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Lokerse Feesten 2017 : jeudi 10 août

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Le septième jour des Lokerse Feesten va nous entraîner au cœur de la musique urbaine, en compagnie de Lil Wayne et Coley ainsi que néo-soul grâce à Jamie Lidell. Et il appartiendra au Dj Mark Ronson, considéré dans cet univers, comme le roi de la pop, de la soul et du funk, de clôturer la soirée. Une soirée copieusement arrosée. Pas toujours agréable d’assister à un festival, quand les robinets sont constamment ouverts. Et pourtant, il y a du peuple sur la Grote Kaai.

Ronnie Flew & Deuxperience Band ouvre le bal sous une pluie battante. En nombre aux premiers rangs, les adolescentes accordent une belle ovation au frontman du band batave, dès qu’il grimpe sur l’estrade. Il s’exprime uniquement en néerlandais. En Belgique, ce rappeur et producteur néerlandais est surtout connu pour avoir consigné le tube « Drank & Drugs ». Aux Pays-Bas, il est devenu une véritable référence sur la scène r&b ; et ce depuis déjà plusieurs années. Il compte ainsi plus de 150 millions de vues sur YouTube. Sur les planches, le groupe est soutenu par deux choristes. Teinté de dubstep, de raggamuffin et pimenté de sonorités caribéennes (NDR : les nombreuses percus –djembé, steel drum, tambour bèlè– y contribuent largement), son hip-hop est plutôt mélodique. Le set est plutôt plaisant, mais il déborde du timing prévu. Donc les organisateurs demandent aux musicos de l’abréger. Ils font la sourde oreille. Conclusion, ils seront évacués par les membres de la sécurité. Pas de quoi les rendre heureux, manifestement...

Coely a grandi à Anvers. Ce prénom, elle le doit à la contraction de celui de son père ‘Colin’ et de sa mère (‘Elysées’). Son bagage culturel, elle le doit à sa mère, directrice d’une chorale d’église au Congo. Elle pratique un mélange détonnant de hip hop old school, de soul, de gospel et de dance-hall. Et rappe comme une Américaine. Elle est capable de communiquer des vibes à la manière de Laurijn Hill, donner des coups d’accélérateur dans le style de Busta Rymes et même d’assurer une séance de human beatbox. Et elle peut compter sur son pote, Dvtch Norris, dont la voix soul est puissante, pour mettre le feu aux planches.

« Différent Waters » ouvre le show. « My Tomorrow » est empreint de néo-soul et de r&b. Coely arpente les planches de long en large en haranguant la foule. Titre de hip hop ‘old school’, « Wake Up Call » lorgne vers le r&b. Les chorégraphies sont impeccables. Dvtch opère des allers-retours entre l’estrade et le backstage. Il est bien sur les planches pour « The Rise » et « Don’t Care », deux morceaux sculptés dans un rap incendiaire. Les ‘boom, boom, ratata’ fusent de partout. Autre grand moment, la cover du « Could You Be Love » de Bob Marley, interprétée à la manière de Ky-Mani Marley. Elle n’en oublie pas pour autant sa rituelle séance de human beatbox. Et le spectacle de s’achever par « Celebrate ». Manifestement, Coeley est à l’aube d’une grande carrière internationale…

Artiste caméléon, mais particulièrement soucieux de son look, Jamie Lidell réussit mieux que personne le mélange des genres. Chargée de groove, sa superbe voix est à la fois hantée par James Brown, Otis Redding et Marvin Gaye. Il s’en sert aussi parfois comme un crooner. Sa musique est le fruit d’un cocktail préparé à base de neo-soul, gospel, funk et d’électro (NDR : faut dire qu’il adore triturer les machines). Ce soir, il est flanqué de sont backing group, The Royal Pharaohs. Et cette véritable bête de scène va nous proposer de larges extraits de son septième opus, « Building A Beginning ».

Son énergie communicative n’a aucun mal à convaincre un large public qui le lui rend bien. Faut dire qu’au cours de son set, il va privilégier ses hits, dont « Another Day », « Little Bit Of Feel Good », « Building A Beginning », « Julian », « I Live To Make You Smile » et « Walk Right Back ».

Les précipitations continuelles qui se sont abattues depuis quelques heures sur la Grote Kaai, depuis quelques heures, finiront par avoir raison de votre serviteur. ‘Te veel is te veel’ et il tire sa révérence pour revenir en forme le lendemain… 

Mark Ronson + Lil Wayne + Jamie Lidell & The Royal Pharaohs + Coely + Ronnie Flew & Deuxperience Band

(Organisation : Lokerse Feesten)

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Brussels Summer Festival 2017 : mercredi 9 août

C’est le 4ème jour du BSF, et le festival monte tout doucement en puissance. Ce soir : ouverture de la scène du Mont des Arts et vu la météo clémente, les auspices sont bons. Au programme, Rive, Typh Barrow et Noa dans la Salle de la Madeleine tandis que Clara Luciani et Faon Faon squatteront le Magic Mirrors. Mais c'est le Mont des Arts qui a retenu notre attention, pas tellement pour Jain, la tête d'affiche, mais bien Fishbach et surtout Lescop.

Il est 19h15 précises et l'esplanade n'est remplie qu'à moitié quand Mathieu Peudupin, alias Lescop, monte sur le podium. Le Français a toujours été un de nos favoris et, si vous sondez les pages de Musiczine, vous retrouverez deux chroniques de concert et une interview qui lui sont consacrées. ‘Bonsoir, Bruxelles ! Ca fait longtemps !’, déclare Lescop. En effet, 4 ans se sont écoulés depuis sa dernière visite ; une absence qu'il a mise à profit pour publier « Echo ». C'est d'ailleurs par la plage titulaire de ce second opus que la formation entame le show ; d'abord tout en douceur, au sein d’une atmosphère solennelle rappelant... « Atmosphere » de Joy Division. Mais bien vite, une rythmique robotique ou plutôt ‘motorique’ suivant le terme employé pour désigner le 'krautrock', vient secouer la compo, rehaussée par des notes de guitare en ‘sustain’ façon « Heroes » de Bowie. Une magistrale entrée en matière.

Classieux et discret, en pantalon et veste jeans, Lescop s’est planté au milieu du podium. Il est flanqué du guitariste Cédric Leroux (NDR : physiquement, cet ex-Phoebe Killdeer campe un hybride entre Prince, Fred Chichin et Phil Lynott !), qui affiche une grande maîtrise sur son instrument, tout en exécutant des mouvements saccadés et épileptiques, du bassiste (NDR : il s’est installé à gauche de l’estrade) Antoine de Saint-Antoine, l'acolyte des débuts chez Asyl ; sans oublier la préposée aux synthés Maud Nadal, ainsi qu’un batteur.

La formation poursuit son voyage au cœur d'une new wave moderniste via « David Palmer », « Ljubljana » et « Quelqu'un à qui penser ». Les rythmiques sont hypnotiques et les arrangements, dépouillés. On pense bien sûr à Taxi Girl, Etienne Daho ou encore Indochine ; mais aussi à The Cure, The Sound et Suicide. La musique, très filmique, est influencée par le cinéma, surtout les réalisateurs Jean-Pierre Melville, Fassbinder et Schlöndorff. « La Nuit Américaine » en est une preuve évidente, même si Lescop nous a précisé qu'il n'avait pas encore vu le film de Truffaut, quand il l'a écrite. Sur ce titre, il apparaît concentré et les yeux fermés, il ressemble à Ian Curtis. Ses mouvements respirent l'élégance discrète. Il les anime de quelques déhanchements légèrement androgynes.

‘Je veux vous voir danser un peu plus que ça !’ réclame Lescop. Le public est maintenant plus nombreux, remplissant presque entièrement la cuvette du Mont des Arts, mais il est en effet assez apathique. « C’est la nuit » va les remuer, grâce à ses boucles électro, ses arpèges répétitifs et sa rythmique un peu martiale. Pendant « Dérangé », Maud Nadal passe à la guitare, permettant à Cédric Le Roux de s'aventurer dans un solo frénétique. L'intro carrément punk de « Un Rêve » fait monter la pression encore un peu plus. Et enfin, c'est le moment tant attendu: « La Forêt » ! Le public acclame chaleureusement les premières notes de basse et le rythme minimal de batterie. Lescop se campe en front de scène et son interprétation est impeccable. Nous dansons en remuant la tête, comme ensorcelés par cette mélodie envoûtante.

Lescop termine sa prestation par « Le Vent », un morceau consacré aux ‘souvenirs brûlants’. ‘C'est le dernier titre du show et aussi le dernier de notre tournée’, confie le chanteur. Le moment est touchant et clôture le show comme il avait commencé, dans une atmosphère solennelle. Un très bon concert mais on est impatient de le revoir à nouveau seul, dans une salle, pour un concert plus conséquent...

Le temps de déguster une petite Kriek et place à Fishbach ! Flora Fishbach (de son vrai nom) est originaire de Normandie mais a surtout vécu à Charleville-Mézières. Elle est une des grandes révélations françaises de ces derniers mois. Au Mont des Arts, elle va accorder un show déroutant, irrégulier mais fascinant.

