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Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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Chapelier Fou

Victime de ses propres fréquences de basses…

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Initialement, le concert de Chapelier Fou était programmé à la Rotonde. Vu le succès de la location, il a été transféré à l'Orangerie. Et a rapidement été décrété sold out. Perso, j’aurais préféré que ce spectacle demeure dans l’hémicycle. Une nouvelle fois, à cause de la qualité du son. Trop puissant. Les fréquences de basses parvenant même à faire trembler les structures métalliques de la salle. Un endroit pas du tout adapté aux sets de musique électronique. Ce n'est pas la première fois que votre serviteur constate ce phénomène.

Coiffé d’une casquette, Marc Mellia assure la première partie. Il se produit en solitaire devant ses machines et samplers. Electro, sa musique est expérimentale. Sa voix est même parfois filtrée à travers un vocodeur. Je découvre cet artiste, dont le spectacle se limitera à une bonne demi-heure. Et qui vu les conditions sonores, ne va pas s’avérer exceptionnel.

Le patronyme de Chapelier Fou s’inspire du conte ‘Alice Au Pays Des Merveilles’ de Lewis Caroll. En 2008, le Lorrain devient la révélation du Printemps de Bourges. J'avais repéré l’artiste, dans le cadre des Nuits Botanique, en mai 2012. Il se produisait en solitaire, armé de son archet et entouré de ses machines ; et j'avais adoré.

Novatrice, sa musique oscille entre le trip hop, la pop, le classique (NDR : il ne faut pas oublier que ce Messin a fréquenté le conservatoire, dès l’âge de 6 ans, pour y apprendre à jouer du violon et du clavecin) et le hip hop. Elle est imprimée sur des rythmes fluctuants. Accélérant ou décélérant, parfois même brutalement. Et son talent procède de sa capacité à maîtriser tous ces paramètres, à l’aide de ses synthétiseurs, samplers, machines, ordinateurs, tout en y brodant des lignes de violon…

Pour présenter son dernier elpee, « Deltas », paru en septembre 2014, il est soutenu par trois collaborateurs. Soit Camille, la violoncelliste, Maxime, le clarinettiste/saxophoniste et Chaton qui double au violon alto et aux bidouillages. Le préposé aux cuivres est barbu et suscite instantanément la sympathie. Le décor est dépouillé. Quatre tables placées l'une à côté de l'autre. Sur laquelle est disposé un tas de matos. Pas de setlist pour guider. Le son n'est pas trop à mon goût ; j’enfonce donc des bouchons dans les oreilles. Et franchement, c’est dommage, car c’est lorsque le quatuor va se servir d’un minimum d’amplification, que toute la magie et la beauté de cette musique –ma foi cérébrale, quand même– vont se libérer. Un moment de véritable communion et de complicité vécu entre le quartet et l’auditoire. Bref, hormis ce bref intermède, je n’ai pas vraiment pris mon pied ce soir ; et je suis reparti avant la fin du set, déçu. En espérant néanmoins revoir Chapelier Fou, dans d’autres conditions, pour me procurer de meilleures sensations.

(Organisation Botanique)

Archive

Sur les traces du Floyd…

Écrit par

Archive accomplit une nouvelle tournée des grandes salles. Et les deux dates prévues à l’AB, sont sold out. Dans la foulée, il embraiera par les festivals d’été. Votre serviteur vient de rejoindre la file d’attente qui s’allonge, jusqu’au coin de la rue des Pierres. Il parviendra cependant à temps pour se poster devant les barrières, face à Dave Penny.

Fondé en 1994, ce groupe compte donc aujourd’hui, plus de deux décennies d’existence. Un collectif à géométrie variable drivé par Darius Keeler et Danny Griffiths. Son style musical n’est pas aisé à définir, puisqu’il emprunte aussi bien au rock, à l'electro, au trip hop, au psyché qu’au prog. Un cocktail qui finalement s’avère très personnel.

Pas de supporting act comme mise en bouche, mais un film : « Axiom ». En mon for intérieur, j’imaginais un premier acte en compagnie de Birdpen, le projet de Dave Penney et Mike Bird. Ce ne sera pas le cas, même si on retrouvera la paire aux grattes, lors du concert. Depuis sa formation, le band s’est toujours intéressé à l'image, le graphisme et la mise en scène. Il aime surprendre le public lambda. Et pas seulement à travers l’expérimentation sonore.

La projection est réalisée sur un écran, pas trop grand, juste descendu du plafond. Vu ma position, suffisant pour se choper un torticolis. Un court métrage tourné en noir et blanc, d’une trentaine de minutes. Il a également servi de bande-son à un album paru en 2014 qui porte le même titre. Il raconte, au fil des différents chapitres, l'histoire d'une île (Axiom), dont la ville souterraine est sous la coupe d'une cloche qui sonne et décide du destin de ses habitants. De superbes arrangements de cordes enrichissent cette musique particulièrement paisible. (Setlist : « Distorted Angels », « Axiom », « Baptism », « Transmission Data Terminate », « The Noise Of Flames Crashing », « Shiver » et « Axiom (reprise) »). Archive semble inconsciemment marcher sur les traces du Floyd, quand il a réalisé son film « The Wall ».

Darius et Danny se chargent des claviers. Ce dernier également des samplers et de la basse. Le line up implique 3 vocalistes. Holly Martin apporte la touche féminine. Et Dave Penny (percus, machines) ainsi que chevelu Pollard Berrier procure, la masculine. Ces deux musicos et Mike Bird se consacrent aussi aux grattes. Steve Barnard, alias Smiley, se charge des fûts. Il a milité au sein des Mescaleros de l’ex-Clash, Joe Strummer. C’est après le décès de son leader, qu’il a rejoint Archive. Et enfin, Jonathan Noyce est préposé à la basse. Le band est venu présenter son nouvel et onzième album studio, « Restriction », publié ce 12 janvier.

Trois écrans sont disposés en arrière-plan, dont un plus grand placé au-dessus du drummer. Darius se plante à l'extrême gauche et va battre le rythme, de la main droite, pendant 2 heures. Danny lui fait face, à l'extrême droite. Laissant tout le reste de l’espace aux trois chanteurs : Holly, Dave et Pollard. Mike s’est installé à gauche du drummer et Jonathan, à sa droite.

