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A Place To Bury Strangers

Plus vite que son ombre

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Les fossoyeurs de Brooklyn ont marqué 2008 d’une essentielle épitaphe éponyme. Et ils se produisaient sur les planches de l’Orangerie du Botanique, ce 21 novembre. Histoire de réveiller les morts, A Place To Bury Strangers y ont présenté « Exploding Head », un second ouvrage qui porte bien son nom. Chronique d’un concert-éclair.

Faux départ ! Ne raffolant pas spécialement des élucubrations de Dag För Dag, prévu en première partie, j’arrive au Botanique au moment où leur set devrait s’achever. Mauvaaaaaise décision ! La formation s’est désistée. Résultat des courses, A Place To Bury Strangers est déjà sur les planches, une bonne demi-heure d’avance sur l’horaire prévu. Pas le temps de se préparer psychologiquement et auditivement, le trio est d’ores et déjà occupé de faire péter les décibels, au-delà de la limite autorisée. Oliver Ackman, Jono Mofo et Jay Space se produisent dans une quasi-obscurité. Seules les images défilant sur le grand écran placé à l’arrière de la scène permettent d’entrevoir le visage des New-Yorkais.

Les morceaux de « Exploding Head », le deuxième opus actuellement disponible en import, défilent à toute vitesse. La prestation est bien plus froide et linéaire que celle que A Place To Bury Strangers avait accordé en avril à l’ABClub dans le cadre du festival Domino. A moins de les avoir manqué en début de set, les morceaux de la première galette semblent snobés par le trio. Un petit « To Fix The Gash in Your Head », très vite exécuté, fini par être placé en fin de parcours. Un parcours qui se clôture par une démonstration de force. Ca tape fort, ça gratte plus vite que l’éclair et ça tente d’envoyer les épileptiques au tapis... De mon côté, je baille. Yeah, trop puissant les gars... Et voilà qu’ils se barrent sans dire au revoir ni même se retourner. Des morts à enterrer de toute urgence peut-être ?

(Organisation : Botanique) 

Akron / Family

Les enfants terribles du folk

Écrit par

Akron/Family a beau avoir perdu un membre clé en chemin, il n’a rien perdu en énergie. Quelques mois après avoir présenté aux Nuits Botanique sa première œuvre en tant que trio, la formation New-Yorkaise faisait un retour discret mais puissant sur les planches de l’Orangerie du Botanique.

Akron/Family n’est pas une de ces formations médiatique, comme le prouve le parterre très éparpillé et le rideau à l’arrière de la salle, réduisant la capacité de celle-ci. Pourtant, le trio vient de publier l’un de ses meilleurs ouvrages à ce jour. « Set ‘Em Wild, Set ‘Em Free » représente le psyché folk dans toute sa puissance, avec ce grain de folie en plus qui marque toute la différence. Après une petite entrée en matière très nature, Seth Olinski, Miles Seaton et Dana Janssen se placent devant leur décor plutôt kitsch et entament un « Gravelly Mountain Of The Moon » tripant. La formation rallonge ses compositions et s’engage dans des divagations instrumentales électrifiées. Janssen est infatigable derrière ses fûts tandis que Seaton joue aux savants fous derrière son synthé et sa basse et qu’Olinski remédie efficacement à l’absence de Ryan Vanderhoof au micro.  

Bien qu’ils jouent dans des salles plus larges depuis la sortie de « Set ‘Em Wild, Set ‘Em free », les gars d’Akron/Family n’ont rien perdu de leur simplicité, qu’ils distillent remarquablement sur des morceaux comme « River » ou l’énormissime « Ed is A Portal ». Lors de leurs grandes envolées psychédéliques, les chevelus s’excitent sur leurs instruments. Ce qui octroie à des morceaux tels que « Future Myth » et « Everyone Is Guilty », un côté épique, bonifiant ainsi l’œuvre du trio. Comme de coutume, la bande clôture son set sur un morceau 100% unplugged. « Woody Guthrie’s America », reprise de Crosby, Stills & Nash, finit de démontrer le talent incontestable de ces folkeux. Après un set pareil, difficile de comprendre les raisons pour lesquelles Akron/Family ne déchaîne pas (encore) les passions…   

(Organisation : Botanique)

The Prodigy

Take Me To Your Leader

Écrit par

Enorme. Tel est le seul mot qui qualifie, avec justesse, le concert que les trois Britons sans foi ni loi, ont accordé à un Forest-National comme on l’a rarement vu. Fort d’un cinquième ouvrage qui marque un joli retour aux sources, The Prodigy a donné aux riverains de la salle forestoise une nouvelle raison de se plaindre !

