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Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

mercredi, 11 mai 2016 19:22

Good Good Lovin

Chanteur, guitariste et compositeur, Bill Durst est issu de l’Ontario, au Canada. Un vétéran, puisque qu’il a fondé le groupe de rock Thundermug, en 1970. Il milite ensuite au sein d’un Tribute band consacré à ZZ Top, Tres Hombres. Il publie son premier opus solo en 1983, "Call Billy". Puis il reforme Thundermug. Avant de reprendre son parcours en solitaire. "Good good lovin" constitue son 5ème elpee, paru sur son propre label, Durstwerks. Un disque enregistré sous la formule trio. Il est ainsi épaulé par son ex-partenaire chez Thundermug, le bassiste Joe DeAngelis, et le batteur Corey Thompson. "Good Good Lovin" est découpé en 9 titres signés par Durst et DeAngelis. Et manifestement, tout au long de cet LP, le spectre du ZZ Top de Billy Gibbons plane…

Le long playing s’ouvre par le titre maître, un blues/rock puissant caractérisé par un riff de plomb. La section rythmique soutient parfaitement son leader. "Got love" adopte le même tempo, un blues bien huilé, mais dont la voix quelque peu ravagée, évoque –of course– Billy Gibbons. Une plage très réussie au cours de laquelle Bill se révèle apte à extraire des notes meurtrières. Toujours hanté par ZZ Top, "21st Century blues" reste à l'offensive, une piste particulièrement entraînante. La guitare est overdubbée tout au long du séduisant "I'm alright". La rythmique est bien nerveuse. Les sonorités dispensées par la Gibson sont bien grasses et denses. "Heaven Heaven" est imprimé sur un tempo flemmard. Largement amplifiée, réverbérée, la gratte ronronne de bonheur. Caractérisé par son riff écrasant, "King Snake Prowl" est un blues/rock musclé et âpre. Indolente, "What could have been love" est une plage qui entretient une tension dramatique. Pendant que le chanteur vocifère, la six cordes se met à gémir, alors que la section rythmique se libère totalement. "Northern electric" est un autre rock/blues radical. De bonne facture, cet elpee s’achève par la tendre ballade "I regret to say". La voix est particulièrement cool et les sonorités de gratte se révèlent ensoleillées. Enfin, on soulignera encore l’excellent travail de mise en forme réalisé par Darren Morrison.                                                                                                                                                                                            

mercredi, 11 mai 2016 19:19

Arrow pierce my heart

The Bonnevilles est un duo de garage/punk/blues. Etabli à Largin, en Irlande du Nord, il réunit le guitariste/chanteur Andrew McGibbon Jr et le drummer Chris McCullam. Fondé en 2008, le tandem publie dans la foulée son premier elpee, "Good suits & Fighting boots". La paire s’inspire alors de vieux bluesmen noirs comme Howlin' Wolf, Robert Johnson, et plus précisément encore, R.L Burnside (NDR : pensez à l’album "An ass pocket of Whiskey", pour lequel Jon Spencer était venu donner un bon coup de guitare). Le deuxième LP, "Folk Art and the death of Jesus" paraît en 2012. Et deux ans plus tard, le band immortalise un opus ‘live’ enregistré au Limelight de Belfast, "Tape Saturation Overdrive – Live in Belfast". C’est au cours de ce festival que les deux musicos croisent James Leg et les membres de Left Lane Cruiser, en compagnie desquels ils commencent à tisser des liens. Une rencontre qui va leur ouvrir les portes du label américain Alive Natural Sound. Mais aussi marquer leur musique. Et "Arrow pierce my heart" en est la parfaite démonstration, un long playing enregistré au sein du studio Millbank, en Irlande du Nord. Toutes les compos sont signées par McGibbon Jr. 

