux versions existent, longue ou courte). Belle and Sebastian, on aime : ce n’est plus un secret. Vivement qu’ils nous sortent une compile de tous ces chouettes morceaux relégués en seconde division, car ils valent mieux que ça.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Pas de bras, pas de chocolat

Les deux premiers albums de Bertrand Betsch ne brillaient pas par leur optimisme : on y entendait un type marmonner des textes acides, l’air seul dans sa merde, incapable de se tourner vers les autres, trop peureux sans doute. Heureusement, aujourd’hui c’est fini : Bertrand Betsch n’est plus cet homme fielleux et revanchard… Quoique. Il est toujours question ici de souffrances quotidiennes, de rancœurs inavouables, de petits tracas qui donnent ce sel à la vie… Mais cette fois la douleur et l’effroi se voient enrobés d’arrangements bon enfant ou plus subtils, du reggae-tango de « Temps Beau » au jazz vaporeux des « Petits Mammifères ». « La tempête est passée, le vent est retombé » (« L’Ancienne Peau ») : Bertrand Betsch se débarrasse enfin de sa peau de petit songwriter malade et minimaliste pour devenir un grand chanteur-compositeur (« Des Gens Attendent », « Tournicotons », « Les Passe-Temps », entre Tiersen, Fersen et Souchon). Quand on touche le fond, suffit d’un coup de pied pour remonter à la surface : c’est ce que fait Bertrand Betsch sur cet album, qui de moins en moins souffre d’être sans cesse comparé à Dominique A. Il prend la tangente, et botte en touche. Drôle, touchant, féroce, mais pas suffisant. L’important c’est d’y croire.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Yoko

Yoko, comme Ono : heureusement, rien ici d’expérimental, voire de franchement casse-couilles. Juste de la pop bien foutue, interprétée avec style et vigueur, sans tourner autour du pot. Un gage de qualité en quelque sorte, puisque Beulah ne cache pas son envie simple (mais pas simpliste) de trousser de jolies mélodies qui restent dans la tête et s’avèrent parfaites à siffloter au saut du lit ou dans sa cuisine. Derrière Beulah se cachent six types abonnés aux plans foireux de l’indie US, dont les précédents disques n’auront pas connus la carrière escomptée. Ce « Yoko » de belle facture devrait changer la donne : des titres comme « A Man Like Me », « Landslide Baby » ou « Me and Jesus Don’t Talk Anymore » évoquent Badly Drawn Boy, Blur, Big Star,… Plein de « B » comme bonheur, bien-être, béatitude, Beulah. Des mélodies qu’on a déjà entendues ailleurs mais qui restent sympathiques, et faciles à chanter. Ce qui en fin de compte n’est déjà pas si mal. Dans un monde où l’exigence devient insurpassable, Beulah se pose comme l’évidente incarnation d’un retour à la simplicité. Rien que pour cette raison on y retourne, et plutôt deux fois qu’une.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Home

Disque carte postale d’une escapade aux Pays-Bas, « Home » est le premier disque en duo du couple Benjamin Biolay-Chiara Mastroianni. Après les quelques chansons à deux voix de « Négatif », les deux tourtereaux les plus branchés de France sont donc vraiment passés à l’acte. Résultat : « Home » est un disque fait à la maison, dont l’écoute se veut avant tout domestique, le mieux dans l’espace confiné d’une voiture. On y retrouve évidemment la patte Biolay, ce souci de plaire en murmurant des mots d’amour, une certaine préciosité vieille France, de l’élégance gainsbourgienne, et toujours cette fascination pour l’Amérique… Et pour la circonstance, plus de blues, guitares s’entend. C’est là qu’« Home » impressionne le plus : dans cette envie d’embrasser le blues et la country à bras-le-corps, de front et sans rougir. Il y a du « Velvet Underground » (l’album éponyme) dans ces mélodies douces-amères au parfum de gitanes, voire du Beach Boys (« Dance Rock’n’Roll »). Sur la banquette d’un Motor Inn perdu en plein désert mojave, un couple s’enlace, boit du café, s’échange quelques mots en sourdine (« Tête à Claques », « Folle de Toi »). Ils sont beaux parce qu’ils s’aiment, pour de vrai. Ca s’entend, même si parfois ça cabotine. De retour dans leur carlingue (une Buick ?), ils reprennent la route, direction le sud, ces terres arides d’où viennent les vrais bluesmen. A l’horizon, point de danger : le soleil brille, le ciel est dégagé. L’amour, c’est clair, n’a que faire des routines.
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Autour de la Lune

On l’imagine sur la lune, à tenter de détecter à l’aide de ses écouteurs la moindre parcelle de résidu bruitiste, l’empreinte à peine audible d’une vie extra-terrestre : depuis plus de dix ans Geir Janssen s’est fait l’apôtre de l’ultrason qui craque, du grésillement ambient qui se perd dans la nuit. Cette fois il nous revient avec un disque de commande ; en fait un projet destiné à une émission de Radio France : « Autour de la Lune »… En neuf mouvements de durées diverses (le premier dure à lui seul plus de 15 minutes), le scandinave donne sa version de la musique lunaire (lunatique ?) : pleine de crépitements sourds et de frottements aquatiques, de craquelures métalliques et d’échos souterrains. Neuf mouvements, plus d’une heure d’ambient minimaliste : s’il ne s’agit pas du temps giratoire du soleil autour de la lune, on se demande alors pourquoi ces craquelures durent plus longtemps qu’un épisode de Star Trek… Après une demi-heure on dort, la tête… dans les étoiles. Quelqu’un aurait-il vu l’obélisque ?
vendredi, 31 décembre 2004 01:00

Weather Systems

Andrew Bird n’est pas très connu, et pourtant ce « Weather Systems » est déjà son sixième album. Il y a des injustices qu’il faut à tout prix réparer : Andrew Bird, donc, est un petit génie folk, le genre de songwriter qu’on croise rarement sur nos platines. Jeff Buckley et Elliott Smith peuvent reposer en paix. Rufus Wainwright peut arrêter ses gargarises. Jackson Browne, Mike Scott et Tom Rapp peuvent dormir sur leurs deux oreilles. Parce qu’avec Andrew Bird, la relève est assurée. « Weather Systems » débute pourtant sans trop bousculer nos petites habitudes : on a déjà entendu ces ambiances feutrées chez Wilco, Timesbold et Jim White. Ce qui s’avère quand même étrange, c’est ce violon d’une lancinante beauté qui squatte presque chaque note, enrobe les mélodies de ses douces caresses. Sur « Action/Adventure », le morceau du milieu, sa présence se fait même plus pesante, et « Weather Systems » de glisser peu à peu dans les limbes d’un univers rêveur (rêvé ?), à mi-chemin entre la country la plus tranquille et le post-folk à la Rachel’s. A ce moment, la musique d’Andrew Bird provoque une apaisante sensation de bien-être. Comme si le nuage de la pochette, même gorgé de pluie, devenait le plus douillet des refuges. De ces strates en tout point célestes (la fin de l’album, élégiaque), on scrute le coucher de soleil : c’est beau. Et à chaque écoute c’est pareil : avec « Weather Systems », c’est déjà le printemps.
Page 72 sur 115