L’aurore de Lathe of Heaven…

Issu de Brooklyn, Lathe of Heaven sortira son nouvel elpee « Aurora », le 29 août. Né d’un processus d'improvisation, cet opus est propulsif, captivant et structuré, abordant des thèmes lourds et incorporant des influences littéraires. En attendant, la…

logo_musiczine

La vérité selon RORI

Après avoir marqué les esprits en assurant la première partie de Lana Del Rey, au festival Rock en Seine, devant 40 000 spectateurs, RORI poursuit son ascension. Cet été, elle s'invite sur les scènes de plusieurs festivals dont Les Francos à Esch/Alzette, Les…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Stereolab
Stereolab
Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

dimanche, 13 décembre 2015 16:33

Birra for Lira

Chanteur/guitariste de blues rock, Rob Tognoni est issu d’Australie. Et plus précisément de Tasmanie, une île sise au sud de Melbourne. Agé de 55 balais, il avouait, au cours de sa jeunesse, une passion pour AC/DC. Cependant, il souhaitait produire une musique un peu plus élaborée. Lorsqu’il s’installe dans l’état la capitale de l’état de Victoria, il fonde The Outlaws. Mais sa carrière ne va vraiment démarrer qu’après avoir rencontré Dave Hole, un spécialiste de la slide. Il signe alors chez Provogue, chez qui il publie d’abord l’elpee "Stones and colours" en 1995, puis trois autres long playings, jusqu’en 2001. Depuis, ses disques paraissent chez Blues Boulevard et il se produit aux quatre coins du monde.

Les sessions d’enregistrement de "Birra for Lira" se sont déroulées à Aix-la-Chapelle, un disque partagé en douze compos issues de sa plume et une cover ‘live’ en bonus track. Pour la circonstance, il est soutenu par sa section rythmique composée du bassiste Stawek Semmenuik et du batteur Mirko Kirch. Rob chante, joue de la guitare et un peu de claviers ; en outre, il est responsable de l'enregistrement, du mixage et de la production.

Plutôt sauvage, "Lost our blues in the city of Rome" ouvre la plaque. La guitare est overdubbée. Les riffs sont puissants. Et la voix de Rob est agressive. Tognoni rappelle sa fascination première pour AC/DC lorsqu’il attaque "Complicated love" par des accords rythmiques très nerveux. Il arrache des sonorités torturées de ses cordes sur "Blues ain't never fun", une piste qui opère un changement de tempo. Il tient rarement en place, et cherche constamment des motifs rythmiques fiévreux ou des accords arides et fracturés, à l’instar de "Dance like this". Boogie instrumental, "2.00 am" se révèle plus paisible. Une quiétude qu’on retrouve sur "Hello me". "Drink my wine" lorgne du côté du trio texan ZZ Top ; même la voix semble hantée par Billy Gibbons. Des sonorités métalliques aux accents surf introduisent "Down by the sea", une plage davantage pop/rock qui ne manque ni de charme ni de sens mélodique. Le titre maître libère des riffs hypnotiques dignes d’AC/DC ; et dans ce domaine, Rob se débrouille plutôt bien. Et l’elpee s’achève par un autre instrumental, le bref "Triple Espresso". En bonus track, le long playing nous réserve encore une cover furieuse du "Roadhouse blues" des Doors, immortalisée ‘live’ au Danemark, il y a près de vingt ans déjà! 

 

dimanche, 13 décembre 2015 16:32

Daytime turn to Nighttime

Agé de 41 balais, ce chanteur/guitariste/compositeur est originaire de l'Ohio. Au début de sa carrière, sa musique baignait au sein d’un climat acoustique. A l’instar de son premier elpee paru en 1999, "I wanna tell you". Il fonde ensuite son Patrick Sweany Trio. Au sein du line up, pas de bassiste, mais un second gratteur. Dan Auerbach, futur Black Keys, y a milité. Il a d’ailleurs produit "C'mon c'mere" et "Every hour is a dollar gone", deux opus parus respectivement en 2006 et 2007. Dès 2009, Patrick émigre vers la Music City de Nashville où il bosse en compagnie du guitariste Joe McMahan, membre du backing group de Warren Zevon. A cette époque, il propose une musique americana teintée de country, de soul, de rock'n'roll et de blues. Au cours des dernières années, il a publié trois long playings chez Nine Mile.

