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Hatebreed

Un réel exutoire qui fait du bien

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Après s’être produit au Festival de Dour en juillet 2013 et au Graspop Metal Meeting, au mois de juin de cette année, c’était à Torhout que les Américains d’Hatebreed avaient décidé de revenir en Belgique, dans le cadre de leur tournée anniversaire. Vingt ans que ce groupe, considéré comme une des meilleures synthèses du Metal et du Hardcore, sévit sur scène. Une chose est sûre : il est loin d’être essoufflé.

Pas moins de quatre formations figurent ce soir à l’affiche. Pas question donc de perdre de temps. Deconsecrate monte sur les planches à 20h précises et délivre pendant une demi-heure un Metalcore, certes classique, mais efficace ; entraînant dans sa rage le public présent. Pas question ici de première partie ‘tiède’, le décor est immédiatement planté et annonce une soirée à la barre haute, sous les auspices du Metal et du Hardcore. Mention spéciale à la présence de deux vocalistes, se partageant les chants graves et aigus. Cette distinction, fréquente il y a une dizaine d’années, permet aux frontmen de se répondre mutuellement, générant une dynamique non négligeable.

Les Bruxellois de Resistance prennent ensuite possession des lieux. Considérée à ses débuts comme formation ‘Hardcore’, Resistance a transformé ses compositions, au fur et à mesure des changements de line-up, en un Death Metal, tout en ne reniant pas ses origines. Un mélange intéressant qui a permis de relever d’un cran l’ambiance au sein de la salle. Après une demi-heure de set, Resistance se retire (pour se rendre à Namur où il est attendu en fin de soirée pour jouer en tête d’affiche !), à l’exception du guitariste Shaun Van Calster.

Ce dernier milite en effet au sein du dernier supporting act, Length of Time. Ce soir, le line up est marqué par l’absence de Michel Kirby (forçant pour la circonstance Shaun à assurer les deux lignes de guitare) et la présence de Phorgath à la basse (Enthroned, Black Metal belge). Après dix-sept ans d’existence, Length of Time n’a plus grand-chose à prouver et fait partie des pionniers du Hardcore en Belgique. Caractérisées par une alternance entre chants hurlés et clairs, leurs compositions parfois plus lentes et plus lourdes que les deux groupes précédents, entraînent une dilution de l’ambiance qui règne dans la salle. La qualité du show est pourtant irréprochable ; mais la question peut se poser quant au choix, judicieux ou non, de programmer Length of Time juste avant Hatebreed. Mais comme le dit l’adage, les goûts et les couleurs…

Il y a moins de monde que deux semaines plus tôt (pour Machine Head, le 9 novembre dernier) mais néanmoins, sur les starting-blocks le public s’apprête à accueillir Hatebreed. Une tournée particulière, organisée à l’occasion de leur vingtième anniversaire (ne se privant pas d’afficher cette durée de vie notable, du classique marchendising aux médiators de guitare frappés pour l’occasion). Suivant une forme de rituel, le quintet fait monter la pression dès l’intro, en diffusant le morceau mythique « Gonna Fly Now » de Bill Conti, un titre repris dans la B.O. du film ‘Rocky’. De quoi libérer la tension au sein de l’auditoire qui attend les Américains depuis maintenant un peu plus de deux heures et demie. Les musicos montent sur l’estrade et se lancent dans un set qui va frôler les 90 minutes. Sans interruption. Rarement un show aura été si concentré, sans aucune perte de temps entre les morceaux. Difficile à croire, mais cette énergie sera maintenue tout le long de la prestation. ‘Si on est là aujourd’hui, c’est parce que vous avez été tellement nombreux à venir nous voir au Dour Festival et au Graspop. C’est vraiment un plaisir d’être ici. Et quand je pense que nous serons de nouveau l’année prochaine au Graspop, avec Kiss en tête d’affiche, c’est tout simplement incroyable !’. Une information pour le moins intéressante, car Hatebreed n’a pourtant pas été annoncé dans la fournée des premiers 47 noms divulgués par le festival pour l’édition de l’année prochaine… Bonne nouvelle, donc. Pour le plaisir de toutes et tous, les plus grands succès se succèdent (« Defeatist », « Live for This », « To The Treshold », « I Will Be Heard », etc.), entrecoupés de tracks parfois moins connus. En une vingtaine de titres (!), l’ensemble de la discographie du band sera ainsi passé en revue à un rythme effréné, ne reprenant sa respiration que pour aborder la compo suivante. Autre fait marquant : Hatebreed joue sans setlist scotchée aux pieds des musiciens. Le mystère reste donc entier quant à savoir quelle composition jouer à quel moment, vu que l’ordre de cette setlist était complètement différent de celui joué la veille, à Paris. ‘C’est maintenant le dernier morceau de la soirée. « Destroy Everything ! »’, annonce le chanteur Jamey Jasta. Comme pour la plupart des concerts, on sait que le dernier track annoncé n’est jamais vraiment le dernier et sera suivi d’un ou plusieurs ‘we-want-more’. Mais Hatebreed a apparemment décidé de rompre avec cette vieille tradition et d’exécuter sa décision. Le morceau à peine fini, les musicos se réunissent face à la batterie pour l’éternelle photo souvenir, distribuent les quelques médiators et autres bracelets-éponges qui restent aux poignets et s’en vont. La foule en transe peut désormais retrouver une pulsion cardiaque stable. Un réel exutoire qui fait du bien.

