Un dixième album studio pour Idlewild

Idlewild sortira son nouvel opus – un éponyme – ce 3 octobre 2025. Il s’agira de son dixième. En attendant, il a partagé le single intitulé "Stay Out Of Place". Le chanteur Roddy Woomble explique que la chanson traite de la multiplicité des voix et de la…

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Le parfum de vie de Goudi

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The Wolf Banes - De Casin...
Kreator - 25/03/2026
Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

samedi, 21 novembre 2015 19:57

Live and still kickin' (cd + dvd)

Originaire de Washington DC, Tom Principato est chanteur, guitariste et compositeur. Il est âgé de 63 balais. C’est en assistant à un concert de BB King qu’il chope le virus du blues. Il monte son premier groupe vers la fin des 70s, Powerhouse. Un combo qui grave le long playing "Night life", à cette époque. Il fonde ensuite The Assassins, en compagnie d’un autre gratteur, l’ex-Nighthawks Jimmy Thackery. La formation publie deux elpees : "No previous record" en 1986, et "Partners in crime" l'année suivante. Il embrasse ensuite une carrière solo. Au cours des trois dernières décennies, il a enregistré une bonne vingtaine d’albums. Pourtant, c’est en ‘live’ que sa musique prend toute sa dimension. Il a d’ailleurs immortalisé plusieurs opus, en public. A l’instar de "Live and still kickin'!", une œuvre cumulant un cd et un dvd et épinglant deux performances. La première remonte au mois de mars 2014, et s’était déroulée au Barn of Wolf Trap de Vienna (NDR : c’est dans la banlieue de Washington), en Virginie ; la seconde, deux semaines plus tard, au VIP, dans le cadre du festival Escales Saint-Nazaire, en France.

A Vienna, le line up est constitué de huit musicos, dont une section de trois cuivres et un ami invité, l’organiste Tommy Lepson. "Call the law" ouvre en force. La section rythmique est bien soudée. La voix de Principato, puissante et naturelle. Il libère ses cordes aux côtés du saxophone baryton aux dimensions imposantes de Chris Watling (NDR : c’est le leader des Grandsons). "Bo Bo's groove" est chargé de groove, une plage instrumentale tapissée par l’orgue, dynamisée par les congas et autres percussions de Josh Howell, et colorée de cuivres, parmi lesquels on épinglera la présence d’une trompettiste, Justine Miller. Le spectre de Santana plane. Coiffé d’un superbe Stetson, Tom se prend même pour Carlos. Il nous entraîne à la Nouvelle Orléans pour attaquer une reprise du "Hey now baby" de Professor Longhair. Percus et orgue servent alors de tremplin à un envol lumineux de la guitare. Largement cuivré, "Don't wanna do it" est imprimé sur un mid tempo. Lepson s’illustre encore à l’orgue. Tout comme sur le plus rythmé "Helping hand", un morceau inspiré d’un poème de Martin Luther King Jr. "In the middle of the night" véhicule des accents exotiques empruntés au reggae! Tom aborde un grand classique du Memphis blues, "Cross cut saw", une compo popularisée par le grand Albert King. Principato tente de faire revivre cette légende ! Josh Howell a abandonné ses congas et souffle classieusement dans son harmonica. "Sweet angel" est une ballade légèrement soul. Enfin, Tom achève sa prestation par "Return of the voodoo thing", une piste chargée d’intensité électrique qui rend manifestement un hommage à Jimi Hendrix.

Hormis le percussionniste Josh Howell, les musiciens qui se produisent au VIP sont différents. Et notamment la section rythmique. Le backing group est réduit. De nationalité française, Renaud Cugny se consacre aux claviers. La plaque est découpée en trois pistes, dont deux sont prélevées au dernier opus studio, "Robert Johnson told me so", un long playing gravé en 2013! La première plage est longue. Très atmosphérique, ce blues lent s’intitule "The rain came pouring down". L’orgue s’impose. Les cordes sont manifestement inspirées de David Gilmour. D’abord, parcimonieuses, elles prennent progressivement du galon. La voix baigne dans la sérénité. Le spectre du Floyd plane. Signé par l'ami David Kitchen, "If love is blind" monte en intensité rythmique. Une cover nerveuse entretenue par le piano roadhouse de Cugny. "Robert Johnson told me so" est un roots/rock cool. Une finale à l’ambiance néo-orléanaise, au cours de laquelle Josh Howell souffle dans son harmo alros que Tom se concentre sur sa slide.