Et pour concocter cet LP, c'est toujours à Nashville qu'il est entré en studio, auprès de McMahan, qui se consacre à la seconde guitare et à la production. Et la musique reflète bien l'atmosphère country/roots ambiante, qui s’installe dès "First of the week". Chaleureuse, la voix est subtilement enrobée par les chœurs féminins conjugués par Laura Mayo et Alexis Saski. Les vocaux collent parfaitement à cette musique de racines, particulièrement dépouillée, que les sonorités métalliques du dobro accentuent sur "Tiger pride". Ballade simple et accrocheuse, "Here to stay (Rock & roll)" s’illustre par les sonorités bien spécifiques de la pedal steel et les accords du piano dispensés par Tyson Rogers. Le climat est particulièrement cool. Peu de vibrations rock sur le 7ème elpee de Sweany ; et pour cause, l’expression sonore, définie comme americana, campe plutôt le fruit d’une combinaison entre folk, country et bluegrass. D’une extrême douceur, "Sweet hearts together" se caractérise par des cordes subtilement amplifiées, dont celles de la lap steel. Changement de cap pour "Back home". Patrick élève la voix pour attaquer en force ce hillbilly rageur, saturé de blues par un bottleneck autoritaire. Plus léger et mélodieux, "Afraid of me" est sculpté dans le country/rock. Superbe plage, "Too many hours" est entretenue par une instrumentation aussi parcimonieuse que judicieuse. Tout aussi excellent, "Nothing happened at all" est imprimé sur un tempo indolent, une compo dominée par la voix flemmarde de Sweany et soulignée par une guitare électrique chargée de sensibilité, mais parfaitement maîtrisée. Country/rock, "Mansfeld street" est encore un remarquable morceau, une piste qui s’épanouit, tout en entretenant une atmosphère mélancolique. De bonne facture, cet opus s’achève par "Long way down", un titre empreint de tendresse.

 

dimanche, 13 décembre 2015 16:30

Watch your step!

Californien, Andy Santana est chanteur/guitariste/harmoniciste et accessoirement compositeur. Pour enregistrer cet elpee, il a bénéficié du soutien du label local Delta Groove, qui a mis la gomme pour la circonstance.

Andy possède une multitude d’amis. Et tout particulièrement des gratteurs notoires, qui ont participé aux sessions, dont Anthony Paule, Rusty Zinn, Mighty Mike Schermer, Bob Welsh et Kid Andersen. C’est d’ailleurs au sein du studio Greaseland de ce dernier qu’elles se sont déroulées.

Dès le départ, la musique baigne au sein d’une atmosphère louisianaise chère à Fats Domino. Soutenu par le piano de Bob Welsh et tapissé en toile de fond par le sax ténor de Frankie Ramos, Andy dirige l’ensemble. "Playgirl" trempe également au sein d’un même climat. Une excellente chanson signée Dave Bartholomew, au cours de laquelle Andy sort enfin son harmonica. Son souffle est précis, puissant, bien décomposé, alors que la guitare prend un envol lumineux face aux cordes rythmiques de Kid Andersen. Une claque ! La cover du "Watch your step" de Bobby Parker (NDR : la version originale remonte à 1961) est solide. Nate Ginsberg siège derrière le piano électrique alors qu’Andy tire son épingle du jeu sur ses cordes. Issu de la plume du Texan Z.Z. Hill, "One way love affair" est un R&B dansant au cours duquel tout est parfaitement mis en place ; et notamment l'orgue Hammond de Ginsberg ainsi que la section de cuivres. Le "Love sickness" de Bonny Rice (NDR : c’est lui qui avait composé "Mustang Sally") est un autre R&B séduisant. Les interventions de Lorenzo Farrell à l'orgue Hammond sont savoureuses, et l’envol Welsh sur les cordes l’est tout autant ; une piste au cours de laquelle Lisa Leu Andersen se réserve la réplique vocale. Soutenue par les chœurs, la voix d’Andy est chaleureuse tout au long de "You may not know", un blues jump bien nerveux caractérisé par une sortie remarquable d'Anthony Paule. Du pur West Coast jump ! Coécrit par Andy et Rick Estrin (des Nightcats), "No double talk" est une petite perle de pop/soul parsemée d’accents garage. Kid Andersen domine le sujet, tant sur sa gratte qu’au Farfisa. Le tempo prend une pause sur le "Can't you see" de Chuck Willis (NDR : trop tôt disparu, à l’âge de 30 ans, ce Georgien est l’auteur du célèbre "C.C Rider"). A l’instar de T-Bone Walker, il est impérial sur les cordes, qu’il sature de sensibilité. Epaulé par d’excellents backing vocals et une gratte tout en rythmique, Santana chante parfaitement le "Take me back" d’Al Brown, un R&B funkysant qui remonte aux sixties. Longue plage instrumentale, "Greaseland" est probablement le fruit d’une jam studio. Balisée par la solide section rythmique constituée du bassiste Mike Phillips et du drummer June Core, tous les gratteurs se succèdent pour emprunter le rôle de soliste. Anthony Paul se montre à nouveau intenable sur sa six cordes sur "You smell like cookies", un solide shuffle –que stimulent les interventions pétillantes du piano de Welsh– qu’il chante, avant de prendre son envol à l’harmo. Le Kid se consacre à la guitare baritone sur "What's wrong", un titre bien rythmé dominé par les claviers, aussi bien les ivoires de Welsh que l’orgue de Farrell. D’excellente facture, cet elpee s’achève par une composition de Bartholomew, "Go on fool", un ultime voyage dans la Crescent City de Nola, caractérisé par une sortie des cuivres en fête, sur fond de percussions.

