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Limantree 2016 : samedi 19 novembre

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Frasnes-lez-Anvaing accueillait, ce samedi 19 novembre, la première édition du festival Limantree.

Steven Papier, jeune co-organisateur (NDR : il est âgé d’une petite vingtaine d’années), avait mis les petits plats dans les grands afin que cette soirée puisse marquer au fer rouge les conduits auditifs de la centaine d’aficionados venus assister à cet événement pour presque pas un balle ! Le tout arrosé par des boissons aux prix défiant toute concurrence ! Plutôt rare et qui mérite d’être souligné !

L’endroit, plutôt miteux de prime abord, mais bien entretenu, semble ne pas trop correspondre à ce genre de manifestation ! Faut dire que ce sont les locaux de la Maison des Jeunes du coin ! Pas facile d’organiser un spectacle lorsque les moyens financiers et matériels sont limités. Mais, c’est sans compter sur la volonté et la perspicacité de l’équipe en place ! Et du cran et de la motivation, elle en a à revendre !

Quatre groupes de la région et une kyrielle de Dj’s vont se produire en alternance sur deux podiums, baptisés pour l’occasion ‘Les Arcades’ et ‘Bodega’. Plutôt sympa !

A 19h15 précises, Los Chirozis ouvre le bal. Un duo qui ne manque pas de piment ! On est cependant encore loin du sold out, à cette heure ! Faut dire qu’il en faut du courage pour sortir par ce temps froid, pluvieux et venteux ! La formation est on ne peut plus épurée : deux bonhommes, deux guitares. Pas de chant ! Au départ, le line up impliquait un percussionniste, une violoniste et deux chanteuses. Depuis, ces trois derniers ont décidé de quitter le navire pour se lancer dans d’autres aventures. La musique s’inspire du jazz manouche et de la world tout particulièrement latine ; se nourrissant de percussions dynamiques et endiablées. Et tant mieux ! Celles et ceux qui pensaient assister à un concert morne et sans relief en ont été pour leurs frais. Ainsi votre serviteur a littéralement été époustouflé par le talent des musicos. Mais aussi par leur prestation, qu’on pourrait qualifier de pétillante. Les comparses sont de véritables virtuoses de la six cordes ! Les doigts circulent à la vitesse éclair ! Lorsque l’un se charge de la rythmique, l’autre se consacre à la partie soliste et vice versa. D’une précision hors norme ! Une jolie prestation consécutive à une complicité bien réelle ! De sacrés musiciens, en tout cas !

Quarante-cinq minutes plus tard, direction la ‘Bodeg’. Pour assister au set de Snow. Sous cet acronyme se cache une toute jeune et frêle demoiselle, à peine pubère. Originaire de Mouscron, Marie (NDR : c’est son prénom) s’adonne à la musique, corps et âme, depuis quelques années. Elle a même participé à des émissions de télé crochet comme ‘La nouvelle Star’ ou ‘The Voice Belgique’. La donzelle est étrangement sapée. Elle est vêtue d’une chemise blanche. Plus que démodée, quand même ! Héritage d’une grand-mère, costume de scène ou simplement faute de goût ? A vous de choisir ! Et pourtant, cette fille a un petit quelque chose qui accroche. Sa voix est pourtant frémissante. Signe d’un excès de timidité, elle baragouine quelques mots et s’excuse presque d’être là ! Accompagnée de ses deux instruments de prédilection, à savoir la sèche et le clavier, elle entame son tour de chant par une flopée de reprises. C’est son truc, mais pas trop celui de votre serviteur ! Et pourtant, son set ne manque pas de charme. Non pas à cause de l’originalité des chansons choisies (son répertoire reprend les plus grands tubes ultra relayés et entendus sur les ondes radios), mais par l’angle choisi pour se réapproprier ces reprises. Son univers est onirique, fragile, doux et mélancolique à la fois ! Une ‘performeuse’ dans l’art de revisiter ses contemporains ! Dans un style qui navigue quelque part entre Dolores O'Riordan, Daughter et Kate Bush ! C’est dire ! Elle termine sa (trop courte) prestation par une chanson issue de sa propre plume. Plutôt réussie et encourageante…  

