Un dixième album studio pour Idlewild

Idlewild sortira son nouvel opus – un éponyme – ce 3 octobre 2025. Il s’agira de son dixième. En attendant, il a partagé le single intitulé "Stay Out Of Place". Le chanteur Roddy Woomble explique que la chanson traite de la multiplicité des voix et de la…

logo_musiczine

Bienvenue dans le monde civilisé de Ghostwoman…

Ghostwoman est un duo réunissant Evan Uschenko et Ille van Dessel. Il est canadien et elle est belge. La paire s'apprête à sortir son nouvel album, "Welcome to the Civilized World", le 5 septembre et partage aujourd'hui son nouveau single, "Alive". Evan…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Gavin Friday - Het Depot
giaa_kavka_zappa_08
Concerts

Roger Hodgson

Une pluie de classiques...

Écrit par

Roger Hodgson et Rick Davies étaient les leaders de Supertramp, une formation responsable d’une dizaine d’albums (NDR : dont les incontournables « Crime of the century » et « Even in the quietest moments ») de rock dit progressif ; et puis de tubes encore diffusés aujourd’hui en radio, comme « Give a little bit », « Dreamer », « The logical song », « Take the long way home » et bien d’autres. Aussi, le retour de Roger Hodgson constitue toujours un évènement particulier, surtout quand il se produit au Cirque Royal. L'artiste est très apprécié par le public belge et il lui rend bien, en ‘live’. En supporting act, Natalia Doco est sortie de sa pampa argentine pour chauffer l’auditoire.

Natalia Doco est née à Buenos Aires, capitale de l'Argentine. A 21 ans, elle quitte son pays et parcourt le Mexique de long en large. Il y a un peu plus de deux ans, elle décide de tout plaquer et débarque à Paris, pour y vivre. En se servant de sa voix et de sa gratte. Elle apprend la langue de Molière. Elle est repérée par Serge Sabahi, un véritable découvreur de talents. Le courant passe immédiatement et une grande complicité s’établit entre Natalia, Serge et Jérémy Fréro, mais surtout avec Flo De La Vega. Une petite soirée romantique et ils ne se quittent plus. Au début, elle adapte des chansons d'Amy Winehouse, de John Lennon, d'Asaf Avidan et de Bob Marley. Puis, elle décide d’écrire ses propres compos. Interprétées en espagnol ou en anglais. Elle publie alors son premier elpee, « Mucho Chino », quelle interprète tour à tour dans la langue de Cervantès, Shakespeare ou Molière. Jacques Ehrhart, qui a produit « Chambre avec vue » d'Henry Salvador, « Sac des filles » de Camille et « Navega » de Mayra Andrade, se charge de la mise en forme. Natalia ne renie pas ses origines ni sa famille ; car son père était guitariste mais également fan de Led Zeppelin et de Chavela Vargas.

Ce soir, notre belle latino est seule sur les planches uniquement armée de sa six cordes acoustique. Quelques lampes sont allumées et accrochées au plafond. Le décor est planté. Et il est simple. Le Cirque Royal est sold out. Il est 18h00. Une heure inhabituellement avancée pour y assister à un spectacle.  

Il n’est pas évident d’assurer une première partie, surtout face à un public averti et exigeant. Mais Natalia a suffisamment de talent pour le séduire. Sa beauté naturelle. Son sourire ravageur. Son toucher de guitare. Aussi précis qu’efficace. Et puis surtout une voix tour à tour limpide, puissante, caressante, enfantine ou sensuelle. De quoi vous réchauffer le cœur.

Après être montée sur l’estrade, Natalia Doco signale qu'elle a discuté avec Roger et qu'il est sympa. Fou rire général. D’autant que son accent hispanique provoque une bonne humeur contagieuse. Le son est excellent. Faut dire que la salle s'y prête facilement. Dès la première chanson, le public se laisse entraîner dans l’univers empreint de charme et de fraîcheur de l’artiste. Et au fil du show, il l’applaudit de plus en plus chaleureusement. Elle dédie une chanson d’amour à son compagnon de route Flo, en espagnol, parsemé de quelques ‘Je t'aime’ en français. Elle adapte le « Je me suis fait tout petit » de Brassens. On n’entend pas une mouche voler. Et termine son set par un « Mucho Chino » magistral. Suffisant pour satisfaire un public qui a la nette impression d’avoir assisté au concert d’un grand talent en devenir…

Roger Hodgson aime venir en Belgique et notamment au Cirque Royal. Il le déclare dès qu’il débarque sur les planches. Il est alors précisément 19h00. Il sait également qu’il bénéficie d’un fanbase plus que conséquent. Et il le signalera à plusieurs reprises. C’est le boss de Classic 21 qui est venu présenter l’artiste. Roger est un artiste attachant, sympathique et d'une simplicité déconcertante. C'est son premier spectacle en 2015 et Bruxelles constitue la première date de la tournée 'Roger Hodgson's 2015 Breakfast in America World Tour'. Donc on doit s’attendre une majorité de titres issus de cet opus vendu à plus de 25 millions d'exemplaires. Sur le podium, le décor est sobre. On y remarque la présence des habituelles plantes vertes (NDR : à force d’être trimballées aux quatre coins de la planète, elle ne doivent plus être très fraîches…) En arrière-plan, sur la gauche, est tendue une grande toile bleue, sur laquelle figure le nom de l'artiste.

Hodgson chante, joue des claviers, du piano à queue, de la gratte acoustique ou électrique. Quatre musicos l’épaulent : Aaron Macdonald au saxophone, mélodica, fifre, flûte traversière, harmonica, synthétiseur etc., Bryan Head aux drums, Kevin Adamson aux synthétiseurs et David J Carpenter la basse. Finalement, la setlist va proposer de nombreux hits de Supertramp. Nostalgie, nostalgie…

« Take The Long Way Home », extrait de l'album « Breakfast in America », sorti en 1979, ouvre le show. Première chanson aux claviers. Un premier moment fort. L’artiste est déjà longuement et chaleureusement applaudi. Place ensuite à « Sister Moonshine », tiré de « Crisis? What Crisis? », paru en 1975. Roger empoigne alors sa six cordes acoustique. Et il nous berce de sa voix particulière mais tellement douce. Moment de recueillement, lorsqu’il se charge des ivoires pour « Lover In The Winds ». A cet instant on a l’impression que l’auditoire boit les paroles du maître de cérémonie. Il revient vers son clavier placé en avant-scène pour « Breakfast in America », une pièce maîtresse. Les oreilles sont en extase ! Cette chanson a traversé les décennies sans perdre de son intensité. Aaron Macdonald s’y révèle magistral aux cuivres. En 1987, Hodgson a été victime d'une mauvaise chute et s’est brisé les deux poignets. Les médecins avaient signalé à Roger qu'il ne pourrait plus jamais jouer d'un instrument de musique. C'était mal connaître l'artiste. Un an et demi plus tard, à force de volonté et de soins, il recommençait à en jouer. Quelle volonté ! Et en 2000, il gravait l’elpee « Open The Door », dont il nous propose « Along Came Mary »…