 

dimanche, 13 décembre 2015 16:26

Gristle to Gold

Texan, Randy McAllister est chanteur/compositeur. Mais également multi-instrumentiste. Il s’est forgé une certaine notoriété en proposant des compos fort originales. Raison pour laquelle il est parfois comparé à Delbert McClinton, John Hiatt ou encore Doug Sahm. Et si le blues est manifestement son fil conducteur, il n'hésite pas à le teinter de country, gospel, rock, tex-mex ou même de zydeco. Il est originaire de Novice, une petite bourgade sise au cœur du Texas. A ce jour, il a publié une bonne dizaine d'albums, dont le précédent, "Diggin' for sofa change", est paru en 1997, chez JSP.

Il s’est depuis établi à Dallas, où il a enregistré "Gristle to Gold" au studio Audio. Il chante et souffle dans son harmonica sur la moitié de l’elpee. Lors des sessions il a reçu la collaboration de musiciens locaux, dont ceux du Scrappiest Band in The Motherland, le guitariste Rob Dewan (NDR : il est même omniprésent), la violoniste Maya Van Nuys, le bassiste Matt Higgins et Carson Wagner, un jeune claviériste originaire de l'Oklahoma.

"The kid with the really old soul" ouvre la plaque. Une plage qui déménage au cours de laquelle la guitare se révèle déjà  bien alerte et l’harmo chargé de promesses. "The push" adopte le même tempo. La slide de Dewan est à la fois gémissante et particulièrement nerveuse. Bien soutenue par celle de Miss Andrea Wallace, la voix de McAllister colle parfaitement au style. Andrea amorce "Something that don't cost a dime", une plage qui vire rapidement au shuffle. Et l’envolée opérée sur les cordes par Rob est superbe. Avant d’être relayée par l’intervention de Randy à l’harmo. Sur un tempo aussi vivace, le ludique "Crappy food, no sleep, a van and a bunch of songs" est balisé par les ivoires de Wagner, alors que les vocaux de Benita Arterberry et de Randy se conjuguent. Si la voix de McAllister est bien mise en exergue tout au long de la ballade soul "I'm like a boomerang", il faut reconnaître que les chœurs féminins sont un peu trop envahissants. Heureusement, Mike Morgan (NDR : particulièrement populaire à Dallas) nous réserve discrètement un petit envol non dénué de charme, alors que Carson tapisse l’ensemble à l'orgue. Andrea se consacre au micro pour attaquer "You lit the dynamite", un boogie fiévreux au cours duquel Mike Morgan brille sur sa basse, tandis que Rob Dewan entame une chevauchée presque métallique. "Someone's been there" est un ballade intimiste, chargée d’intensité, sculptée dans les cordes acoustiques et les ivoires de Carson. "Bowling pin" est un bref mais enlevé blues/rock au cours duquel l’harmo talonne la voix plutôt fébrile, alors que la fusion entre les sonorités de gratte et celles de l’orgue sont plutôt réminiscentes des 70’s. Un saxophone et une trompette s’invitent tout au long de "Glass half full", une ballade R&B ponctuée par une sortie originale sur les cordes. Rob Dewan est manifestement un passionné. Et il le démontre une nouvelle fois sur "A whole lot of nothing". "Hey Hooker" opère un retour au boogie. Séduisante, cette compo rend manifestement hommage à John Lee Hooker. Mike Morgan a réempoigné sa guitare, tandis que piano et harmo entrent en effervescence. Orgue Hammond, piano, slide et harmonica participent à "Ninja Bout Cha", une finale festive et funkysante. 

