Les rituels étranges de This Is The Kit

This Is The Kit sortira son septième opus studio, « Ghost Coat », ce 15 janvier 2027. En attendant, il a partagé le single et « Skim a Stone ». Enregistré au cœur des Rockfield Studios dans la vallée de la Wye, au sud-est du Pays de Galles, ce disque place…

logo_musiczine

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Editors
Ora Cogan
Concerts

Julien Doré

Doré… et croustillant à souhait !

Écrit par

Quand j’ai entendu sur les ondes et vu à la TV, Julien Doré dans son premier clip « Les limites », je me suis intéressé à lui. Sachant que le garçon avait participé et remporté une émission qui fabrique (soi-disant) les futures stars du paysage musical, j’avais quelques doutes… Mais il faut avouer que le gaillard ne laisse pas de marbre. J’ai donc entamé des recherches sur le net et jeté un œil sur son parcours dans ladite émission. Et là, surprise, le mec a non seulement un talent certain pour l’adaptation mais une forte personnalité. Elle est même hors du commun. Les morceaux ‘pourris’ qu’on lui demandait d’interpréter, il les réarrangeait à sa sauce et à tous les coups, c’était bingo ! Allez donc voir sur Youtube comment il est parvenu à transformer ces titres minables, c’est complètement ahurissant.

Quatre ou cinq ans plus tard, ce Méditerranéen compte déjà deux albums à son actif, « Ersatz » publié en 2009 et « Bichon » sorti deux ans plus tard.

Si son premier ouvrage suscitait la curiosité, il laissait l’auditeur quelque peu sur sa faim. Par contre son second et génial elpee ressuscite la sève d’une variété française seventies. Ce disque est d’excellente facture, très recherché, et hyper varié ; Julien y laisse déborder son imagination.

C’est pour « Bichon » et surtout pour voir ce gars sur les planches, et bien sûr ce qu’il a dans le ventre, que je me suis déplacé ce soir, à Bruxelles.

Quelques 1500 fans et/ou curieux étaient présents pour découvrir ce ‘prodige’ de la reprise décalée.

En attendant ‘la nouvelle star’, c’est à Waterllillies qu’incombait la tâche de faire patienter les francophones venus des 4 (?) coins de notre pays. Avouons in petto qu’ils se sont réellement très bien débrouillés, ces petits Français. Au sein de leur répertoire orienté pop/rock du meilleur acabit, ils chauffent la salle, à température idéale, pour la suite des événements.

Bien soutenus par l’équipe de Julien Doré, ils ont pu compter sur l’appui des pupitreurs et de la sonorisation prévus pour la vedette du soir. Rarement on voit une telle collaboration, voire complicité entre la ‘tête de série’ et les non-classés. Et ce ne sera pas tout…

Vingt et une heures, tout est prêt. Le décor est à l’image du personnage, trois lampadaires ringards sortis d’un grenier, un écran de télévision ne diffusant qu’un fond blanc et un panneau sur lequel est écrit ‘Julien Doré Orchestra’. Le second degré et le ridicule sont poussés à outrance. C’est du meilleur effet et vraiment marrant ! Les musiciens prennent possession de l’espace scénique pour une introduction d’une petite minute qui s’achève par de puissants coups de gong. Au dernier coup, apparaît le ‘papa du bichon’ dans une tenue complètement noire, parsemée de paillettes qui scintillent sur une veste recouvrant son marcel (noir aussi).

Julien présente d’emblée sa face cachée dès « Baie des anges », une splendide ballade sensuelle plus parlée que chantée, dans un style fort proche de Biolay. Pas rigolo, rigolo, mais tout en jeux de mots et musicalement très forte, cette compo démontre le talent d’écriture et la diversité musicale dont il est capable. Ensuite c’est armé de deux cymbales qu’il entame « Piano lys » où il assure le rythme avant de s’écrouler 4 minutes plus tard, visiblement au bord de l’épuisement. « Golf Bon Jovi » marque un retour à la case départ ; mais à la différence de Biolay, quand celui-ci nous semble parfois dans sa bulle, Doré est d’un comportement diamétralement opposé, sa gestuelle exubérante donnant une impression de ‘rigolade’ tout en énonçant des propos qui ne le sont pas vraiment.

C’est le début du show Julien Doré !

Le ton est donné et le véritable spectacle peut commencer. « Laisse avril », dernier hit en date, débute par un lancer de confettis géants. Cette superbe plage pop 5 étoiles est efficacement soutenue par des guitares omniprésentes et une voix excellente et puissante. La première partie du concert s’achève par « L’été summer » et le magnifique « First Lady » qu’il termine au balcon du premier étage avant de descendre parmi ses fans au risque de se casser le cou et il regagne son domaine de prédilection pour terminer cette chanson d’amour à l’humour décapant. Un moment fort !

