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L’heure personnelle de Lucie Valentine

L'artiste belge Lucie Valentine dévoile « Minuit Moins Toi », le titre phare de son nouvel Ep éponyme. Une chanson touchante, lumineuse, qui célèbre le moment de bascule : celui où la douleur laisse place à la paix après une séparation. Née d’un atelier…

Denver ou DNVR ?

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BRNS

Un peu de respect SVP, même pour le condamné qui fume sa dernière cigarette…

Ce samedi 7 mars 2015, votre serviteur prend la direction de Mons, Capitale Européenne de la Culture, afin d’assister au concert de BRNS (NDR : prononcez Brains).
Comme bon nombre de villes de taille moyenne, elle souffre d’un manque évident de parkings. Méfiant de nature, je prends donc toutes les précautions d’usage et prend la route de bonne heure.
Malgré une autoroute quelque peu encombrée, j’arrive à bon port, trente bonnes minutes plus tard. Par chance, je parviens à dénicher une place à quelques centaines de mètres du but.
Je me dirige alors vers l’Alhambra, rue du Miroir, lieu légendaire de la vie nocturne montoise, situé à une encablure de la Grand-Place.
Il est 19h45 lorsque, enfin, j’y suis. L’ouverture des portes est prévue dans 15 minutes. Le timing est respecté !
Le sas d’entrée est pourtant déjà bondé d’impatients, le fameux sésame en main. Il faut dire que la réputation du combo bruxellois n’est pas surfaite ! Je pense que, vu le monde présent, ce sera sold out !

A 20h00 pétantes, je me fraie difficilement un chemin à travers les badauds. A la réception, la caissière me donne un ticket. Mountain Bike assure la première partie. Excellent choix !
Je prends un verre et attends patiemment. Je contemple, sourire aux lèvres, cette drôle de pieuvre peinte au plafond. Idée saugrenue. Mais qu’importe, l’étendue de la culture est sans limite !
Afin de profiter du spectacle sous un angle optimal, je me plante face à la scène. Avoir une petite taille handicape parfois !
Un peu vague à l’âme, je me remémore l’excellent moment passé en compagnie de ma meilleure amie, lorsqu’un certain 27 juin 2012, j’étais assis derrière ma batterie, baguettes en mains, imprimant un son rock bien trempé ! Cette soirée, très spéciale, restera à jamais gravée dans nos mémoires.
D’une capacité d’environ 350 personnes, la salle ne tarde pas à se remplir. La pyramide des âges est bien respectée. Devant moi, un garçon –qui doit avoir à peine dix ans– accompagne son père. Ca fait plaisir à voir !

Il est 20h15 lorsque le premier combo entame les hostilités.

Surpris, je constate qu’il ne s’agit pas de Mountain Bike comme annoncé, mais de Thibet. Je ne comprends pas… Il s’agit, sans soute encore, des aléas de la programmation musicale. Ce sera donc une découverte !

Réunissant Gregory Vandamme (voix/guitare) Thomas Venegoni (guitare/clavier/voix) David Davister (batterie/voix) et Julien Bacquet (basse/voix), le band est venu défendre « Vision and Certitude », un long format tombé dans les bacs depuis avril 2014.

Leur mélange de pop et de psychédélisme, saupoudré d’un soupçon de new wave va parvenir à faire oublier ma déception. Je n’ai vraiment pas perdu au change !

Durant environ quarante minutes, le public pourra s’enivrer de ces savoureux rythmes indie pop contemporains aux sonorités eighties. Aucun doute, ce quatuor s’est attiré de nouveaux fans !

Un interlude d’un peu plus de trente minutes est prévu. Histoire de s’hydrater sans doute !

Il est maintenant 22 heures. Que la grand-messe commence ! Les fidèles se pressent devant l’hémicycle. Il faut dire que la présence d’Antoine Meersseman (basse/chœur), Tim Philippe (batterie/chant), Diego Leyder (guitariste) et César Laloux (multi-instrumentiste), à Mons, est une première !

C’est tout naturellement par « Void », titre maître du nouvel elpee, intitulé « Patine », que le groupe chauffe les groupies. Le show est lancé !

Les notes tourbillonnent autour de la voix très particulière du batteur/chanteur, Tim. Les regards se croisent. Des sourires s’échangent.

Les tubes d’enchaînent alors. La setlist s’inspire essentiellement du dernier opus. Le band balance une salve de titres issus de « Patine » (« Slow Hear », « My Head Is Into You », « Omen », etc.)

Assez décevant par rapport à celles qui figurent sur leur génialissime précédent LP, les compositions prennent pourtant et étrangement une toute autre dimension en live !

Les morceaux issus du sept titres « Wounded » ne sont pas oubliés pour autant ! Ainsi, caractérisé par un drumming tentaculaire, le nouvel espoir noir-jaune-rouge a marqué, ce soir, les conduits auditifs au fer rouge, notamment lors de l’excellentissime « Mexico ». Dans le genre, difficile de faire mieux !

Ce qui me surprend le plus chez ce drummer, c’est ce côté autiste. Hors du temps, hors de tout, il s’amuse tel un gamin déballant le jouet que le Père Noël vient de lui apporter. Il est vraiment dans son truc !

Très amusant aussi, c’est la manière dont il frappe les éléments : le Charley de la main gauche et la caisse claire de la droite. Et surprenant en même temps ! Le tout, avec une dextérité hallucinante ! Et détail croustillant, aucun tom n’est présent, hormis le floor tom !

Multi-instrumentiste, le claviériste alterne synthé et guitare électrique selon les titres.

Le percussionniste, quant à lui, n’est pas seulement venu appuyer la rythmique. Le réduire à ce rôle simpliste serait lui faire affront ! Il constitue, au contraire, une pièce maîtresse du puzzle !