 

dimanche, 13 décembre 2015 16:20

Go back home to the blues

Le Knickerbocker Café est un club construit au cours des années trente. Il est situé à Westerly, Rhode Island. Le célèbre big band Roomful of Blues y est né en 1967, suite à la rencontre entre le guitariste Duke Robillard et le pianiste Al Copley. Ce qui allait permettre au band de célébrer le jumping blues, en y injectant un max de swing à l’aide d'une large section de cuivres. Ce café est aujourd'hui devenu le Knickerbocker Music Center et sert à la fois de salle de concert et de centre d'éducation musicale. Et c'est au même endroit qu’est né le projet du Knickerbocker All Stars.

Son premier opus, "Open mic at the Knick", est paru en 2014. Pour ce "Go back home to the blues", c’est Al Basile qui signe les notes de la pochette. Cet ex-trompettiste de Roomful of Blues a aussi composé quatre plages. Faut dire qu’il a acquis une certaine notoriété comme chanteur/compositeur de R&B. Et il a publié de nombreux elpee solos. On retrouve au sein du collectif, plusieurs membres du big band, dont le fondateur Al Copley ainsi que Doug James, Rich Lataille et Carl Querfurth aux cuivres. Sans oublier le drummer Mark Teixeira et le bassiste Brad Hallen, soit l’actuelle section rythmique de Duke Robillard. Quelques invités ont également apporté leur concours et tout particulièrement le guitariste Monster Mike Welch, le saxophoniste ténor Gordon Beadle et le trompettiste Doc Chanonhouse. Mais aussi quelques redoutables chanteurs...

En ouverture, "36-22-36" ressemble à une présentation sur scène. Chargé de swing et adoptant un ton jazz, le piano de Copley tire son épingle du jeu. La voix de Sugar Ray Norcia est magique, alors que le sax ténor prend son envol au cœur d’un mur de cuivres. Les cordes de Welch introduisent la cover du "You know that you love me" de Freddie King, une compo imprimée sur une rythmique implacable. Willie J. Laws (NDR : c’est un Texan !) se réserve le micro. Le jeune Monster injecte un max de feeling et de grâce dans ses cordes. Brian Templeton (ex-Radio Kings) chante classieusement le "Cadillac Baby" de Roy Brown, un titre qui fait la fête au R&B et au jump. "Brand new fool" baigne au sein d’un climat torride. Un morceau issu de la plume d’Al Basile. Norcia mène la danse. Copley semble très inspiré sur ses ivoires. La section rythmique est impressionnante de solidité. Le "Something to remember you by" d'Eddie Jones, alias Guitar Slim, est chanté par Laws, un blues lent à la louisianaise au cours duquel Mike Welch prend un billet de sortie tout en sensibilité. Nouveau coup de jump pour le "Take it like a man" de Chuck Willis. Norcia drive de sa voix chaleureuse cette piste qui permet au sax baryton de Doug James de prendre son envol. Deux plages instrumentales. Tout d’abord "Hokin'". Un gala de saxophonistes, talentueux, il est vrai. Puis "Blockbuster boogie". C’est le piano qui balise l’ensemble ; avant que la trompette de Doc Chanonhouse n’apporte une forme de délivrance. Al Basile démontre qu’il a également une bonne voix tout au long de son "Don't you ever get tired of being right?", une plage gorgée de swing, au cours de laquelle il accorde une brillante intervention sur son cornet. Signé Reuben Brown, "He was a friend of mine" est un autre blues lent classieux. Welch s’y révèle très en verve dans un style réminiscent du grand BB King. Templeton chante une autre composition de Basile : "Go back home to the blues". De toute bonne facture, ce R&B permet à Welch de libérer toute sa passion. "Annie get your thing on" macère dans un climat néo-orléanais. Templeton est aux vocaux pour cette dernière compo d’Al Basile, entretenue par des cuivres particulièrement fiévreux. Ce superbe opus se referme par le classique de Larry Davis, marqué par l'ultime envol de Mike Welch, "I tried". Et on soulignera également le superbe travail opéré par Jack Gauthier, à la mise en forme.