En guise de mise en bouche, la petite bande de pseudo-métalleux, Enter Shikari. D’aucuns voit cette formation comme le renouveau du métal mais sur scène, le quatuor est d’une incohérence désolante. Leurs compositions sonnent comme un melting-pot irréfléchi de tous les beats électroniques et riffs de guitares qui leur a été donné d’entendre. Au micro, les quatre ados alternent entre chant et rap. Tenteraient-ils un revival du Nu-Metal ? En tout cas leur présence sur les planches semble essentiellement ravir les plus jeunes du public. Au moins, ils n’auront pas manqué leur cible.

A l’entracte, un gros son électro s’échappe des baffles. L’euphorie est immédiate. A gauche, à droite, devant, derrière, dans les gradins. Le public se trémousse tandis que la tension, palpable, grimpe de façon exponentielle. A 21h20, les lumières s’éteignent, laissant place à l’énorme light show du trio. Sous l’étendard de la fourmi, tout le monde est réuni pour la même cause. Maxim et Keith Flint s’approchent dangereusement du public tandis que les premières notes de « World’s On Fire » font vibrer le sol. En moins de vingt secondes chrono, Liam Howlett, littéralement dissimulé derrière ses machines, lance l’assaut. Le parterre s’élève comme un seul homme, des premiers aux derniers rangs. Du côté des gradins, la sécurité à du mal à contenir l’enthousiasme de la foule. D’autant plus que les gaillards enchaînent tubes sur tubes, De « Breathe » à « Voodoo People » en effectuant un passage obligé par « Firestarter », « Omen » et « Warrior’s Dance ». Aucun temps mort. Les deux interprètes provoquent le public, l’incitent à se déchaîner davantage. Et celui-ci s’exécute avec un plaisir masochiste non dissimulé.

Difficile de reprendre son souffle lors d’un concert de The Prodigy. Un répit, sous la forme de « Omen (Reprise) », permettra à l’assistance de respirer un peu. Mais l’interlude sera de très courte durée, le trio enchaînant sur le titre-maître de leur dernier recueil. Le set s’achève par l’inattendu « Diesel Power » et l’autrement plus espéré « Smack My Bitch Up ». Après une heure de déflagration sonique, le public semble être loin de rendre les armes. Liam, Keith, Maxim et leurs deux musiciens discrets, reviennent au bout de quelques secondes et attisent les flammes en s’engageant dans un « Take Me To Hospital » retentissant. « Out of Space » et l’énorme « Their Law » clôtureront le marathon electro-rock inespéré. Les lumières se rallument lentement dévoilant les séquelles de l’heure et demie écoulée. Des visages rougis et dégoulinant de sueur, affichant de très larges sourires et affublés de vêtements complètement trempés se dirigent vers la sortie, laissant derrière eux un voisinage littéralement secoué par la puissance du show.

Organisation : Live Nation

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Orishas

A Lo Cubano. 10th Anniversary Tour

Écrit par

« A Lo Cubano », le premier album d’Orishas est sorti en 1999. Il marque, à l’époque, les esprits des aficionados. C’est l’introduction d’un genre nouveau, le mariage déroutant entre hip hop et musique latino. Dix années se sont écoulées depuis. Entretemps, quatre autres albums ont suivi (dont une compilation), et le succès est toujours au rendez-vous. La formule passe quasi partout. Pour preuve, mardi soir, l’AB affichait complet, une fois de plus !

Pour marquer le coup, les trois phénomènes du projet, Roldàn au look un peu ‘street boy’, Ruzzo le beau latino, Yotuel le gentleman charmeur, ont voulu offrir à leur public un show où tout ce premier album serait interprété dans son intégralité… Un concert crescendo et scindé en deux parties. La première reprenant fidèlement chacun des 14 morceaux de l’album. Deux bonnes heures de show, en continu ! Et ce, sans compter le warm-up de DJ Sonar, qui rappelons-le, a accompagné Orishas en tournée, pendant 4 ans.

