Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

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Tommigun fait de vieux os…

Les vétérans belges de l'indie pop signent un retour marquant. Dix ans après la parution de Wooden Son, Tommigun rompt un long silence et dévoile « Heavy Bones ». Ce morceau inaugure un nouvel elpee éponyme, dont la sortie se profile pour le 20 novembre 2026…

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Crocodiles

Pas grand-chose à se mettre sous la dent…

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L’an dernier, le 6 septembre 2012 exactement, Crocodiles se produisait déjà au Botanique, mais au Witloof Bar. Programmée à la Rotonde, la formation n’a pas attiré davantage de monde. Faut croire que le lundi n’est pas nécessairement une aubaine pour les groupes trop alternatifs. Crocodiles nous vient de San Diego, en Californie. « Crimes of passion », son dernier album, est paru en août dernier. Il était donc intéressant de savoir, si les prestations ‘live’ du band avaient progressé en un peu plus de 12 mois…

Fondé en 2008, Crocodiles repose sur deux constantes : la présence des guitaristes Brandon Welchez et Charles Rowell (NDR : ils se servent de Rickenbackers !), le premier se réservant également le chant… sans accent… américain. Il collerait même parfaitement à un ensemble britpop. Le quintet yankee entame son set par des titres reptiliens, énergiques et excitants ; et notamment « Hearts of Love », « Teardrop guitar » ainsi que « Coakroach ». On ressent bien les influences puisées chez Echo & The Bunnymen, Spacemen 3, Jesus & Marychain, Stone Roses, BRMC, Dandy Warhols, Black Angels et même les Raveonettes (NDR : pas étonnant puisque c’est Sune Rose Wagner qui a produit leur dernier elpee), mais le son manque cruellement de puissance, et la voix constamment sous reverb, est noyée dans l’ensemble, si bien que la mayonnaise psyché/shoegaze, pourtant huilée par les interventions vintage (NDR : un Hammond ?) de la claviériste, éprouve toutes les peines du monde à prendre. Et surtout à égaler celle, tellement efficace, dispensée sur leurs disques ; en particulier puisée sur « Endless Flowers » et le tout récent et passionnant « Crimes of Passion ». D’autant que si les sonorités de grattes, ce soir, sont bourdonnantes, elles le sont un peu trop à mon goût. Le martèlement binaire des fûts imprimé par la drummeuse aux cheveux courts, ne favorisant pas l’envol des compos, même si le bassiste est resté dans son trip, tout au long du concert. De leur setlist, on épinglera encore « My Surfing Lucifer », « I Wanna Kill », « Neon Jesus » et « Refuse angels » mais au bout d’une petite heure, rappel compris au cours duquel ils nous réserveront quand même deux bonnes surprises issues de leur pénultième opus, « Sunday (Psychic Conversation #9) » et « Welcome Trouble », les sauriens s’éclipsent, en nous laissant sur notre faim…

(Organisation Botanique)

 

 

Smith Westerns

Service minimum…

Écrit par

Smith Westerns se produisait au Botanique, ce dimanche sans voiture, pour défendre son troisième et dernier opus acclamé par la critique, « Soft Will ». On était donc curieux de voir si le quatuor chicagolais était capable de soutenir la comparaison sur les planches. Il revenait au groupe belge, Seasick Sailors, d’assurer le supporting act.

Seasick Sailors ouvre donc le bal. Après quelques minutes de tergiversations, le set peut commencer. Le quintet à apparemment bien bossé sur sa promo, car une partie du public s’est déplacée exclusivement pour eux. Malheureusement, la Rotonde est loin d’être remplie. Dommage, car il faut avouer que le combo propose un tracklisting, ma foi, fort sympathique, même s’il tire un peu trop dans toutes les directions. On passe ainsi sans transition du climat country & western à la ballade maritime, en transitant par le rock. Néanmoins, vu le bonheur que semblait partager les musicos, sur le podium, on ne pouvait qu’adhérer…

Vers 21h10, la formation étasunienne monte sur l’estrade. Quelques spectateurs supplémentaires ont débarqué à la dernière minute, mais il n’y a quand même pas grand monde au sein de l’hémicycle. Faut croire que les absents ont un peu trop fait la fête ce week-end ! Vêtus (ou plutôt déguisés) à la mode 80’s, les membres de Smith Westerns ont des visages d’adolescents. Difficile d’imaginer que le band vient déjà d’enregistrer son troisième opus. J’imagine qu’ils n’avaient que 16 ans lorsqu’ils ont gravé leur premier, quatre ans plus tôt. Mais malgré leur apparente jeunesse, ils affichent déjà un bel aplomb sur scène. Chevelu, le chanteur est d’ailleurs loin d’être timide et n’hésite à discuter avec le public. L’ambiance est chaleureuse, les mélodies accrocheuses. Bref, manifestement, le groupe détient la recette du succès. Et il ne s’en prive pas, puisqu’il est responsable de toute une série de tubes. Potentiels ou établis. Des morceaux qu’il interprète ce soir. En particulier, des chansons issues de leurs deux derniers elpees. Dont les excellents « Varsity » ou encore « Idol ».