 

Milow

Idéal pour oublier les tracas de la vie quotidienne…

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Milow se produisait deux jours de suite à l’Ancienne Belgique, et votre serviteur avait choisi le dimanche pour assister à son set. Le James Taylor belge va nous accorder un show de plus de deux heures face à un auditoire sold out. Une soirée qui s’annonçait inoubliable et chargée d’émotion…

Stephen Kellogg déboule seul sur l’estrade. Barbu, coiffé d’un chapeau de cow-boy et armé d’une sèche (électrifiée), il se lance dans un récital teinté d'americana, de country et de bluegrass. Il a une superbe voix, mais grevée d’un accent à couper au couteau. Agé de 37 balais, il nous vient de Northampton dans le Massachusetts. Sa prestation va se limiter à 30 minutes au cours desquelles les grandes plaines de l'Ouest Américain vont défiler dans notre subconscient. Il parle volontiers avec la foule ; ce qui va le rendre sympathique. D’ailleurs, il sera bien applaudi à l’issue de son spectacle.

Milow, aka Jonathan Vandenbroeck, possède également une très belle voix. Très caractéristique, chaleureuse, elle évoque celle de James Taylor. En outre, malgré le succès récolté à travers le monde, il ne se prend pas la tête et reste fondamentalement humain.

C’est en reprenant le « Ayo Technology » de 50 Cent qu’il va se faire connaître. En 2008. Une version qu’il va désacraliser en l’épurant de sa bestialité pour lui insuffler une bonne dose d’humour. Mais le succès, il ne va le décrocher qu’à partir de 2011, en publiant son troisième elpee, « North And South ». Recelant une multitude de tubes, dont « Never Gonna Stop », « You And Me (In My Pocket) » et « Little in The Middle », il devient disque d'or, six semaines à peine après sa sortie en Belgique. Et s’écoule à plus d'un million d'exemplaires à travers le globe. Depuis lors, l'artiste enchaîne les tournées mondiales, à guichets fermés. Et son dernier périple est destiné à défendre son quatrième elpee, « Silver Linings », une œuvre dont les dix perles ont été enregistrées à Los Angeles, au célèbre studio Fairfax Recordings, qui a notamment accueilli, dans le passé, Fleetwood Mac, Neil Young et Nirvana. Lors des sessions, le Belge a reçu le concours d’une multitude de collaborateurs. Notamment le fidèle guitariste Jo Francken, le producteur Kevin Augunas (The Lumineers, Cold War Kids) et l'ingénieur du son Clif Norrell (Bruce Springsteen, R.E.M.). Et parmi les autres musiciens, du claviériste Larry Goldings (Norah Jones, Maceo Parker), du batteur Matt Chamberlain (Smashing Pumpkins, David Bowie, Kanye West), ainsi que les gratteurs Val McCullum et Tom Vanstiphout.

D’ailleurs le Louvaniste nous rappelle qu’il y a 10 ans, il foulait les planches de cette même scène, dans le cadre de la finale du Humo’s Rock Rally. Il bavarde énormément entre chaque morceau. Le plus souvent en néerlandais et en anglais. Rarement en français. Il nous parle de sa rencontre avec Stephen Kellogg, de l'amitié, de la tournée, du bus de tournée, de son chien, des Etats-Unis ; et même de sa maman ainsi que celle de Tom, présentes dans la salle, sous le ton de la plaisanterie. Un discours qui finit cependant parfois par lasser…   

Le décor est dépouillé. On remarque la présence d’une petite estrade qui ne doit pas dépasser la quinzaine de centimètres pour accueillir à droite, le batteur, le bassiste ainsi que la choriste et à gauche le claviériste. Milow est en front de podium, tout comme Tom Vanstiphout qui va essentiellement se servir de la sèche et plus rarement de la guitare électrique. Assurant également les backing vocaux.

Le concert s’ouvre par une superbe reprise du « Blue Skies » d'Irving Berlin, un classique (1926 !) notamment interprété par Frank Sinatra ou Ella Fitzgerald. Milow passe la plupart de son temps aux States. Et tant sa voix que sa musique ont pris une forte coloration américaine. Dans un style qui oscille du folk à la country en passant par l’americana et le bluegrass.

Pendant « Learning How To Disappear », morceau d'entrée du nouvel opus « Silver Linings », on a l’impression de traverser les plaines de la Californie à bord d’un 4x4, confortablement installé. Tout au long de son « You Don't Know », le public reprend les paroles qu’il connaît par chœur et réserve à l’artiste une formidable ovation. Un premier grand moment de ce spectacle qui débute à peine. Et autre hit, « Little In The Middle », déclenche une même réaction de l’auditoire. Qui n’est pas venu pour sauter, jumper, crowdsurfer, organiser des round circles ou se bousculer. Mais pour apprécier paisiblement le concert d’un crooner. « Echoes In The Dark », c’est la deuxième piste du dernier opus ; une jolie ballade au cours de laquelle Milow et la choriste se partagent les vocaux. Une chanson qu’on imagine parfaite pour danser un slow tout en enlaçant sa partenaire... Egalement issue du nouvel LP, « Wind Me Up » est une autre plage empreinte d’une grande tendresse. La voix, le chant, la mélodie et la musique : tout converge pour communiquer cette perception. 

Milow attaque « One Of It », une plus ancienne compo. Les spectres très sixties de Donovan et Dylan planent. Les cordes sont sublimes. Les accords efficaces. Nouveau titre du nouveau long playing : « We Must Be Crazy », un morceau tapissé en arrière-plan par le piano Hammond. Mais perso, je me concentre sur les vocaux et les deux grattes. Et honnêtement, c’est ce que je tente de faire depuis le début du show. La voix de Milow est très proche de James Taylor, tout au long du romantique « Building Bridges ». Quand on écoute Milow, on a le blues… Entre le public et Milow ainsi que Jo se crée une forme d’échange à deux voix provoquant un moment d'émerveillement lors de « Cowboys Pirates Musketeers ». Milow a 2 000 personnes dans le creux de la main et d’un coup de baguette magique les propulse dans les étoiles grâce à « She Might She Might », « Mistaken », « The Ride », « Ayo Technology », « You And Me (In My Pocket) » et « Against The Tide », qui clôt le set.