Sa musique est étrange, et mêle des influences qui oscillent de Rita Mitsuko à Niagara, en passant par Patti Smith, Daniel Balavoine et Mylène Farmer. Un cocktail étonnant, voire détonnant ! La setlist se focalise sur le premier LP, « A ta merci », tout en accordant une mention particulière à « Y Crois-tu », « Un Autre que Moi » et « le Château ». Obsédée par la mort et le suicide, l'artiste chante « On Me Dit Tu » et « Mortel » sur des rythmes jouissifs, dans une espèce de farandole mortifère. Fishbach danse sur les tombes...

La clope au bec, elle affiche cette moue désabusée presque provocante mais on la sent fragile, écorchée vive. Distante, presque décalée par la situation, elle semble vivre comme dans un rêve, habitée par son univers. Entre les chansons, elle passe plusieurs dizaines de secondes, en silence, à regarder le public, créant un malaise presque palpable. Derrière elle, on remarque Michèle Blaise, époustouflante à la basse et aux voix, Nicolas Locart aux synthés et Alexandre Bourrit à la guitare.

Attention : musicalement, c'est très fort. Les harmonies sont recherchées, les rythmiques fouillées et les mélodies, superbes. Les arrangements sont très riches : ça va dans tous les sens. Tantôt new wave disco cheesy des années '80, tantôt valse bastringue et baroque, tantôt électro rétro-futuriste. Et il y a cette voix, mutante, oscillant entre notes aiguës et graves, une mezzo dramatique, voix d'enfant, de déesse, de sorcière... Quand Fishbach quitte la scène, on n'a qu'une envie : se replonger au plus vite dans son univers unique et captivant. Ce concert ? Une belle Fishclaque*...

Si le public est, pour la plus grande partie, resté assez indifférent face à Lescop et à Fishbach, c'est parce qu'il est venu pour Jain. La Toulousaine est devenue la coqueluche des médias et des radios mainstream. Véritable Stromae au féminin, elle mélange électro et sonorités africaines, tout en proposant un côté ouvertement ‘urban dance’ : une recette qui fait merveille auprès du grand public mais laisse votre serviteur de glace. Pourtant, il faut le reconnaître, en ‘live’, c'est du lourd : le show est époustouflant, les visuels très recherchés. Jain a une forte présence et a l'art de faire participer le public. Nous vous renvoyons donc vers les chroniques des journaux nationaux pour un compte-rendu complet du spectacle. Pour notre part, nous nous rendons backstage à la Madeleine, pour retrouver Lescop et l'interviewer. A suivre dans les colonnes de Musiczine et sur les ondes de Radio Vibration, dans l'émission WAVES !

* copyright Franck Limonier (Divagation)

(Organisation : BSF)

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Lokerse Feesten 2017 : mardi 8 août

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C’est le cinquième jour des Lokerse Feesten. Et en ce mardi 8 août, l’affiche privilégie les belles voix. Il y aura Tamino, un talent découvert par Studio Brussel, dont l’organe est aussi bien capable de monter dans les aigus que de descendre dans les graves. Le Britannique Tom Odell également. Une belle gueule d’ange aux intonations puissantes ; et qui joue du piano à la manière d’un Michael Bublé, voire d’Elton John. Mais encore Het Zesde Metaal, dont l’expression sonore est le fruit d’un mélange entre slowcore, alt country et pop sucrée ; mais qui véhicule des textes dans la langue de Vondel. Et en finale, Ben Harper, en solo, armé de sa gratte, le plus souvent semi-acoustique…

Le ciel a ouvert les robinets. La pluie nous attend sur la Grote Kaai. Tamino-Amir Moharam Fouad est le premier artiste programmé. Après avoir remporté l’édition 2017 du concours ‘De Nieuwe Lichting’ chez Studio Brussel, il remplit déjà, et à deux reprises, l’AB Club. L’auteur-compositeur-interprète anversois est le fils d’une mère belge et d’un père égyptien. Une famille d’artistes, car son grand-père, Moharam Fouad, était un chanteur populaire en Égypte. Lors du concours ‘De Nieuwe Lichting’, il s’était distingué en transformant le « I Bet You Look Good on the Dancefloor » d’Arctic Monkeys, en ballade incantatoire.

Il grimpe donc sur l’estrade, armé de sa gratte électrique, habillé de noir, de la tête aux pieds, et attaque immédiatement « Intervals », une composition à la fois douce, belle et envoûtante. Sa voix est empreinte d’une grande mélancolie. Avant d’aborder « Sun may shine », il est rejoint par le claviériste/guitariste Tom Pintens et le drummer Ruben Vanhoutte, ses compagnons de route. Tout au long de ses hits, « Reverse » et « Cigar », sa voix prend aux tripes ; et on ne peut s’empêcher de penser à Jeff Buckley ainsi qu’à Elliott Smith. L’envol est même impressionnant. Elle emprunte un grain rocailleux, très proche de feu Leonard Cohen, tout au long d’« Indigo Night », une compo chargée de tendresse. Il nous réserve deux nouveaux titres, « Will Of This Heart » et « Tummy », que l’auditoire écoute religieusement. Et achève son set par « Habibi ». Tamino se produira bientôt dans la grande salle de l’AB et au Salon de Silly.

Il pleut de plus en plus. Mais Het Zesde Metaal doit embrayer. Il s’agit du projet de Wannes Capelle, un artiste très apprécié au Nord du pays. Originaire de Wevelgem, il est également acteur de théâtre. Engagées, les compositions sont chantées en néerlandais. Dans ces conditions cette formation n’a guère de chance de percer en Wallifornie. Wannes est plutôt volubile entre les différents morceaux. Mais bon, vu l’idiome, votre serviteur ne comprend pas tout ce qu’il raconte. Mais quand même lorsqu’il félicite la foule de rester sous la pluie.

Place ensuite à Tom Odell, un dandy anglais qui affiche une forte personnalité. A son actif, un Ep et deux elpees. Non seulement, il séduit le public féminin (NDR : il affiche un grand sourire, en permanence), mais se révèle vraiment brillant au piano. La combinaison entre vocal et instrument est surprenante. Tom passe, sans filet, de la tendresse à la rupture. Et l’amplitude de sa voix est confondante. Sur les planches, il est épaulé par un gratteur, un bassiste et un drummer. Et lorsque ces quatre voix se conjuguent en harmonie, on est littéralement sur le cul. Dans sa set list, il n’oublie pas ses hits, « Hold Me », « Another Love» et « Magnetised ». Un regret, quand même, le manque d’interactivité. Il faudra d’ailleurs attendre la fin de parcours avant qu’il ne commence à dialoguer avec l’auditoire…

Artiste attachant, Ben Harper assure la finale. Le set est annoncé ‘unplugged’, donc sans son backing group, The Innocent Criminals. Le Californien est venu présenter de larges extraits de son dernier opus, « Call It What It Is ». C’est la seule date de sa tournée en format acoustique. Un piano trône sur les planches ainsi qu’un siège, un pied de micro et un ampli. La plaine commence à se dégarnir, mais il y a quand même encore du peuple. Il débarque sur le podium, coiffé de son éternel chapeau mou de couleur blanche. Entre chaque morceau il change de gratte, en général une Weissenborn, que ce soit une sèche à 12 cordes, une électrique, une semi-acoustique, un dobro ou la lap steel, un instrument qu’il pose sur ses genoux, en position assise. Il s’en sert régulièrement en slide ou à l’aide d’un bottleneck. Des techniques inspirées par les bluesmen du Delta du Mississippi, et réhabilitées par un certain Ry Cooder…

Lors de ce set, Ben va –et c’est une surprise– interpréter trois de ses compos au piano. Et  emporté par son enthousiasme, il va même accorder quatre morceaux, en rappel, causant un gros retard au set Dj qui allait lui succéder. Même qu’en fin de parcours, il ne restait plus qu’une centaine d’âmes sur la plaine…  

Ben Harper + Tom Odell + Het Zesde Metaal + Tamino

(Organisation : Lokerse Feesten)

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Brussels Summer Festival 2017 : dimanche 6 août

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Et c’est reparti pour une nouvelle édition du Brussels Summer Festival ! Cette 16ème mouture commence sur un mode mineur. Seules deux scènes sont concernées ce dimanche, en l’occurrence La Madeleine et le Magic Mirrors. Donc les spectacles se dérouleront en salle. Il paraît que rien n’arrête un festivalier. Ni les travaux sur la route vers la capitale. Ni les difficultés à y garer son véhicule. Mais c’est aussi le cas pour retirer son pass ; car après avoir été redirigés vers quatre endroits différents, le cinquième était le bon.

Quand on débarque au sein du Magic Mirrors, Magyd Cherfi achève son set. Ses compos oscillent entre un raï proche de Rachid Taha, et un jazz manouche à la Sanseverino. Et il n’est pas avare de commentaires entre les titres. La mise en scène est même quasi-burlesque pour introduire « Inch’allah peut-être ».

