Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de son nouvel album, « Adult Romantix », prévue pour le 22 août via son nouveau label Winspear. Cet elpee, inspiré par des textes de la période romantique comme…

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Ozark Henry connaît la musique Parker…

C'est vrai, l'attente a été terriblement longue ! « Us », son dernier album studio, date de 2017. Dans le monde éphémère de la musique pop, où les stars vont et viennent, c'est une éternité ! Mais il faut parfois savoir être patient, et en livrant « Light »,…

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Puggy

En pensant aux victimes du Bataclan…

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Puggy est en pleine campagne promo pour l’instant, en France. Il se produisait au Splendid de Lille, ce 13 novembre, salle dont il avait foulé les planches, 3 ans plus tôt. Et bien sûr, pour y défendre son quatrième opus, « Colours ». 

C’est le premier anniversaire des attentats de Paris qui ont lourdement frappé le Bataclan. On ne peut donc qu’y penser. Et les artistes n’oublieront pas de commémorer ce drame.

Le concert est sold out. A l’entrée, la file est longue d'une cinquantaine de mètres. 

La capacité du Splendid est estimée à 900 âmes. Cet ancien cinéma reconverti en salle de concert est vétuste ; mais elle a son charme. Pas facile de se faufiler jusqu'aux premiers rangs. Tant pis, votre serviteur décide de s’installer à hauteur de la table de mixage.

Le supporting act est assuré par Faon Faon (NDR : voir présentation et review concert accordé au Brass de Forest, ici.

19h00 précises, les lumières s'éteignent. Les deux filles débarquent de l’arrière de la scène. Elles portent sur la tête une coiffe blanche à franges en papier. Une bande enregistrée déclamatoire est diffusée dans les haut-parleurs. Il s’agit de ‘faontro’ », un enchaînement de différents jeux de mots et calembours, au cours duquel, l'expression 'Faon' est mise à toutes les sauces. Passé cette intro, elles déposent ces couvre-chefs sur un support. Fanny s’installe derrière son synthé, et Olympia, ses percus. Les clochettes résonnent. Olympia frappe sur ses percussions électroniques à l’aide de ses baguettes. Elles entament à deux voix « Fsld (Faon Sous La Douche) ». « Mariel » déboule, une ritournelle dansante qui vous invite lentement à investir le dancefloor. Les dominos et les jouets sont rangés. La tendre enfance est loin. Ne va pas trop vite ! On repart vers l'« Utopie », sans « Gravité ». Pour un petit voyage dans les fjords norvégiens, à la rencontre d’un « Eskimo », perdu sur un  îlot qui mange des grumeaux d'igloo. Conclusion, on a froid aux dents, mal au ventre et froid au coeur. Et cette french electro/pop rafraîchissante semble plaire à l’auditoire. Gravissons la « Montagne » par paliers,  jusqu'à 8 000 mètres. Le duo invite le public de reprendre le refrain. Une petite répétition est organisée. Olympia empoigne son ukulélé magique et Fanny le micro. Et le résultat est plutôt réussi, d’autant plus que le public accepte l’exercice choral avec enthousiasme. L’interaction est parfaite. Fanny pousse sa voix dans les octaves. « Mariage » clôt la prestation. C’est le morceau le plus délirant du concert. Il parle de blanc qu'elles n'aiment pas, de bistouquette et d'amour sans condition…

La scène n'est pas bien grande. Ziggy s’installe à droite. Armé de sa belle gratte (de couleur brune) électrique –parfois d’une semi-acoustique– Matthew se plante devant et au milieu. Romain, le plus agité, a opté pour le côté gauche. Le trio est soutenu par le claviériste/pianiste Matthieu Vandenabeele qui remplace John Janssens, depuis le début de la tournée consacrée au dernier elpee, « Colours ».

A l’issue d’une intro préenregistrée, le band monte sur l’estrade et attaque le dansant « Fight Like You'Re Fighting ». Matthew salue Lille. Il est vêtu d’un costume de couleur bordeaux. De teinte verte pour Ziggy et bleue pour Romain. Pas de chemise blanche, ni de cravate. « Feel So Low » et « Soul », sont davantage funky. Matt évoque le souvenir des attentats, de ses victimes, et remercie le public et les professionnels, pour avoir permis au monde de la musique, de continuer à vibrer pour des concerts. Après « Last Day on Earth (Something Small) », la température monte d’un cran. Mr Irons signale que c'est la première fois, lors de ce périple, que la formation va interpréter en ‘live’ « Gods Could Give », un morceau imprimé sur un mid tempo. Et le résultat est concluant. Puggy se permet même d’improviser sur les anciennes compos. De quoi leur communiquer une nouvelle jeunesse (« Goddess Gladys », « How I Needed You », « Something You Might Like » et « When You Know », titre qui achève le set). Ainsi le claviériste s’autorise quelques parenthèses jazzyfiantes. Quant aux hits, ils sont repris en chœur par l’auditoire, à l'unisson.

Le terrifiant « Territory » n’a donc pas été choisi pour clore le show, mais bien pour entamer le rappel. De quoi mettre tout le monde d’accord. Avant d’attaquer « You Call Me Up », Matt invite la foule à participer aux vocaux. Il la divise en trois parties, pour créer une polyphonie vocale, aux intonations différentes. Un chouette moment !

Puggy se produira à Forest National ce 9 décembre et à l’Olympia de Paris, le 31 janvier 2017.  

Setlist : Intro, « Fight Like You'Re Fighting », « Feel So Low », « Soul », « Last Day on Earth (Something Small) », « This Time », « Lonely Town », « Gods Could Give », « Goddess Gladys », « Ready Or Not », « How I Needed You », « Change The Colours », « To Win The World », « Something You Might Like », « Goes Like This », « When You Know »

Rappel : « Territory », « I Do », « You Call Me »

(Organisation : A Gauche De La Lune)

Bring Me The Horizon

Une véritable machine de guerre !

