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Kreator - 25/03/2026
Concerts

Deerhoof

La gymnastique, c’est fantastique…

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Fondé en 1993, Deerhoof est un groupe underground à l’esprit DIY. Bref, à la pointe de l’expérimentation. Issu de San Francisco, il réunit la chanteuse/bassiste Satomi Matsuzaki, le drummer Greg Aunier ainsi que les guitaristes John Dieterich et Ed Rodriguez. Dans le cadre de l’édition 2014 des Nuits Botanique, il s’était investi dans le Congotronics Vs Rockers, en compagnie de musiciens congolais, américains et européens. Avant-gardiste, sa musique oscille entre noise, pop, punk, rock, jazz et prog. La formation avait assuré le supporting act de Red Hot Chili Peppers, au Sportpaleis, en novembre 2016. Et ce soir, il est programmé en tête d’affiche, au Nijdrop d’Opwijk. Une opportunité à ne pas manquer, surtout quand on sait que cette salle est limitée à 300 spectateurs…

Manngold assure le supporting act. Un sextuor gantois réunissant deux drummers, Karel de Backer et Matthias Standaert, un bassiste, Bruno Coussée, un claviériste qui se sert d’un vieux synthé Korg, et deux guitaristes, Kwinten Mordijck et Rodrigo Fuentealba. Ce dernier en est le leader. Il a sévi a sein des backing groups de Gabriel Rios et de Kris Dane, mais également milité au sein du Fifty Foot Combo, de Novastar et même d’Arsenal. Des artistes ou groupes que votre serviteur apprécie. En outre, il a collaboré à de multiples projets, et notamment en compagnie de Mauro Pawlowski, Bert Dockx, Steven de Bruyn, Bart Maris, Teun Verbruggen ou encore Karen Willems. 

Exclusivement instrumentale, l’expression sonore mêle krautrock, noise, psychédélisme et punk. A ce jour le combo a publié deux elpees, « Manngold De Cobre », en 2014 et un éponyme, en 2016, un opus qui a bénéficié du concours de Stuart Matthews (Quakers, Massive Attack, Portishead), à la mise en forme. 

Tout le monde est en ligne sauf les deux préposés aux fûts, plantés en retrait. Il faut au moins 10 minutes avant d’appréhender l’univers de Mannglod. Qui parfois me fait furieusement penser à celui de Pawlowski. Le concert démarre sur les chapeaux de roues, par « Boogie ». Les drummings sont parfaitement en phase. Les cordes de grattes sont effilées. Plus yankee, « Intro » se révèle davantage aventureux, mais parfaitement maîtrisé. Les cordes scintillent tout au long de « Stunde Null », un morceau au cours duquel la rythmique attaque de front. Et elle monte dans les tours au fil du frénétique « DMB ». « DEMT » vire au punk. « Manngod » et « Glückskugel » décollent littéralement avant de s’achever, 30 minutes plus tard, au bord du précipice…

Deerhoof est venu défendre « Mountain Moves », son dix-septième LP, à l’écoute sur Bandcamp, depuis 3 jours. Il tombera dans les bacs, ce 8 septembre.

Satomi, la bassiste/vocaliste, a enfilé une salopette shorty aux rayures bleu marin. Le line up implique également deux gratteurs et le drummer, Greg Saunier, qui s’est planté en bord d’estrade, à droite.

Cristalline, puérile, spasmodique, la voix de Satomi est vraiment particulière. De petite taille, elle s’éclate en gigotant sur les planches. Les deux sixcordistes multiplient les impros. Pas de souci, la section rythmique, veille. Et tout particulièrement le drumming (NDR : une caisse claire et une grosse caisse, dont il joue, pieds nus), qu’on pourrait qualifier de fédérateur. Et impressionnant ! « I Will Spite Survive » est une nouvelle compo. Noisy/rock lo-fi, donc dépouillé, « Snoopy Waves » (« Offend Maggie », 2008) nous replonge au cœur des eighties. Les drums sont arides. Tout en changeant régulièrement de rythme, les accords de gratte se révèlent hypnotiques. Et deviennent carrément monstrueux pendant « Spirit Ditties Of No Tone » (« The Runners Four », 2005). Un peu comme si on vivait une rencontre hypothétique entre AC/DC –pour  l’efficacité– et Arto Lindsay –pour la folie. Les cymbales s’emballent (NDR : ça rime !) Les titres s’enchaînent à toute allure. Particulièrement bruitiste, « Twin Killers » couvre les parties vocales de Satomi, qui troque sa basse contre la guitare d’un de ses partenaires, pour « The Perfect Me ». Ce qui va lui permettre de s’autoriser davantage de sautillements, et de postures en ciseaux à l’aide de ses bras et de ses mains. « Isla Bonita » scintille de mille feux. Satomi nous parle de son instrument. « Exit Only » s’immerge au cœur même de l’expérimentation. Et pourtant, les aficionados connaissent cette compo et la savourent. « There’s That Grin » est dynamisé par les percus sauvages. Greg dégouline de sueur, tellement il se livre. Régulièrement, il se rapproche de Satomi, mais à genoux, pour arriver à sa hauteur, car elle doit à peine mesurer 1 m 50. Il demande, en plaisantant, s’il doit causer flamand ou français. Des interludes qui lui permettent de reprendre son souffle…

En rappel, le combo nous réserver « Basket Ball Get Your Groove Back », un extrait de « Offend Maggie », long playing paru en 2008. Rayonnante, Satomi est une adepte de la gymnastique. Elle coache même son public. Il est conquis et suit ses instructions rigoureusement. De quoi se dérouiller les jambes et clôturer un concert… en souplesse…

(Organisation Nosta + Toutpartout)

An Pierlé

Une 'dark pop' mystique, hypnotique et sombre, mais illuminée par une intense beauté…

C'est dans le cadre du festival ‘Musiq'3’ qu'An Pierlé se produisait ce soir, au sein de l'église de l'Abbaye de La Cambre ; et vu le succès des réservations, les organisateurs avaient prévu deux concerts successifs : un à 20h et l’autre à partir de 22h. Nombreux sont en effet les mélomanes qui, comme votre serviteur, sont tombés sous le charme de l'artiste flamande. Son diptyque « Arches / Cluster » a séduit un nouveau public qui apprécie les compositions au cours desquelles les grandes orgues sont mise en exergue au sein d’atmosphères mystiques…

C'est au cœur d’édifices religieux qu'An Pierlé a choisi d’accorder les concerts de la présente tournée. Non seulement les lieux y sont propices mais surtout, elle peut se servir des orgues, qui alimentent ses dernières compositions. A la Cambre, comme d’habitude, le podium a été dressé à l'entrée de l'église, en dessous du jubé.

A 20 heures précises, An Pierlé apparaît au jubé. Il fait encore jour et sa silhouette gracile se détache devant les orgues et les vitraux qui brillent de milles couleurs. Elle entame « I Feel For The Child », la première plage de « Arches ». Quelques claquements de doigts, le son des orgues et la voix nous transportent d'emblée dans une autre dimension. L'artiste est habillée d'une robe beige, recouverte d'un châle noir. Autour de ses yeux, son maquillage est souligné de paillettes qui scintillent au gré des faisceaux de lumière. Mais on assiste déjà à un des moments les plus forts de la soirée : le break incrusté au milieu de la chanson. Il est d'une intensité et d'une puissance incroyables. ‘And you drown yourself in silence...’ Enfin, la chanson se termine comme elle a commencée, en douceur, a capella.