L'album s'ouvre par "No law in Lurgan". Il n’existerait donc pas de loi à Lurgan, une petite cité qui héberge Bonnevilles… Le début de parcours baigne au sein d’un climat dramatique, digne du Black Sabbath originel. Le tempo s’accélère ensuite alors que la gratte déjante régulièrement. "My dark heart" nous entraîne dans le Delta du Mississippi. Le rythme est rapide. Andrew chante un peu à la manière de Robert Plant. "The Whiskey lingers" déclenche une transe hypnotique réminiscente du légendaire Howlin' Wolf. L’atmosphère n’est guère propice à la joie de vivre. Denses, les percus de McCullam impressionnent, alors que les cordes s’autorisent un trip psychédélique. Et c’est dans la même ambiance que "The Electric Company" macère. Le drumming de McCullam est carrément hypnotique tout au long d’"Arrow pierce my heart". Folk, "Eggs and bread" nous réserve un bref intermède acoustique. "I dreamt of the dead" adopte un profil punk/blues, alors que torturé, "I've come too far for love to die" évolue sur un tempo plus lent. "Erotica Laguna Lurgana" pourrait servir de B.O. à un film introspectif. Malgré son sujet quelque peu morbide, "The man with the X shaped scar on his check" ne manque pas de charme. Cordes rythmiques et drums allègres rendent même cette plage presque joyeuse. Ballade acoustique, "Those little lies" concède des accents folk blues. Andrew et Chris mettent littéralement le feu aux planches tout au long de "Learning to cope", un morceau nerveux à l’attitude franchement punk. Et "Who do I have to kill to get out of here?" clôt l’oeuvre en puissance. Une question restée sans réponse, puisque ces Irlandais ont décidé de forcer leur chemin…

 

mercredi, 11 mai 2016 19:17

Honest Man

Canadien, Matt Andersen est originaire du New Brunswick. Chanteur/guitariste, il a entamé sa carrière musicale en 2002, au sein d’un groupe baptisé Flat Top. Depuis, il a multiplié les enregistrements et les tournées à travers le monde, démontrant un talent capable de s’exprimer aussi bien en studio que sur la route. Il a d’ailleurs décroché plusieurs prix dont quelques awards. Il a également magnifié le célèbre International Blues Challenge de Memphis, en 2010, comme solo performer. Bien reçu par la critique, son dernier elpee, "Weightless", remonte à 2014. La voix de Matt est souvent comparée à celle de Joe Cocker. Pourtant, elle n’est pas liée à un style particulier. Roots, sa musique est susceptible de se colorer de blues, de country ou de rock. Les sessions sont été réalisées au sein de différents studios, à New York, Nashville, dans le New Jersey et même à Kingston, en Jamaïque. La production a été assurée par Commissionner Gordon Williams, dont la carte de visite mentionne – notamment–  la mise en forme d’œuvres publiées par Carlos Santana, Joss Stone et Quincy Jones. L'accent a été posé sur la voix d’Andersen, plutôt que sur l’aspect musical. D'ailleurs, Matt, excellent gratteur, privilégie les cordes acoustiques. De nombreux musiciens ont cependant participé aux différentes séances de studio.

L'opus s’ouvre par "Break away". Le climat est ensoleillé, jamaïcain pour être plus précis, un reggae ma fois particulièrement chaleureux. La voix l’est tout autant, et bien mise en relief. Jolie ballade, "The gift of love" lorgne déjà vers Joe Cocker, en moins graveleux. Enrichie de claviers et de chœurs féminins, la ligne mélodique est particulièrement agréable à l’oreille. Imprimé sur un mid tempo, "Honest man" est légèrement coloré de funk, un southern R&B classieux dont les interventions vocales évoquent toujours feu le légendaire chanteur britannique, même si les inflexions sont plus personnelles et bien moins ravagées. La production met bien en exergue les cuivres. C'est dans le dépouillement que l'on mesure la richesse vocale de cet artiste. A l’instar de "I'm giving in", une superbe ballade qui libère énormément d’émotion. Un cri d’amour dans son dénuement le plus total. Juste la voix et le piano. "Quiet company" nous entraîne à Nashville, au cœur de la country. Une sèche et une lap steel aux accents blafards. La voix devient envoûtante tout au long de "Let's get back", une ballade à la mélodie impeccable. Orgue, piano et banjo se conjuguent avant de céder le relais à un trombone magique. "All the way" baigne subtilement dans du soul/funk alors que chargé de feeling, "Last surrender" nous ramène à Memphis, afin de faire revivre l'esprit d'Otis Redding. Une seule plage rythmée, "Who are you listening to?". Un rock entraînant, dansant, abordé dans l’esprit du rocker de Detroit, Bob Seger. Le piano balise le rythme, alors que Benji Bouron s’autorise une sortie remarquée sur sa gratte. De bonne facture, cet LP s’achève par "One good song", une dernière ballade pleine d'émotion…