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Nous sommes la veille du premier anniversaire de ce funeste vendredi 13 novembre. Un an déjà que Paris et son Bataclan ont été victimes des attentats. La sécurité est maximale. Une certaine tension est palpable dans la foule, avant de pénétrer dans Forest National. Faut dire qu’il y a du monde à l’entrée. Qui ne sera autorisée qu’après deux fouilles. Ce soir, Bring Me The Horizon est tête d'affiche. Basement et Whiles She Sleeps assurant les supporting acts.

Andrew Fisher constitue la véritable colonne vertébrale de Basement. Originaire d’Ipswich, il est né en 2009. Sa musique est le fruit d’un mélange entre post hardcore, punk et grunge. Il s’était séparé en 2012, avant de reprendre l’aventure deux ans plus tard. Son dernier LP est paru en 2016. Il s’intitule « Promise Everything ». Et c’est surtout ce titre maître qui va se révéler le plus intéressant. C’est également le moment choisi par les deux gratteurs pour se mettre en évidence. A revoir lors d’un set plus conséquent.

Setlist : « Whole », « Aquasun », « Bad Apple », « Spoiled », « For You The Moon », « Earl Grey  », « Brother's Keeper», « Promise Everything », « Covet »

Formé en 2006, While She Sleeps nous vient de Sheffield. Il réunit le chanteur Lawrence Taylor, le bassiste Aaran McKenzie, le drummer Adam Savage ainsi que les guitaristes Sean Long et Mat Welsh. En 2012, le quintet avait été élu meilleur nouveau groupe britannique, lors de la remise des ‘Kerrang Awards’. Il s’était déjà produit à deux reprises à l’Ancienne Belgique. Et il avait séduit par son énergie débordante.

Le podium est pris d’assaut par les 5 gars. Hormis le drummer –difficile quand même dans ce rôle– tous les musicos bondissent comme des kangourous sur les planches. Le combo propose un majorité de plages issues de son dernier opus, gravé en 2015, « Brainwashed ». Quoique brute de décoffrage, la musique est particulièrement mélodieuse. Les deux gratteurs s’en donnent à cœur joie. Exhibant une chevelure abondante, le chanteur est un excellent showman. Il incite la foule à se rapprocher de l’estrade, s’écarter ou pogoter. Plus trop un exercice dans les cordes de votre serviteur. Il préfère assister au spectacle, depuis les gradins… WSS joue parfaitement son rôle d’entertainer. Malheureusement, les balances sont mal réglées. Et on n’entend pas trop bien les paroles du vocaliste…

 Setlist : « Brainwashed », « This Is The Six », « Our Courage, Our Cancer », « Civil Isolation », « Trophies Of Violence », « New World Torture », « Seven Hills », « Crows », « Four Walls ».

Bring Me The Horizon (BMTH) est une formation insulaire (NDR : également issue de Sheffield) fondée en 2004. Depuis, sa musique est en évolution constante. A l’origine deathcore, elle est passée par le metalcore avant d’embrasser un rock plus alternatif, généreusement nourri à l’électronique, à la limite du popcore. Et son dernier opus, « That's the Spirit », paru l’an dernier, en est certainement la plus belle illustration.   

Une estrade en trois créneaux est disposée, en arrière-plan tout en largueur, et devant un immense écran, sur lequel seront projetés des slogans, des textes de chansons, des mandalas animés, une mosaïque TV ou le film des musicos en action. D’une hauteur de 4 bons mètres, les deux cubes extérieurs sont destinés au drummer Matt Nicholls (à droite) et au claviériste/percussionniste/vocaliste Jordan Fish (à gauche). Sur le parallélépipède central, réduit à plus ou moins trois mètres de hauteur, les trois gratteurs se relaient régulièrement au milieu des imposants projecteurs. Soit le bassiste Matt Kean, le soliste Lee Malia ou le rythmique, John Jones. Ou alors coudoient le chanteur Olivier Sykes, sur le plancher des vaches. Et cette gigantesque structure sert également de support aux haut-parleurs ainsi qu’au light show qu’on pourrait qualifier d’explosif. Impossible de résister plus d’une heure, à ce régime, sans avoir les neurones en compote et les yeux explosés. C’est de la démesure ! Du gigantisme !

Dès « Happy Song », c’est le bordel dans la fosse. Tous les stroboscopes fonctionnent au-dessus de l'écran géant et devant l'estrade. L’ombre lumineuse du batteur apparaît au fil de ses frappes. Des canons à confettis et des serpentins multicolores sont balancés au-dessus de la foule en délire. Il y a trop de monde dans la fosse, et le service de sécurité tente d’y empêcher l’accès. Mais les spectateurs passent par les balcons et enjambent les barrières pour la rejoindre, engorgeant encore davantage le parterre…

La voix d’Oli passe correctement la rampe. Mais, outre les chœurs, c’est Jordan qui le supplée, lorsqu’il ne peut pas (ou plus) assurer son rôle. Quoique puissante, écrasante et truffée de breadowns, la musique reste mélodieuse. Surtout les refrains. Quasiment pop. Les tubes se succèdent. Fish se charge des beats électro. Et ils sont bien calibrés. Toutes les demandes formulées par Oli au public sont exécutées : fucks, hands up, jumps et circle pits. Il est partout, sur les planches ou les estrades.

Des anneaux blancs sont projetés sur l’immense écran, avant « Shadow Moses », le titre le plus attendu par l’auditoire. Oli tourne sur lui-même. Des machines à fumée crachent leurs vapeurs. On n’y voit plus rien. Les guitares frémissent et la foule –y compris celle des gradins– reprend le refrain en chœur.

« Chelsea Smile » (« Suicide Season ») opère un retour au metalcore. De quoi satisfaire les fans de la première heure. Plus paisible, « The Best Is Yet To Come » est enrichi de choeurs d'enfants samplés et de beats electro.

