Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

logo_musiczine

Twin Temple, amants maudits ?

Établis à Los Angeles, Alexandra et Zachary James, mariés à la ville, publieront leur troisième elpee, « Doomed Lovers », le 23 octobre sur leur propre label, Pentagrammaton Records, distribué à travers le monde par Secretly Distribution. L'annonce survient…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Afghan Whigs
Guns N Roses
Concerts

The Asteroids Galaxy Tour

Propice à la danse…

Écrit par

Pour rejoindre le Botanique, ce soir, il faut se faufiler à travers les embouteillages. Dehors, il fait un peu frisquet. L’hiver arrive. Mais vu l’affiche proposée ce soir, le Botanique devrait réchauffer nos cœurs et adoucir les moeurs. C'est connu. En outre, on devrait y danser. Tout d’abord en compagnie de la formation liégeoise Girls Say No (NDR : que je découvre en concert, pour la première fois) ; puis du combo danois, Asteroids Galaxy Tour. J’avais eu l’occasion de découvrir ce band, il y a deux ans, au sein d’une Orangerie blindée et surchauffée. Alors, pour leur retour, j’imagine revivre une ambiance des grands jours, dans la Rotonde.

Avant d’opter pour Girls Say No, la formation militait sous le patronyme de The Miss Universes. En 2013, elle a été forcée de changer de patronyme. Et pour cause, le milliardaire américain Donald Trump, fondateur du concours international de beauté 'Miss Univers', avait déposé la marque depuis 1996, et en contestait l’utilisation...

Le quintet liégeois est venu défendre « Emmetropia », son premier Ep 5 titres. Un disque enregistré au sein des studios La Chapelle et mixé au Studio 5, sous la houlette d'Anthony Sinatra (Hollywood Porn Stars, Piano Club et membre du collectif Jaune/Orange).

Le line up réunit Yannick Albert (synthés, chant), Laurent Richter (basse/chant), Benjamin Hermann (guitare), Ludovic Wannez (synthés) et un nouveau drummer répondant au nom de Julien Paschal (Piano Club). Avant de graver ce disque, le band avait publié « Triangular Love », en mars 2014, un single destiné à faire la promo de l'Ep. Il avait été bien accueilli par le public et les médias. La pochette d'« Emmetropia » a été réalisée par l'artiste/peintre japonais Korehico Hino, dont les sujets s'inspirent le plus souvent de personnages jeunes et androgynes.

Il y a pas mal de matos sur les planches. Le public est constitué principalement de néerlandophones, mais on y rencontre également quelques aficionados de Girls Say No. Le quintet monte sur l’estrade. Le concert s’ouvre par « Ha Ha ha », un standard de leur répertoire, dominé par les sonorités électro et les percus. Particulièrement dansant, « Entropy » est probablement une nouvelle compo. Place ensuite à 4 extraits de l’Ep « Spanish Fury », réminiscents de la synthé pop instituée par les Cars. D’ailleurs, la voix me fait penser à celle de Rick Ocasek, le leader et chanteur de ce groupe mythique. La foule commence à se trémousser dans la fosse. Et la température grimpe de quelques degrés. Invitation au voyage, « Tundra » est destinée à calmer quelque peu le climat. On imagine alors vivre un périple qui part des rives de la Volga pour nous conduire jusqu’aux plages brésiliennes de Paraiso.

Le single « Triangular Love » est un morceau particulièrement contagieux. Les vocaux sont parfaitement maîtrisés et les nappes de synthétiseurs épousent une configuration contemporaine. Et si la plage est dansante et sucrée, on y ressent très fort la patte d’Anthony. « Meteor » achève la prestation. Difficile de résister à cette invitation à la danse. Le combo est parvenu à chauffer la Rotonde en une petite demi-heure. Idéal pour préparer le set des Danois. Quelques morceaux supplémentaires, et il mettait le feu à la Rotonde….

The Asteroids Galaxy Tour nous vient de Copenhague. Fondé en 2006 par Lars Iversen (claviers, basse) et la jolie blonde Mette Lindberg (chant), le line up implique également Simon Littaer aux machines et synthés, Mikkel Balster Dorig à la guitare et Rasmus Littauer aux drums. Le combo s’est forgé une certaine notoriété, grâce à des campagnes de pub. En septembre 2008, « Around the Bend » a ainsi servi de bande sonore à un spot publicitaire pour l'Apple iPod Touch. Et « The Golden Age » pour Nesfluid ; mais il est également devenu le  générique de l'émission quotidienne de la chaîne France 2 présentée par Stéphane Bern, ‘Comment ça va bien !’ Le groupe a gravé trois elpees à ce jour, « Fruit » en 2009, « Out Of Frequency » en 2012 et le petit dernier « Bring Us Together », en septembre 2014.

Avant que le combo ne débarque, les faisceaux lumineux se focalisent sur le nom du groupe, inscrit sur une grande toile, en arrière-plan. Les quatre musicos montent sur les planches. Le drummer s’installe sur un podium, à l'extrême gauche. Manifestement, il domine ses fûts. A sa gauche, se plante le bassiste, sur une petite estrade. Le guitariste se fixe à droite juste devant Lars, face à ses machines et un clavier plutôt imposant. Une disposition destinée à laisser un maximum d’espace à Mette, resplendissante dans sa tenue grise étoilée.

Le concert s’ouvre par un sample déroutant et dépouillé épousant une rythmique à la fois brute et entraînante. Il introduit le morceau maître du dernier elpee, « Bring Us Together ». « Navigator » est une compo puissante, dansante, au refrain contagieux. Bercée par des sonorités électro classieuses, balayée de sifflements répétés et dynamisée par les percus, elle adopte une rythmique plus disco que funky. Le dancefloor est déjà en folie et l'ambiance en pleine effervescence. Le public se met inévitablement à jumper et à danser. Normal, c’est ce que recherche The Asteroids Galaxy Tour. En outre, par son attitude, Mette met de l’huile sur le feu…

Comme lors d’un ‘blind test’, au bout de trois notes, le tube « Around The Bend » boute littéralement le feu dans l’auditoire. Un premier moment fort du concert. Place ensuite à « Suburban Space Invader », un extrait du second l'album « Out Of Frequency », un elpee qui m’a permis de découvrir la formation danoise. Deux plages issues de « Fruit », ensuite : « Lady Jesus » et « Push The Envelope ». Fraîche, funkysante, multicolore et un chouia psychédélique, leur pop indie passe vraiment bien la rampe, ce soir. Electro et presque disco, « Hurricane » s’inscrit parfaitement dans le cadre du nouvel elpee. Pour le single « My Club », les cuivres sont remplacés par les synthés et machines. Un titre terriblement dansant. Le dancefloor est en ébullition. Les gradins également. Un peu comme pour Arsenal, c'est la fête à la danse. « Choke It » et « Rock The Ride » adoptent un profil semblable. Et la recette est infaillible. « Crazy » et « Hero » opèrent un retour au premier long playing, deux confiseries bien colorées. Après 60 minutes, le spectacle s’achève par « Heart Attack » et « Major », deux extraits du dernier LP, un disque manifestement plus que dansant.

