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À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

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Farfouiller dans la Pure Carrière…

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Dernier concert - festival

Kreator - 25/03/2026
Hooverphonic
Concerts

Editors

Un final hallucinant !

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La Caserne Fonck de Liège accueillait un concert surprise des Editors, ce vendredi 28 mai 2010. A peine 700 places avaient été mises en vente pour cet événement. Pas étonnant que le set ait été décrété sold out en deux temps trois mouvements. Mais pourquoi cette prestation ? En fait les Editors souhaitaient opérer un warm-up de leur nouveau spectacle prévu pour les festivals d'été. Au départ, le combo avait envisagé se produire dans une église. Mais ces édifices ne leur ouvrant que trop difficilement leurs portes, ils ont accepté de se produire à la Caserne, dont l’architecture offrait certaines similarités. Et puis quoi de plus logique de jouer à Liège, lorsque le lendemain, on est programmé au Pinkpop, dont le site n’est séparé que d’une petite heure de route.

Les réjouissances démarrent à 20h30. La formation sympathique Willow débarque sur le podium pour y dispenser un pop-rock de bonne facture. Peu bavards entre les morceaux, les musiciens dégagent cependant suffisamment de charisme pour chauffer la salle.

21h30 précises La bande à Tom Smith monte sur les planches. Immédiatement, le ton est donné. Le son est excellent. Les différents instruments libèrent des sonorités cristallines. Le combo semble avoir la pêche (NDR : à contrario de leur set accordé en 2008, à l’AB ; une prestation, soit dit en passant, qui m’avait laissé sur ma faim). La formation insulaire est, bien sûr, venue présenter son dernier opus ; mais elle a le bon goût de puiser sa set list au sein de ses trois elpees. Les tueries sont légion. Ce qui n’empêche pas le band de nous réserver quelques compos plus intimistes. A l’instar de "No Sound But The Wind", que chante Tom en s'accompagnant uniquement d’un piano. Une plage programmée entre "The Racing Rats" et "Smokers Outside The Hospital Door" (NDR : l’unique titre un peu trop mou à mon goût !) Imparable, "Papillon" achève le concert. Une heure au cours de laquelle les Brummies ont enchaîné douze titres, que Tom, dans un français quasi-impeccable, ose à peine perturber…

Pas le temps de reprendre son souffle que Tom, Chris, Russ et Ed remontent sur les planches pour se lancer dans un rappel. Qui s’étalera sur six titres. Mais si volet principal se concentrait essentiellement sur les tubes du groupe, le rappel nous proposera des morceaux moins connus, moins évidents à appréhender. Et en finale, le combo nous accordera une compo totalement hallucinante. Intitulée "Fingers In The Factories", elle constitue la cerise sur le gâteau, après une  heure et demie de concert.

Un grand merci aux Editors dont on attend, bien sûr, de nouvelles surprises de ce style…

(Voir aussi notre section photos)

 

 

Deadmau5

I Think I Smell A Rat

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Comment électrifier son public en un tour de main ? Derrière sa tête de rongeur, Joel Zimmerman ne laisse rien percevoir mais connaît sa leçon sur le bout des doigts. Ce 19 mai, le Canadien de 29 ans est venu présenter son dernier labeur, « For Lack Of A Better Name », lors d’un show à faire pâlir de jalousie Tiësto et consorts. Un choc visuel que les Daft Punk applaudiraient des deux mains.

L’Allemand Moguai, chargé de la première partie, semble s’éclater derrière ses platines. Sa House n’a rien de révolutionnaire mais permet à quelques motivés de pratiquer leur cardio avant l’arrivée sur scène du principal intéressé. Fait rare pour une première partie, les lumières de la salle brillent toujours de mille feux alors que le set du DJ est entamé depuis un long moment. Ce qui renforce le sentiment que Moguai comble l'attente en jouant le simple rôle de chauffeur de salle, et rien d’autre.