Retour vers la main stage ! FEEL est d’attaque ! La salle est presque comble ! Sans nul doute l’événement de la soirée ! L’histoire du band débute en septembre 2012, suite à la rencontre entre trois jeunes talents : le chanteur/guitariste Kevin Cools, le drummer/percussionniste Martin Moreau (NDR : il assure également cette partie rythmique chez Lemon Straw) et le bassiste François Hantson. Autodidacte, ce jeune trio est originaire du Pays des Collines. Et il attire un public de plus en plus nombreux. En outre, le combo cumule les récompenses, dont une nomination récente aux D6bels Awards, pour l’année 2016. Un sacré tremplin pour le futur de sa carrière ! Sa musique est fondamentalement rock. Mais complexe et puisant ses influences à de multiples sources. Mélodique et énergique elle est entretenue par la guitare électrique, la basse tonitruante et la batterie explosive ! Propice à la sudation, elle favorise tout particulièrement les aisselles malodorantes. En live, le chanteur et le batteur multiplient les pitreries. C’est leur show. Ces deux zigotos sont manifestement hantés par leur univers sonore. Rageuses, les compos se succèdent. Pratiquement aucun temps mort ! Et dans la fosse, c’est le remue-ménage. Le batteur perle de tout son corps. A tel point qu’il finit par se dessaper, s’exhibant torse nu, devant un parterre de femmes médusées par une plastique si parfaite ! Il y a de quoi faire des jaloux ! Bref, un show intense et dynamique… qui nous en a aussi mis plein la vue…

MIRE achève donc le festival. Et la surprise sera belle. Un quatuor réunissant le chanteur Thomas, le batteur Olivier, le bassiste Greg et le guitariste Pascal. Des quadras à la chevelure poivre et sel ; enfin pour ceux qui ont encore des poils sur la cabosse. Jusqu’à présent les chanteurs d’exprimaient dans la langue de Shakespeare. Place à celle de Molière. Plutôt prolifique, le combo est responsable d’une vingtaine de chansons issues de sa propre plume ! Les textes s’inspirent des événements de la vie quotidienne : l’injustice, les questions environnementales, etc. Rien de particulier, donc ! Le set ne manque pas d’allure, même si parfois il manque de vigueur. Thomas déborde de créativité pour tenter sortir le public d’une léthargie naissante ! La fatigue et le houblon auraient-ils exercé leurs effets secondaires ? Audacieux, il vient se mêler à la foule. A plusieurs reprises. Afin de la booster sur un lit d’instrumentation bigrement psychédélique…

La soirée se termine, la foule se dissipe. Il est 23h et un grand final déjanté de dj’s est prévu. Votre serviteur préfère s’éclipser. Trop peu pour lui ! Il est loin le temps où pour faire de la musique, il fallait être musicien …

(Organisation : MJ Vaniche)

AFM Metal Fest 3 : vendredi 11 novembre 2016

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Organisée par Aubry Legrain (NDR : c’est le programmateur metal du Salon de Silly), la troisième édition de l'AFM Metal Fest se déroulait donc ce vendredi 11 novembre. Une belle affiche ponctuée par le concert de The Butcher's Rodéo, venu présenter son nouvel album, « Backstabbers ». L'entrée est fixée à 18 euros ; il ne faudra donc pas casser sa tirelire pour assister à ce festival qui programme –quand même– douze groupes.

L'ouverture des portes est fixée à 15 heures. Les Bras Cassés sont censés ouvrir le bal. Ils portent bien leur patronyme, car ils ont déclaré forfait. Et sont remplacés au pied levé par un duo acoustique (guitare/voix), réunissant le gratteur Laurent Kasier (bassiste et chanteur de  Mum's And Clow's qui se produira au cours de la soirée) et une chanteuse. Baptisé Green Patch, le tandem se consacre à la reprise de standards de la musique pop/rock. Pas mal, mais un peu court.  