Au terme de quarante-cinq minutes d’un gig qui a tenu toutes ses promesses, BRNS tire sa révérence, en concédant « Clairvoyant », avant de regagner les coulisses. L’un des meilleurs titres, à mon humble avis ! Efficace et redoutable !

Les gaillards s’éloignent pour un (seul) vrai faux rappel. Incendiaire, il met un terme à cette soirée du tonnerre de Dieu.

Les lumières se rallument. Un after show est assurée par un DJ. Je regarde cette poignée de filles encore sous l’émoi de ces belles gueules.

Certains resteront se délectant de cette musique électro. D’autres repartiront des étoiles plein les yeux. Le reste, comme moi, ira prendre un dernier verre au bar. Un peu comme la cigarette du condamné… J’aime cette métaphore !

Je m’apprête à rejoindre mes pénates. A ma droite, les garçons signent des autographes. J’hésite un instant. Je vide finalement les lieux sans pouvoir leur dire un mot. J’ai eu tort…

En conclusion : bonne ambiance, décibels, sueur et présence scénique. Ce soir était encore un grand soir !

S.R.

 

BRNS à l’Alhambra, c’était un peu un rendez-vous obligatoire pour les fans montois de rock. Mais une réelle inquiétude m’envahit avant de rejoindre la rue du Miroir. La salle a, à juste titre, la réputation de souffrir d’une acoustique assez médiocre. Et quand on connaît la subtilité du son des Bruxellois, il y a de quoi être méfiant des conditions sonores qui vont régir la soirée.

Avant d’être fixé sur ce point, Thibet ouvre le bal. C’est ma première rencontre avec ce groupe dont on dit le plus grand bien. Malheureusement, leur musique est un peu trop progressive à mon goût. Si les explosions directes ne sont pas obligatoires, loin de là, j’estime quand même qu’à partir d’un certain moment, une montée dans les décibels s’impose. L’attente est souvent trop longue et le choix des morceaux d’ouverture et de fin, ne sont pas  forcément opportuns. Thibet jouit d’un vrai potentiel, c’est certain ; mais la comparaison avec BRNS est difficile à supporter.

Tant attendue, la tête d’affiche monte sur le podium, alors qu’on approche les 22H devant un auditoire conséquent. Il ne faudra que quelques minutes pour être fixé quant aux craintes émises à l’égard du son. A ma plus grande surprise, il est très correct ! Sans aucun doute la meilleure acoustique identifiée depuis que je fréquente les lieux. L’ingénieur du son doit probablement réaliser de l’excellent travail. Pour le reste, le concert de BRNS est classique mais efficace, exactement comme la semaine dernière à la Ferme du Biéreau. Le set est ici un peu plus long car il n’est pas accordé dans le cadre d’un festival. Les morceaux s’enchaînent vraiment bien ; néanmoins, l’attitude du public n’est pas très respectueuse. Trop souvent, un bruit de fond, causé par des conversations parasites, empêche de profiter complètement de la montée en puissance des morceaux. Et cet irrespect pénlise également le public qui souhaite s’immiscer au maximum dans l’univers cérébral du quatuor. Il n’y a vraiment que « Mexico » qui va focaliser l’attention générale. L’effet pure.fm, sans aucun doute.

Dommage également que « Deathbed » et de « The Story Of Bible », deux titres phares de l’Ep « Wounded, n’aient pas été exécutés. On remarque en fait toute les limites des tournées promotionnelles post-albums. Certaines chansons moins réussies de « Platine » sont interprétées et des meilleurs morceaux plus anciens sont oubliés. Une petite déception pour les fans de la première heure ; mais un choix complètement normal dans la logique marketing d’un groupe, même si je reste persuadé qu’il devrait toujours jouer ses meilleures compositions en live.

Il y a beaucoup de critiques dans ce report, je le reconnais, mais n’allez pas croire que la soirée ait été détestable. Loin de là. Les Bruxellois vont d’ailleurs conclure leur concert par « Our Lights », lors d’un rappel particulièrement puissant.

A l’issue de leur set, les musicos vont passer de nombreuses minutes au stand marchandising, pour y discuter en compagnie de leurs nombreux fans. Un groupe qui, en plus d’être un des plus talentueux du pays, est complètement accessible et très sympathique. Un exemple pour tous les jeunes artistes de Belgique.

A.M.

(Organisation Alhambra)

D’Angelo

Le Messie Noir et son avant-garde…

Écrit par

On n’espérait plus revoir D’Angelo en concert en Belgique. Sa dernière apparition datait du mois de juillet… 2000, lors de l’une des 77 dates de son ‘Voodoo Tour’. Faut dire que le chanteur américain s’était fait plutôt discret depuis la sortie de son dernier album « Voodoo », un disque qui lui avait permis de se faire connaître aux yeux et aux oreilles du grand public. Cette exposition médiatique nouvelle a été difficile à gérer pour l’artiste, qui a développé plusieurs addictions à la drogue et à l’alcool, ne nous livrant plus aucun projet depuis l’an 2000. Quinze années plus tard, c’est Forest National qui accueille le chanteur, originaire de Richmond aux Etats-Unis, sur nos terres pour la dernière date européenne de sa tournée consacrée à son troisième LP, « Black Messiah ».

C’est peu avant 21h00, devant un parterre d’environ 2 000 personnes, sous un décor minimaliste et sur une scène bourrée d’instruments, que D’Angelo monte sur l’estrade. Le chanteur nu soul ouvre son concert par le très réussi « Prayer ». Mais D’Angelo ne joue pas en solo très longtemps. Il est rejoint quelques minutes plus tard, par ce qu’il présente comme son nouveau groupe, The Vanguard. Et c’est justement ce qui va faire tout l’intérêt du concert. Soutenu par Pino Palladino, Chris Dave, Kendra Foster et Jesse Johnson, le concert n’en est que plus convaincant.