Malheureusement, on a vite fait le tour du show. Quoique bien interprétés les titres se suivent et se ressemblent ; et surtout ne laissent aucune place à la surprise. En fait, la structure de la compo semble immuable. Une fois la mélodie mise en place, le refrain est entonné plusieurs fois ; et lorsque le solo de guitare est consumé, la chanson s’achève pour céder le relais à la suivante. Enfin, le set ne durera, en tout et pour tout, que cinquante minutes. Sans le moindre accès de folie. Un peu court, quand même. Service minimum !  

(Organisation Botanique)

 

Wire

Du neuf avec des vieux

Écrit par

Un peu d'histoire pour commencer, puisqu'il est plutôt rare d’échouer dans ce pavillon érigé en 1958, à l'occasion de l'Expo universelle.
En tout cas, pour ma part, c'était la première fois.
Un endroit insolite et quelque peu oublié, mais qui a vu défiler quelques grands noms du Jazz tels Benny Goodman, Count Basie, Duke Ellington et Sarah Vaughan, entre autres.
Un magnifique bâtiment qui défie le temps et se voit offrir une seconde jeunesse.
Le temps d'un week-end (et en attendant d'autres programmations toutes aussi excitantes et ambitieuses dans le futur), l'Ancienne Belgique se mettait donc à l'heure américaine.

Au lendemain du concert de BRNS, l'affiche du jour proposait donc un voyage sur deux étages au pays de l'expérimentation et de l'audace intemporelle.

Un fil conducteur qui permettait à des artistes très différents de se retrouver dans ce cadre judicieusement choisi à l'acoustique remarquable (surtout dans la grande salle).

On commence dans le bar où à mon arrivée, Anna Van Hauss Wolf en est déjà à la moitié de son set.

Un univers particulier que j'avais découvert à l'écoute de « Ceremony », un album qui m’avait laissé sur une impression mitigée.

Impression somme toute renforcée ce soir après la prestation de la jeune Suédoise.

Anna Michaela Ebba Electra von Hausswolff de son vrai nom n'est pas très grande (à l'inverse de son patronyme), mais son énergie décuple ses forces sur scène, instaurant une dynamique dont le groupe se nourrit pour insuffler une dimension plus noisy à son petit théâtre de poche.

Mais ces incursions soniques mêlées à d'évidentes aptitudes lyriques (la donzelle possède, il est vrai, du coffre dans une si petite cage thoracique) n'arrivent pas à me persuader outre mesure.

Est-ce dû à mon arrivée tardive ou simplement à ma réticence du départ ? Mais quoi qu'il en soit, le set se termine sans retourner le moindre de mes follicules pileux.

Des poils pris à revers, par contre, en pénétrant dans la grande salle.

Alors qu'une douce musique berce mon entrée, je m'étonne du nombre restreint de spectateurs qui ont pris place devant la lourde tenture noire...

Avant de me rendre compte que Múm s'exécute déjà derrière le sombre tissu. C'est donc au-delà des strapontins que se joue la pièce ce soir.

Alors, je pénètre dans la musique, autant que celle-ci me pénètre.

« Sveitin Mila Sanda » est entamé depuis quelques instants, et je me retrouve enchanté par la grâce et la justesse de ce bel ensemble venu du Nord.

Jouant avec la légèreté comme la gravité, les Islandais, tout en contretemps sur ce morceau féerique, distillent magistralement sons analogiques et expérimentations aventureuses en terres électroniques.

Mélodica et chant dansant dans l'air, telle une feuille d'automne, bidouillages enfantins et jeux de clochettes, ukulélé ou cordes pincées, étouffées, grattées apportent certainement une grande richesse aux compositions de ce groupe atypique.

