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Farfouiller dans la Pure Carrière…

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Gavin Friday - Het Depot
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Jean-Claude Mondo

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dimanche, 31 janvier 2016 00:00

Genuine Blues Legends

Ces deux légendes du Chicago blues ont milité, à des moments différents, au sein du Muddy Waters Band.

Chanteur, harmoniciste et compositeur, Jimmy était avant tout guitariste. Il militait au sein du backing group de Muddy Waters, au cours de la grande époque des 50’s. Il est parti trop tôt, des suites d'un cancer, en 1997. Il était âgé de 73 ans.

Joseph William ‘Pinetop’ Perkins était pianiste. En 1969, il avait remplacé le remarquable Otis Spann, au sein du groupe de Muddy Waters. Plus tard, il va sévir chez le Legendary Blues Band. Il est mort dans son sommeil en 2011. Il avait 97 ans.

Ces deux artistes mythiques se connaissaient, bien entendu, depuis longtemps. Un soir de mai 1988, au Grand Auditorium d'Ellsworth (NDR : c’est dans le Maine), ils se retrouvent au sein de l'excellente formation, Little Mike and The Tornadoes, un combo drivé par l'harmoniciste Little Mike Markowitz. La même année, ce combo va participer aux sessions d’enregistrement du premier opus solo de Pinetop, "After hours", paru chez Bling Pig.

Les quatre premières plages sont réservées à Pinetop Perkins, flanqué des Tornadoes. L'harmonica de Little Mike introduit le "Kidney stew" d'Eddie 'Cleanhead' Vinson. Pinetop chante et se consacre aux ivoires, mais le premier envol est accordé par le gratteur des Tornadoes, Tony O'Melio, rapidement suivi par Little Mike. Tout au long du classique de Tommy Tucker, "High heel sneakers", ainsi que du remarquable "Had my fun" de St Louis Jimmy Oden (NDR : un long blues lent), on assiste à de très beaux échanges entre le piano et les cordes d'O'Melio. Perkins chante enfin le boogie woogie "For you my love". Jimmy Rogers entre enfin en scène pour chanter trois morceaux. Tout d’abord le célèbre "Big boss man" de Jimmy Reed. Puis le superbe blues lent "All in my sleep", au cours duquel, parcimonieux, les accords de grattes libèrent un maximum de feeling. Et enfin, son plus grand succès, "The last time", un titre qu'il avait enregistré en 1952. Pinetop reprend le micro pour aborder le tendre "When I lost my baby", avant qu’il n’attaque son hit intemporel "Pinetop's boogie woogie", bien épaulé par les cordes de Rogers et l'harmo de Little Mike. "Pine and Jimmy's Jump" clôt cet LP. Les deux légendes du blues ainsi qu’un étincelant Little Mike en profitent pour prendre leur pied…

 

dimanche, 31 janvier 2016 00:00

Window on the World

John McKinley est originaire de Roswell, au Nouveau Mexique. Adepte du blues/rock, ce chanteur/guitariste/compositeur confesse volontiers ses influences, qu’il puise généreusement chez les artistes issus du Texas voisin (Freddie King, Johnny Winter et ZZ Top !) ; mais également à la tradition mexicaine ainsi qu’aux expérimentations de Frank Zappa. Aujourd'hui, John vit au Canada, à Kitchener, dans l'Ontario. "Window on the World" constitue son premier elpee. Lors des sessions d’enregistrement il a reçu le concours de son fils, Darius, à la basse, Ben Rollo, à la batterie, ainsi que Darryl Romphf, à la seconde gratte. Ce dernier assure, en outre, la production.