En rappel, les Vikings vont nous réserver deux titres, « Dollars In The Night » et surtout « The Golden Age », l’autre hit. Une excellente soirée propice à la danse…

(Organisation : Botanique)

Einstürzende Neubauten

Un spectacle austère, pour commémorer le 100ème anniversaire de la Grande Guerre…

Écrit par

Einstürzende Neubauten avait pris l’habitude de célébrer son anniversaire quinquennal, à l’Ancienne Belgique. Mais ce samedi soir, il se produit à Diksmuide. Un concert organisé dans le cadre du 100ème anniversaire de la déclaration de guerre 14-18. Il s’agit, en outre, de la transposition ‘live’ de leur album « Lament », paru ce 7 novembre, consacré à l’histoire de ce confit mondial. Blixa Bargeld, le leader, a même pris le soin de consulter un historien et un linguiste, afin de rendre son projet le plus crédible possible. Il a également puisé dans les archives de différentes universités et différents musées, en Allemagne, et même récupéré des enregistrements de prisonniers de cette époque, toutes nations belligérantes confondues. Enfin, s’il a choisi Diksmuide pour entamer sa tournée, c’est parce qu’il s’agit d’un lieu hautement symbolique.

 

Vos serviteurs débarquent alors que le concert vient de débuter depuis 5 bonnes minutes. Le temps de trouver l’endroit, de dénicher une place de parking et de récupérer nos guests, et on peut enfin entrer dans cet hangar baptisé De Lijn, parfaitement choisi pour un tel événement, mais également pour accueillir un groupe post-industriel de la trempe d’Einstürzende Neubauten.

Le concert est sold out depuis un bon moment, et vu notre retard, pas facile de se dénicher une place propice. D’autant plus que les énormes pilonnes qui soutiennent le plafond constituent des obstacles visuels supplémentaires. Il faudra d’ailleurs une bonne vingtaine de minutes, avant de pouvoir distinguer ce qui se passe sur l’estrade.

La première partie se focalise donc sur le nouvel elpee « Lament ». Un disque qui fait suite à « Alles Wieder Offen », paru en 2007. Le set s’ouvre par « Kriegsmaschinerie », un morceau au cours duquel Blixa affiche successivement, toute une série de panneaux, sur lesquels il affiche des slogans de circonstance. Le combo entonne ensuite le « God save the Queen » dans la langue de Goethe, presque a cappella. Etonnant ! Je commence enfin à percevoir le matos sur les planches. Un équipement imaginé par Andrew Unruh, un des membres fondateurs du groupe. On y distingue des tubes, des bacs métalliques et autres matériaux ferreux censés reproduire les bruits tourmentés de la Grande Guerre. Parfois même, entre les morceaux, des roadies viennent changer ce matériel. Lors du troisième titre, « The Willy-Nicky Telegrams », on retrouve ainsi trois des musicos qui frappent en mesure pendant une dizaine de minutes, sur une structure en acier, alors qu’une voix ‘off’ égrène une liste des événements qui se sont déroulés au cours de cette période trouble. C’est à partir de cet instant que je vais réellement commencer à rentrer dans le climat du concert. Je remarque la présence, en arrière-plan, d’un quatuor à cordes. Un violoncelliste et trois violonistes. Aux extrêmes, sur des podiums, sont flanqués les deux percussionnistes qui descendent régulièrement de leurs piédestaux pour participer, en front de scène, aux bruitages. Dont N.U. Unruh, une casquette vissée sur la tête, à gauche ; et je suppose, Rudolf Moser, à droite. A l’extrême droite, au bord de l’estrade, s’est planté Jochen Arbeit, le guitariste/claviériste. Et à gauche de Bargeld (NDR : en position centrale), on retrouve Alexandre Hacke. Vêtu d’un tablier blanc, il se charge des parties de basse, parfois de la guitare, mais aussi des percus. Blixa chante en anglais ou en allemand et il déclame également parfois en néerlandais. Il lui arrive aussi de hurler, comme s’il éprouvait un immense cri de douleur, une lamentation qui déchire alors l’atmosphère. Le set est quand même austère, malgré la présence du quatuor à cordes, qui ne prendra son envol que lors du remarquable dernier morceau du concert proprement dit. Certaines compos sont carrément planantes, évoquant même une sorte de Pink Floyd ‘cathédralesque’ qui aurait décidé d’adapter son expression sonore au mode post industriel. Un titre me fait même carrément penser à une rencontre entre les Mothers of Invention de Frank Zappa et les Residents.

Lors du rappel, Blixa revient vêtu d’une parure en fourrure. Et sans le quatuor à cordes, le combo d’adapter « Sag mir wo die Blumen sind », une chanson particulièrement cool signée Pete Seeger et popularisée par Marlene Dietrich. Et puis le groupe, nous accorde quand même, au cours de cet encore, son incontournable « Let’s do it a dada », seul titre enlevé, au cours duquel la foule commence à hocher la tête. Faut dire que le rythme percussif imprimé sur les fameux tuyaux par N.U. Unruth est vraiment irrésistible.

Après 1 heure 45 de concert, les roadies viennent démonter les matos. La foule a beau réclamer poliment un nouveau rappel, les musicos ne reviendront plus.

Setlist : Kriegsmaschinerie / Hymnen / The Willy-Nicky Telegrams / In de loopgraaf / Der I. Weltkrieg (Percussion Version) / Achterland / Hospitalische Kinder + Engel der Vernichtung / All Of No Man's Land Is Ours / Lament.1: Lament / Lament.2: Abwärtsspirale / Lament 3: Pater Peccavi / How Did I Die? // Sag mir wo die Blumen sind / Let's Do It A Dada / All Of No Man' Land Is Ours Reprise // Der Beginn des Weltkrieges 1914 / Ich gehe jetzt.

(Organisation 4AD + Dienst Cultuur Provincie West-Vlaanderen – GoneWest)

Voir aussi notre section photos ici

Chapelier Fou

Bienvenue dans le monde parallèle de Chapelier Fou…

Écrit par

Chapelier Fou est un artiste que je connais mal. Il se produisait à deux pas de chez moi, à l’Alhambra de Mons. Vu cette proximité, il n’était pas trop difficile d’aller jeter un œil et une oreille. Et il faut avouer que le set de l’artiste français a facilement retenu mon attention.

A cause de son style, qu’on peut qualifier de surprenant. Car si sa musique est électronique, elle prend un chemin différent de sa forme traditionnelle. Sauf pour les sonorités les plus immédiates. Néanmoins, quand l’expression devient plus élaborée et subtile, le charme commence à opérer. Mais pour mieux comprendre le concept imaginé par Louis Warynski, il est nécessaire de s’intéresser à son parcours. A 6 ans, il intègre déjà le conservatoire de Metz, sa ville natale, et devient rapidement multi-instrumentiste. Ce n’est que bien plus tard qu’il va succomber à l’électronique. Qu’il va mêler à la musique classique. A l’aide d’un violon, mais pas seulement, car lors des sessions d’enregistrement, il a recours à d’autres instruments analogiques.