D’Angelo & The Vanguard enchaînent les titres du dernier long playing, mais aussi des classiques des deux précédents opus de D’Angelo ; soit « Brown Sugar » et « Voodoo ». Le public est littéralement conquis quand retentit l’introduction de « Really Love », l’un des meilleurs morceaux de « Black Messiah ». D’Angelo peut d’ailleurs compter sur ses fans pour l’accompagner sur une bonne partie du morceau. Même constat sur « Brown Sugar » et « The Charade », fortement appréciés par l’auditoire bruxellois.

Après deux heures de concert intenses où D’Angelo est apparu très proche de son public tout en laissant la part belle aux musiciens de The Vanguard sur la quasi-totalité de la set list, « Till it’s done (tutu) » ainsi que le très long mais pas moins très énergétique « Untitled (how does it feel) » achèvent le spectacle.

D’Angelo a signé un retour gagnant auprès de son public qui l’attendait depuis un long moment. Le chanteur nu soul libère beaucoup d’énergie sur les planches changeant plusieurs fois de tenue vestimentaire au cours de la soirée, au gré des séquences abordées (rock, latin, soul, funk). On a vécu un show très réussi, notamment grâce à la présence des Vanguards, bien mis en avant par D’Angelo qu’on espère cependant revoir (très vite), mais au sein d’une une salle plus intimiste afin d’encore mieux profiter de tout son talent.

(Organisation : Greenhouse Talent)

Panda Bear

Un oxymore vivant

Écrit par

La soirée est en principe destinée à prendre du plaisir. Et en même temps, à vivre une découverte.
Tout est parti d’une envie qui s’est rapidement transformée en situation troublante.
Et pourtant, sans la moindre brutalité, des hallebardes nous sont tombées sur la cafetière. Elles menaçaient au cœur du ciel d’hiver…
Et il en a fallu de peu, finalement. De quoi douter de la machinerie sournoise, précise orchestrée par Panda Bear. Capable de soudoyer n’importe quel mélomane lambda. Personne n’y croyait, et pourtant tout le monde est tombé dans le panneau. Sans regrets…
Ce n’était pourtant pas gagné d’avance.

20h00

Au sein de l’Orangerie, en attendant l’ours portugais d’adoption expatrié de Baltimore, il revenait à d’autres troublions, issus de la grosse pomme, de montrer ce qu’ils avaient dans le ventre. Jib Kidder et ses mollusques ont un côté nonchalant et peu soigné qui agace. Je n’ai pas dit qui a la grâce. Ce serait une insulte.  

Vu l’exercice périlleux du supporting act, il faut se montrer indulgent. Mais d’indulgence, il n’en sera jamais question. Jib Kidder nous bassine des reverbs atroces. Son phrasé est grailleux. Sa musique est incohérente, approximative, sans ligne de conduire. Le light show est obsolète. Le backing group insipide.

Chaque morceau semble volontairement biaisé. Désaccordé. Mais dispensé avec un esprit snob. De quoi provoquer un malaise, un haut le cœur, à la hauteur de leurs ambitions. Car, le combo ne manque pas de talent. Et il réunit d’excellent musicos. Mais, en s’égarant au cœur d’expérimentations bancales, leur compos se régurgitent plus qu’elles ne se savourent (NDR : qui a dit à vomir ?) Une épreuve dénuée d’émotion. Fin du match, on règlera les comptes. Au vestiaire…

21h00

Noah Lennox aka Panda Bear, montre le bout du nez…

Il est seul et se faufile discrètement sur l’estrade. Une incursion empreinte de délicatesse. Tout aussi furtivement, il déclenche le processus de mise en route de ses machines qui, pendant une heure, vont entretenir un climat intimiste et confortable au sein de la salle. 

Lennox est rompu au ‘live’ ? 15 ans déjà qu’il roule sa bosse sur les planches, en compagnie d’Animal Collective. Quand il ne se produit pas en solitaire. Ce qui explique pourquoi, il est devenu inébranlable.

La bouche ouverte, les mains pendantes, on se laisse piéger par le feeling mélodique qui vous contamine. Naturellement.

Il se moque des conventions. Y va au culot. Et botte en touche. Tout le monde partage ce point de vue, de toute manière.

Oscillant de mélodies synthétiques aux naturelles et instinctives, il réalise leur enchaînement en manifestant une facilité déconcertante. De fil en aiguille, les univers différents se rapprochent, se touchent, se respectent. Alliant l’eau et le feu, Lennox semble maîtriser les éléments. Il semble bien le seul dans cette salle. Si ses caresses réconfortent, ses coups de cravache ont un pouvoir orgasmique. Il est le Maître absolu de l’arrogance et de la simplicité, de la douleur et de la tendresse, de la puissance et de la tranquillité. Ce soir, Panda Bear est tout simplement un oxymore vivant.

En prenant du recul et en observant l’auditoire, on se rend vite compte que si Lennox nous a réuni dans sa bulle, ce n’est pas pour adresser un discours général à ce public, mais bien un message personnel.

Des corps se déhanchent, certains en abusent, d’autres restent figés, sous le choc. La liesse n’est pas collective. Le plaisir est individuel. Et il est intense, même s’il est profondément enfoui au fond de l’âme. 

22h00

De la même manière qu’il est apparu, Panda Bear file à l’anglaise, côté backstage, le public le contraignant à exécuter le rituel éternel du rappel qu’il viendra assurer encore pendant 20 bonnes minutes...

Guère loquace, jamais avare et même plutôt généreux, Panda Bear a démontré ce soir qu’il avait l’humilité et le prestige des plus grands artistes…

En sortant, je jette un coup d’œil à la table merchandising. Les mollusques de Jib Kidder y sont collés. Mieux vaut fuir. Je voudrais pas revivre le premier épisode.

(Organisation Ancienne Belgique)

Fauve

Comment sortir des griffes d’un tel Fauve ?