« Hide In Your Shell » figure sur « Crime Of The Century », ce fameux long playing paru en 1974. Le véritable départ de la carrière de Supertramp. Cette compo évoque les thèmes du repli sur soi et de la folie. Malgré ses 65 balais, il y démontre que sa voix n’a rien perdu de sa superbe…

Il enchaîne deux morceaux : « Only Because Of You » et « Lord Is It Mine ». « Only Because Of You » est le titre maître de son premier opus solo. Un disque gravé en 1984, soit un an après la séparation de Supertramp. Et il en extrait encore « In the Eye Of The Storm ». « Lord Is It Mine » figure sur « Breakfast in America », un titre étrange et tendre à la fois, au cours duquel Roger siège derrière son piano. Et du même long playing, il nous réserve encore « The Logical Song », revenant, pour la circonstance, aux claviers. « Death And A Zoo », issu d’« Open the Door » est une composition construite comme un opera rock. Si la mélodie est soignée, l’instrumentation est plutôt emphatique. Du Pink Floyd à la sauce Hodgson! Anna fête son anniversaire ce soir. Elle est dans la salle. Elle lui avait écrit pour lui signaler et il lui dédie « Dreamer », après avoir exécuté au clavier un ‘Happy Birthday’, repris en chœur par l’auditoire. Roger Hodgson soigne son public aux petits oignons. L’inévitable « Fool's Overture », tiré d’« Even in The Quietest Moments » (1977) clôt le set. Et le final au piano est remarquable.

Lors du rappel, Roger nous accorde « Two Of Us » et « Give A Little Bit ». Une petite dernière avant de rentrer. C’est ce qu’il nous raconte en introduction de cet (avant)-dernier titre. Il n'est que 21h00. Car il concède encore « It's Raining Again ». Pas de parapluie, cette fois-ci ouvert, au premier rang, comme en 2013. Il sera pourtant nécessaire, dès qu’on mettra le nez dehors, car eh oui, il pleut…

(Organisation AA Productions)

Mountain Bike

Quelques nouveaux titres sur le porte-bagages…

Écrit par

Pour le premier concert de l’année, le foyer culturel de Peruwelz Arrêt 59 a eu la bonne idée de combler l’annulation de Moaning Cities par Mountain Bike. Le public n’allait donc pas être privé de concert rock et allait pouvoir découvrir l’une des révélations belge de 2014, dont la musique est caractérisée par ses mélodies pop aux sonorités garage.

Récemment pointé parmi les coups de cœur du célèbre magazine culturel français ‘Les Inrockuptibles’ lors de l’Eurosonic Festival de Groningen, les quatre gars avaient donc l’occasion de défendre cette symbolique distinction. Qui plus est, ils jouaient presque à domicile. Le groupe Franco-belge impliquant deux Tournaisiens.

C’était la première visite de votre serviteur à Peruwelz. En descendant la vingtaine de marches qui mènent à la salle, on ne s’attend pas vraiment à découvrir un gigantesque théâtre. L’endroit est certes magnifique mais un peu trop grand. En outre, le podium est fort surélevé. Ce qui inévitablement crée une légère distance entre les musiciens et le public, venu assez peu nombreux.

Ce n’était donc pas forcément gagné d’avance pour le quatuor qui allait finalement plaider brillamment la cause de son premier opus éponyme, paru en avril de l’année dernière…

Parce que Mountain Bike respire la joie et le plaisir de produire de la musique. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il arrange différemment les chansons entre différents concerts. Des nouvelles idées, des nouveaux essais ou même des délires passagers qui permettent de se renouveler et d’aller de l’avant.

Ainsi le titre d’ouverture, « Hangin’ Around », recèle une petite touche funky qui le rend bien différent de ce que l’on retrouve sur l’elpee. La plus-value du concert ne s’arrête pas simplement à de petites retouches sur des morceaux déjà connus. Nous avons également pu découvrir, en toute curiosité, quelques nouveaux titres très prometteurs. Car le deuxième long playing roule déjà dans la tête des Mountain Bike. Et c’est avec plaisir et enthousiasme qu’ils présentent leurs dernières compositions, sans pression (NDLR : en roue libre ?) Un morceau n’a d’ailleurs même pas encore reçu de titre. Par contre, placé en milieu de parcours, « Good For Nothing » réussit à captiver dès la première écoute. Joué en septembre lors d’une vidéo pour ‘Bruxelles Ma Belle’, il réussit parfaitement sa transition entre son atmosphérique au début et puissance dans son dénouement. Et en live, c’est une combinaison qui fonctionne terriblement bien !

Plein d’énergie, le set plein touche à sa fin et les quatre amis prennent la direction des coulisses. Ils sont d’ailleurs, comme d’habitude, vêtus d’un simple maillot de basket et d’un caleçon, quand même, parfois bien moulant (NDR : ce n’est pas Charles, le batteur, qui me contredira). Les lumières se rallument : il est évident qu’un rappel n’est pas vraiment prévu. C’était sans compter sur la détermination de quelques fans qui, en tapant du pied sur les planches, vont provoquer le retour d’Etienne. Le temps d’éteindre les lampes et le chanteur entame, seul à la guitare, « Just Good Friends » pour la première fois durant une représentation. Le calme revient provisoirement avant de faire sonner le réveil par un « Cigogne » concluant vigoureusement la soirée.

Une nouvelle fois, Mountain Bike ravit en live. Malgré la faible assistance (mais jugée très satisfaisante par le groupe), le quatuor donne tout sur scène et respire la joie de vivre à travers sa sympathie visible presque une heure sur scène mais également autour d’un verre après le show.

Seule déception de cette soirée, l’absence dans la setlist  de « Russian Roulette Casino », qui m’obsède depuis quelques temps. Je le pardonne aisément mais la prochaine fois, je veux l’entendre ! Car prochaine fois il y aura, sans aucun doute…

Amon Amarth

De la mythologie nordique comme remède au burn-out

Écrit par

Certains jeudis, une furieuse envie vous monte de découper à la hache votre bureau ou votre outil de travail quel qu’il soit. C’était un peu mon cas en fin de journée. Deux solutions étaient envisageables : laisser libre cours à mes pulsions ou prendre la route pour participer à la grande soirée du Splendid, à Lille. Comme je n’avais pas de hache mais des billets pour cette affiche, j’ai opté pour la seconde solution. Le Splendid à Lille ? Un ancien théâtre où Jugnot et ses acolytes ont usé les zygomatiques des ch’tis ? Que nenni, plutôt un ancien cinéma de quartier transformé en salle de spectacle.