Les deux premières parties, Dutchnols et Toner nous réservent de l’électro traditionnelle. De quoi passer le temps, en attendant de passer aux choses sérieuses.

Première et bonne surprise, Chapelier Fou ne monte pas sur les planches en solitaire, comme je l’imaginais. Il est soutenu par un full band. Les musicos s’installent tous derrière un clavier, tout en gardant un ou plusieurs instruments à portée de main. Et y briller. A l’instar de la jeune et la talentueuse bassiste, plantée à le droite de Louis, et d’un violoniste posté à gauche du leader. Quant au dernier musico, il a manifestement plusieurs cordes à son arc, mais va se concentrer essentiellement sur son saxophone.

Dès les premiers titres, je comprends mieux pourquoi Chapelier Fou s’inspire du conte d’ ‘Alice au Pays des Merveilles’. A cause du nom de scène, bien sûr ; mais également parce que les compos sont susceptibles de nous entraîner dans un monde parallèle. A chaque titre, j’ai l’impression de découvrir une nouvelle idée. Le quatuor innove constamment. Heureusement que la salle a été judicieusement rénovée. Pour rendre son acoustique meilleure, notamment. Il aurait été malheureux de ne pas pouvoir profiter au maximum de cette expression sonore si complexe.

Hormis quelques voix émanant sporadiquement des machines, le chant est absent. Mais il ne manque pas. Il renforce même le mystère qui plane autour des compositions du Français. Et puis, les quelques mots sont bien intégrés aux chansons. « Darling, Darling, Darling » en est le parfait exemple.

Le concert s’achève et j’ai l’impression qu’il a été vraiment court. Mais c’est plutôt bon signe, car en regardant ma montre, je remarque qu’il a duré plus d’une heure ! Chapelier Fou et son groupe ont régalé le public montois. Espérons que l’Alhambra continuera de développer d’aussi jolies idées de programmation pour que la musique continue à faire vivre la future capitale européenne de la culture.

(Organisation : Alhambra)

Opeth

Une vision particulièrement ample du metal/prog/rock…

Deux ans exactement après son dernier passage à l’AB, Opeth revenait y accorder un concert dans le cadre de la parution d'un nouvel opus : « Pale Communion ». Emmenée par Mikael Åkerfeldt, la formation suédoise est un des fers de lance d'un style musical que l'on peut qualifier de ‘prog-metal’ ; c’est-à-dire qui combine la puissance du metal (voire black metal) et une richesse de structures et d'harmonies lorgnant vers le rock progressif.

C'est à nouveau au son de « Through Pains To Heaven », un titre que Popol Vuh avait composé en 1978 comme B.O. pour le remake du film 'Nosferatu', qu'Opeth entame son spectacle. Il y deux ans, les deux tendances (metal versus prog) étaient un peu en conflit dans le show,  Åkerfeldt semblant visiblement agacé par les anciens fans qui réclamaient en permanence les titres plus 'metal' et un chant davantage guttural (‘grunts’). Cette année, Åkerfeldt met les choses au point dès sa première intervention humoristique au micro : ‘Nous allons jouer des chansons avec 'grunts' et des chansons sans 'grunts'. Il y a des gens qui n'aiment que les chansons avec 'grunts' et des gens qui n'aiment pas les 'grunts' mais ce soir, nous allons former une belle et grande famille, ok ?’

Opeth démarre en force. Et pour cause, il nous réserve deux extraits de « Pale Communion » : « Eternal Rains Will Come » et « Cusp of Eternity ». Les riffs de guitare sont relayés par des interventions d’orgue et de piano réminiscentes de Jon Lord. L’influence du hard rock épique institué par Rainbow et Deep Purple est affichée d'emblée. Mais au fur et à mesure, les morceaux deviennent plus complexes et virent carrément au prog-jazz-rock. On sent aussi l'influence d'Utopia, le projet très sous-estimé de Todd Rundgren. On est ici clairement dans le nouvel avatar d'Opeth, qui est un véritable patchwork de références diverses, un peu comme chez Porcupine Tree et Steven Wilson (qui a assuré le mixage de « Pale Communion »).

En fait, la setlist du concert présente un panorama complet de la carrière d'Opeth. Hormis le dernier elpee, dont seront extraits trois plages, chaque album est illustré par un titre. Entre les morceaux, Åkerfeldt a pris l'habitude de plaisanter et d'illustrer ses commentaires de traits d'esprit : un roi du 'stand-up' ! Il évoque ainsi la manifestation dans le centre de Bruxelles, à laquelle il s'est mêlé sans arborer l'uniforme requis : ‘Je n'avais pas de vêtements verts ou rouges, je portais une veste de cuir, donc j'ai manifesté pour plus de vêtements en cuir...’

« Bleak » réjouit les partisans des 'grunts'. Cet extrait de Blackwater Park (2001) commence en black metal mais évolue vers des sonorités plus douces, voire acoustiques. La cohésion entre les musiciens est excellente. A côté d'Åkerfeldt et du bassiste Martín Méndez, Fredrik Åkesson s'acquitte magistralement des ‘lead guitars’ tandis que Martin ‘Axe’ Axenrot, à la batterie, et Joakim Svalberg (ex-Yngwie Malmsteen) aux claviers, assurent leur rôle sans la moindre faille. Le son est puissant et précis : il suit impeccablement les énormes variations de dynamique des compositions. Le 'light show' est, lui aussi, remarquable : les LED et les 'vari-lites' évoluent dans une synchronisation parfaite, conférant au spectacle une dimension féerique.

L'introduction de « The Moor » (NDR : cette compo remonte à 1999), permet de découvrir l'étonnante versatilité d'Åkerfeldt à la six cordes. Une nouvelle gratte de couleur blanche et de marque PRS. Elle permet au musicien de jouer les parties metal mais également de reproduire les sonorités de sèche à la perfection. Etonnant !

Après s'être moqué d'un spectateur occupé à envoyer des sms, Åkerfeldt entame ce qui constitue ‘sa partie préférée du concert’. C’est-à-dire « Windowpane », « The Devil's Orchard » et surtout un extraordinaire « April Ethereal ». Ce titre, issu de « My Arms, Your Hearse » (1998) est une pure merveille de black metal. Dans l’ensemble, les musiciens sont assez statiques et se concentrent sur leur jeu. Mais la magie de la musique est bien présente !

Entre deux morceaux, Åkerfeldt s'amuse à organiser un concours de cris, mettant en concurrence les hommes et les femmes. Plus tard, il s’adresse au publie à trois reprises en  clamant « Hello, hello, hello », suite à quoi un fan assez imbibé se met à hurler ‘Is it me you're looking for ?’ à la façon de Lionel Ritchie. Hilarité générale... La fin du show est grandiose, surtout grâce à « Lotus Eater » (Watershed, 2008) et le bijou « The Grand Conjuration » (Ghost Reveries, 2997). Quand le combo se retire, le public, conquis, réclame à tue-tête un rappel.