Les mesures de sécurité freinent considérablement nos déplacements. Mais bon, vu le contexte actuel, elles s’imposent. On arrive enfin dans la Madeleine. Car le jeu en vaut la chandelle. Nouvelle Vague s’y produit. Fondé en 2004, il est drivé par Marc Collin et Olivier Libaux. Ce dernier se consacre à la guitare, assis, côté droit du podium. A ce jour, une bonne dizaine de chanteuses ont transité au sein du line up. Plus charmantes les unes que les autres. A l’instar d’Helena Noguerra ou de Mareva Galenter. Ce soir le duo féminin réunit Mélanie Pain, fidèle depuis de nombreuses années, et Elodie Frégé (NDR : elle avait avoué, lors d’une interview accordée pour à Europe 1, qu’elle a failli rater l’invitation à rejoindre le groupe à cause d’un e-mail non lu). Suivant un même rituel, le band revisite de nombreux succès new wave à leur sauce bossa-nova. Les spectateurs en voient de toutes les couleurs. Depuis le « Blue Monday » de New Order au « All cats are grey » de Cure, en passant par le « I just can’t get enough » de Depeche Mode. La voix presque enfantine de Mélanie –qu’on pourrait croire née d’un hybride entre Elizabeth Fraser et Alison Shaw– se pose à merveille sur certaines compos. Elodie se réserve plutôt des chansons originales, dont « La pluie et le beau temps ». Lors de la finale, le « Love will tear us apart » de Joy Division est repris en chœur par le public. Un public choyé par les musicos, qui précisent que cette date au BSF est l’ultime de leur tournée (NDR : ils rentrent au bercail, après avoir accompli un long périple aux States). Ce qui les incite à nous réserver un second rappel en prenant même le temps de quitter les planches. Une date de clôture de tournée pour une ouverture de festival, la formule était toute trouvée…

(Organisation : BSF)

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Lokerse Feesten 2017 : dimanche 6 août

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Le troisième jour des Lokerse Feesten est consacré au ‘Metal Day’. Pour votre serviteur, c’est le meilleur de ce festival. Il est d’ailleurs décrété sold out depuis quelques temps. L’affiche est alléchante, puisqu’elle propose notamment l’improbable Marilyn Manson, le toujours fringant Alice Cooper, le talentueux Apocalyptica, le très pro Megadeth et les frères Cavalera, censés foutre le bordel sur la Groote Kaai…

Direction la seconde barrière ou l’emplacement de votre serviteur est marqué au fer rouge, depuis 12 ans. A 16 heures pétantes, le présentateur vous accueille d’un ‘Goed Morgen Lokeren’. Après une brève présentation, Fleddy Melculy, l’un des meilleurs metal bands du royaume, monte sur l’estrade. S’exprimant dans la langue de Vondel, il est considéré comme l’héritier illégitime de Lars Ulrich et Lita Ford. Actif depuis 2015, il est mené de main de maître par Jeroen Camerlynck, le frontman de De Fanfaar. Une grande toile colorée reproduisant le patronyme du combo est tendue, en arrière-scène. Le quintet déboule sur les planches. Il implique deux sixcordistes masqués.

Les riffs sont graisseux. La section rythmique est solide. Jeroen est coiffé d’une casquette singulière et chaussé de ‘bril’ noires énormes. « Fuck You Fleedy » constitue le premier brûlot. Et c’est le morceau qui ouvre les hostilités. Les musicos ont la bougeotte. L’auditoire aussi. Et le deuxième titre, « Feestje In Uw Huisje », flanque carrément le souk dans la fosse. Les pecus sont sauvages. Les grattes, incendiaires. Le chant de Jeroen est hurlé mais plutôt mélodique. Avant d’attaquer « Apu Van De Night Shop », on entend une sonnerie de porte de magasin et puis surtout on assiste à un lancement de saucisses ‘BiFi’. Particulièrement métallique, le délire est cependant bien contrôlé. En fait, le message s’adresse à l’univers des magasins de nuit. Nouveau largage, mais de tranches de pain. Une mise en bouche qui prélude « Brood ». La foule est hilare ! Et ce sentiment est communicatif. Un morceau qui semble hanté à la fois par Pantera et Sepultura. Et cette forme de folie douce se poursuit tout au long de « Geen Vlees Wel Vis », une ode pour les végétaliens et les vegans. D’une durée de 30 minutes, le spectacle s’achève par « T-Shirt Van Metallica ». Ce hit parodie les ‘kékés’ qui arborent des tee-shirts de Metallica, mais ‘pensent’ d’abord à U2 lorsqu’on leur parle de « One ». Bref, on a vécu un spectacle hurlant et incendiaire, vu sous un angle humoristique…

The Amity Affliction est une formation australienne. Elle est venue défendre son sixième opus, « This Could Be Heartbreak », paru en 2016. Le band pratique un metalcore racé et ultra mélodique. Les quatre musicos (un bassiste, un guitariste, un chanteur et un batteur) jouissent d’une belle technique. En outre, il se servent de tous les ingrédients nécessaires pour faire décoller leur musique : de jolies mélodies, des râles gutturaux agressifs, des riffs cinglants et un batteur capable d'utiliser une double pédale de grosse caisse. Cependant, il manque manifestement une cinquième roue au char. Qui pourrait se consacrer aux backing vocaux, aux claviers et à la guitare rythmique. Parce que cette instrumentation se traduit par des bandes préenregistrées. De la set list, on épinglera « Open Letter », « All Fucked Up » et « Don’t Lean On Me ». A conseiller aux aficionados de Betraying The Martyrs.

Apocalyptica embraie. Bien que sculptée dans le heavy metal, sa musique est produite par quatre violoncellistes et un drummer. D’ailleurs, pour ce show, l’affiche précise ‘Apocalyptica play Metallica with four Cellos’. Ce sera le cas. Faut dire qu’en général, la set list du band finlandais réunit titres originaux et reprises. « Ender Sandman » sert d’amuse-gueule. Pas de drums pour cette entrée en matière, mais les 4 violoncellistes, assis sur un baffle retourné, tous perchés sur une estrade qui entoure la double batterie… imposante. Cocasse, une cruche à lait retournée et une buse métallique trônent au sommet. Dès les premières notes de « Master Of Puppets », le public s’enflamme et reprend en chœur le refrain. Et pourtant, aucun des musicos ne chante ! Le préposé aux fûts débarque avant « Fight Fire With Fire ». De quoi mettre le feu. Eicca et Perttu se lèvent afin d’interpréter ce morceau imprimé sur un mid tempo. Il faut attendre « For Whom The Bell Talls » pour comprendre la raison de la présence d’une cruche à lait et d’une buse : elles servent de percussions. Eicca invite la foule à applaudir. Eicca et Perttu font tournoyer dans tous les sens, leur chevelure abondante. L’ambiance monte encore d’un cran. Tout au long de « Nothing Else Matters », Perttu glisse son archet le long des cordes pendant qu’Eicca les pince. C’est un moment propice au recueillement au sein de la fosse, avant le tonnerre d’applaudissements réservé au duo magique. Et le combo va nous réserver, en finale, un « Seek & Destroy » littéralement fabuleux. Alors on imagine, vu le light show impressionnant, l’impact qu’il aurait pu avoir, si le set s’était déroulé la nuit. 40 minutes de bonheur, mais on aurait aimé vivre des prolongations...

On attend ensuite les frangins Max et Igor Cavalera. Fers de lance de Sepultura, la fratrie a décidé d’interpréter l’intégralité de l’album mythique « Roots », dans le cadre d’une tournée baptisée ‘Back to roots’. Cet elpee du mythique groupe brésilien était paru en 1996. Au cours des années 90, Sepultura était aussi populaire que Metallica.

Igor siège derrière ses drums. Et ils sont conséquents. Max, préposé au chant et à la guitare, s’installe devant lui. La paire est soutenue par Johny Chow (NDR : il a notamment milité chez Stone Sour) à la basse et Marc Rizzo à la seconde gratte.

Max est un guerrier. Son pied de micro est orné d’une cartouchière de mitrailleuse. Un drapeau brésilien est tendu en toile de fond. Max débute entame des incantations tribales avant d’attaquer « Roots Bloody Roots ». Max invite le public à jumper. La chronologie de l’album est respectée. Max est volubile. Il incite constamment la fosse à exécuter des ‘circle pits’. La gratte d’Igor est redoutable, voire sauvage. Pendant « Attitude », Max se sert d’un berimbau (NDR : instrument brésilien à une corde frappée). Et il invite son frère à marquer le tempo, avant d’aborder l’énergique « Ratamatta ». Le public jumpe toujours et lève les bras en cadence, durant 8 bonnes minutes. Pendant le ‘fucking’ « Straighthate », Igor martyrise ses peaux. Et la formule est faible ! Max et Marc en profitent pour entrer en duel à l’aide de leurs guitares aux sonorités graisseuses. L’équipe n’en oublie pas de rendre un hommage à Lemmy à travers « Aces Of Spades » ; et franchement, la version est meilleure que l’originale. Le concert s’achève alors par un « Roots Bloody Roots » d’anthologie…

Groupe de thrash metal américain, Megadeth est une machine bien huilée. Faut dire que ce combo californien a été fondé en 1983 par le guitariste Dave Mustaine et le bassiste David Ellefson (NDR : peu après le renvoi de Mustaine de son band précédent, Metallica). Et puis il compte pas moins de 15 albums studio à son actif, dont le dernier, « Dystopia », a été gravé en 2016. Cocorico : un drummer belge a rejoint le line up, l’an dernier. Il s’appelle Dirk Verbeuren, et ma foi, il est plutôt doué.

Des images de ‘Marvel Comics’ américains défilent sur l’écran, en arrière-plan. Mais également des vidéos –enflammées– qui décrivent la fin du monde. Mustaine semble avoir perdu sa voix. Pas d’interactivité –et même de contact– entre les artistes et l’auditoire. Mais malgré l’excellent travail opéré par la section rythmique ainsi que la qualité des riffs, le set devient rapidement ennuyeux. Seuls les inconditionnels, et ils se sont quand même déplacés en nombre, semblent apprécier…  

Le spectacle d’Alice Cooper est très attendu. Il vient de publier un nouvel opus, baptisé « Paranormal ». Le maître d’école provocateur est le père spirituel et fondateur du ‘shock rock’. Un rock théâtral qui mêle sexe et violence, mais dont le principal objectif, n’est que de provoquer. D’ailleurs, à 69 berges, le papy Cooper n’a pas besoin de déambulateur. Et il est de retour !

