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La vérité selon RORI

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Jean-Claude Mondo

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lundi, 29 février 2016 18:24

White Horse

Issu de Memphis, Dirty Streets est un jeune trio de roots/rock. Le line up implique le chanteur/guitariste/pianiste Justin Toland, le bassiste Thomas Storz et le drummer Andrew Denham. Quatre albums à leur actif : "Portrait of a man" (2009), "Movements" en (2011), "Blades of grass" (2013) et ce "White Horse", paru en décembre dernier. Hormis le premier elpee, tous les autres ont été publiés chez Alive Natural Sound.

Le rockin' blues de Dirty Streets est plutôt coriace, mais abordable, à l’instar du morceau d’ouverture, "Save me". Il nous replonge même au début des seventies, dans un climat que n’aurait pas renié un certain Humble Pie. Les compos sont percutantes. Pas d’exercice de style nombriliste. Et "Looking for my peace" en est une belle illustration. La voix de Justin s’intègre parfaitement dans l’ensemble. Il ne hausse jamais le ton inutilement. Il s’aventure quand même, à la slide, sur "Accents". Enrichie d’ivoires, cette très bonne composition lorgne plutôt du côté des Faces. Toland se sert de ses pédales pour attaquer "Think twice", une piste dont le tempo évoque carrément The Cream. L’elpee monte en puissance! La section rythmique apporte une densité certaine à l’expression sonore. La voix de Toland semble hantée par un Paul Rodgers des débuts du Free, tout au long de "When I see my light". Passionné, l’envol de la gratte se fond pourtant parfaitement dans un ensemble parfaitement soudé. "Good kind of woman" constitue mon coup de cœur. A cause de ce riff à la fois puissant et simple, mais propice à l’allégresse. Ballade subtile, "The voices" sert d’intermède acoustique. Sauvages, "Good pills" et "Plain" sont deux plages qui déménagent (NDR : ça rime !) Des cordes acoustiques amorcent "Dust", une ballade atmosphérique qui se couvre progressivement d’accents psychédéliques séduisants. Et c’est le titre maître qui clôt le long playing, un morceau qui évoque encore The Cream, mais dans sa période plus acide, soit celle de "Disraeli gears"…

 

lundi, 29 février 2016 18:22

Tengo Blues

Texan (NDR : il est issu de Houston !), Jonn Del Toro Richardson est chanteur, guitariste et compositeur. Son meilleur pote n’est autre que Sean Carney (NDR : lui nous vient de Colombus, dans l’Ohio), également gratteur. Les deux compères ont décroché, dans le passé, un ‘Albert King Blues Guitar Award’. Ils avaient d’ailleurs concocté un elpee ensemble, "Drivin' me wild", en 2013. John s’est également impliqué auprès de Carney pour "Blues for a Cure – Volume 4", une œuvre destinée à récolter des fonds pour la lutte contre le cancer. Et enfin, il avait gravé un autre long playing en compagnie du mandoliniste Rich DelGrosso, "Time slips on by". Jonn signe les treize plages de ce disque et assure la coproduction avec la star de la guitare, Anson Funderburgh. Bénéficiant du concours de la crème des musiciens locaux –le drummer Wes Starr, le claviériste Nick Connoly et le bassiste Nathan Rowe– les sessions se sont déroulées au sein du studio Satellite, à Austin.

