L’aurore de Lathe of Heaven…

Issu de Brooklyn, Lathe of Heaven sortira son nouvel elpee « Aurora », le 29 août. Né d’un processus d'improvisation, cet opus est propulsif, captivant et structuré, abordant des thèmes lourds et incorporant des influences littéraires. En attendant, la…

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Wholes passe son chemin…

Wholes (ex-The Van Jets, Hypochristmutreefuzz, Pink Room, Elefant, etc.) a partagé une première chanson torride. Brute, non filtrée et chargée d’émotion. "Till We Don't Meet Again" est une collision de guitares tordues, de rythmes implacables et de voix qui…

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The Wolf Banes - De Casin...
Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

lundi, 28 mars 2016 12:32

Sings about God + Booze

Mr Rick, alias Rick Zolkower, est issu de Detroit, un musicien passionné de blues, de jazz et d’americana, soit la musique des racines. Ses héros ont pour nom Muddy Waters, Lightnin' Hopkins, Howlin' Wolf et John Lee Hooker. Ses premiers pas, il les a accomplis à la tête de Rick and The Biscuits, publiant "Cocktails and Cornbread", en 2005, suivi de "Whole grain", en 2009. Pour concocter cet opus solo, il a voulu reprendre des thèmes traditionnels du blues, du gospel, de la country et de l’americana. Des chansons qui ont marqué sa jeunesse. Il y révèle sa passion pour cette musique volontairement ancrée dans le passé, en se servant d'instruments qui ont fait la richesse et le bonheur d'une certaine époque ; les guitares bien sûr, mais aussi le violon et la clarinette.

L'artiste aime enrichir les traditionnels d’arrangements personnels. Il ouvre l’opus par "One kind of favour", mieux connu sous le titre de "See that my grave is kept clean", un morceau signé par le légendaire Blind Lemon Jefferson. Le concours de la guitare et du violon est judicieux. La voix passe parfaitement la rampe. La ligne de basse tracée par Alec Fraser est impeccable. Et l’ensemble adopte finalement une tonalité rockabilly. Tout comme pour "You'll need someone on your bond", un autre titre de cette légende, qu’illumine la basse acoustique de Tyler. "It's the bottle talking" est un morceau issu de la plume de feu Cindy Walker, une chanteuse de country. Enrichie par la gratte de Steve Briggs et le violon de Drew Jurecka, cette plage lorgne alors vers le country swing de Bob Wills & His Texas Playboys. Les cordes de Briggs sont littéralement envoûtantes, tout au long d’"Uncle Junior". Rick tire encore son épingle du jeu sur le très country "Hush" et le plus swing "Champagne don't drive me crazy". Jurecka impressionne au violon tout au long de la subtile reprise du "Liquid store blues" de Sleepy John Estes, mais également sur "Don't put my bourbon down". "Two little fishes" est une compo écrite par Rosetta Tharpe, une légendaire chanteuse afro-américaine de blues et de gospel. Et ces chœurs que se réservent les Ted Hawkins Singers (à ne pas confondre avec Edwin Hawkins) sont particulièrement soignés. Une piste qui met également en exergue la clarinette de Jono Lightstone et la mando-guitare de Mr Rick. Une mando-guitare qu’on retrouve sur "Death come into my room", un blues savoureux auquel participe également le violon et la guitare. Plusieurs plages baignent au sein d’un climat plus folk. Dont "I'll fly away", rehaussé par la voix féminine de Julie Hill. L’émouvant "I know i've been changed" est dominé par les cordes électriques de Mr Rick et la clarinette. Jerry Irby est un chanteur texan âgé de plus de 98 ans. Le combo adapte son "Drivin' nails in my coffin". En finale, on a de nouveau droit à une autre cover de Rosetta Tharpe, "Beams of heaven", une ballade gospel à laquelle participent bien évidemment les Ted Hawkins Singers. Et comme dirait Mr Rick : ‘Love whikey – Fear God’ (Traduction : aimez le whisky mais prenez garde à Dieu!)