Écrit par

Tu le sais, tu t’es préparé. Tu as travaillé, essayé de soigner tes blessures. Un travail qui t’a demandé du temps. Mais en 2 notes, Fauve décolle tes pansements.
Il n’est pas sadique. Il ne veut pas te faire mal. Simplement, il possède une telle puissance naturelle, une précision dans le domaine du ciblage des émotions, que tu baisses rapidement les bras. Mais les as-tu seulement levés pour manifester contre eux ? Tu acceptes ce qui va se produire. C’est le prix à payer.
Certains viennent pour danser. D’autres pour la musique. Bref, ce phénomène a quand même son ‘tour bus’ réservé devant la salle, qui affiche sold out.
Tu as une dent contre ce peuple. Il viole en quelque sorte ton intimité. Tu as connu Fauve à ses débuts. D’abord chez toi, via Youtube. Puis à la Rotonde du Bota. Ensuite au sein de son Orangerie. Tu as pu ressentir ces émotions. Les partager avec eux.
Vu l’affluence, tu sais que tu devras encore davantage les partager. Tu devras te contenter de quelques miettes. Mais tu vas quand même les dévorer…
Tu y consens.
Tu assumes.
Et ton rêve peut commencer…
Enfin, pas encore, car tu devras encore patienter un peu…

La casquette vissée sur la tête, Romeo Elvis (aka ‘Kiki van Laeken’) a la lourde tâche d’essayer de s’extirper des griffes de l’animal qui va grimper sur l’estrade, derrière lui. Même pas peur le gamin ! Et c’est d’une voix très pro, grave, dispensant un flow sans accroche, sans faiblesse, qu’il balance son set au public un tantinet distrait mais surtout impatient.

Les morceaux s’enchaînent (« Mon Cousin Dégeulasse », « Bruxelles c’est Devenu la Jungle », etc.) avec une rapidité qui ne trompe pas. On a envie de le revoir ce gars là. Trop court pour ce soir. On va le tenir à l’œil et tendre l’oreille à la suite de son parcours.

20h40

La salle replonge dans l’obscurité. Cris soutenus dans l’AB.

Quentin Postel est vêtu d’un t-shirt à l’effigie de Stupeflip, le bassiste à celle des Black Lips. Grand écart culturel, on affiche ses références. Ce qui ne peut qu’être que bénéfique…

« Paraffine » ouvre les hostilités, explose les bacchanales. « Bermudes » embraie. Premier pincement au cœur, et apparition de cette fameuse boule au ventre. Il n’a pas fallu très longtemps à ces satanés Français pour nous tordre l’intérieur du corps. A peine quelques mots…

Postel parle enfin. Depuis le temps que le public attendait qu’il s’exprime. Il le remercie d’être présent. Il précise que c’est la première date de la tournée du nouvel album. Qu’ils sont contents d’être en Belgique, même si à chaque fois, leur set rencontre des problèmes techniques. Pourtant, ce soir, il sera épargné par cette poisse…

Si « T.R.W. » passe assez difficilement l’exercice du live, il ne fait que précéder celui que tu redoutais, mais que paradoxalement, tu attendais également.

Ce morceau qui rompt tout. Celui qui te fais baisser la tête. Mais ce soir tu as décidé de l’affronter : « Nuits Fauves » sonne…

C’est le frisson ! C’est à ce moment que tout à commencé. Tu ne fléchis pas, mais tu en prends plein la gueule. Ton cœur est transpercé. Car cet instant te tombe dessus sans crier gare… Et merde !

A peine remis de tes émotions, le groupe assène ses coups, trace sa voie, fustige et encore électrise l’auditoire.

Il parvient même à te faire chanter, dans son intégralité, « 4 000 Iles ». Fallait oser ! Fauve ne souffre d’aucun complexe, ne dresse aucune barrière. Balance même une version musicale de « Azulejos », plage qui figure sur « Vieux Frères Partie II », a cappella.

Jusqu’à la fin du show, le public ne cessera de s’élever, toujours plus fort, toujours plus haut.

Et le délire atteint son paroxysme quand « Blizzard » vient donner le coup de grâce.

Il est 22h00. Les masochistes en réclament encore. Et se manifestent à travers les hurlements ou encore en sifflant. Le bonheur est tellement intense et la demande tellement soutenue, que si les musicos ne reviennent pas rapidement sur les lieux de leurs méfaits, on pourrait assister à une mutinerie.

« De Ceux » vient calmer quelque peu les esprits. En ‘live’ ce morceau est excellent. Il faut cependant admettre qu’hormis la présence de titres pas encore suffisamment rôdés sur les planches, et tout particulièrement issus du nouvel opus, la setlist était vraiment parfaite.

22h30

Fauve a vidé les lieux…

Tu remets tes pansements, tu fanfaronnes et tu cries à ceux qui veulent l’entendre ‘même pas mal…Tu sais toi ? Tu mens…

Set List :

1/ « Paraffine »
2/ « Bermudes »
3/ « Infirmiere »
4/ « Saint-Anne »
5/  « T.R.W. »
6/ « Nuits Fauves »
7/ « 4000 iles »
8/ « Zoé »
9/ « vieux freres »
10/ « Talluah »
11/ « Haut les Cœurs
12/ « Azulejos »
13/ « Cock Music Smart Music »
14/ « Voyou »

15/ « Blizzard »

Rappel :

1/ « De Ceux »
2/ « Sous les Arcades »
3/ « Kané »
4/ « Hautes Lumières »

 

(Organisation : Nada Booking)

Father John Misty

L’alchimie parfaite !

Écrit par

Ce mercredi 4 mars, l'Orangerie accueille John Father Misty ou plus exactement Josh Tillman, un personnage atypique, faussement mystique. Sous son nom, il a publié 7 elpees. Mais, c’est sous le patronyme de son projet alternatif qu’il se produit ce soir, pour y défendre son second opus, « I Love You, Honeybear », paru ce 10 février dernier. Un disque très bien reçu par la critique. Sur cet LP, l’ex-drummer de Fleet Foxes s'amuse à déconstruire, d'une manière sarcastique, les piliers de notre société. Musicalement, ce long playing propose un folk épique, enrichi par une instrumentation à la fois luxuriante et chargée de nuances.