Changement de décor pour la seconde partie du spectacle. Coiffé d’une couronne de fleurs du meilleur effet, Julien revient armé de sa mandoline pour entamer, en acoustique, la suite et la fin de son set. Contrebasse, guitare sèche, petite batterie portable et autre flûte à bec donnent le change. Les morceaux interprétés en anglais en toute simplicité, sans artifice mais avec l’aimable collaboration vocale de ses acolytes font mouche. On reste dans un registre amusant où la bonne humeur devient terriblement contagieuse.

Second grand moment de communion totale avec le public, « Winnipeg » fait danser et chanter tout le monde lors du refrain. Durant près de 10 minutes, on se régale de ce chassé croisé entre musiciens, public et chanteur.

L’heure du tube a sonné et c’est paradoxalement le moment le moins amusant de la soirée. Heureusement que « Kiss me forever » et ses deux danseurs délicieusement ridicules ont vite succédé aux « Limites » devenues un peu fades sans Yvette Horner, Remy Bricka, le danseur barbu ou la grosse dame blonde au petit chien.

« Campari », « Bleu canard » et « Glenn Close » rappellent ensuite que Julien Doré est un excellent parolier et non moins bon arrangeur avant d’être l’amuseur public qu’il donne l’impression d’incarner en permanence.

Mission accomplie pour ce fou chantant du 21ème siècle. Le public est dans sa poche, conquis par ces deux facettes d’une des personnalités les plus improbables de la chanson française.

Cerise sur le gâteau pour terminer cette soirée d’anthologie, Julien Doré débute « I need someone » le titre final, seul à la guitare. Mais rapidement, c’est la voix de David Bartholomé du haut de son balcon qui surgit pour épauler son ami avant d’être soutenu pour les chœurs par les musicos montés au balcon d’en face. Bel hommage de ce bougre de clown à un chanteur belge qui ne l’est pas moins…

Quand je vous disais que ce type avait un je ne sais pas quoi de spécial…

Ah oui, j’allais oublier de reparler des Waterllillies !

Et bien sachez que Julien Doré n’est pas un ingrat et qu’il sait très bien d’où il vient et comment il y est arrivé. C’est sans doute pour cette raison qu’il a convié ceux qui avaient pour tâche de ‘préparer’ son public à venir le rejoindre sur l’estrade pour interpréter ensemble (ils étaient une dizaine sur les planches) « Murder on a range rover ».

Quand j’vous l’disais qu’il avait un p’tit quelque chose de spécial…

Si vous l’avez raté, il ne vous restera plus qu’à courir la France, car sa dernière date prévue pour la Belgique, c’était ce 15 mars à Liège !

(Organisation Nada Booking)

 

Underground Railroad

Out of the tube

Écrit par

La passion comme rail, parallèle à celui de la curiosité, et le train m’embarque vers ce point à l’infini où ces deux lignes ne se rejoindront jamais.

Un voyage semé de belles surprises, comme hier soir, à L’Escalier.

Venu un peu par hasard, par la grâce d’un clip posté par un ami sur un certain mur, je posais mes chaussures fatiguées sous les lumières tamisées au devant de la scène.

La soirée accueillant aussi des étudiants Erasmus, la salle était envahie d’un brouhaha général qui sourdait de leurs gorges déployées et de leurs gosiers assoiffés.

Ignorant ce manque cruel de bienséance, le combo français exilé à Londres, depuis maintenant six ans, campait en face et laissait déferler la rage de ses compositions.

S’enchaînaient des brûlots qui au moment même où j’écris ces lignes se dévoilent plus précisément au milieu des craquements du vinyle.

Guitare/basse/batterie, la Sainte trinité d’un Rock hargneux et sauvage qui maîtrisé de la sorte, suscite mon engouement.

Aucune référence évidente ne permettant de leur accoler une quelconque étiquette, cette fraîcheur et cette véracité affichée dans leur musique les distingue de la majeure partie des sorties d’aujourd’hui.

Le groupe prenait plaisir sur scène, et cette générosité affichée décuplait la puissance de leur jeu, finissant de convaincre les éventuels sceptiques.

Contrairement à la veille, le concert pouvait se terminer dans un dernier assaut bruitiste, sans alerter les forces de l’ordre (petite mésaventure ayant fortement frustré les spectateurs du DNA).

Sortant des souterrains londoniens, Underground Railroad devrait bientôt être exposé à des projecteurs plus puissants et à la curiosité de bien plus qu’une poignée de passionnés et d’étudiants en goguette.

Et vous, vous devriez être là, la prochaine fois !