 

dimanche, 13 décembre 2015 16:18

Kings Of Lies

King of Lies est un trio de blues/roots batave. Drivé par le chanteur/guitariste Francis Kuipers, il est soutenu par une section rythmique classique, constituée du drummer Franc auf dem Brinke et du bassiste Sam Tjioe. Kuipers partage son temps entre les Pays-Bas et l'Italie. Depuis très longtemps il écrit des scénarios de films. Il dirige l'Académie de Trévise, spécialisée dans les projets multimédia. Dans le passé, il s’est produit en compagnie du poète de la beat generation, Grégory Corso. Ses multiples voyages à travers le monde (NDR : il a sillonné l'Australie, la Polynésie, l'Inde, le Népal, les Philippines, l'Afrique orientale, l'Amérique du Sud et les Etats-Unis) lui ont également permis de se forger une bonne connaissance de la musique ethnique et expérimentale. Dans l’univers du blues, il apprécie tout particulièrement Big Bill Broonzy, Son House, Sleepy John Estes, Blind Blake ou encore Lightnin' Hopkins. Pas étonnant que les textes de cet artiste reflètent une empreinte universelle. Si le blues de King of Lies est essentiellement acoustique, il propage de très bonnes vibrations, grâce cette fameuse section rythmique. La voix de Kuipers est âpre et rugueuse. Elle ne reflète certainement ni la douceur ou la joie de vivre.

L’elpee s’ouvre par "Alien Invasion", une plage dont les lyrics relatent une sombre histoire au cours de laquelle un extraterrestre est abattu par un serveur, dans un bar, autrefois fréquenté par les Beats de San Francisco. Pas vraiment de quoi faire la fête ! Evocatrice, la voix est totalement ravagée. "Size and lies" retrace la fin de vie d'un géant assassiné par ses voisins et amis ; et le jeu de guitare entretient parfaitement ce scénario morbide. Ballade, "Memories of faith" se révèle plus paisible, sereine même. Un mille-pattes géant s’invite pour participer à une ‘party’ peu ordinaire sur le tragique "Shadow in the dark". Kuipers vide les lieux comme ‘une ombre dans la nuit’. "Oogamoogoo" baigne encore au sein de cet univers insolite. La voix est hantée par Captain Beefheart. A moins que ce ne soit Tom Waits. Une plage hypnotique, au cours de laquelle le bottleneck s'emballe. Une forme de transe qui perdure tout au long de "House in flames". Le titre maître véhicule un message nazi, prétextant qu’un mensonge répété mille fois, se mue en Vérité! Nonobstant son histoire ténébreuse, "Big Joe & the Man with three arms" se distingue par son expression sonore plus colorée. Etrange, cet opus s’achève par "Blinfold blues", la dernière bande sonore d'un film dramatique…

 

dimanche, 13 décembre 2015 16:12

Over yonder

Jack Hustinx n’est guère notoire dans l’univers du blues. Et pourtant, vu son potentiel, ce Batave pourrait bien s’y imposer. Et plus rapidement qu’on ne le pense. A cause de cet album. Citoyen d'Eindhoven, il partage son existence, depuis de nombreuses années, entre son pays natal et la ville d’Austin, au sein de laquelle la musique est reine. Au cours des trois dernières années, il y a énormément composé, et "Over yonder" constitue le résultat des diverses sessions qui se sont déroulées en 2014, entre la Hollande et la capitale du Texas.

Chez lui, Justin et Shiner Twins collaborent régulièrement. Une coopération qui s’est soldée par la confection de 3 long playings, entre 2006 et 2011. Au sein de ce band figure un formidable guitariste répondant au nom de Richard Van Bergen. En 2014, il avait d’ailleurs publié un superbe LP baptisé "Rootbag".

