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Sufjan Stevens

Le Bozar transformé en sanctuaire…

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Mercredi soir, le Bozar accueillait Sufjan Stevens. Il s’agissait sans nul doute de l’événement de cette rentrée musicale à ne manquer sous aucun prétexte. Celles et ceux qui ont déjà assisté à un de ses sets, peuvent en témoigner. Son dernier passage au sein de la capitale bruxelloise, remonte à trois ans. Il était venu y défendre l’album « The Age of Adz », un spectacle qui restera certainement dans les annales du Cirque Royal. Ce qui explique sans doute pourquoi, lors de la mise en vente des places pour ce nouveau show, il y a quelques mois, le stock s’est écoulé en une seule journée. Il faut dire que la musique de Sufjan Stevens est certainement une des plus belles de la scène contemporaine. C’est bien simple, il est aussi à l’aise et efficace dans la ballade folk (NDR : ses premiers elpees en regorgent) que lorsqu’il intègre des sonorités électroniques dans son expression sonore, pour lui communiquer une dimension futuriste. Et lorsque, à l’instar de son dernier LP, « Carrie & Lowell », il décide de raconter, à travers une folk minimaliste, ses histoires de famille, on en a froid dans le dos. La prestation du songwriter était donc attendue dans un cadre à la fois imposant et intimiste, c'est-à-dire le Bozar…

Afin de chauffer la salle, les organisateurs ont invité Mina Tindle. Une jeune Parisienne plutôt méconnue du grand public. Mais un choix judicieux. Non seulement Pauline de Lassus (NDR : c’est son véritable nom) compte déjà deux long playings à son actif (NDR : son dernier s’intitule « Parades »), mais elle a apporté sa collaboration à certains artistes notoires, comme M.Ward.

Flanquée d’un claviériste et un guitariste, Mina Tindle parvient à tenir la salle en haleine pendant une demi-heure grâce à un folk électrifié qui laisse transparaître les influences de Cat Power ou encore Feist. Défi relevé donc pour la Française. D’ailleurs, elle quitte la scène sous les applaudissements d’un public conquis.

A 21 heures exactement, les lumières s’éteignent. A partir de cet instant, les 1 800 âmes présentes au sein du Bozar sont plongées dans un silence profond. Hormis leurs applaudissements, aucun autre son ne filtrera, que celui produit par les musicos. Soutenu par un quatuor, Sufjan prend place au centre de l’estrade. Dès les premiers arpèges, on est touché par la mélancolie ambiante. Le set s’ouvre par « Redford » (tiré de l’album « Michigan ») et embraie par un premier morceau issu du dernier LP, « Death with dignity ». S’ensuivront, quasiment dans l’ordre, d’autres morceaux qui figurent sur « Carrie and Lowell ». Alors que sa voix berce le public, s’affichent derrière les musiciens, sur des bandes verticales, des vidéos de familles ou encore de paysages paisibles. La voix, les claviers, tout est parfaitement maîtrisé. Les éclairages se modifient suivant les climats. Emouvant, l’Américain raconte ses histoires familiales. Il n’hésite pas non plus à modifier quelque peu ses morceaux afin de leur inoculer davantage de peps, comme sur le magnifique « Should Have Known Better », à la fin duquel il n’hésite pas à se frotter au dubtep, tout en nous gratifiant d’un petit pas de danse. La chorégraphie et le light show géométrique sont impeccables. Autre moment fort du spectacle, les chœurs qui enrichissent « Vesuvius ». Après près d’une heure de démonstration, au cours de laquelle le natif de Détroit va étaler toute la palette de ses émotions, la formation se retire, au bout d’un crescendo instrumental et d’un jeu de lumières digne d’Explosions in the Sky.

Quelques minutes plus tard, le band revient sur le podium pour attaquer quelques ‘tubes’ comme « Chicago » ou encore « John Wayne Gacy, Jr ». On ne pouvait rêver mieux pour conclure 2 heures de concert chargé de sensibilité et haut en couleurs. Une fois de plus, Sufjan Stevens a démontré tout son talent ; mais aussi qu’il était capable de transformer une salle, d’une capacité de 1 800 personnes, en véritable sanctuaire…

Setlist : Redford (For Yia-Yia & Pappou) / Death With Dignity / Should Have Known Better / Drawn to the Blood / Eugene / John My Beloved / The Only Thing / Fourth of July / No Shade in the Shadow of the Cross / Carrie & Lowell / The Owl and the Tanager / All of Me Wants All of You / Vesuvius / Blue Bucket of Gold // Concerning the UFO Sighting Near Highland, Illinois / Futile Devices / To Be Alone With You / John Wayne Gacy, Jr. / For the Widows in Paradise; For the Fatherless in Ypsilanti / Chicago

(Organisation Bozar + AB)

Juan Wauters

Sympa, mais à revoir en mode électrique…

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Concert de rentrée pour votre serviteur. Pas de supporting act lors de ce set qui se déroule à la Rotonde. Un show intimiste et acoustique qui s’apparente à un showcase. Peu de peuple dans l’hémicycle. Plus au moins 70 personnes. Ce qui va renforcer la proximité entre le public et l’auditoire. Un contexte que j’apprécie tout particulièrement.

Etabli dans le Queens à New York, Juan Wauters n’est autre que l’ex-leader et vocaliste de The Beets. D’origine uruguayenne, il pratique une sorte de garage/folk urbain aux connotations hispaniques. Il est venu défendre son deuxième elpee, « Who Me ? », un disque plus pop, paru en mai 2015, au cours duquel les thèmes de ses compos abordent, tour à tour dans la langue de Cervantès ou de Shakespeare, les choses de la vie. Intitulé « N.A.P. (North-Américan Poetry) », son premier opus baignait au sein d’un univers plus dépouillé, proche de Daniel Johnston voire de Syd Barrett.