Un concert de Deadmau5, c’est la garantie d’en prendre plein les yeux. Les rideaux se lèvent vers 21h pour dévoiler une table de mixage oblique, en forme de V ; et un sacré dispositif de light show à l’arrière. Zimmerman, a.k.a. Deadmau5, apparaît derrières ses machines et sous un masque d’un blanc immaculé. Le DJ rentre dans le vif du sujet en balançant directement l’un de ses plus gros hits, « Moar Ghosts ‘n’ Stuff ». Le lightshow paraît à priori gentillet mais va prendre, au fur et à mesure, une dimension autrement plus spectaculaire. Les hits ultra-dansants s’enchaînent mais, pour la majorité du public, impossible de décoller les yeux de la scène.

Le rongeur exécute un véritable déballage d’effets visuels percutants. De la table mixage au masque du bonhomme, tous les éléments déployés sur scène disposent d’écrans digitaux. A chaque morceau son ambiance visuelle particulière. Le public en prend plein les mirettes mais un tel spectacle est à double tranchant. A vouloir épater la galerie, le cousin halluciné de Mickey Mouse fait malheureusement passer la musique au second plan. Cependant, que l’on aime ou déteste la House Progressive, impossible de ne pas reconnaître Deadmau5 comme l'un de ces artistes capables de vous scotcher du début à la fin de leur show. Avant de se retirer pour un ultime rappel, le Canadien clouera le bec aux spéculateurs en dévoilant son visage à l’assemblée. Histoire d’éviter une réputation d’escroc scénique à la Daft Punk ou MF Doom ?

A voir cet été au festival Pukkelpop.

Organisation : Live Nation

Rufus Wainwright

The Show Must Go On

Écrit par

En naissant au sein d’une famille comme la sienne, Rufus Wainwright était voué à devenir l’artiste qu’il est aujourd’hui. Fils de Loundon Wainwright III et de feue Kate McGarrigle, le singer-songwriter, aujourd’hui âgé de 36 ans, publie son sixième album studio, « All Days Are Nights : Songs For Lulu » dont la grande majorité des morceaux est dédiée aux membres d’une famille pour le moins artistique. De passage à Bruxelles, le Canadien a jeté son dévolu sur la superbe salle Henry LeBoeuf, l’âme musicale du Palais des Beaux-Arts, pour y présenter un spectacle particulièrement surprenant.

A quelques sièges près, la salle est comble. Vers 20h30 un collaborateur du Bozar s’avance sur le podium pour annoncer le programme. Plus qu’un simple concert, le public apprend que la représentation de Rufus Wainwright sera scindée en deux parties distinctes. La première est constituée d’un récital d’une heure. Pendant celui-ci, il est demandé au parterre de ne prendre aucune photo et de ne pas applaudir entre le moment où l’artiste apparaît sur scène jusqu’au moment où celui-ci l’a quitté. De quoi attiser la curiosité. La seconde partie, elle, est consacrée à la partie concert ‘standard’.

Seul un piano trône sur les planches. Lorsque les lumières s’éteignent, un silence de mort règne dans la salle. Rufus Wainwright s’avance à pas lents vers l’instrument, vêtu d’une sorte de toge bleue dotée d’une traîne interminable. L’ambiance dans la pièce est unique. A la fois intense et apaisante. Le chanteur s’installe délicatement sur son siège et entame son répertoire, centré essentiellement sur les compositions extraites de « All Days Are Nights : Songs For Lulu ». « Martha », dédié à sa talentueuse frangine, le trio de « Sonnet », « What Would I Ever Do With A Rose ? » ou « Les feux d’artifices t’appellent » s’enchaînent tandis que l’auditoire écoute, dans un respect le plus total. Et, pourtant, ce n’est pas l’envie d’applaudir cette superbe prestation qui manque. Une heure plus tard, Wainwright se retire de la scène. Sa démarche fantomatique communique une atmosphère toute théâtrale à la prestation sans faille de l’artiste.

Après un court entracte d’une vingtaine de minutes, le chanteur est de retour sur scène, souriant, décontracté. Il remercie le public pour le respect qu’il lui a témoigné pendant la première partie et entame une seconde partie de spectacle qui parcourt un large pan de sa discographie. Pas avare en paroles, il évoque son opéra « Prima Donna », son père, ses sœurs, son petit ami et, surtout, sa mère décédée en janvier dernier. Il reprend d’ailleurs « Walking Song », un morceau des sœurs McGarrigle. Le Canadien en profite également pour manifester sa colère, suite à l’attentat déjoué deux jours auparavant, qui s’est produit en plein Manhattan, et rend un vibrant hommage à New York au son de son tube « Going To A Town ». Le deuxième volet du set s’achève au bout d’une heure vingt par une ‘standing ovation’ tout à fait méritée. Wainwright est sans nul doute ce que l’on appelle un artiste accompli.