Si la magie de ce premier morceau ne perdure pas sur la longueur du concert, il n'en reste pas moins que cet ensemble hétéroclite d'instruments traditionnels mariés aux sonorités modernes dégage une beauté fragile rehaussée d'audacieuses expérimentations.

Expérimentation. C’est bien le mot clé de ce soir.

Le mot est lâché. La bête aussi.

Wolf Eyes évolue sans doute aux antipodes des aspirations mélodiques de Múm.

Ici, le concept abrupt rejoint plutôt l'enfer que le paradis, et on descend le Styx à la nage, s’autorisant, au passage, un bain de lave corrosive.

Un concept qui manque néanmoins d'aboutissement. Il a beau dépasser certaines limites, il ne va pas assez loin.

En résulte du bruit pour le bruit et des morceaux entre improvisations nihilistes et mantras calés sur bandes mais malheureusement amputés de réelles transgressions hypnotiques.

Malmenant l'auditoire mais ne le molestant pas, le trio d'Ann Arbor fait toutefois bonne figure dans ce contexte aventureux.

Mais il n'est pas étonnant de voir le bar se vider pour s'amasser le plus vite possible devant la grande scène.

C'est donc face à un parterre bien rempli (le concert d'aujourd'hui n’est pas sold out à contrario de celui de la veille) que Wire entame son concert.

Vétérans de la scène Punk puis Post Punk (et d'autres étiquettes au passage), les Anglais prouvent à nouveau que la qualité n'est en rien altérée par le poids des années.

Actifs depuis 77, le groupe emmené par Colin Newman a donc un fameux panel de morceaux à nous offrir et va puiser dans sa large discographie pour nous proposer un concert d'excellente facture, guidé par « From Change Becomes Us », le petit dernier en date, qui loin d'être passéiste, réutilise du matériel abandonné pour différentes raisons, dans les années quatre-vingt pour en faire du neuf. Et ça fonctionne.

Ironiquement, la prestation démarre au passé composé (« 23 Years Too Late ») et va revisiter la grammaire du combo aux trois carrières distinctes.

Ainsi, le plus que parfait (quelques indémodables de leur catalogue, dont « Marooned » en rappel final ») se conjugue au futur simple grâce à des inédits composés récemment (« The Flying Dutchman », « Blogging Like Jesus » et « Swallow Corn »)

Si les outrages du temps se devinent sur leurs visages ridés, le Dieu Chronos ne semble pas avoir d'emprise sur leur sens créatif, et Wire allume une à une les étoiles, qui ce soir, ornent  le drapeau du pavillon.

On notera l'apport tout en richesse d'une pléiade d'effets ajustée de main de maître par  Matthew Simm, guitariste qui a rejoint le groupe en deux mille onze et dont l'approche musicale, orientée sur le son, ne pouvait que rendre justice à Wire.

La conclusion s'impose donc d'elle même : sur le fil de l'audace, ce sont encore les moins jeunes qui gardent le mieux l'équilibre.

Je quitte donc ce fantastique décor en espérant y revenir bientôt.

Putain, putain, c'était vachement bien.

Ce soir, nous étions tous des Américains.

Anna Van Hauss Wolf + Múm + Wolf Eyes + Wire

(Organisation : AB)

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NO CEREMONY///

Capital City

Écrit par

La Brit Pop 2.0, trustée par des Ellie Goulding, Bastille et autres John Newman cède déjà sa place à la version 2.5, suite à l’émergence de ces formations dont l’objectif est de redéfinir les bases du genre. A savoir des Chvrches, London Grammar ou NO CEREMONY///. Et après une première date belge accordée au Pukkelpop, l’été dernier, les Mancuniens de No-Ceremony-trois-slash ont posé leurs valises au Witloof Bar du Botanique pour y présenter les neuf morceaux d’un premier LP envoûtant, situé quelque part entre les travaux de Burial et ceux de Holy Other.

No Ceremony///. Le nom en dit long. Le trio briton (quatuor sur scène), venu présenter son premier LP éponyme, va faire honneur à sa dénomination en ce jeudi 19 septembre. La formation monte sur les planches du Witloof Bar, dès 20h30, sans l’apport d’un support act. Ça sent bon le set expédié en 2-2. Et pas de bol pour le public concentré au centre de la salle, Victoria, la jeune chanteuse, fait une entorse aux règles tacites du live, en se plaçant discrètement à l’extrême droite de la scène, cédant le centre au dispositif de synthés et à l’écran de projections.