Avant de monter le matos, les roadies installent une toile devant le podium. Elle représente les yeux de Cooper masqués, chacun, d’une toile d’araignée. Un peu avant 22h15, heure fatidique prévue pour le début du show, un light show multicolore inonde la tenture avant qu’elle ne tombe, juste avant l’intro préenregistrée de « Spend The Night ». De la fumée et quelques pétards plus tard (NDR : ou plus exactement dans la foulée), les 5 musicos débarquent. La section rythmique, réunissant le bassiste Chuck Garric et le drummer Glen Sobel. Les gratteurs. En l’occurrence la belle Nita Strauss, Ryan Roxie et Tommy Herriksen. Ils se plantent sur une estrade, l’un à côté de l’autre, en ligne. Puis débarque enfin Alice, revêtu d’une large cape de couleur noire, qu’il jette immédiatement au sol. Armé de son bâton de magicien, il arpente les planches, d’un regard haineux, démoniaque. Parfois il s’en sert comme un vieillard ou même un aveugle. La mise en scène est parfaite. Le set s’ouvre par un vieux standard, datant de 1990, « Brutal Planet ». Pendant « No More Mr. Nice Guy », les trois gratteurs pointent leur manche en avant. Et « Under My Wheels », ils entourent le maître qui appelle Nita, dont la pose est plus qu’équivoque. Le moment sex and rock’n’roll ! La belle a plein d’atouts… dans son manche. Elle continue son show tout au long de « Women Of Mass Distraction ». Manifestement, on remarque une grande complicité entre Alice et la girl. Chaque guitariste a droit à son solo. Celui de Nita est digne de Steve Vai. Les festivaliers enclenchent leurs iPhones. Le maître se retire régulièrement en backstage pour changer de déguisement. Pour notamment enfiler une redingote noire et se coiffer d’un chapeau haut de forme. Pendant « Feed Me Frankenstein », il sort d’une boîte enfumée placée à gauche du drummer, vêtu d’un long tablier banc ensanglanté et armé d’un stéthoscope. Il enfile un masque à gaz. Une machine est installée sur les planches. Elle électrocute l’artiste qui disparaît dans un nuage de fumée, alors remplacée par une grande poupée de 4 mètres de haut. Les musicos feignent d’être tétanisés et vident les lieux. Alice opère son retour et joue… à la poupée pendant « Cold Etyl ». Cooper n’en n’oublie pas son nouveau répertoire, à l’instar de « Paranoiac Personality ». Et le team enchaîne alors sa trilogie « Ballad Of Dwight Fry/Killer/I love The Dead » qui relate la scène au cours de laquelle Alice est placé sous camisole de force… l’infirmière lui administre une piqûre… avant qu’il ne soit mis à l’échafaud…

C’est au moment d’aborder « I’m Eighteen », qu’Alice, s’appuyant sur une grande béquille, est suivi par Marilyn Manson (NDR : son fils naturel ?) qui se produit dans la foulée. Manson s’agenouille devant Cooper et lui baise la main. Une belle marque de respect. Mélangé à une adaptation de « The Wall » du Floyd, « School’s Out » sert de finale et nous réserve son lancer de ballons, ses bulles, ses pétards, ses fumigènes, ses confettis tutti quanti…

Pas de Marilyn Manson pour votre serviteur. Ses shows manquent souvent de constance. Suivant les infos recueillies, celui accordé ce soir n’a guère différé de ce qu’il a montré dans le passé…  

Marilyn Manson + Alice Cooper + Megadeth + Max et Iggor Cavalera + Apocalyptica + The Amity Affliction + Fleddy Melculy

(Organisation : Lokerse Feesten)

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Ronquières 2017 : dimanche 6 août

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Ronquières Festival, second round. L’accès au site est rendu nettement plus difficile que la veille. Les bouchons sont légion et il faut compter parfois plusieurs minutes avant d’avancer de quelques mètres…

Normal ! L’affiche proposée est plus riche que celle du samedi. Mais comment les organisateurs se débrouillent-ils pour proposer de tels artistes à un prix défiant toute concurrence ?

Le soleil inonde la plaine de ses généreux rayons. Les stigmates de la veille sont encore bien présents. Certains endroits sont recouverts de boue et de grandes flaques d’eau jalonnent le parcours. Peu importe, soyons audacieux !

Il est 15 heures précises lorsque votre serviteur franchit le portail Tribord. La fouille corporelle s’est réduite un peu plus encore. Pas de quoi rassurer le festivalier lambda, vu le climat anxiogène entretenu par les attentats !

Au loin, on entend le ‘soundcheck’ de Mustii. Forçons donc le pas ! Le jeune artiste belge a déjà presté l’année dernière, ici même. C’est un habitué des lieux ! De l’aveu même des critiques, il avait littéralement enflammé la foule qui lui avait bien rendu par une salve d’applaudissements jamais entendue auparavant !

Vêtu d’un survêtement en toile de lin de couleur noire, qui contraste avec la blondeur de ses tifs, Thomas Mustin (NDR : à l’état-civil) s’est essentiellement illustré en publiant « The Golden Age » et « Feed Me », deux titres matraqués sur les ondes radiophoniques.

L’univers musical de cet acteur, auteur, compositeur et interprète, baigne au cœur d’une pop électro enivrante, organique et froide à la fois.

A même pas trente ans, le gamin diplômé de l'IAD peut se prévaloir déjà d’une sacrée expérience. Aucun doute, il n’a pas peur de se mouiller le petit gars. Plus qu’un chanteur, c’est un véritable showman !

Son tour de chant commence lorsque deux comparses flanqués en arrière-plan frappent énergiquement sur deux cymbales gargantuesques. Quelle ferveur ! L’improvisation n’a pas vraiment sa place, le spectacle a probablement été joué des dizaines de fois auparavant.

Les sons synthétiques sortent des machines, posées ci et là, et inondent immédiatement les conduits auditifs des aficionados. C’est assez dynamique ! Le ton est donné que déjà une danse frénétique s’empare du jeune mâle.

Tom court d’un bout à l’autre de l’immense plateau, prend le pied du micro et feint de s’en servir comme arme à feu pour tirer sur le public à bout portant… Les mimiques de son visage en disent long sur l’implication de son rôle !

Mustii interprète bien sûr les titres de son Ep, « The Darkest Night », paru l’an dernier. La puissance de sa voix impressionne. De nombreux fans connaissent les textes et les reprennent en chœur. Un premier album est en préparation et devrait tomber dans les bacs au début de l’automne.

De nombreux  spectateurs sont surpris de constater que lorsqu’il s’agit de mouiller sa chemise, il n’a pas froid aux yeux. D’un pas décidé, il descend de l’estrade pour rejoindre ses fans. A ses risques et périls ! Les filles s’efforcent de se maintenir. Pas facile face à un bellâtre aux dents blanchies, sourire ravageur, coiffure soigneusement peignée et yeux hypnotiques. Une plastique à rendre jaloux plus d’un compatriote.

Les chansons conventionnelles et jolies ballades ténébreuses alternent pour le bonheur de tous. Il perle de sueur. Mais, on le sent heureux d’être là. Et l’énergie est communicative…

A tribord toute pour le set de Delta. Un duo 100% belge, derrière lequel se cachent Benoît Leclerq et Julien Joris.

Si en mathématiques, le delta représente la différence entre deux valeurs, la composante de cette formation est à l’antipode de cette affirmation. Davantage que se produire en duo, il existe chez ces musicos une réelle complicité et un amour commun pour la musique

Ils ont d’abord milité au sein d’un combo anglais, baptisé Meridians. C’était en 2010 !

« Héréditaire » et « Le verre de trop » les ont propulsés au sommet des charts radiophoniques au point de les révéler. Certains des textes de leur Ep ont été écrits subtilement par un Jali en forme.

Si le band est responsable de quelques mélodies pop accrocheuses, elles ne parviennent malheureusement pas à éveiller un soubresaut d’attention parmi les festivaliers présents. Faut dire que le set manque cruellement de relief. On bâille à s’en décrocher la mâchoire !

Intéressant donc, mais pas de quoi détricoter mes plus grosses chaussettes d’hiver !

Emma Bale est une jeune artiste qui s’est fait connaître en participant à l’émission ‘The Voice Kid’ sur une chaîne du Nord du pays où… elle a échoué en demi-finale.

Son histoire est digne d’un compte de fée. Le pianiste de l’émission (et producteur du groupe néerlandophone Clouseau) la repère et la prend sous son aile. Elle publie un premier Ep intitulé « My World Untouched ». Extrait de ce disque, « Run » est ensuite remixé par le Bruxellois planétaire, Lost Frequencies himself.

Elle assure même leur supporting act, ainsi que celui de Milow, totalement conquis par le talent de la frêle demoiselle, même pas majeure.