Le set s’ouvre par un extrait du dernier elpee, « Feel It », fruit de la rencontre entre l’instrumentation organique et l’électro. Dave se réserve le micro sur cette compo balisée par les claviers. Progressivement, les riffs de guitares envahissent l'atmosphère, et adoptent un profil rock musclé. La belle Holly pose sa voix et Dave retourne derrière sa six cordes sur « Kid Corner », un morceau électro/rock qui vous invite à rejoindre le dancefloor. Le public, dans la fosse, commence à remuer. A contrario de Dave et Pollard, Holly demeure plutôt statique. Elle se concentre sur son chant empreint de douceur, mais chargé d’intensité. « You Make Me Feel » est un extrait du deuxième opus, « Take My Head », paru en 1999. Holly et Pollard se partage les vocaux sur ce titre de trip hop plutôt classique, mais dansant. Une conjugaison qui transpire la sérénité. Plus long et expérimental, « Dangervisit », est tiré de « Controlling Crowds », une plage gravée en 2009. C’est sous cette forme que j’apprécie le plus le combo. Soutenu par celle de Dave, Pollard nous illumine de sa voix fragile et cristalline. Holly s’applique aux vocaux sur « Black And Blue », piste qui figure sur le dernier long playing. Une superbe ballade dont seul Archive a le secret. Dave chante « Sleep », issu de  « Noise », paru en 2004, une compo délicate et atmosphérique. Le lightshow est alors de couleur bleue, d’un bleu qui adoucit les moeurs.

« The Feeling Of Losing Everything » figure sur « Controlling Crowds, Part IV», un LP publié en 2009. Il est interprété sous la forme d’un chouette duo piano/voix. Epique, « Bullets » démarre en douceur, monte en crescendo avant de terminer en puissance. Nous ne sommes pas loin du prog de Pink Floyd. « Ruination » et « Crushed » sont deux autres extraits de « Restriction ». Deux titres plus rock. Plus énergiques. Dave a récupéré le micro. Holly le rejoint. Smiley martèle vigoureusement ses fûts, mais à la manière d'un métronome. Derrière moi les spectateurs s’agitent de plus en plus. De la même veine, « Conflict » et « Violently » (ils figurent sur « With Us Until You'Re Dead » qui date de 2012) font monter la pression. Holly chante « End Of Your Days ». Sa voix me flanque des frissons partout. J'écoute religieusement cette compo interprétée sous un éclairage de teinte azuréenne…

Il passe au vert (?!?!?) sur « Third Quarter Storm », moment choisi par Dave pour reprendre le ‘lead’ vocal, Holly le soutenant en ‘backing’. Le même duo embraie par « Waste », issu de « Noise », avant que Pollard ne prenne le relais en milieu du parcours. Ténébreux voire glacial, « Ladders » s'envole lors de son épilogue, en mode electro, mais en libérant toute son énergie. Et l’incontournable « Numb » achève le spectacle en beauté.

En guise de rappel, le band va nous accorder un autre morceau imparable, « Lights ». Pollard est aux vocaux, sur ce single, qui va s’étendre au-delà des quinze minutes. Du tout grand Archive, qui est de nouveau prêt à affronter les festivals d'étés. Ils sont d’ailleurs annoncés à Rock Werchter.

(Organisation : Live Nation)

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Allah-Las

Percutant !

Écrit par

Après avoir réalisé l’interview de Miles Michaud, le leader d’Allah-Las, l’an dernier, il me semblait logique d’aller vérifier ce que le band avait dans le ventre, en ‘live’. Et comme, il se produisait à l’Aéronef de Lille, pas trop loin de mes pénates, la circonstance était idéale. Pas besoin de chercher une place de parking pendant des heures ou d’en choisir une qui vous coûte la peau des fesses, de se farcir les embouteillages ou de devoir dormir dans une gare, si vous manquez votre train du retour. Pour les provinciaux, Bruxelles devient de plus en plus inaccessible…

Bref, revenons à nos Allah-Las, responsable d’un second album d’honnête facture, paru l’an dernier. Un disque de psyché/garage/lo fi particulièrement cool, intitulé « Worship the sun ». Et un peu de soleil dans le cœur des mélomanes, à cette époque de l’année, ne fait de tort à personne…

Le combo californien a entraîné la formation néerlandaise Eerie Wanda dans sa tournée européenne, comme supporting act. Il s’agit du projet de la Marina Tadic, qui milite également chez Earh Mk. Sur les planches, elle est entourée de trois mecs. Un drummer, un guitariste et un drummer. Le combo pratique une sorte de pop/rock alternatif plutôt élaboré mais mélodique, parfois teinté de folk. Les compos ne sont pas trop mal ficelées, mais hormis la dernière du set, au cours de laquelle le percussionniste de tournée des Allah-Las viendra prêter main forte, l’ensemble manque quand même de relief. Et la voix un peu trop linéaire de Marina, qui se réserve la guitare rythmique, accentue cette impression. En outre, les balances ont été mal réglées. Ou alors, c’est le bassiste qui les a complètement bousillées, à force de monter le volume de son ampli. Un déséquilibre qui nuit aux interventions, pourtant joliment ciselées, du soliste. Un album est en préparation et devrait sortir en 2015. En attendant, il y a encore du pain sur la planche (NDR : qui a dit du gouda ?)

Lorsque Allah-Las monte sur l’estrade de l’Aéronef, disposé en mode club, mais suivant une orientation en largeur, soit en laissant le podium principal, séparé par une immense tenture noire, dans le dos (NDR : ce qui n’est pas une mauvaise idée, malgré des haut-parleurs d’ambiance qui vous massacrent les tympans avant le concert), on remarque la présence d’un musicien supplémentaire. Un percussionniste. Celui-là même qui avait rejoint Eerie Wanda, en fin de show. Et franchement, son concours va manifestement apporter un plus à la musique du band. Outre ses deux congas, il va se servir d’une panoplie de percus, suivant les titres : maracas, tambourin, cloches, hochets et j’en passe… Spencer Dunham affiche une attitude particulièrement cool, mais sa basse doit avoir cumulé les kilomètres, vu l’état d’usure de la caisse. Pedrum Siadatian, le guitariste soliste, est mince et grand. Sa tête campe un hybride entre Richard Ashcroft et Liam Gallagher. Matthew Correia, le drummer, c’est le sosie de Terence Hill. Celui qui avait joué dans le western spaghetti de Sergio Leone, ‘Il était une fois dans l’Ouest’. Enfin, chaussé de bottes blanches, chemise boutonnée jusqu’au col, Miles Michaud a dans le regard quelque chose de Jim Morrison.

Le set s’ouvre par « Busmans », un titre qui me rappelle quelque par Them (« Calm me down », proposé en fin de parcours adopte un même profil, à moins que ce ne soit celui des Fleshtones). Le son est excellent. Les quatre musicos participent aux vocaux. Et les harmonies vocales sont superbes. Réminiscentes du mouvement west coast. Seul Spencer se contente de participer aux choeurs. Claire, la voix de Miles est légèrement chargée de reverb. Celle de Pedrum est plus insulaire et me fait parfois penser à Noël Gallagher. Enfin, Matthew chante à la manière d’un Brian Eno, sur « Sandy ». Et lors du rappel, Miles et Matthew permutent de rôle. Le premier siège derrière les fûts et le second s’approprie le micro principal pour attaquer « Long journey », tout en agitant ses maracas de couleur rouge. Des maracas dont il se sert également parfois, tout en martelant ses peaux. Et franchement, je n’avais plus vu de batteur capable d’imprimer 3 cadences différentes à la fois, depuis Jonathan ‘Butch’ Norton (Eels). Les accords de gratte surf, sinusoïdaux ou discordants dispensés par Pedrum colorent les compos de sonorités délicieusement surannées, parfois même surf. Ceux dispensé par Miles sont plus rythmiques et chatoyants. Par rapport au denier elpee, les titres son bien plus allègres ou offensifs, très souvent même davantage percussifs. Les interventions de Matthew et du 5ème larron sont manifestement complémentaires et terriblement efficaces. Certaines mélodies sont aussi hymniques que chez les Dandy Warhols (« Buffalo nickel », « Had it all »). Le combo concède deux morceaux instrumentaux, bien évidemment ; « Sacred Sands » et l’irrésistible « Ferus gallery ». C’est d’ailleurs à partir de cet instant que la fièvre va commencer à gagner le public et provoquer le crowdsurfing. Le lightshow est sobre. Parfois de petites lumières bleues ou rouges apparaissent en arrière-plan. Et deux cylindres placés à gauche et à droite de l’estrade vont prodiguer des lumières blanches pendant « Catalina ».