Et en fin de parcours BMTH balance ses « Can You Feel My Heart » et « Antivist », avant d’achever le show par « Throne  ».

En rappel, « True Friends » donnera une nouvelle occasion à l’auditoire de reprendre le refrain à l’unisson. La formation anglaise a manifestement ravi son auditoire, constitué d’une majorité d’aficionados. Musicalement, mais surtout visuellement, il faut reconnaître que le show était impressionnant. Une véritable machine de guerre !

Setlist : « Happy Song », « Go To Hell, For Heaven's Sake », « The House Of Wolves », « Avalanche », « The Best Is Yet To Come », « Aoife Ni Fhearraigh song », « Shadow Moses », « Chelsea Smile », « Follow You », « Sleepwalking », « Doomed », « Can You Feel My Heart », « Antivist », « Throne  »

Rappel :  « True Friends », « Oh No », « Drown »

(Organisation : Live Nation)

 

 

 

 

Preoccupations

Un climat malsain, mais dans le bon sens du terme…

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La fraîcheur qui enveloppait les alentours du Botanique servait de décor idéal pour accueillir la formation canadienne, Preoccupations. Si ce nom ne vous dit rien, il en va sans doute autrement de Viet Cong. En fait, il avait été contraint de changer de patronyme, suite à des pressions extérieures, La bande à Matt Flegel était donc venue défendre son deuxième opus, ce samedi 15 novembre, dans la salle bruxelloise. Compte-rendu !

Joyfultalk assure le supporting act. Pas vraiment folichon. On décide alors de quitter la salle pour aller admirer le magnifique Jardin du Botanique. Trois des quatre musicos de Preoccupations nous rejoignent alors. On en profite pour déguster une bière, ensemble, avant le concert. Ces gars sont vraiment sympas !

Cinq minutes avant le début de leur représentation, ils prennent congé de leurs interlocuteurs et partent préparer leur set qu’ils vont accorder dans l’Orangerie. A 21 heures, le quatuor monte sur l’estrade. Et il entame son show par « Anxiety ». Issue du nouvel opus, cette plage est bien plus sombre que les compos qui figuraient sur l’opus de Viet Cong. Elle nage toujours dans le post punk ; mais la voix particulièrement rauque de Flegel est davantage mise en avant. Le climat est quelque peu malsain, mais dans le bon sens du terme. Oui, c’est possible…

Le deuxième titre, « Silhouettes » est un titre-phare issu du précédent LP. Mais le tempo est bien plus rapide que sur celui imprimé sur le morceau d’ouverture : et la foule commence à remuer en reprenant en chœur les ‘Ahou oh ouh oh’ qui parsèment le refrain. Un public qui n’a pas rempli totalement la salle, puisque à vue de nez, elle doit comptabiliser entre 3 et 400 âmes…

Les natifs d’Alberta alternent titres du premier et du second long playing, avant d’atteindre le pic du spectacle ; en l’occurrence « Memory ». Suivant un schéma régulièrement imaginé par les musicos, le morceau est découpé en trois parties. Le départ est paisible, la suite est intrigante et le final captivant. Flegel nous y invite à ‘Erasing your memory’, comme pour faire une croix définitive sur Viet Cong.

C’est un rôle dont on ne parle pas assez souvent, mais celui du batteur est vraiment important. C’est lui qui balise le rythme sur toutes les compos. Et sans exception. En outre, et tout particulièrement dans l’univers du post punk, la qualité du drumming est primordiale.

A l’issue de « Death », le band tire sa révérence. Un titre quand même exceptionnel. La version studio est longue, mais en live, elle dépasse les 20 minutes. Elle est également découpée en trois volets, chacun d’entre eux pourraient d’ailleurs être appréhendés en morceaux distincts. Un véritable régal !

Pas de rappel. C’est dans la norme. Et puis, bien dans l’esprit du post punk. Preoccupations a donc accordé une prestation d’une heure. Mais elle a été époustouflante. Malgré son changement de patronyme, il n’a rien perdu de ses aptitudes. Ancien et nouveau répertoire se complètent parfaitement. En outre, les musiciens sont éminemment sympathiques. Non seulement on avait pu tailler une bavette en leur compagnie avant le spectacle, mais à l’issue de celui-ci on a retrouvé Matt pour une longue conversation au cours de laquelle nous avons parlé de musique, mais pas seulement. Vivement leur retour en Belgique ; et selon les renseignements recueillis, on pourrait les revoir lors des festivals estivaux, l’an prochain…  

(Organisation : Botanique)

Kadavar

Kadavar exquis…

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A premier abord, l’affiche peut sembler improbable. Elle renseigne la présence d’un groupe slovène et un autre allemand. Mais où est-on allé chercher ces formations de hard rock pour se produire à Tourcoing ? Simplement là où beaucoup d’artistes puisent leur inspiration, et depuis de nombreuses années. Soit au sein des fabuleux albums de Black Sabbath et Deep Purple ; et même en allant puiser chez le Led Zeppelin, où se confondent encore les genres et les influences.

Le premier band répond au patronyme de Stray Train. Y militent cinq hommes dont l’âge oscille entre la trentaine et la quarantaine. Ils balancent du rock’n’roll. Mais le timbre vocal du chanteur est léger. A première écoute, c’est plutôt surprenant. Et la surprise vient autant de l’inconnu que du matériel utilisé sur scène. D’abord à cause de la conjugaison entre les deux guitares, opérée entre une ‘Gibson Custom’ –branchée sur un ampli de marque obscure, elle est responsable d’un son particulier– et la Fender Stratocaster, câblée sur un Marshall. Puis de l’impact apporté par le drummer, dont les interventions sont tellement précises qu’elles en deviennent fascinantes. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que le solo de Jimmy Page, pendant « Whole Lotta Love », a été exécuté sur Fender. Mais qui donc a dit que le rock était essentiellement sous l’emprise de la Gibson ?