(Organisation : Honest House)

 

Bénabar

Raconte-moi une histoire, mon histoire…

Écrit par

La nouvelle tournée de Bénabar qui comporte une vingtaine de dates (dont le 20 mars à Bruxelles) est passée par Lille. Sur des mélodies rythmées, enlevées, dansantes, il nous raconte les petits soucis et les émois que l’on a tous vécus ou que l’on vit encore. Le chanteur bondissant offre un spectacle joyeux et l’on ressort de la salle avec le sentiment que tous ces petits malheurs ne sont pas si graves, qu’ils font partie de la vie et qu’il vaut mieux en sourire. Vous avez dit thérapie ? Musicalement, Bénabar s’est trouvé son style et n’y déroge pas. Pas de prise de risque : l’artiste se plait dans son registre country-folk et son public le suit dans ce choix.

Archimède, heureux cas !

Les frères Nicolas et Frederic Boisnard assurent donc la première partie des concerts de Bénabar. Ce jeune groupe qui compte déjà à son actif deux albums d’une rock-pop anglaise mais à la gouaille bien française, devrait encore faire parler de lui. Nicolas a une réelle présence sur scène, il est très à l’aise, très complice avec son frère et il a aussi beaucoup regardé Liam Gallagher (Oasis) que l’on croirait reconnaître s’il ne chantait dans la langue de Molière et portait une casquette. Archimède est bridé dans son expression artistique. Parce qu’en accompagnant ses chansons uniquement d’une basse et d’une guitare acoustique pour six titres, c’est peu, trop peu pour être honnête. D’habitude ils sont cinq précise le chanteur. Malgré tout, les spectateurs les plus jeunes sont manifestement emballés ! Bruno Nicolini aurait-il peur qu’on lui fasse de l’ombre ?

Bénabar, Y a d’la joie !

Après Le Man et Rennes, Bénabar revient à Lille, où l’attend impatiemment un public fidèle et conquis d’avance dans une salle pas tout-à-fait comble. Mais un concert de Bénabar, c’est plus qu’un concert : c’est un véritable spectacle au cours duquel on a droit à des intermèdes humoristiques, mises en scène et enchaînements préparés au prompteur. Les atmosphères vont du plus intimiste au plus ‘broadwaysien’. Et c’est plus souvent le grand show : lumières criardes pour un décor très 70’s. Sans oublier les deux choristes au look très kitch : l’une verte et l’autre rouge.

Chaque chanson de Bruno Nicolini est un petit tableau expressif de la vie quotidienne, de celle du jeune trentenaire jusqu’au jeune quadra. Dans la tradition des chansonniers à la Trenet, Bénabar est un auteur de talent qu’on écoute parce qu’il nous touche à l’aide de mots simples de tous les jours. Ses petites histoires, véritables comptines pour adultes, nous racontent et on s’y reconnaît à un moment ou l’autre de la vie. A la longue, elles pourraient devenir vite banales et répétitives. Un peu plus de profondeur serait bienvenu mais nuirait sans doute au caractère festif que souhaite donner l’artiste à sa performance.

Le spectacle déborde d’enthousiasme, d’énergie. Bénabar s’agite, bondit, virevolte, court d’un côté de la scène à l’autre. Moins vite peut-être que lors de ses premiers concerts… Mais comme il le rappelle en clin d’œil : il a connu l’époque du téléphone à fil et des cassettes VHS ! Les musiciens (jusqu’à 9 à un moment du show) sont en complète harmonie avec Bruno : une section de cuivres débridée fait la fête sur l’estrade. L’humour et l’autodérision sont d’ailleurs omniprésents tout au long du set. On aura également droit à une ambiance jazz, à une valse à l’accordéon (plus franchouillard tu meurs !), au cabaret, au grand music-hall.

Mention spéciale pour l’interprétation de « Love me tender » (oui, du King himself) mais traduite et commentée avec beaucoup d’humour. Et puis celle a cappella de « L’itinéraire » qui clôture un spectacle d’une heure quarante, beaucoup trop peu pour le public qui en demande encore, mais en vain. Il restait encore tant d’histoires qu’on aurait voulu se faire raconter…

Setlist

1.         Quelle histoire
2.         Infréquentable
3.         Où t’étais passée ?
4.         L’adolescente
5.         Pas du tout
6.         L’agneau
7.         Politiquement correct
8.         Y a une fille qui habite chez nous
9.         Moins vite
10.       Quatre maisons et un toit
11.       Majorette
12.       Maritie et Gilbert Carpentier
13.       Dis-lui oui
14.       A poings fermés
15.       La berceuse
16.       A notre santé
17.       Les râteaux
18.       Le dîner
19.       Je suis de celles
20.       L’effet papillon
21.       Love me tender (traduite et commentée)
22.       Les épices du souk du Caire
23.       L’itinéraire