 

samedi, 21 novembre 2015 19:56

Live Big bad and beautiful

Popa Chubby, alias Ted Horowitz, est âgé de 55 balais. Issu du Bronx, à New York, ce chanteur/guitariste à la mine patibulaire et couvert de tatouages colorés est considéré comme un artiste marginal. Quoique bluesman urbain, il faut reconnaître qu’il est particulièrement ouvert aux autres styles musicaux. Dont le rock, le funk et –de manière plus subtile– la pop. Il avoue pour maître, Jimi Hendrix. Ses débuts, il les a accomplis sur la scène punk de New York City. Sa carrière discographique s'étale sur une période de 25 ans. Son premier elpee, "It's Chubby time", remonte à 1991. S’il fait autorité dans la Big Apple, il faut reconnaître que c’est dans l’Hexagone qu’il a rencontré le plus de succès. Il a donc décidé d’y immortaliser ses prestations ‘live’, accordées en mars dernier, au sein de quatre endroits différents. Soit au Rockstore de Montpellier, au Bikini de Toulouse, aux Bourdaines de Seignosse et au Rocher de Palmer de Bordeaux. Il en résulte un double cd découpé en 27 pistes, qui s’étalent sur un plus de deux heures et demie. Pour la circonstance, il était épaulé par son backing group. En l’occurrence le chanteur/claviériste Dave Keyes, ainsi que les frères Beccaro, Francesco à la basse et Andrea à la batterie. Popa a une plume féconde ; aussi il signe la plupart des compositions.

Il chante d’une voix autoritaire "Working class blues". Imprimé sur un rythme bien soutenu, le titre constitue une ouverture idéale pour un concert de l'artiste. Qui idéalise toujours autant le funk. A l’instar de "Stoop down baby", plage au cours de laquelle la guitare sort de sa réserve. Keyes tire son épingle du jeu sur le boogie "One leg at a time". Tout au long de "69 dollars", Chubby démontre qu’il est à la fois un gratteur créatif, passionné et maître de son sujet. Deux reprises issue de la plume de Don Nix (NDR : il est issu de Memphis) : "Same old blues" et "Palace of the King". Il excelle à slide tout au long de la cover de Robert Johnson, "Love in vain". Il rend aussi hommage aux Rolling Stones, en adaptant successivement "Brown sugar" et "Wild horses". Composé par Johnny Guitar Watson, en 1961, "I was looking back" est curieusement attribué à Delaney Bramlett et Tony Joe White… Contrairement à la légende, Popa n’est pas un personnage imbuvable. Sur certains titres, ses interventions sont empreintes d’une grande sensibilité. A l’instar de "Life is a beatdown", qu’il déclame en rap ou encore le vigoureux "Daddy played the guitar and Mama was a disco queen". Puissante, chargée de feeling, sa voix est taillée pour chanter le blues. "Signed with heartache", "Rock on Blues Man" et "People's blues" en sont de belles illustrations. Sur la première plaque, en fin de parcours, il nous réserve un medley surf combinant le " Chubbfatha Medley" de Nina Rota et le "Miserlou" de Dick Dale. Un opus qui s’achève par une version de "Somewhere over the rainbow", une chanson qu’interprétait Judy Garland à la fin des années 30.

 

samedi, 21 novembre 2015 19:55

The Southern Surreal

Au départ, The Legendary Shack Shakers était un groupe de rockabilly. Il est né à Murray, dans le Kentucky, il y a une vingtaine d'années. Au fil du temps son style a évolué. En s’ouvrant au hillbilly, swamp, rock, punk, country et blues, il a été taxé de southern gothic. A la tête figure toujours le frontman, chanteur et harmoniciste, J.D Wilkes. "The Southern Surreal" constitue son huitième opus. Le line up implique aujourd’hui le drummer Brett Whitacre, le bassiste Mark Robertson et le guitariste Rod Hamdallah. Ces deux derniers participent étalement aux vocaux. Lors des sessions d’enregistrement, qui se sont déroulées au studio Woodland à Nashville, le quatuor a reçu le concours de l’ex-gratteur de The Jesus Lizard, Duane Denison. Difficile de déterminer, cependant, la nature de ses interventions…