Les quatre musicos procèdent, osons le jeu de mots, sans cérémonie, à l’enchaînement des morceaux de leur premier LP. Des compositions claires-obscures, à l’image des singles « FEELSOLOW» et « HURTLOVE », le tout en lettres capitales comme le nom du groupe, ‘siouplé’. Ou encore « HEARTBREAKER », qui pose une touche de Crystal Castles, avec ses distos et ses vocalises étouffées.

Le petit comité (1/3 de la capacité de la salle) a droit à un set qui s’apparentera plus à un showcase qu’à un live en bonne et due forme. En 30 minutes, il est plié et emballé. Le trio tire sa révérence et remballe son matos. Parce que quand c’est bon, autant aller à l’essentiel et s’en contenter. C’est ce que NO CEREMONY/// a fait ce soir, avec BRIO///.   

(Organisation : Botanique)

 

A Place To Bury Strangers

Chercheur de noise

Écrit par

Extrait de bord du commandant :
'Dimanche quinze septembre, dix-huit heures. Le ciel est bas. Il va pleuvoir. Sur les bords du canal, la fête foraine bat son plein. Ici, les gens affluent et garnissent complètement le navire. La tempête s'apprête à sévir. Non pas dehors, mais au-dedans.
L'air se solidifie lentement et devient compact tout autour. Le plafond bas semble écraser la minuscule scène qui d'ici trois-quarts d'heure tremblera sous les lacérations soniques du trio de Brooklyn.
Tout est en place.
Larguons les amarres.'

Nous sommes arrivés de bonne heure. Heureusement. Dix huit heures quarante-cinq, heure locale et nous sommes priés de monter sur le pont.

La planche de salut tremble sous l'effet d'un vent froid. Le vent est chez lui, ici.

La pluie s'est mise à tomber. Droite et sans pitié.

Le décor est planté.

Nous montons sur la planche, et sans nous retourner, nous sautons dans le vide.

Comme chaque soir.

Un larsen serpente au milieu des eaux troubles, et s'amplifie graduellement.

Tentaculaire, il s'inocule dans nos veines et s'immisce dans nos têtes, prêtes à exploser.

Puis, il se prolonge à l’infini tandis qu'un bruit sourd et blanc traverse l'atmosphère.

Le jour n'a pas encore quitté la plaine du Champs de Mars. Mais la nuit s'est déjà invitée et nous enveloppe.

La longue pente glissante nous propulse au-devant d'une assistance compacte et serrée. « Slide » s’extirpe de nos cordes, des fûts et de nos corps, puis rampe sur les murs, se colle aux hublots, s'empare des lieux, tandis que les voix tentent de se frayer une place au milieu du bruit.

Le bruit partout, entité de granit qui adopte toutes les formes souhaitées.

Dans son prolongement opaque, la lumière s'éteint, vacille sur elle même, s'éparpille en éclairs saccadés.

Nous sommes A Place To Bury Strangers et nous sommes les conducteurs de ce bruit.

Nous l'amplifions, le déformons à notre guise, et le déposons aux pieds de ses adorateurs.

Car le bruit est beau. Puissant et magnétique.

De nos chansons, il s'amuse et les transfigure.

Le bruit nous a adoptés, puis nous l'avons dompté.

Nous sommes A Place To Burry Strangers et nous sommes le bruit.

Setlist :

Slide
Petit Empire
In Your Heart
Ego Death
Ocean
Don't Look Back
Drill It Up
Deadbeat
Fear
I Lived My Life

(Organisation : A Gauche de la Lune)

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Dead Ghosts

Back to the roots

Écrit par

La formation canadienne Dead Ghosts effectuait un petit crochet par la Belgique, jeudi dernier. L'occasion d'aller écouter en live un des très bons groupes de garage du moment. Interprétant intégralement leur deuxième album, l'excellent « Can't Get No », elle nous a replongé dans les atmosphères des sixties pendant une bonne heure pour notre plus grand plaisir.

Une trentaine de fidèles des concerts JauneOrange, ne connaissant pour la plupart pas le groupe de Vancouver, ont fait le déplacement. Ils ne le regretteront pas.

La soirée débute par un set des Bruxellois de Mountain Bike, un ensemble fondé récemment par des membres de Warm Toy Machine et Thee Marvin Gays. Une très bonne surprise ! D'abord parce que peu de combos belges proposent du garage ; ensuite, parce qu'on assiste rarement à des premières parties de cette qualité. La section rythmique assure méchamment, les compos sont efficaces, garage 60's bien-sûr, mais tout en se référant généreusement à l'indie-rock des années 90. Et si le chant paraît moins assuré que les guitares, en écoutant leur démo, on en conclut qu’il ne faudra pas très longtemps avant que cette voix atteigne, en ‘live’, le niveau des instruments, tant elle est agréable sur bande. Ty Segall et la scène de San Francisco ont des petits cousins au pays des moules et c'est tant mieux.