(Organisation Alias Production)

Cass McCombs

Haute fidélité, basse énergie…

Écrit par

Ce samedi soir au Botanique, il fallait opérer un choix. Difficile. Soit se laisser emporter par les vagues de la dream-pop éthérée de School of Seven Bells, à la Rotonde, ou se soumettre à un exercice de relaxation, en compagnie de l’Américain Cass McCombs, à l’Orangerie. C’est la seconde alternative que votre serviteur a prise. Les organisateurs ont tout prévu, puisque les sièges sont sortis. La soirée s’annonce donc paisible…

Le concert débute vers 20h00. Pas de supporting act. On ne s’en plaindra pas. Cass McCombs monte sur l’estrade flanqué de ses quatre musiciens. Mais une jeune femme suit la troupe et s’installe au centre de la scène. Les lumières se braquent sur elle. Et lorsque les premières notes retentissent, elle commence à caresser les ondes. Original, pour ne pas dire insolite. Elle quitte alors les lieux pour céder les rênes au band yankee. L’éclairage s’est enfin déplacé vers le Californien. Pas évident de coller le physique de ‘bûcheron grunge’ à McCombs à l’écoute de sa musique mélancolique. Néanmoins, il aligne quelques titres plus rock, bien différents de ce qu’il nous avait proposé lors de la sortie de « Catacomb », en 2009. Mais au fil du set, le ton et le tempo baissent d’un cran, voire de deux. Et franchement, il faut alors s’accrocher pour ne pas somnoler. Pourtant, on assiste à un ballet incessant d’allers-retours des musicos entre le podium et les coulisses. But non avoué : se désaltérer (NDR : les boissons sont interdites dans la salle). Si bien que ma concertation est constamment perturbée par cet étrange manège. Pendant ce temps, Cass McCombs joue imperturbablement son répertoire, une setlist réunissant une majorité de titres issus des trois derniers opus. Le claviériste passe des synthés aux ivoires (NDR : un superbe piano à queue) tandis que le gratteur alterne entre six cordes et lap steel. La voix de Cass est parfaite et ses musicos impeccables. Reproduisant les compos aussi fidèlement que sur disque. C’est sans doute le principal reproche que l’on peut adresser à ce concert. Trop parfait et sans le moindre grain de folie. De fougue et d’énergie, il n’en a jamais été question…

(Organisation Botanique)

Andrew Bird

A la découverte de “Break it yourself”…

Écrit par

Andrew Bird monte en grade. Alors qu’autrefois il garnissait à peine la Rotonde, aujourd’hui le natif de l’Illinois remplit le Cirque Royal. Il faut dire qu’à 39 ans, l’Américain a déjà une carrière bien riche derrière lui. Il a ainsi publié treize albums, dont trois au sein de son ancienne formation Bowl of Fire, sans compter les œuvres nées de ses multiples collaborations, notamment en compagnie d’Emily Loizeau, de Squirrel Nut Zippers ou encore de Neko Case. De retour sur nos terres, Andrew Bird venait nous présenter, en avant-première, son dernier opus, « Break it Yourself », qui sortira ce 12 mars.

Comme d’habitude, la première partie est assurée par Dosh, le multi-instrumentiste et batteur d’Andrew Bird. Installé au milieu de ses claviers et de ses machines, quand il ne siège pas derrière ses drums, Dosh enregistre loops sur loops et crée des atmosphères susceptibles de rappeler le post-rock de Jaga Jazzist. Si la maîtrise de Dosh est indéniable, le public peine à accrocher. Il faut avouer que l’on est ici dans le registre de l’ambient et qu’il est plutôt difficile d’y accrocher. Après 45 minutes, Dosh nous quitte et nous donne rendez-vous une demie plus tard auprès d’Andrew Bird.