L’auditoire, qui occupe complètement l'église, est déjà conquis. Dans la foulée, An Pierlé entame « Road To Nowhere », un premier extrait de « Cluster ». A la fin de la compo, elle descend du jubé pour rejoindre ses comparses sur le podium. On reconnaît son partenaire à la scène comme à la ville, Koen Gisen (guitare, saxophone, percussions). Les harmonies vocales conjuguées par les deux choristes, Loesje Maieu et Kaat Hellings, sont d'une étonnante délicatesse, et leurs interventions aux claviers et aux percussions, particulièrement subtiles. Enfin, Karel De Wilde, l'organiste, est présenté par l'artiste gantoise comme le 'prince de la musique baroque' et un excellent organiste, 'quand il ne mange pas trop de biscuits'...

Après cette petite blague, typique de l'humour de la belle, place à « Golden Dawn », le premier 'single' extrait de Cluster. L'interprétation est superbe. Sublime, le refrain vous saute au cou et vous enlace sans jamais plus vous lâcher : ‘The Golden Dawn is on its way. We dream... Keep dreamin' on...’ C'est lent, voluptueux et tout simplement beau. On en veut aux radios nationales de ne pas diffuser ce titre en boucle, car c'est un véritable hit potentiel, dans la veine du répertoire de Hooverphonic, Agnès Obel, SX ou encore Lana Del Rey.

« Huntifix » creuse encore plus dans le sillon émotionnel. Le saxophone de Koen Gisen et les notes d’ivoires apportent ça et là des couleurs plus 'free jazz'. La composition virevolte lentement, telle une danse sensuelle et on a l’impression de vivre un tête-à-tête virtuel auprès de la belle An : ‘Do you want to undress me, Do you really want to see, Would you like to caress me, Do you want me entirely…’

S'ensuit le superbe « Birds Love Wires », une des plus belles compositions signée par Mrs Pierlé, au cours de ces deux dernières années. Elle nous a d'ailleurs confié qu’il s’agissait de sa chanson préférée dans son répertoire. Elle la présente en évoquant les oiseaux sur les fils de téléphone, une image qui est en voie de disparition à cause des réseaux mobiles. Lors de notre entrevue, elle avait ajouté que la métaphore évoque également la vision de femmes martyrisées dans les pays où elles sont privées de leurs droits fondamentaux.

Pendant « There Is No Time », on se souvient de l'anecdote vécue lors du concert à Laeken, il y a quelques semaines, au cours de laquelle l’artiste avait invité quelques spectateurs à monter sur le podium afin de participer au tournage d'une vidéo. Aujourd'hui, pas de 'happening' : il est vrai que le temps est compté.

La dernière partie du show se déroule dans la perspective d'une montée en puissance. Par manque de temps, « Bedroom Dust » a été enlevé de la setlist et le groupe aligne l'imposant « Sovereign », avant de refermer le set sur le très sombre « Dragon JM ». Sur les visages des spectateurs, on lit l'émerveillement et quelques secondes après les dernières notes, ils se lèvent comme un seul homme pour acclamer le quintet. 

Après avoir chanté une pub pour faire la promo de ses deux albums (encore un moment cocasse), An Pierlé prend congé de l’auditoire sur l'épique « Changing Tides ». Un tambour martial y guide la composition dans une farandole enivrante, qui débouche sur un final époustouflant à trois voix.

On regrette bien sûr de n'avoir pas pu entendre la reprise de « Such A Shame », le classique de Talk Talk, qui fait, en général, partie des rappels. Mais ne boudons pas notre plaisir : le concert a duré près d'une heure et demie et nous a, à nouveau, propulsés au septième ciel.

Pas de doute : grâce à ses deux derniers longs formats et sa tournée des églises, An Pierlé a brillamment réussi un tournant majeur dans sa carrière. Elle a gagné en maturité, en profondeur et a touché une corde sensible dans le coeur de son public. Elle a trouvé sa place, lovée entre Kate Bush, Talk Talk, Dead Can Dance, Messiaen, Hooverphonic et Portishead. Sa 'dark pop' mystique, hypnotique et sombre est illuminée par une intense beauté.

Pour lire l'interview d'An Pierlé, c'est ici

Setlist:

Feel for the Child
Road To Nowhere
Vibra
Golden Dawn
Huntifix
Birds Love Wires
It's Like
Monkey
We Gravitate
There Is No Time
Sovereign
Dragon JM

Rappel:

Changing Tides

(Organisation: Musiq'3)

Photos : G. Lécrivain (Voir aussi notre section ici)

Anthrax

Du métal en fusion dans la cité ardente…

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Certains évènements sont à voir pour les croire : le concert d’Anthrax programmé ce soir en fait partie. Et pour cause, les pionniers américains du Thrash sont devenus, grâce à leurs 36 années de route, des habitués des grosses audiences. Mais, très étonnant, ils se produisent, aujourd’hui, face à un parterre largement réduit. Et pour cause, le Reflektor ne peut accueillir que cinq cents âmes ; et les places étaient vendues, près de deux mois avant le show. L’occasion de passer un moment survolté, hors du cadre habituel, en compagnie de ce band qui a marqué et influencé pas mal de monde, dans l’univers du métal. Plongée dans la fournaise de la salle liégeoise...

Léger come-back : sous une froide nuit de février dernier, Anthrax débarque dans le nord du pays afin d’interpréter intégralement « Spreading the Disease », son second elpee gravé en 85 ; un disque qui a forgé sa notoriété. Quatre mois plus tard, le vent piquant a laissé la place à la canicule. Anthrax n’est plus venu pour un revival de ses heures de gloire mais bien afin de brosser un tableau de sa carrière. Une seule constante : toujours autant de peuple. Le premier parking couvert à proximité du lieu de rendez-vous affiche complet. Direction la gauche, pour s’engouffrer au sein d’une ruelle étroite qui conduit à proximité de la seconde aire. Il semble rester des places, au quatrième étage. Cap ensuite vers le Reflektor, après s’être frayé un chemin entre les badauds étanchant leur soif, jusqu’à finalement débarquer dans la salle de concert. C’est petit, il y a du monde : l’espace risque de vite devenir étouffant.

Il revient aux Londoniens de The Raven Age d’ouvrir le bal. Ces derniers pratiquent un Heavy new-school qui se révèle rapidement répétitif. Les morceaux démarrent généralement de manière assez soutenue mais retombent finalement, tel un soufflé, pour adopter une même architecture dans la composition. La voix Michael Burrough est monotone. Il semble blasé. Une attitude qui n’est pas de nature à aider les morceaux à sortir de l’ornière. Bref, ce n’est pas mauvais, mais après trois morceaux, la lassitude commence à vous envahir. Comme quoi, être un ‘fils de…’ n’est pas toujours miraculeux. En effet, quand on y regarde de plus près, un des deux guitaristes n’est autre que George Harris, le fils de Steve, gratteur intemporel chez Iron Maiden. Rien que ça ! Un élément pas tout à fait anodin, qui a notamment permis au band d’ouvrir à plus d’une reprise pour le mythe insulaire. C’est également la seconde fois qu’il assure le supporting act pour une tournée d’Anthrax. Pas sûr, que ces opportunités se soient présentées, s’il s’était agi d’un autre sixcordiste…

Break d’une demi-heure avant que la tête d’affiche ne prenne d’assaut les planches. Vu le monde présent, mieux vaut ne pas trop s’éloigner, au risque de se voir relégué au fin fond de la salle. Le Reflektor est à présent plein, du pit aux balcons. Alors que l’ambiance était totalement décontractée une grosse semaine auparavant, lors du concert d’Agnostic Front –les musiciens se baladaient tranquillement parmi les spectateurs– un membre de la sécurité garde vaillamment la porte conduisant aux backstages. Et quand cette dernière vient à s’ouvrir, il s’empresse de la refermer aussitôt. Interdiction de voir les stars de ce soir avant qu’ils ne montent sur l’estrade. La musique d’ambiance diminue de volume, la foule s’exclame, imaginant que le show va bientôt commencer. Fausse alerte : ce n’est qu’un morceau pour chauffer les esprits. Et pas n’importe lequel : « The Number of the Beast » d’Iron Maiden. Ah ben oui, tiens… quel hasard ! Les voix s’élèvent, des poings se lèvent. Iron Maiden appartient définitivement à l’ADN des metalheads. Un tel titre, c’est une partie de sa moelle.