Et ce jeudi, c’est Amon Amarth qui mène la danse. Rien de tel qu’une fête Viking pour déterrer une hache ! L’entrée du bâtiment désuet me rappelle que je suis en France. Et ici, Monsieur, on fait la file pour tout ! La file pour entrer, la file pour boire un coup, la file pour l’urinoir, c’est le pays des files ! Coup de théâtre à l’entrée de l’auditorium : l’intérieur n’a rien à voir avec le bâtiment style piscine municipale ! On est dans un cadre cinéma à l’ancienne, parquet en plan incliné, couleurs chaudes, grands drapés en décor. Reste à voir si l’acoustique suivra.

C’est pas Huntress qui va nous le démontrer, il a oublié de se déplacer… On ne profitera pas de la plastique parfaite de Jill Janus, faudra se contenter des vidéos.

Savage Messiah est quant à lui bien sorti des brumes londoniennes pour traverser la Manche. Clash acoustique sur les trois premiers morceaux, et puis mon oreille s’habitue pour me faire découvrir que c’est pas l’acoustique qui est pourrie… Savage Messiah nous mixe du Power, du Speed, du Mélo, du Trash et d’autres  influences indéfinissables parfois sur trois minutes du même morceau. Les riffs semblent parfois juste là parce qu’un des guitaristes sait les jouer. C’est identique pour la voix ; elle ne colle pas toujours à la musique. Savage Messiah nous sert donc une bonne soupelette histoire de récupérer quelques degrés perdus dans la file de l’entrée ! Un ou deux passages dans l’ensemble des morceaux sont à retenir malgré le manque de charisme et de puissance.

Le temps d’une installation rapide, et on passe au clou du spectacle. Je ne suis pas un grand connaisseur d’Amon Amarth. A l’exception du petit dernier, je n’ai rien écouté. Le Viking Métal, c’est une chance sur deux. Ou c’est bien fait ou ça tourne rapidement à la parodie. Mais un groupe qui est allé chercher son nom de scène dans les dialectes imaginés par Tolkien, au même titre que Burzum ou Gorgoroth, ne peut pas être que parodique ! Me voici donc face à la ‘Montagne du Destin’, Amon Amarth en Sirdarin, volcan scénique au bord de l’éruption ! Ambiance feutrée et lyrique, lumière bleutée diaphane pour couvrir le drapeau représentant Thor combattant le traître Loki, œuvre de couverture de « Deceiver of the Gods », dernier album en date. Tout sourire, Johan Hegg attaque « Father of The Wolf », et le ton est donné ! C’est sobre, propre, bien chanté, acoustique et rendu impeccable ! On a affaire à une grosse machine. « Deceivers of The Gods » suit. Un peu de promo est toujours bonne à prendre ! Pas de chichis, on est dans le vif du sujet tout au long des 17 titres que les cinq Suédois jouent avec une joie et une énergie communicative, parcourant les neuf albums de leur discographie. Le public ne s’y trompe pas et leur rend la pareille. Les hymnes sont scandés par tous, rassurés par Johan qui leur affirme qu’on s’en fout des paroles : c’est du métal bordel ! Je ne vois pas grand monde dans cette foule de cheveux et de barbes headbangés (un vrai défilé Jean-Louis David) ne pas participer à la lutte épique menée dans le Royaume d’Asgaard. Johann Hegg se prend au jeu et ne cesse de remercier les 900 spectateurs de son show, dents blanches éclatantes, headbanging façon Roi Lion (c’est ce qui arrive quand la barbe est aussi longue que les cheveux), et de faire part de sa satisfaction de jouer devant un tel public. Histoire de rassembler les derniers dubitatifs, il lève sa corne en portant un toast ‘Je suis Charlie, in our world, the devils never win’. Si Odin s’en mêle… Les deux heures de show on vécu une véritable communion mythologique. J’en sors ravi (en faisant la file). Du coup j’ai oublié de me dégoter une hache, et demain j’irai bosser en imaginant pouvoir mériter un jour le Valhalla !

Setlist

“Father of the Wolf”
“Deceivers of the Gods”
“Live for the Kill”
“Asato”
“Bleed for the Ancient Gods”
“For Victory or Death”
“As Loke Falls”
“Free will Sacrifice”
“Death in Fire”
“The last Stand of Frej”
“Guardians of Asgaard”
“Shape Shifter”
“Cry of The Black Birds”
“War of The Gods”
“Victorious March”

Rappel:

“Twilight of The Thunder God”
“The Pursuit of The Vikings”

Klô Pelgag

Unique en son genre…

Écrit par

Le premier concert de l’année auquel votre serviteur va assister se déroulera à la Rotonde. Une centaine de spectateurs s’y sont donnés rendez-vous. Dont quelques Canadiens. Il faut dire que ce soir, c’est une artiste issue du pays de l’érable qui s’y produit. Une jeune extraterrestre, âgée de 24 printemps, qui va nous accorder un show de plus de 90 minutes, dont deux rappels. Son nom ? Klô Pelgag.

Chloé Pelletier-Gagnon alias Klô Pelgag est née en 1990. En 2013, elle avait représenté le Québec dans le cadre de la tournée 'Mars En Folie', organisée par le Ministère des Affaires Internationales du Canada en Chine. Et c’est en écumant les festivals du globe (Printemps de Bourges, Francofolies de La Rochelle, Paléo Festival de Nyons, etc.) que Klô va devenir une véritable révélation internationale. Et puis aussi grâce aux prix et nominations diverses décrochés. Une étoile à suivre, c’est une certitude.

A ce jour, elle a gravé un Ep éponyme en 2012 et un album en 2014, intitulé « L'Alchimie Des Monstres ». C'est la deuxième fois qu’elle se produit en Belgique. Elle avait ainsi participé aux 'Vitrines des Francos - Théâtre des Découvertes' en 2014. Klô est inspirée par la peinture (Botero, Dali, Magritte), la littérature (Boris Vian) le théâtre (Ionesco), le cinéma (André Forcier, Jean-Claude Lauzon) et la musique (Vigneault, Debussy, Brel, King Crimson, Zappa). À l'oeil ouvert, l'oreille brillante et l’esprit déjanté –juste ce qu’il faut– elle s’évertue à confondre musique et mots...

Sur les planches, Klô est soutenue par Fany Fresard (violon), Lana Tomlin (violon alto), Elyzabeth Burrowes (violoncelle), Philippe Leduc (contrebasse) et Charles Duquette (batterie). Et tout ce petit monde est déguisé. Elle déborde d'énergie, de talent, d'audace, de personnalité et de créativité. Elle chante bien évidemment dans la langue de Voltaire. Avec un accent canadien plein de charme, qui vous fait chaud au coeur. Enfin, propice aux métaphores, sa poésie se veut une ode à la liberté. 