Arrive alors les Dead Ghosts, un peu timides au début devant cette salle à moitié vide. Mais habitués aux bars nord-américains, ils se détendent peu à peu. Surtout au fur et à mesure que l'assistance quitte le zinc, attirée par l'adrénaline qui se libère de la scène. On ferme les yeux et on se retrouve en 1963, au début du phénomène garage quand des adolescents américains, influencés par les groupes anglais émergents osaient se lancer dan un rock'n'roll crasseux à l'énergie débordante. Plus encore que sur le disque, on déduit que le titre de l’elpee n’est pas le seul à évoquer les early-Stones. Mais ce n'est bien-entendu pas la seule référence qui nous vient à l'esprit. On pense aux débuts des Beatles pour la qualité des mélodies, à des Shadows poisseux, aux premiers titres des Clash (la rythmique du batteur, sorte d'Animal des Muppets, tant il s'agite dans tous les sens) et à des formations plus psychédéliques (la guitare fuzz règne fatalement en maître de cérémonie). Les ‘tubes’ de l'album s'enchaînent. "Cold Stare" ouvre les hostilités tout en mélodie puis c'est l'avalanche de décibels déclenchée par "Can't Get No", "Summer with Phil" ou "I Want you Back", sans oublier la pièce maîtresse de "Can't Get No" à mon sens "Roky Said", hommage non voilé à Rocky Erickson, le leader des mythiques 13th Floor Elevators. Et pour l'anecdote, on est heureux de voir le bassiste arborer un magnifique t-shirt Sarah Records. Est-ce la raison pour laquelle, on entend dans certaines de ses notes des réminiscences de la légendaire structure anglaise? Après tout, Dead Ghosts, c'est autant pop que rock, la pop des débuts, la vraie, pas la soupe actuelle.

Jetez vous sur l'album si cet article vous a alléchés. Enregistré comme les pionniers sur un 8 pistes et par conséquent faisant fi de tout ordinateur, il nous ramène aux racines du rock ; de quoi nous ravir de retrouver un son brut, non trafiqué, plein d'humilité et de ferveur comme le sont les Dead Ghosts.

(Organisation l’Escalier)

 

 

The Black Angels

Psycho trip

Écrit par

Les couloirs du temps se rétrécissent et il n'est plus nécessaire, de nos jours, de posséder une Delorean pour en arpenter les longueurs, largeurs ou toutes autres dimensions.

En empruntant un des vecteurs les plus communs et des plus usuels, je fais route ce mercredi soir vers des contrées hors de portée des affres de la nostalgie, inoculant cette substance non prohibée que l'on nomme simplement bon temps.

Par contre, il serait plus qu'opportun d’enfin concevoir la téléportation !

À défaut de cette grande et belle invention future, j'arrive alors qu’Elephant Stone vient d'entamer son set.

Mince, il est déjà sitar ?

Ben oui, dès les premières rasades, il est évident qu’Elephant Stone n'a pas inventé la roue ; mais ces Canadiens, emmené par leur bassiste, Rishi Dhir, disposent d’un certain potentiel pour renouer avec les trames de motifs sixties tout en y incorporant des éléments de musique traditionnelle indienne.

Passant judicieusement de la basse aux cordes pincées de son noble instrument à manche long, l'ex-membre des High Dials fait valser les compositions outrageusement pop de son répertoire.

Le résultat est donc à ranger dans la catégorie Revival aux côtés de Miles Kane, par exemple, plutôt que sur l'étagère où trônait Cornershop.

Si une écoute distraite avant leur passage n'avait guère affolé les aiguilles de mes potentiomètres, leur concert m'a permis de revoir mes premières impressions à la hausse. Beaucoup moins niaises qu'il n'y paraît à premier abord, leurs compositions recèlent de fort bonnes mélodies, rehaussées de galvanisantes montées sonores assénées par un excellent guitariste.

Et à aucun moment, les ponts brodés au sitar ne viennent encombrer le sentiment de légèreté qui émane des titres proposés.

À l'aise dans son français (et pardon aux néerlandophones), Rishi et son band nous laissent donc sur une agréable impression, tout en sourire et remerciements sincères.