A 21h00, la sirène retentit. Le temps de retrouver son siège (NDR : pour ce spectacle, toutes les places sont assises) et les lumières s’éteignent. Andrew Bird entre en scène. Seul un double gramophone orne le fond du podium. Il entame deux morceaux au violon. En solitaire. Il superpose les loops démontrant une nouvelle fois son habileté à jongler avec les couches sonores. Toujours aussi cristallin, son timbre vocal n’a pas changé d’un iota. Ces deux premiers morceaux nous emmènent dans un univers lyrique. Alors que son guitariste, son bassiste et Dosh rejoignent Andrew Bird sur les planches, l’Américain nous révèle le programme de la soirée. La formation interprètera le nouvel album dont la sortie est prévue pour ce lundi et dans l’ordre du tracklisting. Le public du Cirque aura donc la chance de découvrir « Break it Yourself » avant qu’il ne tombe dans les bacs ce 12 mars. Et ce nouvel opus prouve également qu’il n’a rien perdu de ses talents de songwriter. Le violon est omniprésent sur les premières chansons. Bird est au centre des débats : sa voix, son instrument à archet et ses sifflotements se marient à merveille. Après quelques titres, son style se révèle davantage pop/rock. Il troque alors son violon pour une guitare. Et y témoigne d’une aptitude aux six cordes qu’on ne lui connaissait pas. Il n’oublie pas d’interpréter son futur single, « Eyeoneye ». Au bout d’une heure, il en a terminé avec son nouvel elpee ; et pour le plus grand plaisir du public, il attaque des titres de son ancien répertoire, tels que « Effigy » (NDR : issu de « Noble Beast ») ou encore « Plasticities » (extrait d’« Armchair Apocrypha »).

A peine trente secondes après avoir déserté l’estrade, le groupe refait son apparition. Andrew Bird et son band attaquent deux compos sculptées dans la country yankee la plus pure. Pensez à la bande annonce du film ‘O’Brothers’. Le concert s’achève par une touche plus ‘exotique’ et bon enfant. Soirée réussie ! Tout en confirmant tout le bien que l’on pensait de lui, Andrew Bird nous a dévoilé ce soir l’intégralité de son nouvel elpee, qui devrait récolter de nouveau, un beau succès…

(Organisation Botanique)

The Megaphonic Thrift

Méga sonic trip

Écrit par

Venus présenter leur petit dernier, les Norvégiens donnaient rendez vous à une poignée de fans sous la coupole étoilée de la Rotonde. Mélodies toujours accrocheuses et noise encore bien présente, les nouvelles compos du quartet jouent la carte de la continuité. Acouphène, est-ce que tu m’entends ?

Sortis des bois de Nottingham, Swimming amorçait la soirée par quelques morceaux bien ficelés mais manquant cruellement de génie. Entre bâillements et sourires empathiques, le public attendait patiemment et poliment la fin d’un set qui au final sombrait dans la platitude.

Fort heureusement, l’atmosphère allait s’électriser sous peu.

Développant leur sens inné de la pop song génialement imparfaite, bancale juste comme il faut, The Megaphonic Thrift prouvait à nouveau leur talent à qui peut l’entendre.

Maître de ses escapades soniques et taillant l’espace comme un Rodin bruitiste, déchirant l’air de ses larsens de feu et chevauchant l’infini sur ses Fenders acérées, le groupe farouchement intègre digère et régurgite la somme de ses influences dans un malstrom jouissif auquel tout amateur du genre ne peut que succomber.

Avant de pouvoir s’en repaître à volonté dès la sortie imminente de l’album, le public hélas parsemé en prenait une bonne giclée à la face avec un rictus de contentement parfaitement de circonstance.

Le groupe se donnait entièrement à ceux présents. Et comme toujours, les absents ont toujours tort…

(Organisation : Botanique)

 

Wu Lyf

Getting The Done Job

Écrit par

De pied ferme qu’ils étaient attendus ces garnements ! Pendant deux ans, la World Unite Lucifer Youth Foundation ou WU LYF pour faire court, est parvenue à se jouer du buzz et du (faux) mystère qui l’entourait. Depuis, le quatuor s’est révélé au grand jour, en publiant, au mois de mai dernier, « Go Tell Fire To The Mountain », une première œuvre sans détour et à laquelle il était impossible d’échapper, à l’heure des palmarès 2011. Près d’un an après l’ultime édition du festival Domino à l’AB, WU LYF a opéré son retour sur les planches belges du côté du Botanique devant une salle overbookée.

La pression populaire, quelle force ! C’est ainsi que le concert de WU LYF initialement prévu à la Rotonde, s’est vu offrir un ‘upgrade’ vers l’Orangerie. Une Orangerie pour le moins comble. Entre petits curieux, simples mélomanes et fans hardcore, le public de la salle bruxelloise est des plus éclectiques. Et c’est vers 21h15 que tous s’apprêtent à prendre leur claque ou pas. Les quatre Britons débarquent sur une scène devant une énorme représentation lumineuse du logo de leur formation. Ellery James Roberts prend place devant son synthé, de profil et tournant donc le dos à une bonne moitié de l’assistance. Elément secondaire s’il en est, tant l’attention et les attentes sont tournées vers la retranscription ‘live’ de leurs compositions.

