L’école d’art de Library Card

Library Card a beaucoup joué en live à travers l'Europe et les États-Unis. Son nouveau morceau, "Art School", est devenu un favori du public lors de ses concerts. Ce titre marque un nouveau chapitre pour la formation, qui est rapidement devenue l'un des…

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Le cauchemar de This Will Destroy Your Ears…

This Will Destroy Your Ears verse dans le dark wave, puise son inspiration dans la noirceur des sons de l’Angleterre des années 80 tout en y mêlant des notes psyché accrocheuses et des salves soniques noisy. « Funland », son nouvel album, sortira le 10…

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Redouane Sbaï

Redouane Sbaï

mardi, 12 mai 2009 03:00

I Feel Cream

La subtilité n’a jamais été le point fort de Merrill Nisker, plus connue sous le nom de Peaches. Mais à 40 ans, la provocante grande gueule semble vouloir changer la donne. La Canadienne a donc gentiment nettoyé devant sa porte, placé ses textes interdits aux moins de 16 ans sous scellés et soigneusement rangé sa collection de guitares au placard. Afin d’inaugurer son salon désormais immaculé et son nouveau départ, Peaches a donc organisé une petite pendaison de crémaillère, l’occasion d’un petit bœuf ‘en famille’. Et quelle famille ! Soulwax, Digitalism, Simian Mobile Disco, Drums Of Death, Shonda K (Yo Majesty) et Gonzales ont tous répondu positivement à l’invitation de la demoiselle.

« I Feel Cream », le résultat de cette petite réunion, est probablement le meilleur ouvrage de Peaches à ce jour. Portée par le single « Talk To me » (produit par les frères Dewaele), la plaque est manifestement taillée pour les dancefloors, de son hypnotique titre-maître (coécrit par Simian Mobile Disco et Drums Of Death) aux énormes « Mommy Complex » (Digitalism) et « Relax ». A mi-parcours, Peaches s’entretient avec sa pote Shonda K sur un « Billionaire » aux accents hip-hop qui, étonnamment, ne dénote pas de cette œuvre 100% electro. « I feel Cream » ou comment passer de l’electro-clash à l’electro-classe en une leçon.

 

mardi, 12 mai 2009 18:32

Set ‘Em Wild, Set ‘Em Free

La petite famille d’Akron a connu bien des changements en deux ans. Depuis le départ de Ryan Vanderhoof, chanteur et guitariste, survenu peu de temps après la sortie de « Love Is Simple », Akron/Family se devait de prendre un nouveau départ. Le désormais trio a donc décidé de quitter Young God Records, leur label de toujours, pour se joindre à l’écurie Dead Oceans. Réduite d’un quart essentiel, la formation allait-elle capable d’offrir une digne suite à ses excellents « Meek Warrior » ou « Love Is Simple » ?

« Set ‘Em Wild, Set ‘Em Free » répond à la question sans détour. Akron/Family se paie un véritable coup de frais. Les Animal Collective du prog-folk débutent leur nouvelle vie sur un « Everyone Is Guilty » aux accents funky écartelés par les inévitables bidouillages improvisés de la formation. Après avoir dévalé une pente rock, le titre s’achève sur une envolée inattendue de cordes. En un peu moins de six minutes, la nouvelle mouture d’Akron/Family a déjà remporté tous les suffrages. Le reste de la plaque, et plus particulièrement un « Creatures » psyché et un « Gravelly Mountains Of The Moon » impétueux, ne fait que renforcer ce sentiment. « Set ‘Em Wild, Set ‘Em Free » marque donc le retour d’une formation plus confiante que jamais et ce, à juste titre. Bien plus qu’un nouveau départ, une renaissance. En concert ce 16 mai 2009, dans le cadre des Nuits Botanique.

 

Deux formations à la hype grandissante se succédaient ce 10 mai à la Rotonde du Botanique. Au menu : Telepathe et Rainbow Arabia. Le public en mal de découverte semblait, à première vue, bien servi… A première vue seulement.