 

mercredi, 11 mai 2016 19:16

The Underdog

Aaron Watson est chanteur. Son style ? La musique country. Agé de 38 ans, il s’est établi à Amarillo, au Texas. Au cours de sa jeunesse, il a pratiqué le gospel. Il reconnaît pour maîtres, George Jones, Merle Haggard et Willie Nelson. Son premier album remonte à 1999. En 2004, Willie Nelson avait d’ailleurs apporté son concours à l’enregistrement de l’elpee "Honky Tonk Kid". Depuis, l’artiste rencontre un franc succès et "The Underdog" constitue déjà son douzième opus.

Aaron est devenu musicien indépendant et enregistre pour son propre label, BIG. Ce dernier LP a bénéficié de la mise en forme de Keith Stegall (NDR : il a travaillé pour George Jones et le Zac Brown Band). "Underdog" se traduit par ‘opprimé’, un terme qui lui colle bien à la peau. Indie, ce long playing s’est écoulé à plus de 26 000 exemplaires, la première semaine de sa sortie. Du rarement vu pour un indépendant! Les mots-clé de cet artiste sont ‘faith’, ‘family’ and ‘fans’, c’est-à-dire sa foi, sa famille et ses admirateurs!

Excellente ouverture, "The prayer" baigne dans la country traditionnelle. La voix colle parfaitement au style. Le violon et le banjo sont bien mis en exergue. Un violon qui devient carrément déterminant tout au long de "Wildfire". Divertissant, "Freight train" est imprimé sur le rythme du chemin de fer. La voix d'Aaron est soutenue par des chœurs. Les cordes électriques et les interventions d’orgue densifient judicieusement l’expression sonore. Ballade élégante, "That look" est parue en single, en prélude à la sortie de cet elpee ; un cri d'amour qu’il adresse à sa compagne Kimberley. Et enrichie par la lap steel, la mélodie est tout aussi jolie. "Getaway truck" nous entraîne sur les routes interminables du Texas. Chanson mélancolique, "Bluebonnets (Julia's song") rend hommage à sa fille défunte, Julia Grace. Les bluebonnets sont des fleurs sauvages qui poussent en abondance lors du printemps, au Texas! De cet LP, on épinglera encore "That's why God loves cowboys", le titre maître, au cours duquel il évoque sa vie et sa famille ainsi que le séduisant "Blame it on those baby blues". Cette dernière plage s’ouvre par un riff ‘rollingstonien’, mais c’est surtout le violon qui tire son épingle du jeu alors que les interventions de gratte électrique se révèlent constamment fluctuantes. Balisé par une rythmique bien rock, "Rodeo Queen" nous plonge dans l’univers du rodéo. Ce long playing s’achève par "Fence Post", une ‘protest song’ caractérisée par de  superbes échanges entre le violon et les cordes acoustiques.

 

dimanche, 24 avril 2016 18:35

The back on Track Recording Project

Originaire de Kitchener-Waterloo (NDR : c’est dans l'Ontario au Canada), Jordan Patterson est chanteur, harmoniciste et compositeur. Dès son plus jeune âge, il s’intéresse aux souffleurs légendaires, dont James Cotton, Paul Butterfield et Mark Wenner (Nighthawks). Il transite par Edmonton, en Alberta, où il fonde son band, J.P and the Heaters. Il s'installe ensuite à Washington, D.C., où il rencontre Bobby Parker et Bobby Rush, deux personnages qui seront déterminants pour la suite de sa carrière. Jordan enregistre son premier album en 1996, "Give me a chance". Il embraie l’année suivante par "Whirlwind". Il retourne ensuite chez lui, au Canada, et prend une longue pause sabbatique. Il ne revient d’ailleurs dans le parcours qu’en 2014. Et "The back on Track Recording Project" constitue son premier long playing depuis son retour. Lors des sessions d’enregistrement, il a reçu le concours de son backing group, en l’occurrence le drummer Benjamin Rollo, le bassiste, Mark McIntyre ainsi que les guitaristes Darryl Romphf et Bobby Thompson. Jordan signe les dix plages.