Juan entame le concert, seul à la gratte, par « Voy A Crear Un Universo ». Une compo interprétée chaleureusement, dans sa langue natale. Le rejoignent ensuite un Matthew à la sèche et à l’harmo, ainsi qu’un percussionniste/claviériste. Qui ne parvient pas sortir le moindre son, au moment d’attaquer le deuxième titre. Fou rire général, il avait oublié de brancher la prise de courant. Attentionné, Wauters se charge de réparer cette distraction.

Tout au long de « This Is I », Juan excelle à la six cordes. Il se sert la plupart du temps d’une semi-acoustique, mais il en libère des sonorités particulièrement métalliques. A de nombreuses reprises, il s’accroupit pour la triturer en se servant de pédales, afin d’en extraire une palette de tonalités différentes.

Les percus pourtant sobres et le zeste d’harmonica (pour une seule chanson) parviennent à rendre ses chansons plus allègres. Si sa voix évoque Mac DeMarco, il emprunte également parfois les intonations à Ty Segall. Et si son timbre souffre de quelques imperfections, le sens mélodique n’en est pas pour autant altéré. Entre l’auditoire et l’artiste, s’est établi une belle connectivité. Ce qui va lui permettre de revenir deux fois sur les planches ; et à la demande du public il va notamment nous réserver « Nena ». Juan Wauters le souligne alors, il a concocté un set de 50 minutes afin que le public ne sombre pas dans l’ennui. D’ailleurs, je souhaiterai le revoir en concert, mais en mode électrique…

(Organisation : Botanique)

 

Alpha Whale

Et Paon dans ta gueule !

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Le ciel bleu avale le vent au-dessus de la coupe des sapins.
L’air est agréable, l’humeur est à la détente.
De parfaites conditions pour apprécier pleinement les prestations quelque peu insolites, mais fichtrement sympathiques de deux groupes observés dans notre rétroviseur depuis quelque temps. Ils doivent s’installer, en cette fin de journée, dans le jardin.
Un jardin vaste qui se prête au jeu avec bienveillance.
Tout heureux d’accueillir dans le plus grand secret deux belles bêtes de notre catalogue national.
Sauf que l’une d’elle manque lâchement à l’appel.
Sans pour autant tirer de Paon sur la comète, on estimait que cette double affiche avait de la gueule.
Le concept original offert par le label 62 TV, fêtant ses vingt ans de bien jolie manière, proposait donc aujourd’hui les concerts de deux de ses petits protégés dans le parc des oliviers
(un seul en vérité, mais le meilleur).

Suite au désistement du premier combo (NDR : nous ne le citerons pas, mais votre attention subtile ne manquera certainement pas de le repérer à travers les lignes précédentes), il revenait donc à Alpha Whale l’honneur d’ouvrir et fermer le bal.

Après avoir traversé tout le pays pour se prêter au jeu –le plus naturellement possible et avec conviction– nos Ostendais entament leur show sous une tonnelle dressée tout spécialement pour l’occasion ; et elle va très vite démontrer son utilité, alors que soudainement le ciel s’assombrit.

Émanant du lointain d’une reverb poussée à l’extrême, les voix nous parviennent, surfant sur les motifs ensoleillés de guitares diluées dans un écho spatial reproduisant ce son caractéristique d’une Pop Psyché teintée d’Allah Las, alors que le phrasé débonnaire et nonchalant rappelle The Growlers dans toute sa superbe.

L’eau commence cependant à s’immiscer de toutes parts en dessous de ce chapiteau improvisé tandis que des trombes s’abattent tout autour, sans perturber outre mesure le groupe, qui relève pourtant la tête à intervalles réguliers pour s’assurer que l’orage ne va pas nous submerger.

Au contraire, puisque c’est bien leur set qui aura le dernier mot et emportera l’enthousiasme d’un public majoritairement étranger à ce type de musique.

Pour clôturer ce petit spectacle, une dernière petite surprise attend les invités, puisque sous l’insistance d’applaudissements nourris, le band se reforme petit à petit autour de The Glücks qui l’accompagnait ce soir.

Une petite ‘Jam’ diablement efficace qui donne envie de suivre à la trace ce duo dans les toutes prochaines semaines, sans perdre de vue bien sûr, Alpha Whale, qui ce soir, nous a prouvé qu’on pouvait compter sur lui (NDR : et nous ne pourrons Paon en dire autant de l’autre formation dont je tairai décidément le nom jusqu’au bout).

(Organisation : 62TV / Givroulle boulettes)

 

Public Enemy

Ce n'est qu'un début, continuons le combat...

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Deux ans après son dernier passage en Belgique (NDR : Couleur Café en 2012), Public Enemy signe enfin son retour sur les terres belges. L’un des pionniers du Hip-Hop se produisait dans le cadre de l’Openlucht Theater Rivierenhof d’Anvers, ce 14 juillet. Affichant 33 ans carrière à son actif et malgré plusieurs départs au sein du line up, le binôme principal Chuck D et Flavor Flav est toujours bel et bien au poste. Un cadre superbe sous forme d’amphithéâtre situé en plein cœur du parc de Rivierenhof combiné à un temps radieux, il n’en fallait pas plus pour profiter pleinement du retour de P.E..

DJ Dysfunkshunal ouvre la soirée. Originaire de Louvain, il colle parfaitement au thème de la soirée en ne mixant que des classiques du Hip-Hop américain. Une ambiance très ‘old school’ au cours de laquelle il enchaînera pendant une demi-heure les scratches et les mixes des plus grands artistes Hip-Hop US comme Dr Dre, Notorious Big, Wu-Tang, Snoop Dog, Sugar Hill Gang et Tupac, pour ne citer qu’eux. Une première partie très réussie et une chouette découverte que ce DJ belge.