Elle se produit devant une foule compacte à bâbord. Vêtue d’une tunique blanche transparente qui laisse entrevoir… son intimité, la jeune femme, d’une voix fébrile, entame son tour de chant, sèche en main, par un « All I want », cover d’un titre signé par Kadoline, issu de l’album « In A Perfect World », publié en 2013. Une réinterprétation qui atteint plus d’un million de vues sur Youtube et comptabilise aujourd’hui 500 000 streams.

Autant y aller tout de go, les craintes de votre serviteur se sont vite évanouies, car une personne issue d’un produit formaté n’est pas toujours le gage d’une qualité exemplaire. Comme quoi, l’exception confirme la règle ! Mais, il faut bien admettre ici qu’Emma prouve qu’elle mérite une place d’élite dans la sphère musicale.

Son grain de voix touche plus qu’il ne subit. Sa timidité perceptible la rend encore un peu plus intéressante. Une candeur naturelle dont la prestance est grandiose.

Place maintenant à un Cali survitaminé. Sa réputation de personnage complètement déjanté ne faillira pas à la règle. De nombreux festivaliers se sont pressés en masse devant les barrières crash ; car on le sait particulièrement participatif. Doux euphémisme…

Il débute par la lecture d’un texte magnifique, sous la forme de poème. Une dernière césure et ses musiciens commencent un morceau très pêchu, issu de son dernier opus, « Les Choses Défendues ».

Il ne faut pas longtemps avant que le trublion de la chanson française ne fasse monter tous les photographes, pour immortaliser le souvenir d’une photo familiale. Pas culotté pour un sou, il grimpe même sur le dos d’un invité (bien malgré lui, il faut le dire) le temps d’une chanson. On peut se le permettre quand on pèse cinquante kilos, tout habillé !

Dopé à on ne sait quelle substance psychotrope, le chanteur/amuseur ne va cesser de faire le pitre tout au long d’un show décapant ! Enfilant pléthore de tubes, le Toulousain s’est offert, à plusieurs reprises, dans une foule hystérique. Adepte du crowdsurfing, il se laisse porter à tour de rôle par des spectateurs, à bras tendus, parcourant plusieurs dizaines de mètres… tout en continuant à chanter ses turpitudes bien évidemment. Le tout sans perdre le moindre souffle… ni prendre la moindre baffe ! Chapeau bas ! Aucun doute possible, ce Français est un homme de théâtre !

Livrant, tour à tour, des compositions simples, mais accrocheuses, comme « A cet instant je pense à toi », « I want you », « La vie quoi » ou « Elle m’a dit », il prend le parti de choisir ses mots avec une grande délicatesse afin de décrire intelligemment et sincèrement les maux de la vie et la difficulté d’aimer aujourd’hui.

Mais pas que ! C’est aussi un être doué d’un charisme exemplaire et un humaniste engagé. Un homme d’exception également…

Paradis se produit à bâbord ! Mais il temps de prendre une pause et se rassasier. L’impasse s’impose ! Et l’endroit du ravitaillement ne permet pas de profiter d’un un angle visuel opportun ni d’une écoute attentive.

Retour à tribord pour Vianney. Le gars est seul sur le podium. En arrière-plan, on remarque la présence d’un grand panneau sur lequel un ‘V’ est dessiné. Il s’excuse presque de ne pas être soutenu par des musiciens. Il affirme parfois être préoccupé par cette situation ; et prévient le public qu’il utilisera des loops au cours de son récital, afin de se ménager un tapis sonore supplémentaire. Une prise de risque que l’on défend résolument…

Alors qu’il nous avait maculés de ses « Idées Blanches », en se servant d’un titre fédérateur comme « Pas là », l’artiste masculin de l’année, plébiscité lors des Victoires de la Musique 2016, est de retour. Eponyme, son second opus lui vaut, une fois encore, un succès d’estime et critique.

Ses thématiques tournent pas mal autour de l’amour et de ses affres ! Le beau gosse en a apparemment chié avec les gonzesses ! Très personnelles et introspectives, ses compos traient des questions quotidiennes universelles. Vianney se sert d’un style tout terrain qui plaît à une large frange de la population. Populaire, sans être populiste en quelque sorte. Il pose le regard sur son prochain.

Faussement simplistes, les chansons se singularisent par leurs refrains entêtants. Les lignes mélodiques sont chaudes, colorées (« Moi aimer toi ») et voluptueuses, même si elles n’embrasent pas forcément les feux de joie (« Je m’en vais »).

Jouissant d’une réelle identité vocale, celui qui a la tête d’un premier de classe, nous ouvre une palette d’émotions subtiles, humbles, fragiles, mais profondes. Il s’agit d’ailleurs davantage d’un travail d’artisan que le fruit d’une industrialisation musicale bestiale et sauvage. La narration est limpide, enjouée, coquine parfois. Elle invite le festivalier à s’évader le temps de quelques minutes…

Grand moment d’émotion lorsqu’il invite celui qui soigne ses guitares à le rejoindre. Plus qu’un collaborateur, c’est un véritable ami. Il s’agit également de son dernier spectacle. Ils s’étreignent. Vianney s’assied, prend son visage dans les mains, les larmes perles sur ses joues…

Si les mauvaises langues lui reprocheront une prestation un peu molle ; lui peut se targuer de s’être imposé, malgré tout…

Changement de cap et d’ambiance, en passant de l’autre côté du plan incliné. Les musiciens de Tom Odel sont au taquet. L’auteur/compositeur/interprète britannique n’a que 25 ans et chante comme un dieu.

Repéré par le chef de projet d’une Lily Allen qui voit en lui –modestement ?– le nouveau David Bowie, Thomas Peter Odell, a vendu son premier elpee, « Long Way Down », à plus d’un million d’exemplaires ; et sa ballade aux accents sulfureux, « Another Love », lui a permis d’ouvrir les portes du succès. Depuis, le jeune homme a évolué et est parvenu à enchanter nos oreilles, grâce à un second LP baptisé, « Wrong Crowd » (NDR : traduction : les mauvaises fréquentations). Sans doute, celles qu’il a endurées, en Angleterre…

Composé entre Londres, New York, Los Angeles, ce second opus fait à nouveau la part belle aux lignes mélodiques tracées par le piano. Le résultat est davantage engagé et optimiste.

Devant un parterre bien garni, le blondinet s’installe devant cet instrument massif et en martèle les touches d’ivoire avec fracas. Ses mèches lui tombent devant les yeux et son front ruisselle de sueur, comme s’il s’agissait du fruit de ses extravagances.

Il prend manifestement beaucoup de plaisir ! Débordante, son énergie brute navigue aux antipodes de l'électro-pop lisse et contemporaine. Parfois éraillé, son grain de voix souffle comme un conte de Perrault. 

Entre compositions rythmiques, énergiques même, et chansons plus douces, il séduit autant qu’il divise. On ne peut renier un talent certain, c’est évident. La musique vit en lui ! Cependant, il ‘surjoue’. Son set est individualiste à souhait ; un ego qui mécontente, manifestement, l’auditoire…

« Another Love », sonne le glas. Le supplice est enfin terminé !

Julien Doré constitue sans doute l’apothéose de cette sixième édition du Ronquières Festival. Faut dire que le gaillard à la chevelure… dorée, s’est révélé en se présentant au casting de l'émission ‘Nouvelle Star’, en France, il y a dix ans déjà, pour y interpréter « Excellent », une compo signée Sharko... Cette reprise a ainsi permis à David Bartholomé et ses acolytes de rencontrer un nouveau public ; et à ce titre, de récolter un succès ‘culte’ propagé par de nombreux joueurs de ukulélé, sur internet. « I Need Someone » subira le même sort.

Votre serviteur a assisté à son live une semaine auparavant, dans le cadre des Nuits Secrètes à Aulnoye-Aimeries. Verdict : une copie conforme !

L’esperluette en toile de fond flotte au vent. Une brise apporte une note de fraîcheur supplémentaire, comme si on regardait, dans un trou de serrure, les événements, sous un autre angle. Une symbolique de la notion du lien, de trait d’union qui unit les hommes au sein d’un monde où la séparation est plutôt la constante...

Son tour de chant commence par « Le Lac », single issu de son dernier opus. Ce morceau sonne comme un retour aux sources, suscite la réflexion et glorifie l'amour, le féminin et la nature. Réaliser un travail d’écriture introspectif, en solitaire, et dévoiler ses pensées intimes à un max de personnes, constitue une démarche ambivalente… A chacun ses choix après tout !

Le light show est particulièrement judicieux. Les techniciens accomplissent un travail remarquable. A la moitié du ‘live’, des canons sis à proximité de la ‘stage’ tirent une tempête de serpentins géants. De quoi galvaniser l’ambiance...

Communicatif, Julien invite la foule à fredonner le refrain de « I want to go to Winnipeg with you », une chanson qui s’intéresse à une région du Canada au sein de laquelle il n’a jamais mis les pieds. Nous, non plus d’ailleurs. Et alors ?

La suite du set va aligner une déferlante de tubes, dont « Porto Vecchio » et « Kiss Me Forever ». Sans oublier « Paris Seychelles », chanté sur sa grosse bécane, moteur vibrant. Lorsqu’il entame les vocalises de « Coco Câline », une petite fille habillée en panda vient lui faire un… câlin… Le show nous réserve aussi des moments plus tendres, dispensés sous un format piano/voix, à l’instar de « Sublime et Silence ».

Le contraste entre tantôt la douceur et le profil dansant de certaines compos est assez frappant. L’alchimie fonctionne pourtant à merveille, ce soir.