 

lundi, 28 mars 2016 12:25

Anybody Listening Part 2

D'origine camerounaise Cécile Doo-Kingué est née et a grandi à New York City. Elle a vécu en France et s’est établie depuis au Canada, à Montréal très exactement. Chanteuse/guitariste/compositrice, elle a publié son premier album solo, "Freedom calling", en 2010. En 2012, elle embraie par "Gris", et début 2015, grave "Anybody listening Part 1 Monologues", le premier volet d'une trilogie solo. Pour le deuxième, qu’elle a intitulé "Dialogues", elle s’est entourée d’invités. Parmi lesquels le batteur/percussionniste Anthony Pajot semble avoir pris une part prépondérante. Un opus dont le blues explore les racines et la vie, dans la diversité de ses aspects.

Paradoxalement, six des neuf compositions de "Monologues" figurent sur "Dialogues", dans des versions différentes, bien sûr. Cécile a voulu leur communiquer une sensibilité de l’instant, à travers ses échanges avec les autres musiciens et choristes, et bien entendu l'amplification. Il semble toutefois que l'une des meilleures compositions "Bloodstained vodka", sorte à nouveau de sa chambre. Les versions sont-elles différentes? Oui, quelques voix semblent avoir squatté la ‘bedroom’ de Cécile et l'effet est vraiment très réussi! Ce texte traite des droits civiques et de la condition féminine dans la Russie de Poutine. Il faut reconnaître que si la femme présente sur "Dialogues" est la même, son répertoire prend une toute autre dimension, ici. Et la férocité ainsi que la détermination manifestée tout au long de "Riot & Revolution" en est une belle illustration. Armée de son bottleneck, Cécile invite le mélomane à réagir. Elle semble enragée. L’amplification est judicieuse. Elle est soutenue par une section rythmique et des chœurs féminins. Puissants, les accords de slide accentuent une impression de profondeur tragique. Anthony Pageot et Fredy V impriment un tempo implacable au blues/rock très offensif "Sweet talkin' devil", un brûlot au cours duquel la slide talonne le chant résolu. Et une sortie aventureuse de cordes ponctue cette généreuse reprise. Tout à fait excellent ! Daniel DJ Joseph a apporté sa Stratocaster pour épauler Miss CDK, sur "Anybodys listening", un blues lent impeccable caractérisé par une sortie de cordes créative qui se fraie son chemin au milieu de voies (voix ?) amies. Cécile démontre tout son talent de musicienne sur "Little bit", une plage nerveuse à la sensibilité exacerbée. Superbe blues, "Six letters" est un titre dramatique qui traite du racisme et des horreurs commis un peu partout sur la planète. La densité des cordes est accentuée par le concours de JC "Dook" Doo-Kingué au dobro et de Jesse Padgett au banjo. L'amie guadeloupéenne et québécoise d'adoption, Malika Tirolien, apporte son concours aux vocaux. Tramée sur un profil acoustique, "Thankful" est une autre très belle composition. Un peu soul quand même ; mais qui autorise une sortie surprenante et de haute facture de Cécile sur les cordes électriques. Contaminé par un climat jazz presque manouche, "Pure entertainment" libère énormément de swing, une compo à la fois empreinte de subtilité et propice à la bonne humeur. "Animal Kingdom", "Faith" et surtout "Sunshine lady" sont de solides morceaux blues/rock. Le tempo est syncopé, néo-orléanais. Son amie Malika Tirolien y participe. Cette très intéressante fresque musicale s’achève par une cover musclée et sans concession du "Manic Depression" de Jimi Hendrix (NDR : un titre qui figure sur l’LP "Are you experienced").

 

lundi, 28 mars 2016 12:24

No more sorrow

Issu de Toronto, Jake Chishom est un jeune chanteur, guitariste et compositeur. Il drive aussi son groupe, The Blue Midnights. Cette formation a surtout sévi entre 1998 et 2005 et se produit encore circonstanciellement en ‘live’. Au sein de son nouveau backing group militent Sly Juhas à la batterie et Jamison Elliott à la basse. "No more sorrow" fait suite à "Diamond in a coalmine" et à un Ep publié en 2009, "Love and war".