C’est à la fin du supporting act que l’Openlucht Theater commence véritablement à se remplir ; et il est quasi ‘full’ avant que la tête d’affiche ne monte sur le podium. Il est un peu plus de 21h30 quand DJ Lord prend place derrière ses platines à droite de la scène, accompagné d’un batteur sur la gauche et d’un bassiste entre les deux. Au milieu trône l’emblématique logo du collectif dessiné d’ailleurs par Chuck D, un logo représentant une personne de couleur noire ciblée dans le viseur d’un policier. Deux ‘danseurs’ habillés en militaire viennent compléter la troupe. « Lost at Birth » ouvre les hostilités. Seul, Chuck D aligne quelques titres en solo.

Il ne faudra pas attendre très longtemps avant de voir débarquer sur l’estrade l’excentrique Flavor Flav. Soit dès « 911 is a joke », titre très critique sur la qualité des services d’urgences aux Etats-Unis notamment lorsqu’on appartient à la communauté afro-américaine. Les deux MC’s sont à présent réunis et l’ambiance va clairement monter d’un cran. Un concert basé sur leurs plus grands classiques essentiellement issus de leurs premiers elpees. L’auditoire entre progressivement dans le bain et atteindra son point d’ébullition lors de « Bring The Noise », au cours duquel les jumps se multiplient lors des refrains. Une ambiance survoltée qui ne va pas redescendre, puisque le groupe enchaîne par « Don’t Believe The Hype » (titre revendiquant l’égalité et prônant la révolution) suivi de « Can’t Truss It ».

La formation nous propose même quelques nouveautés comme « Man Plans God Laughs », titre éponyme de l’LP sorti le lendemain du concert, mais aussi « Honky Tonk Rules » suivi de « Fight The Power » qui symbolise certainement le mieux le combat et les revendications de Public Enemy. Malgré un solo de scratches et de mixes très impressionnant exécuté par DJ Lord et Flavor Flav, le climat va légèrement retomber en fin de set… Le crew en profite pour remercier le public, immortaliser la soirée tout en continuant à revendiquer le droit à l’égalité pour tous. Un combat entamé au début des eighties.

Pendant presque deux heurs, Public Enemy est resté fidèle à son image. Chuck D, mais surtout Flavor Flav, ont été plus qu’omniprésents tout au long du show. L’excentricité de Flavor y est aussi pour beaucoup et c’est ce qui fait également le charme d’un concert de Public Enemy. N’hésitant pas à se multiplier sur les planches, que ce soit à la basse, à la batterie, en jumpant ou en serrant les mains des premiers rangs, on sent que Flavor Flav est plus qu’apprécié par le public.

Public Enemy a accordé une excellente représentation, face à un auditoire très réceptif dont la moyenne d’âge variait entre 40 et 50 ans. Malgré la notoriété mondiale du band, les textes engagés sont, hélas, encore d’actualité après plus de trois décennies… Ils ont même malheureusement, encore plus que jamais, de sens aujourd’hui…

Organisation : OLT Rivierenhof (Arenbergschouwburg , Anvers)

(Voir aussi la section photos ici)

 

 

 

Dominique A

Plus que parfait !

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Le Festival au Carré accueillait, ce dimanche 5 juillet, une figure de proue de la nouvelle chanson française.
Si l’artiste n’a jamais vraiment bénéficié d’un tapage médiatique, contrairement à bon nombre de ses pairs, il a déjà pourtant écumé bien des scènes en plus de vingt années de parcours ! Il fait partie de ces hommes plus soucieux de leur crédibilité que de leur portefeuille, même s’il lui arrive, de temps à autre de flirter, plus ou moins consciemment, avec un objectif mercantile. C’est malheureusement le prix à payer si on veut plaire à une large frange de la population. Il faut parfois accepter de vendre son âme à Dieu ! (NDLR : au diable ?)
Le chanteur charismatique a foulé les planches montoises pour, durant deux bonnes heures de bonheur, balayer l’ensemble d’une carrière riche, tout en épinglant les titres de son dernier écrin de beauté intitulé « Eléor ».
L’arène, plutôt mélomane, réunit des badauds, rarement en deçà de la quarantaine, signe du caractère plutôt élitiste du spectacle.
Nous étions donc loin d’un public composé de groupies venues voir un boys band !
Dominique A est un artisan à part entière de la langue de Molière ! Il la connaît, la croque, la tord comme pour en tirer le meilleur jus tel le vigneron, pour en faire son vin. Et comme celui-ci, il se bonifie au fil du temps.

Dire que parallèlement, d’autres s’emploient à l’anglais jugeant le français fade est d’une absolue ringardise. A tort bien sûr !

Chantournés et façonnés d’une façon dont lui seul a le secret, les mots sont choisis avec justesse ! Tantôt poétiques, tantôt plus incisifs et torturés, ils semblent tout droit sortis d’un chapeau pour incruster ses textes. Ils prennent un sens particulier dans chacune des chansons, donnant parfois lieu à une narration ou l’imaginaire est roi.

On écoute attentivement et la première pensée qui vous traverse l’esprit, c’est un cousinage éloigné avec Jean-Louis Murat, Miossec ou encore Benjamin Biolay.

Votre serviteur est bluffé par la prestation musicale de ce soir. Tout est plus que parfait : le son, la lumière et les arrangements. Et le tout est servi par une interprétation magistrale particulièrement soignée, exigeante et délicate !

