L’école d’art de Library Card

Library Card a beaucoup joué en live à travers l'Europe et les États-Unis. Son nouveau morceau, "Art School", est devenu un favori du public lors de ses concerts. Ce titre marque un nouveau chapitre pour la formation, qui est rapidement devenue l'un des…

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Bénabar les regarde danser…

Bénabar est de retour et nous propose un nouveau single intitulé « Elles dansent », un titre fondamentalement pop, joyeux et émouvant, qui raconte une histoire de famille ou d’amis dans laquelle chacun pourrait se reconnaître : un moment de joie et de liberté…

Miossec simplifie…

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Mustii

Mustii président?

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Afin de célébrer son ‘Printemps 2017’, la Province de Hainaut avait mis les petits plats dans les grands : défis, dégustations, performances, gaming, bien-être... soit plus d’une soixantaine d’activités. Il y en avait pour tous les goûts !
Mais pas seulement, puisque afin de fêter dignement cette sympathique manifestation, Mustii se produisait sous le dôme multifonctionnel et avant-gardiste du Lotto Mons Expo.
Des consignes avaient été stipulées quelques jours au préalable. Sous peine de se voir refuser l’entrée, il fallait être présent suffisamment tôt. Les organisateurs craignaient un sold out.
Faut dire que Mustii commence à se tailler une solide réputation dans l’univers musical noir-jaune-rouge…

Call me Lia assure le supporting act. Une très jolie surprise ! Ce quintet est mené tambour battant par la toute frêle Alice Spapen et son comparse Arthur Bochner.

L’histoire de ces chevilles ouvrières est d’une banalité exemplaire. Une rencontre au célèbre ‘Jazz Studio’ d’Anvers, une complicité musicale qui s’amorce, un amour de la musique et une amitié naissance. Les ingrédients sont réunis !

Très vite, le duo cherche à se diversifier et propose un spectre musical plus large, davantage structuré et coloré. Il recrute trois autres jeunes musiciens, encore élèves au Conservatoire Royal de Bruxelles : Louise Andri (claviers), Victor Goldschmidt (batterie) et Pierre Louis Barthélémy (basse).

La formation –dont les musicos sont originaires de Bruxelles et du Brabant Wallon– prend véritablement son envol, suite à sa participation en 2015, au concours ‘L’Envol des Cités’. Elle est finaliste. Ce qui lui permet de signer chez Rox Records, un label distribué par Moonzoo music.

Sucrée, sa pop emprunte parfois des accents rock et se teinte circonstanciellement de tonalités jazzyfiantes ou funkysantes. Cosy, feutré même, l’univers sonore est plutôt proche d’un Black Lilys.

Les refrains sont envoûtants et entêtants. Les riffs de guitares sont faussement nonchalants dans la progression rythmique. Sans oublier cette vocalise ensorcelante qui annonce chaudement le printemps. Une tessiture susceptible de faire frémir de bonheur !

Les voix masculine et féminine se conjuguent à merveille ! Elles convient le spectateur à une cérémonie très agréable, pleine de réminiscences qui nous ravissent.

D’une trentaine de minutes cette prestation a certes marqué les esprits, mais elle laissera comme un goût de trop peu.

Les applaudissements –hautement mérités– fusent de toute part. Les lumières tamisées s’éteignent doucement et la salle sort de sa pénombre.

Il faut attendre 22h30 avant que Mustii ne montre le bout de son nez. Il s’excuse d’avoir une demi-heure de retard. Faut dire qu’il était programmé à l’affiche d’un autre festival, quelques heures plus tôt.

Si habituellement, il est couvert d’un ersatz de peignoir à capuche de style ‘Boxer’, acheté aux fripes, il arbore une tenue un poil plus conventionnelle ce soir : soit un survêtement en toile de lin de couleur noire et des fringues en cuir.

Histoire de théâtraliser un peu plus l’évènement encore, les musicos qui l’accompagnent ont suivi le même rituel.

Thomas Mustin, à l’état-civil, s’est essentiellement illustré en publiant « The Golden Age » et « Feed Me », deux titres matraqués sur les ondes radiophoniques.

Jeune artiste belge, acteur, auteur, compositeur et interprète, son univers musical baigne au cœur d’une pop électro enivrante, sensuelle, douce et abrupte à la fois.

A même pas trente ans, le gamin diplômé de l'IAD possède déjà une sacrée expérience scénique ! Ces derniers mois, il a écumé des dizaines de salles de concerts et des festivals.

Son tour de chant commence lorsque deux comparses flanqués en arrière-plan frappent énergiquement sur deux cymbales gargantuesques. Tout est millimétré. Les sons synthétiques sortent des machines, posées ci et là, et inondent immédiatement les conduits auditifs des aficionados. C’est assez énergique, les premiers pas de danse de sioux sont perceptibles !

La salle est pleine à craquer ! Les quelques piliers de comptoir ont déserté le bar, déposé leur pinte et sont venus tendre l’oreille à moitié ivre.

Mustii interprète, bien sûr les titres de son Ep, « The Darkest Night », paru l’an dernier. De nombreux fans connaissent les textes et les reprennent en chœur.

Les chansons conventionnelles et de jolies ballades ténébreuses alternent. Elles figureront sur un elpee, qui devrait sortir très prochainement.