Largement cuivré par les Texas Horns du célèbre Mark Kaz' Kazanoff, "Behind the curtain" ouvre la plaque. Un excellent titre au cours duquel la première sortie de Del Toro sur les cordes est déjà déterminante ; et il y injecte énormément de sensibilité tout en entretenant le sens mélodique. De bonne facture, "I'm her man" est un blues imprimé sur un tempo modéré. Délicieux, les accords de gratte s’intègrent parfaitement dans la musique que balise les ivoires de Connoly. Tout au long de "Love if you want it", les cordes débordent de feeling. Instrumental jazzyfiant, "Triple lingig" libère énormément de swing. Nick Connoly s’inspire de Jimmy Smith derrière son orgue Hammond et Kaz souffle dans son sax ténor. Percus (que se réserve Lawrence Del Toro) et cuivres nous plongent dans l’atmosphère caribéenne festive de "The Moment". Des rythmes syncopés dynamisent le superbe "Can't run for love", une plage mélodieuse caractérisée par une sortie de guitare classieuse. John est épaulé par Anson Funderburgh à la gratte sur le Texas shuffle brûlant et bien rythmé, "Get me back to Texas". Indolent, "This I know" baigne dans une ambiance fin de soirée, propice à l'enlacement des couples. La voix de Richardson est chaleureuse et envoûtante. Délicatement sensuels, les accords de cordes semblent hantés par BB King. Anson Funderburgh tire son épingle du jeu sur sa guitare tout au long du jump remuant "Tall pretty baby". Et ses interventions sont remarquables. Les Texas Horns cuivrent discrètement mais efficacement "Here she comes". Une contribution destinée à mettre en exergue la guitare. Et ce sont les ivoires de Connoly qui s’en chargent sur le rock’n’roll particulièrement dynamique, "Wild ride". "Tell me do you love me" émarge au Memphis R&B. La voix est chaude. La guitare inextinguible. Orgue et cuivres alimentant généreusement l’expression sonore. Instrumental, "Tengo blues" clôt l’elpee. Une r&b aux accents exotiques caractérisé par un ultime échange entre orgue et cordes. Et il est superbe !

 

lundi, 29 février 2016 18:20

Leelah

Leif De Leeuw est le leader de son propre Band, un groupe de blues rock batave, qui a décroché le ‘Dutch Blues Challenge’, fin 2014. Il a également représenté son pays lors de l’‘International Blues Challenge’, organisé à Memphis. Le backing group implique la chanteuse/guitariste Miss Britt Jansen, le bassiste Eibe Gerhart et le drummer Tim Koning. Et si le combo pratique du blues, son style est capable de se diversifier, en se teintant de folk, soul, roots et même de prog. Si De Leeuw reconnaît pour influence majeure le Texan Johnny Winter, il se revendique également de Jeff Beck, Larry Carlton, David Gilmour et Joe Walsh. Une palette de références finalement fort éclectique. A ce jour, la formation avait publié un Ep baptisé "De Luxe". Les artistes sortent d’académies musicales officielles.

Le thème de cet album s’inspire de l’histoire d’un jeune transsexuel américain de 17 ans, Leelah Alcorn, qui s'est donné la mort en décembre 2014. Dès "Never giving in", on se rend bien compte que cette formation dépasse les canons habituels du blues. Un morceau de rock riche, complexe, structuré, au cours duquel seule la guitare s’aventure, dans un style proche du compatriote Jan Akkerman. De bonne facture, la voix de Britt colle parfaitement à la musique. Faut dire que c’est elle qui signe les textes. Elle brille de nouveau au micro, mais dans un registre plus folk, tout au long de "Real this time", une plage à la jolie mélodie au cours de laquelle les interventions délicates de gratte, dispensées en slide par Leif, font absolument merveille. Et à la sèche, il met en exergue une nouvelle fois la voix féminine, tout au long de "Right back home". Un Bo Diddley beat discret contamine le blues "Just fine". Invité, Tony Spinner –dans  le passé, ce Yankee a apporté sa collaboration à Toto– se réserve les vocaux et la gratte. Gerhart tapisse l’ensemble de son orgue. Les cordes de De Leeuw illuminent "Wandering man", une plage indolente, proche du blues et dépouillée à l'extrême. Manifestement le band semble très à l’aise dans l’exercice de blues lents minimalistes. Ce qui lui permet d’injecter un max de sensibilité dans les compos. Et "My color blue" en et un nouvel exemple. Une plage majestueuse, particulièrement belle, caractérisée par une ligne de basse classieuse et de remarquables arrangements de cordes. "Leelah" clôt cet LP. Une composition partagée en trois volets. Le premier s’intitule "Walking southbound" et se distingue par ses changements de rythmes ainsi que par les interventions remarquables –en picking– de Sonny Hunt à la guitare (NDR : issu de Nashville, ce gratteur américain vit actuellement aux Pays-Bas où il drive son groupe, Dirty White Boys). Baptisé "The Cruelty of loneliness", la deuxième section lorgne carrément vers le Pink Floyd, De Leeuw semblant, à partir de cet instant, carrément hanté par David Gilmour. "Society please" constitue le troisième segment. Une longue plage enrichie par la voix chargée de feeling de Britt Jansen. Et c’est la partie de basse qui conduit la composition vers une finale particulièrement progressive…