Instrumental, "Dirty nails" ouvre l’opus. Un morceau sculpté dans le rockin' blues, caractérisé par des accès de guitare très dynamiques, mais aux motifs un peu trop éclatants voire artificiels, dispensés dans un registre métallique. Les arrangements de "One a ponce a time"  baignent dans le jazz rock, une plage complexe au cours de laquelle lors du refrain, la voix de John est soutenue par des chœurs bien masculins. Plus blues, "Welfare Mama" est teinté d’exotisme, dans l’esprit de Carlos Santana. Les vocaux ne manquent pas de charme. Les accords de gratte son élaborés. Sporadiquement, des voix féminines –celles des Divines– s’invitent. "Cuando yo me voy" puise au cœurs des racines mexicaines. Danny Castro se charge des percus. Des chœurs mâles reprennent le refrain en chœur. Le spectre de Carlos Santana plane à nouveau. En formule trio, "Stratitude" passe bien la rampe. La technique de McKinley est particulièrement soignée tout au long de ce morceau de rock patiné de jazz et aux effets sonores bien maîtrisés. Le leader regorge d'idées ; mais il faut pouvoir les canaliser. Le rôle du producteur est donc essentiel. Des cordes acoustiques introduisent le rock/blues puissant "Rev it up". La guitare est overdubbée sur "Keep the door cracked open", un blues pétillant assez rythmé, au cours duquel le fiston Darius McKinley semble bien inspiré sur sa basse. Long blues lent dépouillé, coloré de jazz, "P-Nutt-Butt-Ah" est épicé à la sauce McKinley. Et pour cause, la plage prend un virage à 180°, lorsque John se lance dans un solo particulièrement complexe, aux sonorités largement amplifiées. La section rythmique le pousse à se surpasser sur "Life's a bitch", un blues rock nerveux, torturé, et surtout de bonne facture. Plus classique, enrichi par les voix féminines des Divines, "Cool night breeze" est une piste plus classique. La sortie de cordes rappelle même des maîtres britanniques du style, comme Jeff Beck ou Jimmy Page. Séduisante, "Passionate man" est une plage qui concède des accents pop. "Ontarian song" clôt cet LP. Un titre quasi instrumental qui baigne dans la musique traditionnelle canadienne. Essentiellement acoustique, il recèle une partie amplifiée fort originale, consécutive à l’intervention progressive du violon de Melissa Barry, avant que la voix éthérée de Rachel Lee Cousineau n’entre en scène…

 

dimanche, 31 janvier 2016 00:00

Songs from the Road (cd + dvd)

Thomas Ruf nous propose une suite à la collection "Songs from the Road", à travers ce cd et ce dvd, qui met en exergue son catalogue en ‘live’. Et pour la circonstance, il nous réserve une belle surprise en exhumant une prestation de Jack Bruce associé à Robin Trower.

Jack Bruce est une icône de la musique rock contemporaine. Il nous a malheureusement quittés en octobre 2014. Il avait 71 ans! Très bon chanteur, doublé d'un excellent bassiste, il a participé à l’aventure de la vague blues anglaise des sixties, à l’instar de l’Alexis Korner Blues Incorporated, du Graham Bond Organization, du Manfred Mann et parfois du John Mayall's Bluesbreakers ; sans oublier, en 1966, à l'avènement du premier super groupe, The Cream, auprès d’Eric Clapton et de Ginger Baker.

Le parcours de Robin Trower est très différent. En 1967, il devient guitariste chez Procol Harum. Très marqué par le jeu de Jimi Hendrix, il fonde, dès 1973 son trio, le Robin Trower Band. En 1981, Bruce et Trower forment le trio B.L.T., en compagnie du batteur Bill Lordan ; une aventure qui donnera naissance à deux elpees, un éponyme en 81 et "Truce" (Isidore remplaçant Lordan), l'année suivante.

La set list du concert enregistré fin février 2009, à Nimègue, réunit l'essentiel du contenu de l'album "Seven moons", que les deux artistes avaient réalisé ensemble en 2005, déjà, en compagnie du même batteur Gary Husband, un musicien qui avait beaucoup milité dans l’univers du jazz rock, côtoyant notamment John McLaughlin, Allan Holdsworth et Billy Cobham.