(Organisation : Live Nation)

Benjamin Biolay

Benjamin, LE Superbe !

Écrit par

‘Benjamin Biolay ne fait rien comme les autres et pas grand-chose pour qu’on l’aime’ ! J’avais lu cette phrase au sein d’un article, mais je ne me souviens plus de sa source. N’ayant que ma curiosité à opposer à ces paroles pas très ‘sympathiques’, je me demandais qui donc et surtout pourquoi on pouvait bien véhiculer ce genre d’affirmation gratuite… N’étant jamais si bien servi que par soi-même je décidai donc de vérifier la véracité ( ?) de ces propos.

Bien avant son entrée en scène, Biolay avait convié un duo bruxellois plutôt insignifiant pour ouvrir l’appétit d’un public éclectique où jeunes, moins jeunes et pas jeunes du tout même se pressaient afin d’entendre ce ‘mutant’ de la chanson française. Ses géniteurs seraient tous deux… masculins, le premier pourrait être Gainsbourg dont il aurait hérité le don des mélodies, le sens de l’orchestration et… la clope souvent suspendue aux lèvres. Le second pourrait être Bashung à qui il aurait hérité de la voix à la fois chaude et rocailleuse ainsi que la facilité d’écrire des textes d’une beauté et d’une justesse incomparables. Et puis, n’aurait-il pas eu comme ‘nounou’ Etienne Daho qui lui aurait laissé comme bagage le sens du rythme pop des eighties ?

Encore tout auréolé de son trophée aux victoires de la musique et à peine sorti d’un scandale médiatisé à souhait par la presse people, le plus mélancolique des sombres chanteurs français avait mis les petits plats dans les grands jeudi soir à Lille. Devant une salle comble (NDR : deux mille personnes entièrement dévouées à sa cause), l’ex-mari de Chiara Mastroianni, en compagnie de laquelle il avait signé un elpee de duos piquants et amoureux, nous l’a joué dandy, tendre et sensuel à souhait.

Benjamin sait que le public sera chaud/bouillant dès les premières notes et mots qui émergeront de l’obscurité. Et il se fait désirer pendant près de 40 minutes. Après les petits zakouskis sans saveur servis par le supporting act, de quoi encore faire monter la pression. Et inévitablement, dès les premiers accords de « Pour écrire un seul vers », c’est le délire dans les travées de l’Aéronef. Pari gagné pour ce beau brun un peu timide, réservé, qui remercie gauchement, et dix fois plutôt qu’une, ses admirateurs.

Un piano à queue noir trône au milieu de la scène devant un décor romantico-baroque, dont les pans de murs aux hauteurs différentes sont recouverts de feuilles d’aluminium qui scintillent aux rythmes des ballades chaloupées du ‘quintet biolesque’. Cinq, ils sont cinq pour donner vie au monde musical de Benjamin.

Une harpiste/violoncelliste/choriste, deux guitaristes, un batteur et un claviériste/touche à tout (utilisant le theremin, espèce de scie musicale) démontrent par cette richesse instrumentale, toute l’étendue du talent affiché par le beau Lyonnais. Le sixième c’est lui, seul au piano pour quelques morceaux plus intimes dont le sublime « Ton héritage » et une fois, une seule à la trompette, dos au public comme gêné de souffler, peut-être, dans un instrument un peu ringard aux yeux de ses fans…

Il faudra cependant plus d’une demi-heure pour que la tension, espèce de vernis dont est recouvert Benjamin, se craquelle. Enveloppé dans une timidité, une gêne quasi palpable, le trentenaire ténébreux lâchera enfin les chevaux à partir de « Lyon presqu’île » mais surtout « Prenons le large », repris en chœur par une salle en ébullition. 