Åkerfeldt est affable et manie une nouvelle fois l’humour pour remercier l’auditoire et annonce le dernier titre, « Deliverance », issu du long playing éponyme. Et ces 13 minutes de bonheur vont allier une incroyable puissance à une hallucinante dextérité instrumentale.

Il n'y a pas de doute : Opeth contribue, au même titre que Porcupine Tree, Anathema ou Katatonia, à l'enrichissement musical du 'metal', en l'ouvrant à de nombreuses influences extérieures. Un concert éblouissant... (voir photos ici)

En première partie, la formation française Alcest, emmenée par Neige, un multi-instrumentiste qui cumule les projets (Amesoeurs, Mortifera, Phest ou encore Lantlôs), nous a réservé un post-metal atmosphérique, aux ambiances éthérées, oniriques et parfois un peu naïves. Leur dernier LP, « Shelter », est sorti le 17 janvier dernier et leur prestation, très intègre et pleine de sensibilité, donne envie d'en savoir plus ! A découvrir ! Fait étonnant : les deux formations à l'affiche de cette soirée ont clôturé leur show par un titre très semblable : « Deliverance » / « Délivrance »... (voir photos là)

Setlist Opeth :

Intro : Through Pain to Heaven (Popol Vuh song)
Eternal Rains Will Come
Cusp of Eternity
Bleak
The Moor
Advent
Elysian Woes
Windowpane
The Devil's Orchard
April Ethereal
The Lotus Eater
The Grand Conjuration

Encore:

Deliverance

(Organisation : AB)


Sarah Carlier

Presque parfait ; il n’y manquait que les cuivres…

Écrit par

Le Rideau Rouge est un café-concert-restaurant, situé à Lasnes dans le Brabant Wallon. On peut y casser la croûte, juste avant d’assister à un spectacle. Comme ce soir. C'est-à-dire un jeudi, jour réservé à ce type de manifestation. L’endroit est cosy, intimiste, et susceptible d’accueillir entre 10 à 70 personnes. En outre, le mardi, tous les musiciens, qu’ils viennent de  n’importe quel bord, sont invités à venir participer à une jam ; qu'il pleuve, vente, neige ou gèle. L’établissement dispose même d’un studio d'enregistrement. Le tout situé à deux pas de la Capitale. Ce soir, le set est organisé en mode showcase. Confortablement assis, en dégustant un bon verre ou en savourant un repas, le public va assister à la prestation de Sarah Carlier. Un auditoire qui ne réunit qu’une cinquantaine de personnes. Sarah a pris le soin de confier les manettes à Benoît, l'ingé-son de Puggy. Que ce soit dans une petite, moyenne ou grande salle ou encore lors d’un festival, ce virtuose de la table de mixage s’est forgé une belle notoriété. Un professionnalisme qui lui vaut donc aujourd’hui cette reconnaissance…

Alice et Arthur, aka Alice Spapen et Arthur Bochner, sont invités à assurer le supporting act. Alice et Antoine se partagent le chant, mais ce dernier se consacre également à la sèche et à la grosse caisse. Leurs deux voix sont superbes. Douce, enfantine, mais aussi limpide, celle d'Alice me fait penser à Vanessa Paradis. Les compos sont, en outre, interprétées, tour à tour dans la langue de Molière et de Shakespeare.

Après un passage remarqué à 'The Voice', Alice a perfectionné son chant au Jazz Studio d’Anvers. Qu’a également fréquenté Arthur, avant de suivre des cours de guitare au Conservatoire de Bruxelles. Arthur est également le chanteur/guitariste de Purpleized. C’est en constatant qu’ils partageaient des goûts communs, que le duo a décidé de se produire en duo. C’était il y a une bonne année. Leur répertoire est composé de reprises et de compos personnelles. Leur style ? Il oscille de la pop au jazz en passant par la chanson française.

Il est 21h00 précises, quand le duo entame son set. Un concert amorcé par le « Before You Accuse Me » de Bo Diddley, suivi par un morceau issu de leur plume, « Wake Up». Autre cover, le « Raphaël » de Carla Bruni. Une version étonnante, meilleure que l’originale. L'homme-orchestre est omniprésent : au chant, à la guitare, à la grosse caisse et même au beatbox. « Falling Down » est une autre composition signée par le couple. Tout comme « The One » et « My World ». La conjugaison des vocaux est plutôt réussie et les refrains sont contagieux. Dans le style, leurs chansons me font penser à Fréro et Delavega, devenus notoires, après avoir fait le buzz sur la toile. Mais c’est surtout la reprise du « Blackbird » des Fab Four qui va toucher ma corde sensible. Le tandem achève son show par un dernier morceau interprété en français, un titre qu’il vient de terminer. Sarah a eu le nez creux en invitant Alice et Arthur. S’ils peuvent bénéficier d’un bon encadrement, ils devraient faire du chemin. Ils viennent de publier un Ep 7 titres, intitulé « My World », un disque exclusivement vendu lors de leurs concerts. On en reparlera bientôt. Une chouette découverte...

C’est en 2009 que Sarah s’est lancée dans l'aventure musicale, en présentant un projet sur AkaStarter du label Akamusic (NDR : ce qu’on appelle aujourd’hui du crowdfunding). 283 personnes avaient ainsi financé la sortie de son premier simple, « Let's Believe ». En 2010, son deuxième projet, est soutenu par 594 personnes (NDR : dont votre serviteur !). Il se concrétise en 2011, par la publication de son premier album, « For Those Who Believe ».

Née d'un père belgo-congolais et d'une mère tchadienne, Sarah Carlier compose ses chansons depuis l'âge de 16 ans. Et elle les poste déjà sur YouTube. Elle reconnaît pour inspiration majeure, Nina Simone, Jimi Hendrix, John Mayer et Richie Havens. Sa voix campe un hybride entre Tracy Chapman et Nina Simone.

Après avoir accompli quelques premières parties prestigieuses au Cirque Royal ou à l'Ancienne Belgique, pour Yael Naim, Emeli Sandé, James Morisson ou encore Amadou et Mariam, elle se produit dans le cadre de plusieurs festivals, dont le Couleur Café et le BSF. En 2013, elle grave une version limitée en vinyle et cd de « Live Flagey ». Fin de cette année, elle entame l’écriture de son nouvel elpee. Les sessions d’enregistrement sont ensuite opérées au studio SynSound, choix dicté autant pour ses qualités techniques (enregistrement analogique) que pour les qualités humaines de Dan Lacksman, maître des lieux. En suivant et supervisant chaque étape de la création du disque, Sarah prend ses marques et affirme son style : folk, pop, soul, reggae, tout en se préservant une ouverture sur les musiques du monde. Elle choisit pour titre à cet opus, « SMS ». Il ne s’agit cependant pas d’une référence à l'envoi d'un court message par Gsm, mais de la contraction des initiales de « Save My Soul ». L'album sort le 24/10/2014 et atteint en deux temps trois mouvements le sommet des charts en Belgique. Ce n'est que mérité.