Et l’opus s’ouvre par le morceau éponyme. Une version superbe qui calibre déjà l'atmosphère de ce spectacle, dont les morceaux imprimés sur un tempo lent sont privilégiés. Bien sûr inspiré par Hendrix, Robin joue tout en délicatesse, tout en restant sur la réserve ; et dans ce registre, c’est vraiment un guitariste de grande classe. "Lives of Clay" baigne au sein d’un même climat. Brillant, Trower maîtrise à merveille ses effets sonores. Indolent, "Distant places of the heart" est bercé de mélancolie. Lors de la version du célèbre "Sunshine of your love", l'un des fleurons de Cream, la basse de Bruce entre en extase. Mais ce qui caractérise le mieux Bruce et Trower, ce sont  les compositions atmosphériques ; à l’instar du superbe "Carmen" qui figurait sur "B.L.T". "So far to yesterday" nous entraîne dans un trip psychédélique. Quoique bien maîtrisées, les cordes de Robin entrent en transe. "Just another" pousse le périple un peu plus loin ; une remarquable plage au cours de laquelle Trower est au sommet de son art. Il écrase ses pédales sur "Perfect place". "Bad case of celebrity" est un blues lent dépouillé, avant que Trower ne se réserve quelques lignes très hendrixiennes sur "Come to me". En fin de set, Bruce se libère pour conduire deux covers de Cream, l'inévitable "White Room" et "Politician". Un excellent concert!

 

dimanche, 31 janvier 2016 00:00

So low

Auteur, compositeur, chanteur et guitariste, Tim Williams est canadien. "So low" constitue son premier elpee solo. Autoproduit, il a été enregistré à Calgary, dans l'Alberta. Découpé en dix pistes, cet opus est partagé entre compos personnelles et reprises d’artistes qu’il apprécie. Tim confesse volontiers puiser ses racines blues chez Leadbelly, Big Bill Broonzy et Lightnin' Hopkins.

L’opus s’ouvre par la cover du "If you live" de Mose Allison (NDR : âgé de 88 balais, ce pianiste de blues et de jazz né dans le Mississippi, est toujours bien vivant). En chantant "More peppers in your Chili", il nous avoue combien il apprécie épicer sa nourriture à l’aide de piments et autres sauces relevées qu'il déniche près de chez lui. Il aime jouer de la mandoline. La sienne est très ancienne. C’est une Stella datant des années 1920. Il s’en sert pour attaquer le "Mr Big Money" de Big Bill Broonzy. Sur "Anywhere c/o the Blues", il nous avoue avoir souvent fait des sacrifices pour le blues. C’est sa passion, son hobby, son obsession, son job ; bref, toute sa vie. Son technique au bottleneck sur la guitare Resonator est impeccable. Tim rend hommage à Blind Boy Fuller sur "Pistol Snapper" (NDR : disparu très jeune, à l’âge de 33 ans à peine, Fuller était un artiste adepte du Piedmont blues de la Caroline du Nord). Il adapte "The witching hour", une composition de Tampa Red, un des premiers grands spécialistes de la slide, à Chicago. Tim y affiche une belle maîtrise et une technique fouillée. Tout au long de "The Grizzly bear", il parvient à faire revivre une vieille coutume populaire au cours de laquelle les danseurs imitaient des grizzlys. Il reprend une très ancienne chanson de Johnny Cash, "Big River". Parue en 1958, sur le label Sun de Memphis, elle date de l’époque à laquelle le ‘Man in black’ puisait encore ses racines country/blues chez Blind Lemon Jefferson. Williams signe "Midnight after midnight", une chanson empreinte de douceur et de subtilité, dans un style finalement proche de Lonnie Johnson. Et en finale, il rend un autre hommage à son bluesman favori, Sam ‘Lithnin’ Hopkins, à travers un "Lightnin'" respectueux de la version originale.

 

 

lundi, 25 janvier 2016 19:30

The Turnpike Troubadours

Issu de l’Oklahoma, The Turnpike Troubadours pratique une forme de country baptisée ‘Red Dirt’, un style marqué par le folk de Woody Guthrie et le honky tonk de Waylon Jennings. Eponyme, son nouvel opus fait suite à "Goodbye Norma street", paru 2012. Le band est drivé par le chanteur/guitariste Evan Felker. Il implique également le bassiste R.C Edwards, le violoniste Kyle Nix, le guitariste Ryan Engleman et le drummer Giovanni Carnuccio. 