Accompagné sur scène par un Dj et un percussionniste, Orishas attaque d’emblée par « Represent », un des morceaux les plus connus du grand-public. Les fans d’origine latine se sont pressés en masse à l’avant de la salle ainsi qu’aux balcons proches de la scène. Un drapeau cubain flotte d’ailleurs au premier rang. L’ambiance plutôt calorifère donne la mesure. Les trois voix font monter la pression et enchaînent les succès les uns après les autres. « A lo Cubano » et « 537 Cuba » NDR : leur célèbre reprise de « Chan Chan » du Buena Vista Social Club) sont chantés par les centaines de personnes présentes. Et il fait chaud ! On manque même de place pour pouvoir se dandiner…

Après avoir célébré le premier opus comme il se doit, le combo continue sur sa lancée. Déjà 1h10 de concert et c’est à peine la moitié du spectacle ! La suite du tracklisting est constituée de compos issues des albums subséquents. Dont notamment, un magistral « El Kilo », « Machete » ou encore « Hay un Son ». La fin du set est clairement plus hip hop ; néanmoins, au moment du dernier morceau, le public est invité à les rejoindre danser sur scène. Une image finale qui résume bien l’esprit enthousiaste et énergétique du groupe.

Organisation Ubu

(Voir aussi notre section photos)

 

Moby

Usine à tubes

Écrit par

Deux mois à peine après sa prestation dans une AB comble (voir http://abconcerts.be/fr/abtv/p/detail/moby), Moby investissait les planches de l’autrement plus large Forest-National. Son troisième passage en Belgique en moins de six mois. Il venait y défendre son petit dernier, « Wait For Me », ‘mais pas que’. Un concert marathon de deux heures aux allures de grande rave, un peu ternie par l’impassibilité d’un large pan du public…

L’accompagnant sur toute sa tournée, Kelli Scarr se charge à nouveau de la première partie. Un peu intimidée par la foule, l’ex-Moonraker semble se terrer derrière son micro et passe une petite vingtaine de minutes à présenter sa Dream Pop clairement influencée par Moby, son mentor. Elle avouera à la fin de son set qu’il s’agissait de la première fois qu’elle jouait devant autant de monde, avant de laisser glisser une petite auto-promo. Tant qu’à faire…

Dès 20h50, les baffles laissent échapper « Division », l’intro de « Wait For Me ». Tandis que les musiciens se mettent en place, Moby harangue déjà la foule à l’aide de sa guitare, sur le devant de la scène. Dès les vingt premières minutes du spectacle, tout en sobriété, Moby donne le ton en mêlant habilement ses compositions les plus ‘ambient’ à ses tubes de ‘dancefloor’. Ainsi, « BodyRock » et « Go » font trembler la salle tandis que « Extreme Ways », « Mistake » ou encore « Why Does My Heart Feel So Bad ? » calment les ardeurs des quelques motivés aux premiers rangs, les seuls à profiter pleinement du concert.

Sans mauvais jeu de mots, Moby sait se faire petit. Plus particulièrement lorsque l’immense Joy Malcolm interprète deux des plus gros tubes du bonhomme, « Natural Blues » et « Porcelain ». Kelli Scarr, beaucoup moins timide lorsqu’elle est entourée, revient également sur scène afin d’y interpréter de jolies versions de « Wait For Me » et de l’ultra-mélancolique « Pale Horses ». Le set est essentiellement consacré à « Play » et « Wait For Me », mais le New-Yorkais honore aussi le reste de sa discographie à travers le retentissant « Disco Lies », le faussement punk « That’s When I reach For My Revolver » ainsi que les poppy « Lift Me Up » et « Raining Again », au cours duquel lequel le chanteur s’excite sur un long solo de percussions.

En guise de rappel, Moby et Joy s’élancent dans une version d’une quinzaine de minutes de « Honey ». Epique ! Le petit chauve et ses musiciens assènent le coup de grâce sur l’essentiel et très ‘rave’ « Feeling So Real », clôturant ainsi son enchaînement de hits imparables. Petit mais costaud.

Organisation : Live Nation.

 

Kings Of Convenience

Entre fjord et sable chaud…

Écrit par

‘Je pense que la solitude découle de l’indépendance et de la liberté, et qu’il est beau au contraire de dépendre de quelqu’un.’(Erlend Øye artiste norvégien, auteur-compositeur-interprète et membre de Kings of Convenience).