Jonglant entre morceaux électriques et tempos plus lents, la setlist réunit pas moins de vingt-neuf morceaux. Elle est d’une cohérence à couper le souffle.

Du côté des musiciens, le jeu est d’une habilité déconcertante ! Chacun est dans son élément ! Le bassiste est le plus enjoué de tous ! La manière dont il se tortille en dit long sur son état euphorique. Une attitude proche de l’extase même !

Entre histoires fantasmées et somptueuses, le concert ressemble à un melting-pot de flottements naturels mélodiques et esthétiques placé au sein d’une parenthèse inattendue !

Dominique A fait ce qu’il aime! Il y ajoute beaucoup de véhémence même ! Ca se voit et ça se sent ! Il assume complètement cette identité hors du commun. Il fait fi de tout ce courant trop facilement dans l’air du temps. Comme pour éviter des lendemains fiévreux !

Après nous avoir gratifié d’un florilège de (quasi)tubes, le groupe s’est offert le luxe de revenir à deux reprises pour un total de huit titres. C’est dire sa générosité !

Quelle soirée !

Setlist

Cap Farvel
Nouvelles Vagues
Le sens
Une autre vie
Revenir au monde
Revenir au monde
Celle qui …
Le détour
Semana santa
Passer nous voir
Rendez-nous la lumière
Au revoir mon amour
Par le Canada
Central Otago
Immortels
Music hall
Ce geste absent
Rouvrir
Vers le bleu
L’océan
Eléore
Convoi

1er rappel :

Marina Tsvétaeva
Retour au calme
Retrouvailles
Le courage des oiseaux

2ème rappel :
La fin du monde
La peau
L’horizon
Oklahoma

(Organisation Mons 2015)

Voir aussi notre section photos ici

Cats on Trees

L’appel des sirènes…

Écrit par

Depuis 16 années maintenant, la diversité rare et protéiforme du Festival Au Carré ouvre la porte au rêve et à la culture !
Dans le cadre de Mons 2015, les organisateurs s’en sont donnés à cœur joie afin de proposer une affiche alléchante, synonyme de déferlante musicale !
Le duo français formé par Nina Goern (voix et piano) et Yohan Hennequin (rythmique) nous faisait l’immense plaisir d’ouvrir les festivités en ce jeudi 2 juillet 2015.
Le magnifique cadre bucolique collait parfaitement au genre proposé.
Les Toulousains d’origine sont accompagnés pour l’occasion de quatre musiciens complémentaires afin d’apporter une touche subtile et enivrante de cuivres.
La formule ‘un gars, une fille’ est certes aujourd’hui éculée, mais la magie opère ici malgré tout !
La réelle complicité qui s’établit entre les deux acolytes y est pour beaucoup ! La qualité musicale s’en ressent d’ailleurs fortement !

Aux alentours de 21 heures 15, place au concert ! Malgré la chaleur écrasante marquant les prémices d’une période estivale qui sera riche en évènements de tout genre, la cour est bondée de curieux avides de bons sons et d’émotions.

Les premières notes donnent le ton de ce qui sera la suite, à savoir une formule plutôt mélancolique et épurée. Le côté feutré n’est pas sans rappeler d’autres spectres musicaux à l’instar d’un certain Cocoon, par exemple.

Aucune grosse surprise au menu ! Les deux comparses enchaînent quasi mécaniquement, sans toutefois jamais tomber dans la facilité, une kyrielle de tubes radiophoniques (« Jimmy », « Full Colours », « Tikiboy », « Who you are »,  …) issus essentiellement de leur album éponyme sorti il y a déjà quelque temps déjà ; et qui a rencontré un succès critique et d’estime international bien mérité.

Cerise sur le gâteau, le groupe s’offre le luxe de présenter un nouveau titre de ce qui semble être le maillon d’un long format à venir. Une chose est certaine, la prise de risque n’est pas leur point fort. Qu’importe, après tout, pourquoi changer une équipe qui gagne ?

L’univers de Cats on Trees frôle le paradoxe ! On passe presque naturellement d’une chanson faussement nonchalante (« Flowers ») à un rythme entraînant, presque léger, et dansant (« Tikiboy ») –dont le refrain est repris en chœur par la foule hystérique– mais avec une même douceur extrême et une sincérité dans l’intention !

Les sessions piano/voix, tantôt joyeuses, tantôt plus délicates, laissaient apparaître au fond quelque chose d’irrésistible. De félin même !

Quant au drummer, sans disposer d’un jeu extrêmement élaboré, il parvient à apporter la dose suffisante et nécessaire, sans devoir en faire des tonnes pour la frime. Un second floor tom à sa droite (suspendu pour l’occasion) lui permet d’insuffler une touche tribale sur certaines compositions. La belle dispose du même élément pour l’accompagner de temps à autre, renforçant ainsi cet esprit fédérateur.

D’un naturel plus discret, voire distant (à la limite de l’autisme), il se transforme, le temps d’une chanson, en gourou afin d’emmener le public dans un délire gestuel qui restera dans les annales ! Un très joli moment de complicité !

L’exaltation atteint son paroxysme lors de la reprise de « Mad World », un titre signé par Roland Orzabal et chanté dans sa version originelle par Curt Smith de Tears for Fears. De  nombreux artistes ont essayé de se la réapproprier, mais, hormis un certain Gary Jules, peu sont parvenus à retranscrire l’émotion dégagée par cette chanson, en manifestant autant de ferveur...

Quelques compos plus tard, la belle s’autorise une descente dans l’arène le temps d’une chanson sous les yeux ébahis d’une gente masculine particulièrement surexcitée à la vue d’une épaule gauche particulièrement dénudée, laissant apparaître une peau brûlée par le soleil.