Rainbow Arabia est responsable d’une alliance atypique entre musique orientale et electro. La formule, dispensée sur leur premier Ep, « The Basta », passe plus ou moins bien la rampe. Tandis que la salle se remplit peu à peu, quelques courageux s’aventurent devant le podium pour y effectuer quelques mouvements timides. La voix particulière de Tiffany Preston, à la Siouxsie, plane sur les samples et bidouillages d’un Danny Preston accoutré comme un inspecteur Clouzeau. Pas le moindre sourire mais leur musique fait le travail à leur place. Charmant, sans plus.     

Comment tuer un buzz dans l’œuf ? Les deux filles de Telepathe auront probablement la réponse à cette question au terme de la promo de leur premier essai. Ouvrant son set par « Chrome’s On It », le premier ‘tube’ de leur opus « Dance Mother », le duo originaire de Brooklyn s’élance dans une succession de morceaux sans relief. La sauce ne prend à aucun moment et les filles semblent tellement concentrées sur leurs instruments qu’elles ont l’air d’oublier la présence des spectateurs. Busy Gangnes n’a pourtant pas l’air de faire grand-chose sur sa console. Sa tentative de rapprocher le public assis en fin de set se soldera sur un échec retentissant. A la sortie, les commentaires négatifs vont bon train, tous sur une variante du terme ‘nullissime’… David Sitek (TV On The Radio) s’était complètement planté, en bossant sur le dernier album de Scarlett Johansson. Il perd à nouveau un point.

Telepathe + Rainbow Arabia

Organisation : Botanique       

Ce vendredi 8 mai, les Nuits Botanique réitéraient l’expérience du ticket unique donnant accès à toutes les salles. Au programme : Das Pop, Metric, Art Brut, Austin Lace, Get Well Soon et 8 autres formations. Une soirée sympathique placée sous le signe de la découverte.

A 20h, le coup d’envoi de la soirée est envoyé à la Rotonde par The Phantom Band, quintet écossais pratiquant un indie rock trippant. Deux pelés et trois tondus assistent au début d’un concert qui, après quelques minutes, s’avère un peu plat. Peut-être la formation n’était-elle pas satisfaite de se produire devant un public aussi peu nombreux ?

Dans l’Orangerie, les Sud-Africains de Dear Reader réussissent un peu mieux leur passage sur scène. La pop doucereuse du trio est enrichie par les interventions au violon de Verena Gropper, la violoniste de Get Well Soon, l’espace de quelques chansons. Le résultat est plutôt gentillet, mais le public semble suivre inconditionnellement.

Direction le musée, rebaptisé ‘grand salon’ à l’occasion des Nuits. A juste titre. La salle est méconnaissable et surtout très confortable. Des tapis jonchent le sol et les jolis cadres de l’installation d’Ez3kiel enjolivent les murs. Au milieu de la salle, Broacast 2000 poursuit tranquillement son show, encerclé par un public lové dans les fauteuils mis à sa disposition. Très cosy. Les ritournelles acoustiques de la formation menée par Joe Steer se prêtent à merveille à l’atmosphère des lieux. Le quatuor, seul à jouer dans le salon ce soir, se permet un set d’une petite heure. Steer parcourt son « Building Blocks » et ses nouvelles compos sans se presser. Il a la bonne idée de rejouer, pour les retardataires, deux morceaux interprétés en début de concert devant un auditoire plus restreint. Quelques fausses notes perturbent le spectacle mais le jeune homme et ses comparses ne se laissent pas démonter, enchaînant la suite très dignement. En fin de parcours, Broadcast 2000 ne se fait pas prier et se réinvite pour un petit rappel constitué d’une reprise inattendue du « Like I Love You » de Justin Timberlake. Carrément mieux que l’original ! Une des meilleures découvertes de cette soirée.

La mauvaise idée de la soirée : programmer Art Brut dans l’Orangerie. Surtout lorsque les obscurs Official Secrets Act n’attirent pas les foules sous le Chapiteau, au même moment. Les Londoniens menés par un Thomas Burke au teint livide et à la voix aiguë ne semblent en effet pas faire l’unanimité. Le public présent aurait facilement pu tenir dans la Rotonde qui, elle, est pleine à craquer pendant la prestation d’Austin Lace.