Le blues/rock proposé tout au long de "No more sorrow" est assez classique. Jake est loin d’être un manchot à la gratte. Sa voix est autoritaire et persuasive. Et le rock'n'roll "I'm on fire" en est une belle illustration. Il y démontre également toute sa dextérité et son allégresse sur ses cordes, à travers un premier envol. Jake et son ami Paul Reddick (NDR : également torontois, c’était le leader, chanteur et harmoniciste des Sidemen, un combo qui a récolté un franc succès, au cours des nineties et au début du nouveau siècle) cosignent "Weigh you down". Ce dernier apporte son concours à l’harmo sur cette plage bien balisée par la section rythmique. Indolent, "Is there another man" met bien en exergue la voix, avant qu’elle ne cède le relais à la gratte qui parvient à se libérer, mais tout en self control. Blues/rock bien construit, "Merry go round" est imprimé sur un tempo flemmard. La voix est chargée de feeling dramatique. La guitare se dédouble. Ballade majestueuse, "Just because you want to" lorgne vers le Jimi Hendrix Experience. La ligne mélodique est soignée. Les accords de gratte sont accrocheurs et prennent leur envol, bien suivis par ceux dispensés par la basse de Jamison. Sans aucun doute, l'une des meilleures compositions de l'opus. Cordes de sèche et de mandoline nous entraînent au cœur d’un climat sudiste tout au long de "Swamp stomp", un blues bien plus roots. Funky, I'm still alone" est une piste originale, un morceau au cours duquel les cordes du leader sont à nouveau bien senties. "I want you the way you are" s’ébroue sous une forme de blues/rock classique, avant de changer de cap pour permettre à la guitare de Chisholm de s’aventurer au cœur d’un savoureux psychédélisme. L’intro de "You never will" baigne au sein d’une atmosphère dramatique, une plage au cours de laquelle la gratte se révèle offensive, déjantée et dominatrice. Bénéficiant d’une excellente mise en forme, les titres de cet elpee montent progressivement en puissance, avant d’atteindre leur summum, en fin de parcours. 

 

lundi, 28 mars 2016 12:22

Devil Music

Originaire de la Georgie, Randall Bramblett est âgé de 68 ans. Au sein de la scène musicale du Sud des Etats-Unis, c’est donc un vétéran. A l’origine, il était destiné à embrasser une fonction de séminariste. Mais finalement il a opté pour une carrière musicale. Chanteur, compositeur, musicien de studio et showman, il s’est forgé une notoriété en côtoyant –notamment– Greg Allman, Bonnie Raitt, Robbie Robertson, Elvin Bishop et Stevie Winwood. Il a également et longtemps milité chez Sea Leavel. Drivé par Chuck Leavell, ce groupe de southern jazz/rock a sévi à la fin des 70’s. Ce muti-instrumentiste est capable de jouer aussi bien des claviers, du saxophone, de la guitare, de l’harmonica que de la mandoline, mais également de s'attaquer à des tas de styles différents, tels que le blues, rock, folk ou gospel. Il compte déjà une bonne douzaine d'albums personnels à son actif. La majorité des plages de son dernier opus, "Devil Music", ont été enregistrées au studio Sound Stage de Nashville, sous la houlette de Gerry Hansen. Pour la circonstance, il a reçu le concours de son backing group, ainsi que de quelques invités. 