Etrangement, la puissance de sa voix contraste avec son physique de jeune premier tout droit sorti d’une sitcom française pour ados, diffusée pendant les années 90.

Les détracteurs estimeront le set, sans doute, trop lisse. Donc, sans relief. Si manifestement l’improvisation n’a pas sa place, il est au contraire fort dense.

Sa reprise du tube séculaire « Heroes » s’avère toujours un des moments forts du spectacle. Une compo très intelligemment réappropriée. Le regretté David Bowie aurait été très fier du travail accompli.

Sans relâche, le show est rythmé par une kyrielle de chorégraphies ! Le gaillard ne cesse de courir et d’interagir avec les spectateurs.

A plusieurs reprises, il descend dans la fosse et serre les mains. De quoi laisser de nombreux spectateurs, bouche bée. Le tout, en arborant un large sourire, malgré une chaleur particulièrement écrasante. Il perle de sueur. Mais, on le sent heureux d’être là ! Il communique son énergie. On se croirait en pleine campagne électorale. Un spectateur lui offrira même du ‘Babybel’ pour le remercier. Et ce fromage est aussitôt converti en trophée…

Dents blanchies, sourire ravageur, coiffure soigneusement peignée et yeux hypnotiques, il profite de sa plastique de mannequin pour lécher du regard sans trop de scrupules les plus jolies filles. Et apparemment, elles sont ravies.

Un concert d’une rare intensité ! Décidément, La Belgique regorge de bien plus de talents qu’on ne peut l’imaginer…

(Organisation : Province de Hainaut)

 

 

 

Bai Kamara Jr

Ebahi ? Mais par Kamara Junior…

Écrit par

Situé à Ittre, au beau milieu des bois, le Zik Zak est une très jolie salle. Rien n’est donc susceptible de troubler la tranquillité du voisinage. En outre, le son y est excellent et l’accueil réservé au public ainsi qu’aux artistes, chaleureux. Au programme, ce soir, The Lonely Free en supporting act et Bai Kamara Jr en tête d’affiche. Il était venu présenter son nouvel elpee, « The Mystical Survivors And Some Rare Earthlings », au Botanique, en avril dernier. On doit donc s’attendre à une set list qui fasse de nouveau la part belle à cet opus. Un disque dont le métissage entre funk, rock, latino, blues, soul, blues et world africaine est tout bonnement savoureux. Mais ce soir, la prestation sera surtout intimiste, privilégiant le format acoustique…

Arrivé en retard, impossible de vous décrire le set de The Lonely Free. Suivant les échos recueillis, la formation pratique un rock/blues que souligne, de sa voix chargée de groove, Sophie Kroonen.

Et lorsque votre serviteur débarque, Bai Kamara Jr vient d’entamer son second morceau. En costard cravate, armé d’une gratte semi-acoustique, il a le sourire aux lèvres. Il est soutenu par un quatuor qui semble tout autant prendre son pied. En l’occurrence Eric Moens, à la guitare électrique, et Thierry Rombaut (BJ Scott, Sarah Carlier), à la basse. Sans oublier, sur une estrade, bien en retrait, Yves Baibay aux drums.

Il a plus ou moins 50 âmes dans la salle. Aussi Bai invite l’assemblée à se rapprocher du podium.

Minimaliste, la version du « Going Up The Wrong Way » est dépouillée de ses cuivres. « Misery » dénonce la famine et la misère qui sévit en Afrique, le continent d’où il est originaire. Un nouveau titre : « It Ain’T Easy ». Tout au long de « For The Promise Of Gold », la voix du Sierraléonais adopte les inflexions de Jimi Hendrix. Et elle est carrément bouleversante pendant le plus rock « Riverboat Blues », un morceau au cours duquel l’auditoire est ébahi par sa maîtrise aux cordes ; il se réserve d’ailleurs alors un bel envol, en triturant judicieusement ses pédales.  

Si sa musique nous entraîne dans le delta du bayou, « If I Could Walk On Water » aborde le drame des Boat People. Lors de la version studio, des artistes belges avaient apporté leur concours, une chanson dont les bénéfices ont été reversés à Médecins Sans Frontières.

Plus latino, mais sans percus ni ivoires, « Signs » lorgne carrément vers Carlos Santana. A cause du toucher de gratte si caractéristique.

La voix se charge de groove sur « Got Out Of This », une compo hantée par Marvin Gaye et Curtis Mayfield. Et le funky « Making Beggers Into Thieves » clôt ce set, un morceau qui incite à investir le dancefloor.

Le band quitte brièvement les planches pour réapparaître aussitôt afin d’accorder un rappel de deux titres : « Substitute » et « Fortune », soit les deux dernières perles de la soirée.

(Organisation : Zik Zak)

Klub des Loosers

Une belle propagande pour la musique…

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Le 6 octobre prochain, le Klub des Loosers publiera un très attendu successeur à « La Fin de l’Espèce », paru il y a déjà 7 ans. Ce nouvel elpee clôturera ainsi la trilogie entamée en 2004, par « Vive la Vie ». Ces concepts albums racontent la vie d’un personnage malheureux en amour depuis de son adolescence jusqu’à sa vieillesse. Des textes particulièrement forts, écrits par Fuzati, le leader du groupe. Ce spectacle accordé au Grand Mix est l’avant-dernier de la tournée amorcée, il y a près de 3 ans, par le Klub.