Idem à l’Orangerie donc, où Art Brut présente un show costaud, aux limites du punk. Le son aussi est punk… La voix d’Eddie Argos est tout simplement noyée sous les riffs des deux guitaristes. Ce qui gâche un peu la performance.

Pas de problème de son par contre pour Austin Lace qui, en fin de parcours enchaîne ses singles. L’ambiance, déridée par la présence de l’amusant clown dansant au masque rouge, est la plus décontractée de la soirée. Le public a la banane tandis que la formation s’essaie à la reprise du « Over & Over » de Hot Chip.

Les fantaisies de Metric contrastent avec la douceur de Get Well Soon. Ces derniers prennent possession de l’Orangerie pour un show limpide et alcyonien.

Une belle tranche de ballades pop à laquelle Emily Haines ne peut se mesurer. Vêtue d’une petite robe à paillette, la chanteuse de Metric sautille dans tous les sens et danse comme une gourde. Un petit light-show stroboscopique plus tard, la formation entame « Help I’m Alive », son dernier single. Ce à quoi on lui répond gentiment, ‘Help, I’m Bored’…

Das Pop + Metric + Official Secrets Act. + Baddies + The Asteroids Galaxy Tour + Get Well Soon + Art Brut + Dear Reader + Au + Brakes + Austin Lace + The Phantom Band + Broadcast 2000

Organisation : Botanique.

mardi, 05 mai 2009 03:00

Feel The Cream !

Ce 5 mai, la provocante Peaches venait présenter son nouveau pamphlet au public belge. Un rendez-vous que (très) peu de fans ont noté dans leur agenda. Ce qui n’aura pas empêché la Canadienne de mettre le feu à l’Ancienne Belgique.

Le peinturluré Drums Of Death donne le signal de départ de la soirée. Le visage du Londonien est dissimulé derrière un maquillage ‘Tim Burtonien’. Il tente de rallier la petite masse à sa cause en mêlant rap et musique éléctro tapageuse et sans réel intérêt. Le gars s’excite sur sa console et son micro ; mais le public ne suit pas vraiment. Une première partie dispensable.

Triste constat. Peaches n’attire pas les foules. Le concert prévu dans la grande salle de l’Ancienne Belgique est relégué à une ABBox improvisée. Les balcons sont condamnés et le parterre est assez clairsemé. Peut-être aurait-il été plus sage de déplacer le concert dans une salle de moins grande envergure. L’Orangerie du Botanique, par exemple. Mais cette situation n’a pas l’air de perturber la demoiselle qui, dès son entrée fracassante, annonce la couleur. Vêtue d’une espèce d’énorme veste rose taillée pour un sumo et d’un masque S.M., Peaches entame son set par « Show Stopper », extrait de « I Feel Cream ».

Sur scène, elle est accompagnée de Sweet Machine, formation allemande réquisitionnée pour assurer le backing band. Le trio ne se débrouille pas trop mal et parvient à se mettre en évidence, malgré les facéties de la Canadienne qui, tour à tour, s’essaye à un exercice d’équilibriste sur la barrière de sécurité, se lance dans un stage-diving, grimpe sur la batterie de ses collègues et invite une kyrielle de personnages atypiques à défiler sur scène. Le set tourne essentiellement autour de son nouveau recueil dont les moments scéniques les plus forts sont « Mommy Complex », « I Feel Cream », « Talk To Me » et un « Billionaire » interprété en compagnie d’une Shonda K. (Yo Majesty) virtuelle. Les fans de la première heure ne sont cependant pas laissés pour compte grâce aux tubes « Fuck The Pain Away », « Set It Off », « Lovertits » ou un « Boys Wanna Be Her » au cours desquels Sweet Machine va dévoiler toute l’étendue de sa puissance.

Une prestation parfaite que Peaches est invitée à reproduire tout au long des festivals d’été. Chez nous, elle est d’ailleurs déjà programmée à l’affiche des Ardentes et du Pukkelpop. A ne surtout pas manquer si vous passez par là !