Là où l’on attend une déferlante susceptible de faire remuer les corps et hocher les têtes, on assiste à une performance magnifiquement réglée, techniquement imparable, mais qui souffre d’un excès de calme. Ne nous méprenons pas, le show est au rendez-vous. Tatoués, les types ont une dégaine certaine. Les mains glissent sur le manche avec une aisance stupéfiante pour libérer des riffs rageurs. On a la nette impression que les musicos veulent étaler tout leur brio. Une sensation accentuée par la cover du « Pressure On Time » de Rival Sons. Bien réalisée, la version confirme la parfaite maîtrise des musiciens. La première partie a donc bien répondu aux attentes du public ; une mise en bouche qui dresse parfaitement le décor pour le combo suivant : Kadavar.

Kadavar réunit trois types, dont le look aurait pu naître d’un croisement entre des Vikings et les membres de ZZ Top. Trois gars qui ont de la présence sur les planches. En témoigne, le monde qui a rappliqué dans la salle, dès la fin du supporting act. L’atmosphère est instantanément lourde. La tension monte alors que la musique se meut en bourdonnement sourd et perturbant. Le groupe se prépare. Les balances sont presque terminées. Il ne reste plus qu’à attendre. Les écoutes préliminaires n’ont pas révélé grand-chose. C’est en véritable néophyte qu’il faudra partir à la découverte du trio. Et là, on va prendre une fameuse claque. On aura ainsi droit à un set flairant bon les seventies. Alimentés par des solos de gratte, bien soutenus par la ligne de basse et bien entretenus par les drums, les morceaux s’étalent sur plus de cinq minutes. Les riffs paraissent simples mais ils sont si bien enchaînés que le résultat est bluffant. Hochant la tête tous les trois en rythme, les musicos donnent envie à l’ensemble de l’auditoire de s’époumoner et de danser. Et pourtant, quoique caricatural, ce hard rock a beau se déchaîner et libérer toute sa rage, il est toujours juste. La voix est peu présente et, le plus souvent, elle épouse les sonorités de gratte, pour mieux épauler les interventions du soliste. Enfin, en constatant que le bassiste s’est confiné dans un coin du podium, on pourrait penser que son rôle est plus qu’effacé. Mais rapidement, on se rend compte qu’il est indispensable. Il sert même de fil conducteur. Quant au batteur, installé au centre et à l’avant de l’estrade, il fait penser à un homme-orchestre au bord du délire. Puissant, inépuisable, son drumming est tout bonnement phénoménal… Et on n’est pas au bout de nos surprises ; car en rappel, le band ne va pas nous réserver un morceau, mais trois, dont en finale une reprise du célèbre « Helter Skelter » des Beatles, comme un écho au morceau le plus rock du groupe pop/rock britannique.

(Organisation : Le Grand Mix)

 

 

Okkervil River

L’émotion à son paroxysme…

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Fondé en 1998, Okkervil River est considéré comme un des meilleurs représentants de la scène folk yankee contemporaine. Et pour cause, au fil du temps, sa musique a constamment évoluée. Sa discographie est conséquente. Elle compte 8 elpees et de nombreux Eps. Sans oublier les diverses collaborations auxquelles Will Sheff, le leader a participé. On rappellera quand même, qu’à l’origine, Jonathan Meiburg militait au sein du combo. Puis il a décidé de monter son propre projet, Sherawater.

S’il faut bien avouer, que les précédents opus ne sont pas exceptionnels, le dernier en date, intitulé « Away », est vraiment excellent. Faut dire que Will a renouvelé le line up de son band, presque dans son intégralité. On était donc curieux de connaître le résultat, sur les planches. Et la Rotonde semblait vraiment l’endroit idéal pour juger, s’il avait fait le bon choix.

Lors de sa tournée, Okkervil River a choisi pour supporting act, un jeune londonien, Lookman Adekunde Salami, aka L.A Salami. Il vient de graver un premier LP, baptisé « Dancing with Bad Grammar ». En général, les premières parties son rarement passionnantes et incitent plutôt le mélomane à s’attarder au bar, en taillant une bavette en compagnie de ses potes. Bon, bien sûr, il y a des exceptions. Et bien L.A Salami en est une. D’ailleurs, tout au long de sa prestation, l’hémicycle ne va jamais désemplir, le folk singer, armé d’une sèche et d’un harmonica, nous réservant un set d’une demi-heure particulièrement inspiré…

A 21h, les lumières de la Rotonde s’éteignent. Will Sheff grimpe sur l’estrade. Il est suivi de ses musiciens. Une demoiselle s’installe derrière son clavier, à droite, tandis que le guitariste et le contrebassiste optent pour la gauche. En arrière plan, siège le drummer. Le décor est adapté à la saison. Un paysage automnal est projeté sur une toile, sur laquelle on a accroché quelques feuilles d’arbre. Bucolique !

Le set s’ouvre par plusieurs titres issus du dernier opus, l’excellent « Okkervil River R.I.P ». Le son est excellent. Les balances sont impeccables. La voix de Sheff est vraiment bouleversante. Les musicos sont excellents, à l’instar du guitariste qui va nous réserver, tout au long du show, de superbes solos. Outre son répertoire récent, Okkervil River va puiser dans sa discographie antérieure. Ce qui nous vaudra de splendides –et surprenantes– versions de « Or Life is not a movie, or maybe », « For Real » ou encore d’« Unless It Kicks ». Entre les morceaux, Will échange quelques mots avec l’auditoire. Il nous rappelle qu’en 2008, il avait vécu un gros stress, sur le ferry, qui le conduisait de l’Angleterre à la France, alors qu’il suivait les résultats des élections aux States, opposant Obama à McCain. Une situation qu’il avoue revivre ce soir (NDR : son réveil a dû être difficile, quand il a appris que Trump avait été élu).