En première partie, LaBotanique tente de chauffer la salle mais le public n’est pas très réactif. Faut dire que le rap du duo est plutôt classique ; et ce manque l’originalité, malgré quelques instrus plutôt sympas, n’est pas de nature à enflammer la foule. On est bien loin de ce que Klub des Loosers propose.

A 21h30, le backing group de K.d.L. monte sur l’estrade et attaque une intro instrumentale. Fuzati a emmené de véritables musiciens (batteur, guitariste, bassiste et préposé au synthé) pour ce périple. Ce qui apporte un réel plus aux compos.

Quelques secondes plus tard, Fuzati grimpe sur le podium. Masqué, et c’est habituel, il entame le set par « Le Manège des Vanités ». En début de parcours, le Klub enchaîne les plages du premier LP. Dont les très fédérateurs « Pas Stable » ou encore « Dead Hip-hop ». De quoi permettre à l’auditoire de se plonger plus facilement dans l’ambiance. Ces morceaux jouissent en effet de refrains simples mais terriblement efficaces. Les spectateurs les reprennent donc en chœur. Fuzati est très communicatif, n’hésitant pas à blaguer avec le public où à charrier ses amis musicos. Son flow est de bonne facture mais c’est surtout son énergie qui impressionne. Il est en très grande forme et semble énormément s’amuser.

Les compos les plus notoires y passent ensuite. Depuis « Un Peu Seul » à « L’Indien », en passant par « Sinok ». Les versions sont particulièrement bien travaillées et systématiquement allongées. Mais un titre sort clairement du lot : « Sous le Signe du V ». Chargées d’ironie, les paroles racontent le mode de vie à Versailles, d’où est originaire Fuzati. C’est le public qui entonne le fameux refrain ‘Né, sous le signe du V’ pendant que le chanteur lève la main droite et exécute le symbole ‘V’ à l’aide de ses doigts. Un grand moment de partage.

Le rappel est particulièrement long (six chansons) et le concert se clôture en douceur par « Destin d’Hymen ». Fuzati se retire alors, laissant le soin à son groupe de jouer les dernières notes. Ce concert de Klub des Loosers a tout bonnement été grandiose. Les textes en rap et l’instrumentation rock ont fait bon ménage, une synergie qui a apporté une nouvelle dimension aux compos ; bien plus intéressante que sur disque. Ce samedi, on n’a pas assisté à un set de hip hop, mais à une belle propagande pour la musique. L’homme masqué et son groupe ont frappé très fort et seront plus que jamais attendus au tournant, en octobre prochain, lors de la sortie d’un nouvel opus…

(Organisation : Le Grand Mix)

Little Hurricane

Un duo à revoir de toute urgence !

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Ce soir, à l’AB, en mode Box, la salle est comble pour accueillir Spinvis ; mais votre serviteur a choisi le Club, endroit plus cosy, où va se produire Little Hurricane, un duo issu de San Diego, en Californie, qui réunit la drummeuse Celeste ‘C.C.’ Spina et le chanteur/guitariste Anthony ‘Tone’ Catalano. Il vient de sortir son nouvel elpee, « Same Sun Same Moon », en avril dernier. Il s’agit de son quatrième, si on compte celui consacré à des covers, le superbe « Stay Classy », publié en 2013. Le style de cette formation ? Un mélange de blues du Delta et de rock lo-fi.

Pas de supporting act. La salle est bien achalandée. Les spectateurs les plus bavards sont agglutinés au bar. A 20h30 précises, le couple monte sur l’estrade. Anthony est coiffé d’un chapeau (probablement un Stetson !) Plutôt sexy, C.C. porte une robe blanche en dentelle, assez courte. Elle laisse apparaître un superbe tatouage sur le bras gauche. Et elle est particulièrement jolie, ce qui ne gâte rien ! Elle ôte ses chaussures en cuir, pour libérer ses petits petons afin de manœuvrer plus facilement les pédales de ses fûts.

« Superblues » ouvre le set. Plutôt percutant, le morceau évoque instantanément Jack et Meg des White Stripes, même si le spectre de Black Box Revelation se met déjà à planer. « Summer Air » nous plonge dans les eaux du Mississipi. La voix de Tone est rocailleuse. Ses tonalités de cordes sont métalliques et frémissantes. Elles virent au surf sur « Sheep In Wolves Clothes », un morceau qui semble déchiré entre americana et bluegrass. Non seulement, la version du « Bad Moon Rising » de Creedence Clearwater Revival est méconnaissable, mais elle est surtout originale. C.C. rencontre un petit problème technique. Et lorsqu’il est réglé, le tandem attaque « Mt Señorita », une compo aux accents chicanos, qui figure sur le dernier LP. Plus groovy, « Isn’t it great » incite à bouger le popotin. Place ensuite à « Bad Business », un hit au refrain entêtant, qui a cartonné sur YouTube. Mr Calatano adapte le « God's Gonna Cut You Down » de Johnny Cash, en mode lap steel guitar, dos de l’instrument sur un fly case. Digne de Ben Harper ! Lors de « March Of The Living », un instrumental de plus ou moins deux minutes, les musicos en profitent pour étaler tout leur registre technique.