(Voir également notre section photos)

Organisation : Ancienne Belgique

samedi, 02 mai 2009 03:00

Polsslag 2009 : samedi 2 mai

Polsslag, 2e édition, 1re visite. Depuis l’an dernier les organisateurs du Pukkelpop se sont mis en tête de mettre sur pied un festival d’une journée qui serait, en quelque sorte, un avant-goût de la version estivale de l’événement. A quelques jours des Nuits Botanique, le Polsslag est l’occasion rêvée de se remettre dans le bain, mode festival.

Voyager avec la SNCB est toujours un vrai plaisir. Concédant une vingtaine de minutes de retard au démarrage, le train arrive à destination, tout naturellement, après l’heure prévue. Quelque peu déçu de n’avoir pu assister au concert de Buck 65, qui ouvrait les hostilités, je me laisse porter par une navette spécialement affrétée par les organisateurs pour amener la petite bande de jeunes surexcités vers le Grenslandhallen.

Le site est réparti en quatre salles (Marquee, Club, Dance Hall & Boiler Room) et une zone ‘chill-out’. Après un tour d’horizon rapide, histoire de repérer l’entrée de chaque enceinte, je passe au côté pratique : vestiaires et tickets boissons. Super, les organisateurs n’ont pas oublié l’aspect ‘festival’ de leurs tarifs ! Il en coûtera donc au public 5€ pour se débarrasser d’un vêtement, aussi petit soit-il ; et 2,25€ pour se désaltérer…

Place ensuite aux choses sérieuses. Un son familier s’échappe du Marquee. Bloc Party fait une apparition surprise ? Pas vraiment. Il s’agit plutôt de la relève : Delphic, formation mancunienne ayant justement accompagné la bande à Kele Okereke durant leur tournée européenne. Le concert semble toucher à sa fin mais le combo n’a pas l’air très enthousiaste.

Une bonne raison pour aller voir se qui se trame du côté du Club. Les Australiens de The Temper Trap prennent d’assaut la petite salle située juste en face de l’entrée principale. Amorcée par des sonorités tribales prometteuses, la solution sonore tombe assez rapidement dans une soupe pop punk inintéressante.

Un petit détour par l’énorme Dance Hall achève la ronde des prestations moyennes. Stijn est parvenu à rameuter du monde ; mais les gambettes du public ne commencent à trembler que quelques instants plus tard, moment choisi par The Juan MacLean pour prendre possession des lieux.

N’est pas James Murphy qui veut, mais John MacLean parviendrait presque à nous en donner l’illusion. Comme en recrutant Nancy Whang, membre de LCD Soundsystem, pour pousser la chansonnette sur plusieurs morceaux de son dernier recueil, « The Future Will Come ». La prestation s’ouvre d’ailleurs par l’excellent « No Time », extrait de la nouvelle plaque. Les images diffusées sur l’écran géant disposé à l’arrière du podium sont carrément tripantes et se marient à la perfection aux tubes « Give Me Every Little Thing », « One Day » ou encore « Tito’s Way ».

Une petite demi-heure peu plus tard, les quatre Dj’s de Birdy Nam Nam leur succèdent au même endroit. On ne m’avait dit que du bien du quatuor ; mais, au vu d’un début de parcours assez plat, on finit par se demander s’il n’aurait pas été préférable d’assister à un des shows de la formation, à ses débuts. Les extraits de leur nouveau bébé, « Manual For A Successful Rioting », pourtant pas entièrement médiocres, se suivent et se ressemblent presque.

Une belle déception relevée par le splendide set de Shearwater. Relégué sur la petite scène du bruyant Club, les Texans ont délivré un set impeccable en tous points. La voix puissante et parfois bouleversante de Jonathan Meiburg et les mélodies aussi sublimes que mélancoliques sont responsables de cette jolie surprise.   