Kings of Convenience, c’est l’histoire de deux amis d’enfance intrinsèquement atteints de connivence et de complémentarité. Binôme où chacun trouve sa place, où nul ne s’empare du territoire musical de l’autre. Issus d’influences singulières, ils parviennent néanmoins à créer un univers sonore commun et cohérent. Alchimie parfaite qui se fait admirablement sentir sur scène. Et c’est précisément sur celle du Cirque Royal qu’ils avaient décidé de livrer leur premier concert en Belgique et de nous présenter leur magnifique troisième elpee, très justement intitulé « Declaration of Dependence ».

D’abord, Erlend Øye (chant/guitare/clavier), artiste atypique à la silhouette d’adolescent dégingandé, au visage flanqué de lunettes époque Brejnev et fan absolu de ‘Data Pop’. Jeune extraverti qui arpente volontiers le monde blasé de l’électronique et de la culture club. Extraversion qu’il exprime avec délices lors de chaque intermède musical. Instants fugitifs où le folkeux chétif vient briser les airs doux et mélancoliques du groupe et nous régale de son humour ironique et décalé. La symbiose s’installe rapidement chez les visiteurs visiblement amateurs de longue date et assurément conquis d’avance. L’interaction avec le public est  magistralement maîtrisée et facilite la métamorphose du spacieux Cirque royal en un convivial chalet norvégien où la douceur des mélodies folk nous caresserait l’âme autour d’un feu de bois qui n’embraserait pas. Ambiance parfaite pour réchauffer le climat automnal dont frissonne la capitale.

Ensuite, l’introverti Eirik Glambek Bøe (chant/guitare) affiche un charme scandinave plus discret. Il lui suffit de quelques mots prononcés en français, l’accent nordique en prime, pour conquérir irrésistiblement les visiteurs et les livrer inermes à son magnétisme naturel. Les inséparables se complètent inlassablement tels des acteurs d’une comédie du cinéma muet. Eirik, plus sage, a d’ailleurs souvent l’occasion d’intervenir entre les morceaux pour freiner les frasques excitées de son camarade d’enfance.  

L’union de ces deux artistes, sur scène, génère un concert d’une remarquable sensibilité et suavité. Performance musicale de velours à l’image du titre de leur intemporel premier opus sorti en 2001, « Quiet is the New Loud » : guitares acoustiques et inspiration puisées chez Nick Drake sur un voile transparent derrière lequel on pourrait apercevoir les silhouettes de Simon & Garfunkel. Un folk à la fois classique et contemporain qui marque le renouveau d’un genre éternel.  La légèreté des guitares acoustiques, la finesse et la limpidité des mélodies chagrinées s’enlacent sur des voix en surimpression. La voix plus frêle d’Erlend s’imprime naturellement sur le timbre chaleureux d’Eirik qui sublime les textes et, ensemble, construisent un folk harmonieux et cristallin. Pop/folk romantique aux apparences parfois simplistes et mielleuses mais jamais mièvre. Au contraire. On observe une facilité mélodique innée chez ces deux artistes. Antithèse parfaite d’un indietronica contemporain saturé d’electronica ou d’IDM.

Après 35 minutes de concert, les deux de Bergen sont rejoints par un violoniste et un violoncelliste afin d’étoffer soigneusement le jeu des guitares acoustiques. Le frottement et le martellement des cordes, les pizzicati répétitifs secouent les harmonies pour rompre tout soupçon de linéarité ou de monotonie. Un set magistralement orchestré par l’ensemble du groupe. 

« Mrs Cold » incarne joliment l’esprit Kings of Convinience 2009. Un morceau qui dessine des fjords majestueux dont les vagues de brume se briseraient  mystérieusement sur le sable ensoleillé et chaud de Copacabana. Une sorte de voyage intérieur et intimiste qui partirait de Norvège pour croiser l’Angleterre de Nick Drake et se poser enfin sur le sol brésilien de João Gilberto. Un impressionnant mélange de genres !  

En 2004, l’excentrique Erlend Øye avait rédigé un amusant mode d’emploi, à destination des débutants, axé sur cinq paramètres fondamentaux. Il nous reste à l’utiliser afin d’évaluer leur propre prestation scénique : 1. Le réglage du son : sans faille! - 2.  La musique : mélodieusement délicieuse. – 3. Le comportement : chaudement scandinave – 4. L’aération : pas sold out ! – 5. La lumière : discrète. 