Finalement, la pertinence de cette double affiche apparaît sous la lumière nouvelle de ces quarante minutes, et l'on comprend l'engouement des Black Angels de les emporter dans leurs bagages.

Du bagage, les Texans en ont pris depuis la première fois où je les ai vus en concert.

En quelques années, ils sont devenus incontournables et malgré un crochet récent à la frontière hollandaise, dans le cadre d’un festival gratuit, il n'est pas étonnant que l'Orangerie soit comble ce soir.

Le public enthousiaste (dont certains énergumènes survoltés) ne s'y trompe pas et réserve à chaque titre un accueil chaleureux.

En une heure et demie de passage à la moulinette, de télescopage chromatique et de réverbération hallucinée, les sens tanguent sous la houlette d'Alex Maas et sa clique d'anges ténébreux.

Pas de temps mort. C'est pied au plancher que le groupe d'Austin emballe son auditoire.

Chant incantatoire, pop noyée d'effets multiples, orgue grésillant et assaut de noise, le tout précieusement enrobé du linceul de gloires éternelles, du Velvet aux Doors en passant par 13th Floor Elevators.

La tête dans le tambour d'une machine qui abriterait du beau linge coloré, mais dont le bruit de moteur pétaraderait jusqu'aux portes de l'enfer, nonobstant la dose nécessaire d'adoucissant ajoutée, afin que le groupe entre dans la légende.

Un bref aperçu des titres joués ce soir permet de se rendre compte de l'évolution du band, restant intègre et fidèle à sa ligne de conduite.

Une recette sans cesse génialement réinventée qui donne substance et matière à des morceaux devenant au fil du temps classiques du genre.

Bref, on n’est pas prêt d'arrêter d'en parler de ces anges noirs.

Après cette avalanche de morceaux imparables ponctuée par « Young Men Dead » en apothéose, je n'ai plus qu'à plier genou à terre, tirant ma révérence, définitivement aux anges.

(Organisation : Botanique)

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Braids

Figé dans la perfection…

Écrit par

Soirée de rentrée, ce vendredi 9 septembre, au Botanique. Et pour débuter cette saison, qui propose une programmation de haute volée, les organisateurs ont choisi la formation canadienne, Braids. Une valeur sûre, vu la qualité du concert accordé, il y a déjà deux ans. En outre, c’est une belle opportunité offerte au band de présenter son deuxième album, « Flourish//Perish ». Résolument tourné vers l’électronique, cet opus a déjà été salué par la chronique spécialisée. Et il revenait au Belge Ssaliva d’assurer la première partie…

Confronté à un problème de transport, je débarque 30 minutes en retard, au Botanique. Le temps de récupérer ma place et de me diriger vers la Rotonde, je croise le public qui vide les lieux pour prendre un rafraîchissement. Ssaliva, ce sera donc pour une autre fois. Dommage…

Un bon quart d’heure plus tard, les spectateurs reprennent le chemin de la Rotonde. La salle est cependant loin d’être pleine à craquer. Il faut dire que Braids ne jouit pas encore d’une notoriété suffisante, chez nous. Vers 21h, le désormais trio (NDR : depuis le départ, l’année dernière, de Katie Lee) monte sur l’estrade. Raphaelle Stadell-Preston (guitare, claviers, voix), Austin Tufts (batterie) et Taylor Lee (claviers, basse) s’installent derrières leurs instruments. Ils y resteront plantés, quasiment tout le concert. Qui démarre d’emblée par des morceaux issus du dernier elpee. Vu la température qui règne à l’extérieur, on peut affirmer que leur cold-wave détonne. Des nappes sonores réverbérées planent au-dessus de l’auditoire. On a l’impression d’entrer en lévitation. Pourtant, le band maîtrise parfaitement son sujet. La voix de Raphaelle Stadell-Preston impressionne, même. Björk n’a qu’à bien se tenir ! Si les premiers titres sont plutôt lents et s’installent progressivement, la suite prend davantage de relief. Le set passe alors à la vitesse supérieure. Ainsi sur l’excellent « In Kind », la vocaliste montre littéralement les dents (façon de parler !) Mais la setlist n’a pas oublié le premier long playing, « Native speaker ». De quoi ravir les aficionados. Malheureusement, le jeu de scène m’a paru un peu trop statique. Autrement dit, on ne peut pas dire que les musicos soient des showmen. Manifestement, c’est un aspect à améliorer, si le combo souhaite prendre de l’envergure. Tout comme leurs jeux de lumières, un peu trop ternes à mon goût. Bien sûr, leur musique ne prête pas à la rigolade ; mais on attend d’un spectacle qu’il dépasse la dimension de l’enregistrement studio, et pas simplement le reproduire, même à la perfection…