"Favourite boy" met le feu aux poudres. Le tempo est entraînant. Jordan possède une fort bonne voix. Toujours prêtes à éclater, les deux guitares sont incisives. En outre, l’harmonica est brillant. "Can we fall in love again" est une superbe ballade, un r&b indolent au cours duquel Scott Galloway siège derrière l'orgue. La mélodie est bien construite. La voix transpire le vécu. Tout comme le backing vocal assuré par Miss Skyler Jordan. Les accords de gratte sont à la fois plaisants et déterminés. Patterson souffle dans sa musique à bouche, en puissance, à la manière de James Cotton, tout au long du Chicago shuffle, "She's cool". Particulièrement efficaces, les deux grattes apportent une coloration rock à l’ensemble. Imprimée sur un mid tempo, "You're my girl" est certainement une des meilleurs compositions, un soul/blues que chante Jordan, bien épaulé par Skyler, d’une voix chargée de passion, alors que les deux sixcordistes se distinguent à nouveau. Comme pour "Living without your love", à travers leurs riffs ; un blues rock classique tapissé par l'orgue de Galloway.

Lors de son come-back en 2014, Patterson avait publié un Ep 4 titres. Les quatre plages sont incluses, mais sous des versions reliftées. Dont le blues/rock "Play my song", caractérisé par un superbe envol de l'harmonica, un morceau qui bénéficie de la participation du guitariste canadien notoire, Shawn Kellerman. Tout comme pour "Heartbreaker". Imprimée sur un mid tempo et dominée par les cordes, cette compo ne manque pas de charme. "Do you believe", ensuite. Une plage différente, aux colorations pop, à laquelle Galloway tapisse l’ensemble de son l'orgue. Jordan souffle une dernière fois dans son harmo sur "Don't take me down". Et remarquablement ! Enfin, l’elpee s’achève par un superbe blues lent, "If you’d help me", un titre plus classique à l’intensité dramatique réminiscent du Chicago Southside, cher à Muddy Waters. Un retour réussi pour Mr Patterson.

 

dimanche, 24 avril 2016 18:30

Lightning at the door

All Them Witches est issu de Nashville, dans le Tennessee. Un quatuor réunissant le chanteur/bassiste Michael Parks Jr, le guitariste Ben McLeod, le claviériste/violoniste Allan Van Cleave et le drummer Robby Staebler. Les débuts de cette formation remontent à janvier 2012. Au départ, sa musique était taxée de stoner néo psychédélique. Mais au fil du temps elle a beaucoup évolué, se forgeant un style de plus en plus personnel, fruit d’un cocktail entre hard rock, space rock, psychédélisme et blues. Elle reconnaît d’ailleurs pour influences majeures, Led Zeppelin, Blue Cheer, Black Sabbath mais aussi le Dr John originel ainsi que le bluesman, Junior Kimbrough! Nonobstant une existence encore brève, sa discographie est déjà importante. Ainsi, elle a déjà publié "Out mother electricity" en 2012, "Lightning at the door" en 2013 et "Dying surfer meets his marker" fin 2015. Sans oublier les projets personnels disponibles en téléchargements, singles et Eps.

All Them Witches a signé l'an dernier chez New West, qui a décidé de republier "Lightning at the door", un opus de 55’ découpé en 10 morceaux. Pour notre plus grand bonheur !