Le set s’ouvre par « Les Maladies Du Coeur », un extrait du premier Ep. Klô est magistrale derrière son piano (NDR : pas à la manière d'une Béatrice Martin). Elle demande au public s'il est un peu fou ; ce qui lui permet de causer de Pierrot le fou… ‘au clair de la brume, j'ai pris ta photo...’ qui introduit la seconde chanson, « Les Corbeaux », au textes déroutants. Les cordes tirent parfaitement leur épingle du jeu tout au long de cette compo chargée de lyrisme mélancolique. Pour le titre suivant, elle empoigne sa guitare et attaque « Le Dermatologue », dont les lyrics sont à prendre au second degré. Tel un clown, le contrebassiste mêle magie et délire, pendant que Klô prend le contre-pied de la grosse bête qui délivre des basses, tout au long de « Le Tronc ». Lorsque le public applaudit, elle répète à l’envi ‘Merci, pour les mains’. L'artiste a du talent. Elle a une bonne voix, singulière aussi ; et brille tant aux ivoires qu’à la six cordes électrique. Elle présente chaque chanson ; mais si ses mots semblent parfois décousus, c’est pour faire fonctionner les zygomatiques de son auditoire. Le set est aussi théâtral que musical.

Ainsi, au cours du spectacle, elle apparaît vêtue d'une salopette blanche, l’effigie d’un squelette humain en façade. Halloween, c’était pas en novembre ? Les contorsions de cette showwoman ont de quoi ravir et ébahir les spectateurs attentifs. Dans leurs longues robes de mariées, les trois préposées aux cordes (violoncelle, violon alto et classique), participent activement aux choeurs. Et leur interventions, gracieuses, classiques, apportent beaucoup de charme à cette pop novatrice et enchanteresse.

Quand Klô chante, les images se bousculent dans votre tête. Elles sont même le fruit d’une imagination débordante. Un peu comme si on assistait à un spectacle pour les aveugles.

Le drummer consacre une anecdote aux Français. On n'y comprend rien, mais on rigole. C'est également l'anniversaire de Fany Fresard, un talent de 18 ans. Une bougie et un mini gâteau lui sont réservés, sous les acclamations du public. Evoquant la date souvenir de la mort de Kurt Cobain, elle nous narre une petite histoire selon laquelle il aurait malencontreusement sauté sur la tête de son batteur, celui-ci se fracassant finalement la tête sur un mur de briques ; concluant par ces mots : ‘Il fallait le tenter. C'est tentant’. Et elle joint alors le geste à la parole en grimpant sur le dos du préposé aux fûts.

Tout au long de « Tunnel », la voix de Klô me fait penser à celle de Lisa Leblanc voire de Marie-Pierre Arthur des grands jours. Lorsque la conversation passe à la langue de Cervantès, le délire est à son comble. Klô passe au piano et entame un monologue incohérent, avant de céder le relais au clown contrebassiste. Superbe, « Nicaragua » est préparé à la sauce canadienne. Intimiste, « Le Silence Epouvantail » est interprété en duo piano/contrebasse. Moment de recueillement pour l’auditoire. « Pégase » est une cover de Thomas Fersen qui figure sur l’elpee. Un spectateur s'en émeut. Klô réagit. L'interactivité entre l'artiste et le public est constante. Fersen on aime ou on déteste. Klô a assuré ses premières parties et semble apprécier. Bien ; nous aussi. Caractérisé par sa superbe mélodie, « La Fièvre Des Feurs » nous parle du cancer et de son traitement par la chimiothérapique. « Comme Des Rames » s’adresse aux célibataires. Y en avait-il dans la salle ? Pour introduire la dernière chanson, « Rayon X », elle évoque Star Wars, le radium et les Curie. Du Gilles Vigneault acrobatique ! Le set s’achève par « Jam », moment qu’elle choisit pour présenter ses musiciens. L’assistance n’est pas rassasiée. L’artiste canadienne lui concèdera deux rappels. Dont le premier sera consacré à « Taxidermie » et « Tremblements. Grâce à son univers coloré et sa voix unique, ce soir, Klô Pelgag a marqué les esprits…

(Organisation : Botanique)

(The) Nits

Un concert d’anthologie…

Écrit par

Rebaptisé Nits pour la circonstance, The Nits fête ses 40 ans d’existence. Une carrière longue, passionnante et riche en émotions. Au cours des années 80 et 90, j’ai eu la chance d’assister à une vingtaine de leurs concerts. Quelquefois à l’AB. Souvent chauffée à blanc. Depuis le début du nouveau millénaire, le combo s’est montré plus discret, opérant quand même un retour fracassant, l’an dernier, dans une même salle comble. J’attendais donc impatiemment ce 19 décembre, pour enfin les revoir. L’AB est à nouveau sold out et le concert sera proposé en mode théâtre semi-flex-assis. L’auditoire est partagé entre aficionados, jeunes et quinquagénaires.

La naissance des Nits remonte à 1974. A ses débuts, le band pratique une forme de new wave, avant d’évoluer vers un style plus personnel, néanmoins largement influencé par les Beatles et les Kinks. Mélodique, entraînant et chargé d’humour, leur pop/rock se caractérise alors par des mélodies subtiles aux refrains contagieux. Ce qui n’empêche pas les compos de s’avérer complexes, atmosphériques ou encore expérimentales. Et surtout de devenir intemporelles. En fait, si le combo prend des risques, ils sont judicieux et calculés.

Au cours de ce spectacle, il va nous permettre de redécouvrir quelques perles irrésistibles. Un show au cours duquel Henk va s’attacher à présenter chaque chanson, en racontant une petite histoire, afin de tenir le public en haleine. Et c’est dans un climat de recueillement qu’il va célébrer sa messe aux hits qui vont s’égrener, pour le plus grand bonheur de nos oreilles…

Pas de supporting act. Le trio débarque, comme d’hab’, un grand sourire aux lèvres. Henk Hofsted, le ‘serial lover’ de ses dames se plante au centre de l’estrade. Il se consacre au chant, à la guitare et aux ivoires. Son piano est placé derrière lui. Robert Jan Stips s’installe à gauche. Il se charge des synthés. Et Rob Kloet, à droite, sur un petit podium. Il est préposé aux drums. Les musicos sont placés en ligne, histoire d’exprimer un partage des rôles au sein du line up. Des images vont défiler sur les trois écrans, placés derrière les artistes. Enfin, quoique discret, le light show va s’avérer particulièrement efficace, tout au long des 120 minutes (et même plus !) de concert...