« L Y F » donne le ton. Les cordes vocales éraillées de Roberts, qui sont en soi le principal attrait du projet, scandent les premières lignes avec force et détermination. Les quatre musiciens parcourent ensuite les morceaux de « Go Tell Fire To the Mountain » avec un flegme certain. L’Orangerie est à quelques lieues de la claque monumentale à laquelle elle était en droit de s’attendre tant le set souffle le froid et le chaud. Les Mancuniens, légèrement amorphes, balancent leurs compos les unes à la suite directe des autres sans la moindre trace de l’urgence qui émaille leur premier LP. Et lorgnent même parfois du côté de Vampire Weekend. Sans parler des rares interventions presque caricaturales de Roberts entre les morceaux…

Le moment le plus pénible sera sans conteste celui de l’intro de « Such A Sad Puppy » pendant laquelle la voix de Roberts a définitivement cesser d’opérer son charme tant le chant s’amalgamait un chouia trop à des lamentations. Ces instants de flottements, WU LYF les contrebalancent néanmoins par de purs moments d’extase (« Summa’s Bliss », « Spitting Blood », « We Bros ») dont le génial « Heavy Pop » incarnera le climax. Le groupe se retire au bout de 10 morceaux et 50 minutes chrono, sans rappel, créant la surprise d’une très large partie public. Les lumières se rallument presque aussi vite que les quatre membres de la fondation luciférienne s’en sont allés mais l’assistance reste sur place et continue à réclamer un Bis qui n’arrivera jamais. Au final, WU LYF se sera donné à 50%. Allez, rien que pour l’ambiance sur « We Bros », on va dire 55%. Sans forcément être expansifs, les gars auraient gagné à injecter un tout petit grain de folie supplémentaire au niveau de leur jeu scénique. Mais à en attendre trop, on ne récolte pas grand-chose…

(Organisation : Botanique)

 

The Fall

Vol au-dessus d’un nid de coucou…

Écrit par

The Fall est une formation mythique mancunienne née en 1976. A sa tête, Mark Edward Smith, un leader imbuvable qui doit avoir consommé une bonne trentaine de musiciens en 35 ans de carrière (NDR : il est âgé de 55 balais !) Mais il est aussi une figure culte qui a eu une influence prépondérante sur la scène underground. Même s’il appartient au mouvement post punk, il est à la noisy insulaire ce que Sonic Youth est à la noisy américaine. M’enfin ne soyons pas trop réducteur, puisqu’un jour le célèbre Dj insulaire John Peel a déclaré, au sujet de la formation britannique, qu’elle était toujours différente, mais toujours pareille. Sans doute parce que le goût prononcé pour l’expérimentation, affiché par Smith, n’a jamais été pris en défaut. Et les 27 albums publiés à ce jour en sont la plus belle démonstration. Le groupe se produisait donc ce mardi 6 mars à l’Aéronef de Lille, devant un peu plus de 300 personnes.

Il doit être 9h40, lorsque les musiciens montent sur les planches et entament une longue intro instrumentale. Un drummer, un bassiste, un guitariste et une claviériste habillée de rouge, un sac en bandoulière. Il ne lui manquait plus que le bonnet de laine, et elle pouvait aller faire son shopping à Oxford Street. Mark E. Smith débarque ensuite sur le podium. Chemise blanche, pantalon de tergal, veste en cuir, mince comme un fil de fer, son physique ressemble plutôt à celui d’un alcolo. Quant à son faciès, on dirait un hybride entre Michel Daerden et feu Raymond Goethals. Il a quatre micros à sa disposition, mais régulièrement, vient se servir de celui du gratteur ou de la claviériste. La musique est hypnotique, pour ne pas dire répétitive. Mais elle est diablement excitante. C’est toujours du post punk impétueux et sans concession, malgré les interventions un peu kitsch, aux sonorités eighties, dispensées par la claviériste… Smith déclame ou plus exactement braille des mots incompréhensibles. Tout au long du set, il laisse tomber ses micros (NDR : apparemment, ils sont incassables !), les ramasse, ne sait plus trop bien ou il les replace, et semble parfois surpris, lorsqu’il empoigne un support, au sommet duquel son porte-voix a disparu. Quand il ne déblatère pas, c’est pour déambuler sur l’estrade, afin de dérégler les amplis ou jouer sur les modulations du son. Ah oui, il lui arrive aussi de tripoter un micro-ordinateur. On ne sait d’ailleurs pas trop à quoi il sert. Le type doit avoir un grain, et on se demande si on n’est pas occupé d’assister pas à un remake du film ‘Vol au-dessus d’un nid de coucou’, avec Smith dans le rôle de Nicholson. Tout un cinéma au cours duquel, ses musicos restent imperturbables. En outre, ils sont très talentueux. Et tout particulièrement le drummer. Il est même époustouflant. Progressivement, on est totalement envoûté par le set. Et on ne sait vraiment pas pourquoi…

The Fall va même accorder un rappel de deux morceaux, avant d’abandonner un public séduit, mais interloqué…

(Organisation Aéronef)

 

Buraka Som Sistema

Gonna Make You Sweat

Écrit par

De bruit et de sueur ! Le passage de Buraka Som Sistema à l’Orangerie du Botanique est de ceux dont on se souviendra encore longtemps. En deux temps et trois mouvements du bassin, les Portugo-angolais ont enflammé la salle bruxelloise archicomble. Et vu le microclimat tropical qui y a régné en cette soirée du 3 mars, il est fort probable que les tubes de leur « Komba » résonnent encore en ses murs.