Pour assurer sa première partie, le Californien a invité Kieran Leonard, un songwriter anglais qu'il a rencontré à Los Angeles. Leonard débute son concert vers 20h. En solitaire, uniquement armé de sa sèche, devant une salle quasiment vide. Manifestement, son folk ne déchaîne pas les foules. Faut dire que ses morceaux sont d'une telle banalité ! Le set de Kieran Leonard ne restera certainement pas gravé dans les mémoires.

Il est presque 21h et l'Orangerie est à présent pleine à craquer. Les lumières s'éteignent et les six musiciens du backing group de Father John Misty montent sur l’estrade. De chaque côté de la scène se postent le claviériste et le guitariste. Ils arborent une longue chevelure. Le violoniste et le bassiste se plantent en retrait. Le line up est complété par un troisième gratteur et un drummer.

Lorsque les premières notes de « I Love You, Honeybear » retentissent, Josh Tillman débarque à son tour su le podium. Elancé, vêtu d’un costard, ce barbu vient se placer tout naturellement au milieu du jeu de quilles. Il est particulièrement à l’aise, sûr de lui. Il arpente la scène de long en large, monte sur la grosse caisse, s'agenouille, tout en chantant d'une voix magistrale. Une belle entrée en matière donc...

Dès le morceau suivant, Josh empoigne sa six cordes et en joue pendant plusieurs titres. Et sur son instrument, c’est loin d’être un manchot. Et vocalement, il excelle aussi bien comme crooner que redneck, dans l’univers de la country (« I'm writing a Novel »).

Dès qu’il en a l’opportunité, et le plus souvent entre les morceaux, il dialogue avec le public. Il a le sens de l’humour, un humour parfois sarcastique. D’ailleurs, avant de tirer sa révérence, vers 22h, il en profite pour railler la coutume américaine du vrai/faux ‘rappel’. Aucune surprise donc, quand l'Américain opère son comeback et nous livre trois superbes morceaux : l'épuré « Bored in the USA », la reprise du « I'm Your Man » de Léonard Cohen et pour terminer, « Everyman Need a Companion ».

Véritable bête de scène, Father John Misty est littéralement parvenu à ensorceler son auditoire tout au long d’un spectacle musicalement très propre et au discours décalé… L’alchimie parfaite !

(Organisation Botanique)

Champs

Les voix des Champs…

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Cette soirée constitue pour votre serviteur une découverte. Champs se produit à l’AB Club et Tula assure le supporting act. La charge de mes activités professionnelles et les embouteillages rencontrés à l’entrée de la capitale ne me permettront pas d’arriver en temps et en heure pour assister à la prestation de la première partie. Quand je débarque, elle est en fin de parcours.

Tula est le pseudo de Tallulah Smith, une artiste insulaire qui nous vient de l'Ile de Wight. Sur les planches elle est seule, armée de sa guitare électrique. Le public est clairsemé. A peine 70 spectateurs. Idéal pour le confort d'écoute. A contrario, pour les artistes, cette situation est plutôt inconfortable. La voix de Tula est douce et envoûtante. A l’aide de sa six cordes, elle libère des nappes de sonorités paisibles. L’auditoire applaudit chaleureusement son set. De ce que j’ai pu voir et entendre, ces bravos me semblaient mérités. A revoir donc.

Champs a été fondé par deux frangins, Michael et David Champion. Deux frères de sang et de son. Ils sont également issus de l'Ile de Wight. Le duo est venu nous présenter son second long playing, « Vamala », paru début 2015. Un disque qui fait suite à « Down Like Gold », publié l’an dernier. Champs avait servi de supporting act pour Balthazar les 20 et 21 février 2014, dans la grande salle de l'Ancienne Belgique. Deux dates sold out. Une aubaine pour commencer à développer sa notoriété. Surtout quand on a du potentiel…

Ce soir, le duo est soutenu par un drummer/bassiste. Le set s’ouvre en douceur par « For Ever Be Upstanding At The Door », une plage du nouvel opus. La conjugaison entre la gratte acoustique et électrique est limpide. Tout comme celle entre les voix des deux frères, Tim et Neil Finn (Crowded House, Split Enz). Et quand elles sont haut perchées c’est même aux Beach Boys et aux Bee Gees que je commence à penser. 

Bercé par une pop mélodieuse, « White Satellite » est issu du premier elpee, « Down Like Gold », une plage mélancolique encore et toujours transcendée par les vocaux si particuliers. La guitare électrique prend l’ascendant sur « Desire », une piste extraite du dernier LP. Légèrement nasillarde et puissante, la voix évoque alors plutôt Joe Newman, le chanteur d'Alt-J. Lors du refrain, les mots 'Echo, echo, echo' vous poursuivent en réverb. Tout au long de « The Balfron Tower », c’est le piano qui balise les vocaux. On se croirait au sein d’une abbaye cistercienne en pleine communion avec le dieu musique qui se veut harmonie. Un grand moment de recueillement, partagé par l’auditoire. Une excitation certaine contamine « Vamala ». A cause de la section rythmique mais également du climat électro. Une atmosphère qu’on retrouve sur « Down (Alone On The Avenue) », les synthétiseurs et guitares cédant le relais aux samplers et boîtes à rythmes. Une conversion judicieuse. Car elle apporte également un plus aux harmonies vocales ; ainsi, « Down Like Gold » glisse dans vos oreilles comme de la gelée royale. Et elles sont triangulaires sur « St Peter's ». Magique ! Le set s’achève par  « Sweet Marie », une ballade interprétée en mode guitare/voix.