Extinction des feux. Et c’est parti ! La petite scène liégeoise est plongée dans le bleu foncé. Les enceintes crachent le « Can’t Turn You Loose » des Blues Brothers. Le batteur est le premier à grimper sur le podium ; et… déception, ce n’est pas Charlie Benante mais bien son substitut, Jon Dette, qui siège une nouvelle fois derrière le kit. En effet, depuis maintenant quelques années, Benante souffre du syndrome du canal carpien. Ce qui lui provoque de fortes douleurs au poignet et l’oblige à se faire régulièrement remplacer. En fond sonore résonne le riff d’ouverture d’« Among the Living », un des plus gros titres du band. Scott Ian, guitariste et boss du team, s’installe à l’avant de l’estrade. Il fait claquer sa guitare et prend possession du morceau. Comme d’habitude, il arbore cette mine si expressive, comme si chaque mouvement d’onglet sur les cordes le transperçait de part en part. Question expression faciale, le bassiste Frank Bello n’est pas en reste. Si son épaisse chevelure noire masque partiellement son visage, il articule les paroles de chaque morceau, tel un être possédé par une quelconque force maléfique. A ses côtés, Jonathan Donais, second gratteur, se montre beaucoup plus discret. Dernier arrivé de la formation (en 2013), il semble souffrir de la chaleur ambiante. Il n’a en effet pas fallu trois tintements de cymbales pour que la fosse s’emballe, se bouscule, joue des épaules, provoquant une augmentation de la température de quelques degrés. Le solaire vocaliste Joey Belladona débarque enfin, vêtu sobrement d’un jean noir et d’un t-shirt à l’effigie de la tournée du band. Les légendes du Thrash se sont déjà emparées de la scène.

A l’instar de Metallica, Slayer et Megadeth, Anthrax appartient au Big 4 of Thrash, à savoir ces quatre plus grands groupes américains qui ont lancé et popularisé le Thrash Metal, au début des années 80. Même s’il est aussi reconnu dans le milieu que ses trois comparses, Anthrax n’est jamais parvenu à prendre un même envol. Habitué des festivals mais bénéficiant dès lors d’une durée de set réduite, le combo new-yorkais a pu, ce soir, déployer tout son talent et sa hargne en une heure et demi de show. Pas de temps à perdre entre les morceaux, excepté pour se rafraîchir à grands coups de rasade d’eau. Le groupe préfère se focaliser sur la communication avec son public lors des morceaux que pendant les breaks. L’aura de Belladona irradie la salle ; le chanteur est visiblement heureux d’être sur les planches. Il échange des regards complices avec le public, frappe dans les mains de ceux qui tentent tant bien que mal de faire du crowdsurfing et distribue à tout va les onglets de Frank Bello (qui, d’ailleurs, n’en utilise pas pour sa basse !) Si les tubes ultra-connus tels que « Caught in a Mosh », « Madhouse » ou encore « Indians » viennent électriser la foule, il faut reconnaître que « Breathing Lightning » ou encore « All of Them Thieves », une plage extraite de son dernier elpee « For All Kings », ont davantage de mal à déchaîner les âmes. L’âge d’or est derrière eux et les musiciens le savent ; en témoigne la liste résolument old school proposée lors de ce set.

Vu la contiguïté des lieux, on se demandait si la formation allait se livrer à fond ? Alors que les musicos auraient pu sortir la carte de l’indifférence, forcés de se produire dans une si petite salle, ils ont heureusement préféré sortir le grand jeu et en s’investissant totalement. Et le public leur a largement rendu. Alors que la fin du show pointait le bout de son nez, la reprise d’« Antisocial » de Trust, mais dans la langue de Shakespeare, viendra mettre un énième clou sur le cercueil des plus sceptiques. Le sol est aussi détrempé que les bustes. Ceux qui glissent sont de suite rattrapés. La déshydratation guette. Les derniers riffs sont expulsés des grattes, les mines des musiciens témoignent de l’effort nécessaire afin d’exécuter ces treize morceaux au cœur du volcan de la cité ardente. Mais peu importe le nombre de metalheads leur faisant face (NDR : Scott Ian ironisera quand même en affirmant avoir dispensé ce soir le plus gros show de la tournée et que l’année prochaine, le Graspop se déroulerait certainement lieu dans cette salle), les Américains ont offert tout ce qu’ils avaient dans le ventre. Et ça, c’est Metal !

Setlist : “Among the Living”, “Caught in a Mosh”, “Got the Time”, “Madhouse”, “Fight 'Em 'Til You Can't”, “Breathing Lightning”, “Intro to Reality”, “Belly of the Beast”, “All of Them Thieves”, “Medusa”, “Be All, End All”, “Antisocial”, “Indians”

(Organisation : Reflektor)

The Dillinger Escape Plan

Pas de nostalgie, mais plutôt de la sueur, de l’énergie et de la chaleur animale…

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Ce soir, l’Ancienne Belgique est configurée en mode Box pour accueillir God Mother, Warsawwasraw et surtout, en tête d’affiche, The Dillinger Escape Plan. C’est la tournée d’adieu du combo américain. Fondé en 1997, il est responsable de 5 elpees, dont le dernier, « Dissociation », est paru en octobre 2016. Bien yankee, contemporaine, violente, sa musique est considérée comme le fruit de la rencontre entre heavy metal et mathcore, tout en intégrant des éléments de jazz et de prog. Les structures rythmiques sont souvent complexes et les tempos rapides. Si DEP a influencé de nombreux groupes, il s’est lui-même inspiré –et notamment– de Refused, Mahavishnu Orchestra, King Crimson, Black Flag et Cynic. Le New York Times a défini le groupe comme suit : ‘Si vous voulez vraiment connaître ces chansons, ce métal passe par le filtre jazz-rock d’Allan Holdsworth et Mahavishnu Orchestra’.

L’ouverture des portes est prévue à 18h30. Il ne sera décrété qu’une heure plus tard. En fait, le bus de DEP est tombé en panne sur la route. Les musicos seront donc contraints à se produire sur scène sans avoir réalisé leur soundcheck. A l’entrée le climat est lourd. Les gens parlent de l’attentat manqué, qui a secoué, la veille, la gare centrale…

A 20 heures, God Mother ouvre le bal. Un quatuor suédois. Issu de Stockholm, très exactement. Peu de monde dans la fosse. Si le drummer, le guitariste et le bassiste restent bien plantés sur les planches, le chanteur est vraiment déchaîné et rejoint l’auditoire, en emportant son micro relié à un fil (NDR : il aurait tout intérêt à s’en procurer un sans, pour ne plus s’entortiller dedans). Le band pratique un metalcore percutant et manifeste une énergie débordante. Hurlé le chant et particulièrement efficace. Convainquant !