Sur les quinze plages de l’elpee, trois n’atteignent pas la minute, à l’instar de l’introduction instrumentale,  "Cow tools". Déjà les sonorités de gratte sont enchanteresses. "Mud" lance les LSS sur une rythmique emballée, assez punk, mais dans un registre rockabilly roots. J.D Wilkes marque l’opus de son empreinte. Pas pour rien qu’il jouit d’une flatteuse réputation en ‘live’. "MissAmerica" est aussi musclé. L’instrumentation est épatante. La section rythmique est particulièrement solide. L'orgue de Mica Hulscher s’intègre parfaitement dans le rythme. Seule la six cordes vagabonde au gré des dérapages contrôlés. La voix de Wilkes est plutôt impressionnante dans sa modulation. Un instant, il adopte un timbre grave, le suivant puissant. Baignant au sein d’une atmosphère sombre, "Cold" en est un bel exemple. Caractérisé par ses tonalités métalliques, empruntées au surf, la guitare de Hamdallah suit cette voix à la trace. Un climat qu’on retrouve sur le plus latino "Dead bury the dead". Allègre, animée, la musique est propice au déhanchement. Lucy Cochran rejoint Wilkes pour chanter "The one that got away". La jeune femme se consacre également au violon tout au long de cette bande débridée. Caractérisé par les interventions dérangées des ivoires et celles de Ralph Carney au saxophone, le bref "Young heart, old soul" embrasse une dynamique punk. "Fool's tooth" est encore plus court. Un interlude de moins d'une minute qui permet à J.D de se défouler sur son harmonica. L'acteur Billy Bob Thornton déclame son texte sur "The Dog was dead", une piste dépouillée, éprouvée par une guitare désenchantée. Purement blues, "Down to the bone" marche sur les traces de Howlin' Wolf. A cause du timbre vocal de J.D, hanté par Jim Morrison des Doors, de la rythmique et puis de cette gratte très amplifiée qui n’hésite pas à déborder de son segment. Autre blues, "Christ alrighty" adopte le rythme du cheval au galop. Wilkes souffle comme un possédé dans son harmonica. Les cordes de Hamdallah macèrent dans le Delta. De bonne humeur, J.D siège derrière le piano pour aborder "Demon bun", une plage aux accents surannés. "The buzzard and the bell" baigne dans le country and western. Wilkes a empoigné un banjo. Les percus s’emballent et la guitare se révèle particulièrement bien affûtée. Surprise, le LSS nous réserve en finale, le "Born under a bad sign" de Booker T. Jones, un classique du Memphis blues, interprété en 1967 par Albert King. Personnalisée, la version entretient un climat lourd, claustrophobe. La basse est nonchalante. La voix semble émaner d'outre-tombe, se faufilant entre quelques gémissements d'harmonica et accords de gratte réverbérés. Un elpee, ma foi fort original. Pas étonnant que les Black Keys, Hank Williams III et Robert Plant sont devenus des fans de Legendary Shack Shakers…

 

samedi, 21 novembre 2015 19:54

Below the Belt

De son véritable nom John Wensley Myers, James Leg est âgé de 32 ans. Ce chanteur/pianiste de blues/rock est le fils d’un prédicateur évangéliste. Originaire de Port Arthur, au Texas, il s’est établi à Chattanooga, au Tennessee. Sa notoriété artistique remonte à 2004, lorsqu’il fonde le groupe Black Diamond Heavies, en compagnie du guitariste Mark Porkshop Holder et du percussionniste Van Campbell. Le trio a enregistré trois albums chez Alive, entre 2007 et 2009. Depuis, Leg a publié un opus solo en 2011, "Solitary pleasure", et l’année suivant, le LLC a gravé une collection de reprises baptisée "Painkillers".