(Organisation Botanique) 

 

Themselves

Fidèles à eux-mêmes

Écrit par

Lorsqu’ils ne sont pas absorbés par leurs projets personnels, Jel et DoseOne forment un duo de Hip Hop à la mode Anticon. Autant dire du Hip Hop qui mérite le respect. Et lorsqu’ils s’ennuient ou ne fricotent pas chez The Notwist, ils publient d’excellents disques. Le troisième du nom, « CrownsDown », est dans les bacs depuis le 20 octobre dernier. Venu défendre la galette en juin dernier à l’ABClub, les deux confrères remettaient le couvert pour deux nouvelles dates. Une première à Bruxelles et la seconde à Courtrai. Pour celle réservée à la capitale, Themselves a jeté son dévolu sur une Rotonde du Botanique bien remplie. Quoique loin d’être pleine à craquer.

En l’absence de première partie, l’attente a été relativement longue. Le duo apparaît finalement sur scène à 20h40 devant une assistance qui commençait à s’impatienter. Jeff Logan, alias Jel, se place sans cérémonie derrière ses manettes tandis qu’Adam Drucker, aka DoseOne, s’empare du microphone et le maltraite de sa voix nasale. Tiré à quatre épingles, le rappeur se lance dans l’arène sur un « Back II Burn » retentissant. Un petit rap que le public se prend en pleine tronche avant un « Oversleeping » où le gars dévoile toute l’étendue de ses aptitudes relatives à la discipline. Un débit impressionnant, digne d’un Busta Rhymes.

Jel reste discret sur ses machines et n’intervient qu’à quelques rares reprises au micro pour l’un ou l’autre duo ou pour répondre aux mauvaises plaisanteries de son acolyte. Ce dernier, plus qu’enthousiaste et affublé d’une jolie chaîne bling bling, ne peut s’empêcher d’enchaîner les traits d’humour entre chacune des compos. Un véritable moulin à paroles. Heureusement, son one-man show est rapidement éclipsé par les tueries extraites de « The No Music » et « Them » (« Good People Check », « Joyful Toy Of A 1001 Faces »…) et par le doigté de Jel qui s’acharne de plus en plus sur les boutons de sa boîte à sons. Le binôme, qui se montre aussi talentueux qu’au sein des épreuves studios, se retire après avoir délivré un « It’s Them », suivi d’un court rappel.

Themselves n’est pas parvenu entièrement à faire trembler la petite sœur de l’Orangerie, mais le duo a relativement bien défendu son « CrownsDown », une œuvre que certains qualifient d’inférieur au reste de sa discographie. Ce qui n’a pas empêché l’assistance de battre la mesure, des premières aux dernières notes.

(Organisation : Botanique)

Melody Gardot

La Melody du bonheur

Écrit par

Révélée par « My One And Only Thrill », un second ouvrage plein de charme, Melody Gardot a accompli une véritable opération séduction auprès du public belge, ce 4 novembre. La Pennsylvanienne de 24 ans a présenté au Cirque Royal un show réglé comme du papier à musique et d’un professionnalisme bluffant. Le spectacle qui, à priori, aurait pu s’avérer froid et calculé s’est révélé étonnamment envoûtant. Une bien belle prestation. Et ce n’était pas la seule.

En effet, alors qu’aucune première partie n’était annoncée, une jolie surprise attendait le public du Cirque Royal. Flanqué uniquement de sa guitare, Gabriel Rios s’avance sur le devant du podium et entame un petit concert acoustique qui va durer près de quarante minutes. Entre chants hispaniques et pop anglophone, le Gantois d’origine portoricaine déballe le meilleur de ses deux ouvrages studio ainsi que quelques nouvelles compos. Plutôt bien accueilli, le pauvre jeune homme a pourtant l’impression de se produire devant un public qui n’a jamais entendu parler de lui. D’ailleurs, à la fin du set, un ‘What’s Your Name ?’ va fuser du fond de la salle, à son grand étonnement. Après sa prestation, Rios dépose sa guitare et se joint au public pour assister à la suite des événements.