Lors d’un vrai faux rappel de quatre titres, le public va pouvoir se délecter du célèbre et tant attendu « Sirens Calls ». Un appel des sirènes arrivant à point nommé, comme pour tirer un trait en guise de conclusion parfaite !

En un mot, on peut affirmer que le set de ce soir était simple, efficace, chaud et rassurant ! Le tout, sans jamais tomber dans un minimalisme avéré !

Bravo !

(Organisation Mons 2015)

 

EyeHateGod

Catharsis caniculaire

Écrit par

Depuis plusieurs jours, une température caniculaire plombe Bruxelles. Peut-être s’agit-il d’un signe qui ne trompe pas : les sulfureux Américains d’EyeHateGod s’apprêtent à fouler le sol belge pour la deuxième fois cette année (après avoir en effet déjà marqué les quelques âmes courageuses lors de leur show tardif du 11 avril dernier, dans le cadre du Durbuy Festival). Ce jeudi, dans la capitale de l’Europe, c’est une des dernières rencontres des cinquante shows qui ont jalonné cette tournée européenne. Le band néo-orléanais est considéré, malgré lui, comme le ‘père’ du Sludge. Terme qui se traduit littéralement en français par le mot boue. Ce style musical évolue à la croisée des chemins du Punk et du Doom. Son rythme est lent et son ambiance lourde et marécageuse, tant au niveau la surabondance de distros que de la production généralement crade et rugueuse. Peu importe si la tournée touche à sa fin, EyeHateGod va une fois de plus damner les âmes et cracher son encre noire.

Rien de l’extérieur ne permet de reconnaître le Magasin 4. Situé le long de l’allée du Port, à coté du canal Bruxelles-Charleroi, sa façade est uniquement peinte en gris. Seule une ouverture à hauteur d’œil d’une vingtaine de centimètres permet un contact avec les portes de la salle. A l’heure H, les portes métalliques s’ouvrent, laissant pénétrer les amateurs de décibels dans cet ancien hangar entièrement dédié à la musique alternative.

Il revient à The Mighty Progerians, cuvée locale des terres de l’enfant pisseur, d’ouvrir une brèche dans les entrailles des limbes. Pratiquant un mix entre le Sludge et le Punk, les Bruxellois vont faire monter la température des lieux de quelques degrés (comme si ce n’était déjà pas assez !) A en voir les retours du public, un certain nombre de fans du band ont fait le déplacement. Les artistes sont notamment rejoints, lors de leur set, par Alain Vandenberghe, chanteur/guitariste de Goddog, groupe de Stoner. Un bon moment de rock bien épais, dilué dans la bonne humeur et apparemment un combo qui prend plaisir à se produire sur les planches. Notons encore qu’une magnifique affiche pour le show de ce soir avait été réalisée pour l’occasion par l’artiste Fabrice Lavollay (voir ici).

A peine le temps d’aller se rafraîchir à l’extérieur du hangar que les gars d’EyeHateGod sont déjà sur l’estrade, pour préparer leur matériel. Chaque musico accorde et règle son instrument. Pas besoin de roadies. Ils sont superflus. Et pourtant, le combo compte vingt-six années d’existence. La chaleur ambiante a eu raison des t-shirts du batteur Aaron Hill et du guitariste Jimmy Bower, laissant entrevoir ses tatouages qui, en-dehors des quelques croix égyptiennes, rendent hommage à des groupes tels que The Melvins ou encore les Black Flag, dont les traces doivent être demeurées indélébiles. Claudiquant quelque peu et sac à dos sur l’épaule, Mike IX Williams monte alors sur le podium. Il se dirige vers l’arrière de la scène, où figure un drapeau aux couleurs de la Belgique, offert par un fan, sur lequel figure le logo du band dessiné à la main, surmonté des initiales ‘ExHxG’. Mike, dos au public, ouvre son sac et en ressort un petit tube, qu’il ouvre avant d’en sniffer une partie du contenu. Il se redresse, se dirige vers l’avant de la ‘stage’ et agrippe le pied de micro. Le spectacle peut commencer.

‘We’re EyeHateGod’, hurle-t-il dans le micro. Les distorsions s’échappent des guitares et les cymbales se mettent à claquer. Ce moment évoque l’instant où, avant qu’un opéra ne commence, l’ensemble des musiciens joue de leurs instruments afin de sentir un équilibre entre eux. Pendant ce temps-là, Mike fait voltiger son pied de micro dans les airs. Il revient finalement à Aaaron de donner le ‘la’ et d’entamer à la batterie le début d’« Agitation ! Propaganda ! », titre d’ouverture de leur dernier album –il est éponyme– sorti l’année dernière. Le coup d’envoi est donné pour un set qui va durer un peu plus de 80 minutes, sans relâche, seulement de temps à autre entrecoupé par une intervention de Mike Williams pas toujours très audible. Non seulement les conditions estivales ne lui sont pas des plus favorables, mais il n’est un secret pour personne que le chanteur n’est pas un adepte des huiles essentielles. Ajoutez-y deux t-shirts superposés, des brassards aux poignets, des gants, un long pantalon et une jambe gauche qui semble apparemment le faire souffrir et vous aurez le cocktail gagnant pour directement l’amener dans un état plus que second.

La setlist du jour va plonger dans l’ensemble de la discographie du quintet, dont des morceaux plus récents tels que le puissant « Framed to the Wall », le bluesy « Nobody Told Me » ou encore l’hypnotique « Medecine Noose », véritable pièce maîtresse de son dernier LP, sorti quatorze années après son précédent opus. Ce qui n’a pas empêché les Yankees d’interpréter de plus ancienne compositions comme « Take as Needed for Pain », « 30$ Bag » ou « Blood Money », sans oublier bien évidemment les morceaux devenus emblématiques du Sludge : « Sisterfucker », « White Nigger » et « Blank ».