Responsable d’un ‘live’ puissant, énergique et sincère, même s’il y ajoute une pointe d’introspection, Juju ne cherche pas à jouer un rôle. Lorsqu’on force le déroulement des événements, on les abîme… L’artiste serait davantage dans un abandon et une incarnation, mais pas dans un jeu…

Il termine son set, les cheveux mouillés et la crinière ébouriffée. Pas de chance pour lui, la bâche de la structure scénique laisse échapper quelques gouttes d’eau venues de nulle part. Brave gars va !

Dernier concert de ce soir, celui de la tant attendue LP, qui a choisi le nom du restaurant où elle bossait, dans une autre vie.

Plus connue pour son physique ingrat et son homosexualité que sa carrière, Laura Pergolizzi n’a pourtant jamais démérité !

Bien que ses trois albums précédents Heart-Shaped Scar (2001), Suburban Sprawl & Alcohol (2004) et Forever For Now (2014), se soient soldés par des échecs retentissants, elle persévère dès 2016, en gravant, contre toute attente, un Ep de cinq titres intitulé « Death Valley ». Il est propulsé dans les charts mondiaux par le morceau « Lost on You ».

Discrète, voir candide, elle grimpe sur l’estrade, coiffée d’une sorte de béret basque qui dissimule, au passage, ses longues boucles de cheveux bruns. Difficile de distinguer son faciès. La foule est particulièrement dense. Faut dire que dans le milieu, elle s’est forgée une solide notoriété…

Les premiers sons sortis de sa bouche mettent en évidence un grain de voix puissant, mais androgyne. Difficile de deviner qu’une nana se dissimule sous ce couvre-chef. Vraiment impressionnante et bluffante, elle pousse ses inflexions avec une facilité déconcertante. Elle s’en amuse. Le public aussi.

LP surprend également par ses talents de siffleuse. Digne successeur de Micheline Dax et Triggerfinger ? En tout cas, ses lèvres constituent une véritable extension de son instrument.

Entre soul, blues, folk, la dernière ‘organique’ à se produire nous offre une kyrielle de titres peu connus du grand public, mais dont l’intensité et l’aura ne manqueront pas d’attiser encore un peu plus notre curiosité dans les prochains jours.

Un mets qui ne manque décidément pas de piment ! Normal, pour une ancienne serveuse…

Enfin, Henri Pfr prend le relais. Encore et toujours de l’électro ! C’est bon, je jette l’éponge !

(Organisation : Ronquières Festival)

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Ronquières 2017 : samedi 5 août

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Cette sixième édition du festival Ronquières a drainé la foule, puisque pas moins de 36 000 personnes se sont déplacées pour une affiche aussi populaire qu’éclectique. Il y en a vraiment pour tous les goûts : du hip-hop au folk, en passant par le rap et le rock ! Sans oublier ce qui fait le fleuron contemporain de la musique électro, PFR ou encore Kid Noize…

La pyramide des âges y est très large ! On y croise de jeunes enfants accompagnant leur(s) parent(s), mais également des personnes plus âgées déambulant canne à la main et chapeau de paille sur un crâne… trop tôt dégarni…

Bref, les organisateurs ont, une nouvelle fois, fait fort ! Un jeune festival qui a tout d’un grand.

Tout y est pensé aussi. A l’entrée, un stand permet d’accueillir les petits bouts afin de leur procurer une foule d’activités : grimage, coloriage, pâte à modeler, escalade, etc. Bref, de quoi rassurer les parents qui ne souhaitent pas avoir les bambins dans les pattes, durant les spectacles…

Aucun gros souci à pointer, si ce n’est un fléchage quelque peu sibyllin. De l’aveu même des bénévoles présents, les prochaines éditions devraient impérativement s’améliorer dans ce domaine.

Signe des temps qui changent, les nombreux militaires et les chicanes de l’année dernière ont tout bonnement disparu. Est-ce pour autant plus sécurisant ? Pas sûr, d’autant qu’hormis une rapide fouille de sacs, aucun autre contrôle digne de ce nom n’est réalisé…

Autre nouveauté, il est possible de recharger une carte électronique aux bornes prévues à cet effet ou à l’aide de son smartphone. Idée sympa surtout lorsqu’il s’agit de désengorger les bars.

Cette année, les festivaliers avaient le choix de leur entrée dans le site : ‘Bâbord’ ou ‘Tribord’. Exit donc les longues files d’attente…

Un site un peu plus grand, donc supposé jouir d’un maximum de confort. Il y a même, ça et là un espace détente, histoire de reposer ses guiboles…

La météo de ce samedi a de quoi décourager plus d’un festivalier. Les longues averses entrecoupées de brèves éclaircies ont jeté comme un froid. Le ciel d’un bleu foncé pouvait laisser présager le pire pour cette première journée qui s’annonçait pourtant belle. Et pourtant, il en fallait plus pour faire fuir tous ces mélomanes...

Faut dire que le site permet de s’abriter sous les structures du plan incliné, en cas de pluie (NDR : heureusement car les parapluies sont interdits !) ; mais au détriment d’une écoute attentive. Car il est difficile de prêter l’oreille à un concert, lorsqu’on est coincé comme une sardine entre plusieurs milliers de personnes… à l’endroit même où se situe le bar le plus important.

Il est 15 heures lorsque Noa Moon ouvre les hostilités sur la scène Tribord.

‘Bienvenue sous la drache’, clame t-elle joyeusement, en affichant un sourire éclatant. Son belgicisme souligne ses origines. Quelques personnes venues du Nord de la France se regardent interrogatifs.

Elle est venue défendre les couleurs d’« Azurite », un opus qui tire un trait que l’on espère définitif sur les mélodies trop mielleuses de son premier elpee, « Let Them Talk ».

Sèche à la main, Manon De Carvalho, de son vrai nom, s’excuse presque d’avoir ressenti le besoin de se réaffirmer, de prouver qu’elle était capable d’écrire…

Ce n’est pas la première fois que votre serviteur assiste à sa prestation. Aussi, il craignait qu’elle soit encore mièvre et morne.

Les premières gammes s’échappent. Mais au fil du temps, la surprise est de taille. La belle ne manque pas de peps et nous réserve des morceaux aux envolées délicates et sautillantes.

Riches, intenses à souhait et dansantes, les compositions véhiculent de jolis accents électro/folk, presque intimistes, et soulignent une certaine modernité dans le son.

A quand la prochaine fois ?

A bâbord toute pour une des valeurs sûres du hip-hop ‘made in Belgium’, en l’occurrence Romeo Elvis et Le Motel, aka Fabian Leclercq. Artisan du beat, ce duo cultive l’autodérision.

Pas vraiment ma tasse de thé, mais il en faut pour tous les goûts. On s’efforce donc de rester statique et fait mine d’apprécier, pour se fondre dans le moule. En outre, de source sûre, le tandem fait carton plein à chacune de ses prestations. La curiosité guette et pousse à prêter une oreille. On verra pour l’autre …

La fosse est bien remplie. Déjà les premiers beats –et il prolifèrent– une poignée de jeunes gens, palette de casquette tournée vers la droite, accompagnent le chanteur par des gestes saccadés du poignet, rappelant combien les poncifs du genre sont malheureusement bien réels. Il y a mieux comme chorégraphie quand même, les gars…

La popularité dont jouit Elvis est grande. Faut dire que fruit d’une union entre Laurence Bibot et Marka, le jeune homme de 24 ans a tout récemment fait le buzz sur la stratosphère internet grâce à « Bruxelles arrive ». Morceau étrangement créé de manière anecdotique puisqu’au départ, l’idée était d’écrire une chanson consacrée à la capitale… française…

Devenu un véritable hymne, le titre affiche près de deux millions de vues sur YouTube ; ce qui permet au mec de s’imposer rapidement auprès de ses pairs.

Encensé par la presse, le second Ep, « Motel 2 », permet au duo de s’affranchir un peu plus en francophonie.

Entre rap énervé et chant, les deux rappeurs inspirés par le hip-hop américain débitent leur flow enivrant sur fond de textes ravageurs et incisifs, mixant les codes du rap classique avec des sonorités électroniques.

Aucun doute, c’est en ‘live’ que le combo atteint pleinement sa maturité et affiche ses forces.

Quinze minutes plus tard, House Of Pain prend le relais à droite. La foule est tellement dense qu’il est difficile de s’y frayer un passage sans être bousculé… et insulté…

Il est donc préférable de faire l’impasse, d’autant plus que le style musical proposé est très opposé à ma culture musicale. Un moment opportun pour tester le cashless et se ressourcer en boissons fraîches, subversivement alcoolisées.

Les choses sérieuses commencent dès Soldout. L’histoire d’une rencontre ! Le hasard fait bien les choses, comme le veut l’adage.

Charlotte Maison, chanteuse et musicienne du groupe, reçoit une éducation musicale plutôt classique et fréquente le milieu du jazz. David Baboulis travaille de son côté sur des projets mêlant musique électronique expérimentale et psychédélique.

Une aventure qui prolonge bien au-delà de cette sphère musicale, puisque ces deux-là sont  unis sur scène, comme à la ville.

Elle s’occupe de la communication, du management, du chant et de l’écriture des textes. Lui, de tout ce qui est son, production et arrangements.

Si on doit reconnaître une qualité à Soldout, c'est la persévérance. Vivement critiqué à ses débuts, en 2004, il est parvenu à maintenir le cap et se réinventer sans cesse...