Lors des sessions d’enregistrement, Leg a reçu le concours de quelques potes. "Below the belt" est découpé en 10 plages. James Leg tire largement parti des claviers. Sa voix est en permanence éraillée, torturée même. "Dirty South" ouvre la plaque. Andy Jody frappe nerveusement sur ses percussions. Déjantée, la guitare de Johnny Walker entretient un climat angoissant. Une voix lugubre envahit "Casa de Fuego", un titre rythmé qui baigne au sein d’une ambiance mexicaine. A cause de la trompette d'Andrew Higley et des multiples percus. James a recours à une belle panoplie de claviers : piano électrique et acoustique, mais c’est surtout l'orgue Hammond qui domine le sujet. La cover du "Up above my head" de Sister Rosetta Tharpe nous plonge dans le gospel. Des voix qui soutiennent celle, conquérante, de Leg. Johnny Walker souffle comme un possédé dans son harmonica à une vitesse vertigineuse. Walker est passé à la slide pour "Drink it away", une plage allègre qui reflète la bonne humeur ambiante. La voix est paisible, mais c’est le piano qui s’impose dans l’ensemble. "October 3rd" oscille entre blues et R&B. Andy Jody réalise un bon travail rythmique. Leg double orgue Hammond et Fender Rhodes. Leo Murcia souffle dans son trombone. Punk/blues/boogie furieux, "Glass jaw" est interprété en duo. Leg se consacre, bien évidemment, aux claviers, dont il extrait des sonorités particulièrement riches. Jody brille aux percus. Une fresque de l'épouvante ! Le tempo s’élève encore pour la cover du "Can't stop thinkin' about it" de Dirtbomb (NDR : un combo punk issu de Detroit). Un blues primaire, frénétique, sans concession, enlevé, que galvanisent les interventions de gratte déstructurées de Frederick Joe Evans IV. Un brûlot! La cover du "A forest" de Cure –un des meilleurs titres de la bande à Robert Smith– est originale et épatante. Dominée par la rythmique et appuyée par la basse de Paul Brumm, elle lorgne vers la période la plus ravagée des Stranglers et se révèle propice à la transe hypnotique. Enrichi par le violon alto de Sylvia Mitchell et la scie d'Andrew Higley, "Disappearing" emprunte une nouvelle direction. Surprenant et créatif, ce long playing s’achève par une plage soul intitulée "What more". Une composition agréable à l’écoute au cours de laquelle la voix graveleuse de Leg et celles, empreintes de douceur, de Beth Harris et Kristen Kreft, se complètent parfaitement ; alors que la sixcordes de Dwight Dyer épanche une belle dose de feeling…

 

samedi, 21 novembre 2015 19:52

Freedom : Atlanta Pop Festival

Jimi Hendrix s’est éteint, il y a 45 ans, déjà. Il n’avait que 27 ans et n’a connu que 5 années de succès. S’il a marqué son époque de sa flamme, il faut reconnaître qu’elle ne s’est jamais éteinte, malgré sa disparition. Faut dire que le moindre enregistrement posthume fait l’objet d’une gravure. Que ce soit en cd ou dvd. Au cours des dernières années, de nombreux concerts ou festivals auxquels il avait participé ont été exhumés. A l’instar de ceux de Woodstock ou de Miami. Ce « Freedom » immortalise celui de l’Atlanta Pop Festival. C'était au cœur de l'été 1970. Il s’agissait de la deuxième édition de cet événement organisé à Byron, au sud de Macon, dans l'état sudiste de Georgie. A la même affiche, figuraient quelques grosses pointures ; et en particulier The Allman Brothers Band, Cactus, Johnny Winter, BB King, Ten Years After ou encore Rare Earth. Le 4 juillet, plus de 200 000 personnes sont réunies pour accueillir la star Jimi Hendrix. C’était deux mois et demi avant sa mort...

Jimi monte sur le podium. Il est entouré de Billy Cox à la basse et de l'Anglais Mitch Mitchell à la batterie. "Freedom : Atlanta Pop Festival" propose une quinzaine de titres, connus et moins connus…

Jimi est en forme ; et on s’en rend compte dès l’ouverture "Fire", un morceau particulièrement dynamique. "Spanish Castle Magic" constitue son premier accès de folie. "Red House" et le fabuleux "Hear my train a comin'" (NDR : une piste hallucinante qui approche les 10') émargent au blues. Jimi était alors au faîte de sa créativité. "Message to love" et "Freedom" (NDR : cette plage qui figure sur "The Cry of love", elpee post mortem gravé en 1971, avait été enregistrée à cette époque) en sont de belles illustrations.

La seconde plaque est amorcée par le "All along the watchtower" de Dylan. Défilent alors les titres les plus notoires signés Hendrix : "Foxy lady", un "Purple Haze" totalement déjanté, l’incontournable Hey Joe", l'extraordinaire "Voodoo Chile" et enfin "Stone Free". A l'époque, aucun concert de Jimi ne pouvait se conclure sans le fameux "Star spangled banner", adaptation personnalisée de l'hymne national américain. Il se fond dans le final "Straight ahead", qui n'allait figurait que sur un autre elpee posthume, publié en 1997, "First rays of the new Rising Sun".