Lors du rappel, les musiciens d’Eerie Wanda rejoignent Allah-Las sur les planches pour exécuter un « Every girl » qui met l’auditoire en transe. Et, le combo ne reviendra plus, malgré l’insistance des spectateurs conquis. Pour un premier concert en 2015, je suis comblé…

Setlist : “Busman’s holiday”, “Follow you down”, “Buffalo nickel”, “No voodoo”, “Standing”, “Sandy”, “De Vida Voz”, “Sacred Sands”, “Had it all”, “Catalina”, “Tell me (“What’s on your mind)”, “Ferus gallery”, “501-415”, “Calm me down”, “Better tha mine”, “Autumn dawn”, “Artifact”, “Catamaran” – Rappel : “Long journey”, “Every girl”.

(Organisation Aéronef) 

The Decemberists

Que du bonheur !

Écrit par

Responsable d’un nouvel album baptisé "What's a terrible B, paru ce 20 janvier, The Decemberists se produisait à l’AB pour le défendre. Si elle jouit d’une belle notoriété outre-Atlantique, la formation n’a pas la même popularité sur le Vieux Continent. Et pour cause, ce concert annoncé depuis un bon bout de temps n’a pas vraiment drainé la grande foule. Et pourtant, les absents ont de nouveau eu tort…

Réputée pour la qualité de son songwriting, Serafina Steer assure le supporting act. Petite protégée de Jarvis Cocker, l’Anglaise chante, joue du piano ou de la harpe. Malheureusement, je n’ai pu assister à son set. Qui a débuté vers 19h30, devant un parterre plus que réduit. En arrivant vers 20h10, sa prestation était déjà terminée. Dommage !

Vers 20h30, les lumières s'éteignent. La sono diffuse une bande sonore. Anecdote, il y a un Manneken-Pis miniature qui trône sur un des amplis… Puis, Colin Meloy monte sur l’estrade, suivi par ses musicos qui débarquent au compte-gouttes. Toute l’équipe est tirée à quatre épingles. Et le quintet est soutenu par deux choristes, qui doublent circonstanciellement à la sèche ou au carillon tubulaire.

Le concert s’ouvre par "The Singer Adresses His Audience" et "Calvary Captain", deux excellents extraits du premier elpee, "Castaways and Cutouts", paru en 2002. Le ton est donné. La musique du groupe frôle déjà la perfection. Entrée en matière réussie. Meloy commence alors à mettre l’ambiance en discutant avec la foule, au sein de laquelle, manifestement, il a de nombreux compatriotes. Jamais le concert ne va baisser d’intensité. Que ce soit à travers les plages de leur denier elpee ou de morceaux piochés dans leur discographie plus que respectable (NDR : 7 albums à leur actif, quand même). Les tubes défilent. Les compos passent d’un style à l’autre, sans le moindre problème. Depuis le folk classique ("Down by the Water") au rock majestueux et épique ("The Island: Come And See/The Landlord's Daughter/You'll Not Feel The Drowning"), rien ne sera négligé. En outre, il faut aussi souligner le rôle de la multi-instrumentiste, Jenny Conlee, qui glisse de l’accordéon aux claviers (orgue, piano, synthés), en passant par le tambour. Pendant plus d'une heure et demie, The Decemberists va offrir une belle tranche de bonheur à son auditoire, particulièrement ravi du show.

Excellent de bout en bout, The Decemberists a accordé un set tout simplement parfait. Et démontré qu’il méritait d’émarger au gratin du mouvement folk/americana yankee…

Setlist 

1. The Singer Addresses His Audience
2. Cavalry Captain
3. Down by the Water
4. Calamity Song
5. Grace Cathedral Hill
6. Philomena
7. The Wrong Year
8. The Island
9. Los Angeles, I'm Yours
10. Carolina Low
11. The Sporting Life
12. The Rake's Song
13. Make You Better
14. The Legionnaire's Lament
15. 16 Military Wives
16. O Valencia! 

Encore:

17. Wonder
18. A Beginning Song 

(Organisation Ancienne Belgique)

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Black Label Society

Zakk Wylde, en Maître de cérémonie…

Écrit par

De grosses pointures de l’univers du Metal étaient attendues ce dimanche soir, à l’Ancienne Belgique. Drivé par son légendaire chanteur/guitariste Zakk Wylde, Black Label Society est originaire de Los Angeles. Un combo bien gras et incontournable du heavy metal de ces vingt dernières années. Ce soir, il va une nouvelle fois libérer toute sa puissance. Deux trios accompagnent cette formation, lors de cette tournée européenne : Black Tusk et Crobot. Le premier pratique un Sludge/Thrash pêchu, et le second un Heavy Metal teinté de Blues. Une soirée flairant bon le Rock’n’Roll dopé aux stéroïdes.

Cheveux longs, barbe, jeans, vestes à patchs ou Perfectos ornés de badges métalliques, tel est le dress-code implicite du public qui patiente devant l’Ancienne Belgique, attendant impatiemment l’ouverture des portes. Le show n’est pas annoncé sold out, mais il ne devrait pas en être loin. Rapide crochet par le stand merchandising, où les t-shirts à l’effigie de Black Label Society partent comment des petits pains. La fierté de porter hautes les couleurs du band passe apparemment au-dessus du prix élevé du chandail.