Du haut de ses 24 ans, Melody Gardot a déjà tout d’une grande dame. Après avoir survécu de justesse à un accident de voiture qui a notamment endommagé sa vision six ans auparavant, la demoiselle a entamé un long processus de réhabilitation débouchant aujourd’hui sur une belle carrière musicale. Ce soir, elle défend « My One And Only Thrill », un second recueil qui a atteint les plus hautes sphères des charts, lors de sa sortie en avril dernier. Vêtue d’une jolie robe couleur bordeaux, coiffée d’un voile noir et arborant une longue chevelure blonde (NDR : qui doit certainement exiger trois heures d’entretien), Gardot s’avance dans la pénombre jusqu’au micro devant lequel elle s’agenouille. Elle s’empare ensuite d’une petite tasse dont elle déverse le contenu à terre. Du sable. Ou peut-être les cendres d’une vie antérieure. Une mise en bouche intrigante qu’elle enchaîne d’un chant a cappella, particulièrement bouleversant. Ses trois musiciens viennent ensuite la rejoindre tandis qu’elle se presse au piano et entame l’intro de « The Rain » en triturant les cordes à l’intérieur même de l’instrument. La prestation est d’une intensité inédite et le son est tout simplement d’une perfection rarement atteinte.

Au bout de quelques titres, Melody a déjà mis le public dans sa poche. Mais elle se retire le temps d’un petit bœuf entre les musiciens, au cours duquel Irwin Hall, le préposé au saxo, enflamme la salle en jouant un solo… à deux saxophones. Bien qu’il ne soit pas le premier à avoir exécuté ce type de voltige, être témoin d’une telle performance est pour le moins impressionnant. La prêtresse de la soirée réapparaît ensuite discrètement sous un imperméable et s’empare de la guitare pour dispenser un « Who Will Comfort Me » swinguant. La jeune femme fait souvent sourire le public en lui adressant la parole dans un français approximatif et à la deuxième personne du singulier. Elle clôture la soirée par « Over The Rainbow » une reprise joliment exécutée du grand classique de Judy Garland extrait du « Magicien d’Oz », interprétée en hommage à sa grand-mère.

Après un premier rappel, Gardot réapparaît à nouveau sur le podium, tandis que la salle commence à se vider. Devant les acclamations des moins pressés, la jolie blonde décide d’interpréter un dernier morceau pour la route. Elle tente une reprise de Trenet apprise le matin même. Deux essais plus tard, elle prend conscience qu’elle ne connaît pas encore assez bien le morceau et rend les armes, non sans rappeler ses musiciens pour un « Our Love Is Easy » qui pose la touche finale à un spectacle de deux heures envoutant et parfait en tous points.

(Organisation : Live Nation) 

 

The Big Pink

Much ado about nothing!?

Écrit par

Ce mardi soir, l’AB Club avait donné libre cours aux décibels. C’est dans cet écrin, en effet, que les Gantois de The Germans et les Londoniens de The Big Pink avaient résolument décidé d’affoler tous les sismographes de la capitale. Deux heures de voyage noisy à vous désintégrer le tympan des oreilles.

‘Le groupe de rock le plus dangereux de Belgique’ (‘De Standaard’) bénéficiait de cinq morceaux pour convaincre et présenter son premier album « Elf Shot Lame Witch » sorti en mars 2008 et son très expérimental vinyle « Grote Meneren/Straffe Madammen », paru le 30 juillet 2009 en édition limitée (300 exemplaires). The Germans déclenchent les premières secousses sismiques vers 20 heures en attaquant « Life ? An Impeccable Machine, Exact ». Morceau habité d’une puissante Noisy et nanti d’un héritage Krautrock. Cette mixture peut d’ailleurs se lire sur « Dog » évoquant un Sonic Youth bavarois. Un set globalement instrumental bien mené par le quintet gantois qui ouvre judicieusement les routes noise à l’une des sensations britanniques du moment.

Le concert, programmé de longue date, bien avant que The Big Pink ne foule les plus grandes scènes d’Europe, a fait les délices d’une poignée de spectateurs bénéficiant de l’exorbitant privilège de planter l’espace intime de l’AB Club pour accueillir le nouveau phénomène d’outre-Manche. Excellente occasion pour souligner la qualité de programmation souvent proposée par l’Ancienne Belgique. Au sein du nid douillet du Club, l’événement offrait une occasion exceptionnelle pour découvrir le duo londonien. Binôme renforcé de deux musiciens pour les besoins de la scène : Akiko Matsuura (batterie) et Leopold Ross (basse).

« Too Young To Love » ouvre la tempête sonore sous un dense nuage de fumée. Brouillard opaque qui ne laisse filtrer qu’une lumière chétive et rend la silhouette des cinq musiciens à peine discernable. L’air devient subitement irrespirable. Les corps transpirent d’ondes basses. Dans ce paroxysme d’intensité sonore, les oreilles endolories luttent, les corps tremblants  subissent l’ouragan d’un voyage électrique de près de quarante minutes.