Vers 22h15, la formation vide les lieux. Quelques minutes plus tard, un spot éclaire Will Sheff. Il est derrière le public, seul armé de sa sèche. Le Texan attaque alors « The War Criminal Rises and Speaks ». L’auditoire est littéralement subjugué. Alors que le morceau entame un long crescendo, le musicos reviennent sur le podium pour lui emboîter le pas. A cet instant, un frisson vous parcourt l’échine. Rarement un concert n’a d’ailleurs été autant chargé d’émotion. Un set hors normes. Finalement, en ce sombre 8 novembre, on aura quand même vécu quelque chose de positif…

(Organisation : Botanique)

Red Hot Chili Peppers

Comme à la piste des étoiles…

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Le premier concert du Red Hot Chili Peppers, auquel votre serviteur a assisté, c’était le 17 février 1988. A l'Ancienne Belgique de Bruxelles. Malgré la température extérieure, le set était particulièrement torride, les musicos achevant leur prestation en tenue d’Adam, leur sexe emballé dans une chaussette de laine. Depuis beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, et les derniers albums de la formation californienne ont souvent fait plus que pâle figure ; à l’instar du dernier, « The Getway », paru en juin dernier. Ce qui n’empêche pas le Sportpaleis d’être sold out, pour accueillir le quatuor, 28 ans plus tard. De quoi vérifier si l’énergie libérée en live, à ses débuts, est toujours aussi intense…

Deerhoof assure le supporting act. Issu de San Francisco, il réunit la chanteuse/bassiste Satomi Matsuzaki, le drummer Greg Aunier ainsi que les guitaristes John Dieterich et Ed Rodriguez. Dans le cadre de l’édition 2014 des Nuits Botanique, il s’était investi dans le Congotronics Vs Rockers, en compagnie de musiciens congolais, américains et européens. « The magic », son seizième opus, est également paru en juin dernier. Et inévitablement, le quartet va y puiser allègrement. Avant-gardiste, sa musique oscille entre noise, pop, punk, rock, jazz et prog. Si la voix de Satomi est aussi cristalline que particulière, ce soir, elle n’est pas très distincte. Problème de mixing ? Probable ! Pourtant, quoique de petite taille, inlassablement, elle s’éclate en gigotant sur le podium. Pendant tout ce temps les deux gratteurs multiplient les impros ; et ils pourraient déraper dans le n’importe quoi, s’il n’y avait la section rythmique, et tout particulièrement le drumming de Greg, à la fois impressionnant et fédérateur. A revoir dans de meilleurs conditions…

A 21h30, les lumières s’éteignent. Flea monte d’abord sur le podium. Ses fringues sont plutôt bigarrées. On lui apporte sa basse. Il est suivi par le drummer, coiffé d’une casquette à l’envers. Il se dirige immédiatement derrière ses fûts, installés sur une estrade. Josh Klinghoffer, le gratteur, porte un ‘baggy trouser’ large voire bouffant. Et le trio ouvre le show par une jam de plus ou moins 5 minutes. Flea et Josh entrent en duel, à l’aide de leurs instruments. Flea frappe vigoureusement ses cordes à l’aide de ses doigts, via sa célèbre technique du tapping. Le chanteur, Anthony Kiedis, débarque enfin. Il ressemble à un jeune premier : bermuda, tee-shirt et casquette de couleur noire, il a enfilé un caleçon long qui laisse apparaître des tatouages qui doivent remonter jusqu’en haut de ses jambes. Il sautille ou bondit sur les planches. Il me fait penser à un bonobo. Le combo est soutenu par deux musiciens de tournée, un percussionniste et un claviériste.

Le light show est impressionnant. Celui placé en arrière-plan est plutôt agressif. Constitué de 2 à 300 tubes led, un autre surplombe un bon tiers de la fosse et il va onduler en vagues successives, au-dessus des spectateurs, suivant les morceaux. Des images, des vidéos, mais également les prises de vue du concert –parfois en gros plan– sont projetés sur quatre immenses panneaux.

Anthony remercie régulièrement la foule. Il s’exprime dans un excellent français, alors que nous sommes… à Anvers. Outre celles du dernier elpee, Red Hot Chili Peppers va privilégier les plages de « Stadium Arcadium » et « Californication ». Mais également les tubes. Dont « Under The Bridge », l’inévitable « Californication » et l'explosif «  By The Way », morceau qui achève le concert. Sans oublier la cover du « Cosmic Dancer » de T. Rex. Et c’est Josh qui amorce ce  morceau à l’aide de sa six cordes. En live, Josh remplace dignement John Frusciante. Ses interventions sont précises mais généreuses. Des intros en jam amorcent pratiquement chaque hit. Lors de ses solos, Chad en profite –en fin de parcours– pour balancer ses baguettes dans la foule. Klinghoffer va également se réserver le micro à quelques reprises. Et limpide, sa voix passe bien la rampe. Chaque musicien aura droit à son solo. Une autre cover : « If It Be Your Will ». La compo est signée Léonard Cohen. Et elle est particulièrement léchée. Tout en adoptant une démarche mi-canard, mi-primate, Antony crache, d’un air vengeur, littéralement ses mots. Bluffant !

Lors du rappel, Josh va s’attaquer à « My Death ». Au chant et à la gratte. Il s’agit d’une adaptation de « La Mort » de Jacques Brel.

Flea revient sur le podium. Et son retour, il le célèbre en faisant le poirier. Ce type est incroyable. On se croirait à la piste des étoiles. Quant au final il sera tout bonnement monstrueux. Et comment aurait-il pu être autrement, puisqu’il s’agit de l’incontournable « Give It Away ».