Jouant à saute-mouton dans son répertoire, alternant le piano-voix (« Nuage Noir », « Novembre toute l’année », « Négatif »), les ambiances vaporeuses (« Même si tu pars »), la pop eighties (« Si tu suis mon regard », « Qu'est-ce que ça peut faire ? »), le déchirement glacé (« Night shop »), les boucles électro (« L'espoir fait vivre ») ou la nostalgie dansante (« Lyon Presqu'île »), Benjamin se remue, complètement décomplexé à présent, levant le poing plus souvent, et sur « A l'origine », finit même par se rouler par terre en vociférant, dans un tonnerre de guitares-batterie très réussi.

Deux heures passent hélas très (trop) vite et au vu du catalogue musical de Benjamin Biolay, on aurait volontiers écouté une dizaine de morceaux en plus ; car c’est réellement un très grand compositeur, un musicien hors pair et un arrangeur exceptionnel qui nous fait face ce soir.

Quatre rappels seront accordés dont le splendide « Padam », mais en guise de clôture, définitive cette fois, en duo avec sa complice harpiste, il nous délivre le déjà mythique « Brandt Rapsodhy » évoquant une liaison par post-it interposés ; et il met le doigt là où ça souffre, passant des éclaboussures d’un grand amour à une déchirure brutale.

Une fin dramatique pour un spectacle tout en nuances, sombre et lumineux, mélancolique et mélodique.

Quel est le con qui a dit : ‘Benjamin Biolay ne fait rien comme les autres et pas grand-chose pour qu’on l’aime’ ?

(Voir aussi notre section photos)

Organisation Vérone Prod 

Renan Luce

Spectacle tous publics…

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Vu l’immense succès de « Repenti », son premier album, sorti en 2006, Renan Luce s’est fait une place au soleil dans le milieu de la chanson française. Le public est charmé par les accords simples et les textes à la fois authentiques et fantaisistes de « La Lettre », des « Voisines », de « Monsieur Marcel » ou encore de « Repenti ». La tournée/révélation qui s’en suit est une réussite même si à cette époque, découverte oblige, ce sont les ‘petites salles’ qui sont privilégiées.

Le succès de son premier opus n’est pas encore froid qu’il enregistre déjà une seconde plaque, « Le Clan des Miros », en compagnie de ses compagnons de scène. Une nouvelle fois, le succès est au rendez-vous grâce à « La fille de la Bande » et « On n’est pas à une bêtise près » (générique du film « Le Petit Nicolas »). Et notre Renan de repartir sur les chemins afin de rencontrer les attentes d’un public de plus en plus nombreux. C’est donc au cœur d’enceintes un peu moins discrètes, cette fois, qu’il opère son retour.

Ce mercredi, près de 2 500 personnes ont réservé leur sésame pour aller écouter ce nouveau genre de poète. L’auditoire est en grande partie féminin et de tous âges, même si on croise également quelques messieurs qui, soit accompagnent madame, soit ont décidé d’emmener toute la petite famille pour un spectacle tous publics. Les isolés sont plus rares, quoique ; tassé près de la scène un instit de la région est visiblement fan. Et pour cause, pour la onzième fois en quatre mois, il a fait le déplacement… Alors que le Zénith peut plus ou moins contenir le double de monde, c’est avec une légère impression de vide, surtout dans les gradins, que la soirée débute.

Pour ouvrir le bal, Benoît Dorémus, ami personnel de Renan, nous interprète seul à la guitare acoustique la dizaine de chansons qui peupleront bientôt son nouvel album en gestation. De jolis textes très actuels (écologie, Obama, …), de non moins jolies mélodies nous font patienter gentiment en attendant la vedette annoncée.

Sans aucune manifestation d’impatience, le public bon enfant attend sagement les premiers accords joués à la gratte par le trentenaire. Et c’est parti pour une petite vingtaine de titres, rappels compris. Comme lors de la tournée précédente, les quatre mêmes acolytes accompagnent le Breton d’adoption : un batteur, un guitariste/ukulélétiste, un contrebassiste et un homme à tout faire (guitare, percussions, claviers). Tous apportent également leur contribution vocale lorsque le besoin s’en fait sentir. Si la majorité du répertoire est relativement calme, des titres tels que « La fille de la bande », « Les voisines », « On n’est pas à une bêtise près » invitent cependant à une participation plus active, ce que les spectateurs comprennent rapidement.