(Organisation Botanique)

 

My Bloody Valentine

Just remember that deaf is not the end

Écrit par

Plus de vingt et un an après que les aiguilles de l'observatoire Royal de sismologie se soient mise à danser au son du légendaire groupe emmené par l'énigmatique Kevin Shields, l'AB accueillait à nouveau une horde de fans désireux de se faire perforer les tympans.
Suscitant autant d'enthousiasme que de mines circonspectes, le concert de ce mardi trois septembre a relancé l'éternel débat qui déjà divisait l'opinion en avril 1992.
Soit : que penser de ce bruit qui se répand comme la lave, figeant l'auditoire ou l’incitant à fuir selon les circonstances et les conditions d'écoute.
Adulés par certains, honnis par d'autres, My Bloody Valentine ne fait certes pas l'unanimité et le concept de ce mur du son qu'ils ont bâti comme une forteresse autour de leurs personnalités renfermées divise les avis autant qu'il n'a(ba)sourdit.
Mais après un retour chahuté où ce concept avait été poussé à son paroxysme (cf. leur prestation au Pukkelpop accordée en 2009 au cours de laquelle la puissance développée en décibels allait, pour de nombreux spectateurs, au delà du supportable), le groupe semblait avoir compris que les spectateurs étaient en droit d'attendre autre chose qu'un magma sonore inaudible susceptible de mettre en péril leur intégrité organique.
Mur du son, certes, mais dont les brèches permettent aux mélodies de se faufiler.
Sauf que...

Sauf qu'on ne change pas les habitudes.

Il est vingt heures quarante-cinq et le set va bientôt débuter.

En arrière-fond de la scène, un message du band déplore que notre pays soit le seul à s'enorgueillir d'une loi visant à limiter les nuisances sonores.

Et oui, Kevin, depuis les nineties, le vent à tourné...

Soit dit en passant, la formation savait à quoi s'attendre, puisque je me suis laissé dire qu'il était question un moment que le Cirque Royal les accueille dans le cadre des Nuits Botanique, avant qu'ils ne refusent de se plier à cette même ordonnance.

Donc, revenu sur cette décision et décidé à néanmoins s'offrir au public belge, le quatuor entame son concert par « I Only Said », non sans égratigner cette politique de protection de l'ouïe par le biais d'une remarque caustique en guise d'introduction.

De la voix de K. Shields, c'est quasi tout ce qu'il nous sera donné d'entendre.

Pas de surprise.

En effet, il est communément admis (du moins par la frange fidèle de ses fans) que le combo met en avant le son des guitares (oui, LE son) au détriment des mélodies vocales qui elles, sont mâchouillées à l'extrême et à peine perceptible dans le boucan électrique.

Si ce sous-mixage a de quoi étonner, il paraît quand même logique que ce qui est produit en studio –et met en valeur ces mélodies– soit en ‘live’ mis entre parenthèse pour des raisons techniques évidentes (essayez de chanter sans vous entendre et vous comprendrez).

L'idée n'étant pas de reproduire une copie plus ou moins conforme de ce qui existe sur album, il est alors fait appel à nos mémoires affectives.

Ainsi, au delà de cette chape écrasante et de ce tumulte assourdissant, les mélodies se fraient une place non pas depuis la scène, mais en toile de fond, quelque part dans notre subconscient.

Car avant toute chose, un concert de My Bloody Valentine reste une expérience.

Éprouvante, qui se joue de la facilité, intègre et fidèle au précepte du bruit élevé au rang sacré.

Sans fioritures.

Un pavé lancé en plein figure.

Il faut donc être un minimum préparé et se montrer conciliant.

Et donc venir en connaissance de cause.

Restent donc ces vagues successives qui viennent nous harponner sans relâche, nous faisant tanguer (et certains sombrer).

Aux classiques « When You Sleep », « You Never Should », « Honey Power » et « Cigarette In Your Bed » vient se greffer « Only Tomorrow » qui en réalité ne sera qu'un des trois titres extrait de « MBV » leur dernier opus en date.

Une sorte de ‘Best of’ donc, qui bien sûr, enchante les jeunes quadragénaires constituant une grande partie de l'auditoire.