Aux States, Jack a rencontré des tas de musiciens, en compagnie desquels il a sympathisé. Et tout d’abord le chanteur Malford  Milligan (ex-Storyville). Ils avaient d’ailleurs déjà bossé ensemble sur "Sweet Cherry Soul", un LP paru en 2002. Il s’est également lié d’amitié à Derek O'Brien, le guitariste maison du club Antone's à Austin ; mais aussi à Harry Bodine (Delta Roux), un spécialiste de la slide. Au rayon de ses autre potes qui participent au projet, on épinglera l’accordéoniste/claviériste John Magnie et le batteur Steve Amedee, deux membres de Subdudes, un combo issu New Orleans, dont la musique oscille entre le zydeco, le R&B et le rock'n'roll…

Dominée par la voix impressionnante de Mulligan, "Life will humble you" s’ouvre dans la douceur, une superbe ballade alimentée par l'accordéon de Magnie et la guitare de Bodine. Mulligan et Hustinx chantent "Crawlin' up to the surface", une plage blues/roots ciselée par les cordes réverbérées de Richard Van Bergen. Swamp rock entraînant, "True true love" est magnifié par la sortie aussi bien efficace qu’impressionnante du Texan Derek O'Brien. Des effluves texans mais aussi louisianais contaminent l’atmosphère de "Good while it lasted". Les sonorités de gratte dispensées par Bodine sont bien métalliques, alors que Roal Spanjers aligne des arpèges sur son piano. L'accordéon de Spanjers entretient une excellente ambiance tex mex tout au long "Welcome to San Antone". Un climat qu’on retrouve sur "I won't surrender", une piste au cours de laquelle John Magnie se réserve le piano à bretelles, alors que Mullingan est au micro et Harry Bodine se consacre à la slide. Tendre ballade, "My soul – My inspiration" est tapissée par l'orgue Hammond de Spanjers. Le piano ‘honky tonk’ de Roel balise l’entraînant "That's where I draw the line". Le long playing nous propose encore deux jolies ballades roots : tout d’abord "Why do I keep loving you", puis "The rain came down", une composition colorée par le violon de David Perales. Enfin, blues indolent, "Walkin' waste of time" est entretenu par les ivoires et l'accordéon de John Magnie.

 

dimanche, 13 décembre 2015 16:02

Fifty shades of blue

Anthony Geraci est considéré comme un des meilleurs pianistes de blues contemporains. Et pourtant, il y a près de 40 ans qu'il roule sa bosse sur les routes. Au cours des 70’s, il avait participé aux aventures de deux excellents groupes issus de Boston : Sugar Ray & The Bluetones et Ronnie Earl and the Broadcasters. Puis, au sein de Little Anthony and The Loco-Motives, il avait publié deux elpees : "Can't take it" et "Don't wait on me", chez Deluge. Une époque au cours de laquelle il avait collaboré aux sessions d’enregistrement d’une pléiade d’artistes.

Signé chez Delta Groove (NDR : label établi à Los Angeles), il nous propose ce "Fifty shades of Blue", qu’il attribue au patronyme d’Anthony Geraci and The Boston Blues All-Stars. Et manifestement, pour concocter cet LP, il a bien reçu le concours du gratin des musicos issus de la grande cité du Massachusetts. Des sessions qui se sont déroulées au studio Keep the Edge, à Quincy. Son backing group implique le guitariste Monster Mike Welch, le bassiste Mudcat Ward ainsi que les batteurs Marty Richards et Neil Gouvin. Anthony se consacre au piano et à l’orgue. S’il ne chante pas, les vocaux sont assurés par de fameux vocalistes, comme Sugar Ray Norcia et Darrell Nullish, ainsi que deux chanteuses, Toni Lynn Washington et Michelle Wilson. Geraci signe les treize plages.