L’intro de "Funeral for a great drunken bird" baigne au sein d’un climat atmosphérique, spatial, avant que la guitare, de plus en plus écrasante, entre progressivement dans l’ensemble, s’autorisant un riff que n’aurait pas renié Tommy Iommi (Black Sabbath), alors qu’au loin, l’intervention d’un harmonica semble émaner du fond de la galaxie. Et lorsque la voix caverneuse pénètre dans le décor, c’est enrobée de grattes volontairement lourdes, réminiscentes du krautrock d’Amon Düül. Proches du Led Zepplin originel, les sonorités dispensées tout au long de "When God comes back" sont denses et puissantes. Un rockin' blues au cours duquel la section rythmique impressionne. Indolent, "The marriage of Coyote woman" se colore davantage de blues. La voix est paisible. Les cordes McLeod s’enfoncent dans un délire psychédélique. Elles se dédoublent constamment au cœur d’un univers somptueux, truffé de petites trouvailles. "Swallowed by the sea" est une compo au développement graduel. La voix et les tonalités émanent d’un Orient lointain. Avant le retour des cordes qui déambulent dans un cortège lourd, écrasé par les percus et escorté de chœurs spatiaux perturbants. Et lorsque la compo entre dans sa phase hypnotique, on ne peut s’empêcher, une nouvelle fois, de penser au krautrock du début des 70’s. Autre blues improbable, "Charles William" est à la fois atmosphérique et prog. Les percus de Robby Staebler sont autoritaires. Les accents de slide, métalliques. Après le mariage, place à la mort. "The Death of Coytote woman" s’ouvre dans un déluge de sonorités stoner rock bien lourdes, mais complexes. Davantage même que celles qui s’abattaient dans l’univers de Blue Cheer. Mais la suite est plus paisible. Enigmatique, Michael commence à déclamer, à la manière de Jim Morrison, alors que, soutenu par une section rythmique incroyablement soudée, Van Cleave nourrit l’ensemble de quelques effets spéciaux. "Romany Dagger" marque une courte pause instrumentale. Allan Van Cleave est à la manœuvre, au violon. Il est talonné par les percussions. Et la guitare ne s’invite qu’en fin de parcours. Une piste qui relie l’Est européen à l'Orient lointain. La section rythmique –et notamment les interventions de basse lancinantes dispensées par Parks Jr– trace celle de "Mountain", une plage lente aux accents dramatiques, ponctuée en toute sérénité par une guitare métallique. Mais au bout de 5 minutes, changement de décor ; tous les instruments entrent en éruption et finissent par exploser. "Romany Dagger" constitue un nouvel interlude, mais devient, pour la circonstance, le théâtre de sonorités invraisemblables. Cette fresque s’achève par "Surface-to-air whistle", un dernier trip acide, parsemé d’éclats riches mais parfaitement maîtrisés. Une belle claque assénée par un groupe aussi créatif qu’original issu de la Music City du Tennessee…

 

dimanche, 24 avril 2016 18:29

Dying Surfer meets his Maker

"Dying Surfer meets his Maker" constitue le dernier opus gravé par l'énigmatique band issu de Nashville, All Them Witches. Un disque dont la pochette est particulièrement soignée. La formation est devenue plus mature. Sur cet elpee, on retrouve les longues chevauchées si caractéristiques de "Dying Surfer meets his Maker" ; mais le long playing recèle également des plages moins longues. En outre, les expérimentations sonores sont moins fréquentes. Le recours au stoner rock est moins régulier. Cependant, les compos sont davantage profondes, délicates ; et tout particulièrement celles tramées sur un profil plus acoustique.

Bienvenue donc au sein de l’univers étrange d’All Them Witches. "Call me star" ouvre la plaque. Les cordes acoustiques sont d’une grande pureté. La voix de Parks est douce. Et malgré le martèlement des peaux exécuté par Robby Staebler, ce morceau, dont émane une forme de beauté naturelle, se couvre d’accents folk. Lourde, la guitare nous invite à vivre un trip tout au long d’"El Centro", un voyage qui nous entraîne au-delà des portes du psychédélisme. Conduite par les percus, l’intensité est progressive. Une transe hypnotique prend forme. Progressivement de nouvelles sonorités procèdent des cordes qui se libèrent au cœur d’une forme de folie graduelle et solennelle, avant que l’ensemble ne s’achève dans le chaos. Féroce, "Dirt preachers" adopte une attitude punk. Rythmée, cette plage entretient une certaine tension. Et lorsque le tempo ralentit, c’est pour permettre à la voix –paradoxalement proche de celle de Roger Waters– et aux interventions incisives et décapantes de la gratte, d’entrer dans la danse. Blues lent, déclamatoire, "This is where it falls apart" se distingue par la présence de Mickey Raphael (NDR : il militait au sein du backing group de Willie Nelson) à l’harmo. Son souffle est bouleversant, alors que Ben McLeod égrène ses notes sur ses cordes. Empreintes d’une grande sensibilité, elles rappellent l'inoubliable Peter Green. Superbe ! Celles dispensées sur "Mellowing" sont limpides. Une très belle plage instrumentale sculptée dans le folk. Dans le même esprit, "Open passage ways" baigne dans la tendresse, un titre au cours duquel Allan Van Cleave s’illustre. "Instrumental 2" est un autre intermède instrumental. "Talisman" est encore une excellente composition. Sobre, la voix assure la ligne mélodique, avant que les instruments ne s’enflamment à nouveau, au cœur d’une harmonie édifiante. Et c’est le moment choisi par le gratteur pour nous livrer sa plus belle envolée de l’œuvre. "Blood and sand/Milk and endless waters" synthétise tout le potentiel d’All Them Witches. Les arrangements sont complexes. Ce qui n’exclut pas des périodes empreintes de beauté et de simplicité. Bien maîtrisées, les éruptions permettent à chaque musicien de tirer son épingle du jeu. Une confirmation !