Au top des 21h, il y a à boire et à manger sur les différentes scènes du Polsslag. Sous le Marquee, The Von Bondies est venu présenter son excellent nouveau disque, « Love, Hate, And Then There’s You ». Une excellence que le combo n’arrive pas à reproduire aussi bien sur les planches. Il faut avouer que le son, plutôt moyen, ne jouait pas vraiment en leur faveur.

Le contraire est en train de se produire du côté du Dance Hall. Dizzee Rascal et son crew font tout péter. Le rappeur entame son show par une version explosive de « That’s Not My Name » des Ting Tings avant de parcourir de la même manière ses tubes de « I Luv U » à « Dance Wiz Me » en passant par le sautillant « Stand Up Tall ».

Changement radical d’ambiance au Club. Plongé dans l’obscurité, Fever Ray envoûte la masse sur les extraits du recueil éponyme. Karin Dreijer Andersson et son backing band sont affublés de costumes bizarroïdes, à l’image des vidéos de la formation. Les versions live de « If I Had A Heart », « Keep The Streets Empty For Me », « Triangle Walks » ou « When I Grow Up » font véritablement froid dans le dos. Mission accomplie, donc.

Vers 22h30, une inquiétude commence à se lire sur les visages des spectateurs, dispersés au sein du Marquee. Peter Doherty aurait dû être sur scène depuis 5 minutes. Viendra, viendra pas ? Un présentateur débarque sur scène et empoigne le micro pour tenter de rassurer la foule. En fait, Peter Doherty n’est pas encore arrivé. La bonne blague… Ce sont donc les Yeah Yeah Yeahs, programmés en clôture sur cette même scène, qui se produiront à sa place vers 23h. Le gentil monsieur rassure néanmoins les fans du bad boy en leur promettant qu’il se produira bien vers 1h. Karin O et ses compagnons débarquent donc quelques minutes plus tard pour y présenter « It’s Blitz ». Le show est très sage et la demoiselle enchaîne les morceaux sans trop se fatiguer. Les versions live de « Heads Will Roll », « Skeletons » ou « Zero », entrecoupées de vieux morceaux comme « Maps », « Gold Lion », Pin et Dance With The Night, sont fidèles à celles du recueil. Pas transcendant pour un sou. Ce qui n’empêche pas le public de passer tout de même un bon moment.

Le duo Fischerspooner ne m’avait pas laissé un très bon souvenir lors de sa visite à Dour il y a quelques années. Prétentieux et hautain, Casey Spooner avait réussi à saboter sa propre prestation, faisant fuir une bonne partie de l’assistance. Il change la donne cette fois en offrant un show digne de ce nom au public du Polsslag. Accompagnée de trois danseuses et d’un danseur aux tenues ridicules, la formation a réussi à marquer un point grâce à une véritable performance mêlant les beats de « Danse En France », « Just Let Go », « The Best Revenge » ou « A Kick In The Teeth » à un spectacle visuel parfaitement coordonné. Pas le temps d’attendre « Emerge », le suspense me rend trop nerveux. Verra-t-on vraiment la poule aux œufs d’or des tabloïds anglais ce soir ?

Surprise, Peter Doherty monte sur les planches à 1h pile comme annoncé un peu plus tôt. L’homme se lance seul dans un set acoustique plutôt agréable. Durant quelques morceaux il sera même entouré de deux danseuses vêtues de tutus à l’effigie du drapeau britannique. Doherty parcourt son premier disque solo, « Last Of The English Roses » en tête. Il fait également plaisir aux fans de la première heure en offrant un morceau inattendu, tiré de la très courte discographie des Libertines, « What A Waster ». Le concert tient la route ; et on pardonnerait presque au bonhomme son manque de ponctualité.