Quand Sarah Carlier débarque, elle est vraiment resplendissante et son sourire est ravageur. Cette nouvelle étoile de la scène belge est professionnelle jusqu'aux bouts des ongles et a choisi d’excellents musiciens pour l’épauler. En l’occurrence son fidèle bassiste, Thierry Rombaux, le drummer Boris Tchango, le guitariste Diégo Higuéras ainsi que Koffi Sadjo préposé aux synthétiseurs.

Sarah a pris de l'assurance en ‘live’. Elle se réserve bien sûr le chant et la sèche. C’est donc son dernier LP, « SMS » qu’elle va nous présenter ce soir. Et le concert de s’ouvrir, en toute logique, par une plage issue de ce long playing, le groovy « My Consellor ». Des cordes acoustiques et électriques un peu funkysantes, soutiennent la voix douce de Sarah. Il y manque quand même les cuivres. Dommage ! Caractérisé par ses accords de gratte funk, « Misty » nous entraîne dans l'univers de Niles Rodgers.

Sarah revient à ses premiers amours sur « Mr James », une ballade sentimentale, au cours de laquelle vous avez envie d’enlacer votre partenaire sur le dancefloor. Mais, bon on n’est pas ici au bal populaire, et l’auditoire préfère rester assis et écouter attentivement l’artiste. « Chorus Man » est une piste tirée du précédent opus. Elle a néanmoins été revisitée et réactualisée par Sarah et ses musicos. Et c’est du bien bel ouvrage… Le public est silencieux. D’ailleurs, « Shut », la compo suivante, le rappelle. C’est un extrait du dernier essai, tout comme « I'm Yours ». Une petite sucrerie au cours de laquelle la voix délicate de Sarah est imperceptiblement suivie par quelques accords de piano. Et cet épanchement de romantisme,  vous incite à fermer les yeux.

« Big Girl » n'est pas une chanson signée Mika, mais bien par Mrs Carlier. Graduellement, elle nous plonge dans son univers feutré et cosy. « Dreams » nous invite à rejoindre le Taj Mahal. Savoureux ! Coécrite par Sarah et son manager Manon Declercq, « This Story » est la piste qui achève l’LP. Un morceau plus rock légèrement teinté de jazz. Sur disque, les cuivres donnent une belle impulsion à l’ensemble. Sans cuivres, on a un goût de trop peu. Place ensuite à une version remodelée du premier single « Backstage ». « SMS » (« Save My Soul ») est cosigné par Sarah et sa maman. L’ombre de son fidèle, discret mais efficace collaborateur, Laurent Stelleman, plane. Un morceau dont le profil est particulièrement soul même s’il s’autorise un petit crochet par Kingston...

Elle attaque alors le « All Along The Watchtower » de Dylan. Un Hammond dévastateur et une basse ronflante tapissent cette cover, ma foi superbe. « Misery » constitue la cerise sur le gâteau. C’est également le titre qui achève le set. Sarah a pris de l'assurance sur les planches. Et c'est un réel plaisir de la voir s'épanouir. Lors du rappel, Sarah revient seule armée de sa gratte acoustique pour attaquer « Call You » ; avant que toute son équipe ne revienne pour l’apothéose, « Tenderness ».

Un concert dans une superbe salle. Un accueil chaleureux de la part des organisateurs. Des artistes proches de leur public. Et une qualité sonore impeccable. Que demander de plus ? Sarah nous donne rendez-vous ce 26 novembre 2014, à la Rotonde du Botanique, pour sa release party.

(Organisation : Le Rideau Rouge)

Spoon

Plus anglais que texan…

Inspirés par la musique des frères Davies, le Bowie de « Hunky Dory » et The Modern Lovers, Britt Daniel (guitares et chant) et Jim Eno (batterie et chœurs) fondent Spoon en 1994. L’année suivante, évoluant sous la forme d’un trio au sein duquel John Croslin se réserve alors la basse, il est débusqué et signé sur le champ par Matador, suite à un concert accordé dans un bar de sa ville d'Austin, capitale du Texas, patrie des Bush, des ‘rednecks’ (traduisez par ploucs fachos) et des exécutions capitales... De quoi être remontés !

Invité à plusieurs reprises sur les tournées de Pavement et Guided By Voices, la formation revisitée et complétée de Rob Pope ainsi que d’Eric Harvey vient d’enregistrer « They Want My soul », son huitième opus.

Il y a donc déjà une petite vingtaine d’années que les gars de Spoon sont actifs, et plus spécifiquement, une bonne décennie que leur musique agite véritablement les cercles indépendants. Un groupe qui se fait plutôt rare sur le Vieux Continent. Il avait cependant décidé de prendre place dans le magnifique Vooruit de Gand. Une bonne occasion pour visiter cette belle ville du Sud de la Flandre avant d’affronter les 11 nouvelles mélodies post « Transference » (2010) du groupe texan. Une salle de concert aux allures de vieux théâtre déglingué qui colle délicieusement au pop-rock du band. Le temps de se perdre dans le centre culturel gantois, d’user d’un néerlandais bancal pour enfin trouver la salle de concert (NDR : attention, l’entrée de celle-ci se cache à l’arrière du bâtiment et n’est pas particulièrement bien indiquée) et on investit enfin les lieux, alors que le début de set vient de commencer, le troublant Britt Daniel entonnant déjà « Do You », le single groovy de son dernier effort, « They Want My Soul ». Onze titres renouant avec la spontanéité et la fraîcheur des impeccables « Gimme Fiction » (2005) et « Ga Ga Ga Ga Ga « (2007). Un retour aux sources choisi par le frontman qui contraste avec le très rugueux et hermétique « Transferrence » (NDR : certainement le meilleur album du groupe américain.)

Sans ne jamais s'éloigner d'une formulation folk rock somme toute assez classique, Spoon envoie le bois tout en décochant des mélodies imparables. Ce qui le caractérise, c'est l'inventivité de ses digressions, la variété des chemins de traverse qu'il emprunte, la soudaineté des attaques bruitistes de la guitare de Britt Daniel, le concours d'un quatuor à cordes, l’apparition d'un soubresaut électronique ou encore du contre-chant de Jim Eno. « Two Sides Of Monsieur Valentine » et « My Mathematical Mind » (un monstre instantané qui renvoie vers Spiritualized) raillent chacune à leur manière l'esprit dérangé des prédicateurs sudistes... Impossible de résister à la power pop de « Sister Jack », pas plus qu’à « The Delicate Place » et son, euh, délicat (très) gros son tout comme au contre-pied musical de « Was It You? » (une allusion au choix de nom du groupe, le titre d'un des meilleurs morceaux de Can ?) Ultime aspect paradoxal de la musique de Spoon : il a un son bien plus anglais qu'américain. Divine surprise.

 

Sworn Enemy

Mons, terre du Hardcore, ‘clap’, deuxième !

Écrit par

La ville de Mons a accueilli, pour la seconde fois en un mois, à l’Alhambra, quelques pointures du Hardcore. La qualité était une fois de plus au rendez-vous : les locaux de Repulsion et les Mexicains révoltés de Thell Barrio ont chaudement ouvert le bal au Thrashcore américain de Sworn Enemy.