Pour tout décor, tout en douceur, et en parfaite harmonie avec le répertoire proposé, Renan dispose un léger voile de perles permettant un jeu subtil d’ombres chinoises et susceptible également de servir d’écran sur lequel figurent, au fil des chansons, les personnages et les scènes évoqués. Les maîtres mots de la soirée sont charme et tendresse.  En effet, charmant et tendre à la fois, Renan Luce, non sans humour, parvient à faire frémir son public. Tous, quel que soit leur âge, fredonnent de temps en temps un couplet. Certains parfois chantonnent discrètement une chanson complète, la palme revenant sans conteste à Juliette, neuf ans, juste à côté de moi qui connaissait intégralement les paroles de « Repenti ». Entamée timidement, la prestation ira crescendo et on en dira de même de l’attitude des fans qui termineront la soirée en acclamant longuement et méritoirement leur favori qui, visiblement aime beaucoup être ovationné...

Une petite fête de la musique a déjà eu lieu hier à Lille. Bon enfant, familial, sans prétention outrancière, le programme proposé a véritablement fait des heureux. Il suffisait de voir les yeux étincelants des enfants pour s’en convaincre…

Mais il est près de 23 heures. Il est donc grand temps pour tous ces marmots d’aller au lit. Heureusement, comme s’il avait prémédité son coup, Renan a chanté un mardi soir. Mais comme le mercredi, il n’y a pas d’école pour les petits fans français... Et puis de toute façon, on n’est pas à une bêtise près !

(Voir aussi notre section photos)

Organisation A Gauche de La Lune 

LCD Soundsystem

Presque au 7ème ciel…

Écrit par

2010 sera l’année LCD Soundsystem. Après trois années d’absence, faisant suite à la publication du sublime « Sound Of Silver », James Murphy, tête pensante du combo newyorkais, revient au galop pour présenter son troisième et très probablement dernier opus. Il s’intitulera « This Is Happening » et est déjà annoncé comme l’album de l’année. Le leader de DFA se produisait ce mercredi 5 mai, à l’AB, pour un show qui a tenu toutes ses promesses. Ou presque…

Depuis belle lurette le concert est sold out et les petits veinards détenteurs d’un ticket ont la chance, ce soir, d’assister à une soirée 100% DFA. En première partie, YACHT, l’une des dernières signatures du label, ouvre les festivités. Un combo originaire de Portland, emmené par le duo Jona Bechtolt/Claire Evans. Très rapidement, il trouve ses repères et en un clin d’œil, les musiciens balancent la sauce. Responsable de l’excellent « See Mystery Lights », YACHT transpose ses titres avec une énergie extravagante. Qui de mieux que cette paire entourée de trois autres musicos pour débuter cette soirée ? Leur tracklisting va notamment inclure « Ring The Bell », « The Afterlife » et le torride « Psychic City (Voodoo City) ». YACHT nous quitte malheureusement trop tôt ; mais à l’issue d’une demi-heure jouissive ! La nuit est chargée de promesses…

Entre les deux prestations la période est douloureuse. Certains ont les nerfs qui lâchent tandis que d’autres, plus patients, attendent religieusement la venue de la bande à Murphy. Sans se faire pourtant prier, LCD débarque sur les planches. Vêtu de son immanquable short de plage, Pat ‘Drum Machine’ Mahoney, donne le tempo. « Us V Them » est propulsé telle une boule de neige balancée en pleine face ! Eclairage disco et énorme globe à facettes : que la fête commence ! Le son est impeccable. Pas le moindre dérapage. James assure les vocalises et tâte de quelques percussions tandis que Nancy, Tyler et encore Gavin Russom (oui, oui le bonhomme à l’horrible coupe de cheveux) assurent respectivement la basse, la guitare et les machines ! « Yr City’s A Sucker », « Daft Punk Is Playing In My House », « Movement », « Tribulations », « Someone Great », « All My Friends » et même la tuerie « Yeah (Crass Version) » s’enchaînent sans jamais s’égarer. On en prend plein la gueule. Le public titube et n’hésite jamais à mouiller sa chemise. Pourtant, on a parfois l’impression que le combo ne se livre pas à fond. Sans doute à cause de cette attitude nonchalante des musiciens. Mais manifestement, le cœur y est. Est c’est inévitablement sur « New York I Love You But You’re Bringing Me Down » que James Murphy et ses comparses terminent un concert rondement mené ! Véritable génie, et à mes yeux, le mec du siècle dans sa catégorie, c’est avec un petit pincement au cœur qu’on le voit s’en aller pour peut-être ne plus revenir au sein de LCD Soundsystem.