Après le très rock « Trouble Ahead », « Natural Blues » baigne au sein d’un climat paisible. C’est une compo signée Moby.

C.C. se réserve le micro pour « OTL ». Sa voix est limpide. Elle devient de plus en plus croquante/craquante (NDR : ne biffez pas la mention utile !) Lorsque Little Hurricane aborde « Boiling Water », la solution sonore entre en ébullition. Et quand il nous quitte, on a des « Crocodile Tears » dans les yeux. Mais les alligators ont encore faim et aimeraient dévorer davantage de morceaux. Qui leur seront servis, notamment, à travers une cover magique et endiablée du blues/funk « Ain’t no sunshine » de Bill Withers. Un duo à revoir de toute urgence !  

Voir aussi notre section photos ici

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

 

K's Choice

Nostalgie, quand tu nous tiens…

Écrit par

En cette année 2017, K’s Choice célèbre son 25ème anniversaire. Le groupe belge à la notoriété internationale donne le coup d’envoi de sa tournée baptisée ‘French Anniversary Tour’, ce mercredi 3 mai 2017, au Splendid de Lille.
Si le set est affiché fièrement sold out, sur les réseaux sociaux, il faut reconnaître que vu la proximité de la frontière, l’auditoire est davantage composé de Belges que de Français. En quelque sorte, Sarah et Bert jouent presque à domicile ce soir…

C’est très précisément à 20 heures que Jim Bauer, vêtu de noir et de gris –pas très joyeux à prime abord pour une soirée anniversaire– grimpe sur l’estrade, armé de sa sèche (qui doit certainement avoir déjà fêté plus d’un quart de siècle, quand on voit l’usure de la table d’harmonie).

Romantique, l’univers sonore de cet auteur/ compositeur/interprète baigne au sein d’une néo soul teintée de folk aux accents nineties. En extrapolant, elle aurait pu naître de la rencontre entre  Baptiste Lalieu (Saule) et Fran Healy (Travis). 24 minutes chrono plus tard, Jim Bauer annonce la fin de son set ; mais avant de vider les lieux, il va surprendre son auditoire en lui réservant une reprise audacieuse d’« It’s a Man’s World » de James Brown. Sa voix est alors chargée de groove. Et les interventions à la gratte précises et riche en couleurs. Pari réussi et un bel hommage rendu au ‘Godfather of Soul’. Jim Bauer peut s’éclipser la scène la tête haute, le contrat est plus que rempli. Et selon la formule consacrée, cet artiste est à suivre de très près… 

A 20h30 tapantes, les lumières s’éteignent alors qu’une bande/son de « Mr. Freeze » est diffusée dans les haut-parleurs. La salle est maintenant copieusement remplie. Les musiciens entrent alors en scène, sous de chaleureux applaudissements. Ils sont six, dont un second gratteur, un bassiste, un claviériste et un drummer. Et bien sûr Sarah et Gert Bettens qui affichent un large sourire, mais ont beaucoup de mal à cacher les sentiments qui les étreint, face à un public enthousiaste et heureux de ces retrouvailles.

K’s Choice démarre sur les chapeaux de roue en enchaînant ses tout premiers succès. Le ton est donné. L’ambiance est sympathique et agréable. Et un parfum de nostalgie se répand dans l’atmosphère… Sarah multiplie les interventions de gratitude et chargées d’émotion, tout en n’oubliant pas de s’adresser à son frère, parfois sur le ton de l’humour. Gert reste plus discret et se concentre sur ses instruments, en alternant ses guitares (acoustique, semi-acoustique, etc.) et un ukulélé. Et sa maîtrise est impressionnante. 

Les plages du ‘best of’, qui vient de sortir, passent parfaitement la rampe et bénéficient d’une nouvelle énergie que le duo semble puiser au sein d’une fontaine de jouvence. Les musicos sont chevronnés. Des pros, si vous préférez. Ce qui n’empêche pas Sarah d’apporter son grain de folie, lié à la circonstance.  

« Believe » et « Cocoon Crash » sont certainement les deux titres les plus appréciés par le public. Sa réaction le démontre. Et il entonne à deux reprises ‘Happy birthday, K’s Choice’. Un fan vient même offrir un t-shirt, spécialement imprimé pour l’événement, à Sarah.  