Warsawwasraw embraie. Un duo parisien réunissant le chanteur/guitariste John Anthony Huss et le batteur Mathieu Luckas Betard. Ce dernier va se servir des fûts de son prédécesseur. Le chant est hurlé. Les sonorités sont lourdes et expérimentales. Pas trop ma tasse de thé. La salle commence à se remplir ; et elle sera comble pour la tête d’affiche.

Place ensuite à The Dillinger Escape Plan. Le drummer est installé sur une estrade surélevée juste devant une tenture noire sur laquelle est imprimé le nom du band. Le light show se distingue par quatre rangées de trois stroboscopes qui vont mitrailler la fosse, chauffée à blanc. Aux premiers rangs, l’atmosphère est suffocante. Votre serviteur migre vers le fond de la salle. Hurleur de service, Greg Puciato est épaulé par le bassiste Liam Wilson, installé en retrait devant le batteur, ainsi que Ben Weinman et Kevin Antreassian, qui se démènent comme des diables en boîte.

Après un élégant ‘Welcome Motherfuckers’, le show démarre sur les chapeaux de roues, par « Panasonic Youth ». Greg Puciato est omniprésent sur les planches. Il est partout et grimpe sur les baffles placés en front de scène. Son chant hurlé est assez mélodique, mais ‘testonérisé’. Endiablé, le set conjugue intensité et brutalité. Débordante, l’énergie libérée est terriblement électrique. Puciato incite à créer un circle pit et le rejoint. Les musiciens embraient par « Milk Lizard », comme si de rien de n’était, alors que Puciato remonte sur les planches. Pas sûr que la set list ait été respectée. Et l’intensité du show a atteint son paroxysme, lors du rappel, un encore de 3 morceaux.

Etonnant, mais la formation n’a pas abordé le sujet de la fin de son aventure. Et vu la réaction de la foule, on ne peut pas dire que l’ambiance était à la nostalgie, mais plutôt chargée de sueur, d’énergie et de chaleur animale. L’Ancienne Belgique a encore servi de temple du metal…

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

Eddie Vedder

Manque de consistance…

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On approche les quarante degrés à l’extérieur. Des bouchons consécutifs à un accident de la circulation. 1h35 de trajet auquel il faudra ajouter deux heures à patienter dans les embouteillages. En débarquant à Anvers, il ne reste que plus ou moins 50 emplacements de parking. Ouf, il ne faudra pas se taper 5 km de marche avant d’atteindre la Lotto Arena. Qui accueille ce soir, Eddie Vedder, le chanteur du mythique Pearl Jam. Et, bien entendu, c’est sold out !

Le supporting act est assuré par Glen Hansard. Ce chanteur/compositeur/guitariste/acteur irlandais était le leader de The Frames, un groupe rock fondé en 1990. C’est en 2006 qu’il a embrassé une carrière individuelle. A son actif en solo, trois elpees : « A Season On The Line » (2016), « Didn’t He Romble » (2015) et « Rhythm And Repose » (2012).

La scène est réduite à sa plus simple expression. Le Dublinois s’installe tout devant. Il s’assied sur un siège haut et entame son concert armé de son unique gratte semi-acoustique. Le son est bon. L’artiste signale qu’il reviendra se produire dans la salle Roma, sise dans la métropole, en automne prochain. Pendant quarante bonnes minutes, il va essayer de mettre de l’ambiance. Parfois on a l’impression qu’il s’arrache les cordes vocales, pour essayer d’y parvenir…

Il entame le set par « Her Mercy », son dernier single. La version ‘live’ est autrement dépouillée que celle diffusée par les radios. En général, les morceaux s’ébrouent paisiblement et s’emballent en fin de parcours. La foule apprécie son récital. Votre serviteur, un peu moins. Sa prestation est trop fébrile. Ce qui lui fait perdre de son charme. A épingler quand même, une excellente reprise de « Vigilante man », un titre bien country, signé par le légendaire Woody Guthrie…

Eddie Vedder grimpe sur le podium à 21h30. Il y rejoint ses différentes grattes, électriques, acoustiques, semi-acoustiques et son ukulélé. Pas de grunge, ce soir, mais un concert qui sera largement ‘unplugged’. D’ailleurs, le natif de l’Illinois est seul sur les planches.

En début de show, les compos sont aussi dépouillées que le décor. L’image d’une rue est projetée en arrière plan. Eddie parle longuement avec l’auditoire entre chaque chanson. Quand un spectateur l’interpelle, il lui répond immédiatement. Et franchement, l’artiste ne manque pas d’humour. Qu’on pourrait même qualifier de décapant. Dans la salle, le service de sécurité fait la chasse aux smartphones et appareils photos. C’est moins marrant…

Une bande préenregistrée diffusant la B.O. de Batman précède l’entrée en scène de l’artiste. Qui entame son show par le « Brain damage » du Floyd, après avoir accordé sa gratte. Il enchaîne par deux compos issues du répertoire de Pearl Jam, « Sometimes » et « Wishlist ». Sa six cordes est offensive, vrombit. Sa voix décolle. Excellent ! L’auditoire apprécie.  

Le panorama a changé. Place à l’illustration d’un cirque, pendant la cover étonnante et légère du « The Needle And The Damage Done » de Neil Young. Tout au long de « I’Am Mine », « Off He Goes » et « Can’T Keep » de Pearl Jam, le public se lève, chante et applaudit l’artiste. La voix si caractéristique d’Eddie est superbe. Mais privées de la sauvagerie et de l’électricité du grunge, les nouvelles versions manque de consistance. Issu de « Ukulele songs », « Sleeping By Myself » est interprété à l’aide de cet instrument à cordes. Dont il se sert encore pour deux morceaux, « Satellite » et l’adaptation du « Again Today » de Brandi Carlile, mais soutenu par un quatuor à cordes constitué de 3 violonistes et d’un violoncelliste. Ce Red Lima String Quartet vide alors les lieux et est remplacé par un insert à l’alcool vendu dans tout bon ‘Brico’. Tout au long du « Better Man » de Pearl Jam, le public est invité à un exercice de karaoké. Nouveau changement de décor. Une toile tendue, censée représenter un ciel étoilé, laisse transparaître de petites lumières. La set list ne néglige pas la B.O. du film « Into the wild », et nous en réserve « For Behind », « Setting Forth », « Guaranteed » et « Rise ». Mais à l’issue des versions folk d’« Immortality » et de « Lukin » de Pearl Jam, votre serviteur commence à se lasser. Sans doute à cause de la chaleur, de la fatigue, du parcours pour arriver à destination et de celui qui lui reste à accomplir pour regagner ses pénates. Et il s’éclipse, sur la pointe des pieds…

(Organisation : Live Nation)

 

Agnostic Front

L’esprit hardcore de l’underground new-yorkais au Reflektor…

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Alors qu’il se produisait la veille, face à plusieurs milliers de personnes, Agnostic Front a aujourd’hui rendez-vous devant un parterre nettement plus réduit –environ 400 personnes– mais néanmoins gonflé à bloc. Un moment musclé mais convivial en compagnie des légendes du Hardcore Punk. Ce détour par la Belgique est devenu une habitude pour cette formation yankee qui laisse toujours derrière elle un souvenir indélébile. Et puis… ce n’est ni plus ni moins qu’une tournée d’anniversaire : trente-cinq années de planches à célébrer vigoureusement dans le pit !