Après une petite pause, Milow revient seul armé de sa gratte interpréter « Out Of My Hands ». Le public est aux anges. Milow s'adresse alors à son public : 'Nog een liedje'. Il en voudrait encore jusqu’au bout de la nuit. Stephen Kellogg vient rejoindre son ami et complice. Et les deux compères  se lancent en duo pour deux derniers titres qui vont clôturer définitivement la soirée. Idéale pour oublier les tracas de la vie quotidienne…

(Organisation Ancienne Belgique + Live Nation)

The Boxer Rebellion

Pas mal, mais pas phénoménal non plus…

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La soirée est un peu froide, normal l’hiver approche. Direction rue du Miroir, juste derrière la Grand-place de Mons pour, se rendre à l'Alhambra. Il y a une fameuse file d’attente à l’entrée pour obtenir son sésame. The Boxer Rebellion a attiré la grande foule. Faut dire que le groupe s’était déjà produit à Mons, et une relation privilégiée s’est établie entre le combo et le public local. En outre, le supporting act sera assuré par les régionaux de l'étape, Larko. Ca tombe bien, Larko vient de sortir un Ep 6 titres. Et il est venu nous le présenter ce soir.

Larko est issu de la Cité du Doudou. Aussi, de nombreux fans ont tenu à venir les encourager. Et c’est tout à fait normal. Le quatuor réunit le chanteur/guitariste Jean Tourneur, le claviériste Alexis Andrigo (NDR : un barbu coiffé d’une casquette), le bassiste Jérémie Gilbert et le drummer Timothée Huge, également préposé au sampler. J’avais assisté à leur concert, il y a au moins deux ans et suis heureux de revoir le quatuor en ‘live’. Pas un combo inconnu. Et pour cause, en 2009 il avait remporté le prix Franc'Off des Francofolies de Spa. Il a aussi pas mal bourlingué, assuré quelques scènes prestigieuses et participé à certains festivals. En 2011, il a publié son premier elpee, « Empathie » sur le label LDM (Les Disques Modernes). Après avoir pris une pause, il vient de graver un nouvel Ep, dont ils vont interpréter ce soir quatre morceaux.

Vu la présence du matos de The Boxer Rebellion sur l’estrade, il ne reste plus beaucoup d’espace pour la première partie. Les 4 musicos se sont donc postés en ligne à l’avant-scène. Le drummer à l'extrême droite, le claviériste au milieu, et les deux grattes à gauche. Jérémie va quand même s’autoriser quelques allers-retours entre les fûts et son pied de micro, afin de se dégourdir les jambes. Les textes sont chantés dans la langue de Voltaire. Et les nouvelles compos lorgnent davantage vers la pop et l’électro que le rock.

Après une petite « Intro », « Obsession » entre dans le vif du sujet. Le claviériste donne le ton. Il est appuyé par la section rythmique, même si c’est la basse qui aura finalement le dernier mot. Les accords de gratte dispensés tout au long de « Pour Une Heure » sont funkysants, dans l’esprit d’un Nile Rodgers. « Empathie » est un morceau qui a récolté un certain succès. C’est également le titre maître du premier LP, plus sauvage et plus rock. « 28 Janvier » est littéralement découpé par les riffs électriques. Mais le refrain est contagieux. « Ce Que tu Veux ». Je ne sais pas ! Une nouvelle compo pas mal torchée. « Lâcher Les Chiens » se singularise par ses lyrics réalistes. Des textes qui peuvent se révéler plus sombres, traitant de l’existence, de la guerre.

Plus électro, « Rotterdam » est une compo hymnique. Place ensuite à « Myself ». Le single. Qui fait l’objet d’un clip vidéo. Jean invite d’ailleurs le public à aller la découvrir sur la toile. Le set s’achève par « La Nuit », c’est-à-dire la piste qui ouvre l’Ep. Caractérisé par son ‘beat’ irrésistible et ses 'lalala', c’est une belle invitation à rejoindre le dancefloor tout proche. Encore une ou deux chansons et tout le monde jumpait. Trente minutes, c'est un peu court pour un groupe de cette trempe ; et en plus issu de la région. Bah, c'est aussi le rôle du support act de chauffer l’ambiance. J'espère bientôt revoir Larko en tête d'affiche.

The Boxer Rebellion est une formation que votre serviteur a eu le loisir de voir et d’écouter à trois reprises au Botanique de Bruxelles. Parce que sa musique me plaît. Le groupe a entamé une longue tournée pour présenter son quatrième opus studio, « Promises », déjà paru en 2013. Natham l'a annoncé, c'est la dernière date ; aussi on espère que les musicos vont se lâcher pour la circonstance. Le quatuor vient juste de publier un LP live, « Live At The Forum ». Le line up réunit Nathan Nicholson (chant, guitare, claviers), Adam Harrison (basse) Piers Hewitt (drums) et Andrew Smith (guitare).

En ouverture, le band attaque « The Gospel Of Goro Adachi » (extrait du long playing « Union »). Dans le passé ce morceau achevait en apothéose ses concerts. Permettant alors aux aficionados de les rejoindre sur l’estrade. Ce ne sera donc pas le cas ce soir.