"Dead in the water" est une ouverture classieuse. Randy Hanse, le drummer, imprime le tempo de cette plage, caractérisée par la présence de trois guitaristes ; en l’occurrence, Davis Causey (ex-Sea Level), Nick Johnson (Bramblett Band) et, surprise, Mark Knopfler en personne. Randall se consacre au chant et siège derrière l'orgue Hammond. Une légère rythmique balise "Devil woman". Les percus sont hypnotiques mais très contemporaines. Le tempo est versatile. Randall est partagé entre orgue et saxophone. Terne, la voix colle bien au style. Surprenant ! Et la compo traite du dialogue difficile entre le jeune Howlin' Wolf et sa maman à propos du blues, la musique du diable. Un style qu’approfondit Bramblett sur le très riche "Bottom of the ocean". Soutenue par des chœurs, la voix est un peu plus exposée. Les grattes de Causey et Johnson tirent leur épingle du jeu face à une solide section de cuivres, constituée de Randall au sax ténor ainsi que Tom Ryan et Kevin Hyde aux barytons. "Angel child" baigne au cœur d’une atmosphère chaleureuse. La voix est overdubbée. Une des meilleurs plages de l’elpee qu’illumine la slide de Derek Trucks (NDR : aujourd’hui, il est considéré comme un des maîtres sur cet instrument, à cause de son talent, mais aussi de sa créativité). Randall et Davis Causey cosignent "Pride in place", une piste nerveuse au cours de laquelle la voix originale et étrange du Georgien est parfaitement exploitée. L’un des deux gratteurs (probablement Causey) se réserve un bel envol sur ses cordes, se servant du tremplin proposé par les percussions généreuses de Hansen. Insolite, "Reptile pilot" est un morceau qui aurait pu naître d’une jam intégrant des éléments de jazz, rock et blues. Un créneau exploré jadis par Sea Level. D’ailleurs, l’ex-leader de ce combo, Chuck Leavell, se réserve, pour la circonstance, le piano ; un piano qui rivalise avec le saxophone de Bramblett. Des arrangements complexes, étranges, troublants même, entretiennent "Whiskey headed woman", une plage qui met en exergue les différentes facettes du talent de Randall, tant aux claviers qu’au saxophone, mais également du bassiste, Michael Rhodes. "Strong love" change encore de profil. Une compo qui baigne dans une ambiance R&B. Elle monte progressivement en puissance, tirant parfaitement parti de l'orgue Hammond et du synthétiseur. Piano et orgue tapissent "Ride", un blues particulièrement lent, minimaliste et dépouillé. Et le reste de l’opus est toujours d’aussi bonne facture, à l’instar du plus soul "Thing for you" et du R&B entraînant, "Missing link". Randall Bramblett est de nouveau parvenu à concocter une œuvre totalement différente de ses précédentes. Et sans jamais se départir d’un souci permanent de qualité.

 

lundi, 28 mars 2016 12:20

Live and let live

Fondé en 2012, 3 Dayz Whizkey est issu du Sud de l’Allemagne. Un trio de blues/rock impliquant alors le guitariste Tilo George (T.G) Copperfield, le bassiste Big Tony et le drummer Little Chris. Dans la foulée, il publie l'album "The devil and the deep blue sea", chez Timezone. Le line up passe ensuite à un quintet, lorsque débarquent le guitariste Brad the Snake et le chanteur Myles Tyler. Le deuxième elpee, "Black water" paraît en 2013. La formation tourne inlassablement dans son pays où elle y rencontre un gros succès, décrochant même plusieurs prix. Elle repart en tournée et grave un troisième opus, intitulé "Steams", l’année suivante, un disque dont les compos agrègent rock'n'roll, southern rock, R&B et country. "Live and let live" constitue son premier long playing ‘live’. Et les plages sont à la fois brèves et percutantes.

Le concert s’ouvre en force par "Amen rock and roll" et "The long road". Sculptées dans le southern rock, ces deux plages sont abordées dans l’esprit de Dan Baird. La voix colle parfaitement à l’expression sonore. Puissantes, les grattes sont bien mises en avant. Sans prendre connaissance de la biographie du groupe, on aurait tendance à imaginer le band issu de Nashville. A cause de ces sonorités généreusement trempées dans l’americana. A l’instar de son cheval de bataille, "3 days whiskey", un morceau de rock’n’roll qui déborde d’énergie, mais libère des effluves manifestement country. "You make my day" opère un retour au southern rock. Puissant, pimentés, les riffs de gratte dispensés par T.G et Brad the Snake se succèdent. Des accords qu’on retrouve sur le plus blues "Back to the blues". On en décèle des ‘rollingstoniens’ tout au long de… "Mick Jagger", une plage hantée par des légendes comme Chuck Berry, Muddy Waters et BB King. Un climat qu’on retrouve sur "White line", mais davantage dans l’esprit de "Jumpin' jack Flash" voire de "Brown sugar". Caractérisé par sa rythmique particulièrement rock, "The Devil and the deep blue sea" nous replonge dans l’univers de Rod Stewart circa The Faces. Un des sommets du concert ! L'ambiance vire au roots tout au long de l’impeccable "From sunrise to sunset". Country dans sa progression, cette ballade permet aux cordes de conjuguer mélodie et esthétisme. Des riffs écrasants ne laissent émerger que la voix de Myles Taylor tout au long du southern blues/rock primaire "No escape from the night". "Another days goes by" clôt le concert. Une finale essentiellement acoustique. Ou plus précisément country.