« Radio Shoes » ouvre le set. C’est un extrait de « Giant Normal Dwarf », paru en 1990. Les interventions à la flûte de pan sont remplacées par celles du synthétiseur. Mais on sent déjà l’émotion qui vous envahit. Et pour cause, des tas souvenirs vous traversent l’esprit. L’auditoire connaît le refrain de « dAdAdA » et ne se prive pas de le reprendre en chœur. Les eighties ont alterné le pire et le meilleur. Nits en est une belle preuve. Issu d’« Omsk », publié en 1983, « Nescio » est ainsi une véritable perle. A cours de « Ting », Henk joue… du triangle. Mais deux claques nous attendent, deux hits ; en l’occurrence « The Train » et « Cars And Cars ». J'attendais impatiemment ces compos, tellement ‘beatlenesques’. L’instrumentation est d’une précision extrême. Le son cristallin. Les mots sont justes. Et le sens mélodique est irrésistible. Notons que pour confectionner la setlist, à trois reprises, Henk va solliciter la foule pour lui demander le choix entre deux chansons. Il semblerait d’ailleurs que ce concert serve de test pour concocter un répertoire en forme de ‘best of.’ De quoi tendre vers la perfection voire atteindre le max d’intensité émotionnelle. A l’issue de chaque chanson, les applaudissements sont nourris et durent parfois de longues minutes. Les artistes semblent prendre grand plaisir sur le podium ; et tout en savourant le succès récolté, ils remercient régulièrement l'assemblée conquise.

Gravée en 1984, « Adieu Sweet Bahnhof » est une œuvre que votre serviteur adore. Je l’écoute encore aujourd’hui. Le titre maître constitue dès lors la cerise sur le gâteau, un diamant à sortir précautionneusement de son écrin. Sans trop savoir pourquoi, j’ai envie de la siffloter ; sans doute, est-elle encore contagieuse...

« Think It Over » est également tiré du même elpee. A cet instant, je jubile. On arrive à la fin du concert. Après « Christine's World », « A Touch Of Heavy Moore », « Dapperstreet », il s’achève par “Port Of Amsterdam». Du grand art ! L’auditoire leur réserve une standing ovation bien méritée.  

Mais impossible de ne pas prolonger ce moment de bonheur. Les Nits reviennent pour « The Swimmer » et « The Dutch Mountains ». On est le cul par terre. Et un deuxième encore nous plonge dans une ambiance country/americana, à travers « J.O.S. Days ». Jamais deux sans trois, puisque ce concert d’anthologie va se conclure par « Aloha Drums » et ensuite une reprise étonnante du « Tomorrow Never Knows » des Fab Four.

Même s’ils sont issus du Vieux Continent, les Nits appartiennent à l’histoire du pop/rock. S’ils avaient été insulaires ou yankees, il seraient sans doute devenus aussi célèbres que U2 voire les Stones, mais en célébrant ce succès à échelle humaine. Rendez-vous en avril 2015, à Ath, pour un autre rendez-vous mémorable !

(Organisation : Ancienne Belgique)

Arsenal

Dance avec Furu…

Écrit par

C'est la toute première fois que votre serviteur assiste à un spectacle de ce type. Un film projeté lors d’un concert. Et cet événement se déroule à l'Ancienne Belgique. Pour la circonstance, elle a été transformée en salle de cinéma. En mode 'théâtre assis' de luxe, pour être plus précis. Et la date est sold out depuis longtemps. Une petite tartiflette et zou, on se place dans la file. Ouverture des portes à 19h30 et direction le troisième rang. La séance débute à 20h30 précises. Le film s'intitule : « Dance ! Dance ! Dance ! ».

Arsenal a déjà monté ce type de projet. D’abord lors de la sortie de l’elpee « Outsides ». Pour un documentaire paru en Dvd. Ensuite pour celle de « Lotuk ». Quant à « Paper Trails », série destinée à la chaîne de TV Canvas, indépendante de l'album « Lokemo », elle permettait à Hendrik de partir à la recherche des racines de ses romans préférés (« La ballade de l'impossible de Murakami »), au pays du Soleil levant. Hendrik, John et Mario Goossens (batteur de Triggerfinger) ont également collaboré à la réalisation d’une B.O., consacrée à une autre série, « De Poolreizigers », en 2007. Tourner un film est onéreux. Bien davantage qu’un documentaire. 13 personnes ont participé à la réalisation de « Dance ! Dance ! Dance ! ».

Le scénario est basé sur l'histoire de Natsuko, une jolie jeune femme, confrontée à une loi de 1948, tombée dans l'oubli, qui interdit de danser à Tokyo. Pendant sa quête, elle croise la route d'un DJ japonais, Furu, qui joue les derniers disques de sa carrière.

Le tournage du film s'est déroulé à Iwate, un petit village côtier au nord du Japon, et à Sendai, près de Fukushima. L'équipe a vécu un tsunami, entraînant des vagues de 10 mètres de haut, sur le premier lieu. Mais aussi un mini tremblement de terre, sur le second. Ces péripéties sont également relatées à travers les images…

Dj Furu habite au 26ème étage d'un immeuble de Tokyo. Et chaque soir, il revoit se noyer, devant sa fenêtre, la fille laissée à la campagne, morte à cause du tsunami. Elle flotte comme une sorte de créature marine et disparaît au lever du soleil. Durant toute la projection, cet ange blanc va nous poursuivre. Le mot japonais 'Furu' signifie 'tomber', mais aussi 'rejeter' et 'larguer'. Furu est hanté par les démons du passé et pousse le spectateur à se remettre en question. Au fait, chacun pourra interpréter le film à sa manière pendant les 70 minutes de projection/concert.

Les musiciens d’Arsenal sont fascinés par l’image depuis bien longtemps. Mais si ce film a été tourné au Japon, le concept est destiné de permettre au public d’entrer et de sortir du film sur la musique ; ainsi l’a conçu Hendrik Willemyns, bien avant le montage de « Dance! Dance! Dance! »

La réalité est telle qu'aujourd'hui le geste est joint à la parole. Après la première au Festival du Film de Gand (le 22/10/2014), Arsenal part en tournée pur présenter sa création hybride entre film et concert. Il ne faut surtout pas oublier qu' Hendrik a suivi une formation de monteur et d'ingénieur du son à l'école bruxelloise RITS. Le son est important pour Arsenal mais l'image également. Arsenal ne fouille pas dans le passé, il est perpétuellement tourné vers l'avenir. Chaque album est conceptuel et baigne dans une ambiance spécifique. Et world le plus souvent. En puisant notamment dans la culture brésilienne, indienne et japonaise en ce qui concerne « Furu ». Un concert du band est une grande fête à la musique au cours de laquelle il participe.

L’intro est mystérieuse. Il s’agit de « Temul (Lie Low) ». Le trio est placé juste derrière l’écran de projection. A droite, le chanteur/guitariste/bassiste John Rohan. Au centre, Hendrik Willemynsse. Il se consacre aux machines et synthés. A gauche, le gratteur Bruno Fevery. Ils sont coiffés d'une tête de dragon japonais. En arrière-plan, une toile représente les tours de la ville de Tokyo (un décor déjà utilisé lors des précédents spectacles). Pas de Lydmor, Léonie ni de Mirko, Arsenal est réduit à un trio. La projection du film peut commencer. Les dialogues sont en nippon et les sous-titres en anglais et néerlandais. Derrière l'écran, c'est du live, pas des bandes enregistrées. Des spots accentuent les ombres des performers derrière l'écran, sur lequel l’ange blanc (la jeune fille japonaise) tourne au centre.