Si j’ai un reproche à émettre, c’est vis-à-vis de la sortie du nouvel elpee. Bien trop tardive. D’ailleurs, les Newyorkais n’ont interprété que trois titres de leur nouveau long playing, dont la sortie est prévue pour ce 17 mai ; c’est-à-dire « Drunk Girls », « I Can Change » et « Pow Pow ». Néanmoins, cette soirée du 5 mai constitue pour la majorité du public présent ce concert, un remake –peut-être un rien moins parfait– de leur set accordé sur les mêmes planches, un certain 16 mars 2003. Quoiqu’il en soit, la performance était fabuleuse ; et puis, James Murphy est âgé de 40 balais. Sa vie est déjà bien remplie. Et il n’a plus rien à prouver. Chapeau bas James…

(Organisation : Live Nation)

 

Eagle Seagull

De drôles d’oiseaux…

Écrit par

Eagle Seagull (traduction littérale, l’aigle goéland) est un curieux patronyme choisi par une formation issue du Nebraska, fondée en 2004. Responsable d’un excellent second opus, en mars dernier (« The Year of the How-To-Book »), elle se produisait au Witloof Bar du Botanique, ce 27 avril. Pas la grande foule cependant pour accueillir ce combo yankee. Et pour cause, leur notoriété dépasse à peine la zone crépusculaire de l’underground. Pourtant, il affiche un fameux potentiel, susceptible de drainer un large public. Il faudra cependant faire preuve de patience, avant de le voir concrétiser ses rêves…

Eli Mardock et sa compagne Carrie ‘Eddie Sedgwick’ Butler sont les leaders du band. Ils se plantent au beau milieu de la scène, entourés d’une multitude de claviers. J.J. Idt s’installe à gauche. C’est le guitariste. Il affiche un look de bûcheron. Le jeune Mike Overfield se poste du côté droit. Il est vêtu d’un sweater à capuche. Le drummer prend un certain recul, par rapport au podium. C’est apparemment le musicien le plus âge de l’équipe. Les attitudes du couple sont très rock’n’roll. Glamoureuses, même. Ou si vous préférez, professionnelles. Les meilleurs titres de leur dernier elpee défilent. Le timbre vocal d’Eli rappelle, manifestement, celui de l’ex-chanteur de Pulp, Jarvis Cocker. Quant à la musique, pop et dansante, elle navigue quelque part entre le Bowie des 70’s et Arcade Fire. Jusqu’alors tout baigne. Mais progressivement, on ressent un certain malaise. Le climat entre les musicos du groupe ne semble pas au beau fixe ; et ils ne cherchent guère à établir la moindre communication avec le public. On a même parfois l’impression qu’ils (se) font la gueule. Et J.J. Idt, le guitariste, tout particulièrement. A moins qu’il ne s’em*****. Quand à Eli, son regard se perd dans les méandres de son étonnante tignasse. De quoi plomber l’ambiance. D’autant plus que les compos se révèlent, au fur et à mesure, de moins en moins contagieuses. Seul le violon de Carrie Butler parvient alors à maintenir le fil conducteur. Heureusement, la fin de parcours est bien plus excitante. Et le set de s’achever en force par « You’re the Reason Why I’m Afraid to Die », c'est-à-dire le meilleur morceau de « The Year of the How-To-book ». On aura même droit à un rappel, au cours duquel les membres de la formation vont enfin esquisser un sourire.

Si Eagle Seagull veut vraiment décoller, il a tout intérêt à soigner son jeu de scène. Les compos de leur long playing, ont beau se révéler superbes, dansantes et lyriques, leur transposition en ‘live’ ne m’a pas vraiment convaincu. Les natifs de Lincoln ont tout intérêt à se secouer les puces, s’ils veulent vraiment s’extraire de l’anonymat. Suffit pas d’avoir le potentiel, il faut aussi vouloir le démontrer…

Organisation Botanique.