Trois titres ont été enregistrés dans un studio en Allemagne, et remasterisés à Los Angeles. Ce sont les bonus tracks. La chanteuse allemande Sabine Scherer (ex-Deadlock) y épaule Myles aux vocaux. Plage délicieuse, "Hard to be good" est tapissée par les interventions d’un orgue Hammond et sculptée dans des cordes élégantes ; un peu dans le style de Tom Petty and The Heartbreakers. "Down with the blues" est un solide blues/rock. Et dépouillé, "Sand" est une ballade folk qui ne manque pas de charme.

 

lundi, 28 mars 2016 12:18

Monkey brain

Agé de 35 ans, Sean Pinchin est issu de Toronto. Ce chanteur, guitariste et compositeur n’en est pas à son premier album. Paru en 2013, son précédent s’intitule "Rust Bucket" ; et apparemment "Monkey brain" constitue son cinquième. Un disque pour lequel il a de nouveau reçu le concours de Rob Szabo à la production. En principe, le Canadien se produit en formule trio, Mark McIntyre se consacrant à la basse et Adam Warner à la batterie. Lors des sessions, Rob a également apporté sa collaboration aux claviers. Sean possède une rare maîtrise du bottleneck et c'est bien cette technique qui domine ce nouvel elpee.

Puissant, le titre maître ouvre l’opus. Ravageurs, les riffs de slide balaient tout sur leur passage. "Can't stand it" élève le tempo. La voix de Sean est nerveuse mais autoritaire. Accrocheuse, sa slide la traque. Déterminante, la section rythmique balise l’ensemble. Le travail de mise en forme opéré par Szabo est efficace. A l’instar de "Charity case", une superbe piste qui met bien en exergue la voix et les arrangements plutôt complexes, des arrangements qu’enrichissent les percussions décisives de Warner. La slide libère une énergie phénoménale face aux claviers de Szabo tout au long de "Hard luck", une plage imprimée sur un tempo entraînant, vivace, spasmodique. Ce qui n’empêche pas la voix du chanteur de se mettre à nouveau en évidence. Elle devient d’abord tendre, indolente et dramatique sur "Living in the past", avant d’être rejointe par celles d'Emma-Lee et de Szabo Moment, moment choisi par Adam Warner pour injecter ses percus. La slide peut alors s’autoriser une sortie classieuse, pendant que les harmonies vocales se convertissent à la pop. Blues/rock, "Goin' hobo" baigne au sein d’un climat swamp. Flemmardes, les sonorités sont chargées de reverb. Les vocaux sont dispensés sous forme de chœurs. Et la slide finit par s’emballer, poursuivie par la section rythmique. Dans le même style, "Monsters" met davantage l’accent sur le chant et les percussions inventives de Warner. La slide peut une nouvelle fois décoller, mais dans un registre cool, peu usuel dans le genre. "Get burned" clôt l’elpee. Le trio s’y révèle particulièrement homogène. Une piste dont la construction est à la fois complexe et audacieuse. Les arrangements vocaux sont surprenants. Les changements de tempo vous transportent. Dommage que le disque n’aille pas au-delà de la demi-heure...