Superbe blues, "Everything I do is wrong" ouvre la plaque, une plage qu’interprète d’une voix naturellement puissante, Darrel Nuslish, alors que le jeune Mike Welch brille à la gratte en dispensant des notes parcimonieuses et d’une efficacité redoutable. Swing/blues, "Fifty shades of blues" élève le tempo. Michelle 'Evil Gal' Wison et Sugar Ray Norcia, dont la voix est vraiment taillée pour le style, chantent un duo. Geraci et Welch sortent de leur réserve. Le premier au piano. Le second à la guitare jump! Rien que du bonheur ! Norcia se consacre au micro pour cinq autres chansons. Tout d’abord deux Chicago Blues, au cours desquels il dégaine son harmo pour nous entraîner vers les sommets. Soit "Sad to be true", qu’il domine de sa voix puissante et expressive, pendant que Mike Welch triture sa slide. Puis "Heard that Tutwiler Whistle blow", au cours duquel le piano de Geraci semble hanté par Otis Spann. Des blues comme on les aime! Puis "Don't keep me waiting", une tendre ballade destinée à s’étreindre sur la pise de danse. Et encore la valse roots "Too late for coffee", une plage caractérisée par une très belle mélodie entretenue par des ivoires empreints d’une grande douceur. Sans oublier une dernière piste indolente remarquable, "You turn to cry". Michelle Wilson a récupéré le micro pour "If you want to get to Heaven", une ballade soul bien ficelée qu’elle interprète autoritairement. Darrell Nullish s’y consacre pour deux morceaux. Soit le shuffle chaleureux "The blues never sleeps", au cours duquel Anthony s’applique sur son piano tandis que Darrell s’autorise, à son tour, une sortie sur la musique à bouche. Et puis "Too Late for Coffee", encore une ballade soul/blues empreinte de douceur, que magnifie Anthony de ses ivoires. Originaire de la Caroline du Nord, Toni Lynn Washington est âgée de 80 balais. Et elle manifeste toujours autant de vigueur pour attaquer "Diamonds and pearls", un blues très rythmé, chargé de swing, qu’elle chante d’une voix impeccable, alors que Geraci et Welch se libèrent sur leurs instruments respectifs. L’opus propose deux plages instrumentales. Tout d’abord "In the quicksand, again", au cours de laquelle le doigté de Mike Welch se révèle aussi subtil que celui de Freddie King. Puis "Blues for David Maxwell", un hommage bouleversant adressé à l'un des meilleurs pianistes de blues blanc, qui a sévi au cours des 20 dernières années. Disparu en février 2015 des suites d'un cancer, ce disciple d’Otis Spann était également issu de Boston. 

 

dimanche, 13 décembre 2015 15:53

Bones

Groupe de blues/rock, The Delta Saints est constitué de jeunes musiciens. Etabli à Nashville, il s’est formé en 2007. Au cours des premières années de son aventure, le combo publie quelques Eps sous une forme indépendante. Lorsque le succès est au rendez-vous, il grave un premier elpee officiel, "Death Letter Jubilee". Nous sommes alors en 2013. Depuis, il est constamment en tournée. "Bones" constitue son second opus. Le line up du band est inchangé. Il réunit le chanteur/guitariste Ben Rigel, le bassiste David Supica, le drummer Ben Azzi, le guitariste Dylan Fitch et le claviériste Nate Kremer. Particulièrement créative, sa musique est en constante évolution. Si au départ elle trempait dans un blues/rock classique, aujourd’hui elle se révèle particulièrement originale. La formation signe les dix plages de "Bones". Les sessions se sont déroulées au studio Sputnik Sound, à Nashville. 

"Sometimes I worry" nous plonge au sein d’un univers étrange, peuplé de sonorités invraisemblables, d'où s'échappe la voix frêle de Ben, avant que la plage ne se charge d’une puissance instrumentale étonnante. Et une slide parvient à trouver sa place au cœur de cette trame musicale complexe. Chaque musicien apporte son écot à cet impressionnant assemblage. "Bones" se révèle aussi surprenant. La voix est douce. Les claviers tapissent un ensemble au cours duquel les percussions de Ben Azzi servent de moteur à cette expression sonore. Responsables d’une transe psychédélique, les guitares préludent déjà "Heavy hammer", une compo secouée par les grondements de basse provoqués par Supica. Si Delta Saints avoue pour références majeures Led Zeppelin, Black Keys et autres White Stripes, c’est par modestie ; car son delta blues est bien plus aventureux et probablement destiné au futur. "Zydeco" continue de baigner au sein de ce monde étrange. Le piano est passé à l’avant-plan ; mais offensive, la section rythmique reprend rapidement le flambeau, laissant les parties vocales se dédoubler à l'infini. Une claque ! "La Butte La Rose" retourne aux racines. Un bottleneck véhicule des accords arides. La voix est expressive et solennelle. Subtiles, les cordes de Dylan parviennent cependant à se frayer un chemin au cœur de cette structure alambiquée. Largement amplifiées, fuzzy, torturées et implacables, elles attaquent "Dust", au sein d’un climat puissant, claustrophobe et écrasant. Et au cœur de cette machinerie sans concession, Ben Ringle se met à hurler. "My love" s’ébroue depuis les racines, avant que le tempo ne s’élève. La voix est bouleversante, reflétant impeccablement une intensité latente. Toujours aussi complexe, "Into the morning" autorise des sorties de cordes baroques, torturées, déjantées, qui se fondent dans les percus quasi-tribales de Ben Azzi. Des percus qui reprennent le pouvoir sur "Soft spoken", après une amorce plus tendre.  Moment choisi par Ringel pour adopter les intonations tortueuses d'un Robert Plant de ce nouveau millénaire. "Berlin" clôt cette œuvre particulièrement riche, un funk nerveux mais qui ne sobre jamais dans la répétition. Prodigieux ! 