Après avoir quitté le podium, la formation revient pour accorder une prestation davantage intimiste. Sarah interprète même, en solo, le single « 20,000 Seconds ». Sarah et Geert  clôturent ce spectacle par une version acoustique de « Killing Dragons ». Et c’est sous les acclamations que le groupe quitte définitivement les planches. Les spectateurs peuvent sortir du Splendid, le sourire aux lèvres et l’impression d’avoir retrouvé leur adolescence, le temps d’un concert, suite à cette soirée anniversaire…

(Voir aussi notre section photos ici)

 

 

 

Ozark Henry

Ce soir, c’est Laura Groseneken qui a volé la vedette à Piet Goddaer…

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Le projet de Piet Hendrik Florent Goddaer, Ozark Henry, remonte déjà à 1995. Considéré comme un des artistes les plus talentueux sur la scène belge, le Courtraisien se produisait, ce samedi 29 avril, à l’Ancienne Belgique. C’est la date de son anniversaire. Aujourd’hui, il fête ses 47 balais ! Le concert est sold out. Pas de supporting act. L’artiste est venu défendre son nouvel opus, « Us », paru il y a tout juste un mois. C’est déjà son huitième…
Pour enregistrer cet elpee, Piet a reçu le concours du producteur Tim Bran (London Grammar, Birdy, The Verve). Une œuvre au cours de laquelle il a cherché à combiner son timbre vocal unique aux accents élecro/pop contemporains. Tout en véhiculant des lyrics qui traitent de l’actualité en condamnant, notamment, l'injustice, le mensonge et le racisme. Il ne faut pas oublier, que particulièrement engagé, l’artiste est ambassadeur des Nations Unies…

La scène de l’AB est immense. Les deux claviers sont placés de biais et se font face. Celui de Laura Groseneken est planté à l’extrême-gauche et de Piet, de l’autre côté. Une estrade disposée en arrière-plan accueille le drummer et un troisième claviériste.

D’une durée de 8 minutes, « Elliot » ouvre le show. Très électro, ce morceau commence lentement avant de monter en puissance pour atteindre un premier sommet. Et « A Hop A Skip And A Jump » est de la première trempe. Manifestement, la set list va nous permettre de découvrir son nouveau long playing. La voix est souvent vocodée. Pieds nus (NDR : il sont longs !), l’artiste a revêtu sa rituelle tenue de couleur noire. Particulièrement concentré, il communique peu avec son public, qui le retrouve sous un nouveau visage. Mais quand il devient enfin interactif, c’est pour sautiller et solliciter l’auditoire afin de frapper dans les mains. De quoi provoquer alors chez les aficionados, sis aux premiers rangs, une réaction enthousiaste. Il faut dire que les beats dispensés par les machines et les percus imprimées sur un tempo métronomique incitent le spectateur à remuer le popotin et à transformer l’AB en immense dancefloor. L’artiste nous propose une version revisitée de « Tatoo » (« Easter Sunday »), un morceau qu’il avait immortalisé ‘live’, dans cette même salle, en 2006. Tout au long de « Mapped Out For Me » –encore du nouveau matos– il chante sans trafiquer sa voix. A cet instant, en fermant les yeux, on a l’impression de planer dans la stratosphère...

C’est à partir de « Happy days », qu’on se rend compte du potentiel de Laura. Jusqu’alors elle s’était surtout contentée d’assurer le backing vocal. Une voix qui se conjuguait –parfois en couches mais toujours en hamonie– avec celle de Piet. Et impeccablement ! Mais, soul, puissante, capable de monter dans les aigus, cette voix commence alors à prendre une autre dimension, évoquant même tantôt Tina Turner ou Beth Hart.

Après l’électro-viscéral « Intersexuel » (« Birthmarks »), place à « Where’s The Love ». Qui a changé d’intro. Les percussions sont plus légères, hawaïennes même ; mais dès le refrain, on reconnaît la chanson. Pendant « Word Up », Laura tire une nouvelle fois son épingle du jeu. D’ailleurs, la star de la soirée ne sera pas Piet Goddaer, mais bien Laura Groseneken, tellement discrète, mais terriblement efficace. Cette multi-instrumentiste, votre serviteur l’avait découverte, il y a quelques années, lors d’un concert accordé par le vieux briscard du blues, Roland Van Campenhout. Et elle s’était encore illustrée, au Lotto Arena d’Anvers, en compagnie de Piet, au cours d’un concert accordé en compagnie de l’Orchestre National de Belgique (voir review ici

Avant le premier rappel, des roadies installent une autre estrade sur le podium. Elle accueillera 3 violonistes et un violoncelliste. Qui vont se lancer dans un ‘happy birthday’ de circonstance, et en totale communion totale avec la foule. Piet est ému, et la remercie. Un rare moment de communication. Le Duke flamand aborde alors le « We Can Be Heroes » de Bowie. Les cordes enchantent, les voix sont aériennes, le public est conquis. Et le band est au grand complet, quatuor à cordes compris, pour interpréter « Africa ».

Ozark Henry va même nous accorder un deuxième rappel de 3 titres, que ponctue le brûlant « Achilles ». L’auditoire est ravi. Votre serviteur aussi. N’empêche, ce soir, c’est Laura Groseneken qui a volé la vedette à Piet Goddaer…

(Organisation : Ancienne Belgique + Live Nation)

Setlist :

« Elliot »
« A Hop A Skip And A Jump »
« Tatoo »
« Mapped Out For Me »
« A Dream That Never Stops »
« Happy Days »
« Intersexuel »
« Where’s The Love »
« Word Up »
« Blindspot  »
« La Donna E Mobile »
« Inhaling »
« Indian Summer »
« This One’S For You »
« At See »

Encore 1 :

« We Can Be Heroes »
« Africa »
« I’m your Sacrifice »

Encore 2 :

« Sweet Instigator »
« Walking The Dead »
« Achilles »

Darkest Hour

Défendre son nouvel album sur scène c’est bien, mais en proposer plusieurs morceaux, c’est mieux…

Écrit par

Groupe de metal moderne, Darkest Hour est issu de Washington. Ce soir, il se produit aux 4 Ecluses, à Dunkerque. Il est venu défendre son dernier album “Godless Prophets and the Migrant Flora”, un disque qui foisonne de détails, de nuances et à la finition irréprochable.
Mais tout d’abord découvrons cette salle du Nord de la France. Situé au milieu des canaux, cet endroit est vraiment exceptionnel. Il bénéficie d’une infrastructure de choix. L’ambiance y est conviviale et les bières y sont excellentes.