Un chapiteau planté dans le jardin accueille ensuite Tiny Damned Souls. Un quatuor tournaisien pratiquant un punk/rock/garage old school. Et dont les musicos ne sont pas nés de la dernière pluie. La voix du chanteur est énergique. Il s’exprime dans la langue de Molière ou de Shakespeare, suivant les morceaux. ‘One, two, three, four’ et le tempo rappelle immédiatement celui institué par les Ramones. Les riffs de guitares sont huileux, graisseux et sauvages. Le section rythmique batterie/basse est solide. Votre serviteur a besoin de se réchauffer. Rien de tel qu’un petit vin chaud.

Cap ensuite vers la grande scène pour assister au set des gagnants du Contest, Stand For. Un concours au cours duquel le jeune quintet montois avait vraiment impressionné. La setlist est bien équilibrée. Particulièrement mélodieuse, la voix prend facilement son envol. Les interventions de guitares sont parcimonieuses, mais efficaces. Et techniquement irréprochables. Le spectre d’Iron Maiden plane. Manifestement, l'expression sonore rêve des eighties…

Côté ‘Jardin’, One Eye Dollar vient de grimper sur l’estrade. Issu du Pas-de-Calais le quintet est né en 2012. Et il cumule les concerts outre-Quiévrain. Son set démarre pied au plancher. Poisseuse, grasse, basique, vivifiante, la musique semble née d’un cocktail entre stoner, punk et grunge. Encore qu’on y décèle quelques traces de blues primaire. Afin de se chauffer la voix et les membres (NDR : vu la température de plus en plus glaciale), les musicos se partagent une bouteille de gnole. Le potentiel de One Eye Dollar est indéniable et son énergie, débordante.

Vu le nombre de groupes qui se succèdent, la soirée prend du retard. Last Breath Messiah est programmé ‘indoor’. Les métalleux commencent à affluer dans la salle. Le son y est bon et la température agréable. Elle va même monter graduellement tout au long de la prestation du combo. Dont les membres sont originaires de la région de Chièvres et Mons. Le plus notoire –Stephane Busiau, un des deux sixcordistes– a sévi tout un temps chez Resistance. La formation est responsable d’un mix entre hardcore et trash metal, caractérisé par des vocaux hurlés. Mais ce sont les deux gratteurs qui font littéralement le ménage…

Retour sous la tente, à l’extérieur, où il fait de plus en plus froid. Balls On Fire est un cover band qui puise son répertoire dans les années 90 et 2000. Aubry (NDR : oui l’organisateur du festival) est aux vocaux. Il est blond et se pavane, tel un coq anglais… juste à côté de son tas de fumier. Il est épaulé par un second vocaliste. Un peu comme chez Run DMC. Au sein de la set list, figurent des reprises de Deftones, Papa Roach, Nirvana, Korn et bien d’autres. Des adaptations bien électriques et chargées de testostérone…

Stand For Truth embraie sur la grande scène. Il implique des musiciens tournaisiens et montois (NDR : de Do Or Die, très exactement). Un des gratteurs affiche de magnifiques tatouages sur les jambes. Les autres, sur les bras. A son actif, un seul elpee : « The Game Is Over ». Il est sorti en 2013. Et le nouvel LP devrait paraître bientôt. Angelo se consacre au micro, Goran à la basse, Guillaume aux drums et Etienne ainsi que Délo se réservent les guitares. Le style ? Du metalcore a coloration 90’s. Outre les tatouages, les musicos sont particulièrement poilus… et barbus. Le chanteur invite immédiatement la foule à se rapprocher du podium. C'est un peu un rituel, pour lui. De quoi le rassurer et en même temps bénéficier de la meilleure interactivité possible avec son public. Les deux gratteurs et le bassiste sont montés sur des ressorts. Ils sautent sur l’estrade, de long en large, comme des kangourous. Le chanteur est un fameux chauffeur de salle. Son chant hurlé est mélodique. Quoique puissant, le volume sonore est supportable… si on a recours aux bouchons de protection dans les oreilles.