Dès le premier morceau, le violon baigne au sein d’une musique country agréable, conduite par la voix de Felker. Amplifiée, la gratte s’intègre parfaitement à la section rythmique. Plus enlevé, "The Mercury" macère au sein d’une atmosphère plus rock. Dans un registre ‘Red Dirt’, Engleman tire son épingle du jeu aux cordes, des cordes qu’il maîtrise impeccablement. Caractérisé par ses sonorités métalliques, la lap steel balaie "Down here", alors que le violon virevolte autour de la mélodie. Si les compos souffrent d’une certaine uniformité, elles se révèlent d’excellente facture. A l’instar de "Time of day". Mais surtout de "Ringing in the Year", une plage soulignée de superbes harmonies vocales ; un titre abordé dans l’esprit des combos ‘alt country’ contemporains. Tout au long de "Long drive home", "7 oaks" et du lumineux "Easton & Main", on assiste à des échanges de haut vol entre la lap steel, la guitare et le violon. Rien que du bonheur! "Doreen" est lancé comme un cheval au galop par le violon ; une reprise du groupe texan, the Old 97's. "Fall out of love" est une ballade douce et paisible. "Bossier City" clôt l’elpee. Une nouvelle version de la plage éponyme du premier long playing de The Turnpike Troubadours. Paru en 2007, ce disque a donné le nom au label du band. L’adaptation est nerveuse. Bien soutenue par une solide rythmique, l’accordéon et le violon tirent parfaitement leur épingle du jeu.

 

lundi, 25 janvier 2016 19:26

My road

Originaire du Massachusetts, Bob Margolin est âgé de 66 balais. Ce guitariste s’est surtout illustré en militant au sein du Muddy Waters Band, entre 1973 et 1980. En 1978, un DJ de Boston lui attribue le sobriquet de Steady Rollin'. C’est l’époque à laquelle il monte son propre blues band en compagnie duquel il tourne inlassablement. Il grave alors deux albums sur le label du guitariste Tom Principato, Powerhouse. En 1993, il signe au sein de l’écurie chicagoan notoire, Alligator. Il y publie trois elpees. Il transite ensuite successivement par Telarc et Blind Pig, avant d’atterrir, en 2012, chez le distributeur Vizztone. Il y enregistre "Not alone", en compagnie de la chanteuse/pianiste Ann Rabson, puis "Blues around the world", soutenu par le Mike Sponza Band. Après avoir passé près de 50 années sur les routes, Margolin voulait concocter une œuvre vraiment personnelle. "My road" en est une parfaite illustration. Un disque découpé en douze plages, dont huit ont été écrites ou co-écrites en compagnie de Steady Rollin' et quatre reprises. Lors des sessions, Bob n’a invité qu’un nombre limité de musiciens. Il se réserve la gratte et les vocaux et bénéficie du concours du drummer/chanteur Chuck Cotton ainsi que de l’harmoniciste/gratteur Tad Walter. Et la production est signée Michael Freeman.

Dès l’ouverture, "My whole life", le ton est donné. Un blues primaire, volontairement dépouillé, dominé par la voix de Margolin, alors que la six cordes s’infiltre entre un harmonica particulièrement torride et la batterie. Une voix qui s’impose à nouveau tout au long de "More and more", pendant que les interventions fragiles et tourmentées de sa gratte communiquent un bel éventail d’émotions. Les percus de Chuck impriment le tempo d’"I shall prevail". Un dialogue s'établit entre le chant et les cordes, au coeur d’un climat qui baigne dans le Delta. Bob chante en solo le blues tendre "Goodnight". "Understanding heart" nous plonge au sein d’une atmosphère sombre, étrange, dérangeante. Le bottleneck inocule un feeling métallique aux cordes. Et l’harmo de Tad accentue cette impression ténébreuse. "Low life blues" est imprimé sur un tempo plus enlevé. Un Chicago blues classique écrit par le regretté Sean Costello. Lumineux, l’harmonica est hanté par le grand Little Walter. Tad Walters se réserve une superbe intervention avant que Margolin le relaie d’une sortie nerveuse aux cordes. Bob et Chuck chantent à capella la cover du "Bye bye baby" de Nappy Brown. Très différentes, les inflexions sont quasi doo-wop, et sont exclusivement soutenues par des claquements de doigts et une musique à bouche. Un exercice de style vocal qu’on retrouve sur l’indolent "Ask me no questions", un Mississippi Blues rudimentaire, mais chargé de passion. Une passion qui contamine le tout aussi primaire "Young and old blues", malgré son assise rythmique plus énergique. Walters joue sa partie de basse sur sa guitare. Steady Rollin' profite du contexte pour produire son meilleur solo. "Feelin' right tonight" opère un retour au Chicago blues traditionnel ; un titre issu de la plume du vocaliste de rockabilly, Tex Rubinowitz. La sortie à l’harmo est particulièrement inspirée alors que les cordes flairent l’odeur de la poudre. "Devil's daughter" (Trad : la fille du diable) est une fort belle composition. Les tonalités de gratte dispensées par Bob sont soignées et empreintes d’une grande sensibilité. En finale, "Heaven Mississippi" nous ramène au cœur du delta, là tout avait débuté, non loin de Clarksdale et de Rollin' Fork. Margolin y adresse de multiples clins d'œil aux légendaires Robert Johnson et Muddy Waters, partenaires d'une époque désormais lointaine. Un excellent album pour Bob Margolin!