Nathan a une voix très particulière, qui monte assez haut dans les aigus, un peu à la manière de Matthew Bellamy (Muse). Le très poignant « Take Me Back » en est une parfaire illustration. Les mélodies sont accrocheuses, mais quoique puissant le son n’est pas suffisamment net à mon goût. Je me déplace et me recentre près de la table de mixage. Tout au long de « Locked In The Basement » (NDR : un extrait du troisième opus « The Cold Still »), la voix de Nathan me paraît quelque peu étouffée par les autres instruments. ‘u2esques’, les guitares sont soutenues par des nappes de claviers légèrement agressives sur « Keep Moving ». Encore issu de « Union », « Evacuate » est une des perles de l’album. La voix, est alors proche de celle de David Jakes (chanteur de Lonely The Brave, une des nouvelles sensations du rock insulaire). Quant à l’expression sonore, littéralement poussée par la section rythmique, elle monte en crescendo avant d’atteindre son apogée. « The Runner » et « Diamonds » adoptent une structure semblable. « You Belong To Me » évoque un bonbon sucré qui fond lentement dans la bouche. Les problèmes de mixing semblent résolus. Faut dire que la configuration de la salle n’est pas de nature à faciliter la tâche de l’ingé-son. Nonobstant leur refrain immédiat, « Flight », « Semi-Automatic » et « Always » montent dans les tours. Sur « New York », bien soutenue par les drums, la voix de Nathan s’envole vers les sommets. Et elle atteint le sublime sur le dernier titre du spectacle, « Promises ». En fermant les yeux on l’accompagne dans la stratosphère…

Pas de final festif, mais un rappel de trois morceaux : « No Harm », « Spitting Fire » et « Watermelon ». Quoique content d’avoir retrouvé The Boxer Rebellion, je dois avouer que les musicos me paraissaient fatigués. Le band achevait sa tournée à l’Alhambra. Ce qui explique sans doute pourquoi la magie n’a pas opéré, comme les fois précédentes…

(Organisation : Mons 2015-Alhambra)

Bonnie Prince Billy

Un retour réussi!

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Tout passionné de country-folk ne pouvait manquer l’événement de ce jeudi soir, à l’Ancienne Belgique de Bruxelles. Et pour cause, Will Odham, aka Bonnie ‘Prince’ Billy s’y produisait. Pas étonnant qu’on assiste également à une forte concentration de barbus. Mais c’était surtout l’occasion d’enfin (re)voir et (ré)écouter un des songwriters les plus influents de ces 20 dernières années. Le roi du country-folk avait fait le déplacement pour présenter son dernier album « Singer’s Grave a Sea of Thongues ». Et il a emporté dans ses valises The Caïro Gang et, ainsi qu’en guest star, Matt Sweeney.

Et le supporting act suscite déjà un intérêt particulier, puisqu’il s’agit de Xylouris White, soit le projet né de la rencontre entre l’extraordinaire drummer de Dirty Three, Jim White et le Grec George Xylouris, chanteur et talentueux joueur de luth. Et croyez-moi, Jim White est un véritable virtuose. Personnellement, je n’avais jamais assisté à un tel exercice de style à la batterie.  (Voir photos ici)

Le maître de soirée monte sur l’estrade à 21 heures pile. Matt Sweeney s’installe à sa gauche et Emmett Kelly à sa droite. Et comme guitariste, c’est loin d’être un manchot. Un batteur et un contrebassiste complètent le line up du band. Will Oldham arbore une belle barbe et comme tout musicien de country qui se respecte, il est vêtu d’une chemise à carreaux. Dès les premières notes, les sceptiques qui mettent en doute les qualités scéniques de l’Américain sont rassurés. Bien sûr sa voix est reconnaissable entre mille et est susceptible de vous flanquer des frissons partout. Puis, il reproduit certains stéréotypes adoptés par la plupart des musiciens de country. Parfois, on se croirait en face de Cloney dans ‘O’Brothers’. Une gestuelle qui lui permet finalement de rendre ses compos plus expressives. D’ailleurs son set ne sera ni morose ni déprimant. L’air de rien, Bonnie ‘Prince’ Billy est même un fameux showman. Et puis, ses morceaux sont davantage électrifiés que sur disque. Il les adapte pour le ‘live’. Et c’est très bien ainsi. Difficile cependant d’identifier les morceaux du tracklisting, vu le gigantesque répertoire dont il dispose. Il est d’ailleurs allé puisé au sein de toute sa discographie au cours de la soirée, nous réservant même des plages issues de son chef-d’œuvre « I See a Darkness », dont le titre maître qu’il va interpréter d’une manière allègre et le magnifique « Death to everyone ». Il alterne morceaux plus ‘rock’ et tracks paisibles et émouvantes. Mais c’est lors des titres les plus calmes que le barde peut démontrer toutes ses aptitudes vocales, échangeant alors en compagnie de ses acolytes, de superbes harmonies vocales. Quant aux trois guitares jouées par les trois musicos, on peut affirmer que leur conjugaison était proche de la perfection.

Nous l’attendions depuis 5 longues années sur terres, et son retour n’a pas déçu. Finalement on peut affirmer que Will Oldham était toujours le Prince du country/folk… (Voir photos )

(Organisation AB)

 

Benjamin Booker

On dirait le Sud…

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Souvent présenté comme l’enfant illégitime, né de la rencontre entre Jack White et Dan Auerbach, le jeune Benjamin Booker se produisait à la Rotonde du Botanique à Bruxelles, jeudi dernier. La météo rock annonçait donc une salve de riffs crapuleux et une ambiance rock’n’roll à souhait !

C’est une salle archi-comble qui accueille le natif de Virginia Beach (NDR : c’est en Virginie). Pour la circonstance, le chanteur/guitariste est flanqué d’une section rythmique (basse/guitare) particulièrement efficace. Sans adresser le moindre mot au public, Benjamin Booker parvient aisément à capter son attention, grâce à la ses compos percutantes ainsi qu’à son attitude très rock’n’roll rappelant les fantômes de ses ancêtres bluesman de la ‘Bible Belt’ du Sud des States. A peine âgé de 25 printemps, le tout petit Benjamin (NDR : non, non, je vous assure qu’il n’est pas plus grand que votre serviteur…) semble avoir écumé les saloons en compagnie de Blind Willie Johnson ou de Jeffrey Lee Pierce, dès qu’il a pu tenir une guitare en mains… Le set baigne indéniablement au sein d’une atmosphère sudiste, même si la voix irrésistible et enrouée de Booker me fait souvent penser à celle d’Adam Stephens de Two Gallants. Entre folk US et garage rock, les ambiances sont variées et le show atteint d’ailleurs son point culminant émotionnel sur une comptine americana au cours de laquelle Benjamin Booker délaisse sa guitare, le drummer troque ses fûts contre un banjo et le bassiste sa basse pour un violon… on se croirait alors plongé dans le Bayou en pleine Louisiane ! Particulièrement en forme ce soir, le jeune prodige va nous livrer plus d’une heure d’un show impeccable qu’on espérait cependant plus long. Le trio termine son set aussi bien qu’il ne l’a débuté mais, en affichant une évidente morgue rock’n’roll, il quitte la salle sans un merci, sans un rappel, mais avec un grand sourire témoignant d’un plaisir réciproque… Ce soir à la Rotonde seule la musique –authentique– comptait. Pas étonnant que l’animal ait tourné en compagnie de Jack White…