 

mercredi, 13 avril 2016 20:03

Diluted Roots

Ce quatuor suédois pratique de l’american mountain music. Ce véritable orchestre à cordes implique une fille et trois garçons. Soit la violoniste Agnes Brogeby, le banjoïste Erling Bronsberg, le violoncelliste Jonas Bleckman et le guitariste Simon Nyberg. Ils se partagent les vocaux. A son actif, un premier album publié en 2014, "The shape of Yada to come". Responsable d’un répertoire varié, le groupe n’hésite pas à mêler compos personnelles à des thèmes traditionnels. 

"Georgia Railroad" nous invite à pénétrer dans un univers allègre et dansant. Violon, banjo et guitare se conjuguent. Agnes chante d’un timbre nasillard et légèrement âpre. Le violoncelle assure autoritairement la trame rythmique tout au long d’"Until the devil knows I'm dead", une superbe ballade au cours de laquelle chaque instrument est bien en place. Composition originale, "Sweet by and by" évoque les difficultés rencontrées par la classe ouvrière américaine. Parmi les traditionnels, on épinglera l'entraînant "Cumberland gap", "Tom Dooley", chanté par Jonas, "Lazy John", un folk blues de bonne facture qui met en exergue le banjo, le dansant "Trouble in mind" et l’entraînant "All night long", deux invitations à se secouer tout en chantant à chante à tue-tête… Une pointe d’émotion dans la voix, Agnes interprète la ballade country/folk "I've endured", un titre signé par feu Ole Belle Reed, une chanteuse issue de la Caroline du Nord. La cover du "No one knows" de Queens on the Stone Age est plus surprenante. La voix d’Agnes y est soutenue par l'ensemble des cordes. Féroce et bien rythmée, celle de "Fear and trembling" du groupe punk suédois Disfear est tout aussi étonnante. La version de "Iko Iko", hymne local de la Nouvelle Orléans qui reflète l’ambiance festive du Mardi Gras, est balisée par le violon de Miss Brogeby.

 

mercredi, 13 avril 2016 19:57

Roll the dice

Etablie à Nashville en 2001, Stacie Collins est une chanteuse de blues et de rock. Egalement harmoniciste, elle reconnaît pour influences majeures, les légendes du Chicago blues telles que Little Walter et James Cotton. Elle s'est forgée une solide notoriété en cumulant les tournées. Al Collins, son époux, se consacre à la basse. Il milite également au sein de Jason and the Scorchers. Le couple signe la quasi-totalité du répertoire. Dès ses débuts, le ménage est parfaitement intégré à la scène locale. Dan Baird, le leader des Georgia Satellites, se charge de la production et leur apporte régulièrement son concours à la guitare, tout comme Ken McMahan (ex-Dusters) et Warren E. Hodges. Paru en 2013, leur dernier effort (cd + dvd), "Shinin' Live", dépassait les 90’.

Les sessions d’enregistrement de ce nouvel LP se sont déroulées au studio Sound Emporium, à Nashville. Pour la circonstance, elles ont bénéficié du concours de deux gratteurs, Audley Freed (ex-Black Crowes) et à nouveau Dan Baird, la gloire locale, désormais leader de Homemade Sin.