Dimanche fin d’après-midi, un soleil de plomb prend Liège en otage. Les rues sont calmes, le centre-ville est plutôt désert… à l’exception d’un petit attroupement qui s’est formé aux abords du Reflektor. Et pour cause : face à la salle de concert trône fièrement une magnifique Chevy datant de 1953. La bête a été amenée par le chapitre français du Rumblers Car Club, un collectif de passionnés dont le credo est de réparer, reconstruire et faire rouler d’anciennes voitures américaines. Autre détail intéressant : le responsable de cette association, née à New-York en ’96, n’est autre que… Roger Miret, le leader d’Agnostic Front. Il était donc naturel que le vocaliste, flanqué du reste du band, vienne inspecter le bolide. Accolades viriles, moments photos, échanges de compliments, la soirée s’annonce plutôt bien.

La fosse est plutôt clairsemée, si pas quasi-vide, lorsque les Liégeois de Surge of Fury entament leur set. ‘Allez les gars, on se rapproche… Que chacun fasse deux pas en avant, je veux pouvoir vous sentir’, lâche Tito à l’auditoire qui se densifie petit à petit. Les coreux comptent vingt années d’expérience acquise en ‘live’ ; ils connaissent donc bien les ficelles afin de bouter le feu au public. ‘Montrez vos culs…’, ose un spectateur. ‘En tout cas, nous, on se le bouge…’, lui rétorque de suite, le vocaliste. Il n’en faut pas moins pour que quelques esprits commencent à s’échauffer, les poussant à marteler le sol à coups de pieds et à mouliner les bras dans les airs. En une demi-heure de show, malgré un public relativement calme encore à cette heure anticipée de la soirée, Surge of Fury a offert un show carré et sans concessions. N’ayant jamais sa langue en poche, Tito remerciera Chris (vocaliste du groupe Do or Die et, pour l’occasion, organisateur de la soirée) mais également, un peu amer, tous les participants ‘qui ont été prêts à dépenser un tel prix, exorbitant pour ce style de musique…’ (NDR : le sésame s’élevait à un peu moins de trente euros).

Un espace contigu, des températures estivales : le cocktail idéal pour assoiffer les gosiers. La Chevy est mise en sécurité dans un parking proche de la salle de concert. C’est désormais une horde en t-shirts noirs et treillis de rigueur qui occupent la Place Neujean. Le temps de s’en jeter une ou deux, les martellements de la batterie de Wendy’s Surrender sifflent la fin de la récré. Originaires de Besançon, les Français ont entraîné leur fan club (vous vous rappelez, les fans de vieilles voitures US ?) Sous la bannière ‘East Side Hardcore’, les artistes bénéficient d’un quart d’heure de plus que le band précédent (même s’ils écourteront quelque peu leur prestation). La sauce a un peu de mal à prendre lors des premiers morceaux. D’ailleurs le public est assez statique. Wendy’s Surrender finit néanmoins par imposer son style typiquement old school mais agrémenté d’un petit côté groovy des plus appréciables. La fin du show approche et Cyril, le vocaliste, remercie Chris pour l’accueil. Jean Rem se lève derrière ses fûts, plante une baguette dans le flan du chanteur et lui montre l’arrière du podium. Cyril se retourne et se reprend illico : ‘… et on remercie également Roger d’Agnostic Front. On lui dédie d’ailleurs ce morceau !’ En toute simplicité, Roger Miret et son bassiste Mike Gallo s’étaient en effet glissés en coulisses afin de profiter de la prestation des Français. Au vu des hochements de tête approbateurs et des applaudissements, les artistes ont eu plutôt l’air de passer un bon moment. Une impression également partagée par la fosse, acclamant généreusement le groupe à la fin du concert.

Plus l’heure passe, plus l’air ambiant devient humide. Le temps de sortir d’un état proche de l’apnée, de se faire apostropher par la garde (‘on ne sort plus devant l’établissement avec des boissons après 10h !’), de se rafraîchir autant la gorge que les poumons, et il est déjà venu le moment de regagner le théâtre des opérations. Le décor est planté : le fond de la scène est tapissé par un drapé à l’effigie du dernier album d’Agnostic Front, « The American Dream Died », représentant la charmante statue de la liberté au visage squelettique. Tout le beau monde réuni pour l’occasion occupe à présent la salle, les plus motivé-e-s sont collé-e-s à l’estrade. Il faut dire qu’au Reflektor, il existe une grande proximité entre le groupe (ou l’artiste) et la foule, une simple petite barrière séparant le pit du podium.

Obscurité, cris, spots rouges projetés à la face du public, la B.O. du film ‘Le Bon, la Brute et le Truand’ (NDR : ça y est, vous l’avez aussi en tête à présent ?) est diffusée dans les haut-parleurs. Fidèle à sa réputation de mascotte, Vinnie Stigma entre triomphalement sur les planches, tout en torse bombé, vêtu d’un maillot du Standard et brandissant sa guitare retournée, au dos de laquelle sont inscrites en capitales les lettres STIGMA. Craig Silverman et Mike Gallo, respectivement guitariste et bassiste du band, prennent position derrière leur micro de part et d’autre du podium. Toujours très sobre et discret, Pokey s’assied derrière sa batterie, suivi finalement de Roger Miret, éternel bandana sur le crâne descendu jusqu’au niveau des yeux, et vêtu d’une ample chemise noire et short de la même couleur. Tous les poings sont levés. « The Eliminator », tiré de l’album « Cause for Alarm » de ’86, claque, tel un coup de fusil, le début du round. La contiguïté des lieux décuple la puissance des bousculades viriles dans la fosse. Les torses s’entrechoquent, certains tombent mais sont de suite relevés. Hardcore spirit.

L’ambiance est empreinte d’une franche camaraderie, le combo a l’habitude du plat pays et son public lui est fidèle. Un lien manifestement palpable. Les esprits s’échauffent, les plus hardis se font porter au-dessus de la foule pour finalement atterrir sur l’estrade, taper une accolade à un des musicos pour finalement se relancer de plus belle dans le pit. Certes, l’alcool aidant, certains abusent de cette ascension sur la stage ; ce qui finira par sensiblement énerver Roger Miret et Mike Gallo. Mais bon, ce rituel fait partie du jeu. Les morceaux s’enchainent pendant une heure, pour un set plein et condensé. Un ‘We love you Agnostic’ émane d’un des spectateurs adossé à la barrière et vient interrompre le vocaliste, alors qu’il était occupé à remercier le public de sa présence en ce dimanche soir. Ni une, ni deux, Roger Miret dédicace alors « For My Family » à ce fan visiblement heureux d’être là. En guise de remerciement, la formation invitera également (encore !) Chris de Do or Die à les rejoindre pour attaquer « Peace », avant de, quelques morceaux plus tard, relancer l’invitation cette fois-ci au vocaliste de Wendy’s Surrender, pour s’époumoner ensemble sur « A Mi Manera ». Un juste retour d’ascenseur.