Souvenirs d'une époque glorieuse mais qui vit une nouvelle jeunesse et dont MBV restera à jamais le fier étendard, assurant la filiation avec bien des mouvements d'aujourd'hui.

À ce jeu d’échanges, remarquons que le groupe insuffle à ses nouvelles compositions quelques pertinentes inflexions en territoires audacieux.

Comme cette Drum'Bass qui tapisse « Wonder 2 » dont la version ‘live’ malheureusement, est à mon sens quand même fort brouillonne et pataude.

Au final, « You Made Me Realize » et son intermède sonique tant redouté (une montée en puissance qui ferait passer un ensemble de moteurs de F16 pour une chorale pastorale et s'échelonne selon les prestations entre une poignée de minutes jusqu'à une demi-heure d'un insupportable vrombissement) sera ramené ce soir à sa plus simple expression, étouffé sans doute par les impératifs cités plus haut.

Les avis criés plus que chuchotés après le show (surdité oblige) continuant d'alimenter le mythe My Bloody Valentine pour les deux prochaines décennies…

Setlist :

1.         I Only Said
2.         When You Sleep
3.         You Never Should
4.         Honey Power
5.         Cigarette In Your Bed

6.         Only Tomorrow
7.         Come In Alone
8.         Only Shallow
9.         Thorn
10.       Nothing Much To Lose
11.       Who Sees You
12.       To Here Knows When
13.       Wonder 2
14.       Soon
15.       Feed Me With Your Kiss+
16.       You Made Me Realize

(Organisation: AB)

 

Big’n

Rentrée de Grande Classe

Écrit par

Rentrée en force et anticipée au Magasin 4 qui propose une triple affiche couronnée par Big'N, groupe ricain dont les plus anciens de nos lecteurs se souviennent peut-être des premiers enregistrements opérés il y a une petite vingtaine d'années.

Mais commençons par le début ou presque car faute d’avoir pu assister au tour de chauffe de Made in Canada (qui en réalité nous vient de l’Hexagone), je débarque alors que Mont-Doré s'apprête à entrer en piste. Première et heureuse constatation, le public a répondu présent au coup d'envoi de cette nouvelle saison. Car même si la salle est loin d'être remplie, on compte une bonne centaine de personnes ; ce qui est respectable pour un jour en semaine et sans groupe hype à l'affiche.

Mont-Doré est un quintet bruxellois qui a choisi la voie d'un screamo assez complexe et épique pour s'exprimer au travers de compositions qui alternent passages saccadés et 'downtempo'. Le tout est interprété en puissance, mais aussi parfois avec un trop plein d'émotions propre au style emo et à ses déclinaisons (NDR : la voix typique entre cris et 'pleurs', susceptible d’irriter). Néanmoins l'ensemble est assez recherché et plutôt maîtrisé pour garder notre attention pendant la durée de leur set.

Puis place à Big'N qui, comme je le précisais en début d'article, n'en est pas à son coup d'essai puisque si son premier LP date de 94, le suivant est paru en 96, avant que le groupe ne se sépare peu de temps après la sortie de ce dernier.

C'est par le biais du label italien Africantape (Pneu, Marvin, Oxes ou encore les incroyables Electric Electric) qu’il publie, en 2011, l'Ep "Spare the horses" et la compile "Dying Breed - A collection of singles & unreleased songs" ; de quoi attester la bonne santé du combo étasunien. Et l'épreuve de la scène va s'avérer des plus concluantes vu les traces de doigts qu'on porte encore sur la joue en souvenir de cette claque magistrale. On retrouve chez Big'N tout ce qu'on a pu aimer et qu'on aime encore dans le noise rock US façon early Helmet, Unsane ou Pissed Jeans (mais on pourrait en citer bien d'autres). Le côté direct, crade et viscéral qui vous agrippe et ne vous lâche plus pendant une bonne heure. Au-delà, on risquerait l'asphyxie! Le sens du riff répétitif asséné jusqu'à l'obsession et l'aspect malsain dans les dissonances. Tout y est et on connaît la chanson par cœur mais on ne s'en lasse jamais pour autant que l'intention et l'intensité soient bien présentes. On appelle cette conduite de l'authenticité et le moins qu'on puisse dire c'est qu'ils n'en manquent pas, cherchant la proximité avec le public (le chanteur descendra un moment prendre un petit bain de foule) mais tout en gardant le contrôle de leur barque. Et pour ma part ainsi que pour les autres spectateurs, encore une traversée rondement menée à partir de l'Avenue du Port...

(Organisation Magasin 4)

 

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