 

lundi, 29 février 2016 18:16

Bonita & The Blues Shacks

Dans l’univers du jump et du r&b, BB & The Blues Shacks figure certainement parmi les meilleurs blues bands européens. Drivé par les frères Michael et Andreas Arlt, respectivement chanteur/guitariste et harmoniciste, le line up est complété par le pianiste/organiste Fabian Fritz, le bassiste Henning Hauerken et le batteur André Werkmeister. Un groupe qui compte une importante discographie à son actif. Son dernier opus, "Businessmen", remonte à 2014. Pour enregistrer ce nouvel elpee, le band a invité une vocaliste sud-africaine, Bonita Niessen. Ce qui explique le titre du long playing.

Qui s’ouvre par "Don't call me babe", un brûlot nerveux imprimé sur un tempo particulièrement. Bonita et Michael se partagent judicieusement les vocaux. Fabian se consacre à l’orgue et Michael s’autorise son premier billet de sortie. Barbara Lynn (NDR : une chanteuse texane) avait décroché un hit en interprétant "Love ain't never hurt nobody". La voix de Bonita est un véritable délice tout au long de cette plage de soul/pop dansante. Le style de prédilection des Blues Shacks, c’est le jump. Et ils le démontrent tout au long de  l’irrésistible "Turn the lamps down low", une composition signée Leiber & Stoller. Michael brille sur ses cordes ; il est rapidement talonné par son frère à l'harmo. La voix de Miss Niessen est veloutée sur "You keep me hanging on", un titre trempé dans la soul. Les Shacks rockent et rollent sur la cover du  "This little girl's gonna rockin'" de Bobby Darin ; ce qui permet aux ivoires de Fabian Fritz et aux cordes de Michael de se réserver des sorties irrésistibles. Puissance et panache guident la voix de Bonita sur le "Give me time" de Magic Sam, une piste qui agrège blues et soul. "Sure cure for the blues" opère un retour dans le r&b et le jump. Un tube décroché par les Four Jacks, en 1952. L’adaptation est excellente. Les solos de Michael, Andreas et Fabien se succèdent. Traditionnelle, "You're driving me crazy" est une chanson qui remonte aux années 30. Elle a été interprétée par de nombreux artistes légendaires, dont Billie Holiday, Ella Fitzgerald, Frank Sinatra et Sarah Vaughan. Soutenue par le piano particulièrement inspiré de Fritz, la voix de Bonita est convaincante. Et elle l’est tout autant sur "I'll be there", une ballade signée Bobby Darin. Cocktail de swing, jazz et jump, "Satisfy my soul" est un morceau issu de la plume du pianiste de jazz Buddy Johnson. Les frères Arlt s’y illustrent en exécutant de superbes envols sur l'harmonica et la guitare. "Bad news" est un blues chargé de swing. La voix de Bonita s’y révèle naturellement puissante. Les deux vocalistes se partagent le micro sur le classieux "I'm a fool for you", un titre soul que James Carr avait traduit en succès au cours des sixties. Feutré, "Be cool" est un autre traditionnel. "I'm lonesome" nous entraîne dans un West Coast jump d’envergure. C’est avec grâce que Bonita interprète cette compo signée Jimmy Preston, alors que mis sur orbite, les frangins Arlt et Hauerken (NDR : sur sa lourde basse acoustique) se déchaînent. D’excellente facture, cet elpee s’achève par le "Never let me go" de Joe Scott, une ballade soul.