Même si la moyenne d’âge tendait plutôt vers les trentenaires et les quadras, le public recensait quand même quelques jeunes pousses. ‘Vous êtes la nouvelle génération’, signifie Roger Miret à de jeunes enfants proches des barrières, avant de les inviter à monter sur l’estrade pour le dernier morceau du set, l’incontournable reprise des Ramones, « Blitzkrieg Pop ». Pendant que l’un s’accapare le micro de Craig Silverman afin d’entonner le refrain, un autre, plus jeune, cheveux longs et casque insonorisé sur la tête, pousse la chansonnette auprès du vocaliste, avant de se lancer dans la fosse, sous le regard médusé mais amusé des musiciens. ‘Vous savez, c’est aujourd’hui la Fête des Pères aux Etats-Unis… Mike est papa, Craig est papa, je le suis aussi… Vinnie lui est déjà grand-père (NDR : ce qui déclenche des rires de la salle). Et Pokey… lui c’est notre adopté, il est notre gamin à tous (accentuant cette hilarité). On est une grande famille…’, avait lancé Roger un peu plus tôt. Après avoir passé de bras en bras dans la fosse, le petit garçon revient sur les planches. Le chanteur le hisse sur ses épaules et clôture le set. Tout le monde est hors d’haleine. Les sourires parlent d’eux-mêmes : les légendes new-yorkaises du Hardcore-Punk ont une nouvelle fois mis le feu, en toute modestie, en tout simplicité, leur expérience et leur vécu transparaissant naturellement dans leur jeu de scène. Un esprit de fraternité, d’échange sincère avec leur public –peu importe le nombre qu’il soit– qui ne naissent et ne se déploient que dans ce type de concert. Longue vie au Front !

Organisation : Reflektor & Nuclear Blast

Jasper Steverlinck

Eblouissant !

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Ce soir, le Zik Zak accueille l’ex-chanteur/guitariste d’Arid, Jasper Steverlinck. Il a entamé une carrière individuelle, il y a maintenant trois ans. Il s’agit d’une des plus belles voix issue du Nord de la Belgique. Le Gantois bosse actuellement sur un nouvel opus, qu’il viendra défendre, notamment, au Botanique et à l’Ancienne Belgique, dès l’automne prochain.

Julie Jeavons aka Folk Vagabond assure le supporting act. Elle est aussi grande que son talent. Son goût pour le folk issu des 70’s, elle le doit à ses parents. Et tout particulièrement son père, qui est anglais. Sa mère est française. Julie vit d’ailleurs aujourd’hui, à Lille… Elle milite également au sein de The Lonely Free, qui s’était d’ailleurs produit, en première partie de Bai Kamara Junior, dans la même salle, il y a quelques semaines. Ce soir, elle se produit en solitaire, avec sa voix, son harmonica, ses sifflements et sa gratte semi-acoustique, sur laquelle sont imprimés les mots ‘This Machine Travels’. Fin du mois de juin, elle publiera son troisième elpee, « Heart Of The Matter ».

Un tonnerre d’applaudissements accueille Julie sur les planches. Elle est armée de sa gratte semi-acoustique. Ses nombreux voyages inspirent ses lyrics. « Edge Of Your World » ouvre le set. Une compo hantée par Dylan, même si la voix évoque davantage Joan Baez. Le toucher de cordes est empreint de subtilité. On a l’impression de partir le cœur léger, à l’aventure, en emportant pour tout bagage, son sac à dos. Un doux sifflement traverse l’atmosphère... Les cordes sont toujours aussi délicates et tout en retenue, tout au long de « Child Of The Universe ». Elles s’agitent quelque peu pendant « Lifetime », une nouvelle compo, alors que la voix de Julie devient graveleuse. Un morceau dont l’écoute serait idéale, en bord de mer, devant un feu de camp. « Life Of A Vagabond » adresse un clin d’œil au « Like A Hobo » de Charlie Winston. « Tale Of The Fallen Princess » est un inédit. Autre composition récente, « I’ll Be Your Clown » figurera sur le prochain opus. Libérant des ondes positives, elle bénéficie d’un refrain contagieux et pourrait facilement squatter la bande FM. Retour des sifflements pour « Utopia », un morceau qui fait du bien au cœur et à l’âme. Bref, ce récital folk était vraiment judicieux pour oublier les tracas de la vie quotidienne…

Le concert de Jasper Steverlinck sera également acoustique ; mais l’artiste est accompagné par Valentijn Elsen, aux claviers. Il fait de plus en plus chaud. Quelques ventilateurs au plafond seraient les bienvenus… Si jasper est très apprécié en Wallifornie, en Flandre, il est considéré comme une star. Pas étonnant que de nombreux aficionados issus du Nord du pays aient fait le déplacement. En s’accompagnant à la gratte semi-acoustique, Steverlinck attaque immédiatement plusieurs titres de son prochain long playing, dont « Our Love Got Lost » et « So Far Away From Me ». Sa voix est atmosphérique, céleste même. Jasper avait annoncé sur son compte Facebook, qu’il y avait longtemps qu’il s’était produit en live, et que ses doigts étaient impatients de toucher un manche de guitare. Nouveau single, « That’s Not How Dreams Are Made » enthousiasme l’auditoire. L’artiste n’en oublie pas pour autant son répertoire plus ancien, à l’instar de « Things That I Should Have Done ». De quoi vous flanquer des frissons partout. Et puis de reprendre magistralement le « Life On Mars » de Bowie, en prenant soin de descendre dans la fosse. Bref d’une durée de 120 minutes, ce concert réunissant nouvelles et anciennes compos a ébloui l’auditoire, malgré la fournaise…

Photo : focale2.8

(Organisation : Zik Zak)

Slayer

Personne ne vient défier un Roi, au risque d’en perdre la tête…

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‘Vous n’auriez pas une place à revendre ?’ Face à l’Ancienne Belgique, la question se répète inlassablement. Des négligents et des malchanceux cherchent à se procurer quelques chers sésames pour le show de ce soir. Et pour cause, la mythique salle de concert bruxelloise affiche sold out depuis quelques mois déjà. Il faut dire que programmer Slayer n’était guère risqué. Malgré trente-six années de présence sur scène, les pionniers du Thrash Metal attirent toujours autant les foules, celles d’hier et même d’aujourd’hui.

L’été approche à grandes enjambées. Les gosiers ont besoin d’être désaltérés. Le bar de l’AB est en coulée continue. De houblon ! Ça discute, ça parle, ça rigole. Quelques grosses voix beuglent : ‘Slaayyyeeerr’. Un cri de ralliement, nourri à la testostérone et à la virilité. Slayer, c’est pas pour les rigolos ! Une troupe s’affaire autour du stand de merchandising et agite des billets de dix et vingt euros pour ramener un précieux souvenir de guerre qui s’annonce. Bien que… quelle que soit la renommée du groupe ou l’importance de la bataille, débourser trente euros pour une casquette ou vingt euros pour un bracelet/éponge peut très vite faire mal à l’arrière-train. Business is business, messieurs, dames ! Mais direction l’arène, où le spectacle va bientôt commencer…

Il faut manifester une belle dose de confiance en soi –ou d’inconscience !– pour ouvrir la soirée des vétérans du Thrash. Un défi héroïque relevé par The Charm The Fury, un combo batave pratiquant un Groove Metal à la sauce Metalcore. La fosse est encore clairsemée, seul-e-s les plus curieuses et les plus curieux sont proches de l’estrade. Caroline Westendorp a enfilé un t-shirt noir moulant et transparent ainsi qu’un jeans troué de rigueur (un dress code du band apparemment). Elle se débat comme une belle diablesse et alterne habilement chant clair et hurlé. Le groove des morceaux ainsi que certains breaks provoquent quelques hochements de tête, d’abord timides puis progressivement assumés. Rolf Perdok attaque une reprise de Metallica à la gratte. Les autres musicos embraient. Ce qui agite quelque peu les esprits. Il n’empêche que face aux monstres qui s’apprêtent à leur succéder… le set, s’avère finalement, inoffensif. La vocaliste laisse même parfois l’impression de s’excuser d’être là, incitant plus d’une fois la fosse à crier en l’honneur de Slayer. Il aurait peut-être été plus judicieux de dénicher un supporting act davantage caustique, afin d’astiquer, comme il se doit, les metalheads avides de blasts et riffs endiablés.