Dehors on se les gèle. Et pourtant, Mum's & Clow's est sur l’estrade. Il faut du courage pour se produire sur scène, mais aussi pour assister à un concert, dans de telles conditions hivernales. Le gratteur et le bassiste sont parfaitement complémentaires. La voix du chanteur passe bien la rampe. Les compos naviguent quelque part entre blues, stoner et rock alternatif. Les textes sont exprimés tour à tour en français ou en anglais. Et sur les planches, le combo affiche une énergie débordante…

Spiritual Drive devait également se produire à l’extérieur. Mais un des deux canons à chaleur a rendu l’âme. Conclusion, on rapatrie, en deux temps trois mouvements, tout le monde sur et autour de la scène 'Découverte'. Tant mieux. Car on aurait fini par choper la crève. Mais, il faut quand même souligner le travail opéré par l’équipe technique et les bénévoles qui se sont pliés en quatre pour que rien ne soit laissé au hasard ; et tout particulièrement pour préserver la qualité du son, marque de fabrique du Salon de Silly. Le band est originaire du Nord de la France. Son style ? Du stoner. Et il a la pêche. Le drummer transperce littéralement les peaux de ses fûts. Particulièrement mélodique, la voix du lead singer est singulière et casse les codes du genre. Mais les compos envoient le bois. La ligne de basse est à la fois lourde et claire.

Mingawash est un peu considérée comme la formation régionale de l’étape. Et pour cause, les musicos sont originaire d’Ath et de Tournai. La bande à Martin est attendue de pied ferme. Le line up réunit six ou sept membres sur les planches. L’auditoire s’est agglutiné contre le podium. Difficile de se faufiler aux premiers rangs. Le panda gesticule sur scène. Et après avoir ôté sa fourrure, il se retrouve en slip kangourou ; un cache-sexe trop grand, bordé d’une alaise, à moins qu’il ne s’agisse d’un pampers vintage. Main droite tendue vers la paume et doigt tendu vers le haut, bonjour les f***. Mais au sein du band, on ne se prend pas la tête. On préfère libérer un max d’énergie. La foule devient folle. Les riffs de grattes dispensés par Maxime et Quentin sont lourds et incendiaires. La ligne de basse est gluante. Théo martyrise les peaux de ses fûts. Clément et Martin (NDR : il est également batteur chez Feel et Lemon Straw) hurlent des textes dans la langue de Molière. Ce dernier frappe sur tout ce qui résonne. Les round circles et les circle pics se mulitiplient. Et les Mingawashettes assurent le show avec Panda. Ce dernier décide de surfer sur la foule à l’aide d’un matelas pneumatique usagé. Plein de rustines, il se dégonfle. Chez Mingawash, l’autodérision n’est pas un vain mot. Un humour comparable, enfin toute proportion gardée, à celui Rammstein. Assurément le clou de la soirée !

On passe ensuite à du lourd. Bukowski, un quintet parisien impliquant le chanteur/guitariste Mathieu Dottel, le bassiste Julien Dottel (c’est son frangin), les sixcordistes Fred Duquesne et Clément Rateau ainsi que le drummer Timon Stobart. Du metal brut de décoffrage, bien huilé, mais mélodique. Old school, mais mis au goût du jour. Les lyrics sont dispensés en français. Le band est considéré comme un des meilleurs, dans le style, dans l’Hexagone. Et cette véritable machine de guerre va ravir sa fan base qui s’est déplacée en nombre…   

Il se fait tard, et votre serviteur décide de quitter les lieux. Il n’assistera donc pas à la prestation de The Butcher's Rodeo, le side projet du chanteur d'Aqme, Vincent. Ce dernier est ici chez lui. C’est comme sa famille. Et elle le soutient. Il est venu défendre son nouvel opus, « Backstabbers ».