 

lundi, 29 février 2016 18:09

Light and Shade

Les vétérans du hard rockin' blues belge sont déjà de retour. Blues Karloff nous avait réservé un premier elpee explosif fin 2014, "Ready for Judgement day". La formule est identique. Le chanteur Alfie Falckenbach est toujours aux commandes. Et il est à nouveau soutenu par le drummer Georges Milikan, le multi-instrumentiste (bassiste surtout) Frans Ruzicka et le guitariste Paul Van Camp. Le line up s’est cependant enrichi d’un second gratteur, Thomas Vanhaute. Quelques invités ont participé aux sessions, qui se sont déroulées au studio Pyramide, à Beersel. Et c’est le leader qui assure la mise en forme. L’opus est découpé en 13 plages dont 5 sont originales. Une œuvre qui baigne parfaitement dans l'atmosphère du blues/rock anglais de la fin des sixties, début des seventies.

Signé Willie Dixon, "I ain't superstitious" est un classique enregistré à l'origine par Howlin’ Wolf. Jeff Beck en avait réalisé une adaptation personnalisée pour son Jeff Beck Group, en 1968. Caractérisée par la présence de Rod Stewart au chant, elle figure sur l’album "Truth". Imprimé sur un tempo rapide, la version de Blues Karloff est particulièrement dynamique. Shorty Paul nous réserve déjà une déflagration de cordes. Le climat est toujours aussi tempétueux tout au long du "Close together", de Jimmy Reed. Bien secondé par Thomas Vanhaute, Van Camp n'est pas prêt à desserrer l'étreinte. En béton, la section rythmique soutient impeccablement les solistes sur le "Love doctor" de Tom Hambridge, un excellent blues/rock. Le tempo marque une pause sur "Don't lie to me", une compo maison, au cours de laquelle Vanhaute s’autorise un bel envol. "Take these chains from my heart" est une chanson popularisée en son temps par Hank Williams et Ray Charles. La cover est suprenante. La reprise du "I'm a bluesman" d’Alfie et Shorty véhicule des accents tragiques. Le morceau démarre lentement avant de monter en puissance. La voix domine le sujet et Van Camp prend son billet de sortie. Blues Karloff nous réserve une version musclée et très personnalisée du "All over now" de Bobby Womack, un titre que les Stones avait traduit en hit. Bob Seeger avait écrit "Hey Gypsy" pour rendre hommage à Stevie Ray Vaughan. Et cette dédicace est respectée par nos blues rockers belges. Les deux gratteurs se partagent les envols. Plutôt léger, "Looking tired" est un autre titre issu de la plume de Jagger/Richards. Peu connu, il remonte à 1965. Ruzicka le sculpte dans les cordes acoustiques. Le long playing s’achève par une version détonante d’"Evil" de Willie Dixon, un classique qui était devenu un cheval de bataille dans le répertoire du légendaire Howlin’ Wolf. Et on n’en oubliera pas pour autant les compositions signées par Blues Karloff, dont le rythmé "Blackout blues", abordée dans un style proche de Status Quo. Puis le cool "Pills and booze", au cours de laquelle Frans siège derrière l’orgue, alors que la section rythmique, assurée par Uncle Opdebeeck, Dominique De Vos et Jeff Brown, met en orbite une sortie de cordes particulièrement enivrante ! Et enfin, "Don't tell me what to do", soulignée par la voix agressive d'Alfie. Excellent !

 

lundi, 29 février 2016 18:07

Ain't bad yet

"Ain't bad yet" constitue le sixième album de Blue Strip. Outre Micke Bjorklof, le line up implique le fidèle guitariste Lefty Leppänen, le batteur Teemu Vuorela et le percussionniste Timo Roiko-Jokela. L’elpee a été enregistré au sein du studio Rockfield, au Pays de Galles, sous la houlette du notoire John Porter, qui a notamment bossé pour BB King, Buddy Guy, Taj Mahal et Santana.