Il y a quelques semaines, Azari & III m’avaient pris un peu à revers en proposant un show qui était parvenu à faire bouger l’Orangerie comme on l’avait rarement vu. Ce 3 mars, les Lisboètes de Buraka Som Sistema ont mis la barre encore plus haute. Sur scène, un dispositif semi-live : les manettes de J-Wow et deux kits de batteries à leurs côtés. Un écran domine l’arrière de la scène. Il fait chaud sous le toit de l’Orangerie et ça ne fait que commencer.

« Macumba » donne le ‘la’. L’assistance commence à s’agiter. Et l’excitation est déjà à son comble dès le deuxième morceau, avant lequel apparaissent sur scène trois MCs, deux gars et une demoiselle déchaînée. Les premières notes de « Hangover (BaBaBa) » s’extirpent des baffles et la célébration du Kuduro peut démarrer tranquillement. Les morceaux de « Black Diamond » et de « Komba » s’entremêlent avec force et conviction. « IC19 », « Kalemba (Wegue Wegue) », « Eskeleto », « Hypnotized » s’enchaînent à un rythme effréné. Les corps alignés devant la scène se désarticulent à la même cadence.

Personne n’est épargné. Même les plus timides tapent du pied frénétiquement. Et encore davantage lorsque ce sont les tubes du collectif qui secouent les murs. « Aqui Para Vocês », « (We Stay) Up All Night » et, surtout « Sound Of Kuduro » donnent à l’Orangerie des allures de Club en plein cœur de la nuit. Et pris dans les filets de Buraka, aucun moyen de reprendre son souffle avant le rappel.

Un rappel au cours duquel les demoiselles, parfois légèrement vêtues, comme pour attester de la température estivale régnant sous l’Orangerie, sont gentiment conviées à se déhancher sur les planches. La troupe boucle ensuite ses valises au terme de l’ultime morceau d’un spectacle qui n’a pas failli un seul instant, laissant la grande majorité de l’assistance complètement trempée de sueur.

Portugal, Angola, Belgique, peu importe l’endroit, l’appel du Kuduro est de celui auquel il est impossible de résister. D’autant plus lorsqu’il est dispensé avec autant de force et de conviction. Buraka Som Sistema est définitivement l’une de ces formations à ne manquer sur scène sous aucun prétexte.

(Organisation : Botanique)   

Kasabian

Kasabian pas vraiment au zénith…

Écrit par

Initialement prévu à l’Aéronef de Lille, le concert a été déplacé dans une salle plus (trop) grande vu la demande exhaustive de tickets. Bien mal leur en a pris car le Zénith est loin de valoir l’Aéronef, tant au point de vue acoustique qu’au niveau de l’ambiance. Lorsque la petite salle surplombant le centre commercial d’Euralille est bondée, une chaleur et une communion se dégagent de cet espace où par ailleurs, le son est quasi toujours d’excellente qualité. Ce qui a loin d’avoir été le cas hier soir.

La grosse ‘industrie’ qu’est le Zénith accueillait bien un petit 3000 fans, soit une augmentation de 50 % par rapport à ce qui est possible de l’autre côté ; mais dans cet immense hall à peine à moitié plein et résonnant comme un fût vide, Kasabian avait la lourde tâche de se succéder à lui-même pour tenter, une nouvelle fois, de mettre le feu dans la métropole nordiste.

Contrairement donc aux deux sets précédents, la foule ne se presse pas en rangs compacts pour avoir la chance d’être au plus près des musicos. De toute façon, ici, un espace de près d’un mètre est réservé aux photographes, et aucun contact ‘tactile’ ne paraît autorisé !

Les gradins sont réservés aux VIP (?) et PMR (personnes à mobilité réduite), une cinquantaine de sièges tout au plus sont occupés, ce qui fait un peu ‘assistance à la messe le dimanche matin’… Le reste de la foule doit donc se contenter de la fosse afin sans doute de donner l’illusion au band de se produire devant une salle comble.

Dans ces conditions, j’ai déjà un petit goût amer en bouche, surtout après avoir vécu les deux concerts précédents où la bande à Tom Meighan avait littéralement tout balayé sur son passage !