En bénéficiant sans doute de la technique de remasterisation, "Freedom : Atlanta Pop Festival" affiche une qualité de son, tout bonnement remarquable…

 

samedi, 21 novembre 2015 19:52

Born to play Guitar

BB King disparu, Buddy Guy est devenu l’aîné des bluesmen célèbres encore en vie. Il fêtera ses 80 balais, en juillet prochain. Il n'appartient ni à la première, ni même à la seconde génération ; ce qui ne l’a pas empêché de se forger une notoriété. Et de susciter l’intérêt de labels majors. Malgré son âge, son remarquable guitariste déborde toujours autant d’énergie. C’est en 1957 qu’il s’établit à Chicago. Il y devient un fervent disciple de Muddy Waters. Son style et sa technique vont lui permettre d’établir un pont naturel entre le blues et le rock'n'roll. Ce qui explique pourquoi il est devenu une référence pour des gratteurs légendaires qui ont marqué les sixties, comme Eric Clapton, Jimmy Page et Jimi Hendrix. Sans oublier, mais un plus tard, Stevie Ray Vaughan. Enfin, Buddy Guy a publié une multitude d’albums, auxquels ont souvent collaboré de grosses pointures issues du blues contemporain.

Et c'est une nouvelle fois le cas pour ce "Born to play guitar"! Les sessions se sont déroulées au studio Blackbird, à Nashville, sous la houlette de Tom Hambridge. Ce dernier possède une plume féconde. Lorsqu’il ne signe pas les compos de cet opus, il les cosigne en compagnie de Buddy. En outre, il se consacre aux drums. Rob McNelley se réserve la rythmique. Issu de Nashville, cet ex-Tinsley Ellis et Delbert McClinton Band est un musicien de studio particulièrement prisé à Nashville.

Blues intimiste, voire autobiographique, "Born to play guitar" ouvre la plaque. Soutenue par le piano du fameux Kevin McKendree, la voix de Buddy est chargée d’émotion. Changement de cap pour "Wear you out", une plage caractérisée par un son primaire et sauvage, au cours duquel Billy Gibbons (ZZ Top) et Guy se partagent le chant et les cordes. De la pure dynamite! Plus classique, "Back up Mama" se consume lentement. Guy est dans son élément. Les tonalités de ses cordes sont à la fois superbes, frémissantes, accrocheuses et chargées de feeling. Il attaque une version explosive du "Too late" de Willie Dixon (NDR : un titre écrit en 1953 pour Little Walter), un classique qui met en exergue un des maîtres de l’harmonica, Kim Wilson. Ce dernier est encore au poste pour "Kiss me quick", un shuffle irrésistible au cours duquel ce dernier et Buddy rivalisent de brio. Tout au long d’une trilogie éthylique, Buddy et le Texan Doyle Bramhall II nous réservent des duels de grattes. Tout d’abord "Whiskey, beer & Wine", une plage tapissée par l’orgue Hammond de Reese Wynans. (NDR : cet ex-Double Trouble est également né au Texas). Puis "Crying out of one eye", un superbe blues cuivré par le Muscle Shoals Horns. Et enfin, "Thick like Mississippi Mud". L’adaptation du "You got what it takes" de Clyde Otis et Brook Benton me botte beaucoup moins. Malgré la présence de la chanteuse soul Joss Stone, le recours aux cordes synthétiques n’est pas vraiment judicieux. Un écart de conduire rapidement rectifié. Et dès "Turn me wild", une plage caractérisée par des tonalités de guitare traficotées. "Crazy world" est une ballade soul élaborée. "Smarter than I was" nous plonge dans l'atmosphère du Delta. Menaçante la guitare de Buddy est soutenue par la Resonator de Bob Britt (Delbert McClinton Band) et l’orgue Hammond de Kevin McKendree. Van Morrison chante le blues dépouillé et particulièrement mélodieux "Flesh & Bone". Sa voix est expressive. A travers l’envol opéré sur sa Stratocaster de 1957, Buddy rend hommage à son ami disparu, BB King. Et il en rend un autre ému à Muddy Waters, lors de la finale, "Come back Muddy", un morceau enrichi par la basse de Michael Rhodes et le piano de Reese Wynans, mais surtout alimenté par les cordes acoustiques de Guy et Bramhall. Un superbe album!