These New Puritans

Drum’s Not Dead

Écrit par

En 2008, These New Puritans se produisaient à l’Ancienne Belgique, dans le cadre des Now:Series sur la scène d’une ABBox comptant une cinquantaine de curieux tout au plus. Forts d’un nouvel LP à l’ambiance sombre et ‘tranchée’ ainsi que d’une tournée aux côtés de The XX, les quatre Anglais récoltent les fruits de la hype en se produisant à guichets fermés sous la coupole de la Rotonde du Botanique.

En guise de mise en bouche, These New Puritans propose « Time Xone », suivi immédiatement de « We Want War », le premier extrait de « Hidden ». Un morceau long de plus de sept minutes, magnifié par un emballage très cinématographique. Le genre de compositions qu’un réalisateur de film glauque en quête de fond sonore ne renierait pas. Outre la tendance à produire des morceaux pop déconstruits, le son caractéristique de la formation originaire de Southend-On-Sea procède essentiellement de l’effet fulgurant des grosses caisses. George Barnett, préposé à la batterie, tape très fort. Et lorsque les percussions de Thomas Hein viennent s’y greffer, les chansons de These New Puritans prennent une dimension presque oppressante. Dans le bon sens du terme. A cela s'ajoutent les instruments insolites tels le hautbois ou encore des couteaux (!) qui procurent toute leur richesse aux écrits de la bande. Et il faut l’avouer, sans cette instrumentation, These New Puritains ne serait qu’un groupe pop parmi d’autres.

« Three Thousand », « Numbers (AKA Numerology) », « Orion », « Fire-Power », « Attack Music », « Infinity Ytinifni » s’enchaînent en toute cohérence. Mais certains morceaux souffrent d’une similarité flagrante, ce qui rend la prestation moins percutante. Jack Barnett s’adresse à plusieurs reprises à la foule avec un accent à couper au couteau et un chouia trop de reverb’ dans le micro. Le mec aurait pu parler en chinois que l’effet aurait été identique… Le set s’achève sur le single « Elvis », en guise de rappel. Un concert d’une heure tout rond. Une prestation pas désagréable mais manquant cruellement de relief.

(Organisation : Botanique)

Crystal Castles

Thunderstruck

Écrit par

Tout au long de leur premier LP, Crystal Castles était parvenu à donner une nouvelle dimension au ‘chiptune’, en l’assénant d’un électrochoc punk bien balaise. Les Canadiens, réputés pour leurs shows chaotiques, ne se sont pas laissés impressionnés par un vulgaire nuage de cendres. Ils ont donc, comme prévu, posé leurs semblants de bagages sur la scène de l’Orangerie et terrorisé l’assemblée au son des tueries qui composeront leur deuxième œuvre éponyme, à paraître ‘incessamment sous peu’.

Sur le coup des 21 heures, l’Orangerie du Botanique est bondée. Peut-être même davantage que d’ordinaire. Et le public bouillonne déjà. Ce qui explique peut-être les barrières placées devant le podium. Oui, oui, des barrières de sécurité ! Au Botanique ! Ca promet… Alice Glass et Ethan Kath vont être servis en matière d’ambiance. La salle est soudainement plongée dans une obscurité intégrale. Un son strident marque le début des hostilités. Le duo, accompagné en mouture ‘live’ d’un batteur, apparaît sur les planches et engage un premier extrait de son nouveau recueil. Seul un subtil jeu de lumière éclaire la scène par intermittence. Alice malmène le micro d’une main, et un stroboscope de l’autre. Pas plus de 5 minutes plus tard, on comprend que Crystal Castles est un véritable rouleau compresseur en matière de prestation ‘live’.