Stacie démarre en force par le dynamique "Lost and found". Elle souffle comme une possédée dans son harmo avant de passer derrière le micro, sur un rythme très rock'n'roll. Elle aborde "King of rock", une composition séduisante au cours de laquelle ses interventions à l'harmonica sont bien plus délicates. Renforcée par celle d’Eric Borash, les grattes balisent le rythme. Michael Webb tapisse "Gonna fly" de son orgue, une plage pop/rock sculptée dans les riffs ‘rollingstoniens’. Imprimé sur un mid tempo, "It's over" ne manque pas de charme, et met bien mieux en valeur le potentiel vocal de Stacie, alors que Freed se libère sur ses cordes. Michael Webb est passé à l’accordéon pour "Heart on my sleeve", une piste country aux accents locaux et à la saveur tex mex. La rythmique implacable de Dan Baird amorce "Jani", un titre qui évolue dans un registre proche des Georgie Satellites, mais enrichi par la voix féminine et féline de Stacie. Elle reprend son harmonica pour "Can't do without you", une plage au cours de laquelle ses courts envols sont ponctués d’effets dramatiques. Et dans la foulée, injecte une fameuse dose de sensibilité au country/blues, "Keep rollin'", un morceau tramé dans les cordes acoustiques. Avant de s’attaquer à "Later than you think", une plage particulièrement blues, imprimée sur un rythme, qu'aurait certainement apprécié Howlin' Wolf. Parsemé d’accents réverbérés, "Blood Moon" clôt "Roll the dice", un des sommets du long playing. Sans doute le meilleur album enregistré Stacie Collins, à ce jour.

 

mercredi, 13 avril 2016 19:54

Dusty Road

Brothers Brown réunit des musiciens issus de Los Angles et de Nashville. Son style ? Americana. Ou roots. Suivant les avis. Les deux leaders ont le même nom. Compositeur, producteur, chanteur et guitariste, Paul (NDR : le Californien) est un musicien de jazz notoire. A ce jour, il a publié six albums. Brother Paul (NDR : le Tennesséen) est également compositeur et producteur, mais claviériste. Le duo est soutenu par une section rythmique réunissant David Santos à la basse et Pete Young à la batterie. "Dusty road" constitue leur premier opus.

"Cup of tea" est une solide entrée en matière. Parfaitement soudée, la section rythmique évolue dans un style très proche du funky/blues/rock de Little Feat ; et la voix de Brown colle parfaitement au style. Brother Paul double au piano alors que la guitare de Paul s'intègre aisément dans l’ensemble. "Love sake" est un blues lent, cool, flemmard, si vous préférez.  Tapissant le décor sonore et communiquant une chaleur intense au morceau, l’orgue Hammond sert de base de lancement au chapelet de notes dispensées par le gratteur. Libérant énormément de groove, "Sweet Cadillac" est un funky blues raffiné par les percus de Young. L’intro de "When all is said and done" met en exergue la subtilité du doigté de Brown. Ses interventions sont parcimonieuses, créatives et chargées de feeling. David et Pete impriment un profil funk aux pistes qui filent vers la planète blues, à l’instar du remarquable "Can't outrun the blues". Ballade roots imprimée sur un tempo nonchalant et alimentée par le piano ainsi que l’orgue de Brother Paul, "The river" lorgne vers le Band. Une plage caractérisée par ses vocaux en couches, dont parvient à s’extraire admirablement, celle de Santos. Dans le même style, Paul Young chante "Drink you off my mind", une piste marquée par une très belle sortie de l’orgue Hammond. La slide du gratteur de Little Feat, Paul Barrère, et la six cordes de La Brown s’autorisent un duel tout au long du rocker vivifiant "Hurricane". Bien jolie ballade funkysante, "Nothin' but love" nous réserve une sortie imparable sur les cordes, alors que la voix se révèle à la fois autoritaire et convaincante. Imprimé sur un mid tempo, "Thos old heart" se distingue par des interventions impeccables de l’orgue et de la guitare. Toujours d’aussi bonne facture, "California" conjugue blues et jazz, grâce aux effets de pédales exécutés par LA Brown. Le titre maître clôt le long playing, une compo balayée de percus exotiques, au cours de laquelle orgue et guitare se réservent des sorties bouleversantes. Excellent ! 

 

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