 

samedi, 21 novembre 2015 19:51

Pacific Surf Linel

Les membres de ce quintet ont déjà tous participé à d’autres projets musicaux. Le line up implique trois chanteurs/guitaristes : Brent Rademaker (NDR : Floridien d’origine, cet ex-Beachwood Sparks se réserve le lead vocal), Neal Casal NDR : un ex-Chris Robinson Brotherhood) et Jason Soda. La section rythmique est constituée du bassiste Kip Boardman et du drummer Tom Sanford (NDR : également un ex-Beachwood Sparks). Brent, Jason et Scott Hackwith (NDR : un producteur qui a déjà bossé pour les Ramones et Spiritualized) se chargent de la coproduction. Lors des sessions, le combo a reçu le concours de quelques invités. 

Embarquement immédiat pour le "California Steamer", un train à vapeur qui assurait la liaison (NDR : elle était baptisée ‘Pacific Surf Line’) entre Los Angeles et San Diego. Ce country/rock mélodique se distingue par d’excellentes harmonies vocales, réminiscentes des Byrds dans leur période cowboy! Les cordes sont subtilement dispensées, et le tout est tapissé par l'orgue Hammond de Rademaker. Une douceur pop qu’on retrouve sur "Sunshine Skyway", un morceau susceptible de faire un malheur en ‘live’. Sculpté dans des cordes délicieusement country, il est parcouru par d’interventions de pedal steel. Caractérisé par sa conjugaison de cordes acoustiques et électriques, "Your freedom" est une ballade empreinte de tendresse. "Mick Jones" adopte le rythme du cheval au galop, une piste fréquentée circonstanciellement par un dobro et marquée par un envol de Casal sur sa gratte électrique. Tous les musiciens participent aux harmonies vocales. Particulièrement soignées, elles sont très susceptibles de rappeler les Eagles, le Buffalo Springfield et bien sûr Crosby, Stills, Nash & Young. Et c’est à CSN&Y qu’on pense à l’écoute de "Come down", une autre excellente ballade illuminée par l’envol déjanté de Neal Casal sur ses cordes, alors que Soda se concentre sur ses ivoires. L'intensité du soleil californien fige le rythme sur "Southern girl" ; ce qui n’empêche pas les grattes de sortir de leur réserve. Ainsi, la guitare ‘Leslie’ de Soda alimente des tonalités exceptionnelles, alors que le piano électrique (NDR : un Wurlitzer) de Kip se fond dans l’ensemble. Un climat très susceptible de rappeler le mouvement Paisley Underground qui a contaminé Los Angeles, début des 80’s. Les guitares de Casal et Soda se conjuguent sur "Out of my mind". Les vocaux sont à nouveau raffinées tout au long des compos alt country "Alone" et "Damsel in distress". Jason Soda s'active sur un ARP String Ensemble, un synthétiseur polyphonique responsable de sonorités majestueuses. Mais en même temps, il se consacre à l'orgue Hammond ou Lowrey, tout en s’autorisant un envol de guitare. La magie de l’overdubbing !

 

samedi, 21 novembre 2015 19:49

Demon Blues

Datura4 (NDR : Le datura est une plante aux propriétés psychotropes et hallucinogènes susceptible d’entraîner des effets comparables au delirium tremens ; et si elle est puissante, elle est surtout particulièrement toxique) est un quatuor australien réunissant les chanteurs/guitaristes Don Mariani et Greg Hitchcock (NDR : au cours des eighties, il a milité chez The Bamboos, avant de tenter de nombreuses expériences, parmi lesquelles on épinglera celles vécues au sein des New Christs, Neptunes, Dearhunters, Monarchs et You am I), le drummer Warren Hall ainsi que le bassiste Stu Loosby. Issu de Fremantle (NDR : une ville sise sur la côte occidentale de l'Australie, le long de l'Océan Indien, près de la grande cité de Perth), Dom Mariani est également producteur et compositeur. Agé de 57 ans, il a milité au sein d’une multitude de formations, dont la plus notoire répond au patronyme de The Stems. Pratiquant une forme de garage/rock, elle a d’abord sévi entre 1983 et 1987. Un premier cycle ponctué par la publication de l’album "At first sight Violets are blue". Le second s’est déroulé de 2003 à 2013. Mais dès 2008, Mariani fonde déjà Datura4. Le combo cherche à récréer l'atmosphère des groupes de hard rock des 70’s, en y ajoutant une large dose de psychédélisme. D’ailleurs, illustrée par Joshua Marc Levy, la pochette reflète parfaitement ce concept. Une femme nue sort de la fleur de datura… Il n’est ainsi pas très surprenant que Datura 4 ait signé chez le label indépendant Alive Natural Sound.