Setlist : « Intro Jam », « Around The World », « Dani California », « Scar Tissue », « Dark Necessities », « Cosmic Dancer », « Did I Let You Know », « Go Robot », « Cosmic Dancer, Right On Time », « Feasting On The Flowers », « Aeroplane », « Detroit », « Californication », « Goodbye Angels », « If It Be Your Will », « Under The Bridge », « By The Way ».

Rappel : « My Death », « Dreams Of A Samurai », « Give It Away ».

(Organisation : Live Nation)

Va à La Plage

Une invitation à se rendre au littoral ? Oui, mais alors à Ostende…

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C’est la deuxième fois que votre serviteur se rend au Zik Zak, au cours de la même semaine. A l’affiche ce soir, Va à La Plage. Fondé en 2013, ce quatuor bruxellois est drivé par l’auteur/chanteur Julien Coene. Si les textes poétiques et imagés sont exprimés dans la langue de Molière, la musique lorgne plutôt vers la pop, une pop décomplexée qui se singularise par ses cordes de guitares épiques et ses chœurs languissants. Deux vidéos du groupe cartonnent, pour l’instant, sur Youtube : « Louise » et « La Nuit ». Une bonne raison pour aller vérifier ce que le combo a dans le ventre…

Le supporting act est assuré par Le Prisonnier. Une référence à la célèbre série, mettant en scène Patrick McGoohan, qui a marqué les sixties ? A vérifier ! Toujours est-il que le combo réunit le guitariste/chanteur Joey Carl, le bassiste Mathieu Volont et le drummer Arnaud Luyckfasseel. Les morceaux proposés sont courts, rapides et rageurs. Le band puise plus que probablement ses influences chez Téléphone, Noir Désir, Deportivo, Nirvana et White Stripes. Tout un programme ! Mais les compos servent surtout à véhiculer des messages engagés. Et dans la langue de Voltaire. La thématique ? Au cours de notre existence, nous sommes tous quelque part prisonnier de l’argent ou du boulot, au détriment de nos passions, de nos désirs personnels. Dès qu’on accepté ce choix, la porte se referme sur notre liberté. A méditer !   

« Si Tu Me Veux » ouvre le set. La gratte est mordante et les percus sont incendiaires. Inévitablement on ne peut s’empêcher de penser à Bertrand Cantat. « Tout Le Reste » traduit le désir d’un homme pour une femme. Il retourne sa veste, pour une simple étincelle (‘Pour un soir avec elle, on brûlera tout le reste’). Le chanteur vocifère ses mots, pour exprimer les « Instincts Primaires »…

Setlist : « Si Tu Me Veux », « La Race Humaine », « N'Hesite Pas », « Bang Bang », « Plus Rien », « Pour Que Tu Comprennes », « Potentialité », « Vietnam », « Te voilà », « Des Gens étranges », « Trop », « Monde  Merveilleux », « Faisons Comme Si », « Tout Le Reste », « Mon Innocence », « Instincts Primaires »

Le line up de Va à La Plage réunit le gratteur François Willemaers, le bassiste Benoît Vrelust et le drummer Gilles Arbeau. Sans oublier, bien sûr, Julien Coene, préposé au chant et à la guitare. 

« Question De Chance » ouvre le bal. L’instrumentation est riche, le rythme subtilement funky. Et la compo prend littéralement son envol, lorsque les claviers entrent dans la danse…

Spasmodique, « Marion » lorgne vers un BB Brunes devenu adulte. Un morceau taillé pour le dancefloor. « Le Chemin », c’est celui d’une vie tracée par une petite promenade en forêt. « Adieu Mademoiselle », nonobstant l’absence du violon, et « Alaska » sont deux titres mélancoliques.

Pour amorcer « Place des Corps Saints », la voix emprunte un ton déclamatoire, aux accents ‘gainsbourgeois’. La setlist n’oublie bien évidemment pas les inévitables « Louise » et « La nuit ». Plutôt funkysant, le premier est manifestement sculpté pour les dancefloors. Le deuxième, devenu depuis un tube, est plus pop, nonobstant ses nuances légèrement psychédéliques. Et le set de s’achever par le dansant « 2012 ».

Du set épinglera aussi une cover surprenante et accrocheuse d’Arno Hintjens : « Les yeux De Ma Mère ». Et pour cause, elle a été mijotée à la sauce électro/pop. Une invitation à se rendre au littoral ? Oui, mais alors à Ostende…

Setlist : « Question De Chance », « Marion  », « Le Chemin », « Adieu Mademoiselle », « Alaska », « Place des Corps Saints », « Le grand Voyageur », « Les yeux De Ma Mère », « Louise », « SOS », « Heureux Présage », « Le Vide », « Enfance », « La Nuit  », « La Belle Etoile », « 2012 »

(Organisation : Zik Zak)

Badbadnotgood

Plus good good que bad…

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Ce jeudi 3 novembre, Badbadnotgood se produit à l’Ancienne Belgique. Nonobstant son style musical, pas vraiment accessible, le groupe torontois a attiré la grande foule. C’est même sold out. Etonnant ! Maintenant, il est exact que depuis 2010, la progression du quatuor est constante. Elle ne souffre même d’aucun accident de parcours. En outre, le band canadien jouit d’une solide réputation en ‘live’. Et enfin, son dernier album, « IV » est vraiment excellent, une œuvre qui, outre ses morceaux instrumentaux, bénéficie du concours d’excellents featurings ; à l’instar du saxophoniste Colin Stetson, du chanteur Sam Herring (Futur Islands), du rappeur Mick Jenkins ou encore de la vocaliste Charlotte Day Wilson. On était donc impatient de découvrir comment les Canadiens allaient parvenir à retranscrire ce concept sur les planches.  

Le concert débute à 21 heures pile. A droite du podium, se plantent le bassiste Chester Hansen et le saxophoniste Leland Whitty. Et à gauche, le claviériste, Mathhew Tavares. Alexander Sowinski siège, derrière ses fûts, au centre.