Au Dance Hall, les prestations de Booka Shade et Tiga s’enchaînent. La seconde plus tapageuse que la première. Mais elles paraissent bien pâles en comparaison de celle accordée par Crookers, dans la Boiler Room. Le nom de la salle, remplie à craquer, prend tout son sens. A peine y pénètre-t-on que l’on est soufflé par la température ambiante. Il doit faire au moins trente degrés. Centigrades, of course. Et on se les prend en pleine poire. Le sauna inopiné doit son climat tropical aux mouvements frénétiques provoqués par le set volcanique du duo qui enchaîne les rythmes rugissants et putassiers à une allure folle. Leur collaboration au « Day’n’Nite » de Kid Cudi, le tube « Knobbers » ou les terribles « MadKidz » et « Sveglia » constituent quelques uns des moments forts d’un show qui aura fait trembler le bâtiment.

La soirée touche presque à sa fin mais il est temps de mettre les voiles. L’édition 2009 du Polsslag, sans être exceptionnelle, aura donc compté quelques bonnes surprises que l’on espère bien revoir lors de la prochaine édition du Pukkelpop.

mardi, 05 mai 2009 23:24

Entertainment

Il aura fallu quatre années au duo constitué de Warren Fischer et Casey Spooner pour retomber sur ses pattes après l’échec de « Odyssey », son second recueil. Un raté qui aura valu à la formation son licenciement express de l’écurie EMI. Fischerspooner a depuis trouvé refuge au sein de Lo Recordings, moins réticent à accueillir les expérimentations électronique et visuelles auxquelles la formation est loin d’avoir renoncé. « Entertainment », le troisième recueil, s’inscrit donc dans la droite lignée de ses prédécesseurs.

La véritable plus-value du disque est le soin apporté à la production, qui s’est étalée sur une période longue de deux ans. Chaque son semble minutieusement étudié et, bien que l’on puise reprocher à la formation un manque de spontanéité, l’ensemble se révèle fascinant au bout de quelques écoutes. Le grain de folie théâtral de « Amuse Bouche » et « Danse En France » contrastent avec le sérieux manifesté par Fischer et Spooner pour aborder les radiophoniques « We Are Electric » ou « Supply & Demand », tout en conservant une certaine cohérence.

« Entertainement » ne sera peut-être pas le disque de l’année mais, au moins, il porte bien son titre.

 

mardi, 28 avril 2009 03:00

Sas de décompression

Huit ans après l’éclatant « First Album », Miss Kittin retrouve son acolyte The Hacker pour une seconde collaboration, sobrement intitulée « Two » et qui révèle enfin et sans aucun artifice, la voix de la dame. Un ouvrage à l’image du duo, sombre et séduisant, qu’ils venaient présenter ce 28 avril à l’Ancienne Belgique.

The Neon Judgement était chargé de chauffer la salle. Un set long d’une heure dans une salle à moitié remplie et plongée dans une quasi-obscurité. Quelque chose à cacher ? Peut-être cet horrible perfecto arboré par le leader de la bande. La formation originaire de Louvain venait présenter « Smack », un énième recueil dont les morceaux se distinguait à peine des titres extraits des travaux précédents. Au bout de quelques minutes, les images projetées sur l’écran à l’arrière-scène devenaient presque plus intéressantes que le son diffusé par les haut-parleurs...   

Avec 5 minutes d’avance sur le programme, les Grenoblois Miss Kittin & The Hacker prennent la scène d’assaut. Elle, à gauche, toute de cuir vêtue. Lui, à droite, dissimulé derrière ses platines. « The Womb » ouvre le bal électronique. Le public est nombreux, bien que la salle n’affiche pas sold-out ce soir. Après un tonitruant « Life On MTV » et l’excellent nouveau single « 1000 Dreams », la dominatrice propose ce qu’elle annonce comme ‘la chanson pour laquelle beaucoup sont venus ce soir’. « 1982 » ? Faux. Le duo s’élance dans un « Frank Sinatra » au ‘suck my dick, kiss my ass’ repris en chœur par un public extatique et aux mouvements frénétiques. Le thermomètre chute quelque peu lors de la reprise dispensable du classique d’Elvis, « Suspicious Mind », mais la suite de la prestation, partagée équitablement entre anciens et nouveaux morceaux fera rapidement oublier cette fausse note. Le rappel, entre le très attendu « 1982 » et la reprise impromptue de « Tainted Love » de Soft Cell, clôture un show rondement bien mené et chaleureux, malgré une relative distance entre les artistes et le public. Un excellent moment de décompression programmé en pleine semaine !