Lors du premier rappel, le combo nous réserve une compo jamais entendue à ce jour. Et lors du second, « My Spirit Is Broken ». Bref, je dois avouer avoir pris une fameuse claque ce soir. Il ne faudra plus très longtemps avant que Champs ne fasse salle comble dans la grande salle de l’AB…

(Organisation : Ancienne Belgique)

Sarah Carlier

Une excellente soirée, en toute simplicité…

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Les concerts en appartement sont organisés par Frédéric Bulté (Les Soirées Cerises). Fred, aka Fred Cerise, est le plus grand programmateur et organisateur de concerts gratuits à Bruxelles. Très sympathique, c’est un vrai découvreur de talents. Chaque semaine, il organise au moins un spectacle musical par jour. Parfois deux ou trois. Dont celui-ci. Pour lequel il est absent. Difficile de se couper en trois. C’est une formule que j'apprécie tout particulièrement. Le public est limité. La proximité entre celui-ci et l'artiste est optimale. L’ambiance est conviviale. Le concept est gratuit. A la fin du show, l’artiste fait passer un chapeau. Chacun y met ce qu’il veut. Ce sera le cachet. C'est déjà la deuxième fois que je me rends dans l’appartement de Michel et Nathalie Rommelaere pour assister à ce type de représentation. La première, c’était pour le set du Canadien Woodpigeon, qui pourtant remplit aisément le Botanique. Les hôtes sont charmants. Les invités apportent leurs boissons et l'audition se déroule presque en famille.

Ce soir c'est au tour de Sarah Carlier de s’y produire. L'artiste a déjà assuré quelques premières parties prestigieuses et pointé le nez lors de festivals conséquents. Sous la formule du concert en appartement, c'est sa première. Si sur une grande scène, elle se montre particulièrement à l’aise, ici elle semble avoir le trac. Dans l’auditoire, je remarque la présence de son papa, Sylvain, ainsi que de Manon, sa fidèle amie, devenue la manager. Elle signe d’ailleurs 5 titres du dernier opus…

Une petite estrade a été installée dans la cuisine. Une chaise y est posée. Ce soir, Sarah ne pourra compter que sur sa guitare, sa voix et son ampli. Après avoir accordé son instrument, elle attaque son set. Manifestement, elle est stressée. C’est un exercice de style difficile, il faut le reconnaître. Mais pas insurmontable, car au fil du temps, elle commence à maîtriser son sujet. En fait, c’est son sourire ravageur qui détend l'assemblée. Elle finit elle-même par se décontracter et commence à discuter avec les spectateurs, serrés aux premiers rangs. L’auditoire est limité à une cinquantaine de personnes. Le public est attentif.  

« She Said » ouvre le bal. Mon voisin de droite me confie que ce récital lui plaît, et me demande si je la connais. Ben quand même, depuis le temps. Il continue à me poser des questions sur l’existence d’un hypothétique album, des conditions d’enregistrement, et tout le Saint Tremblement. Il commence un peu à m'énerver et d'un ton courtois, je l’invite à la mettre en sourdine, à écouter et à apprécier. Sarah embraie par « Misery », un extrait du dernier elpee. La voix est chaude, le virage soul de Sarah enchante l'assemblée. En concert électrique, c'est plutôt du côté de Kingston que le soleil pointe. On passe ensuite à « Call You », la douceur est de rigueur, un petit retour au calme. Toute l'émotion de l'artiste passe dans la voix et le jeu de guitare. C'est presque divin. D’ailleurs, le gars de droite est en extase. Je pense qu'il devient amoureux. « For Those Who Believe », c’est le titre éponyme du premier opus de Sarah, mais aussi le premier morceau qui m'a fait vibrer. Elle nous propose sa version personnelle du « Going Back To My Roots » de Richie Havens. C’est une de ses influences majeures. Pour « Mr James », le gimmick de guitare met le cap vers la Jamaïque, alors que la voix se révèle purement soul. Si j’apprécie cette compo sous son format électrique, elle prend une autre dimension en acoustique. Raison pour laquelle, il est intéressant d’assister aux deux configurations. Issu de « For Those Who Believe » (NDR: c’est le titre de son premier LP), « Chorus Man » baigne dans une douceur certaine.

« Dreams » est un titre plus paisible au cours duquel la voix de Sarah exerce ses charmes… Et « Since » de poursuivre dans le même registre. Une autre cover, celle du « Hey Joe », popularisé par Jimi Hendrix. Et son adaptation est digne du maître. Le set s’achève par la chanson phare du dernier opus, « SMS » (« Save My Soul »), ce fameux hit écrit en famille. Un rappel quand même, au cours duquel elle reprend le « Billie Jean » de Michael Jackson. Une adaptation originale magnifiée par la voix de Sarah. Et la soirée de se terminer par « Resistant », un morceau que je découvre.

Bref, ce soir, le public a été conquis par la simplicité (NDR : elle remercie régulièrement le public) et le talent de Sarah Carlier. Et comme le son était nickel, je dois avouer avoir également passé une excellente soirée.

(Organisation Frédéric Bulté : Les Soirées Cerises)

Les Slugs

Un terroir fertile aux vieux limaçons…

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Chaque dernier vendredi du mois, de septembre à juin, ‘Le Terroir’ –un bar bien sympathique où la population locale savoure sa petite pression– accueille un concert rock. C’est à Horrues, un petit village, également le fief de votre serviteur. Quoique affichant un âge respectable, Brigitte, la patronne, gère ces d’jeuns tout en tentant de leur inculquer la culture rock. Pour février, l’affiche est consacrée au punk/rock pur et dur, mais festif. Et ce sont les Slugs, un trio né au début des 80’s et composé de vétérans qui est programmé. Un combo belge terriblement efficace sur les planches et constitué d’un line up tout à fait classique basse/guitare/batterie. Il y a du peuple dans la salle. En outre, le band a attiré de nombreux aficionados, qui vont faire monter la pression. Mais sans la mousse…

L'estrade où se produit la formation n'est pas bien large. Le groupe est venu présenter son dernier opus, « BanqueRoute », paru en 2011. Geoff est préposé à la basse, Ren se charge de la guitare et Bini se consacre aux drums. Avant de prendre place derrière ses fûts, ce dernier enlève ses chaussures et chaussettes. Les Slugs auraient pu naître d'une rencontre hypothétique entre The Clash, The Damned et UK Subs. Différence, mais elle est de taille, les lyrics sont exprimés dans la langue de Voltaire ou en dialecte wallon. Leur expression sonore est à la fois carrée, infernale, savoureuse et récréative. J'avais découvert le combo, supporting act pour Contingent et Sham 69, en septembre 2014, dans le cadre du 20ème anniversaire du Magasin 4.