EyeHateGod appartient à cette catégorie de groupes qui font du bien. En effet, il y a peu de risques de passer un mauvais moment lorsqu’il se produit en concert. Sa dévotion pour la musique transparaît dans ses morceaux, dans la manière de jouer et dans l’attitude. Un quart de siècle que la formation arpente les scènes et pourtant les musicos demeurent toujours aussi accessibles, humbles et sincères. Ils n’ont plus rien à prouver et ne sont pas tenus par un quelconque agenda de sortie. Ils prennent le temps de composer, d’expérimenter des sonorités (que ce soit au sein d’EyeHateGod ou de leurs nombreux autres side-projects) et de graver leurs morceaux quand bon leur semble. Peu importe si quatorze années sont nécessaires pour que leurs projets se réalisent. Et on le ressent.

Mais ces hommes issus de la Nouvelle-Orléans (Nola pour les intimes) ont également trouvé l’alchimie qui vous met en transe. Il suffisait d’observer le public présent pour se rendre compte que leur musique ne se contente pas de se déverser dans les tympans : elle traverse l’âme et exerce un pouvoir cathartique salvateur. Peu importe que le show ne soit pas sold out, peu importe que le groupe ne fasse pas les plus grandes scènes, il est au-dessus de tout ça. EyeHateGod n’est certainement pas un band easy-listening, ni accessible à la première écoute, mais il recèle une infinie richesse. Il suffit de prendre la peine d’aller voir ce qui s’y cache en dessous de la carapace.

Une intense soirée.

(Organisation : HeartBreakTunes)

Santana

Percussif et électrique…

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« Corazon » constitue le trente-septième album de Carlos Santana. Il est sorti en 2014. La longue tournée qu'il a entamée est baptisée tout simplement 'The Corazon Tour'. Elle a débuté le 14 décembre 2014 au Mexique et passait ce 1er juillet par le Palais 12. Votre serviteur débarque vers 18h30. La salle est vide et il y fait frais. Ce qui ne sera plus le cas à 20 heures, quand elle sera bien remplie. Il ne doit alors rester tout au plus que 50 sièges de libres. C’est donc sold out. J’ignore sa capacité exacte. Mais il doit au moins y avoir 10 à 12 000 personnes. Si le public compte quelques plus jeunes, il réunit une grande majorité quinquas et même davantage.

La star de ce soir, c’est Carlos Alberto Santana Barragán. Il est le 20 juillet 1947 à Autlán de Navarro, au Mexique. Santana est seulement âgé de 18 ans lorsqu'il quitte son pays pour rejoindre ses parents à San Francisco. C'est là qu'il s'imprègne du blues. En 1966, il monte son propre groupe : le Santana Blues Band. Il est vite repéré et en 1969 il se produit au Festival de Woodstock. Il y fait découvrir au public son hit « Soul Sacrifice », qui sera immortalisé plus tard dans le film « Woodstock ». Après cet épisode, l'album « Santana » remporte un franc succès. En 1970, il grave ce qui est sûrement considéré comme le chef d'œuvre de sa carrière, « Abraxas ». C'est aussi à cette époque, qu'il devient le disciple du gourou indien Sri Chinmoy. Une doctrine qu’il adopte de 1972 à 1981. Et qui va inspirer sa musique. En 1973, sa musique vire au psychédélisme, une orientation qui se concrétiser notamment par la publication d’un elpee live, « Lotus ». En 1975, il grave « Amigos », dont il extrait le tube « Europa ». Au cours des années 80 et 90, il est en nette perte de vitesse. Un passage à vide qui va enfin cesser en 1999, lorsqu’il sort « Supernatural », couronné de 9 Grammy Awards. « Ultimate Santana » paraît en 2007, une compilation de ses plus grands tubes enrichie de quelques inédits écrits ou interprétés en compagnie d'invités de prestige : Shakira, Lil Wayne, Tina Turner et Chad Kroeger (Nickelback). En 2010, Santana compose l’hymne de la Coupe du Monde de Football, organisée alors en Afrique du Sud. Après plus de 47 ans de parcours, Santana continue à rassembler les foules. Il s’agit d’un des derniers dieux vivants de la guitare. Le magazine Rolling Stones le place à la quinzième place de son classement des meilleurs sixcordistes de tous les temps. Ses fans sont issus de la vieille ne séduit plus guère la génération actuelle.

Le décor est plutôt sobre sur les planches. Pas de light show grandiose ; juste ce qu'il faut pour se focaliser sur Carlos et son jeu de gratte. Trois estrades sont placées à l'arrière de la scène, endroit privilégié que vont occuper le drummer (José ‘Pepe’ Jimenz) et les deux autres percussionnistes (Paoli Mejias et Karl Perazzo). Et ce trio va faire un vrai malheur. Carlos chante très peu ou presque pas. Cependant, deux vocalistes (Andy Vargas et Tony Lindsay) le suppléent. Le line up est complété par un bassiste (Benny Rietveld) qui s’installe à droite et un second gratteur (Tommy Anthony) à l'extrême gauche, juste à côté du préposé aux claviers (David K Mathews). Circonstanciellement, la troupe est épaulée par un duo de cuivres (trompette et trombone).