Après avoir publié cinq long playings et accordé une foule de concerts à travers le monde entier, le couple est resté fidèle à lui-même, contrecarrant les effets de mode en dématérialisant le son pour en concoctant un produit structuré, mais fragile. Quitte à déplaire aux détracteurs !

Son dernier opus, « Forever », creuse encore un peu plus le sillon d’une pop-électro langoureuse et glacée. Une conduite qui a forgé les beaux jours du band.

Tour à tour dansant, solaire ou métallique, le band va livrer un show dans l’air du temps, finement calibré pour les festivals d’été, en imprimant à ses compos, un rythme hypnotique et enivrant.

Un savant mélange de pop et d’électro, entre analogique, organique et synthétique. Un concert plein de contrastes, où se mêlent sensualité, énergie et agressivité…

Les nombreux fastfood invitent les spectateurs à s’y arrêter. Matmatah se prépare à droite. Tant pis, je fais l’impasse ! Des choix drastiques doivent s’opérer dans ce genre de manifestation !

Depuis qu’il est juré dans l’émission ‘The Voice Belgique’, Marc Pinilla a vu sa popularité –et a fortiori celle des cousins malgaches ‘Njava’– monter en flèche.

C’est probablement le moment attendu par toutes les jeunes filles présentes sur le site. Faut dire que le physique du leader du groupe, Suarez, est plutôt généreux. Il le sait et en joue énormément. D’ailleurs, son sourire enjôleur et ses clins d’œil répétés finissent par énerver la galerie...

Elles se sont toutes agglutinées aux premiers rangs, langue pendue aux chevilles. Comme un essaim d’abeilles autour d’un pot de miel ! Certaines ont fait le pied de grue pendant des heures. Les cris fusent de toute part. L’excitation est à son comble. Incroyable et à peine compréhensible ! On se croirait revenu à la bonne vieille époque de Bruel lorsque toutes les gonzesses écervelées scandaient dans une folie imparable ‘Patriiiicccckkkkkkk’.

Soulagé par autant de sollicitation (son ego est rassuré), le bellâtre ne tardera d’ailleurs pas à les inviter à monter sur l’estrade pour un titre endiablé. Le tout dans une bonne humeur communicative !

Sublimés par une présence scénique hors du commun, Marc et de ses acolytes ont tablé sur un set mélodique qui fait mouche, balayant au passage des titre phares des albums précédents tels que « Qu’est-ce que j’aime ça » ou encore « Souffle de Délire », sans oublier le petit dernier « Sans rancœur ni regret », beaucoup plus (trop ?) accessibles que ses petits frères.

Une constatation : l’insouciance et la fougue des débuts ont laissé place à une plus grande maturité. Un concert très carré qui a finalement laissé trop peu de place à l’improvisation. Mais quand même, un joli moment d’émotion entre souvenirs refoulés et moments de bonheur.

La véritable surprise du jour viendra de Big Flo et Oli ! La plaine est bondée à craquer.

Ceux deux là ont acquis une certaine célébrité bien malgré eux en devenant également jurés dans une célèbre émission de télé crochet sur la chaîne nationale.

Ils sont heureux de venir en Belgique, même si –suivant leurs déclarations– la formule est ‘un peu cliché’. C’est chez nous qu’ils ont commencé leur carrière, à Liège, devant seulement une petite trentaine de personnes. Comme quoi, le public belge a le don de flairer le potentiel.

Originaire de Toulouse, ce groupe de rap est mené tambour battant par Florian ‘Bigflo’ et Olivio ‘Oli’ Ordonez.

Le premier disque des frangins, « La Cour des grands », gravé en 2015, est certifié disque d'or moins de quatre mois après sa sortie, puis de platine en France. Le second format « La Vraie Vie », tombé dans les bacs depuis juin de cette année, devient disque d’Or après seulement trois semaines d’existence...

Bien que les goûts musicaux de votre serviteur soient à mille lieues de ce que propose le duo, il faut admettre qu’il va livrer le meilleur concert de la journée. A bien des égards !

D’abord, le rap qu’il prodigue est authentique, loin des clichés du genre, même si leur accoutrement, lui, suit la tendance…

Le concert débute par le titre éponyme du dernier bébé. Les artistes s’y livrent sans ménagement. Ils y racontent leur enfance, leurs expérience récentes et abordent le sujet de leur renommée nouvelle. Sans oublier de tackler gentiment au passage Orelsan. Les textes fédèrent, en tout cas…

La paire ne fragilise pas les faits sociétaux, mais les renforce par un positivisme élancé. Elle ne cherche ni à provoquer, ni à critiquer. La verve est plutôt à considérer comme une diction philosophique vue à travers le prisme du quotidien.

De la famille, il en sera beaucoup question. « Papa » rend un hommage vibrant au padré. L’amour fraternel n’est pas en reste ; et notamment tout au long d’« Olivio ». L’amitié reste une valeur sûre peur eux ! Celui qui a accompli ses premiers pas en leur compagnie est systématiquement invité pour y assurer le rôle de beat box. Un rôle aussi surprenant qu’époustouflant !

L’humour aussi alimente le show. Ainsi, lorsque le duo prétend que Jean Dujardin s’est déplacé jusqu’ici, le public y croit dur comme fer. Le temps s’arrête même durant quelques secondes, le souffle coupé, haletant… avant que les deux lascars n’avouent qu’il aurait bien voulu venir, mais n’a pas pu. Info ou intox ?

Quoiqu’il en soit, Big Flo et Oli ont livré un set d’une ferveur inimaginable ! Pourtant ce n’était pas gagné d’avance ! En effet, l’avion qui devait les conduire dans le plat pays a été annulé. Ils ont pu en prendre un autre… de justesse.

Une sacrée jolie surprise !

Direction bâbord maintenant. Archive s’y produit. 

Fondé par Darius Keeler et Danny Griffiths, en 1994, le groupe vient y présenter « The False Foundation », un elpee qui exige davantage de maturité en terme d’écoute que les précédents.

Comment va donc réagir les festivaliers qui se pressent par milliers ? S’agit-t-il de connaisseurs avertis ? Ou de simples mélomanes lambda ? Ronquières est un festival à la programmation particulièrement éclectique ; dès lors, pas certain que le grand public s’y retrouve. Faut dire que l’expression sonore touche à la fois au trip hop, à l’électro, au prog, au rock et à l'ambient.

Les premières notes de « Blue Faces » résonnent et s’étendent sur des centaines de mètres à la ronde. C’est très ‘floydien’. En tout cas dans l’esprit ! L’atmosphère est vaporeuse. Les envolées des lignes mélodiques sont soulignées par les gammes synthétiques de Keeler et Griffiths

Même les puristes s’y perdent un peu. Non pas que l’ADN du groupe ait disparu (longs crescendos rythmiques enténébrés et complaintes entêtantes), mais la musique est particulièrement expérimentale, difficilement abordable et… peu digeste.

Pourtant, malgré un light show plutôt sobre, ce set a emporté les suffrages des aficionados, en les plongeant au sein d’un univers féerique et planant, les transportant même au cœur d’une absolue rêverie d’imageries abyssales. Les autres se sont littéralement emmerdés !

Si la part belle a été réservée aux nouvelles compos, le band nous a également réservé des morceaux plus anciens, comme « Fuck U » (NDR : il est paru en 2004, sur l’album « Noise »), titre éloquent qui résume à lui seul la carrière du groupe…

On regrettera cependant, et amèrement, l’absence de compos comme « Again » et « Ligths », dans la setlist. Deux titres prennent véritablement une autre dimension, en ‘live’ !

Dernier concert pour ce soir : Air. Considérée comme une grosse pointure dans le milieu, la formation ne recueille pourtant pas guère d’intérêt auprès des festivaliers, ce soir. Encore une fois, l’éclectisme est un pari risqué !

Le parterre est clairsemé. L’essentiel de la foule s’est déjà agglutinée aux premiers rangs de l’autre podium pour y assister à la prestation de Kid Noize. Faut dire que le gars au faciès de singe en jette lorsqu’il est aux commandes de ses machines !

Bref, vêtus d’un costume blanc étoilé, les deux Français ne semblent pas franchement des plus motivés. Plus léthargiques qu’énergiques donc !

C’est dommage parce Jean-Benoît Dunckel et Nicolas Godin sont plutôt du genre à bouder les ‘live’. Votre serviteur, lui, n’en rate pas une miette !

Associé au mouvement musical électronique, Air tisse des mélodies cosmiques au sein desquelles de nombreux riffs de guitare soutiennent des sons électroniques et des voix vocodées. C’est sa singularité !

Le band est venu y présenter un florilège de tubes, car son actualité discographique récente, se limite à une compilation balayant vingt années de carrière, sous la forme d’un « Twentyears ».

À la frontière de l'électronique, de la pop et du rock psychédélique, on aura donc droit à un concert sous forme de ‘best of’ au cours duquel le maigre public encore présent (ré)entendra des compos aux jolies belles mélodies comme « Cherry Blossom Girl », « Sexy Boy », « How Does You Make Me Feel » ou encore « Playground Love ».