 

lundi, 29 février 2016 18:31

Shakedown Soul

Originaire du Kentucky, mais établie aujourd’hui à Cincinnati, dans l'Ohio, Richey Kelly est chanteuse et guitariste. Elle a entamé sa carrière en 1986, au sein de Stealin' Horses. Dès 1990, elle fonde cependant son propre band. A son actif, près de quinze long playings. Son style ? Le blues/rock. Elle reconnaît d’ailleurs pour influences majeures, Jimi Hendrix, Stevie Ray Vaughan et Roy Buchanan. Bien qu’âgée d'une bonne cinquantaine d'années, elle ne manque pas de dynamisme. Adepte du ‘Life Coaching’, elle donne des cours de guitare. Enfin, elle écrit de poèmes et signe son propre répertoire.

Lors des sessions d’enregistrement de "Shakedown Soul", elle a reçu le concours de quelques invités, mais surtout de son backing group ; en l’occurrence le bassiste Rikk Manning, le claviériste Lee Carroll et le drummer Tobe ‘Tobotius’ Donohue. Ce dernier se charge également des effets sonores, des synthés, du programming, du sequencing et de la production.

Les percus de Tobotius donnent immédiatement le ton, dès "Fading". La voix de Kelly est puissante. Ses riffs sont rythmiques et particulièrement nerveux. Elle met rapidement le nez à la fenêtre, lors d’une sortie de cordes qui privilégie à nouveau les accords! Blues/rock, "You wanna rock" est un morceau puissant mais captivant. Lee Carroll siège derrière l'orgue. Bien soutenue par sa solide section rythmique, Miss Richey s’illustre sur ses cordes. Mid tempo, "Lies" s’inscrit dans un même contexte. Kelly ne dispense que les notes nécessaires, mais elles font instantanément mouche. Quel panache ! Et pourquoi changer une formule qui fonctionne à merveille ? Comme sur "The artist in me" ? Seule la voix adopte un ton désespéré, agonisant, proche de l’envoûtement… Et Donohue saupoudre subtilement le tout d’effets électroniques. Un climat de transe qui s’accentue sur "Love" et surtout "Afraid to die". Une approche fort intéressante. Elle devient même psychédélique et trouve son épilogue via un traitement synthétique bien intégré. "Only going up" accélère le tempo. La voix est chargée de désespoir. Les applications technologiques s’intègrent dans un ensemble qui s’achève dans un bouillonnement sonore. Adoptant un tempo nerveux, répétitif, proche du Velvet Underground originel, "Just like a river" s'éloigne du blues. Un traitement hypnotique du psychédélisme qui joue également son rôle. "I want to run" se révèle plus blues dans l’attitude que dans le genre. Et l’elpee de s’achever par une version paisible, acoustique, de "Fading", compo qui ouvrait la plaque. Manifestement, cet opus marque un changement dans le style de cette artiste américaine… 

 

mardi, 19 janvier 2016 17:11

Magnum Sonus

The Mighty Yaya est une formation batave qui pratique un mélange de garage, de stoner et de blues. Le line up réunit le chanteur/guitariste Louis van Empel, l’harmoniciste Aart van der Wulp, le bassiste Harmen de Bresser et le drummer Gabriël Peeters. La musique de ce quatuor est chargée de références qui oscillent de Tom Waits à John Lee Hooker, en passant par King Crimson, Arthur Lee (Love) et… l’afro beat. "Magnum Sonus" constitue son second elpee, il fait suite à un opus éponyme, paru en 2012.