Carlos monte sur les planches. Il est coiffé d’un chapeau. Armé, bien sûr, de sa guitare, il prend place au milieu. Des images de la voie lactée sont projetées sur un écran situé en arrière-plan, pendant le morceau d'introduction, « Power Of Peace Intro ». Les hostilités débutent cependant réellement par « Toussaint L'Overture », un extrait de « Santana III », LP sorti en 1971. Un bail ! Le piano hammond donne le ton alors que les trois percussionnistes s'en donnent à coeur joie. Carlos est déjà en démonstration sur son instru. Et le son Santana est parfaitement reconnaissable. S’il a composé pas mal de morceaux originaux, il s’autorise également des reprises, qu’il réarrange à la sauce Santana. A l’instar du « Love Makes The World Go 'Round » de Deon Jackson. Et la version est surprenante. Bien différente de ce qu’en avait faite Madonna. Sur disque, elle est particulièrement douce et balisée par l'orgue ainsi que les cuivres. Ici, pas de cuivres. Les percus mènent à nouveau la danse sur « Freedom In Your Mind ». Deux titres sont enchaînés, « Black Magic Woman » et « Gypsy Queen », deux plages extraites d'« Abraxas », le deuxième long playing du maître. Et un de ses meilleurs. Une autre cover, le « Black Magic Woman » de Peter Green (Fleetwood Mac). Un standard du blues au cours duquel Carlos se réserve un solo savoureux.

Encore une reprise, le « Oye Como Va » de Tito Puente, une piste issue d’« El Rey Bravo ». Ambiance latino assurée. Les rares parties chantées sont assurées dans la langue de Cervantès. Ce sont les percus et les soli de Carlos qui tirent leur épingle du jeu. Plus classique : « Maria Maria », tiré de l’opus « Supernatural ». Carlos abandonne sa guitare électrique un moment et opte pour une acoustique placée sur un pied. Carlos jongle alors entre ses deux grattes. On replonge dans le climat latino pour « Foo Foo » (« Shaman »). C’est même du cha-cha-cha ! Lors de la cover du « Corazón Espinado » de Maná, les soli sont exécutés par la section rythmique : le bassiste, le drummer et les percussionnistes. Et ils sont solides !

« Jin-Go-Lo-Ba » est un titre signé Babatunde Olatunji. Il figure sur l’elpee « Drums Of Passion ». Mais la version originale –parue également en 45tours à l’époque– était déjà incluse sur « Santana ». Les percus nous entraînent au cœur de l’Afrique et Carlos se paye un autre solo d’enfer. Une reprise de Michael Jackson : « A Place With No Name ». Une opportunité pour créer un petit dialogue entre la gratte et les deux chanteurs. Et la compo monte en puissance graduellement. Les cuivres prennent le pouvoir sur « Evil Ways / A Love Supreme » (« Medleys »). La fin est proche quand résonne les accords langoureux de « Europa (Earth's Cry, Heaven's Smile) » (« Amigos »). Debout depuis bien longtemps, l’auditoire salue la performance de Carlos qui le remercie à son tour. Impossible de rester cloué sur votre siège pendant deux heures, lors d’un concert de Santana. Et le set de s’achever par le « Tequila » des Champs et « Smooth », un extrait de « Supernatural ». Carlos va chercher une dame installée aux premiers rangs. Ravie, celle-ci aura le privilège de toucher la guitare du maître. Il invite également deux fillettes de l’assemblée. Egalement enchantées de monter sur l’estrade, elles vont assurer des choeurs de luxe. Et Carlos Santana de clamer qu’il s’agit de l’avenir. La foule salue la prestation du band par un tonnerre d'applaudissements…

Qui revient accorder en rappel « Woodstock Chant », le torride « Soul Sacrifice » et une dernière reprise, « Saideira ». Une bien belle soirée –percussive et électrique– vient de s’achever…

(Organisation Live Nation)

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Gilberto Gil & Caetano Veloso

Un peu de soleil brésilien à Bruxelles…

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Près de 50 ans déjà que la musique de Gilberto Gil et Caetano Veloso fait vibrer les âmes des Brésiliens, mais également celles des mélomanes, aux quatre coins du globe. Au cours de ces cinq décennies, les deux mythes sud-américains sont parvenus à se forger leur propre style, soit le tropicalisme, le fruit de genres oscillant de la musique populaires brésilienne au pop/rock, en passant par le psychédélisme. Et leur discographie conséquente en est la plus belle illustration. Cependant, leur engagement politique leur a valu d’être emprisonnés pendant plusieurs mois et les a forcés à émigrer, à l’étranger. En résumé, Gilberto Gil et Caetano Veloso sont au Brésil ce qu’est Jacques Brel à la Belgique, Brassens et Ferré à la France ou encore Bob Dylan aux Etats-Unis. 

Ces deux stars brésiliennes se sont croisées à tant de reprises, que leur parcours est presque devenu commun, sur les planches. A l’instar de Monaco et Paris, Bruxelles a donc eu le privilège de pouvoir les accueillir en ‘live’…

Et tout particulièrement ce 29 juillet, à Forest National. La salle est bien garnie, mais pourtant pas comble. Le public est hétérogène. Il réunit un public de tous les âges et issu de multiples nationalités. Beaucoup de Brésiliens et aussi de Brésiliennes, quand même. Avant le set, l’estrade n’est encombrée que de deux grattes, deux micros et deux chaises. Sobriété ! Il n’en faut pas plus aux deux artistes pour s’exprimer et émouvoir l’auditoire. Qui était d’ailleurs conquis d’avance. Pendant deux heures, Gilberto Gil et Caetano Veloso vont interpréter des titres de leurs répertoires respectifs ; parfois ensemble, parfois séparément. Dont certains permettront à leurs sèches de s’entrelacer. Des morceaux rythmés, mélancoliques ou carrément bouleversants. A plusieurs reprises l’auditoire reprend en chœur certaines compos qu’il, comme on pouvait s’y attendre, connaît sur le bout des doigts (NDLR : des oreilles ?) Si les musicos ont une attitude, en général, statique, Caetano Veloso va quand même se lever de son siège pour oser un petit pas de danse fortement apprécié par le public. Après deux bonnes heures de set, il est ravi et est récompensé par deux rappels.