Il reste à présent vingt minutes. Le temps nécessaire pour permettre au band orange de remballer son matos et l’équipe technique de Slayer, de dresser le théâtre des opérations. Du moins… les armes létales de chaque artiste ; le reste de l’espace scénique se limitant à un large backflag frappé en son centre d’une représentation christique et implorante de la cover de son dernier elpee, « Repentless ». Un Dieu terrorisé, au regard niché dans le plafond qui n’ose pas braver ses détracteurs sur scène. Les guitares sont accordées au poil. Surélevée, la batterie trône au milieu de la scène. J-2 minutes, un dernier coup de chiffon est appliqué un peu maladroitement sur le micro. Les haut-parleurs crachent quelques morceaux du répertoire d’AC/DC. De quoi tuer le temps. Les minutes s’égrènent. Les esprits s’échauffent. Quelques t-shirts commencent à tomber. Immersion dans l’obscurité. Des spots bleus blafards éclairent l’arrière-plan apocalyptique. La guitare ronde et délicieusement ironique de « Delusions of Saviour », morceau d’introduction du dernier LP, prélude l’arrivée des artistes sur le podium. Tapie dans l’obscurité, la silhouette imposante du vocaliste Tom Araya commence, petit à petit, à se dessiner. Épaisse chevelure sombre, barbe grise généreusement fournie. Il se plante devant son micro, visage empreint d’un sourire énigmatique. Son rictus figé entre la possession maligne et l’ironie légèrement présomptueuse. Il est sobrement fringué d’un t-shirt et d’un pantalon en cuir noirs. À sa gauche, Kerry King, armé de sa B.C. Rich conçue spécialement pour lui, détonne par davantage d’extravagance : crâne fraîchement rasé et tatoué à l’arrière, épaisse barbe réunie par plusieurs élastiques, singlet à l’effigie du band laissant apercevoir ses imposants tatouages, pantalon de cuir noir surmonté d’une grosse chaîne ramassée sur elle-même. Les deux survivors du line up originel. À la droite du Père Araya, Gary Holt, successeur du regretté Jeff Hanneman, visage mangé par d’importants favoris, cou de taureau dopé au headbanging forcené, t-shirt frappé d’un grand pentagramme, veste à patchs et jean noir. Le musicien ne manque d’ailleurs pas de rappeler –que ce soit par un des bracelets éponge qu’il porte ou par un des patchs cousus à l’arrière de sa veste– qu’il est également toujours le maître à bord d’Exodus, autre combo yankee de Thrash des premiers jours. Le batteur Paul Bostaph, quant à lui, est entièrement dissimulé derrière son kit de batterie. Seules quelques mèches de cheveux flottantes confirment qu’il existe, en arrière-plan, une trace de vie.

Le show démarre sur les chapeaux de roue par « Repentless ». Constatation immédiate : le son est particulièrement net et puissant. Pourtant, en festival, Slayer traîne la mauvaise réputation d’être plutôt brouillon. La soirée s’annonce vraiment très bonne. L’enchaînement des morceaux donne également le ton : les maîtres du Thrash ne sont pas venus pour se la couler douce, mais bien pour botter le cul de 3 000 personnes qui garnissent la salle. En plus de trente ans de carrière, ce n’est évidemment pas le choix des morceaux qui manquent. Bien que leur dernier opus soit en toute logique mis en exergue –à l’instar du dévastateur « Take Control », mais aussi du plus paisible, mais tellement malsain « When The Stillness Come »– le combo est allé repêcher des compositions plus anciennes, dont « The Antichrist » datant de 83 ou « Postmortem », de 86. La fosse est littéralement survoltée, et dès les premières notes, c’est le remue-ménage. Les grands classiques, tels que « Disciple », « Seasons in the Abyss » ou encore « South of Heaven » vont remettre une couche de déséquilibre. L’ambiance ne connaît pas de haut ni de bas : elle est en constante progression. Force est de constater que bon nombre de fans de la première heure ont fait le déplacement et eux aussi veulent en découdre. L’antre de l’Ancienne Belgique devient un défouloir collectif, où les gros bras se bousculent. Un vrai combat de coqs où les torses imbibés de sueur s’entrechoquent et s’envoient en l’air à coups de stage diving. L’adage selon lequel ‘je faisais ça quand j’étais jeune, mais plus maintenant’ ne tient pas la route. Slayer, catalyseur de violence depuis 1981, n’a rien perdu de son pouvoir.

Sur les planches la hargne est beaucoup plus canalisée et jaillit dans la précision et la qualité d’exécution. Telle une huître bodybuildée, Kerry King est renfermé sur lui-même, plié sur son instrument. Aucun contact avec le public, si ce n’est un rare échange visuel de temps à autre. Garry Holt, partage davantage avec la fosse, grimaçant au gré de ses riffs ciselés. Mais le plus impressionnant reste néanmoins Tom Araya, du haut de sa stature impassible, fermant les yeux pour concentrer son énergie à travers son instrument et hurlant tel un gorille possédé. Il existe quelque chose de malsain en lui ; et impossible de différencier dans son regard, l’humour de la saine folie. Lors d’un break, il prend un malin plaisir à, lentement, parcourir du regard les premiers rangs, avant de remonter sur les deux étages de balcons. Comme si le mâle alpha tenait à dominer, un par un, les metalheads qui le bravent. La batterie retentit trois coups. Les musiciens font face à la batterie. Seconde semonce de trois coups, accompagnée d’une giclée de larsens. Le public le sait, la tension monte de façon exponentielle : dans quelques minutes, tout va exploser. Troisième semonce, les musiciens tirent le suspense en longueur, jusqu’à ce que le riff diabolique de Raining Blood n’envahisse l’espace. Le drumming démarre. Le feu est mis aux poudres. L’onde de choc se répand de long en large. Ça cogne sec et dur. Mais ils n’en n’ont pas encore fini et tiennent l’audience par la carotide. Un « Chemical Warfare » vient se planter dans les côtes, avant de profiter d’une envolée céleste grâce à « Angel of Death ». Pas de rappel, le credo a été récité. Pas de doute : les Californiens connaissent leur statut. Ils savent qu’ils sont connus et reconnus, et ne s’en privent pas de s’en servir. Ce soir, sur scène, ils ont été les Rois. Et personne ne vient défier un Roi, au risque d’en perdre la tête.

À moins qu’on ne l’ait déjà toutes et tous perdue.

(Organisation : Live Nation – Nuclear Blast)

Setlist : “Repentless”, “The Antichrist”, “Disciple”, “Mandatory Suicide”, “Hallowed Point”, “War Ensemble”, “When the Stillness Comes”, “You Against You”, “Postmortem”, “Born of Fire”, “Dead Skin Mask”, “Hate Worldwide”, “Pride in Prejudice”, “Take Control”, “Seasons in the Abyss”, “Spirit in Black”, “South of Heaven”, “Raining Blood”, “Chemical Warfare”, “Angel of Death”

Suzanne Vega

Un set empreint de délicatesse et de fraîcheur…

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Quand on évoque Suzanne Vega, on pense immédiatement à ses deux tubes, « Tom’s Dinner » et « Luka ». Pourtant, cette auteure-compositrice-interprète américaine compte 9 albums studio à son actif, dont son dernier « Lover, Beloved: Songs from an Evening With Carson McCullers », est paru l’an dernier. Responsable de chansons introspectives, parfois autobiographiques, elle reconnaît pour influences majeures, Lou Reed, Bob Dylan et Leonard Cohen. Ce qui explique pourquoi, quoique fondamentalement folk, ses compos adoptent volontiers, un profil expérimental. Pour accueillir la Californienne (NDR : établie depuis quelques années à New York, quand même), l’AB est en mode semi flex. Mais c’est sold out !