Le set est découpé en deux parties. La première s’ouvre par « Tout tourne rond » et embraie par l'hilarant « Le Banquier ». Les morceaux sont enchaînés par paires, car ils sont brefs. Pas plus de 3', suivant un rituel du style. « Canada » rend hommage à nos compatriotes francophones, expatriés là-bas. « GPS - Derouf - Coup d'Pie Dan Et Gueule » sont interprétés en dialecte wallon. Les Slugs ont un message à faire passer. Et ils se servent de l'humour pour y parvenir. « Mr Le Prof » traite d'un métier bien difficile à exercer aujourd'hui. « Zoo et Binoche » adresse un petit sourire à Juliette. Et « Karaté-Ninja » clôt le spectacle.

Suivant le même rituel, le préposé à la vente des albums ôte son tee-shirt et exhibe son ventre. Il va tenter de faire son sumo, mais personne ne réagit dans l'assemblée. Un très bon set, apprécié autant pour les oreilles que pour les guiboles. Les artistes sont loin d'être des manchots. Les gens du cru ont apprécié et les musicos sont contents de leur prestation. Les Slugs reviennent ce 4 avril 2015,  au Magasin 4 de Bruxelles, pour faire la fête à Pompon. Et l’affiche est particulièrement alléchante. Outre Les Slugs, s’y produiront Bj Scott, Daniel Helin, Goddog, Needle And The Pain Reaction, Odieu, The K., Pneumatic Head Compressor, Rene Biname ainsi que Romano Nervoso. Chacun pour un showcase de 20' ! Pas de prévente. Premier arrivé, premier servi.

(Organisation : Le Terroir)

Chapelier Fou

Victime de ses propres fréquences de basses…

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Initialement, le concert de Chapelier Fou était programmé à la Rotonde. Vu le succès de la location, il a été transféré à l'Orangerie. Et a rapidement été décrété sold out. Perso, j’aurais préféré que ce spectacle demeure dans l’hémicycle. Une nouvelle fois, à cause de la qualité du son. Trop puissant. Les fréquences de basses parvenant même à faire trembler les structures métalliques de la salle. Un endroit pas du tout adapté aux sets de musique électronique. Ce n'est pas la première fois que votre serviteur constate ce phénomène.

Coiffé d’une casquette, Marc Mellia assure la première partie. Il se produit en solitaire devant ses machines et samplers. Electro, sa musique est expérimentale. Sa voix est même parfois filtrée à travers un vocodeur. Je découvre cet artiste, dont le spectacle se limitera à une bonne demi-heure. Et qui vu les conditions sonores, ne va pas s’avérer exceptionnel.

Le patronyme de Chapelier Fou s’inspire du conte ‘Alice Au Pays Des Merveilles’ de Lewis Caroll. En 2008, le Lorrain devient la révélation du Printemps de Bourges. J'avais repéré l’artiste, dans le cadre des Nuits Botanique, en mai 2012. Il se produisait en solitaire, armé de son archet et entouré de ses machines ; et j'avais adoré.

Novatrice, sa musique oscille entre le trip hop, la pop, le classique (NDR : il ne faut pas oublier que ce Messin a fréquenté le conservatoire, dès l’âge de 6 ans, pour y apprendre à jouer du violon et du clavecin) et le hip hop. Elle est imprimée sur des rythmes fluctuants. Accélérant ou décélérant, parfois même brutalement. Et son talent procède de sa capacité à maîtriser tous ces paramètres, à l’aide de ses synthétiseurs, samplers, machines, ordinateurs, tout en y brodant des lignes de violon…

Pour présenter son dernier elpee, « Deltas », paru en septembre 2014, il est soutenu par trois collaborateurs. Soit Camille, la violoncelliste, Maxime, le clarinettiste/saxophoniste et Chaton qui double au violon alto et aux bidouillages. Le préposé aux cuivres est barbu et suscite instantanément la sympathie. Le décor est dépouillé. Quatre tables placées l'une à côté de l'autre. Sur laquelle est disposé un tas de matos. Pas de setlist pour guider. Le son n'est pas trop à mon goût ; j’enfonce donc des bouchons dans les oreilles. Et franchement, c’est dommage, car c’est lorsque le quatuor va se servir d’un minimum d’amplification, que toute la magie et la beauté de cette musique –ma foi cérébrale, quand même– vont se libérer. Un moment de véritable communion et de complicité vécu entre le quartet et l’auditoire. Bref, hormis ce bref intermède, je n’ai pas vraiment pris mon pied ce soir ; et je suis reparti avant la fin du set, déçu. En espérant néanmoins revoir Chapelier Fou, dans d’autres conditions, pour me procurer de meilleures sensations.

(Organisation Botanique)

Archive

Sur les traces du Floyd…

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Archive accomplit une nouvelle tournée des grandes salles. Et les deux dates prévues à l’AB, sont sold out. Dans la foulée, il embraiera par les festivals d’été. Votre serviteur vient de rejoindre la file d’attente qui s’allonge, jusqu’au coin de la rue des Pierres. Il parviendra cependant à temps pour se poster devant les barrières, face à Dave Penny.