Dead Season assure le supporting act. Une formation qui pratique une sorte de metal progressif. Probablement inspiré de Tool et Soen. La voix est atmosphérique. Les compos sont très techniques et complexes. Mais les balances n’ont probablement pas été réglées correctement. Les interventions de basse couvrent, pour ne pas dire étouffent, le chant. Impossible dès lors d’apprécier correctement. De quoi en profiter pour aller s’échauffer les mollets ou ‘mosher’ sur Darkest Hour.

Changement d’ingénieur son. C’est déjà bon signe. La salle est plongée dans l’obscurité. Silence. On tourne ? Le public, venu remplir gentiment le ⅓ de la capacité de l’espace, s’égosille pour accueillir la tête d’affiche.

Le set s’ouvre par un nouveau morceau, “This is the Truth”. De quoi donner le ton au concert. On va avoir droit à du lourd. Qui déchire. Les musicos ont la pêche, c’est manifeste.

Après trois ou quatre titres issus des précédents opus, place aux excellents “Doomsayer” et “Wasteland”. Le public se réveille. Il reprend en chœur et commence à se bousculer. Mon échauffement n’a pas été vain. “Widowed” permet à Monsieur Muscle (Travis Orbin) de démontrer ce qu’est une brute de finesse, lorsqu’il martèle charley, caisse claire ou grosse caisse. Il est vraiment phénoménal (NDR : déjà entendu, dans une chanson populaire…)

Fini de rigoler, le prochain nouveau morceau je papillonne au milieu des briques, dans la fosse aux lions !

MAAAaiiiiiis, la formation n’accordera qu’un seul nouveau titre et à l’issue d’un rappel qu’on pourrait qualifier de tiède. Faut dire que le public ‘metal’ dunkerquois apprécie uniquement le pogo sage, le ‘porter’ un peu lourd et le lancement de bière. Mention spéciale quand même à ce gars (troll), planté au milieu du pogo, tel un bumper dans un flipper, sans bouger, qui profite du show à une place de choix, alors que ses voisins lui rebondissent dessus.

Bref une fin de spectacle plutôt classique, garant d’un bon moment, mais qui a laissé quelque peu sur sa faim. Les groupies profitent  de l’occasion pour monter sur le podium et prendre quelque selfies en compagnie du groupe (NDR : bon ok, j’en ai prise une avec Aaron Deal ; mais c’est parce que, à la base, le mec est badass)…

Les musicos estiment (NDR : c’est ce qu’ils m’ont déclaré) que lorsqu’on a publié 9 albums, il est normal que le public attende des extraits de toute leur discographie. Et en en proposant un par LP, il y a suffisamment de compos pour compléter aisément une set list.

Bon et alors ce Darkest Hour ? Bah ouais, carrément, c’est propre et c’est fun. Les mecs sont super ouverts et proches de leur auditoire. Mais après avoir gravé un dernier opus aussi incroyable, et être parti en tournée pour le promouvoir, on espérait, quand même, que le band puiserait davantage de titres dans son tracklisting. Normal, quoi !

Joe Bonamassa

Le nouveau ‘guitar hero’…

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Quelle galère pour garer son véhicule à Anvers, près du Lotto Arena ! Si on n’arrive pas suffisamment tôt, on doit se taper des kilomètres de marche. En outre, le Sportpaleis est actuellement squatté par Hans Zimmer ; donc l’éventuelle alternative de parking est condamnée. Bref, votre serviteur débarque bien avant l’heure, mais doit quand même débourser 8€ pour frais de stationnement. Direction la zone orange, une place de choix pour assister au show de Bonamassa, qui va se dérouler devant 8 700 âmes. Un habitué des lieux, au sein desquels il s’était notamment produit en compagnie de Beth Hart.
Joe vient de graver sont 21ème elpee studio, « Blues of desperation » ; et il va nous en proposer de larges extraits.

Un rideau rouge plissé est déployé en arrière-plan, juste derrière le drummer Anton Fig ainsi que les deux choristes, Mahalia Barnes et Jade McRae (NDR : des Australiennes !) Préposés aux cuivres, le trompettiste Lie Thronburg et le saxophoniste Paulie Cerra s’installent à l’extrême gauche, derrière deux immenses meubles sur lesquels sont imprimés clairement les initiales ‘J’et ‘B’. Au piano, Reese Wynans s’est planté de l’autre côté. Le bassiste Michael Rhodes et –surtout– Bonamassa occupent le plus souvent le front de scène. Pour y entrer régulièrement en duel. Bref, c’est la crème des musiciens qui soutiennent le natif d’Utica (NDR : c’est dans l’Etat de New-York).