Les deux plus grands chanteurs/musiciens brésiliens du XXème ont apporté un peu de soleil du Brésil à Bruxelles. Après ce spectacle, les vacances pouvaient légitimement commencer…

(Organisation : Greenhouse Talent)

 

Mary J. Blige

La fusion parfaite entre la soul et le hip hop…

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Pas de première partie pour ce concert de Mary J. Blige. Début des hostilités à 20h30 précises. Pas évident de dénicher un emplacement pour sa voiture, près de l'Ancienne Belgique, depuis la création du nouveau piétonnier… Mary J. Blige est incontestablement une diva du R'n'B américain. Et pour cause, sa voix au timbre soul, sableux, s’inscrit dans la lignée d’Aretha Franklin voire de Billie Holiday.

Née le 11 janvier 1971 dans le Bronx (New York, USA), Mary Jane Blige est la fille d'une infirmière et d'un musicien de jazz. Elle a vendu plus de 50 millions d'albums dans le monde, depuis ses débuts, en 1992 ; et surtout marqué l’histoire du hip hop féminin en écrivant des chansons engagées qui sont devenues des hits. A l’instar de « Family Affair », « My Love », « No More Drama » ou « Be With You ». Neuf fois récompensée aux Grammy Awards, ‘The Queen Of Hip-Hop Soul’ aurait pu raccrocher. Elle a préféré publier un douzième opus. Il s’intitule « The London Session ». Une œuvre dynamique, sensuelle, taillée pour le dancefloor pour laquelle elle a reçu le concours de nombreuses voix, dont celles de Disclosure, Eg White, Emeli Sandé, Jimmy Napes, Naughty Boy, Sam Romans et Sam Smith.      

La salle est inévitablement sold out. Chaque musico dispose de son estrade. Le drummer s’est installé à gauche. Juste à côté, un bassiste, également préposé aux synthés. Au centre, le guitariste et à l'extrême droite, un second claviériste. Sans oublier les trois choristes du même côté.

Après une petite ‘Intro’ très classique au cours de laquelle sont projetées des images sur une toile en fond de scène, Mary débarque. Coiffée d’un chapeau blanc, qu’elle changera rapidement en optant pour un autre de couleur noire, elle est tout de bordeaux vêtue. Le set s’ouvre par « Just Fine », un titre issu de « Growing Pains », un elpee paru en 2007. Mary nous signale qu’elle aime la musique. Elle invite le public à danser et à chanter avec elle. Les premiers rangs sont réceptifs et le reste de l’auditoire embraie. Une belle interactivité s’établit entre l’artiste et le public. Elle arpente le podium de long en large. Sa voix est haut perchée. Elle est manifestement en pleine forme. Un spectateur lui tend un cd. Elle lui touche tout simplement la main. Son backing group est une belle machine à funk. Pour « I'M The One », les paroles s'affichent sur l'écran, en arrière-plan. Les trois choristes conjuguent impeccablement leurs voix. Et elles sont puissantes. Coup d’œil dans le rétroviseur ensuite, grâce à « You Bring Me Joy » et « Be Happy », deux morceaux extraits du second long playing, « My Life », publié en 1994. Puis de « Love Is All We Need », tiré du troisième LP sorti en 1997, « Share My World ». La fusion parfaite entre la soul et le hip hop.

« Real Love » et « Love No Limit » remontent encore plus loin, puisque ces deux plages figurent sur son premier opus, « What's The 411? », un disque paru en 1992. A cette époque la soul n’est plus trop en odeur de sainteté et le hip hop macère encore dans la zone crépusculaire de l’underground. Mary s’était alors entourée de Grand Puba, Busta Rythmes et Biggie pour concocter cet album qui deviendra triple disque de platine ; c’est ainsi qu’elle s’est vue décerner ce titre de ‘Queen of Hip Hop Soul’. « Enough Cryin' » est une petite douceur glissée subrepticement dans la set list. Mary déambule sur l’estrade en frappant dans les mains des spectateurs aux premiers rangs…

Le spectre de Donna Summer plane tout au long du disco/funk « My Loving ». Des beats effilés découpent le « F For You », un morceau co-écrit par Naughty Boy et Jimmy Napes. Le refrain est pop, ravageur. Les racines house circa 90’s. Délicieux ! La voix de Mary se fait douce, claire et puissante à la fois sur « Therapy », un titre co-écrit par Sam Smith et issu de « The London Sessions », un elpee gravé en 2001. Un grand moment de soul abordé dans l’esprit d’Etta James. Une soul empreinte de tendresse et de passion qui envahit « Doubt », également tirée de ce long playing, une compo balayée par des accords de piano ravageurs. Et toujours issu de la même plaque, « No More Drama » permet à la diva de pousser sa voix dans les aigus, jusque dans ses derniers retranchements, pour le bonheur d'un public divinement conquis. Mary verse quelques larmes et remercie l'assemblée. Et le show de s’achever par une superbe cover du « One » de U2, moment choisi par le guitariste pour se mettre dans la peau de The Edge. Et d’y parvenir !

Lors du rappel, Mary J. Blige présente ses musiciens qui en profitent pour s’autoriser chacun un petit solo. Et le set s’achève par « Family Affair », extrait de l'album « No More Drama ». Inutile d’ajouter que le public, ce soir, a vécu un concert exceptionnel, concert qu’il a transformé en véritable fête de la musique.

(Organisation : Greenhouse Talent)

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