Les premiers à monter sur les planches sont les Montois de Repulsion. ‘On est ici chez nous et on espère qu’on va faire la fête ensemble’, lance Max, vocaliste du groupe. Le set démarre et les proches de la formation commencent directement à remuer. C’est toujours plus facile pour une première partie quand on se produit sur ses terres... Mais la sauce a malheureusement un peu de mal à prendre et les breaks parfois un peu longs entre chaque chanson ont tendance à faire retomber la pression. Le chanteur tente même de réveiller le public en descendant dans la fosse afin de bousculer l’une ou l’autre personne… mais n’entraîne que la chute de quelques bières sur le sol. Il ne manque néanmoins pas de s’en excuser aussitôt. Un détail révélateur de l’ambiance à l’Alhambra : on s’y sent bien et on est uniquement là pour passer un bon moment, entre fans de musique.

La tension monte ensuite directement d’un cran lorsque les Mexicains de Thell Barrio débarquent sur l’estrade. Ces derniers sont atypiques à plus d’un titre. D’abord, il y a deux drummers. L’un siège derrière une batterie ‘classique’, l’autre frappe la rythmique sur un assemblage hybride d’instruments de percussion, offrant par la même occasion une sonorité latino particulière. Pas pour rien que Thell Barrio se targue de faire du Latincore. Mais leur originalité ne s’arrête pas en si bon chemin : les visages des six membres sont en effet entièrement recouverts d’un masque de tissu, donnant l’impression de se retrouver face à un gang issu des bas-fonds mexicains. L’utilisation d’artifices visuels est toujours périlleuse, surtout lorsque ces derniers servent à pallier une maîtrise musicale trop faible. Mais ici, loin s’en faut. L’ambiance visuelle vient renforcer un Hardcore lourd, puissant et brutal. Pas de place à la concession, les morceaux vont droit au but. Un chant hurlé typique mais en espagnol et parfois empruntant une rythmique propre au rap, ne fait qu’appuyer cette sensation d’immersion dans les enfers des ghettos mexicains. Une claque !

Facile de s’imaginer que la température de la salle est à point pour Sworn Enemy. Originaires de New York, les cinq Américains pratiquent du Hardcore old-school teinté ça et là de nuances Thrash. Ici, pas de masques ni même de bâche de fond frappée du logo du groupe ; tout est focalisé sur les morceaux qui s’enchaînent les uns après les autres avec force et précision. Mention spéciale à Matt Garzilli, un des deux guitaristes, pour ses fréquentes envolées en solo. Le combo prend plaisir à jouer, c’est manifeste. Le chanteur ne manque pas de dédicacer un morceau à Chris Michez, chanteur de Do or Die, afin de le remercier pour les avoir invités à jouer. Il salue par la même occasion les membres de Thell Barrio qui assistent au concert depuis les côtés de la scène. Un renvoi d’ascenseur, puisque les Mexicains avaient fait de même lors de leur prestation. Deux formations qui apparemment prennent plaisir à se partager l’affiche. Plaisir également partagé par le public, où les mosh-pits se multiplient dans la petite fosse de l’Alhambra. Certains esprits agités n’hésitent pas à monter sur le podium en toisant (gentiment) Sal LoCoco, l’imposant chanteur du quintet new-yorkais, avant de repousser les quelques amplis présents sur la scène. Une attitude provocatrice, mais certes modérée, mue certainement autant par la puissance de la musique que par un léger abus de boissons alcoolisées. Un écart de suite repris en main par quelques personnes de l’auditoire, qui s’empressent de ramener le matos à sa juste place. Un circle-pit, assez largement suivi, siffle la fin de la prestation des Américains. Deux ou trois ‘We want more’ émanant de la fosse inviteront Sworn Enemy à clôturer leur set, sans avoir quitté la scène au préalable. Ne pas perdre de temps doit être l’un de leur credo. En effet, à peine le temps de saluer le public et ranger son micro que Sal LoCoco saute de scène, traverse la salle à moitié encore remplie et va rejoindre son stand merchandising, au plaisir d’échanger quelques mots en compagnie de ses fans. Et le tout dans une bonne ambiance…

(Organisation : Alhambra)  

Tesseract

Le ‘djent’ dans toute sa splendeur !

Écrit par

Soirée métallique à l’AB Club ce samedi 1er novembre, en compagnie de 3 groupes : Navene K, Animals As Leaders et Tesseract qui assurent une tournée européenne ensemble. C’est cette dernière formation, insulaire par ailleurs, qui va constituer la bonne surprise de l’affiche. Et pour votre serviteur, c’est à la fois une découverte… Le spectacle est sold out depuis un bon bout de temps, mais avant de débarquer au lieu de ralliement, il a fallu chercher un emplacement pour parquer mon véhicule. Quelle galère !

Je n’ai donc pu assister au set de Navene K, alias Navene Koperweis, un one man band que conduit l’ex-batteur d’Animals As Leaders et Animosity. Mais il ne se contente pas des drums, puisqu’il se consacre également à la guitare et se sert de l’électronique. Bref ce sera pour une autre fois.

Un petit changement de matos plus tard, place aux trois lascars d'Animals As Leaders. Le combo est né en 2007. Tosin Abasi en est le guitariste et le fondateur. Le line up inclut également le second gratteur Javier Reyes et le batteur Matt Garstka. Eponyme, leur premier elpee, est paru en 2009, chez Prosthetic. Et le deuxième, « Weightless », en novembre 2011. Publié ce 25 mars 2014, « The Joy Of Motion » constitue donc leur troisième et nouvel opus. Animals As Leaders pratique un métal progressif exclusivement instrumental. Particularité, toutes les grattes ont huit cordes, Tosin se consacrant même parfois à une basse de ce modèle. Les musicos sont techniquement (sur)doués. Les rythmiques ne sont jamais écrasantes, plutôt légères même. Et les compos ciselées, très soignées, recherchées.

Le set s’ouvre par « Tooth And Claw », un extrait du nouveau long playing. Et embraie par « Tempting Time », un titre issu du premier. « Wave Of Babies » est plus fédérateur. Normal, il s’agit d’un single gravé en 2010. « Kascade » est découpé dans des rythmiques fragmentées, tendues. La ligne de basse arrache tout sur son passage sur le puissant « Lippincott », alors que les drums ne cèdent pas leur part aux chiens. A charge pour la guitare de tempérer le tout. Un climat plus paisible baigne « Air Chrysalis », un morceau destiné à détendre les tympans délicats. « Point To Point » (NDR : tiré du premier LP), « The Price Of Everything And The Valio Of Nothing/Behaving Baby » et « Espera » constituent de remarquables exercices de style accomplis par les instrumentistes. Peut-être hantés par l’esprit du jazz… Pourtant, le trio parvient également à créer des riffs contagieux et efficaces. Histoire de rendre les compositions plus accrocheuses ; qu’elles ne se résument pas à de la démonstration nombriliste. La ligne de basse claque littéralement pour amorcer « Physical Education », un titre qui libère un fameux groove. Elle devient même hypnotique et grisante sur « The Woven Web ». Des cordes de guitare hispanisantes balisent « Weightless ». Le concert s’achève par  « CAFO », leur tout premier single. Les riffs sont gras, malsains. Bref, un morceau percutant…