Pendant qu’une intro préenregistrée est diffusée par les haut-parleurs, les artistes grimpent sur le podium. Mais dans le noir. Puis lorsque des sonorités puissantes de claviers s’élèvent, les spots éclairent enfin les artistes. Ce premier morceau est extrait de « Blues Of Desperation », et s’intitule « This Train ». Le son n’est pas au top. Et la voix de Joe n’est pas assez distincte. Elle est surplombée par celles des choristes. Dommage ! La suite baigne dans un r&b alimenté par l’orgue Hammond, les percus incandescentes et des cuivres flamboyants.

Caractérisé par son refrain à la mélodie accrocheuse, « Mountain Climbing » est un morceau bien radiophonique. Un rock’n’roll aux accents blues au cours duquel la gratte de Joe sort des sentiers battus. Sans doute pour essayer d’atteindre les sommets… Une ligne de basse écrasante mais chargée d’effets amorce le titre maître de « Blues Of Desperation ». Wynans tapisse l’ensemble de ses claviers ‘jonlordesques’. Joe se sert d’un bottleneck pour rendre les tonalités de ses cordes davantage métalliques, presque hard. La rythmique imprimée à « No Good Place For The Lonely » est digne du « Million Miles Away » de  Rory Gallagher. Et Bonamassa nous réserve un solo de toute beauté.  

On quitte les montagnes pour plonger dans la vallée ; celle du Delta. Au cœur du Bayou, « How Deep The River Runs » navigue lentement, dans un style bien laid back. Si la guitare préférée de Joe est une Gibson Les Paul datant de 1959, à chaque morceau, les deux gratteurs changent d’instrument. L’ingé son a réussi à régler les balances et les parties vocales sont bien mieux équilibrées. La cover du « Boogie With Stu » de Led Zeppelin est remarquable. Joe rend un hommage à son maître, BB King, en adaptant superbement son « Never Make You Move To Soon ». Autre cover le « Angel Of Mercy » d’Albert King, un titre qui s’achève par un solide solo de batterie. De quoi permettre aux autre musicos de prendre une petite pause, tout en appréciant le drumming de leur partenaire. Enfin, le band nous accorde un extrait de « Different Shades of Blue », soit l’album favori de votre serviteur : « Love Ain’T Love Song ». Et la version est tout bonnement magnifique.

Joe est à nouveau magistral à la six cordes, tout au long de « Song of Yesterday » (« Black Country Communion »), une compo hantée par le spectre du dirigeable. Climat accentué par le « How Many More Times » du… Led Zep. La fin de parcours sera d’ailleurs parsemée de covers, à l’instar du « Little Girl » de John Mayall & The Bluesbreakers, « Going Down » de The Alabama State Troupers et lors du rappel, de « Hummingbird », en forme d’hommage au grand BB King.

 En 145 minutes, Joe Bonamassa a démontré qu’il était bien le nouveau ‘guitar hero’. Il est âgé de 40 balais. Bien vivant. Et aujourd’hui, il n’existe guère de concurrent dans le domaine…

(Organisation : Greenhouse Talent)

Japandroids

Un retour attendu et surtout convaincant…

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Japandroids avait quelque peu disparu de la circulation, depuis presque 3 ans. Soit la fin d’une tournée qui avait suivie la sortie de son deuxième album, « Celebration Rock », paru en 2012. Et il vient d’en publier un nouveau, début de cette année, « Near The Wild Heart of Life ». Son retour était très attendu ; d’ailleurs la Rotonde du Botanique affiche sold out, ce soir.

Pour assurer les premières parties de son nouveau périple, le duo canadien a emmené dans ses valises un groupe américain. Originaire de l’Indiana, Dasher compte deux Eps à son actif. Et ils remontent à 2014. Sur les planches, le trio originel (NDR : guitariste, basse, batterie) est soutenu par un second gratteur. Mais la singularité du band procède de la présence d’une chanteuse/drummeuse. En l’occurrence Kylee Kimbrough, qui trône au beau milieu de ses comparses. Suivant les morceaux, elle alterne cris et vocalises, alors que les guitares crissent allègrement. Quoique noisy, la musique du combo lorgne résolument vers le hardcore. La subtilité ne figure certainement pas dans le credo de la formation. D’ailleurs, le public n’est pas trop mécontent, lorsque vers 20h30, elle décide de vider les lieux…