Rendez-vous en novembre 2017 pour la quatrième édition de l'AFM Metal Fest

The Butcher's Rodeo + Bukowski + Mingawash + Spiritual Drive + Mum's and Clow's +  Stand For Truth + Last Breath Messiah + Balls On Fire +  One Eye Dollar + Stand For + Tiny  Damned Souls + Green Patch

(Organisation : Aubry Legrain + Le Salon de Silly)

 

Contest AMF Metal Fest 3 : samedi 10 septembre

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L'AFM Metal est un festival organisé par Aubry Legrain, le programmateur métal du Salon de Silly. Sa troisième édition se déroulera le 11 novembre. Pour la circonstance, deux podiums seront disponibles. L’affiche est presque complète. Il n’y manque que le vainqueur du Contest qui se déroule ce samedi 10 septembre. Six candidats ont été retenus. Chacun d’entre eux dispose d’un set de 20 minutes pour convaincre. Et le changement de matos ne doit durer qu’un quart d’heure. C'est un peu serré, mais les formations vont scrupuleusement respecter le timing. L’ordre de passage est tiré au sort. Et le vainqueur sera choisi à l’issue d’un vote hybride entre un jury composé de spécialistes et le public. C’est cependant ce dernier qui aura le dernier mot. En outre, la soirée sera ponctuée par les prestations de Shot In The Head et Liquid Stone'Z.

Issu de Libramont, Disorder Is Better entame les hostilités. Petit problème technique causé par la basse. Il est rapidement résolu. Le changement d’instrument s’impose. Le chanteur possède une très forte personnalité et sait ce qu'il veut. Et il va le démontrer tout au long du set. Il est partout : aussi bien sur les planches que dans la fosse. Ce qui attire la sympathie de l’auditoire. Le combo pratique un hardcore teinté de Death metal. Plutôt burné, brut de décoffrage et bien vitaminé, aussi. Pas mal du tout !

Krig embraie. Il vient de publier un Ep 3 titres, intitulé « Rites ». Ses musicos sont issus de la région de Soignies et de La Louvière. Grimés et déguisés, ils soignent leur mise en scène et le décor. Un peu comme le band norvégien, Dimmu Burgir. D’ailleurs la musique baigne également dans le Death et le Grind metal. Mais Krig a, en outre, recours aux percussions, des percus étranges, tribales et même parfois psychédéliques. Bref, tout est mis en œuvre pour entretenir le mystère. Le concert s’ouvre par « Holy Sky Burial », un morceau de plus de 10 minutes. Particulièrement violents, les morceaux semblent se complaire dans un climat satanique digne du combo polonais Behemoth. Le chanteur et le gratteur font exploser leurs cordes vocales… Et la suite va se révéler aussi féroce. Votre serviteur est conquis.

Don't Mess With The Big Bear nous vient de Cambrai, en France. Encore un quartet au sein duquel, le guitariste et le bassiste tirent parfaitement leur épingle du jeu. Le drummer affiche aussi une jolie technique. Tel un kangourou, le chanteur bondit sur l’estrade. Mais sa voix ne colle pas au style musical proposé. La formation a certainement du talent et compte déjà quelques concerts à son actif, mais il y a encore du pain sur la planche…

Ocean Encouters est un quintet tournaisien. Mais ce soir, ils ne sont que quatre sur l’estrade. Le chanteur est absent. Et c’est le bassiste au style nerveux et saccadé qui va le remplacer au pied levé. Les deux gratteurs sont complémentaires et affichent une belle maîtrise de leurs instruments. Les cordes claquent littéralement. Et la section rythmique est particulièrement efficace. Mais oui, il manque une voix pour faire la différence. Le substitut fait ce qu’il peut, mais il ne dispose pas des capacités vocales du titulaire. A revoir au grand complet !