Direction ensuite vers le théâtre des opérations, où Crobot a pour mission de démarrer les hostilités placées sous le signe du Heavy. Première constatation : difficile de croire que le trio n’est actif que depuis 2011, tant il occupe bien la scène. Le ton est donné dès le premier morceau « Legend of the Spaceborne Killer ». Le son est lourd, groovy. La voix claire et hypnotique. Les guitares sont rondes. Jake Figueroa, le bassiste, ressemble quelque peu à  Hendrix. Mais il est surtout emporté par la musique et semble vivre intensément chaque note qu’il arrache à l’aide de ses quatre cordes. Une symbiose partagée par le guitariste Chris Bishop, s’achevant même à terre en fin de set, alors qu’il gratte frénétiquement son instrument. Pointe d’acclamation dans l’auditoire, lors de « The Necromancer », où Brandon Yeagley, vocaliste du band, débute énergiquement ce morceau à l’harmonica. C’est frais, c’est naturel, ça donne le sourire et c’est rock’n’roll à souhait. Que demander de mieux pour débuter la soirée ? (Voir photos ici)

A peine le temps d’aller chercher une bière afin de prolonger ce moment de bonne humeur que le deuxième trio, Black Tusk, investit les lieux. Le backflag du groupe est hissé en arrière-plan, mais il est partiellement occulté par l’abondance de fumée. Parcourue de faisceaux de lumière rouges, l’ambiance est apocalyptique. Autant le démarrage de Crobot s’était opéré en douceur, autant Black Tusk enclenche directement la troisième vitesse. Assez justement, le trio se targue de faire du ‘Swamp Metal’, autrement dit du Metal des marais. Une métaphore bien trouvée pour cette ambiance lourde et sale entretenue par ces Américains qui nous viennent de Géorgie. Un rouleau compresseur où, telle une hydre à trois têtes, chacun des musiciens hurle au micro tout en grattant ou en martelant ses fûts. La dextérité de Jamie May, batteur du band, est à ce titre vraiment impressionnante. Parvenir à maintenir le rythme tout en chantant de la sorte requiert un savoir-faire remarquable. Musicalement, on ne peut pas louper que Black Tusk évolue dans le Sludge Metal, mais sur lequel vient se greffer la voix typiquement thrash d’Andrew Fidler (NDR : évoquant parfois celle de Kreator), offrant à l’ensemble une sonorité originale et captivante. Un set intense d’une demi-heure, où les Américains n’oublieront pas d’insérer « Bring me Darkness » dans leur setlist –demandant à l’occasion au public de crier avec eux ‘Six, Six, Six’ en guise d’intro– ou encore « Truth Untold », dernier single-vidéo issu de leur long playing « Tend No Wounds ». Black Tusk revient en Belgique dans le cadre de l’Ieper Hardcore Fest qui se déroulera les 14, 15 et 16 août prochains. (Voir photos là)

La température est à présent à point pour accueillir Black Label Society. La salle est plongée dans le rouge et un large drapeau à l’effigie du combo est déployé, cachant désormais l’entièreté de la scène. De quoi instaurer une tension pour la demi-heure à venir, en attendant le band. Cinq minutes avant l’heure H, les spots s’éteignent et un mashup de « Whole Lotta Love » de Led Zeppelin et « War Pigs » de Black Sabbath envahit l’espace, pour laisser ensuite place à un déchaînement de sirènes, annonciatrices du futur déferlement musical. Les premières notes de « The Beginning... At Last » retentissent. Le drapé tombe, la foule crie tel un seul homme, laissant enfin apparaître l’immense Zakk Wylde. Et encore, le mot est faible. Tel l’archétype du Viking, l’ancien guitariste d’Ozzy Osbourne, aux cheveux blonds aussi longs que la barbe, est planté comme un roc à l’avant du podium, ses doigts parcourant le manche de sa guitare. Vêtu d’un t-shirt de la tournée et d’une veste en jean patchée à l’image du quatuor, le géant à la musculature plus que développée fait face à un micro au pied orné d’un chapelet, de grosses chaînes et de crânes. Deux toiles tendues floquées de leur logo sont disposées à gauche et à droite de l’estrade. Un mur d’enceintes Marshall est disposé en arrière-plan, de part et d’autre de la batterie de Jeff Fabb. Derrière lui est accroché un backflag, frappé d’une grande croix sur laquelle figure le nom de la formation.

« Funeral Bell », tiré de l’opus « The Blessed Hellride », est de suite enchaîné. A ceux qui en douteraient encore, Black Label Society est avant tout le groupe de Zakk Wylde. Les artistes qui l’accompagnent sont plutôt appelés à se faire discret. Preuve en est l’étonnement non feint par Dario Lorina, lorsque le colosse l’appelle durant le set à le rejoindre à l’avant du podium afin de jouer côte à côte. Posté tout le long du spectacle sur la gauche de l’estrade, John DeServio, quant à lui, va quand même s’illustrer en arborant une basse aux cordes de nos couleurs nationales, noire jaune rouge. Le nouvel album, « Catacombs of the Black Vatican », est particulièrement mis en exergue. Un tiers des morceaux, exécutés ce soir, sont issus de cet opus, parmi lesquels « Heart of Darkness », « My Dying Time » et « Damn the Flood ».

Malgré son insubmersible apparence, Zakk laisse néanmoins parfois apparaître quelques signes de défaillance. Un certain nombre de petits flacons sont disposés à l’avant de la batterie ; et il vient fréquemment s’y abreuver. Pareille pour cette mystérieuse tasse au contenu fréquemment renouvelé tout au long du show. Sa mémoire n’est peut-être également plus ce qu’elle était, le frontman se référant à un pense-bête sur lequel figurent les lyrics, remplacé à chaque morceau. Ce qui n’enlève rien à ses aptitudes instrumentales exceptionnelles, déployées entre autre lors de ce solo de plusieurs minutes, majestueux selon certains, interminable selon d’autres, accordé en milieu de parcours.

La scène est ensuite une fois de plus plongée dans l’obscurité et un piano est installé sur la gauche de la scène. Dario Lorina abandonne sa guitare et s’installe derrière le clavier, afin d’entamer un émouvant « Angel of Mercy ». Les briquets s’allument dans la salle, les poings levés se transforment en va-et-vient de la main au rythme mélodique du morceau. Dans le public, certaines s’étreignent, d’autres s’embrassent. Juste à côté de moi, un fils, alors près des barrières à l’avant de la fosse, rejoint son père et le prend dans ses bras. Des larmes se mettent à couler sur les joues du père, visiblement ému. Outre son côté tout en muscle, Zakk Wylde possède en effet cette magie de pouvoir composer des ballades qui vous transpercent l’âme. Zakk et Dario permutent ensuite de place alors qu’« In This River » poursuit cette séquence ‘émotion’ de la soirée. Devenu un des classiques du groupe, ce morceau s’est transformé au fil du temps en hommage à Dimebag Darrell, ex-guitariste de Pantera assassiné en 2004, en plein show. Après un peu plus d’une heure de concert, Black Label Society entame sa dernière partie par le titre maître de « The Blessed Hellride » et « Concrete Jungle » issu de l’opus « Shot to Hell ».