Fondé en 1994, ce groupe compte donc aujourd’hui, plus de deux décennies d’existence. Un collectif à géométrie variable drivé par Darius Keeler et Danny Griffiths. Son style musical n’est pas aisé à définir, puisqu’il emprunte aussi bien au rock, à l'electro, au trip hop, au psyché qu’au prog. Un cocktail qui finalement s’avère très personnel.

Pas de supporting act comme mise en bouche, mais un film : « Axiom ». En mon for intérieur, j’imaginais un premier acte en compagnie de Birdpen, le projet de Dave Penney et Mike Bird. Ce ne sera pas le cas, même si on retrouvera la paire aux grattes, lors du concert. Depuis sa formation, le band s’est toujours intéressé à l'image, le graphisme et la mise en scène. Il aime surprendre le public lambda. Et pas seulement à travers l’expérimentation sonore.

La projection est réalisée sur un écran, pas trop grand, juste descendu du plafond. Vu ma position, suffisant pour se choper un torticolis. Un court métrage tourné en noir et blanc, d’une trentaine de minutes. Il a également servi de bande-son à un album paru en 2014 qui porte le même titre. Il raconte, au fil des différents chapitres, l'histoire d'une île (Axiom), dont la ville souterraine est sous la coupe d'une cloche qui sonne et décide du destin de ses habitants. De superbes arrangements de cordes enrichissent cette musique particulièrement paisible. (Setlist : « Distorted Angels », « Axiom », « Baptism », « Transmission Data Terminate », « The Noise Of Flames Crashing », « Shiver » et « Axiom (reprise) »). Archive semble inconsciemment marcher sur les traces du Floyd, quand il a réalisé son film « The Wall ».

Darius et Danny se chargent des claviers. Ce dernier également des samplers et de la basse. Le line up implique 3 vocalistes. Holly Martin apporte la touche féminine. Et Dave Penny (percus, machines) ainsi que chevelu Pollard Berrier procure, la masculine. Ces deux musicos et Mike Bird se consacrent aussi aux grattes. Steve Barnard, alias Smiley, se charge des fûts. Il a milité au sein des Mescaleros de l’ex-Clash, Joe Strummer. C’est après le décès de son leader, qu’il a rejoint Archive. Et enfin, Jonathan Noyce est préposé à la basse. Le band est venu présenter son nouvel et onzième album studio, « Restriction », publié ce 12 janvier.

Trois écrans sont disposés en arrière-plan, dont un plus grand placé au-dessus du drummer. Darius se plante à l'extrême gauche et va battre le rythme, de la main droite, pendant 2 heures. Danny lui fait face, à l'extrême droite. Laissant tout le reste de l’espace aux trois chanteurs : Holly, Dave et Pollard. Mike s’est installé à gauche du drummer et Jonathan, à sa droite.

Le set s’ouvre par un extrait du dernier elpee, « Feel It », fruit de la rencontre entre l’instrumentation organique et l’électro. Dave se réserve le micro sur cette compo balisée par les claviers. Progressivement, les riffs de guitares envahissent l'atmosphère, et adoptent un profil rock musclé. La belle Holly pose sa voix et Dave retourne derrière sa six cordes sur « Kid Corner », un morceau électro/rock qui vous invite à rejoindre le dancefloor. Le public, dans la fosse, commence à remuer. A contrario de Dave et Pollard, Holly demeure plutôt statique. Elle se concentre sur son chant empreint de douceur, mais chargé d’intensité. « You Make Me Feel » est un extrait du deuxième opus, « Take My Head », paru en 1999. Holly et Pollard se partage les vocaux sur ce titre de trip hop plutôt classique, mais dansant. Une conjugaison qui transpire la sérénité. Plus long et expérimental, « Dangervisit », est tiré de « Controlling Crowds », une plage gravée en 2009. C’est sous cette forme que j’apprécie le plus le combo. Soutenu par celle de Dave, Pollard nous illumine de sa voix fragile et cristalline. Holly s’applique aux vocaux sur « Black And Blue », piste qui figure sur le dernier long playing. Une superbe ballade dont seul Archive a le secret. Dave chante « Sleep », issu de  « Noise », paru en 2004, une compo délicate et atmosphérique. Le lightshow est alors de couleur bleue, d’un bleu qui adoucit les moeurs.

« The Feeling Of Losing Everything » figure sur « Controlling Crowds, Part IV», un LP publié en 2009. Il est interprété sous la forme d’un chouette duo piano/voix. Epique, « Bullets » démarre en douceur, monte en crescendo avant de terminer en puissance. Nous ne sommes pas loin du prog de Pink Floyd. « Ruination » et « Crushed » sont deux autres extraits de « Restriction ». Deux titres plus rock. Plus énergiques. Dave a récupéré le micro. Holly le rejoint. Smiley martèle vigoureusement ses fûts, mais à la manière d'un métronome. Derrière moi les spectateurs s’agitent de plus en plus. De la même veine, « Conflict » et « Violently » (ils figurent sur « With Us Until You'Re Dead » qui date de 2012) font monter la pression. Holly chante « End Of Your Days ». Sa voix me flanque des frissons partout. J'écoute religieusement cette compo interprétée sous un éclairage de teinte azuréenne…

Il passe au vert (?!?!?) sur « Third Quarter Storm », moment choisi par Dave pour reprendre le ‘lead’ vocal, Holly le soutenant en ‘backing’. Le même duo embraie par « Waste », issu de « Noise », avant que Pollard ne prenne le relais en milieu du parcours. Ténébreux voire glacial, « Ladders » s'envole lors de son épilogue, en mode electro, mais en libérant toute son énergie. Et l’incontournable « Numb » achève le spectacle en beauté.

En guise de rappel, le band va nous accorder un autre morceau imparable, « Lights ». Pollard est aux vocaux, sur ce single, qui va s’étendre au-delà des quinze minutes. Du tout grand Archive, qui est de nouveau prêt à affronter les festivals d'étés. Ils sont d’ailleurs annoncés à Rock Werchter.

(Organisation : Live Nation)

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