Il est plus de minuit lorsque cette bande originale douce et vaporeuse s’achève. Mieux vaut laisser le peu d’énergie qu’il me reste pour le lendemain…

(Organisation : Ronquières Festival)

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Les Nuits Secrètes 2017 : dimanche 30 juillet

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Un dimanche pas comme les autres est prévu pour votre serviteur, en cette fin de juillet ! Si le repos dominical s’impose pour la plupart des individus, le farniente n’est pas au rendez-vous en ce qui le concerne…
Direction les Nuits Secrètes ! La météo avait annoncé un week-end pluvieux. Jusqu’à présent, les prévisions se sont avérées inexactes. Tant mieux ! Gageons qu’il en sera de même pour cette dernière ligne droite. Le temps est tellement capricieux !
Pointons les efforts effectués par les organisateurs en matière de communication et d’accueil. Tout est correctement fléché. La presse bénéficie d’un confort plutôt sympa et les bénévoles gardent le sourire malgré la fatigue accumulée au cours de ces derniers jours.
Le menu du jour est nettement moins intéressant que la veille. Beaucoup de hip hop et de reggae. Pas vraiment ma tasse de thé !
Toutefois, quatre artistes ou formations focalisent mon attention : Edgär, Cigarettes After Sex, Mat Bastard et François & The Atlas Mountains. Malheureusement, cette dernière formation est programmée dès 20 h 45, sur le podium de l’Eden. Soit en même temps que le set de l’ex-leader de Skype The Use. Pas de bol !

Cocorico, l’interview du sieur Bastard est confirmée. Un vieux fantasme enfin réalisé !
Il est donc 16 heures lorsque votre serviteur foule la plaine d’Aulnoy-Aymeries. Il y règne un calme olympien, mais les vestiges de la veille rappellent combien la nuit à été longue et festive…
Les équipes et la municipalité sont à pied d’œuvre afin que tout soit en ordre quand la horde de festivaliers va débarquer, dans peu de temps.
L’attachée de presse m’attend de pied ferme. On ne badine pas avec les horaires ! L’entretien se déroulera de manière constructive et sympathique.
Le temps d’utiliser ma ‘cash-cache’ (NDR : ou plus prosaïquement, le moyen de paiement électronique), afin de se procurer quelque rafraîchissement, en cours de journée, et la première prestation de la journée débute à l’Eden.

Deux jeunes types prépubères grimpent sur l’estrade. A tout casser, ils doivent totaliser la cinquantaine à eux deux. Il s’agit d’Edgar. Un corps à deux têtes !

Créé en 2015 par l’ex-Elegant Fall Ronan Mézières et l’ex-Sweet Haze Antoine Brun, le duo est plutôt habile à se servir des cordes électriques et des claviers. Et son expression sonore résulte d’une fusion entre complicité et création

Toujours difficile d’étiqueter les artistes ! Si la musique baigne dans une sorte d’électro-pop/dream pop, les références semblent puisées à la fois chez Simon & Garfunkel, Phoenix, Justice et The Last Shadow Puppets.

Sobres, les lignes mélodiques sont sublimées par des arrangements de voix complexes.

Les thématiques sont introspectives et traitent, notamment, de l’amour, du métier d’artiste (« The Painter ») ou encore de l’oisiveté (« Television »).

Le tout dans la langue de Shakespeare. Normal, puisqu’ils ont été biberonnés par la culture anglo-saxonne. Celle des sixties, mais également contemporaine…

Le temps d’une balance, Cigarettes After Sex emboîte le pas ! Le songwriter débarque sur l’estrade. Il a emporté bouteille de vin, qu’il tient de la main gauche et lampe à grosses gorgées. Il fait chaud, mais quand même !

Le line up implique également le claviériste Philip Tubbs, le bassiste Randy Miller et le batteur Jacob Tomsky. CAS nous plonge au cœur des souvenirs et histoires d’amours rapportées par le chanteur texan à la barbe finement taillée, Greg Gonzalez.

Parce que l’amour charnel est au centre des (d)ébats. L’amour vécu, déçu surtout. Comme « K » qui relate une aventure vécue en compagnie d’une jeune et jolie demoiselle. Un rituel que Greg semble toucher du doigt, à chaque relation.

Presque 10 ans ont été nécessaires pour réaliser le premier opus, alors que le concept existe depuis 2008. D’abord concoctée en solo, la musique est devenue de plus en plus ténébreuse et dépouillée. Elle était brute de décoffrage. Elle s’est transformée en produit fini très épuré.

La ‘success story’ sera aussi soudaine qu’inattendue. Le clip de « Nothing’s Gonna Hurt You Baby » a été regardé plus de 53 millions de fois sur YouTube ; et sorti en 2016, « Affection », comptabilise un peu plus de 27 millions de vues… C’est le début du couronnement international et des concerts sold out, avant même d’avoir publié un seul album. Rares sont les groupes dans l’histoire du rock à avoir connu une ascension aussi fulgurante.

La prestation du band ne fait pourtant pas l’unanimité ! Les compos sont lentes, vaporeuses et monocordes. Une certaine uniformité susceptible de délasser ou de rebuter. Les premiers restent prostrés presque religieusement. Les autres ont regagné les stands en attendant un sursaut de vigueur qui ne viendra de toute façon pas. Dommage, car cette musique ne s’écoute pas seulement ; elle se dévore au fur et à mesure qu’elle se dévoile.

Entre spleen sensuel et dream pop, la pop intimiste, douce, voluptueuse, sombre et enjôleuse n’est pas sans rappeler Mazzy Star et son ensorcelante Hope Sandoval.

Les textes sucrés, les riffs de guitares gravitationnels et les fûts effleurés, renvoient le mélomane au cœur d’un romantisme sombre, tel une bande originale d’un film mélancolique tourné au cœur d’un hiver froid et intense.

Une bonne heure d’un ‘live’ sans réelle surprise sur fond de rythmiques indolentes et insouciantes. Mais au fond, la surprise n’est-elle pas de ne pas en avoir ?

Une cigarette oui, mais sans filtre alors !

Mat Bastard clôture cette édition en ce qui concerne votre serviteur. Autant rester sur une note positive !

Certains festivaliers, dans la fosse, semblent ne pas connaître celui qui va faire son show dans quelques instants.

Pourtant, lorsqu’on leur explique qu’il s’agit du leader de Skyp The Use, les regards changent, et deviennent complètement médusés.

Normal, cette formation a atteint des sommets jamais approchés par une formation rock régionale et encore plus rarement sur la scène hexagonale.

Formé en 2008, le combo a publié deux elpees studio: « Skip The Use » en 2009 et « Can Be Late » en 2012.

Dans le cadre des ‘Victoires de la musique’, ce second disque avait permis aux quintet de remporter celle décernée à l’album rock, pour l’année 2013. Le divorce semble cependant définitivement prononcé aujourd’hui.

Pourtant, selon l’adage, il ne faut jamais dire jamais. Qui vivra, verra donc !

Un band est souvent une histoire de couple dans lequel il existe des dissensions, des séparations, mais parfois des réconciliations. Il y est souvent question de concession, parce qu’il y règne une certaine démocratie. Il est difficile d’y imposer ses idées. Un projet solo permet de réaliser un travail nettement plus incisif et introspectif. C’était une volonté qui germait depuis quelque temps déjà dans la tête de Mat. Ses anciens comparses, Jay, Lio et Manamax, ont formé un nouveau groupe baptisé The NoFace.

Il monte sur les planches accompagné de ses vieux potes : Mike, en compagnie duquel il avait fondé son premier groupe punk, Carving, quand ils avaient 13 printemps, ainsi qu’Oliv, membre du combo électro belge The Subs. Et le jeune homme qui se charge de la rythmique doit avoir à peine vingt ans.

L’explosivité de ce ‘frontman’ hors pair n’est pas une légende. Dès les premiers riffs de gratte, Mathieu-Emmanuel Monnaert transgresse les lois de la gravité. Une seule certitude, le ‘live’ sera explosif !

Le son est bien rock. Malsain même. Et l’attitude, plutôt punk. Les riffs sont entraînants. Irrésistibles aussi. Très vite, on ressent l’envie de sautiller, de se déhancher et de pogoter. D’ailleurs, à quelques mètres, un noyau réunissant une centaine de personnes s’agite. Ils s’évertuent à se cogner corps contre corps, telle une offrande servie au grand sioux qui leur avait demandé.

Il ne faudra pas cinq minutes pour que le public succombe dans une frénésie schizophrène. Et out particulièrement, lorsque l’illuminé lui demande de réaliser le ‘Wall of death’, entendez par là, le mur de la mort. A son signal, la fosse se sépare en deux parties ; et, lorsqu’il le désire, les deux blocs se foncent dessus et se rencontrent violemment. Le tout dans un esprit bon enfant, bien évidemment.

Plus qu’un showman, le saltimbanque de la chanson marque un engagement assumé à travers ses compositions très incisives. « Loov », titre de son opus fraîchement tombé dans les bacs, lui permet de revenir aux fondamentaux du punk, c'est-à-dire en proposant des textes dont les messages se concentrent sur l’humain et la société contemporaine. Même s’il doit s’attirer les foudres de la guerre. Quelque part, il endosse une démarche militante…

Pourtant quand on écoute le single « More Than Friends », on a l’impression que la formule n’est pas si éloignée de l’univers imaginé par STU. Une manière douce d’aborder le changement ?

Vers la fin du concert, il n’hésite pas à égratigner les confrères de La Voix du Nord en reprenant et en réinterprétant d’une manière déjantée « J't'emmène au vent » de Louise attaque. Du grand spectacle !

Décidément, les Nuits Secrètes devraient durer toute l’éternité…

(Organisation : Les Nuits Secrètes)

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