 

lundi, 25 janvier 2016 19:25

Light up with…

En 2008, Hokie Joint publie "The way it goes… sometime" sur le label hollandais Cool Buzz. Trois ans plus tard, le jeune groupe insulaire embraie par "The Music starts to play". Mais il splitte en 2013.

Trois membres du combo ont décidé de poursuivre l’aventure, sous un autre patronyme. En l’occurrence le chanteur Jojo Burgess, le guitariste Joel Fisk et le batteur Stephen Cutmore. Mais en y impliquant deux nouveaux musicos : le claviériste Warren Lynn et le bassiste Rob Barry. Lavendore Rogue signe neuf plages sur dix de ce "Light up with…"

Des accords ‘rollingstoniens’ familiers ouvrent "Dead man's chest". Très caractéristique, la voix de Burgess est écorchée. Le redoutable Joel Fisk s’autorise son premier envol, en manifestant énormément de panache, alors que l’orgue Hammond tapisse le décor sonore ; un orgue qui se révèle bien plus audacieux sur The maze", une compo, ma foi, fort originale. Jojo chante face au piano, l’indolent "Animal". Sa voix emprunte les inflexions de Bowie, alors qu’invitée pour la circonstance, Naomi Poole apporte une certaine solennité à l’ensemble, en se servant de son violoncelle, pendant que les cordes véhiculent des accents pop/rock. Tout aussi remarquable, la voix de Burgess illumine "Honey hunter", un morceau de prog/rock au cours duquel les cordes de Fisk montent autoritairement en puissance. Indolent, "Riot" baigne au sein d’un climat dramatique. La voix est grave, inquiétante, angoissée même. D’abord focalisé sur le piano électrique, Warren passe ensuite à l'orgue. Lavendore Rogue semble négliger la face blues/roots de Hokie Joint. Hanté par une slide, "Gangsters, thieves & vilains" constitue certainement l’exception qui confirme la règle. Dommage, car le band a suffisamment de maîtrise pour en explorer le genre. Empreinte de douceur, "A.S.A.D" est une plage balisée par les ivoires. Les vocalistes chantent le refrain de "Siesta Resistance" à tue-tête, un peu comme pour créer une transe, une piste bien plus nerveuse qui permet à la guitare de Joel d’être propulsée vers les sommets. Caractérisé par son riff ‘stonien’, "Tatoo" est à la fois accrocheur et entraînant. Excellent ! "Play it all night long" clôt l’elpee ; un morceau signé Warren Zevon. L’orgue amorce la plage. Avant d’opérer de superbes échanges avec la gratte. La voix de Burgess demeure cependant souveraine, tout au long de ce morceau au refrain captivant. Il serait sans doute intéressant de découvrir ce Lavendore Rogue en ‘live’ ; à mon humble avis, sa démarche doit se révéler bien plus roots…

 

lundi, 25 janvier 2016 19:23

The Voodoo Sessions (Ep)