(Organisation Botanique)

 

JOY

Plus rock, tout simplement

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Le ‘Dôme des Découveres’ accueille ce soir, l’ex-leader de Venus, Marc Huyghens. Il n’aime pas trop qu’on revienne sur le sujet. Donc, je n’en parlerai plus. Marc et Françoise Vidick ont fondé Joy, que la violoncelliste Anja Naucler est venue rejoindre au moment de l’enregistrement du tout premier elpee. Eponyme, par ailleurs. Le second, « All The Battles » vient de sortir. Anja ne participe plus à l’aventure. Elle a été remplacée par Katel, préposée à la guitare ou à la basse. La Rotonde est bien remplie.

Un duo assure le supporting act. L’un d’entre eux joue de la sèche et l’autre déclame, tour à tour dans la langue de Molière ou de Shakespeare, pendant que des vidéos sont projetées sur un écran. Le spectacle ne me botte pas du tout. Et je m’éclipse pendant les 30 minutes de leur prestation.

A travers Venus, formation belge majeure des 90’s, Marc Huyghens s'était joué des codes en introduisant des instruments atypiques, en communiquant une dimension théâtrale à son show et en s'imposant grâce au désormais classique "Beautiful Days", un hymne à la joie au texte désespéré. Marc est venu défendre son second opus solo, « All The Battles », paru chez Caramel Beurre Salé, le 3 octobre 2014. Après avoir gravé un premier elpee qui laissait une belle place au violon et à la contrebasse, le second adopte un format plus rock et plus insulaire. Il a été enregistré sous la houlette du maître du son organique, John Parish (PJ Harvey, Eels), et masterisé par John Dent (Radiohead, Goldfrapp). En à peine vingt jours de sessions.

Le trio ouvre le set par une nouvelle compo, « Drift And Drive ». La voix de Marc domine l’expression sonore. Les percussions de Françoise Vidick sont singulières. En fait, elles émanent de deux toms basse. « Jab The Fix », « Sunday And I » et « All The Battles » sont des plages issues du nouvel elpee. Et manifestement elles sont plus rock, moins cérébrales. Plus accessibles, aussi. A l’instar de « Mirage » pour lequel la basse a remplacé le violoncelle. Caractérisé par ses harmonies vocales envoûtantes, « 1924 » est plus calme mais troublant. Joy attaque deux plages du premier long playing, « The Long Way Around The Sea » et « Vertigone ». Piste contagieuse, « DNA » libère une belle intensité. « The White Coat » et « Great Fire » sont aussi deux compos issues du dernier elpee. On se rend alors compte, à travers ces deux titres, du souffle irrésistible que John Parrish est venu leur insuffler. Et le set de s’achever par « Golden Gun », encore un extrait du dernier LP. Une prestation qui a duré 60 minutes. Pas une de plus. Enfin, avant le rappel, au cours duquel JOY va nous réserver Life » et « Empire », deux titres particulièrement puissants. Un excellent concert !

(Organisation : Botanique)

Beautiful Badness

Avoir voix au chapitre…

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Une superbe soirée nous attend à l'Orangerie du Botanique, ce 17 novembre 2014. A l’affiche Birdpen, le projet du claviériste/guitariste Mike Bird et de Dave Penney, un des chanteurs d’Archive, responsable d’un tout nouvel opus solo (le troisième) –intitulé « In The Company Of Imaginary Friends ». Et Beautiful Badness en supporting act. Votre serviteur avait assisté à leur prestation l’an dernier, à la Ferme du Biéreau de Louvain-La-Neuve, en première partie de Perry Rose.

Combo franco-belge, Beautiful Badness réunit le chanteur/claviériste/guitariste Gabriel Sesboué, l’autre gratteur Olivier Delescaille, le bassiste Eric Renwart, le drummer Gilles Servais et le claviériste Antoine Guenet. Eric et Antoine sont les petits nouveaux du groupe. Le Botanique leur a prêté ses installations pour répéter. Le band connaît bien les lieux, puisque ce n’est pas la première fois qu’il foule les planches d’une des salles. Côté son, pas de souci, puisque c’est l’ingé-son de Puggy, Alex Leroy qui est derrière les manettes.

Le quintet monte sur l’estrade. Gabriel a déjà viré ses godasses et ses chaussettes afin d’être plus à l’aise. Dès la première chanson, « Elders' Choir », il module sa voix comme un instrument. Il s’agit d’une nouvelle compo. A ce jour, Beautiful Badness a publié un Ep éponyme ; et un premier elpee devrait paraître en 2015. Un disque que votre serviteur attend impatiemment. Prof de chant, Gabriel a reçu une formation classique. Sa voix est vraiment prodigieuse. Pourtant, la soirée sera résolument rock'n'roll. D’ailleurs après l’envolée vocale de Gabriel, la section rythmique reprend ses droits, talonnée par la guitare. Le combo embraie par « Everybody Knows » et « Hard To Do It », deux autres nouvelles chansons. Le public semble apprécier. Lors de « Wasting Your Time », Gabriel pousse sa voix dans ses derniers retranchements, à la manière de Matthew Irons chez Puggy. Malgré le contexte, il faut avouer qu’il a voix au chapitre…

« Slipping Away » est un titre plus connu, tout comme « Run », leur single –et cheval de bataille– qui en général, met le feu. Un morceau mélodieux, précis et superbement construit. Un vrai régal ! Leur version du « We Will Rock You » de Queen est un peu casse-gueule, mais le résultat est surprenant. A croire que Freddie s’est réincarné dans la peau de Gabriel. Le set s’achève par « Sunny Morning », le premier single extrait du futur long playing. Et de nouveau, Gabriel se sert de sa voix comme d’un instrument. La formation a un talent fou et l’auditoire le reconnaît en applaudissant chaleureusement. D’ailleurs, à l’issue de leur prestation, la vente des Eps va littéralement cartonner.