Une prestation exceptionnelle, haute en couleurs et en émotions, qui se terminera en apothéose par leur tube « Stillborn ». Une fois de plus, Black Label Society n’a pas failli à son statut de groupe d’exception, ne manquant pas de nous mettre un fameux coup de botte au derrière tout en polissant son blason d’icône du Heavy Metal. Respect! (Voir photos ici)

Setlist : The Beginning... At Last, Funeral Bell, Bleed for Me, Heart of Darkness, Suicide Messiah, My Dying Time, Damn the Flood, Guitar Solo, Godspeed Hell Bound, Angel of Mercy, In This River, The Blessed Hellride, Concrete Jungle, Stillborn

(Organisation : Ancienne Belgique)


 

 

Amparo Sanchez

L’esprit du soleil andalou…

Écrit par

MusicZine a décidé d’investir l’AB, ce soir. Pierre couvre le concert de Black Label Society, qui se déroule dans la grande salle ; et votre serviteur celui d’Amparo Sanchez, au Club. Mais également de Milo Meskens. Ce jeune prodige n'a finalement pas participé à la finale ‘De Nieuwe Lichting’, organisée par StuBru. Mais il peut se targuer d'avoir assurer à trois reprises le supporting act, à l'AB, en une semaine. Les deux premiers pour Kensington, dimanche dernier, et aujourd’hui celui d'Amparo Sanchez. Qui est sold out. Comme très souvent dans cette salle devenue mythique.

Isolde Lasoen –la très jolie drummeuse de Daan National– qualifie Milo de ‘Jeff Buckley de Deinze’. Pourquoi pas ? Guitariste, Milo Meskens drive Black Tolex, un groupe issu du Nord du Pays, chargé de promesses. Ce soir, armé de sa sèche, l’artiste se produit en solitaire. Sa musique est le fruit d’un mélange de folk, de country, de blues de pop. Talentueux, il possède une bonne voix, dont le grain rocailleux est susceptible d’évoquer Buckley (NDR : of course), Bon Iver voire John Mayer. Et quand il se met à souffler dans son harmo, impossible de ne pas penser à Bob Dylan. Finaliste de nombreux concours en Flandre, il truste les premiers prix. Et y jouit déjà d’une solide notoriété. Vu ses aptitudes, il mériterait que la Wallifornie s’y intéresse. Et que les organisateurs de festivals, le programment, au cours de cet été. Une certitude, ce jeune premier est à suivre de très près.

Amparo Sanchez a pris du poids, depuis son dernier passage en Belgique. C’était à la Rotonde du Botanique, l'an dernier. Pas un compliment pour cette dame, à la voix si particulière. Ce soir, elle assure le dernier spectacle de sa tournée. Et en général, lors de telles circonstances, les musicos donnent tout ce qu’ils ont dans le ventre. Parmi les aficionados, on remarque la présence de nombreux hispanophones. Logique. Outre sa collaboration avec Calexico, elle a surtout vécu une belle aventure chez Amparanoïa, en compagnie –notamment– de Manu Chao, une formation latino de rock alternatif fondée en 1995, à Madrid. Sous ce patronyme paraît un premier elpee en 1997, « Poder Del Machin ». Caractérisé par ses racines cubaines, le deuxième, « Feria Furiosa », est publié en 1999. Il est suivi par « Somos Viento » en 2002, « Enchilao » en 2003, « Rebeldia Con Alegria » en 2004 et enfin « La Vida Te Da » en 2006. Amparo embrasse ensuite une carrière en solitaire et grave son premier LP, « Tucson-Habana », une œuvre teintée de blues et de rumba. C’est ce long playing qui a reçu le concours des leaders de Calexico, Joey Burns et John Convertino. Elle grave son second opus en 2012, « Alma de Cantaora », un disque pour lequel elle bénéficie de la coopération de 4 musiciens talentueux : le trompettiste Jose Alberto Varona Saavedra, le contrebassiste Jordi Mestres, le guitariste Willy Fuego et le drummer, Ricard Parera. Et ce soir, ils sont au poste…

Amparo est vêtue d’une robe ‘flamenco’ de couleur noire. Elle est chaussée de bottillons, laissant apparaître des jambes tatouées d’étoiles. Elle est venue défendre sont troisième elpee, « Espíritu Del Sol ». Et sa gratte électro-acoustique de couleur bleu azur, couverte de 'smileys', de petits soleils, de coeurs et de têtes de mort, accompagne sa voix empreinte de charme, tout au long de chansons, qu’elle interprète dans la langue de Cervantès.  

Le set s’ouvre par « Plegaria », un extrait du dernier opus. Toute l'émotion de la mujer, passe dans la voix. « La Fiesta » est une superbe reprise d'Amparanoïa. Un titre judicieux au cours duquel les artistes vont se libérer et l’auditoire prendre littéralement son pied. « Hermosa » est tiré du dernier LP, « Espíritu Del Sol ». Issu de « Tucson-Habana »), « Corazon De La Realidad » nous transporte à Cuba. Le spectre du Buena Vista Social Club plane. Le public est ravi. A plusieurs reprises, il applaudit chaleureusement. Et c’est amplement mérité. Préposé à la contrebasse, le souriant Jordi Mestres cherche à séduire l’auditoire. Et il y parvient.

Les accords de guitare surf dispensés tout au long de « Mi Gitana » vous prennent aux tripes. La voix d'Amparo est douce et paisible sur ce titre au refrain entêtant auquel elle demande au public de participer. Je ne comprends rien, mais je suis le mouvement. Particulièrement dansant, « La Cuenta Atras » figure sur le deuxième elpee solo, « Alma de Cantaora ». Tout au long du set, les cuivres de Jose Alberto Varona Saavedra tirent leur épingle du jeu, même si parfois, ils se révèlent quelque peu envahissants. Après « Cuarteto En Paris » et « Alma De Cantaora », le concert s’achève par « Ella Baila Bembe ».

Enfin pas tout à fait, car Amporo Sanchez revient pour un rappel, sous un tonnerre d'applaudissements. D’abord uniquement soutenue par le sixcordiste, Jordi Mestres, dans un élan surf, sur le délicat « El Ultimo Trago ». L’Andalousie profonde illumine la voix d’Amparo. Les deux autres musicos opèrent leur retour pour participer à la remarquable cover du « Long Long Nite » de La Mano Negra. Un ‘encore’ d’un peu moins d’une demi-heure au cours de laquelle on aura encore droit à « En la Noche » et en guise d’apothéose à « La Parrandita De Las Santas ». Une très belle soirée, c’est une certitude…

(Organisation : Ancienne Belgique)

Two Kids On Holiday

Un parfum hawaïen, mais sans les filles…

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Two Kids On Holiday est donc dorénavant passé d’un duo à un trio sur les planches. Le troisième larron n’est autre que Romain Cruppa, également impliqué dans un autre groupe issu de la Cité Ardente, Leaf House. Les artistes issus du collectif JauneOrange n’hésitent pas à s’entraider ou apporter leur collaboration, c’est connu. Un Romain, dont la voix sucrée risque bien de faire chavirer les cœurs du public féminin…

TKOH réunit le drummer Gil Chevigné et le chanteur/claviériste Julian Arlia. Des tandems de choc comme les White Stripes ou The Black Box Revelation qui se consacrent à la formule guitare/batterie, c’est plutôt devenu courant. Mais des duos qui adoptent la combinaison batterie/synthé, c’est plus rare. Hormis Cats On Trees, je n’en connais guère d’autres. Curieux, la release party organisée pour la sortie de leur premier elpee, « Hurricane », sert de supporting act à la formation danoise Team Me, un band prometteur. Mais qui ne m’a pas vraiment convaincu sur les planches. J’ai donc faire l'impasse.