"Prosodick" ouvre la plaque. Des bruitages étranges semblent nous entraîner dans une forme de space rock. Impression corroborée dès "Something real". Répétitifs, puissants, les motifs rythmiques rappellent le Hawkwind originel. "Come on" aurait pu figurer au répertoire de Howlin’ Wolf. Un blues lancinant, hypnotique, particulièrement électrique, au cours duquel l’harmo parvient néanmoins à se frayer son chemin. Et au cœur de cet univers sonore implacable, oppressant, la guitare de van Empel finit par se désarticuler –lentement mais sûrement– pour emprunter un itinéraire psychédélique. Peeters accélère frénétiquement le tempo de "Give it to me". Particulièrement acides, les cordes sortent des sentiers battus et nous entraînent dans l’univers du Jefferson Airplane. Le spectre de Jorma Kaukonen plane… Et le titre est tellement bien torché, qu’il en devient impressionnant. Même s’il s’intègre parfaitement dans l’ensemble, l’harmonica libère des tonalités étranges. Plus sombre, "Tell it like it is" trempe dans le Delta. Les différentes lignes de basse tracées par Bresser conduisent ce garage/blues musclé, dominé par la voix. Des percus primaires alimentent "Razzmatazz". Blues nerveux mais efficace, "Your dog no more" est chargé de passion. Louis torture ses cordes. Gabriël défonce ses fûts. Et Aart souffle comme un possédé dans son frêle instrument. Des vocaux volontairement graves envahissent "Ardor & Passion", un stoner rockin' blues puissant. "Got it bad" nous propose un nouveau trip transique, psychédélique, au sein duquel l'harmoniciste trouve bien évidemment sa place! Country & western mélodieux balayé par de délicieux accords de gratte réverbérés, "No place to go" nous entraîne sur les pistes poussiéreuses du Sud-ouest des States. Nouveau changement de décor pour le morceau final, "Matter of love". Enfin, la boucle semble bouclée, car ce rock en revient aux sonorités du début de l’opus. Les arrangements sont même somptueux. Une œuvre à la fois impressionnante et particulièrement originale.

 

lundi, 29 février 2016 18:26

Kryptonite is alright

Comme son patronyme ne l'indique pas, Keith Richards Overdose est un groupe marseillais. Fondé en 2009, il aime le rock'n'roll. Celui d'Eddie Cochran et des Beatles. Que les Fab Four pratiquaient au début des sixties, à Hambourg. Ils ne supportent pas trop les Rolling Stones, et tout particulièrement son guitariste Keith Richards ; ce qui explique justement le choix du patronyme opéré par la formation. Un trait d’humour grinçant ; car si le gratteur teigneux ne libère plus la même énergie qu’à l’origine, c’était quand même un fameux rocker ! D’ailleurs, K.R.O. réunit quatre teigneux qui adorent la défonce, les pompes pointues et les jeans moulants. C’est d’ailleurs ce qu’ils déclarent. A leur actif, un premier opus live, paru en 2011 et un Ep confidentiel, intitulé "Bambino boogie", gravé en 2013. Le line up du quatuor est plutôt classique. Guillaume se charge de la batterie. Ex-Holy Curse, Sonic Polo se consacre à la guitare. Hughes également ; mais aussi au chant. Et Nasser à la basse. Ces deux derniers sont d’anciens membres de Hatepinks. "Kryptonite is alright" est découpé en onze plages brèves, denses et directes. Du rock'n'roll certes, mais dont l’énergie libérée se révèle généralement punk, un peu dans l’esprit des garage bands américains. Ceux issus de Detroit, Stooges et MC5, notamment. Mais aussi les Sonics et autres Cramps.

"If I was you" nous replonge au début des sixties, à l'époque où le juke-box trônait dans tous les bistrots. La voix d'Hughes colle parfaitement à cette époque, même si ses intonations manifestent déjà une certaine férocité. Faut dire que les cordes n’ont de cesse de le haranguer. Rapide et nerveux, "Kryptonite is alright" adopte une attitude punk. Tout comme "Seven year hangover" et "Below the belt". Le chant est décapant. Arides, les accords de gratte se succèdent dans un esprit franchement rock'n'roll. "No record machine" évoque enfin ces Beatles qui ont écumé les clubs à Hambourg (NSR : le ‘Star’ surtout !), même si les cordes épousent des sonorités plus contemporaines. Débordant d’énergie, "Ton punk, rock de vieille" s’inscrit davantage dans l’esprit des garage bands issus des 60’s. Pourtant, mes coups de cœur vont aux morceaux qui dérapent carrément dans le délire. A l’instar de l’excellent, "Fifteen Sixteen". Et impossible de ne pas penser aux Stooges d’Iggy Pop et à MC5 qui ont sévi sur la scène de Detroit, en écoutant ce titre. Beatlenesque, "So you say you lost your baby" évoque plutôt le Merseybeat. "I don't get along with sissies" baigne au sein d’un climat de véritable folie. A cause des grattes, qui s'en donnent à cœur joie. Folie et énergie sont des maîtres mots pour ce band hexagonal. Et ils le démontrent une nouvelle fois lorsqu’il nous assène "Hold me Tony". De bonne facture, cet elpee s’achève par "Worse things I could do to you", une plage dont l’attitude rock’n’roll évoque à la fois les Sonics, les Cramps et même les Flamin Groovies...