Changement de matos et on va passer au set de Birdpen. Dave et Mike se consacrent tous les deux à la guitare, au chant, aux claviers et aux machines. Ils sont épaulés par le drummer James Livingstone Seagull et le bassiste Tim Slade.

Mike est philanthrope. Il s’est investi dans l’organisation caritative ‘Quest For Mont Blanc’ afin de lever des fonds en faveur de l'association Treskstock qui se charge de financer la recherche du cancer qui touche les jeunes. Dave a déjà récolté 30 000 livres pour alimenter son beau projet. Et à travers « Like A Mountain », il révèle son amour pour les sommets des montagnes. Tel un oiseau qui déploie ses plumes, sa prose plane au-dessus de cimes…

Pour info, Dave et Mike ont eu la gentillesse d’accorder une interview à Musiczine. Nous reviendrons donc sur cet entretien réalisé en compagnie de deux artistes éminemment sympathiques…

Il s’agit de la troisième fois que Birdpen visite la Belgique, cette année. La formation s’était ainsi déjà produite au sein d’un Witloof bar bien peuplé et dans le cadre du festival de Ronquières. On imaginait donc que leur retour au Bota se serait déroulé à la Rotonde. Une progression logique. Mais à l’instar des Strypes, Passenger et The Vaccines, ils passent directement à l'Orangerie. Pour le compte-rendu du concert de Birdpen, c’est ici.

(Organisation Botanique)

 

BirdPen

Du retard à l’allumage…

Je me souviens, il y quelques années, j'avais eu la chance de mixer Birdpen à l'Atelier Rock de Huy, afin de suppléer leur ingé-son victime d’un problème de transport. J'avais vraiment apprécié de travailler pour ce groupe au sein duquel évoluait Dave Penney et l'extraordinaire batteur ‘Smiley’ (tous les deux militent au sein d’Archive) accompagnés par Mike Bird.

A l'époque, j'avais été envoûté par leur rock puissant et hypnotique. C'est donc le cœur léger que je me suis rendu, ce lundi au Botanique, sachant toutefois que ‘Smiley’ ne serait pas de la partie.

Difficile de m’étendre sur la prestation de Beautiful Badness car, comme d’habitude, c'est en retard que j’ai débarqué au Bota. Je n'ai donc pu voir que les deux derniers morceaux de leur prestation. Trop peu pour en juger. Et puis un collaborateur de Musiczine y assistait, et vous livre ses impressions .

Malheureusement pour Birdpen, c'est devant une assemblée clairsemée qu'il entame son spectacle. Après une intro enivrante, il embraie par « Like a mountain », un titre plus pop. Lors de l’excellent troisième titre « Safety », la voix de tête et la guitare puissante de Dave Penney rappellent les envolées de Six by Seven.

Par la suite, les morceaux s'enchaînent rapidement et malgré la grande maîtrise technique du band, on a du mal à accrocher. Composés de rythmes tribaux, avec utilisation de filtres, les titres du nouvel elpee, « In the company of imaginary friends », semblent un peu vides et manquent souvent de mélodies qui pourraient servir de fil conducteur.

Vers la fin du set, le groupe nous livre toutefois deux morceaux hypnotiques et très rock qui vont faire trembler l'Orangerie.

En rappel, le combo nous réserve deux titres. Tout d’abord une version acoustique et paisible de « Cold Blood ». Et surtout, « Only the name change », une compo qui laisse entrevoir toute la puissance et la qualité mélodique du band ; mais malheureusement un peu tard. On aurait d’ailleurs aimé vivre ce moment plus tôt et plus longtemps...

(Organisation : Botanique)

Stromae

Il fallait vraiment assister à ce spectacle…

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Remplir 3 fois de suite le Palais 12 du Heysel, c’est inouï ! Pourtant, c’est ce qu’a réalisé le plus Belge des Belges, Stromae. Près de 45 000 personnes sont venues applaudir Paul Van Hover, une véritable ‘Bête de Scène’. Et je pèse mes mots ! Ce dimanche 16 novembre, le Heysel est particulièrement peuplé. Outre le concert auquel votre serviteur assiste, les Diables Rouges affrontent le Pays de Galles au stade Roi Baudouin. Et pour corser le tout, le Salon Cocoon squatte Brussels Expo. Ce dimanche, il était donc préférable d’emprunter les transports en commun. Message bien reçu ! Il s’agit de la première fois que je me rends au Palais 12. Une salle plus grande que le Sportpaleis d'Anvers. Normalement, ma place est prévue au second rang, juste derrière la tribune des PMR. Pas un endroit idéal pour apprécier pleinement le concert. Et puis il faudra rester assis. Je projette donc de rejoindre la fosse. Un immense écran a été placé au-dessus du podium afin de permettre une vision optimale.