Le supporting act est assuré Emil Landman, un Néerlandais originaire d’Utrecht. Agé de 28 ans, c’est la première fois qu’il foule les planches de l’Ancienne Belgique. A son actif, deux elpees, « Colours And Their Things » paru en 2012 et « An Unexpected View », en 2014. Ce soir, il se produit en solitaire, armé de sa seule gratte semi-acoustique. Ses chansons sont sculptées dans un folk tendre et, ma foi, classique. En outre, il pince ses cordes avec énormément de subtilité.

Son set est de bonne facture, mais pas assez énergique à mon goût. Le nerveux « Need To Feel Loved » démontre cependant que si l’artiste était soutenu par un backing group, son répertoire prendrait une autre dimension. Tout au long de la vidéo d’« All Thats In Front Of Us », sa gratte sonne comme une pedal steel. Ce n’est pas le cas ce soir, elle adopte des tonalités davantage métalliques. Le Batave est interactif avec le public et attire toute sa sympathie. Il faut cependant attendre « Goodnight New Orleans » pour que l’ambiance décolle véritablement. Emil a énorme potentiel et pourrait recueillir un franc succès…mais à la tête d’une véritable formation…

Après une demi-heure d’attente, place à la tête d’affiche. Sur le podium, on remarque l’absence de drums. Seules trois grattes traînent à gauche de l’estrade. Le set devrait être essentiellement acoustique. Les lumières s’éteignent. Une voix caverneuse réverbère dans les haut-parleurs ‘From New York City, please welcome, Suzanne Vega’. Bien que vêtue de noir, elle est souriante. Et malgré ses 60 balais, elle affiche une beauté naturelle. Elle est soutenue par son fidèle guitariste, Gerry Leonard. Et à la gratte électrique, il est balaise. Suzanne alterne entre acoustique et semi-acoustique. Le concert va nous proposer de larges extraits du dernier long playing,  « Lover, Beloved : Songs From An Evening With Carson McCullers ». Suzanne a d’ailleurs écrit une pièce de théâtre s’inspirant de feu la romancière américaine, à qui elle voue un véritable culte. Et il s‘ouvre par « Fat Man & Dancing Girl ». Gerry électrifie généreusement « Marlene On The Wall ». La voix de Suzanne est toujours aussi candide. « Caramel » a un goût de sucré/salé. Suzanne sort de sa poche un chapeau haut-de-forme et le pose sur sa tête. Ce qui déclenche l’hilarité au sein de l’auditoire. Elle dialogue beaucoup avec ce public et en profite pour balancer l’une ou l’autre vanne. Et elle nous rappelle qu’elle a aussi un talent d’actrice, à travers « New York Is My Destination » et « Harper Lee ».

Il y a déjà 30 ans que l’album « Solitude Standing » est paru (NDR : « 99.9F° » remonte à un quart de siècle ; et ces deux elpees, elle reviendra les interpréter dans leur intégralité, cette année, lors d’une tournée électrique). C’est celui sur lequel figure les incontournables « Luka » et « Tom's Diner ». Le premier est littéralement hanté par la voix de Vega, le second boosté par des riffs électriques dispensés par son partenaire. D’ailleurs, les deux artistes semblent plutôt complices et prendre du plaisir sur les planches. Et avant d’attaquer « I Never Wear White », elle confesse… adorer le noir (NDR : Arno aurait ajouté, pour sortir le soir…), une chanson très appréciée par la foule. 

Lors du premier rappel, le duo nous réserve un « Carson's Last Supper » dépouillé. A cours duquel, Gerry se consacre également au chant. Enfin !

Et lors du second rappel, on aura encore droit à « Rosemary », un morceau à la fois sucré et atmosphérique. Suzanne Vega est une artiste attachante. Et on prend toujours autant de plaisir à la revoir sur les planches. Que ce soit en set électrique ou comme aujourd’hui, essentiellement acoustique, car empreint de délicatesse et de fraîcheur…

(Organisation : Ancienne Belgique)

Abel Caine

Acoustique, mais pas trop…

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Le Salon de Silly en mode club, c’est quoi ? Le bistrot qui sert de salle de concert. Ce soir, il va se dérouler devant 70 personnes. Calé sur un tabouret haut, on sirote son verre et on déguste la musique. Mais si on souhaite avoir une vue d’ensemble, il faut monter sur ce tabouret. En tête d’affiche Abel Caine. Soit la bande aux frangins Chainis. Qui vient de sortir son premier album, « Miracles », un opus autoproduit.

Les supporting act est assuré par Ladylo. L’ingé-son du Salon jouit d’une excellente notoriété. En bref, quand il est derrière les manettes, le son est nickel. Certains groupes ou artistes optent pour leur mixeur personnel. Comme cette formation bruxelloise qui assure la première partie. Pas vraiment à la hauteur. On n’entend presque pas la voix du chanteur. Un peu plus lorsque l’instrumentation fléchit. A revoir dans d’autres conditions…

Changement de matos pour Abel Caine. Les frères Chainis sont d’excellents musicos. Greg se charge de la basse, Micka, de la guitare. Quand ils ne se consacrent pas aux claviers. Le line up est complété par le chanteur/gratteur Milann Lafontaine (NDR : c’est le fiston du compositeur de « Cœur de Loup) et Gorgo. Généreusement tatoué, ce dernier est préposé aux synthés, à la batterie électronique et à l’human beatbox. Milann prévient que le concert sera acoustique. Pas de drummer ce soir. Pourtant, sorte d’électro/funk/soul, la musique est particulièrement dynamique et irrésistiblement dansante…

Dès le morceau d’entrée, « Mash Up », Gorgo étale tout son talent de human beatbox. Le son est excellent. Pas comme au festival de Seneffe, où il était bien trop puissant. Si « Teardrop  Eyes » est flamboyant, « Lights On » est taillé pour le dancefloor. Et vu le manque de peuple présent, il y a de la place pour s’exprimer. Le band attaque « Diamonds », la cover de Rihanna. La version met le feu à la salle. Viscéral, « East West » baigne carrément dans l’électro. Gorgo y excelle de nouveau dans son exercice de human beat box. Sculpté dans le funk, « Cut Lines » est un morceau balisé par la basse et dynamisé par des percus grisantes. Inévitablement on ne peut s’empêcher de penser à Nile Rodgers et Bernard Edwards. La basse claque et la guitare est rythmique.

Electro/pop, « Electric  Purple » est contaminé par le funk et la soul. Epatant ! Le titre figurait déjà sur l’Ep. Il a été remis au goût du jour. Quelques boubourses éméchés invitent Milann à se dévêtir. Il les remet en place, non sans une pointe d’humour. De quoi calmer ces imbibés. « Busy P » et « One Night Stand » clôturent les 60 minutes du show. Et en rappel, Abel Caine va nous réserver « Radiation », un funk incendiaire…

(Organisation : Silly Concerts ASBL)

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