Misery est originaire de Lille. Quelques heures avant le festival, ses membres ont rencontré l’ingé-son qui va se consacrer à leur mixing. Un défi ! Mais réussi, on vous le confirme. Ils sont pros et jouissent tous d’une technique irréprochable. Faut dire qu’ils ont déjà bien usé les planches de nombreuses salles. Et puis, il vient de graver un Ep 5 titres, « We Will Be Brave ». La sortie d’un premier elpee est, en outre, prévue pour la fin 2016. Ceux qui apprécient Slipknot ont certainement été bluffés. A cause des masques, des salopettes et de l'eau dans les caves... Et puis de la musique. Dévastatrice. Désarçonnante ! Faut dire que les deux gratteurs et le vocaliste renversent tout sur leur passage…

Stand For clôt le concours. Le chanteur ne se prend pas le chou. Avant de monter sur l’estrade, il paraît un peu timide, réservé ; mais dès qu’il y grimpe, il se transforme en véritable bête de scène. Sa voix est mélodieuse. Les membres du combo sont jeunes. Et ils ont rameuté leurs fans qui se sont déplacés en grand nombre. L’expression sonore est puissante, mais précise et harmonieuse. Un peu dans l’esprit d’Iron Maiden. La set list est bien équilibrée. Bref, vu le contexte et l’appui des nombreux aficionados, il fallait s’attendre à ce que la formation décroche la timbale.

Un petit mot pour Fabrice, l'ingé-son du Salon. Non seulement, il dansait derrière les manettes, mais il s’est à nouveau révélé irréprochable dans son rôle.   

Mais la soirée n’est pas terminée, puisque Shot In The Head et Liquid Stone'Z sont encore au programme. Comme guests ! The Butcher's Rodéo sera tête d’affiche lors de la finale prévue ce 11 novembre, qui se déroulera toujours au Salon de Silly. Et c’est donc Stand For qui ouvrira le bal…

(Organisation : Le Salon de Silly + Aubry Legrain)

Disorder Is Better + Krig + Don'T Mess With The Big Bear + Ocean Encouters + Misery + Stand For

Les Solidarités 2016 : dimanche 28 août

Les organisateurs ont le sourire ; et pour cause, le temps est au rendez-vous. Et puis surtout la veille, le festival a pulvérisé son record : il a accueilli 24 000 personnes. Un sold out fièrement affiché. Et ce dimanche, 19 000 spectateurs se sont donnés rendez-vous à la Citadelle de Namur. Une progression continue, puisque 28 000 âmes avaient été comptabilisées en 2014 et 36 000, en 2015. Sur le site on croise de nombreuses petites têtes blondes. Ils sont choyés, notamment grâce à la ‘Cité des enfants’. Et les medias n’ont pas à se plaindre, car l’espace qui leur est réservé est tout bonnement épatant. C’est à souligner, car ce n’est pas toujours le cas…

Le tableau était idyllique. Et une mauvaise nouvelle vient de tomber. Tiken Jah Fakoly doit déclarer forfait. Motif ? Deux vols successifs qui relient d’ordinaire Bamako à Paris ont été annulés par la compagnie Air France. Résultat des courses, la programmation est chamboulée. Starflam est invité en dernière minute et ouvre le bal…

Lorsque nous débarquons au beau milieu de l’après-midi, Marina Kaye est déjà sur les planches. Mais sa prestation fait quand même pâle figure. Révélée par l’émission télévisée ‘La France a un incroyable talent’, en décembre 2011, la jeune Marseillaise (NDR : elle n’a toujours que 18 printemps) possède un joli timbre vocal, mais son répertoire (NDR : est-ce vraiment du rock ?) s’adresse surtout aux ados prépubères. Flanquée d’un ‘symphonic metal band’ elle affiche une inébranlable confiance en elle. Elle s’autorise une cover du « Feeling good » de Nina Simone ; mais le résultat n’est pas vraiment convainquant. Manifestement, elle doit encore prendre de la bouteille.