Je débarque vers 19h00 et rejoins mon fauteuil. La vue n’est effectivement pas idéale. Une heure plus tard, la scène commence à s’animer. Deux personnes s’agitent sur les planches. Un danseur fou et le projet de Mpula, Batida de Pedro Coquenão. Il vit au Portugal ; à Lisbonne très exactement. Baignant dans l’électronique, sa musique mêle afro-house, kuduro, benga et semba. Le ku duro, (littéralement ‘cul dur’ dans la langue de Gil Vincente) est une musique traditionnelle angolaise. C’est le groupe lisboète Buraka Som Sistema qui l’a popularisée à travers le monde. Mais mis à la sauce contemporaine, ce ku duro intègre break dance, semba (danse angolaise) électro et instrumentation africaine. D’une durée de 30 minutes, le spectacle ne manque pas d’allure, mais perso, j’aurais préféré revoir Gabriel Rios qui assurait le supporting act, lors des deux dates précédentes.

« Cheese », le premier album de Stromae, est paru le 14 juin 2010. Il recèle les singles « Alors On Danse », « Te Quiero », « House'llelujah », « Je Cours » et quelques autres... Un elpee qui s’est écoulé à plus de 200 000 exemplaires. Il est devenu disque de platine en France et triple en Belgique. Quant à « Alors on Danse », l’artiste en a vendu trois cent mille exemplaires (disque d'or et de platine dans 15 pays). Bref à l’instar des moules, des frites et de la bière, notre Paul est devenu un véritable phénomène qui fait l'unanimité partout où il passe. Ses spectacles sont sold out en moins de temps qu'il faut pour le dire…

La première fois que j’ai vu Stromae en concert, c’était le 4 mars 2011, dans une Ancienne Belgique pleine à craquer. Kid Noize figurait en première partie. Un show d'anthologie et de folie rehaussé par la présence d'Arno pour un « Putain Putain » de feu. Et rebelote un mois plus tard, toujours dans une AB pleine à craquer. Arno n'est plus de la partie. Et les surprises se font plus rares. La plupart des festivals le programment. Des spectacles réglés comme du papier à musique. Mais si on doit alors lui tirer son chapeau pour la perfection de ses shows, à la longue, une certaine forme de lassitude commence à vous envahir…

Il faudra attendre deux ans et demi avant qu’il ne publie son second long playing, « Racine Carrée ». En attendant, il aligne une suite de hits : « Papaoutai », « Formidable », « Tous les mêmes », sans oublier l’hymne officiel des Diables Rouges, « Ta fête ». Sa recette est simple : poser des mots forts sur des beat irrésistibles, en soulignant le tout par des images qui marquent les esprits. Et dès la sortie de son second essai, on se rend compte que notre petit génie parvient à fédérer le public de 5 à 84 ans. Il est humble et surtout ne se prend pas la tête. Une attitude que j’adore. Le 'Stromae' nouveau est reparti pour une nouvelle consécration. Et une volée de concerts. Il se produit un peu partout, mais je souhaitais découvrir son nouveau spectacle. D’autant que les médias colportent qu’il nous en en met la plein la vue.

Stromae a déclaré qu’il allait faire un break de 3 à 4 ans avant de graver un troisième elpee. Histoire de retrouver l'inspiration, de prendre un peu de repos, mais également pour éviter tout ‘burn out’. M’enfin, ce n’est pas pour tout de suite, puisqu’il s’est lancé dans une tournée  marathon qui passera en 2015 par la France, le Grand-duché de Luxembourg, la Suisse, la Hollande et la Belgique. Sans oublier son périple prévu outre-Atlantique, consécutif à deux concerts dispensés à New-York, deux shows au cours desquels il avait littéralement fait un tabac. Bref, Stromae a toujours voulu privilégier une vie aussi normale que possible et la qualité plutôt que la quantité.

« Raine carrée » est désormais l'album de tous les records : 2 600 000 exemplaires vendus à travers le monde, dont plus de 200 000 exemplaires rien qu'en Belgique et 36 semaines passées en tête des ventes. Et ce n’est qu’un début… Mais venons-en au concert de ce dimanche 16 novembre…

Un petit film d'animation en noir et blanc sert d’intro. Les yeux des spectateurs pétillent en le découvrant. La scène est immense et l'écran au-dessus également. Au bout de 4 minutes, la foule se lève comme un seul homme. Ou presque. Les quatre musicos sont d’attaque derrière leurs machines. Stromae est coiffé d’un chapeau melon. Il a enfilé un pantacourt et porte des chaussettes frappées de sa griffe. Le logo de « Racine carrée » est lumineux. Une belle mise en scène prépare « Ta Fête ». Paul débarque enfin sous un tonnerre d'applaudissements. Et on est parti pour 150 minutes de folie furieuse sous un déluge de lumières. Je me lève comme les personnes qui occupent les premiers rangs. Mais un grincheux râle en me signalant qu’il a payé 50 euros pour voir le show et pas mon dos. Je me rassieds, mais la vue est minimale et limitée. Heureusement le grand écran permet de compenser. Ce feu d’artifice a duré plus de 8 minutes. Magique ! Les Diables ne sont pas loin, mais cette entrée en matière fulgurante ne les a pas aidés à inscrire un but. « Bâtard » maintient la pression. Première interactivité entre Paul et son public. Stromae est chez lui. Et il sait qu’il est le chouchou du public belge. Il l’interroge pour savoir si tout va bien (la famille, les enfants, etc.) « Peace Of Violence » assure grave ! Quelques mots en espagnol préludent « Te Quiero ». L’énorme beat élecro t’invite à rejoindre le dancefloor. Stromae s'assied et demande à l’auditoire s'il peut retirer ses chaussures et pourquoi pas ses chaussettes. Il annonce la leçon '24', déclenchant des fous rires successifs. Son humour est particulier, mais terriblement efficace. Stromae enfile son veston rouge et noir. Il aborde « Tous Les Mêmes ». C'est à la fois singulier et divin. En tout cas, en ‘live’ !