Retour au film. Parfois déroutant, il baigne au sein d’une ambiance énigmatique. La séance est émaillée de compos issues des différents albums du groupe, mais également nouvelles. Résolument électro/dance (comme dans le titre), elles invitent le spectateur/mélomane à la réflexion, même quand le spectacle tourne à la dérision. Si on coupait le son pour uniquement laisser les images défiler, on n’entendrait pas une mouche voler. Le public reste bouche bée devant un tel chef-d'oeuvre. Et lorsque l’écran se relève, à la fin de la projection, il applaudit à tout rompre les trois prodiges… 

(Organisation : AB)

 

Gang Of Four

Un public en effervescence…

Écrit par

Du line up initial de Gang of Four, il ne reste plus qu’Andy Gill, le guitariste. Le chanteur, Jon King, semble avoir définitivement quitté le groupe, il y a maintenant deux ans. Andy aura 59 balais le 1er janvier 2015 et il est aujourd’hui entouré par trois jeunes aux dents longues. Soit John ‘Gaoler’ Sterry au micro, Thomas McNeice (NDR : dont la chevelure est tissée dans de longues dreadlocks) à la basse et le drummer Mark Heaney. Fondé à Leeds en 1977, Gang of Four est considérée comme un quatuor mythique. Il s’était séparé en 1984 avant de refaire surface 20 ans plus tard. En fait, il s’était alors rendu compte de l’influence que son post punk exerçait alors sur des combos comme Franz Ferdinand, Bloc Party, Radio 4 ou encore Rapture ; et avait fini par conclure que le produit original était tout aussi valable que celui dispensé par ses élèves. Des formations comme Red Hot Chili Peppers, U2, Fugazi et Minutemen le reconnaissent même comme une de leurs références majeures. Leurs guitaristes surtout. Paru en 1981, « Solid gold » est considéré comme un album culte. Enfin, il faut aussi rappeler que Gang of Four (NDR : la Bande des 4) a toujours véhiculé des textes sociopolitiques engagés, critiquant même ouvertement ses contemporains pour la futilité de leurs lyrics. Le gang insulaire se produisait donc ce mercredi 17 décembre au Club de l’Aéronef. Compte-rendu.

Shopping assure le supporting act. Non, non, il ne s’agit pas d’un ‘boys band’ pour les filles (NDR : qui a dit macho ?), mais un trio londonien qui pratique du post punk funk. La chanteuse/guitariste ressemble à Bruce Ellison, le leader de PPZ 30. Enfin quand il était plus jeune et en plus petit. La peau métissée, elle a les cheveux en bataille dressés au-dessus de la tête. Elle s'appelle Rachel ; et franchement, je n'avais pas remarqué (NDR: merci Ludo!), même après avoir taillé une bavette avec elle, à l'issue de la soirée, que c'était une fille (NDR: je vais devoir me méfier des travesti(e)s...) Elle est soutenue par une section rythmique. Soit un drummer et un bassiste. Il s'appelle Billy. Mais c'est aussi une fille ! Qu’on appelle dans un certain jargon, un garçon manqué (NDR : qui a encore crié macho ?) Et il a fallu trois morceaux pour m'en rendre compte... Le band a publié un premier elpee en juin 2013, « In other words ». Et leur musique quoique plutôt aride n’est pas mal ficelée du tout. A suivre de très près et même à revoir ; mais plus juste avant la Noël ou le Nouvel An…

Gang of Four monte sur scène vers 21h30. Et attaque directement par un titre de son tout premier elpee, paru en 1979, « Return the gift ». La setlist va essentiellement se concentrer sur la discographie pré-1995. Et tout particulièrement les classiques. Seuls trois compos de la seconde vie de GOF seront interprétés, soit « Do as I say », de l’album « Content », publié en 2011, et deux plages (*) du nouvel opus, paru en mars 2014 : « Broken talk » (NDR: en studio Alison Mosshart y apporte sa contribution) et « Isle of dogs ». Le son est impeccable et rapidement le public se met à danser. Le set est particulièrement dynamique. Offensif, même. Andy brandit sa gratte comme une arme, alors que Thomas renverse régulièrement les pieds de micros. Si bien que tout un long du show, un roadie va passer son temps à tout remettre d’aplomb. Pas de véritable chorégraphie. Seul le vocaliste s’autorise un peu de show, en se servant alternativement, des trois microphones, étalés en front d’estrade. Quand ils ne sont pas par terre. Ou encore en grimpant sur le petit podium réservé au drummer. Et quand il ne chante pas, il se désaltère. Il boit de l’eau. Par petites gorgées. Dans une petite bouteille d’eau. Sa voix passe pourtant bien la rampe. Angulaires, les sonorités de gratte dispensées par Gill grincent, crépitent, déchirent et régulièrement, il vient les parachever en feedback, devant son ampli ; mais paradoxalement, ses interventions ne sont jamais envahissantes. On a même parfois l’impression qu’elles évoluent un ton légèrement en dessous de l’ensemble. Car manifestement, le groove émane essentiellement de la section rythmique. Les martèlements de drums syncopés et la ligne de basse caoutchouteuse se conjuguent à merveille. Pendant « To hell with poverty » la foule reprend les ‘Ouh, ouh ouh, aah !’ en chœur, avant de repartir dans ses mouvements de danse. Une effervescence qui va durer jusqu’à la fin du set.

Un rappel ? Deux titres. Et puis la nouvelle bande des quatre tire sa révérence. On n’a pas vu le temps passer. Preuve que le concert était excellent.

Setlist

Return the Gift
Not great men
I parade myself
Paralysed
What we all want
Anthrax
He’d send in the army
Isle of dogs*
To hell with poverty
Do as I say (2011)
I love a man in a uniform
Broken Talk *

Rappel

At home he’s a Tourist
Damage Goods

(Voir aussi notre section photos ici)

 

 

 

The Broken Circle Breakdown Bluegrass Band

La boucle est-elle bouclée ?

Écrit par

Ce lundi 15 décembre, les couloirs de l'Ancienne Belgique sont fréquentés soit par des passionnés de Bluegrass ou des fans du film « The Broken Circle Breakdown » (également intitulé « Alabama Monroe ») de Félix Van Groningen, paru il y a déjà deux ans. Un long métrage qui avait décroché le César du meilleur film étranger. La formation s’était déjà produite il y a plusieurs mois dans la même salle, et y repassait donc pour plusieurs dates, dont trois sont sold out. Et de nouveau, la troupe est venue nous interpréter une B.O. addictive écrite par Bjorn Eriksson (du duo Eriksson/Delcroix), le moustachu au chapeau de cow-boy caché dans l'ombre des deux acteurs/chanteurs Veerle Baetens et Johan Heldenbergh.