Après avoir déambulé entre les nombreux stands militants, les bars et autres balançoires, on met le cap sur le cadre enchanteur du Théâtre de la Verdure. Pour y écouter notre comtesse (ou conteuse) du jour, Giedré. On sent le public nettement plus chaud que pour sa cadette hexagonale. Elle déboule seule sur scène, armée d’une sèche. Giedré c’est un personnage qui cultive les contrastes. Celles et ceux qui ne la connaissent pas imaginent que le répertoire de cette si jolie blonde aux yeux bleus (NDR : elle est de souche lituanienne) privilégie des  ballades folk romantiques. Que nenni ! En fait, il est constitué de chansons paillardes dignes de Didier Super. Elle aborde les thèmes de la vieillesse, de la pédophilie, du viol, des déjections et même de la mort. Avec un grand sourire. Le contraste entre son apparence extérieure puérile et le contenu de ses chansons est saisissant. Son humour est particulièrement sarcastique. ‘On m’a dit qu’il y avait beaucoup d’enfants aujourd’hui ; j’espère que ce sont des enfants sourds’. Elle entame son set par « Ode à la contraception » et puis n’oublie pas « Tire la chasse », « Grand-mère », « Pisser debout » ou « Toutes des putes » ; autant de titres qui reflètent son état d’esprit. Mais le plus étonnant procède de la réaction des jeunes, et même des moins jeunes, qui reprennent les paroles en chœur, conférant au spectacle une allure de feu de camp scout.

Les Innocents sont bien plus sages. Bizarre, ils ne rameutent pas la grande foule. Même les photographes et la presse boudent le show. Et ce malgré un passé glorieux ponctué par une ‘Victoire de la musique’, décrochée en 2015. Faut dire que cumuler les Ardentes, Ronquières et les Solidarités, la même année, provoque inévitablement l’overdose. Jean-Claude Urbain et Jean-Philippe Nataf grimpent sur l’estrade. Tout simplement. Le premier est armé d’une gratte sèche. Le second d’une électrique. ‘Il y a un an jour pour jour, on jouait à la fête de l’Huma’, déclare J.P., ‘On nous a dit que ce festival était dans le même thème, et on a adapté notre set list avec des titres plus engagés’. De bonne humeur, le duo aligne ses singles ; ce qui suscite, au sein de l’auditoire, une certaine sympathie. Mais bien gentillettes, ces chansons trempent un peu trop dans la variété pour séduire celles et ceux qui sont à la recherche d’originalité…

Marka et son Magic Stoemp va, a contrario, nous réserver une prestation bien plus rock’n’roll. Au sein de cette grande potée d’artistes bruxellois, on retrouve les revenants Allez Allez, dont sa compagne Laurence Bibot, mais également Marie Warnant ainsi que le tonitruant DJ saucisse. Le petit chapiteau ‘Magic Mirrors’ est plein comme un œuf, et l’ambiance y est bon enfant. Une bonne manière de clore une journée finalement variée, même si elle a vécu des hauts et des bas.

Set list (dans le désordre) : « Summer 2016 », « Jump in or fall », « Je prête à confusion », « Whats’s going wrong », « La poupée barbue », « Bruxelles », « Je parle », « Sans pareille », « It’s only football », « Bruxelles plurielle », « African queen », « Allez allez », « Bruxelles arrive », « Suzie Q » et « Accouplés »

(Organisation : Solidarités)

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Scène sur Sambre 2016 : samedi 27 août

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Le festival des Barges se déroule au sein du cadre idyllique de l'Abbaye d'Aulnes, un site unique en son genre. La scène est installée sur des barges en bord de Sambre. Elle fait face au public sur la rive gauche (à bâbord). A taille humaine, le festival peut accueillir un peu plus de 8 000 âmes par jour ; et ce samedi, c’est sold out. Il en est déjà à sa sixième édition et commence à devenir une solide référence au cœur de l'été. On s'y sent bien et il existe une grande complicité entre les artistes et le public…