Pendant une heure et demie, les quatre jeunes musiciens vont en mettre plein les oreilles au public, puisant leurs titres au sein de l’ensemble de leur discographie. Ce qui a manifestement plu aux amateurs de jazz. Chacun leur tour, les musicos vont démontrer leur aisance sur leur instrument. Le set est truffé de solos de basse, batterie, sax et batterie. Il y en aura pour tous les goûts. Mais heureusement, le show ne s’est pas limité à une succession de démonstrations gratuites. Pas du tout. Et pour cause, Badbadnotgood nous a réservé également des parties mélodiques, émouvantes, parfois même, entraînantes. Ainsi, derrière ses fûts, Alexander Sowinski galvanise l’auditoire, qui n’a pourtant guère besoin de stimuli pour s’éclater.

La réputation live n’était donc pas usurpée ! Ce type de groupe jazz à la technique irréprochable, capable de soigner l’aspect mélodique tout en communiquant autant avec son public, ne court pas les rues. C’est une certitude. Une chose est sûre, la formule fonctionne à la perfection. Et on comprend ainsi mieux l’engouement suscité par ce spectacle.

Pomrad assurait le supporting act, un groupe anversois –de jazz, of course– qui est parvenu à tirer son épingle du jeu. Un choix judicieux donc…

(Organisation : Botanique)

 

Faon Faon

Signé Cat’s eyes…

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Le Brass est situé dans l'ancien bâtiment de production électrique et de brassage des brasseries Wielemans-Ceuppens. Le bar est sympa, la salle conviviale et le son excellent. Pas de gros problèmes de parking pour y accéder. Ce soir, s’y produisent Goodbye Moscow et Faon Faon dont c’est la ‘release party’ de son premier Ep, financé par une plate-forme de crowdfunding. Les réseaux sociaux se sont chargés de la promo. Autre temps, autre mœurs…

Faon Faon s’était produit dans le cadre du festival LaSemo, en 2015. C’est à cette occasion que votre serviteur avait découvert le duo féminin. Réunissant la mannequin Olympia Boule et la styliste et Fanny Van Hamme. Elles sont également lauréates du concours ‘Du F. dans le texte’. Et chantent donc dans la langue de Molière. Fanny a acquis une certaine expérience en participant à l’aventure d’un groupe de rap, mais aussi en chantant dans une chorale. Olympia est branchée sur les musiques africaines et asiatiques. Mais également sur les traditions orales qui se jouent à l'oreille. Elle a également milité chez Cargo Culte. Qui à l’époque, s’était autorisé une cover plutôt réussie du « Chercher Le Garçon » de Taxi Girl.

Goodbye Moscow assure donc le supporting act. Il s’agit du projet de Benjamin Hutter. Né en Russie, il a grandi à Bruxelles. Il a publié un Ep 5 titres, en 2015, « De rêves inachevés ».

Sur l’estrade il est seul aux commandes et se charge des claviers de la gratte et des samples. Dépouillé, le décor se limite à des lampadaires, des lampes vintages, de vieilles TV et une photo de cosmonaute (Youri Gagarine ?) Il pose le doigt sur une machine, et la musique s’écoule. Elle est pop, mais découpée dans les beats électro. L'« Horizon » défile devant nous. La voix de l’artiste est éthérée. Devant ses claviers, ses mains ondulent. Manifestement, il maîtrise son sujet. Passionné par les étoiles et la conquête spatiale, ce doux rêveur nous entraîne progressivement dans sa galaxie. Mais pas facile d’y entrer. Il faut attendre qu’il empoigne sa gratte pour y parvenir. Et là on accroche. On tombe même sous le charme de cette musique. Pourtant, elle est torturée, un peu à la manière d’Etienne Daho. Enfin, surtout ses textes, exprimés en français…

En vieux français, ‘feün’ signifie ‘petit animal’. Un cervidé à deux têtes. Les donzelles débarquent par le côté droit de la scène et viennent se mêler à la foule. Les lumières sont éteintes. Olympia, armée d’un ukulélé, Fanny, d’un tambourin à cymbalette, la suit.

Les interjections et les applaudissements fusent de toutes parts. Les filles remontent sur l’estrade, sous les feux des projecteurs. Multicolores. Fanny se consacre alors aux synthétiseurs et Olympia, aux percussions et toujours au ukulélé. « FSLD (Faon Sous la Douche) » ouvre le set. Clochettes et harmonies à deux voix sont un véritable enchantement. Campant une sorte d’hybride entre pop, electro et hip hop, les titres défilent. Dont « Eskimo », celui qui squatte les ondes radiophoniques. L’ambiance monte d’un cran. Pour éviter « La Montée », il faut ensuite « Sauver l'Amour », une reprise judicieuse de Daniel Ballavoine. Savez-vous planter des « Choux De Bruxelles ». Dans votre potager ? C’est écolo ! Cependant, Tanguy Haesevoets, aka Monsieur Témé Tam, n’est pas au jardin. Arriver au sommet de la « Montagne », c’est  l’objectif de Faon Faon. Le « Mariage » vaut bien une « Berceuse. Et le set de s’achever par le générique de ‘Cats Eyes’. Une signature qui leur va comme un gant. Un guitariste et un bassiste les rejoignent alors qu’elles vont prendre plaisir à changer constamment d’instruments, tout au long de ce titre.

Setlist : « FSLD », « Mariel », « Eskimo », « Utopie », « Gravité », « La Montée », « Sauver l'Amour », « Choux De Bruxelles », « Montagne »

Rappel : « Mariage », « Berceuse », « Cats Eyes ».