Sut le podium, les drums sont plantés au beau milieu. Deux petits palmiers bordent les fûts, un peu comme pour créer un petit décor hawaïen. Julian s’installe à droite de biais, derrière ses machines. Romain, à gauche, armé de sa gratte. Au début du set, le public n’est pas très nombreux. A l’instar de celui des R'tardataires, le bus des aficionados est en retard. Et quand ils débarquent dans la Rotonde, l’auditoire est bien plus conséquent.

« Aloha » ouvre le bal. Un mot hawaïen qui se traduit par affection, amour, compassion, pitié, au revoir et bonjour. Une belle entrée en matière. Les trois voix s’y conjuguent à la perfection. Des harmonies vocales qu’on pourrait qualifier de riches et précieuses. Tout comme sur « Future is bright », une de mes compos préférées. Le trio semble très soudé. En ‘live’, les musicos sont d’ailleurs très proches comme chez BRNS.

On commence à sentir des fourmis dans les jambes dès « The Leaves Are Falling ». Elles gagnent bientôt le bas des reins. Et on se trémousse lors de cette invitation à rejoindre le dancefloor. Un vaisseau « Pirate » nous entraîne jusqu’au beau milieu du Pacifique (NDR : peut-être quelque part en Polynésie…), une plage aux sonorités électro particulièrement généreuses. Mais « Sunset », soit le plus beau moment de la journée...

Après avoir interprété « Father », une ancienne compo, Two Kids On Holiday mord à belles dents dans son « Blood As Food », avec l’énergie d’un vampire. « Jump Like A Frog » est un extrait du premier Ep, « Tchouck Tchouck Nougat », une chanson fraîche et printanière. Et la prestation de s’achever par une version percutante de leur single « The Waves » (NDR : plage à absolument visionner sur YouTube ici), un titre digne du répertoire d’Arsenal. Pas de « Left And Ride », ce soir, malheureusement, une de mes chansons préférées, mais quand même un concert de toute bonne facture qui a inconsciemment donné envie de partir quelque part au soleil, et pourquoi pas du côté des Iles Hawaii…

(Organisation : Le Botanique)

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Viet Cong

Entre voir et entrevoir, il y un a préfixe de différence…

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Né sur les cendres du groupe Women (NDR : au sein duquel militait le drummer Mike Wallace et le bassiste/chanteur, Matt Flegel), Viet Cong est certainement l’une des sensations de ce début d’année. Il faut dire que, peu importe l’étiquette qu’on leur colle (post-punk, garage/rock, toutes les combinaisons sont possibles), la musique de ces Canadiens est jubilatoire. La preuve en est que, ce soir, le Witloof Bar est archi-comble. D’ailleurs, difficile de comprendre pourquoi le spectacle n’a pas été transféré dans une plus grande salle du Botanique. D’abord, parce que sold out, il a provoqué une déception légitime auprès des mélomanes qui n’ont pu se procurer un sésame. Et puis, parce quand c’est blindé, les ¾ de l’auditoire ne voient pratiquement rien du concert. Heureusement, la formation bénéficiera d’une séance de rattrapage, puisqu’elle se produira le 23 mai à l’Ancienne Belgique. Mais place au quatuor issu de Calgary venu défendre son premier opus éponyme.

Pour assurer leur première partie, Viet Cong a emmené dans ses bagages des compatriotes : Absolutely Free. Originaire de Toronto, ce groupe est en fait un avatar de la formation de math-rock, DD/MM/YYYY. Elle a ainsi l’opportunité de présenter son troisième elpee. Et il est également éponyme. Le trio monte sur les planches vers 20h. A ce moment, la salle n'est pas encore remplie. Il est donc possible de se faufiler entre les spectateurs et de profiter pleinement du spectacle (visuellement et auditivement). Après une longue introduction tout en apesanteur, la musique entre dans le vif du sujet. A la fois expérimentale, puissante et mélodieuse, elle fait mouche. Les compos sont particulièrement bien ficelées. Situé à un bon mètre de votre serviteur, le drummer impressionne. Le chanteur/claviériste/guitariste se montre particulièrement à l'aise, et change d’instrument avec une facilité déconcertante. Bref, je dois avouer avoir fait une excellente découverte. A l’issue de leur set, je me suis empressé d’aller acheter leur vinyle. Des premières parties d'une telle qualité sont plutôt rares!

Vers 21h, la salle est comble. Il est temps de jouer des coudes afin de choisir l’endroit idéal, pour voir ou entrevoir ce qui se passe sur l’estrade. Malheureusement, la foule est trop compacte aux premiers rangs, et ma vision se limitera à contempler Scott Munro (ex-gratteur de tournée pour Chad Vangaalen) jouer de la douze cordes. Si le Witloff Bar est parfaitement adapté à un groupe comme Viet Cong, il faut reconnaître que la salle l’est beaucoup moins en ce qui concerne les spectateurs qui ne sont pas parvenus à se planter aux premiers rangs. Soit…

Quoi qu’il en soit, les Canadiens semblent contents d’être là. Ce concert est le dernier de leur tournée européenne. Leur bonne humeur est communicative et tout au long de leur prestation, ils n’hésiteront pas à tailler une bavette avec le public. Dès le début du set, Viet Cong libère tout son potentiel. Les guitares sont incisives et parfaitement balisées par la section rythmique, basse/batterie. Puissante, néanmoins Une expression sonore sur laquelle Matt Flegel vient poser sa voix. Un peu ébréchée. Faut dire que le Canadien ne l’a pas ménagée tout au long de la tournée. Pendant une heure, les morceaux de leur premier album éponyme ainsi que de leur Ep « Cassette » vont défiler. Et lorsque le combo vide les lieux, l’auditoire est assez étonné que 60 minutes se soient déjà écoulées.   

En un soir et deux concerts, les deux formations viennent de replacer (si c'était encore nécessaire) le Canada sur la sphère mondiale de l’indie-rock.

(Organisation Botanique)

The Kooks

Plus de funk, mais moins de pêche…

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Les vacances de Carnaval viennent de commencer. Et ce 14 février, le Cirque
Royal accueille les Kooks. Une longue file s'étire déjà jusqu'au coin de la rue et il n'est que 18h15. The Kooks est de retour après trois années de silence. Il vient de publier un nouvel album. Intitulé « Listen », il est plus funky et plus dansant. Ce qui risque de surprendre les
aficionados du groupe. Bleachers assure le supporting act.

Bleachers nous vient d’outre-Atlantique. Un combo fondé par le chanteur/guitariste Jack Michael Antonoff, en 2014. Originaire du New Jersey, ce sympathique trentenaire est actif sur la scène musicale américaine, depuis plus de 10 ans. A partir de 2002, il se réserve les vocaux chez Steel Train, un combo qui va graver trois albums au cours de son existence : « Twilight Tales From The Prairies Of The Sun »  en 2005, « Trampoline » en 2007 et « Steel Train » en 2010.