Micke nous invite à prendre « The last train to Memphis ». Les drums de Teemu impriment le tempo sur celui du chemin de fer. Perçante, la slide de Lefty déchire l’horizon sonore. C’est toujours le batteur qui balise "Troublemaker", une piste ‘rollingstonienne’ enrichie de chœurs féminins et balayée, à nouveau, par les sonorités métalliques et réverbérées de la slide. Qui traverse l'étrange "Rain in Jerusalem", un morceau morbide qui baigne au sein d’un climat proche du Delta. Les coups d’accélérateur opérés sur cet instrument sont irrésistibles. La voix de Micke est autoritaire. "Get ya in da moon" trempe dans la même atmosphère étouffante. Nous sommes dans le Sud, le long du fleuve Mississippi. Micke souffle dans son harmonica et se réserve une jolie sortie sur les cordes. Une certaine transe hypnotique s’installe, provoquée par des rythmes réminiscents de Howlin' Wolf. Un spectre qui hante encore "Hold your fire baby", un downhome blues qui met bien en exergue la voix de Micke et ses quelques coups de griffe à l'harmo. Dépouillé, le titre maître est une jolie ballade roots. Micke est soutenu par les cordes acoustiques d'une Resonator et l'orgue de Tim Lewis. Les percussions de Roiko-Jokela entrent en effervescence tout au long de "Rat Chase". Elles propulsent la voix du leader, enveloppée par les chœurs féminins, alors que l’harmonica s’autorise un petit accès de folie. Paisible, "Sweet dream's a sweet dream" est une autre piste roots que Micke interprète d’une voix délicate, face à l'orgue Hammond de Lewis et les superbes interventions de gratte, dispensées par Lefty. Ce dernier se sert d’un bottleneck pour attaquer le country blues "Today", une plage dont le profil acoustique est bouleversé par le piano électrique et la guitare John Porter (NDR : qui assure la production). Très en verve, Lefty Leppänen propage des sonorités de cordes réverbérées tout au long de l’épatant swamp rock, "Blame it on the bright lights". De toute bonne facture, cet opus s’achève par "In chains", un morceau qui nous conduit à nouveau au cœur des swamps louisianais. Un titre dont l’atmosphère dépouillée, accablante et désespérée se nourrit de vocaux particulièrement soignés, de drums martelés et d’un harmonica blafard…

 

lundi, 29 février 2016 18:06

After the Flood

Finlandais, Micke Björklöf est le leader de Blue Strip. Un cover band de blues/rock acoustique fondé en 1991. Ce chanteur est soutenu depuis les débuts de l’aventure, par le bassiste Seppo Nuolikoski. "After the flood" constitue le cinquième elpee du combo. Un opus chargé d’intensité, car il a été enregistré à la Nouvelle Orléans, après le passage de l'ouragan Katrina, qui avait dévasté la cité louisianaise. Ce qui explique le titre de l’LP : "After the flood". Pour accentuer l’authenticité des sessions, Björklöf souhaitait engager un producteur local. Son choix s’est porté sur Mark Bingham. Toute l’équipe s’est donc retrouvée, en octobre 2012, dans le studio Piety Street Recording, pas bien loin du Mississippi et du quartier Français. Trois invités louisianais ont étoffé le team : le claviériste Brian Coogan ainsi que les vocalistes Michaela Harrison et Alexis Marceaux. Bingham avait déjà assuré la mise en forme d’artistes issus de la Crescent City, comme Rebirth Brass Band, Mem Shannon ou encore John Scofield. Et il faut reconnaître, qu’il a parfaitement exploité le potentiel de la formation finlandaise. Aussi bien la voix de Micke, la guitare de Lefty Leppänen que la batterie de Teemu Vuorela. Un potentiel qui se double du talent de compositeur de Lefty, aka Ville Leppänen (NDR : il signe la grande majorité des plages).