En ouverture, "Out with the tide" constitue déjà la première claque. Un rockin' blues chargé d’intensité, stimulé par la présence des deux guitares. Elles montent un véritable mur du son sur "You ain't no friend of mine". Un rock à la rythmique musclée, mais pas du tout métallique, au cours duquel les changements de rythme sont fort bien maîtrisés. La voix de Mariani colle impeccablement au style. Des vocaux tendres envahissent "Another planet", un  boogie rock atmosphérique. Rythmique, l’une des grattes dispense des sonorités réverbérées, alors que l’autre décolle. Mais si on y recèle une touche psychédélique, elle demeure légère, afin de permettre au climat boogie de se développer. Excellent! L'empreinte psyché s'intensifie sur "Journey home". Le tempo devient répétitif, hypnotique. Nonchalantes, les voix alimentent le caractère lysergique de l'ensemble. Et tout au long de ce voyage à l’acide, le quartet semble parfaitement à l’aise. Des riffs rythmiques implacables, écrasants, amorcent "Hoonsville". Et c’est au cœur de ce heavy blues âpre et autoritaire, que la slide trace sa voie, avant que la compo ne vire à la jam underground… Boogie/blues sans compromis, "Demon blues" est chargé d’électricité puisée au début des seventies. Transique, "Pissing up the wall" est à nouveau balisé par des riffs rythmiques accablants. Les musicos sont particulièrement soudés. Les vocaux deviennent caverneux. Les cordes montent crescendo. "Killjoy" adopte un profil semblable, peut-être davantage hanté par le Black Sabbath du premier elpee. Le chant est quand même moins lugubre ; et puis les grattes se relaient constamment. "Gravedigger man" réduit quelque peu la pression. "Love to burn" constitue la plus longue plage. Le spectre de The Cream plane. Mais celui de la période la plus allumée du trio anglais ("Disraeli Gears"). D’abord atmosphérique, cette composition vire au voyage psychédélique, sous l’impulsion des cordes de grattes acides. Les percussions de Warren Hall entament "Seven was Eleven", un titre instrumental qui s’achève cependant dans la douceur et le calme. Bienvenue dans le monde étrange de Datura 4 ! 

 

samedi, 21 novembre 2015 19:48

Come and get me

Solide formation, Boogie Beast réunit des musicos liégeois, limbourgeois et un chti (NDR : en l’occurrence Mathias Dalle, alias The Goon Mat). Elle aimé mêler delta blues et boogie, en y ajoutant un parfum emprunté aux collines du Nord du Mississippi, région qui a enfanté RL Burnside et le label Fat Possum. Un style dont les lieux de prédilection sont les Juke joints. Le line up implique le drummer/percussionniste Gert Servaes (Voodoo Boogie), l’harmoniciste Fabian Bernardo (alias Lord Bernardo) ainsi que deux chanteurs/guitaristes, Jan Jaspers (Voodoo Boogie) et Mathias Dalle (ex-Stinky Lou and The Goon Mat).

Le son des Boogie Beasts est primaire, brut de décoffrage. Et on s’en rend compte dès les notes d’ouverture concédées sur "Blast". La tonalité des cordes est surprenante. Lord Bernado s’autorise le premier envol. Un envol original et accrocheur qu’il concède à l’harmo. Une plage qui se fond progressivement dans "Calling my name". Réverbérées, les sonorités de cordes dispensées par Dalle macèrent bien dans le Delta. Primitives, les percussions introduisent le très rythmé "Shake 'em". Les deux vocalistes conjuguent leurs voix tout au long de ce funk irrésistible, obsessionnel, hanté en arrière plan par l’harmonica. Le tempo ne faiblit pas et devient même frénétique sur "Dig". Implacable, la section rythmique permet aux solistes de s'exprimer. "Coming home to you" baigne au sein d’une atmosphère mystérieuse. Cool, les voix communiquent un sentiment de douceur judicieux. Libres, les grattes nous invitent à vivre un voyage aux confins de la transe psychédélique. Inflexible, la rythmique reprend les rennes sur "Would you please shut up", une phrase répétée inlassablement par les vocalistes, alors qu’une guitare s’évade pour exécuter un solo créatif et complexe. Et si la basse bourdonne, l'harmonica ne tient plus en place! Les voix sont accrocheuses et changent de registre tout au long de "Do her thing". Le tempo est alerte. Une plage créative, au cours de laquelle la six cordes de Gert Servaes entre en effervescence. "Rainy day" monte progressivement en puissance, une gradation exploitée par l'harmonica. "On my own again" est également atteint de fièvre rythmique. Fabien en profite à nouveau pour décoller sur son harmonica. Ce juke joint blues ne souffre d’aucune faiblesse. Nerveux, percutant, "Soul keeps trying" aurait certainement mérité un traitement plus long. Car on atteint déjà la plage finale, "Like a fool". Une compo de 120 secondes qui macère dans une solution sonore étrangement mélancolique. Cependant, les guitares ont à peine le temps de s’installer, que la piste s’achève. Vous avez oublié votre cd dans le lecteur ? Bonne idée ! Au bout de 8 minutes de silence, on a ainsi droit à un bonus track. Soit une dernière tranche de psychédélisme à la fois planant et ravageur… Excellent !