Fondé en 2003, Tesseract (souvent écrit TesseracT) est un groupe britannique qui pratique une forme de prog/metal qualifié de ‘djent’. Il s’agit même d’un des leaders de cette scène musicale. A son actif deux albums studio : « One » et « Altered State ». Ce quintet réunit Daniel Tompkins au chant (il y a milité de 2009 à 2011 et est revenu en 2014), Alec ‘Acle’ Kahney (membre fondateur) et James Monteith (depuis 2006) aux guitares ainsi que Williams à la basse (il a débarqué en 2006) et le drummer Jay Postones (et ce dernier en 2005). Quatre des musicos sont bien en ligne et le drummer, plus classiquement, est installé en retrait. Daniel possède une voix à couper le souffle, mais très harmonieuse. Les lignes de guitares sont bien structurées et les riffs limpides. Le sens mélodique des chansons est particulièrement soigné et n’écorche jamais les oreilles. Leur prestation va durer une heure et on ne verra pas le temps passer. Finalement, je suis venu revoir Animals As Leaders et finalement, c’est Tesseract m’a réservé les meilleures sensations. Dès que la formation revient, elle pourra de nouveau compter sur ma présence…   

Setlist : « Of Matter – Proxy », « Of Matter – Retrospect », « Of Matter - Resist », « Concealing Fate, Part 2: Deception », « Concealing Fate, Part 3: The Impossible », « Concealing Fate, Part 4: Perfection », « Concealing Fate, Part 5: Epiphany », « Concealing Fate, Part 6: Origin », « April », « Of Energy – Singularity », « Of Mind – Nocturne » et « Concealing Fate, Part 1: Acceptance ».

(Organisation: Ancienne Belgique)

Animals As Leaders

Techniquement (sur)doués…

Écrit par

Soirée métallique à l’AB Club ce samedi 1er novembre, en compagnie de 3 groupes : Navene K, Animals As Leaders et Tesseract qui assurent une tournée européenne ensemble. C’est cette dernière formation, insulaire par ailleurs, qui va constituer la bonne surprise de l’affiche. Et pour votre serviteur, c’est à la fois une découverte… Le spectacle est sold out depuis un bon bout de temps, mais avant de débarquer au lieu de ralliement, il a fallu chercher un emplacement pour parquer mon véhicule. Quelle galère !

Je n’ai donc pu assister au set de Navene K, alias Navene Koperweis, un one man band que conduit l’ex-batteur d’Animals As Leaders et Animosity. Mais il ne se contente pas des drums, puisqu’il se consacre également à la guitare et se sert de l’électronique. Bref ce sera pour une autre fois.

Un petit changement de matos plus tard, place aux trois lascars d'Animals As Leaders. Le combo est né en 2007. Tosin Abasi en est le guitariste et le fondateur. Le line up inclut également le second gratteur Javier Reyes et le batteur Matt Garstka. Eponyme, leur premier elpee, est paru en 2009, chez Prosthetic. Et le deuxième, « Weightless », en novembre 2011. Publié ce 25 mars 2014, « The Joy Of Motion » constitue donc leur troisième et nouvel opus. Animals As Leaders pratique un métal progressif exclusivement instrumental. Particularité, toutes les grattes ont huit cordes, Tosin se consacrant même parfois à une basse de ce modèle. Les musicos sont techniquement (sur)doués. Les rythmiques ne sont jamais écrasantes, plutôt légères même. Et les compos ciselées, très soignées, recherchées.

Le set s’ouvre par « Tooth And Claw », un extrait du nouveau long playing. Et embraie par « Tempting Time », un titre issu du premier. « Wave Of Babies » est plus fédérateur. Normal, il s’agit d’un single gravé en 2010. « Kascade » est découpé dans des rythmiques fragmentées, tendues. La ligne de basse arrache tout sur son passage sur le puissant « Lippincott », alors que les drums ne cèdent pas leur part aux chiens. A charge pour la guitare de tempérer le tout. Un climat plus paisible baigne « Air Chrysalis », un morceau destiné à détendre les tympans délicats. « Point To Point » (NDR : tiré du premier LP), « The Price Of Everything And The Valio Of Nothing/Behaving Baby » et « Espera » constituent de remarquables exercices de style accomplis par les instrumentistes. Peut-être hantés par l’esprit du jazz… Pourtant, le trio parvient également à créer des riffs contagieux et efficaces. Histoire de rendre les compositions plus accrocheuses ; qu’elles ne se résument pas à de la démonstration nombriliste. La ligne de basse claque littéralement pour amorcer « Physical Education », un titre qui libère un fameux groove. Elle devient même hypnotique et grisante sur « The Woven Web ». Des cordes de guitare hispanisantes balisent « Weightless ». Le concert s’achève par  « CAFO », leur tout premier single. Les riffs sont gras, malsains. Bref, un morceau percutant…

Fondé en 2003, Tesseract (souvent écrit TesseracT) est un groupe britannique qui pratique une forme de prog/metal qualifié de ‘djent’. Il s’agit même d’un des leaders de cette scène musicale. A son actif deux albums studio : « One » et « Altered State ». Ce quintet réunit Daniel Tompkins au chant (il y a milité de 2009 à 2011 et est revenu en 2014), Alec ‘Acle’ Kahney (membre fondateur) et James Monteith (depuis 2006) aux guitares ainsi que Williams à la basse (il a débarqué en 2006) et le drummer Jay Postones (et ce dernier en 2005). Quatre des musicos sont bien en ligne et le drummer, plus classiquement, est installé en retrait. Daniel possède une voix à couper le souffle, mais très harmonieuse. Les lignes de guitares sont bien structurées et les riffs limpides. Le sens mélodique des chansons est particulièrement soigné et n’écorche jamais les oreilles. Leur prestation va durer une heure et on ne verra pas le temps passer. Finalement, je suis venu revoir Animals As Leaders et finalement, c’est Tesseract m’a réservé les meilleures sensations. Dès que la formation revient, elle pourra de nouveau compter sur ma présence…  

(Organisation: Ancienne Belgique)

 

Lindsey Stirling

Une fée clochette des temps modernes !

Écrit par

Votre serviteur a de nouveau pris rendez-vous au 110 du Boulevard Anspach, à Bruxelles, temple de la bonne musique et gage de conditions optimales pour tous les groupes qui s’y produisent. En cette soirée un peu frileuse, Lindsey Stirling assurait la tête d’affiche. Et le supporting act revenait au jeune Canadien Mike Tompkins. En arrivant vers 18h30, je remonte une file interminable jusqu'au 'Ticket Shop' de l'A.B.. Il y a du monde jusqu'à ' Music Village', autre institution réputée de la Rue des Pierres. On peut se préparer à une soirée d'anthologie grâce au tandem Tompkins/Stirling.