Dès l’ouverture, le son est puissant. La voix est bien mise en évidence. Lefty s’illustre déjà sur ce "House for the blues", avant de céder le relais à l'harmoniciste. Micke et les deux choristes partagent les vocaux sur "Jack the Black hat". Les tonalités de gratte sont surprenantes, mais impeccables. Coogan siège derrière le piano pour "Water from your shoe", un excellent blues, subtilement teinté de jazz indigène, imprimé sur un mid tempo. La slide libère des sonorités particulièrement métalliques. La structure de "Woogie or die" est plutôt complexe, un boogie tapissé par l’orgue Hammond et dynamisé par les percussions, au cours duquel le son de l'harmonica est étonnant. Excellent ! "Understanding" bénéficie d’une intro à la slide. Et elle est singulière. Le bottleneck vibre en permanence face aux rythmes syncopés. Les échanges opérés entre la voix de Micke et celles des choristes est impeccable. "King Alcohol" baigne au sein d’un climat ténébreux, presque morbide. Piano électrique et dobro métallique font paradoxalement bon ménage. Shuffle, "Sometimes" met en exergue la solidité de la section rythmique. Ce qui permet à Lefty de décoller, dans un style vraiment original. Quoique macérant dans un même climat néo-orléanais, "Gumbo Mama" adopte un profil funk. Un profil entretenu par les drums, les percussions, le Wurltizer et les sonorités de guitare triturées par des pédales wah wah. Qui se prolonge sur "Jezebel". Le bottleneck de Lefty donne le ton à "Ramblified", un delta primaire et authentique, chanté férocement par Micke. Le titre maître évoque, bien entendu, la situation de détresse vécue par la population locale, après le cataclysme causé par ‘Katrina’. Les rythmes sont syncopés et largement amplifiées, les cordes sont percutantes. Dans l’esprit d’un Carlos Santana… De bonne facture, cet elpee s’achève par "Open up open ", une ballade roots caractérisée par une dernière sortie classieuse de la slide.

 

lundi, 29 février 2016 18:04

To Rory

Jacques Stotzem est un brillant guitariste. Il privilégie cependant la sèche. Sa technique au picking est épatante. Agé de 57 ans, il est belge. Issu de Verviers, très exactement. Il puise ses sources aussi bien dans le folk, le jazz, le blues que le rock. Au cours des eighties, Jacques avait gravé trois vinyles. Depuis, il a publié de nombreux compact discs, dont "Catch the spirit", en 2008, un opus qui a décroché un beau succès!

Pour rendre hommage à Rory Gallagher (NDR : Irlandais, ce remarquable guitariste s’est éteint, il y a déjà 20 ans ; c’était en juin 1995), il a donc décidé d’enregistrer ce ‘tribute’. Stotzem avait été frappé par le concert de Gallagher, accordé en octobre 1977, à Liège. Il a sélectionné neuf compos dans le répertoire du natif de Ballyshannon. Des titres composés au cours des 70’s après son aventure vécue chez Taste. Et il les a arrangés dans son fingerstyle. Uniquement en version acoustique.

Jacques respecte la ligne mélodique de chaque morceau, avant de les colorer de sa propre passion. Et le résultat ne maque pas de charme. A l’instar de "Moonshine" ("Calling card" - 1976). "Just the smile" ("Gallagher », premier opus solo, 1971) baigne dans un univers empreint de douceur, de beauté et de mystère. "Tattoo'd lady" est sans conteste une composition majeure de Rory. Elle a donné le titre à l'album "Tattoo" (1973). L’adaptation est chargée de feeling. Et l’exercice de style, de haute facture. "Wheels within wheels" est un titre peu connu dans la discographie de l’artiste défunt. Et pour cause, il n’a été gravé que 10 ans après sa mort. Jacques manifeste une grande réserve sur cette version en y privilégiant la délicatesse. Il se sert du bottleneck, comme Gallagher, sur "Country mile", un blues qu’il aborde avec le même panache. En 1975, Rory avait repris le "Out on the Western plain" du légendaire Leadbelly, une plage qui figure sur "Against the grain". La nouvelle mouture est à la fois intense et d’une beauté immaculée. Deux pistes sont extraites de "Top Priority" (1979), "Wayward child" et Follow me". L’intensité des interprétations est à fleur de peau ! Plutôt ragtime, "Don't know where I'm going" ("Deuce" - 1971) met en exergue sa technique complexe au picking. Etonnant ! 