 

samedi, 21 novembre 2015 20:07

Let loose!

The Bloodhounds est un quartet issu de East L.A. Le line up réunit le chanteur/guitariste Aaron ‘Little Rock’ Piedraita, le gratteur/harmoniciste Branden Santos, le bassiste/banjoïste/ harmoniciste Johnny Santana et le drummer/percussionniste Mark Schafler. La formation pratique une musique qui mêle R&B, punk, country, blues et rock latino. Un peu dans l’esprit de formations issues des sixties, comme Count Five, Chocolate Watch Band, Sir Douglas Quintet et ? and the Mysterians… Pas étonnant que ce soit le producteur indépendant Arthur Alexander (NDR : il collabore régulièrement avec le label Bomp !) qui était aux manettes lors des sessions d’enregistrement.

"Indian Highway" macère dans le garage, même si la mise en forme est raffinée et qu’un piano s’invite dans le jeu de quilles. "Wild little rider" adopte le profil plutôt punk des garage bands, qui ont sévit lors de la British Invasion, comme Them ou les Pretty Things. Les interventions à l’harmo sont endiablées. Excellent, "Saint Dee" s’illustre par de superbes échanges de cordes. "Olderbudwiser" (NDR : enrichi de superbes harmonies vocales) et "Dusty bibles & silver spoons" rappellent les jug bands. Les percus sont rudimentaires (cuillers, washboard, kazoo, etc). Les guitares acoustiques. Et Levi Alvarez se sert d’une washtub basse, sur le second titre. La version du "Crackin' up" de Bo Diddley est plus pop. Les vocaux lorgnent vers la beat musique anglaise, et tout particulièrement celle des Kinks. Imprimé sur un tempo rock légèrement contaminé par le boogie, "They call'm The LSC" est un titre brillant. Balisé par la section rythmique, il permet à la slide guitare primaire de prendre son envol. Remarquable ! Le hurlement d’un loup introduit "The Wolf", avant que la piste n’adopte une rythmique hypnotique digne de Howlin' Wolf. Son "Smokestack lightning" est d’ailleurs une référence. Une chouette version sans la moindre prétention, caractérisée par des tonalités de cordes surannées, alors que la voix de Piedraita s’autorise les poses d'un Jagger. Avant que la compo ne subisse un grand coup d'accélérateur. L’énergie est alors débordante. Branden Santos en profite pour faire chauffer à blanc sa slide. "Hey Lonnie" nous entraîne au cœur d’un passé encore plus lointain. Le piano d’Alex Galvan est judicieusement désaccordé. Un frottoir sert de percussion. On se croirait revenu à l’époque du cinéma muet. La cover du "Security" d'Otis Redding est savoureuse. Une de ces petites perles des sixties, baptisée ‘nugget’. Elle avait été reprise par l'Australien Thane Russal, en 1966, qui l’avait gravée en 45tours. La nouvelle version restitue fidèlement celle, plus garage, de ce dernier. L’harmonica prend même son envol sur cette piste qui n'a pas pris une ride. R&B dansant, "Try a little reefer" baigne au sein d’un climat proche des Rolling Stones originels. L’osmose entre guitare, orgue et harmonica est parfaite. "Bottle cap blues" clôt l’elpee. Une belle tranche de punk rockin' blues. Bien découpée, elle est cependant dominée par l'harmonica, alors que la rythmique est encore profilée sur celle des Stones, à leurs débuts.

 

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