Mike Tompkins n’est guère notoire en Europe, mais vous risquez fort d’en entendre bientôt parler. Et en bien ! Ingénieur du son et producteur, Mike a commencé, au début de cette année, à mettre en ligne des reprises de chansons populaires en version a capella, des morceaux au cours desquels il reproduit tous les instruments à l’aide de sa bouche. Car Mike fait du 'Human Beat Box'.

Ses premières créations, « Dynamite » de Taio Cruz, « Teenage Dream » et « Just The Way You Are » de Katy Perry et Bruno Mars ont fait l'objet d'un buzz impressionnant sur Youtube (2 000 000 de vues). Il a une belle gueule et une belle voix. Mike fait preuve d'un grand professionnalisme aussi bien dans ses compositions que ses montages vidéo. Il est né à Edmonton, en Alberta (NDR : c’est au Canada), le jour de la tornade qui y a sévi, le 31 Juillet 1987. C'est à l'âge de 8 ans que Mike Tompkins commence à ‘beatboxer’, c'est-à-dire à utiliser le son de sa voix afin de produire des percussions vocales. La subtilité de cette pratique musicale est d'arriver à superposer différents instruments simultanément à partir d'une seule bouche. Il a participé aux sessions d’enregistrement du prochain album de Timbaland, qui devait s’intituler « Shock Value III », mais paraîtra finalement sous le titre d’« Opera Noir ».

L’AB est pleine à craquer pour accueillir notre Canadien. Il est seul sur l’estrade, entouré de ses machines. Son écran est placé derrière lui. Ce qui nous permettra de le voir bidouiller son matos. De nombreuses sonorités de beatbox ont déjà été préenregistrées dans sa loop machine. La voix de Mike Tompkins me fait penser à celle de Justin Timberlake. En deux temps trois mouvements, il va mettre le feu à l’auditoire. Manifestement cet artiste ne va pas assurer très longtemps les premières parties. Et à mon humble avis, on pourrait même bientôt le retrouver comme tête d’affiche au Lotto Arena ou dans un stade, comme le Skrillex. En tout cas, les trente minutes ont défilé à la vitesse VV’. A l’issue de son set, le public est chauffé à blanc. Juste à point pour Lindsey et son violon en folie.

Née le 21 septembre 1986 à Santa Ana, en Californie, Lindsey Stirling est une violoniste, artiste ‘performeuse’ et compositrice. Sa musique est considérée comme polyvalente. Elle a participé à plusieurs compétitions aux States. Ainsi, en 2010, elle a été finaliste de la cinquième saison d’'America's Got Talent’, où elle s'est présentée comme une 'violoniste hip-hop'. Elle a notamment apporté son concours à une flopée d’artistes, dont Sean Kingston, Donny Osmond, Allan Jackson, Peter Hollens, Shaun Barrowes, The Piano Guys, Pentatonix, John Legend ou encore Benton Paul. Eponyme, son premier elpee est paru en septembre 2012, un disque qui a atteint le top 5 en Allemagne et en Australie. Ce soir, elle est venue défendre son dernier opus, « Shatter Me ».

Pour permettre aux roadies de préparer le matos, un rideau noir est tiré tout au long du podium. Soudain, un déluge de lumières inonde ce voile derrière lequel se trémousse Lindsey, armée de son violon. Elle apparaît en 'ombre chinoise'… avant que ne tombe la tenture, au cours de l’interprétation du premier morceau, en l’occurrence « Beyond The Veil ». On découvre alors un décor soigneusement étudié. Au fond de la scène, est érigée une haute estrade surmontée d'un énorme écran où sont projetées des vidéos. Deux autres estrades, un peu plus basses, sont placées à droite et à gauche pour accueillir respectivement le claviériste (Jason Graviati) le drummer (Drew Steen). Et enfin, deux dernières, plus petites, sont disposées, à l’avant du podium, à l’extrême gauche et droite pour permettre à Lindsey de prendre de la hauteur, afin d’assurer sa chorégraphie. Lindsey et son violon ne font qu’un. Un violon bien amplifié. Elle entreprend un pas de danse en contorsionnant son corps dans tous les sens. Sa musique ? Un véritable cocktail de styles différents. Depuis le dubstep au hip hop, en passant par le drum and bass, le square dance, le bluegrass, la country et bien sûr l’électro (NDR : ces beats !) Tout passe à la moulinette ! En extrapolant, on pourrait imaginer ce spectacle comme du Walt Disney mis à la sauce électro/dubstep. Ou encore ‘La Belle Au Bois Dormant’ voire ‘Blanche Neige’ revus et corrigés par Steven Spielberg. 90 minutes au cours desquelles on va en avoir plein les mirettes. Ben oui, c’est un show à l’américaine auquel participent deux danseurs professionnels, suivis d'une Lindsey qui nous réserve ses pirouettes en compagnie de son violon. Une fée clochette des temps modernes !

Musicalement, c’est le violon qui constitue l’élément central du concert. La fée change fréquemment de déguisement. Elle crée une belle interactivité avec son public, dès qu’elle en  a l’opportunité. Ce qui lui permet de reprendre son souffle, car il faut reconnaître que le spectacle exige une fameuse dépense physique. Lindsey ne chante pas, le set est totalement instrumental. Sauf pour deux titres. Lzzy Hale, la chanteuse de Halestorm, apparaît sur l’écran pour interpréter ces deux chansons.

Privé de toute sensibilité, « Mirror Haus » est censé libérer un maximum d’ondes positives. « Electric Daisy Violin » est une petite ballade irlandaise électrifiée. Les titres défilent : « Night Vision », « Heist », « Swag » et « We Are Giants ». Puis « Zelda Medley », une piste au cours de laquelle Lindsey et son violon se plongent dans les jeux vidéo. Et encore, « Legend Of Zelda » et « Lord Of The Rings », deux morceaux surprenants, mais de toute beauté. La fée s'éclipse à nouveau pour changer d’accoutrement, pendant qu'on installe un synthétiseur et un cajón sur les planches. Objectif : une petite session acoustique au cours de laquelle on aura droit à « Transcendence » et « All Of Me », une chouette reprise de John Legend. Elle revient alors en tenue de danseuse étoile. Sans pour autant oublier son fidèle violon. « Take Flight » et « Moon Trance » bénéficient d’un excellent support visuel. « Roundtable Rival » nous propose d’opérer un bref périple dans le far west électronique. Et « Master Of Tides », aux Caraïbes. Au milieu de pirates ; Lindsey achevant le morceau sur le coffre des forbans. Elle n’oublie pas « Crystallize », le hit qui lui a permis de passer de l’anonymat à la célébrité, un titre qui compte plus de 100 millions de vues sur la toile. Et le set de s’achever par « Shatter Me »

Lors du rappel, Lindsey Stirling va nous réserver « Stars Align ». Le conte de fées est terminé. Dommage. C’était vraiment magique. Aussi je reviendrai la prochaine fois…

(Organisation : Greenhouse Talent)

Voir aussi notre section photos ici

Page 68 sur 133