Le moins que l'on puisse dire c'est que la frénésie autour de ce phénomène ne s'est pas estompée. La foule, un mix entre des vieux de la vieille, fans de Johnny Cash ou de Bill Monroe (fondateur du bluegrass), et des jeunes disciples du style, est excitée ; et dès que les sept musicos montent sur l’estrade, soit vers 20h45, les applaudissements et les cris fusent. Dès les premières notes de « Will The Circle Be Unbroken », le public est conquis. Il faut dire que le jeu de scène est particulièrement sympathique. Tous réunis autour d'un micro d'ambiance, chacun à leur tour, les musiciens y vont de leur solo. Ainsi, la mandoline, le banjo, la contrebasse et tous les instruments inhérents au bluegrass se succèdent. Les nombreuses groupies présentes de la salle chantent à tue-tête les titres phares de la BO. Et pour compléter la setlist, le groupe reprend des classiques du country/folk américain comme « I Think Twice, It's Alright » de Bob Dylan ou le superbe « Go to Sleep Little Babe », chanté a cappella.

L'ambiance est enfiévrée. Les deux chanteurs, Veerle Baetens et Johan Heldenbergh, outre leur talent à maîtriser leur organe, sont de fameux entertainers. Avant de se lancer dans la musique, Johan Heldenbergh a certainement dû exceller dans l'art de l'impro. Entre chaque morceau, il se lance dans des monologues interminables qui font mouche  à chaque reprise. Aussi, quand le concert est terminé, on se rend seulement compte qu’il a duré plus de 2h.

Un spectacle parfait au cours duquel les références au film ont été nombreuses. Mais, hormis, les chansons issues de la BO, seules des reprises ont été jouées et donc... rien de neuf à l’horizon. Aussi, plusieurs questions me taraudent l’esprit. Quel sera le futur de The Broken Circle Breakdown Bluegrass Band ? L’écriture de nouveaux titres est-elle envisageable ? Et dans la foulée, l’organisation d’une nouvelle tournée ? Ou alors la boucle est-elle bouclée ?

(Organisation AB)

Voir aussi notre section photos ici

 

Jambinai

Un des meilleurs concerts de l’année…

Écrit par

Ce 14 décembre, la Rotonde accueille un groupe qui nous vient du Pays du Matin Calme. De la Corée du Sud, si vous préférez. Un événement, car les Européens connaissent très mal la scène asiatique, sauf peut-être japonaise. En outre, cette République exporte très peu ses artistes. La salle est à moitié vide. Ou pleine si vous préférez. Et pourtant, Jambinai va nous accorder un remarquable concert. Et jamais je n’imaginais que j’allais assister l’un des meilleurs de cette cuvée 2014… 

Le line up de Jambinai réunit deux filles qui se consacrent à des instruments traditionnels coréens et asiatiques ainsi qu’un guitariste (NDR : talentueux, je vous le précise) ; un trio rejoint après les trois premiers morceaux par Myounghoon Ryu, le drummer, et Dokyo 13, dont la basse compte 5 cordes. Les bios annoncent un des groupes les plus novateurs de la scène sud-coréenne, parce qu’il est parvenu à créer une nouvelle forme de musique mêlant, sans tomber dans la dissonance, tradition et modernité. Soit un subtil cocktail de heavy post rock, de folk, d’électro et de tradition indigène. A ce jour, la formation n’a gravé qu’un seul elpee, « Différance » ; et la sortie d’un nouvel Ep est prévue pour 2015.

Tous les musicos sont assis, et derrière son imposant geomungo (une sorte de cithare coréenne), Eun Young Sim l’est en mode jogi. Elle pince ou frotte ses cordes à l’aide de bâtons en bambou de longueurs différentes. Elle s’installe à droite sur une petite estrade. Elle joue également du xylophone. Celle de gauche, Bomi Kim, se réserve le haegeum, un vieil instrument à cordes frottées semblable au ehru chinois. Il a été imaginé, il y a environ mille ans environ. Il est formé d'une caisse de résonance en bambou ou en bois, tendue par une peau de serpent à une extrémité de la tige, et les deux cordes sont frottées par un archet à crin de queue de cheval. Grâce à son timbre mélodieux, le haegeum sert non seulement à accompagner la musique vocale et instrumentale, mais aussi à se produire en solo à partir du XXe siècle. Depuis cette époque, l'art d'interprétation soliste de l'haegeum s'est développé rapidement, les techniques d'interprétation et la composition musicale se sont enrichies tout comme la construction de l'instrument s'est améliorée. Le point central est certainement le guitariste Ilwoo Lee qui joue également du piri (flûte en bambou), du taepyongso (petite trompette coréenne) et se sert d’une loop machine. Ilwoo est le seul artiste à s’exprimer dans la langue de Voltaire. Il nous confesse avoir entamé sa tournée en mai dernier, au club de l'AB, et la terminer devant nous. Très souvent, lors de l’ultime date d’une tournée, les artistes se lâchent et donnent tout au public présent. Ce sera bien le cas ce soir.

Les trois premières chansons sont assez déroutantes. Ambient, même. Et elles vous nous plonger, pendant un bon quart d’heure, dans le monde de l’Orient. Les riffs de guitare languissants et les sonorités étranges dispensées par les instruments de Bomi Kim et Eun Young Sim accentuent cette impression. Un morceau de plus, et on tombait dans les bras de Morphée. Or, c’est à partir de ce moment que le groupe va totalement changer de cap, pour embrasser une forme bien plus énergique, voire métallique. Soit lorsque la section rythmique fait son apparition. Une bonne demi-heure au cours de laquelle je me suis demandé si je n’assistais pas à un concert de Nirvana ou de Metz. Tout le monde reste cependant en position assise ; ce qui n’empêche pas le climat de se charger d’intensité. Eun s'emballe sur son instrument, l’empoigne à bras le corps et le triture alors que Bomi en extrait des tonalités mélancoliques et lancinantes, semblables à des violons. Les parties vocales sont assez rares, et ne sont que féminines. Des interventions atmosphériques abordées dans l’esprit d’un Sigur Rós.