(Voir également notre section photos)

Organisation : Ancienne Belgique   

  

dimanche, 26 avril 2009 03:00

The Funk Soul Brother

Le dimanche 26 avril, l’AB se le jouait rétro en conviant sur la scène de son club le petit prodige de la soul, Eli ‘Paperboy’ Reed. A peine âgé de 26 ans et haut comme trois pommes, le ‘funk soul brother’ blanc se lance sur les traces de ses pères spirituels, Otis Redding, James Brown et Solomon Burke. Un sacré défi que le bonhomme relève haut la main.  

La première partie est assurée par The Right Ons, formation originaire d’Espagne mêlant un rock vintage à un esprit plutôt punk. Le quintet se débrouille plutôt bien et distille une énergie exemplaire, incitant le public à quelques déhanchés timides. Mais un son manifestement trop fort gâche quelque peu le spectacle et la fin du set arrive malheureusement presque comme un soulagement.

Vers 21h15, Eli Reed est précédé par ses six musiciens, The True Loves, et exécute une entrée de star balançant un ‘yeah’ guttural, pas loin de la marque de fabrique d’un certain James Brown. Derrière ses airs de fils de pasteur officiant dans une église d’Alabama, le jeune homme montre qu’il sait faire fondre les cœurs de la même manière qu’un Otis Redding et un James Hunter ou donner un sacré coup pied au derrière d’un public amorphe, comme Mr Dynamite l’aurait fait. La formation parcourt de long en large son excellent « Roll With You » et quelques titres de leur obscur premier ouvrage « Walkin’ & Talkin’ ». Mais ce sont surtout les nouveaux morceaux, extraits d’un recueil à paraître en automne, qui parviendront à décoincer les premiers rangs.

Eli ‘Paperboy’ Reed & The True Loves clôture ensuite le show par un « (Doin’ The) Boom Boom » au cours duquel les membres déchaînés de The Rights Ons se joignent à la formation lors d’un final explosif. Les vieux démons du Rhythm & Blues et de la Soul peuvent reposer en paix, la relève est définitivement assurée.

Organisation : Ancienne Belgique.

mardi, 28 avril 2009 03:00

Walking On A Dream

Le « Walking On A Dream » d’Empire Of The Sun remporte sans problème la palme de la sortie la plus erratique de cette fin de décennie. Initialement publié en octobre 2008, il a fallu attendre le mois de février pour découvrir le recueil dans les bacs belges et anglais. Les Français n’y ont eu droit qu’un petit mois plus tard et la plaque a eu droit à une publication dite ‘internationale’ et digne de ce nom que ce 21 avril. Tous ces délais en valaient-ils vraiment la peine ? Plutôt deux fois qu’une !

En lâchant le single « Walking On A Dream » sur les blogs de la terre entière il y a près d’un an, Luke Steele (The Sleepy Jackson) et Nick Littlemore (Pnau) ne s’y sont pas trompés. Le gros buzz a achevé le travail pour la formation australienne comparée aujourd’hui à MGMT. La première œuvre du duo se partage donc entre psychédélisme et un synthpop sorti tout droit des eighties. Une époque mise à l’honneur de manière remarquable au cœur des excellents morceaux « Standing On the Shore », « We Are The People », « Half Mast », « Country » ou encore « Without You », une ballade 100% rétro et d’une ringardise assumée.

Ne reculant devant aucune exubérance, comme en témoigne l’imagerie kitsch de la formation, Luke Steele en fait souvent des tonnes vocalement. Mais ses falsettos toujours bien placés titillent agréablement l’oreille, sur les instrumentations stellaires de Littlemore. Malgré l’une ou l’autre faiblesse (les surproduits « Tiger By My Side » et « The World »), « Walking On A Dream » est une œuvre plutôt convaincante qui, sans faire autant de vagues que le « Oracular Spectacular » de MGMT, devrait conquérir les ondes quasiment de la même manière.

 

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