Le temps de prendre un rafraîchissement au bar et de se réconcilier avec ses tympans, il est déjà l'heure de se faufiler au sein de la Rotonde, afin de se dénicher une place idéale. Vers 21h, la paire issue de Vancouver grimpe sur l’estrade. David Prowse se plante derrière ses fûts tandis que le grand Brian King s'installe au centre, armé de sa guitare. Dès les premiers accords du single « Near The Wild Heart of Life » (NDR : c’est également le titre de l’elpee), le duo démontre qu’il n’a rien perdu de son punch. Les sonorités de la gratte sont identiques à celles reproduites sur disque. King opère des allers-retours entre son micro et les fûts tout en faisant grincer ses cordes. A l’exception de l’un ou l’autre morceau, il se réserve le chant. Outre son martèlement de peaux, Prowse se charge des chœurs. Les compos défilent sans jamais que la pression en baisse d’un cran. Les moments de pause sont d’ailleurs rares. Il s’agit de la dernière date sur le continent européen. Et manifestement les deux compères ont envie de se livrer à fond. Bien que privilégiant les plages du dernier LP, le tandem pioche régulièrement dans l’ensemble de son répertoire. Et bien entendu, lorsqu’il interprète des morceaux plus connus comme « Heart Sweats », « Wet Hair » ou encore « Fire’s Highway », le public réagit au quart de tour. Evénement plutôt rare au Botanique, un début de pogo éclate en fin de set. Probablement déclenché par les fans de la première heure (NDR : enfin, on peut le supposer). Au bout d’une bonne heure, le duo prend congé de l’auditoire, avant de revenir quelques instants plus tard, pour attaquer deux hymnes : « Young Hearts spark fire » et « The House That Heaven Built ».

Onze ans après sa création, Japandroids n’a pas pris une ride. Son garage/rock est toujours aussi efficace et jouissif. La température ambiante qui régnait à la fin du show témoigne de l’énergie libérée par les deux musicos, mais aussi de l’enthousiasme manifesté par une grande partie des spectateurs. Un retour attendu et surtout convaincant…

 (Organisation : Botanique)

Placebo

La substance active n’était qu’un Placebo…

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Très vite considéré comme l’un des groupes incontournables de la scène alternative rock, au cours des années 90, Placebo est reparti en tournée mondiale (excusez du peu !) afin de fêter, comme il se doit, ses vingt années d’existence. Après un premier tour de chauffe, pas très probant, exécuté en novembre 2016, sur les planches du ‘Zénith Arena’ de Lille, il est de retour. Et au même endroit

Le support act est assuré par Last Train. Vêtus de vestes en cuir et de pantalons slims, les musicos du quatuor alsacien grimpent sur l’estrade sous un éclairage éblouissant et sur une bande sonore digne d’un western. Avant d’attaquer un répertoire qu’on pourrait qualifier de Black Rebel Motorcycle Club à la française ! Pourtant, en 30 minutes, le band va parvenir à impressionner son auditoire. De quoi laisser un goût de trop peu, vu le temps qui lui a été imparti. Un groupe à suivre de très près… (Pour les photos, c'est ici)

A 21 heures pétantes, une vidéo promo de « Every You, Every Me » est projetée sur les 3 écrans géants placés à l’arrière du podium. Il relate, à la manière d’un petit flash-back, la carrière de la formation, depuis 1996 à nos jours. Le riff de guitare caractéristique de « Pure Morning » donne le coup d'envoi de cet anniversaire fêté par le personnel, qui a pris place à l’arrière de l’estrade, mais qu’on ne peut discerner que depuis de frontstage, vu le peu d’éclairage qui lui est réservé. Brian Molko et Stefan Olsdal prennent immédiatement place à l’avant-plan.

Visuellement, le show tient la route. Ecrans et light show sont impressionnants de maîtrise. La set list fait alors la part belle aux morceaux issus des nineties pendant une trop brève demi-heure. Et ils font littéralement mouche.

Suite à quoi la bande à Molko va attaquer la partie mélancolique du concert ; et ce par « Without You I’m Nothing », chanson empreinte d’émotion puisqu’à l’origine Brian et feu David Bowie l’interprétaient en duo. Ce dernier apparaît alors sur l’écran ; ce qui déclenche de chaleureux applaudissements.  

Une heure plus tard, Brian et son compère Stefan décrètent que la partie nostalgique du spectacle est terminée et annoncent laisser le champ libre à cet ‘Happy Dancing Birthday Party’. Ouf il était temps ! Le groupe enchaîne alors les gros succès, désespérément attendus par l’auditoire, et tout particulièrement « Spécial K », « Song To Say Goodbye » ou encore  « The Bitter End ».

Une fin de parcours sans faute qui va se traduire par une véritable communion entre la formation et le public. 

Ainsi, en finale du 1er rappel, « Nancy Boy » et « Infra-Red » sont repris à tue-tête par la foule. Car on aura droit à un second encore, au cours duquel Placebo va nous réserver « Running Up That Hill ».

Placebo s’était produit le 24 août 1996, dans le cadre du Pukklepop. Il était venu défendre son premier elpee ; un disque éponyme, pour lequel votre serviteur était tombé sous le charme. Faut dire qu’il est toujours considéré comme le seul chef-d’œuvre d’une discographie qui ne compte que sept long playings. Et sublime, ce set est resté gravé dans ma mémoire (NDR : Brian Molko avait même accordé une interview à notre rédac’ chef ; voir ). Mais ce soir, malgré le succès récolté, sa prestation ne m’a pas vraiment convaincue. 

 ) Que reste-t-il de cet immense espoir du rock alternatif ? Plus grand-chose. Le succès ? Sans doute. Dû à des épanchements de mélancolie au bord de la déprime, qu’il cultive maintenant depuis trop longtemps. Mais pour le reste, rideau. Le groupe n’est pas parvenu à trouver la bonne médication pour se soigner. Sans doute que la substance active n’était qu’un Placebo… (Pour les photos, c'est ici)

Organisation : A gauche de la lune

 

 

 

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