Norvégien, Berdon Kirkaether est chanteur, guitariste, compositeur et producteur. Il a longtemps milité au sein du CIA, l'un des meilleurs blues bands locaux. Depuis, il a monté son groupe, The Twang Bar Kings, en compagnie de deux musicos issus de sa précédente aventure. Soit le drummer Roy Hanssen et le bassiste Stein Tumert. Le line up est complété par un autre gratteur, Erik Gabrielsen. Ce quatuor avait déjà publié un album en février 2014, "Latenighters under a full moon". Découpé en 4 pistes, "The Voodoo Sessions" réunit quatre morceaux immortalisés au ‘Down Under’ de Mjondalen. Nonobstant sa durée, cet Ep démontre tout le potentiel de cet artiste. Responsable d’une musique originale, il se révèle un guitariste créatif à la technique irréprochable.

La batterie de Roy Hanssen amorce "Mama roll over", une plage lente dont les accents blues sont entretenus par la succession de riffs rythmiques, alors que la guitare solo conduit la voix claire et inspirée de Berdon. Une gratte largement amplifiée, proche de la saturation mais parfaitement sous contrôle. Elle évolue progressivement avant d’explorer de nouveaux territoires, tout en affichant une maîtrise étonnante. Excellent ! Caractérisé par un riff réminiscent de Bo Diddley, "Some kind of voodoo" répercute de bien étranges sonorités. Même vocales. Sombres, poisseuses, elles macèrent au cœur des swamps humides de la Louisiane. Le chant est volontairement nonchalant. Les drums accentuent le climat angoissant. Le chant se fait volontairement paresseux. La batterie intensifie encore le climat d'angoisse, proche de l’épouvante ; et à travers cette transe hypnotique, les cordes flirtent avec le psychédélisme. Rock/blues, "Mad house" est issu de la plume de l'Anglais Robin Trower. Très ‘hendrixienne’, la version libère un feeling intense. Dépouillé, "When the Moon is on the rise" nous replonge dans une atmosphère ténébreuse. La guitare y réverbérant des échos parfaitement maîtrisés.

 

lundi, 25 janvier 2016 19:21

The loneliest man I ever met

Kinky est un personnage très occupé. Jugez plutôt : compositeur, chanteur, chroniqueur et romancier, c’est également un homme politique. Il s'était présenté, dix ans plus tôt, au poste de Gouverneur du Texas. C'est pourtant à Chicago qu'il est né, il y a 71 ans. Il vit aujourd'hui à Kerrville, au Texas. Kinky compte, à ce jour, une dizaine d'albums à son actif ! En 1976, il a participé à la célèbre tournée de Bob Dylan, périple baptisé ‘The Rolling Thunder Revue’. Friedman est considéré comme un musicien de country ; on lui a même attribué le surnom de cow-boy juif texan! "The loneliest man I ever met" constitue son premier elpee solo, enregistré depuis plus de 30 ans. Outre ses propres compos, il reprend aussi bien Tom Waits, Willie Nelson, Merle Haggard, Johnny Cash, Bob Dylan que Warren Zevon. Lors des sessions, il a reçu le concours du guitariste Joe Cirotti et du pianiste Little Jewford…

L’elpee s’ouvre par le "Bloody Mary morning" de Willie Nelson. Une piste de country/folk qui nous entraîne à travers de vastes étendues texanes. Et c’est ce dernier qui se consacre à la sèche et chante en duo avec Kinky, alors que sa sœur, Bobbie, siège au piano. Kinky adapte une compo du ténébreux Tom Waits, "A Christmas card from a Hooker in Minneapolis". Il récite le texte face aux ivoires et à l'harmonica de Mickey Raphael. Sa voix est graveleuse tout au long du superbe titre maître de l’opus. "My shits fucked up" est l'une des dernières chansons écrites par le regretté Warren Zevon, peu de temps avant sa mort (NDR : il est décédé des suites d’un cancer des poumons, en 2003). Face aux cris plaintifs de l'harmonica et aux cordes acoustiques envoûtantes de Cirotti, la voix de Friedman est chargée d'émotion. Sa version du "Mama's Hungry eyes" de Merle Haggard est très réussie. Un morceau hanté par un harmo au bord du désespoir. Autres covers de titres folk : le "Pickin' time" de Johnny Cash ; et puis une version très réaliste du "Girl from the North Country" de Bob Dylan. De son répertoire, Kinky nous propose l’une ou l’autre ballade mélodieuse, à l’instar de "Lady Yesterday" et "Wild man from Borneo" ; et toujours dans un style qu’on pourrait qualifier d’authentique…