Stromae se met à danser. Un exercice que lui interdit pourtant la faculté. En fait, il s’est fracturé le cinquième métatarse du pied gauche. On le traite de 'mytho' et il en redemande. Après le savoureux « Ave Cesaria », on contemple attentivement l’écran tout au long de « Sommeil », en écoutant soigneusement les paroles. Et c’est pareil pour « Quand C'est ? », une compo qui aborde le thème du cancer. Bouleversant ! Place ensuite à une brève présentation consacrée aux moules/frites. Destinée à alimenter la chanson de circonstance. « Formidable » ? Oui Paul, tu l'es. Pour « Carmen », les fringues sont passées au gris : chapeau melon, pantacourt et veste. Moment choisi pour empoigner sa cane micro. Des danseuses apparaissent sur l’écran derrière l’artiste pour « Humain à l'Eau ». Les personnages changent. Le clonage est parfait. Elles adoptent le même pas de danse que le maître de cérémonie. « Alors On Danse » ne pouvait donc que suivre. Et sert en même temps de final. En rappel, des images d’une usine à papa clonant le grand Paul défilent, avant qu’il ne débarque pour interpréter « Papaoutai ». Après un émouvant « Merci », Stromae et ses quatre musicos exécutent « Tous Les Mêmes », a capella, dans un silence de cathédrale. Magnifique !

Un jeu de scène parfait. Des artistes bluffants. Un écran géant judicieux et aux images adaptées aux lyrics. Une connexion permanente entre le public et l'artiste. Il fallait vraiment assister à ce spectacle…

(Organisation : Live nation)

 

 

Zola Jesus

Une Dark-Pop aux accents expérimentaux

C'était il y a tout juste trois ans. Zola Jesus, de son vrai nom Nika Roza Danilova, était parvenue à hypnotiser le public de la Rotonde du Botanique, grâce à une musique très sombre, gothique, ensorcelante. Aujourd'hui, l'Américaine d'origine russe revient pour présenter son nouvel opus : « Taiga ». Je dois avouer que l'écoute cette nouvelle production m'avait laissé perplexe. Elle marque un virage en direction du monde 'pop', voire 'mainstream'. Ayant déclaré à Billboard Magazine qu'elle souhaite tout simplement ‘devenir n° 1’, Zola Jesus a quitté le label alternatif Sacred Bones pour la grande maison Mute. C'est donc avec une certaine appréhension que nous rejoignons l'Orangerie.

Le concert n'est pas sold-out et la salle n’est remplie qu’aux trois-quarts. Sur l’estrade, on découvre une installation blanche qui ressemble un peu à une grande cocotte en papier.

La première partie est assurée par Black Asteroid, le projet solo de Bryan Black, la moitié de MOTOR. Sa musique évolue dans une forme de dark techno aux accents EBM. Seul aux commandes de son laptop, Black livre ses dernières créations, dont « The Engine », « Black Acid », « Grind » et « The Metal », mais sans susciter de véritable intérêt.(Voir photos ici)

Après la pause, Zola Jesus prend possession de la scène au son de « Taiga ». L'intro est très 'ambient' et on découvre le nouveau look de l'artiste : la chevelure est de couleur châtain et sa robe, ample et sombre. Elle porte de larges bracelets d'argent aux bras et son attitude est grave et solennelle. Derrière elle, un nouveau groupe l'accompagne. Il est constitué d'un batteur/percussionniste, d'un tromboniste et d'un claviériste.

La setlist réunit presque exclusivement des titres issus de « Taiga ». En live, ils gagnent en puissance et expressivité. « Dangerous Days », single qui m'avait vraiment déçu, prend ici une tout autre dimension. Les arrangements électro et les arpèges aux synthé évoquent Austra, tandis que le refrain lorgne du côté de Lykke Li. On l'a compris : Zola Jesus évolue maintenant dans la catégorie de la dark-pop, quelque part entre Lykke Li, Florence And The Machine et Lorde. Mais la Russo-américaine apporte une touche expérimentale toute personnelle. Le côté tribal est également important dans les rythmiques et la chanteuse n'hésite pas à se lancer, par moments, dans une danse primitive.

Le trombone et les cuivres procurent une touche majestueuse voire martiale à l’ensemble, dans l’esprit de Woodkid. Et quel bonheur de retrouver sur « Ego », l’aspect très expérimental du premier LP, « Conatus ». Les seuls 'anciens' titres repris en live sont « Clay Bodies » et « Sea Talk ». Mon morceau préféré de « Taiga », « Lawless » est interprété à la perfection et on est impressionnés par la maîtrise vocale de Zola Jesus qui, rappelons-le, a suivi une formation de chant lyrique.

Au fil du set, on a l’impression que le concert manque de chaleur humaine en ‘live’ ; lorsque soudain, Zola Jesus remercie le public et ajoute en souriant: ‘I love Belgium. I love all the cities I've visited here’. Pendant « Hollow », elle quitte les planches, et réapparaît dans le fond de la salle. Elle traverse la foule en chantant dans son micro sans fil et reçoit l’aide de fans pour remonter sur le podium. Le concert s’achève ensuite par « It's Not Over », un des titres les plus 'catchy' de « Taiga ».

En rappel, Zola Jesus reprend « Night », son titre le plus connu, mais dans une version retravaillée, dominée par les cuivres et les percussions synthétiques. Superbe ! Enfin tribal, « Vessel » constitue un point d'orgue du spectacle.

Même si le côté monotonique de sa voix peut s’avérer lassant, la prestation de Zola Jesus a séduit dans l’ensemble. La nouvelle direction musicale est plus 'pop' mais la chanteuse n'a pas abandonné ce qui forge son originalité : les ambiances sombres, le chant et les arrangements expérimentaux.(Voir photos )

Setlist :

01. Taiga
02. Dangerous Days
03. Dust
04. Hunger
05. Go (Blank Sea)
06. Ego
07. Clay Bodies
08.
Sea Talk
09. Lawless
10. Nail
11. Long Way Down
12. Hollow
13. It's Not Over

Encore :

14. Night
15. Vessel

(Organisation : Botanique)

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