Puis la section rythmique vide les lieux, sur la pointe des pieds. Laissant Jambinai en revenir à une formule plus paisible, mais toujours aussi fascinante. Pendant 30 bonnes minutes. Bref, finalement, j’ai vécu un des meilleurs concerts de l’année. En mai dernier, le set du trio nippon ZZZ's m’avait impressionné. Signe que cette scène asiatique est en plein ‘boom’…

(Organisation Botanique)

The Shivas

Une future valeur sûre de la scène alternative…

Écrit par

Soirée psyché garage au Water Moulin, ce samedi 13 décembre. A l’affiche, les Liégeois de The Scrap Dealers, les régionaux de l’étape Marvin Gays et les Américains The Shivas. Ces derniers sont établis à Portland, dans l’Oregon, tout comme les Dandy Warhols, et viennent de publier leur quatrième opus, « You know what to do ». Thee Marvin Gayes vient également de graver son deuxième elpee, en novembre dernier. Il s’intitule « Sleepless night ». Le combo fait un peu partie des meubles au Water Moulin. Quand aux Scrap Dealers, leur Ep (NDR : neuf titres, quand même !) est paru le 14 octobre dernier, et leur premier véritable long playing devrait sortir l’an prochain. Il n’y manque plus que les ultimes réglages…

C’est une mauvaise habitude au Water Moulin, la ponctualité est élastique. La faute à un public qui, en général, commence vraiment à débarquer après 22 heures. Et sans trop se presser. Ce qui, le plus souvent, prolonge la soirée tardivement…

Bref, The Scrap Dealers monte sur l’estrade avec ¾ d’heure de retard. Un quintet qui compte un drummer (NDR : au visage d’ado, mais il a quand même 25 printemps !), un bassiste et trois guitaristes, dont deux se consacrent alternativement au chant. Ils roulent leur bosse depuis un peu plus de deux ans ; et franchement, ils commencent à prendre de la bouteille. Leur mélange de psychédélisme et de shoegaze crépite allègrement. Parfois on pense à Loop, Spacemen 3, voire à Ride. La rythmique est hypnotique alors que les deux solistes tissent, à tour de rôle, de jolies envolées. Et malgré cette électricité bruitiste, on peut suivre aisément le fil mélodique. Mention spéciale à l’avant-dernier morceau du set (NDR : un extrait du nouvel LP), à la fois percutant, complexe et envoûtant, un peu dans l’esprit de Motorpsycho. Un bémol ? Les voix. En ‘live’, elles sont certainement encore à travailler et pourquoi pas en harmonie ; ce qui permettrait d’alléger les mélodies et même les rendre atmosphériques voire contagieuses. N’empêche, JauneOrange vient encore de faire une bonne pioche…

La dernière fois que votre serviteur avait assisté à un set  de Thee Marvin Gays, c’était au cours de l’été dernier. Il y avait une telle chaleur dans la salle, que la majorité du public prenait l’air à l’extérieur. Je dois même avouer que mon t-shirt était complètement trempé. Et je n’étais pas le seul à dégouliner de sueur. Pire, incommodé par la température ambiante, je n’avais pas vu grand-chose de la prestation.

Le line up du quatuor implique un drummer, deux guitaristes et une bassiste. Constamment souriante, cette dernière partage les vocaux avec un des gratteurs. A tour de rôle. Fondé en 2006, ce combo a acquis une belle expérience à travers ses prestations scéniques accordées à travers le Vieux Continent. En Belgique, bien sûr, tant au Nord qu’au Sud du pays ou à Bruxelles. Mais aussi en Grande-Bretagne, en Suisse et aux Pays-Bas. En cherchant sur la toile, les articles qui leur sont consacrés évoquent des références qui oscillent des Black Lips aux Oh Sees, en passant par White Fence, les Monks, le Gun Club ainsi que les compiles Peebles et Nuggets. Un zeste de surf comme condiment. Bref, le band pratiquerait une sorte de garage/punk aux réminiscences sixties. Pas aussi simple ! En écoutant plus attentivement et en sachant qu’avant de fonder ce combo, les musicos ont milité au sein de groupes de hardcore punk, leur musique me fait plutôt penser à Girls Vs Boys ainsi qu’au Sonic Youth de la seconde moitié des eighties, voire aux débuts de Blonde Redhead, mais en plus véloce. Donc une musique à la fois bruitiste et mélodieuse, qui brasse probablement toutes les influences mentionnées ci-dessus, pour en faire une synthèse personnelle et excitante. Les riffs de guitares sont incisifs et crades. Et même savoureusement discordants sur « Nothing ». La basse gronde. Le drummer pilonne ses fûts. Et il en ressort une solution sonore à la fois sauvage, syncopée et nerveuse, ponctuée de vocaux plutôt vindicatifs. Dommage cependant que les deux voix ne se rencontrent qu’à de trop rares occasions. Un créneau peut-être à explorer. N’empêche, Thee Marvin Gays mérite vraiment de sortir de la zone crépusculaire de l’underground…

Mais la grosse surprise nous est venue de The Shivas. Encore un quatuor. Une jolie brunette aux drums. Comme on colle aux affiches. Et elle chante aussi. Très bien. Un chanteur/guitariste (NDR : il a aussi une excellente voix), les cheveux coupés au bol, comme le Stones ou les Beatles, à la fin des sixties. Ceux du second gratteur sont roux et bouclés et reviennent en avant, presque comme une banane. Sa carrure est imposante. Deux personnages qui auraient pu jouer dans un film de Jim Jarmush (NDR: merci Jean-Philippe). Et un bassiste à la longue tignasse en bataille, comme Julien Doré pour les dj’euns ou les hippies si vous appartenez à la génération des soixante-huitards.  

Première constatation, les harmonies vocales échangées entre Kristin Léonard et Jared Wait-Molyneux sont limpides, dans l’esprit west coast. Quand Kristin imprime le tempo –le plus souvent tribal– sa coiffure est constamment en mouvement, retombant régulièrement devant son visage de poupée. Le second gratteur, Eric Shanafelt, a un faciès impassible, mais son corps esquisse de petits mouvements tournants qui épousent ses interventions. Son physique évoque un trappeur qui redescend les montagnes Rocheuses. Bob Mannering s’exprime davantage par ses mimiques ; mais aussi et surtout se révèle un remarquable bassiste. Fruit d’un cocktail de psyché, de surf, de pop et de garage, la musique baigne dans un climat électrique particulièrement stimulant. Les refrains sont contagieux. Aux titres les plus enlevés répondent des morceaux mid tempo. Peu de pause entre ces titres. Ce qui explique aussi la réaction du public au sein de la petite salle. Il danse, déménage ; et on a même droit à du crowdsurfing. Un téméraire atterrit inopinément aux pieds du guitariste, qui reste toujours de marbre. Musicalement, on pense à The Mayhem, Dick Dale, Sonics et aux Deltones ; mais pas seulement. Certains medias ont avancé que leur expression sonore naviguait quelque part entre les Cramps et les Stone Roses. Pas tout à fait faux. D’autres leur prêtent des intentions revivalistes sixties, voire fifties. Pourquoi pas ! Mais le plus important, c’est ce que The Shivas parvient à réaliser de tout cet éventail de références. En affichant une qualité de son irréprochable. Prodigieux, quand on sait que la table de mixage du Water Moulin est réduite à son strict minimum. Un concert épatant accordé par un groupe qui a tout pour devenir une valeur sûre de la scène alternative. C’est tout le mal qu’on lui souhaite…

(voir notre section photos ici)

(Organisation Water Moulin)

 

 

 

Page 64 sur 132