 

lundi, 25 janvier 2016 19:16

Method to my Madness

La carrière de Tommy Castro et déjà bien remplie. Agé de 60 balais, ce Californien est un adepte du blues et du R&B. Guitariste, chanteur et compositeur, il a embrassé une carrière solo en 1991. Ce qui lui a permis de publier de nombreux albums, notamment pour Telarc et Blind Pig. En 2009, il est passé chez Alligator, pour lequel il a d’abord gravé "Hard Believer". La musique de Tommy a toujours impliqué des cuivres, et tout particulièrement grâce à son saxophoniste, Keith Crossan. Pourtant, en 2011, il monte une nouvelle formation, The Painkillers, qui se limite à une section rythmique et des claviers. Le dernier opus de cette formation, "The devil you know", remonte à 2014. Le line up réunit Castro, au chant et à la guitare, Bowen Brown (ex-John Lee Hooker Band) à la batterie, Randy McDonald à la basse et Michael Emerson aux claviers. Les sessions se sont déroulées au studio Laughing Tiger, à San Rafael. Tommy assure la production et signe dix des douze plages.

Naturellement puissante, autoritaire la voix de Castro est avant tout authentique. Elle est faite pour chanter le blues, le R&B et le rock'n'roll. Et on s’en rend compte dès l’ouverture, "Common ground". Une plage accrocheuse, imprimée sur un rythme ‘rollingstonien’, au cours de laquelle il décoche son premier solo ; et il fait mouche ! Particulièrement solide, la section rythmique balise "Shine a light". Emerson siège derrière son orgue Hammond. Largement amplifiée, la slide de Castro nous réserve un petit bijou de solo, dans un climat plutôt swamp. Le titre maître est sculpté dans du pur r&b, proche du southern soul de chez Stax. Et si la rythmique est virale, il n’y a pas de cuivres… Les sonorités de l’orgue sont intenses et chaleureuses tout au long de "Died and gone to heaven", une ballade soul lente, que chante divinement Tommy, dans un registre proche d'Otis Redding voire de Wilson Pickett. Un style tout en feeling, taillé sur mesure pour l'artiste ! Parfois, la puissance vocale de Castro me fait penser à celle de John Fogerty. D’ailleurs, l’effet est similaire. "Got a lot" en est certainement une belle illustration. L'intro à la guitare dispensé sur "No such luck" est remarquable ; un blues savoureux réminiscent du Fleetwood Mac de Peter Green. Rien que du bonheur ! Parfois ces cordes lorgnent, comme par magie, vers Carlos Santana. Ou elle entrent en effervescence ; à l’instar du blues musclé "Two hearts". La voix s’avère souveraine tout au long d’"I'm qualified", un morceau écrit par l'équipe de Muscle Shoals. Soutenu par la basse funkysante de McDonald, il se distingue par cette grande liberté accordée à l’orgue. A l’écoute de "Ride", on ne peut s’empêcher de penser à Ray Manzarek des Doors ; et tout particulièrement sur l’album "L.A. Woman". A cause de ce piano électrique aventureux qui trame une véritable texture sonore hypnotique. Castro et Joe Louis Walker cosignent "Lose lose", un blues lent aux accents dramatiques. Et le dialogue entre la voix et les cordes constituent un véritablement enchantement. La perfection ! Les fûts de Bowen Brown servent de rampe de lancement au leader sur "All about the cash", une solide pièce de swamp funk. Propulsé vers les sommets, Tommy se réserve alors une sortie aussi intrépide qu’inventive. D’excellente facture, cet opus s’achève par un reprise du "Bad luck" de BB King, un blues d’une grande pureté découpé dans des cordes de guitare immaculées…

 

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