dimanche, 31 janvier 2016 00:00

Blues Harp Women

L'harmonica a toujours été un instrument privilégié dans l’univers du blues. Il est peu encombrant, facile à transporter et peu coûteux. Le blues originel, d'avant-guerre, a enfanté des harmonicistes qui sont parvenus à se forger une belle notoriété (De Ford Bailey, Will Shade et Lewis Noah, notamment) ; mais c’est lors du Chicago blues d'après-guerre, que la musique à bouche a vécu son âge d'or, révélant des légendes telles que Little Walter, Sonny Boy Williamson, Junior Wells et la liste est loin d’être exhaustive. Quand le blues s’est coloré de blanc, d’autre artistes se sont distingués, et en particulier Charlie Musselwhite, Paul Butterfield et Kim Wilson. Et les dames alors ? Et bien elles se sont illustrées et s’illustrent encore. La plus prestigieuse a certainement été Willie Mae Thornton, mieux connue sous le sobriquet de Big Mama Thornton. Originaire de l'Alabama, elle est décédée en 1984, à l’âge de 57 ans seulement. Elle a décroché un succès en 1952, grâce à "Hound Dog", quelques années avant qu'Elvis Presley ne le chante! Et c'est en écoutant Big Mama que le producteur Norman Davis a eu l'idée de monter cette collection réservée aux souffleuses. Elles ne sont pas moins de trente pour perpétuer la légende. Certaines sont connues, mais la plupart ne le sont guère. Thomas Ruf a donc publié une double compile pour mettre en exergue ces instrumentistes…

Sur la première plaque, Paula Rangell ouvre cet imposant cortège. Depuis 1979, elle drive ses Pontiacs, un blues band issu de la Nouvelle Orléans. Son "Harmonica girl" est particulièrement nerveux. La charmante New-yorkaise Roxy Perry se réserve le rythmé "Roadmaster". Etablie basée à Seattle, Stacy Jones est une excellente chanteuse de blues contemporain ; elle a aussi du souffle et le démontre à travers un solo bien senti sur ce funky "Heavy water". Instrumental, "Down home shakedown" nous replonge dans les années 60. Big Mama Thornton y partage un duo avec un autre harmoniciste (Big Walter Horton?) Authentique, classieux, ce morceau vous flanque une véritable claque. Artiste de country/blues, Lynn Ann Hyde est issu de Portland, dans l’Oregon. Elle a gravé quelques elpees en compagnie de Stu Kinzel. Elle adapte le "32-20 Blues" de Robert Johnson. Fastidieux de citer toutes les souffleuses, chacune s’exprimant suivant son propre talent. Je ne pourrai les citer toutes, car elles possèdent toutes une bonne dose de talent. Aussi, concentrons-nous sur les meilleures. Dont la Californienne (NDR : elle est issue de San Francisco) Beth Kohnen qui s’illustre sur l'instrumental "Ain't easy", et Trina Hamlin (NDR : elle vient de Minneapolis) pour "Down to the hollow".

Passons au deuxième volume. Qui s’ouvre par "Cash is king". A l’harmo, Jenny Kerr, une autre Californienne (également issue de San Francisco). Multi-instrumentiste, elle est également capable de briller à guitare, au banjo et au piano. Bostonienne, Cheryl Arena souffle depuis près de trente ans ; et elle brille tout au long de "Blues got me". Talentueuse, Annie Raines est également issue de la capitale du Massachussetts. Agée de 23 ans, elle compte déjà quelques albums à son actif. Et forme un duo en compagnie du chanteur/guitariste Paul Rishell. Ses interventions sont aussi redoutables qu’efficaces lors du superbe boogie instrumental "Lookin' good". Australienne, Marion Turner forme aussi un duo au sein de Salty Dog, auprès du guitariste Steve Plater. Et sa prestation est plus que solide tout au long de "He's gone". Pour le reste, on épinglera encore Dana Dixon pour le boogie blues  "Crazy Maisie", qu’elle chante également. La Française Christelle Berthon pour sa version pure du classique "Summertime". L’Italienne –établie en Oregon– Cécilia Loforti, très à l’aise pour exécuter "Doctor C". Et dans un registre country/blues, Rhonda Rucker, authentique dans son interprétation de "Rhonda Alla Blue". Si tout n’est pas parfait, cette collection a le mérite d’exister…