Jack est également guitariste au sein de Fun. Une aventure qu’il a entamée en 2008, en compagnie de Nate Ruess et Andrew Dost. Le trio a décrocher un Grammy Award en 2013, pour la chanson de l’année, grâce à son hit « We Are Young », titre auquel la charmante Janelle Monáe avait participé. Outre son talent de musicien, Jack est un auteur/compositeur/producteur unanimement reconnu par la critique. Jack a également reçu une nomination lors des Golden Globe pour « Sweeter Than Fiction », une chanson pour laquelle il avait reçu le concours de Taylor Swift. Bleachers est venu défendre son nouvel opus « Strange Desir ». Mais il ne dispose que de 30 minutes. Un peu court !

Pour ce spectacle, Jack est soutenu par 4 musicos. Soit deux drummers et deux multi-instrumentistes (claviers, guitares, saxophone). Et ils sont placés en avant-plan. C’est aussi l'anniversaire d'un des deux claviéristes. Jack est bien sûr le chef d’orchestre. La voix d’Antonoff est d’abord douce, avant de devenir puissante. Son timbre campe un hybride entre Jim Kerr et Bono. L’ambiance monte progressivement dans les tours. Et Jack finit même par haranguer le public pour qu’il chante et jumpe ; un public majoritairement féminin, dont l’âge oscille entre 18 et 25 ans. Et il réagit instantanément. Un peu à la manière du Boss (NDR : également issu du New Jersew), Jack achève son set, tel un Bruce triomphateur. Bleachers se retire alors, ravi d’être parvenu à conquérir l’auditoire. Idéal pour chauffer la salle…  

Qui est pleine à craquer. Votre serviteur a choisi de s’installer à l’étage, juste au-dessus de la table de mixage, pour mieux dominer la situation. Les aficionados s'agglutinent contre les barrières devant la scène. Vu le nombre de filles, c’est parfois nécessaire pour éviter les débordements. Faut dire qu’elles attendent impatiemment Luke et sa belle gueule d'ange…

The Kooks est un jeune quatuor né en 2004. A Brighton. Il n’a fallu au band qu’un single (« Naive ») et un album (« Inside In-Inside Out », le premier, paru en 2006) pour se forger sa notoriété. Encensé par la presse musicale insulaire, il fait alors un malheur en Grande-Bretagne. Mais également en Europe et aux States, où les concerts sont accordés à guichets fermés. Le long playing récolte un énorme succès : quadruple disque de platine en un an au Royaume-Uni, platine en Australie et double platine en Irlande. The Kooks remporte également le Best UK & Ireland Act aux MTV Europe Music Awards, en 2006, et décroche une nomination aux Brit Awards, pour le single « She Moves In Her Own Way ».

Paru en 2008, leur second LP, « Konk » se classe numéro ‘1’ dans les charts britanniques. Il s’écoule à 65 000 exemplaires en une semaine. Et obtient, à nouveau, un disque d'or au Royaume-Uni et en Irlande. Au cours de cette même année, Max Rafferty, le bassiste/guitariste, quitte le navire. Il est d’abord remplacé par Dan Logan, puis par Peter Denton. Gravé en 2011, « Junk Of The Heart » accentue leur progression vers les sommets. En septembre dernier, le combo publie son quatrième opus, « Listen », un disque enregistré entre Los Angeles et Londres. Luke et Inflo, un jeune prodige de la scène hip hop anglaise, le coproduisent. Victime de son addiction à la drogue, Paul Garred cède alors ses drums à Alex Nunez. Du line up initial, il ne reste donc plus que le gratteur Hugh Harris et Pritchard. Luke a déclaré que ce nouvel elpee constituait un nouveau chapitre dans l’histoire du groupe, et reflétait leur nouvelle orientation musicale. Avant de paraître, ce long playing a été précédé par trois singles, issus de l’œuvre : « Down » en avril, « Around Town » en juin et « Forgive And Forget », en août.

A l’origine, la musique des Kooks était principalement influencée par le mouvement 'British Invasion’ qui a contaminé les States au cours des 60’s et le post-punk du nouveau millénaire. The Kooks se définit cependant, comme un groupe pop. Ce qui ne l’a pas empêché de se frotter au rock, à la britpop, au reggae et au ska. Ni de concocter des singles aussi contagieux qu’efficaces.

Le quatuor monte sur le podium. On en a déjà plein les mirettes. A cause du light show, mais également du support vidéo. Il n'y a pas moins de 12 écrans aux dimensions différentes, réparties sur la scène. Le drummer s’est installé sur une haute estrade, juste sous le grand écran. Luke Pritchard occupe bien sûr l’avant-plan. Il a même toute la place pour faire le choix entre ses grattes acoustiques ou électriques.

Le set s’ouvre par une nouvelle compo, « Around Town », et embraie par deux morceaux issus du premier elpee, « See The World » et « Ooh La ». Un disque qui m’avait permis de découvrir le groupe, puis incité à le voir en ‘live’, dans le cadre du festival Rock Werchter, pour un concert plutôt explosif. C’était d’ailleurs l’époque de leur splendeur juvénile. Depuis le band a acquis une certaine maturité. S’est assagi. Mais a aussi perdu cette forme de candeur et tempéré cette d’énergie qui faisaient son charme. On a même l’impression qu’il se repose davantage sur ses lauriers. D’ailleurs, sur les planches, les musiciens sont plutôt statiques.  

« It Was London », « Bad Habit » et « Down » sont trois titres issus du nouveau cd. Plutôt déroutants. Funkysants même. Manifestement le combo évolue. Luke a empoigné une six cordes électro-acoustique pour interpréter le plus paisible « She Moves In Her Own Way ». Place ensuite aux hits « Eddie Gun's» et « Seaside ». Nous sommes en terrain connu. Quoique extrait du nouvel essai, « Dreams » est une jolie ballade assez classique.

« Tick Of Time » est une plage tirée de « Konk ». Curieux, on dirait que « Westside » est un pastiche de leur « Sea Side ». Différence ? Des synthés hybrides et décousus ont été ajoutés. « Always Where I Need To Be » libère enfin l’énergie originelle ; celle qui me rappelle la pêche que le band manifestait lors des festivals. Balayé par des interventions de claviers, « Sweet Emotion » opère un virage électro/pop. C’est dans l’air du temps. Plus rock, percutant, « The Saboteur » figure sur le troisième opus, « Junk Of The Heart ». Caractérisé par la voix beatlenesque de Luke, il est particulièrement apprécié par l’auditoire. Sans doute aussi, pour son approche théâtrale. Plutôt rock'n'roll, « Sway » est une compo qui me botte particulièrement. Après « Sofa Song », The Kooks achève sa prestation par « Forgive And Forget », un morceau qui lorgne généreusement vers le funk, un style davantage exploré sur le dernier elpee. Luke remercie le public belge, à qui il reconnaît devoir une partie de son succès.