 

samedi, 21 novembre 2015 19:58

Mississippi Moderne

De son véritable nom Webb Wilder, John Webb McMurry est acteur, chanteur et guitariste. Originaire de Hattiesburg, dans le Mississippi, sa musique est inspirée par l’americana, le rock'n'roll, le surf, le boogie, le british blues boom des 60’s ainsi que le roots et le southern rock. Il avoue également aimer la musique des Kinks et du Move. Il vit depuis bien longtemps du côté de Nashville, dans le Tennessee. Son premier opus, "It came from Nashville", est sorti en 1986, sur le label Landslide. "Mississippi Moderne" constitue son dixième. 

Pour enregistrer cet elpee, il a reçu le concours de son backing group ; en l’occurrence le drummer Jimmy Lester, le bassiste Tom Comet et le guitariste Bob Williams. Après la brève intro d’une plage réitérée en fin de parcours, Wilder attaque le rockabilly "Rough and tumble guy". Il enchaîne par "If it ain't broke", un titre coécrit en compagnie de Patrick Sweany. Un rock aux accents pop, enrobé de chœurs féminins, qui autorise de savoureux échanges entre les sixcordes. Cet aspect pop, plus léger, est encore exploré tout au long d’"Only a fool", une piste au cours de laquelle Tom Comet et Bob Williams se consacrent au sitar électrique. Fan des Kinks, Webb adapte le "I gotta move" de Ray Davies, dans un style garage sixties bien d'époque. Sa voix est percutante. Bob Williams injecte du fuzz dans ses accords de basse. "Too much sugar for a nickel" baigne au sein d’un climat rythmique digne des Stones. Un climat contaminé par la country/pop. Les cordes de guitares sont chargées de reverb et celles de mandoline, dispensées par Williams, de feeling. Une introduction majestueuse illumine "Lonely blue", une chanson rock qui aurait pu faire le bonheur des juke-boxes, il y a un demi-siècle. Soutenue par les chœurs doo-wop, la voix de Wilder est grave. Sculpté dans le southern rock de Nashville, "Yard dog" ne manque pas de punch, un morceau sur lequel collabore le gratteur local, Joe V. McMahan. Caractérisé par sa ligne mélodique limpide, "I'm not just anybody's fool" est découpé dans de subtiles cordes acoustiques, une ballade tapissée par les accords chaleureux de l'orgue Hammond, derrière lequel siège Micah Hulscher. Et surprise, Webb embraie par le "It takes time" d'Otis Rush, un blues rythmé et amplifié. Le chant est autoritaire. Libérées et généreuses, les grattes de Wilder et Williams opèrent des échanges. Blues primaire, le "Lucy Mae blues" de Frankie Lee Sims se nourrit aux sonorités grasses et largement amplifiées des cordes. Plutôt lent, "Who will the next fool be?" est un blues classique signé Charlie Rich, une piste au cours de laquelle Hulscher double piano et orgue. La cover du "I'm gonna get my baby" de Jimmy Reed est à la fois surprenante et excellente. La slide de Williams et les accords particulièrement rythmiques de Webb et George Bradfute parviennent à prendre leur envol. Epatant ! De toute bonne facture, cet LP s’achève par le "Stones in my pathway" de Robert Johnson, une compo qui s’inscrit dans l’esprit du blues d’avant-guerre, tout en rendant hommage à son auteur. Wilder la chante d’abord a capella, en y injectant une belle dose d’émotion, avant que le rythme, imprimé par des percussions sommaires, ne pointe le bout de son nez...

 

Page 40 sur 216