 

dimanche, 31 janvier 2016 00:00

The Prodigal returns

Keith Stone est un enfant de la Nouvelle Orléans. Pas tout à fait un enfant car, âgé de 50 ans, il est déjà considéré comme un vétéran de la scène locale. Il est parvenu à assimiler tous les courants qui alimentent la musique néo-orléanaise : jazz, blues, R&B, funk, dixieland et Brass Band. Stone a fait ses armes chez Willie Lockett & The Blues Krewe. "The Prodigal returns" constitue son premier long playing. Il a été enregistré chez lui, en Louisiane, sous la houlette de David Hyde, également préposé aux parties de basse. Hyde avait participé aux sessions d’enregistrement de l'excellent album de Fo' Reel, "Heavy water", fin 2014.

Le court "Prélude" instrumental s'ouvre par le piano de Dr John. Il nous entraîne dans les rues du quartier français de New Orleans. On entend le bruit produit par une calèche, puis d’une fanfare, celle d’un brass band, qui parcourt habituellement ces quartiers. R&B largement cuivré, "Better things to do" évolue dans un registre proche du southern soul de Memphis. La voix de Keith est puissante. Sa guitare est particulièrement affûtée. Nelson Blanchard double orgue et batterie. Des cordes empreintes d’une grande sensibilité amorcent "First love", un superbe blues lent. Autoritaire, austère, la voix domine ce blues tapissé par l'orgue et les ivoires de Blanchard. Et si le solo de guitare est excellent, Stone prolonge volontairement ses notes pour obtenir un effet dramatique. Autre excellent blues, "Cindi Leigh" véhicule des accents zydeco, des accents entretenus par l'accordéon de Bruce ‘Sunpie’ Barnes et le frottoir d'Andy J Forest ! Et au cœur de ce climat naturellement cool, le saxophone ténor de Mike Broussard s’évade. Une forme de soul indolente mais chaleureuse baigne "Take me home". Elaine Foster participe aux chœurs et Keith injecte énormément de feeling sur ses cordes, tout au long de ce morceau au cours duquel les cuivres excellent : Lacy Blackledge à la trompette ainsi que Mike Broussard aux saxophones ténor et baryton. "New Orleans Moonlight" est bien ancré dans la ‘Crescent City’, un titre de soul/blues cuivré abordé dans l’esprit de Dr John, alors que les interventions de cordes dépouillées lorgnent vers BB King. La basse de David Hyde et les percussions de Nelson Blanchard sculptent "Time to move on" dans le funk. Bobby Henderson se réserve un bijou de solo sur son saxophone alto avant de céder le relais à Stone, inspiré par Albert King. Henderson est passé au ténor sax pour "Make me feel alright", un rock'n'roll contaminé par les rythmes de la Louisiane. La trompette de Blakckedge et la guitare de Stone colorent "Buster's Place" (NDR : le Buster's est un restaurant local réputé dans la Soul Food), un instrumental paradoxalement ‘no jazz’. Bénéficiant d’excellents arrangements, "The prodigal returns" est un morceau de funk au cours duquel Keith triture ses cordes à l’aide de son jeu de pédales. Longue finale instrumentale, "Just a closer walk with Thee" revient à la case départ : le piano magique de Dr John, la guitare tout en feeling, la voix, l'orgue de Blanchard et, enfin, le brass band avec trompette, sousaphone, trombone et saxo alto. Un excellent album!

 

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