 

lundi, 29 février 2016 18:25

Ina Forsman

Jeune chanteuse finlandaise, Ina Forsman n'a pas encore 20 printemps. Et pourtant, elle a déjà représenté son pays, lors de l'’European Blues Challenge’, en 2014. Elle tourne régulièrement en compagnie de son compatriote Helge Tallqvist, un harmoniciste notoire. En outre, elle a aussi tapé dans l’oreille de Guy Verlinde, le leader du combo belge, Mighty Gators. Ils se produisent d’ailleurs parfois en duo ou au sein d’un groupe constitué de Steven Troch et Fried Bourbon, ainsi que de l’ex-bassiste d’Electric Kings. A l’instar de nombreuses artistes féminines qui militent dans l’univers du blues, elle a signé chez Ruf. Et elle vient d’y publier son premier elpee. Un disque éponyme. Pour lequel Thomas Ruf lui a donné les moyens à la hauteur de son talent. Lors des sessions, qui se sont déroulées à Austin, elle a ainsi bénéficié du concours de la crème des musiciens locaux. Et notamment les gratteurs Derek O'Brien et Laura Chavez (Candye Kane), le claviériste Nick Connolly, le bassiste Russel Jackson et le drummer Tommy Taylor. Sans oublier la section de cuivres Texas Horns, qui se produisent sous la houlette de Kaz Kazanoffil (NDR : il assure aussi la mise en forme).

Cuivré, "Hanging loose" ouvre la plaque. Un r&b saignant au cours duquel le piano est bien à l’avant-plan, alors que Miss Chavez s’autorise déjà une sortie royale. Ballade soul, "Pretty messed up" met bien en exergue la voix de Miss Forsman. O'Brien se charge de la rythmique et John Mills se consacre à la flûte. Plage légèrement jazzyfiante, "Bubbly kisses" se distingue par un exercice de style vocal ludique, mais aussi une intervention judicieuse de la trompette. Proche du reggae, "Farewell" baigne dans une ambiance exotique. Percussions, orgue, trompettes (NDR : que se réservent Al Gomez et Aaron Kazanoff) ainsi qu’harmo (NDR : celui, bien sûr, de Helge Tallqvist) alimentent cette plage. Amorcé par Laura Chavez et tapissé par l’orgue de Connolly, "Don't hurt me now" est un excellent blues lent que chante souverainement Ina, d’une voix sensuelle. Autre blues, "Talk to me" est à nouveau souligné par l’harmonica de Tallqvist. "Now you want me back" est une ballade indolente classieuse, un southern blues au cours duquel Ina est soutenue par des chœurs. Kaz Kazanoff en profite enfin pour mettre le nez à la fenêtre sur son saxophone ténor. "Devil may dance tonight" est une compo soignée. Les ivoires de Nick impriment le rythme. Les cordes sont réverbérées. Et la voix passe superbement la rampe. Ballade soul/pop, "Before you go home" ne manque pas de charme. Dansant, "No room for love" trempe dans le r&b circa Stax. La voix y domine les cuivres, les cordes et le piano. Le long playing s’achève par la reprise du "I want a little sugar in my bowl" de Nina Simone. Ina injecte une énorme dose d’émotion dans cette cover dépouillée, limitée au piano de Nick Connolly et la sortie royale de Kazanoff. En 2016, Ina Forsman participera à la nouvelle aventure de la ‘Ruf Blues Caravan’, aux côtés de la Canadienne Layla Zoe et de l'Américaine Tasha Taylor!

 

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