Les nouveaux morceaux produits par Paul Epworth (Bloc Party, The Rapture, etc.) emballent le public presque autant que les extraits du premier éponyme. « Baptism», « Celestica » ou l’incendiaire « Doe Deer » passent sans encombre l’étape de la scène. Mais ce sont essentiellement les vieux tubes qui font péter les plombs de l’assistance. Ainsi, les premières notes de « Air War », « Courtship Dating », « Crimewave » ou ceux de « Alice Practice » soulèvent instantanément  l’Orangerie. Et pourtant, certains demeurent statiques. Incompréhensible…

Ethan est plutôt discret, dissimulé derrière ses manettes. A l’inverse, Alice chauffe le public comme pas deux. A plusieurs reprises, elle s’élance au cœur de la foule. La petite Canadienne est simplement impressionnante. Le set de Crystal Castles est plutôt dark et d’une intensité rare. Un vrai show ‘in-your-face’. Mais la fin du concert survient brusquement, au bout d’une heure pile. La formation se retire sans crier gare et les lumières de la salle rappellent le public à la réalité. Pas de rappel. Les salauds ! Il faudra attendre cet été et le Festival Les Ardentes pour obtenir une nouvelle dose de Crystal. Et le manque se fait déjà ressentir.

(Organisation : Botanique)

 

Caribou

Free As A Bird

Écrit par

En 2008, les drôles d’élans ont parcouru les plaines d’« Andorra » et ont suscité, sans vraiment le vouloir, la curiosité de plusieurs milliers de "tree-hugging hippies" de tous bords. Les yeux tournés vers l'horizon, ces derniers attendaient impatiemment le retour de l’espèce convoitée. En 2010, c’est chose faite depuis la publication de « Swim », un troisième LP au cours duquel Caribou est parvenu à s’élancer encore plus loin. Au cours de son périple, le gibier Canadien n’a pas oublié de poser ses pattes dans nos contrées, du côté du Beurskaffé, en plein centre de Bruxelles.

La salle affiche complet depuis quelques jours. La capacité du lieu est assez moyenne, ce qui le rend d’autant plus convivial. Il est 21h15 lorsque Derwin, le panda d’Essex débarque sur les planches. Derrière ses manettes et son laptop, Gold Panda est tout content. Normal, il a été désigné par la BBC comme l’un des grands espoirs de 2010 aux côtés d’une dizaine d’artistes dont la carrière a déjà bien décollé, à coups de buzz (Delphic, Two Door Cinema Club, The Drums, Owl City, Marina & The Diamonds, etc.) Sous son déguisement, Gold Panda exécute une électro à la fois minimale, planante et engageante, extraite de ses nombreux Eps. Le petit dernier, « You », sera d’ailleurs disponible dès le 10 mai, soit 6 jours avant sa prestation sur la scène du chapiteau aux Nuits Botanique. Le Briton jouera aux côtés de The Field. Et il y a fort à parier que les fans de ces derniers se rallieront sans hésiter à la cause du panda doré.

Sur le coup des 22h, Dan Snaith et ses trois musiciens prennent place sur la (petite) scène du Beurskaffé. Tout de blanc vêtus, les quatre hommes ne perdent pas une seconde et plongent immédiatement le public dans le vif du sujet. Il est loin le temps où Snaith portait encore le sobriquet de Manitoba. Ce soir, Caribou célèbre la sortie de « Swim » et souligne cet événement en jouant la quasi intégralité de l’œuvre. Le set est donc à l’image du disque : une ode à la liberté mariant électro, rock et psyché. Un retour aux sources plutôt bien négocié. Les morceaux « Bowls », « Kaili » et « Odessa » valent à eux seuls leur pesant d’or. Derrière les musicos, leur incontournable écran diffuse en continu l’artwork de « Swim », modulé par des couleurs trippantes. Les stroboscopes n’en finissent pas de crever les yeux des spectateurs tandis que Snaith élance ses splendides complaintes. L’une des rares incursions dans le passé se produira lorsque le combo se lancera dans l’interprétation de « Sundialing » et l’essentiel single « Melody Day ».

Après une petite pause, Caribou revient pour un bis repetita au cours duquel des « Swim » et « Barnowl » majestueux plongent le public dans un océan de beats magistraux. Un set parfait en tous points. Lors de ses pérégrinations estivales, l’oiseau rare survolera la plaine de Kiewit, le temps d’un passage au Pukkelpop. Et si vous n’y êtes pas, c’est que vous êtes fous.

(Organisation : VK*)

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