En rappel, le combo va encore nous réserver « See Me Now », « Junk Of The Heart (Happy) » et « Naïve ». Mais, je dois avouer que ce concert m’a laissé sur ma faim. J’espère tout simplement que la tournée est encore en rodage et leurs prestations vont davantage s’électriser au fil du temps. Pour atteindre leur pic, au moment des festivals.

(Organisation : Live Nation)

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Karavan

Sur la voie du chœur tracée par Karavan…

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Ce lundi 9 février, l’AB Club accueille Karavan. Un grand jour pour le collectif, puisqu’il s’agit de la ‘release party’ consacrée à son premier album, « Arnoquins ». Un elpee sur lequel figure huit reprises de notre Arno national. Européen aussi. Cet Ostendais, dont le phrasé et l’humour décalé nous séduisent depuis plus de 30 ans, n’a-t-il pas écrit « Putain, Putain, nous sommes tous Européens » ? Le concert est sold out. Joy Simar assure le supporting act. Il est venu défendre son nouveau projet : Joy and Safar. Donc double découverte pour cette soirée.

Joy Simar n'est pas une inconnue. Elle a milité au sein de 1060, un duo qu’elle partageait en compagnie du producteur/bassiste Renoar Hadri. Un patronyme original, puisqu’il s’agissait tout simplement du code postal de sa commune d'adoption. Leur musique s’inscrivait dans le courant New Soul Underground. Joy est une Bruxelloise flamande originaire de Beersel. Elle est parfaitement bilingue. Son père est francophone et sa mère néerlandophone. Jolie, blonde, Joy a décroché un master en sciences politiques (NDR : comme quoi !), à la KUL ; mais elle est avant tout attirée par la musique. 1060 avait publié un premier opus en 2009, « Fortunella ».

Joy ressemble un peu à Selah Sue. Dès sa montée sur les planches, elle attire un courant de sympathie. Elle est soutenue par Safar Republique, un groupe réunissant 4 hommes souriants. Amine Kanzi Belghiti, le percussionniste, s’installe à l'extrême droite du podium. Il s’assied sur un cajon. Jan Sébastiaan Degeyter se réserve la guitare et Olivier Stroobant le kamele n'goni (NDR : cet instrument à cordes pincées est issu d'Afrique de l'Ouest). Pas de bassiste, mais un violoniste, Sébastien Paz Ceroni, qui se plante derrière la chanteuse. La soul pop de Joy est sucrée et métissée et puise ses influences dans la world –tant la tradition ouest africaine (percussions) qu’issue du Maghreb (instruments ethniques)–, le classique (violon) ainsi que le jazz (guitare). Un cocktail déroutant et novateur à la fois.

Après avoir salué l’auditoire, Joy l’invite à se frotter les mains l'une contre l'autre (pas d'applaudir) et entame « April ». Le décor est planté ! Joy possède une voix chaude au grain soul. Joy occupe toute la place sur l’estrade et remue pas mal. Elle est même plutôt sexy dans ses contorsions. C'est un plaisir de la voir évoluer sur les planches. En général, les interventions du violon communiquent un sentiment de mélancolie. Sur « Open Up », elles dominent l’ensemble tout en épaulant le chant plutôt soul de Joy. Il y a même du groove dans sa voix. A cet instant, le set de Joy and Safar baigne dans l’expérimentation. Le périple se poursuit dans l'ouest africain ou le Magreb. A cause des sonorités typiques des instruments utilisés par les musiciens de Safar. Ma voisine de droite semble avoir l’esprit critique. Elle a déjà vu Joy en concert, à plusieurs reprises, mais ne la retrouve pas à travers ce nouveau projet. Perso, j’estime que cette rencontre entre une voix soul et des sonorités world, tout particulièrement africaines, est intéressante et surtout novatrice…

Karavan est un collectif réunissant 8 chanteurs : Nicole Bongo - Letuppe, Marie-Ange Tchaï Teuwen, Fredy Massamba, Myriam Gilson, Djubebe Kalume, Epolo Mabita, Mister Mo et Soul T. Je l’avais découvert à l'Ancienne Belgique, en première partie de Sinead O'Connor, un groupe afro-bruxellois dont le répertoire est essentiellement composé de reprises d’Arno. Interprétées a cappella. Discret, Arno assiste au set, du fond de la salle, près du bar.

Et c’est parti pour la présentation d’« Arnoquins », un long playing essentiellement consacré à des covers de l'albinos blanc. Huit en tout, les deux autres pistes relevant de la plume du collectif. La Karavan débarque sur les planches comme un petit train, chaque wagon succédant à l’autre. Ils s’installent sur deux niveaux. Trois devant et 5 derrière. Nicole et Marie-Ange sont les deux voix de tête du band. Le show s’ouvre par le « You Gotta Move » de Mississippi Fred McDowell. C'est également un titre qui figure au répertoire d'Arno. Chacun y va de son intervention, mais c’est l’ensemble qui fait la différence. Plutôt soul, la version aurait pu être interprétée par un chœur gospel. Elle en est digne, en tout cas. Marie-Ange signale que la Karavan (de Bruxelles) va faire arrêt à Bruxelles Nord, Central et Midi. Fou rire général. Le convoi poursuit sa route et nous le rappelle à travers le titre significatif « Karavan ». Ce sont les filles qui se réservent les vocaux, alors que les gars, derrière, assurent l’instrumentation et le tempo à l’aide de leur voix, et tout particulièrement le beat box. Et cette conjugaison est parfaite.

Un baryton profond investit « We Want More », un morceau essentiel dans le répertoire de notre Ostendais. Troublant ! Nicole a le sens de l’humour. Elle nous réserve une petite démonstration d'‘air guitar’, en imitant le son de la 6 cordes. Mais quand la gratte s'emballe, elle est gentiment rappelée à l'ordre par ses comparses. Un climat de dérision qui communique un sentiment de bonne humeur. Ainsi l’interactivité entre les artistes et le public est parfaite. La température monte de quelques degrés. Il fait de plus en plus chaud. Pour « Chic Et Pas Cher », la voix principale est masculine. Les filles assurent les choeurs. « Les Yeux De Ma Mère » est certainement une des chansons d’Arno que je préfère. Pourtant revisitée par les filles de Karavan, l’âme de l’artiste est toujours bien présente dans cette compo. Les voix masculines dominent à nouveau leur sujet, tout au long de « Jive To The Beat ». Le human beat box nous fait une nouvelle démonstration de son talent sur « Elle Adore Le Noir ». Un titre au cours duquel, les harmonies vocales féminines déploient toute leur puissance. Pendant « Je Veux Nager », les artistes développent une gestuelle, pour mimer les mouvements des nageurs dans la piscine. Au bout d’une heure, le set s’achève par « Bathroom Singer ». Avant un rappel consacré à un medley de « Les Yeux De Ma Mère/Bruxelles ».

D’une grande qualité musicale et vocale, ce show a aussi valu par sa charge émotionnelle. Celle de la voie du chœur tracée par Karavan…

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

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