En lever de rideau, l’occasion est donnée à Belakiss de se forger un nom de ce côté-ci de la Manche. Si ce quatuor ne se débrouille pas trop mal dans son style électro/pop/grunge, sa notoriété procède surtout de la présence de Miss ‘Tatia Starkey’, petite-fille de Ringo, batteur d’un des quatre Liverpuldiens les plus célèbres au monde. La fille… du fils… de l’ex-Beatle impose une présence, non pas par son jeu de basse (inaudible) mais par une plastique plutôt avantageuse, dont elle tire un tel avantage. D’ailleurs, on ne voit quasi qu’elle sur scène. Poupée (gonflée ?) dans un pantalon latex noir, poitrine aguicheuse, une épaule discrètement tatouée (on le remarque même du fond de la salle), elle ne laisse pas indifférente… Pourtant, les 5 ou 6 compos enchaînées par ses amis musiciens laissent deviner un potentiel intéressant. Petit bémol, je ne vois pas bien l’utilité de répéter à l’envi ‘Fuck’ ou un de ses dérivés tous les 15 mots…

Vite fait, bien fait, cette petite mise en bouche a pour effet d’ouvrir l’appétit des milliers d’aficionados venus (beaucoup) de Belgique, (nettement moins) de France, mais également d’Angleterre. Il n’est en effet pas rare que les 6 de Leicester emmènent une ‘cargaison’ de fans dans leurs valises…

Il est 21:03 lorsque résonnent les premières notes d’une courte intro (plus électro que ça, tu meurs) et que les rampes de spots déchirent les ténèbres. Sergio Pizzorno, seconde voix et seconde âme du groupe accompagne son comparse sur le titre inaugural « Days are forgotten », repris en force par la salle. S’il faut constater l’excellence de la prestation d’ensemble, on regrettera quelque peu la ‘retenue’ de Tom qui s’était fait remonter les bretelles, il y a deux ans, par un service d’ordre bien vite débordé et courroucé par l’attitude légèrement provocante du chanteur mué en meneur d’une bande d’excités de la pire espèce...

Aujourd’hui, de temps à autre et parcimonieusement, notre homme encourage bien les premiers rangs à danser, taper dans les mains ou pogoter. Mais il n’esquisse qu’un léger sourire lors de très rares ‘crowdsurfings’ et c’est tout pour cette fois. Bien trop souvent caché derrière ses lunettes de soleil, Tom se contente, non sans talent, d’interpréter la petite vingtaine de titres (j’en ai compté 17) issus des quatre albums publiés depuis la naissance de la formation.

Si quelques morceaux ‘déchirent’, on constate surtout que Kasabian est devenu au fil du temps et vu le nouveau line-up (Christopher Karloff a quitté le combo en 2006) une formation plus pop/rock que rock électro hip-hop. Des titres tels que « Lost Souls Forever », « Cutt Off », « Empire » ou « Club Foot » rappellent la grande époque alors que depuis trois ans et la sortie de « West Ryder Pauper Lunatic Asylum », les garçons sont devenus plus ‘calmes’, plus ‘raisonnables’. Dispensant une musique de haute qualité, à géométrie variable, le band s’est fait de nouveaux amis, sans aucun doute, mais a peut-être également perdu quelque peu son identité…

Nonobstant ce constat, force est de constater que Kasabian reste une fabuleuse machine de concerts qui multiplie les hits (« Velociraptor », « Re-wired », « Goodbye Kiss », « Fire », …) et joue remarquablement le jeu de l’alternance entre les plages représentant les différentes époques musicales.

Un décor austère mais un jeu de lumière époustouflant, six pylônes comportant chacun au minimum 6 phares de couleurs différentes et des rampes derrière le décor ou suspendues au-dessus de la scène donnent une impression de feu d’artifice qui correspond bien à l’ambiance voulue.

Une fois de plus, Kasabian démontre qu’il est devenu incontournable dans le paysage pop/rock/électro de la scène british, prenant même la tête du peloton au sein duquel militent les Arctic Monkeys, Franz Ferdinand et consorts.

Reste quand-même un (gros) regret… Je suis quasi certain que si les dispositions prises dès le départ, à savoir 2000 places dans l’Aéronef (NDR : et tant pis pour les autres), avaient été respectées, on se serait à nouveau tous retrouvés cul par-dessus tête. Et c’est bien la raison pour laquelle j’avais à nouveau fait le déplacement hier soir. Faudrait peut-être faire (re)lire aux organisateurs la fable de Lafontaine ‘La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Bœuf!’

Une petite déception pour un fan qui en attendait un peu (!) plus…

 

Page 90 sur 133