Côté jardin, l’ombre des claviers de Milo Cordell et ses programmations assaillent l’espace  à coups de crissements et de grincements électroniques. Au centre, Robbie Furze projette des envolées de guitares sur le mur de saturation. Impuissant face à ce vacarme savamment organisé, le public est tétanisé. Plongé entre rêve et cauchemar. Pas de compromis chez The Big Pink, on aime ou on part ! Les guitares et les claviers s’élèvent à saturation et expirent  à la frontière du larsen. Les sonorités violentes sont prodigieusement contrôlées et ne regorgent jamais. Qualité ou défaut, le son live et studio sont presque à l’identique. Signe de maîtrise sonore que d’aucuns pourraient saisir comme une carence de créativité et d’originalité sur scène.

Un set bref de neuf morceaux tous issus de « A Brief History of Love » (NDR: excepté « These Arms ») qui marque cependant les limites du jeune groupe. Un final moins austère pour clôturer les débats : le tubesque « Dominos ». Lumières subites et pas un rappel !

Une prestation scénique froide et austère comparable à un concert new-wave qui plonge globalement l’auditeur dans un profond coma of love. Une cathédrale à l’architecture de givre qui vogue sur les vagues ascétiques de l’amour. A l’image de l’album, le concert dépeint une atmosphère neurasthénique et dessine les traits mélancoliques de l’amour.

Critique de l’album également disponible dans la rubrique ‘Chroniques CD’.

(organisation Ancienne Belgique)    

 


 

White Lies

Digne du début des eighties…

Écrit par

Si vous vous êtes procuré le fantastique dernier album des White Lies, vous ne pouviez manquer leur concert à l’Ancienne Belgique, que le quatuor anglais (NDR : en vérité, il s’agit d’un trio auquel vient s’adjoindre un claviériste, lors des tournées) accordait ce jeudi 29 octobre. La salle bruxelloise était d’ailleurs sold out. Puisant ses influences chez Joy Division, à l’instar des Editors et d’Interpol, la formation avait attiré un public embrassant trois décennies. On y rencontrait ainsi autant des très jeunes que des quadras, voire des quinquas. Faut dire que la néo cold wave pratiquée par la formation londonienne aurait tout aussi bien naître au tout début des eighties…

Les White Lies montent sur les planches. La mise en scène est sobre. Les musiciens bougent peu, et les interventions d’Harry à la guitare sont parcimonieuses. Sa voix claire et puissante est remarquablement mise en avant. Si sur disque, il pousse son organe à l’une ou l’autre occasion, en ‘live’, il parvient à maintenir cette intensité vocale du début à la fin du show. Une merveille ! Et les autres musiciens sont loin de dénoter dans l’ensemble. D’ailleurs, le son proposé ce soir est tout bonnement exceptionnel. Hormis la présentation d’une flip side en milieu de parcours, pas de temps mort entre les titres. Une tracklisting alternant morceaux au climat ténébreux et compos plus enlevées. Mais les White Lies n’ont toujours qu’un seul album à leur actif  "Loose my Life" (NDR : dont ils jouent la plage éponyme, of course) ; donc peu de compos à défendre sur scène. Si bien qu’au bout de 45 minutes, le combo prend congé de l’audience.

Mais 5 minutes plus tard, nos gaillards remontent sur l’estrade ; et alors qu’on s’attendait à vivre une reprise de Joy Division, c'est par une cover du "Heaven" de Talking Heads, qu’ils entament leur rappel de trois titres. Et c’est le fantastique morceau "Death" qui clôture ce spectacle, une chanson au cours de laquelle la formation semble ravie d’entendre la foule reprendre en chœur le refrain ; le combo s’enfonçant ensuite dans un véritable final apocalyptique de ce titre…

22h20, le concert est terminé. Il a duré à peine plus d'une heure ; mais quelle heure ! Si vous les avez manqués ce soir, je vous conseille vivement de mentionner leur prochaine visite à votre agenda. Et de vous procurer une place d’entrée bien à l’avance. Cela risque à nouveau d’être sold out. Vous ne le regretterez pas. En attendant, vous pourrez toujours vous contenter des quelques photos que nous avons pu immortaliser ce soir.

(Organisation Live Nation)