(Organisation : Le Brass)

King Crimson

Suivant la volonté du Roi Pourpre…

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Fondé en 1969, dans la cave du Fulham Palace Café, à Londres, King Crimson en est déjà à sa huitième réincarnation. Aujourd’hui, le line up réunit les drummers Gavin Harrison, Jeremy Stacey et Pat Mastelotto, le chanteur/bassiste Tony Levin, le saxophoniste, flûtiste Mel Collins le guitariste/chanteur Jakko Jakszyk et bien évidemment le sixcordiste Robert Fripp. La formation mythique compte treize albums studio à son palmarès, dont le dernier, « The Power to Believe », est paru en 2013. Les prestations ‘live’ de ce groupe emblématique anglais sont suffisamment rares pour ne pas en profiter. Le Magazine ‘Rolling Stone’ n’a d’ailleurs pas hésiter à qualifier le band de ‘One Of The Best Band On The Road Right Now’.

En général, le mélomane lambda ne comprend rien à la musique du Roi Pourpre. Et pas seulement parce que son personnel change constamment. Toute logique commerciale est étrangère à Fripp, même s’il a participé aux enregistrements des albums de David Bowie, « Heroes » et « Scary Monsters ». L'un de ses batteurs a un jour déclaré qu’il était né d’un croisement entre Staline, Gandhi et le Marquis de Sade. Il serait même insupportable. Son plus fidèle complice, Tony Levin, n’est pas aussi sévère et le disculpe : ‘Robert est très créatif et c'est sa vision qui guide le groupe. Il est respectueux des autres musiciens, leur fait confiance et trace les orientations. A nous de savoir quoi jouer.’ Fripp a créé un canevas pour broder une trame où se mêlent rock psychédélique, jazz fusion et musique contemporaine (NDR : l'influence de Béla Bartók est majeure). Il est à la base du rock progressif. Ainsi, il a tracé une voie royale pour Yes, Genesis et bien d'autres. Fripp est un monument de la musique rock. Un des derniers dieux vivant de la guitare. Une icône qui ne devrait jamais disparaître.

Avant d’atteindre le Stadsschouwburg, il faut s’armer de patience et surtout se farcir pas mal d’embouteillages. Enfin, en entrant dans la salle, on peut lire un écriteau, sur le podium, mentionnant qu’il est interdit de filmer ou de photographier, même à l’aide de son smartphone ou GSM, sous peine d’exclusion de la salle. Et il faut avouer que les vigiles veillent au grain, pour que les directives soient bien respectées.

Un immense rideau bleu masque le fond de la scène. Sur une estrade immense, à l'extrême gauche, le saxophoniste/flûtiste Mel Collins est protégé par un paravent. Fripp est assis sur un siège haut. Il va se consacrer à la guitare (NDR : c’est une évidence), mais également aux claviers. Les 3 préposés aux fûts sont installés en avant-scène. A droite, Gavin Harrison siège derrière une batterie Sonor. Au centre, Jeremy Stacey, coiffé d’un chapeau melon, une Tama (NDR : il dispose également d’un clavier). Et à gauche, Pat Mastelotto, une DW Drums. Ce sera également le plus actif aux baguettes. Et le line up est complété par le bassiste/contrebassiste Tony Levin ainsi que le second gratteur Jakko Jakszyk. Ce sont ces deux musicos qui assurent les parties vocales.

De tout le show, Fripp ne prononcera aucune parole. Le regard glacial, il est concentré sur son instrument. Le show est partagé en deux actes, séparés par un entracte de 20 minutes. Pas de supporting act. Faut dire que le concert, rappel compris, va durer près de trois heures. Un fait plutôt rare à notre époque. Le concert est sold out. Tout comme celui du lendemain. Une fameuse prouesse.

Avant que le combo n’entame son set, les haut-parleurs diffusent un nouveau communiqué relatif à l’interdiction des mobiles, caméras et autres appareils photographiques. Pour enfoncer le clou, c’est réussi…

Passé une brève intro radiophonique (NDR : souvenir des 60’s ?), les musicos entrent dans le vif du sujet. Et on est parti pour 65 minutes de prestation. Les 3 batteurs conjuguent leur puissance pour entamer « Hell Hounds Of Kim ». Et dans la foulée les autres membres de la troupe les rejoignent pour atteindre une intensité maximale. Les interventions de Tony Levin à la contrebasse moderne sont ronflantes et magistrales. La flûte à bec succède au saxophone ténor, alto et soprano. Le light show est minimaliste. Ni projection et encore moins d'effets pyrotechniques. Nous sommes à des années lumières des décors grandiloquents des formations de prog rock qui ont marqué les seventies. Pensez à Emerson, Lake & Palmer, par exemple.

Les musicos étalent toute leur virtuosité. Concentrés sur leur sujet, ils donnent le meilleur d’eux-mêmes. Mais c’est surtout Pat Matelotto qui se révèle le plus efficace aux fûts.

Les orchestrations sont léchées et d’une précision prodigieuse. Le voyage musical transite par le nouveau et l’ancien répertoire ; mais ce sont bien sûr les titres incontournables qui suscitent la plus grande attention auprès du public…

Il est vrai qu’averti, il ne vient pas voir King Crimson comme un simple spectacle, mais pour assister à une véritable performance. Sans pouvoir y être associé. Simplement l’apprécier et accepter la distance établie entre le groupe et l’auditoire. Suivant la volonté du Roi Pourpre…

Setlist :

Première partie : (20.00 – 21.05) 

« Hell Hounds Of Kim », « Pictures Of A City », « The Letters », « Circus », « Sailor's Tale », « Red », « Lizard (Dawn Song) », « In The Court Of The Crimson King », « Radical Action (To Unseat The Hold Of Monkey Mind) », « Meltdown », « Easy Money », « Epitaph », « The Talking Drum », « Larks' Tongues In Aspic, Part Two »

Seconde partie : (21h25 – 22h38)

« Banshee Legs Bell Hassle », « Radical Action II », « Level Five », « Hoodoo », « The ConstruKction Of Light », « Indiscipline », « Starless »

Rappel

« Heroes » (cover Bowie) / « 21 St Century Schizoid Man ».

(Organisation : Live Nation)

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