L'astre de lumière est haut dans le ciel et tape déjà dur sur la plaine. Seule zone d'ombre (?!?!?) au tableau, la tente qui protège la régie sons et lumières. Votre serviteur avait dû déclarer forfait la veille, suite à un gros coup de chaleur. L'affiche était exceptionnelle, mais quand il faut affronter de telles conditions climatiques, les organismes ne sont jamais à l’abri d’une défaillance…

C’est à 15h45 que Sonnfjord ouvre le bal. Perso, il s’agit de LA découverte pour l’année 2016. Et pour cause, la formation avait tapé dans son oreille, en supporting act de Joe BeL, à l’AB, et puis au Cirque Royal, en première partie de Caravan Palace. Issu de Braine-L'Alleud, elle est drivée par la vocaliste Maria-Laetitia Mattern. Elle est soutenue par son frère Aurélio (Paon, Lucy Lucy) aux claviers, François de Moffarts (Lucy Lucy) à la basse et au chant, Jérôme Van Den Bril à la guitare ainsi que Fabio Zamagni (Noa Moon) aux drums. Très attendu, son premier album devrait sortit d’ici quelques semaines. Il fera suite à un Ep paru en février 2015 (« Up The Wooden Hills »). D’ailleurs, si le combo va largement puiser dans ce disque pour sa set list, il ne va pas pour autant négliger ses nouvelles compos. Difficile d’en dire davantage sur cette prestation, car la très jolie et prometteuse Emma Bale attend votre serviteur pour une interview… Set list : « The Tree », « Alpinist », « Fever », « Four Hundred Sunny Days », « Desert Town », « City Lights », « Carry On ».

Retour sur la plaine sur laquelle la foule commence à affluer. Mais la température semble encore avoir grimpé de plusieurs degrés. Ce qui n’empêche pas l’auditoire d’être chaud boulette pour assister au spectacle de Julian Perretta. Quoique d’origine italienne, il est de nationalité britannique. Ses bras sont couverts de tatouages. Il ne doit plus y avoir un morceau de peau de libre. Pour la petite histoire, en 2008, il avait rejoint Mark Ronson pour adapter un morceau des Smiths, « Stop Me » ; et en 2009, il avait été invité à assurer la première partie de Beyoncé. Cet artiste prête également sa plume à pas mal de confrères (Jessie J, Cee Lo Green, Taio Cruz, etc.). Il revendique, pour influence majeure, Jamiroquai. Pas étonnant qu’il ait collaboré en compagnie de deux de ses anciens musicos. Tout au long du concert, il va aligner ses hits. Et comme sa pop teintée de soul est propice à la danse, il met une chouette ambiance dans l’assistance.

Place ensuite à Emma Bale, aka Emma Balemans. Dès l’âge de 14 ans, elle s’était illustrée dans l'émission diffusée par VTM, 'The Voice Kids'. 3 ‘Mia's’, un disque d’or, des tas de vues sur YouTube et de streams plus tard, elle est invitée par Milow à assurer le supporting act de sa tournée. Nous sommes alors en 2015. Et certains n’hésitent pas à la comparer à Birdy, Gabriel Aplin voire même Adèle. Faut dire que le succès est au rendez-vous…

Il est 18h15 et elle entre en scène. Sexy, rayonnante, toute de blanc vêtue, elle s’installe derrière un pied de micro garni de fleurs blanches. Elle se sert circonstanciellement d’une gratte semi-acoustique et est rejointe rapidement par deux claviéristes/guitaristes (sèche ou électrique). Pas de bassiste ni de drummer, cette instrumentation est reproduite par un des synthés. Elle attaque son set par une version folk du « All I Want » de Kodaline, la cover qui avait permis de la découvrir sur le plan international. La voix est claire, limpide et lumineuse. Son adaptation du « Strange Entity » d'Oscar And The Wolf est dépouillée. Mais elle est encore meilleure que l’originale. Tout au long de « Nothing Arrived », son toucher de gratte est précis. Elle nous réserve une nouvelle chanson, « Greatest Lover », une compo empreinte de douceur. Autre cover, celle de « Stolen Dance » de Milky Chance ; et elle est particulièrement électrique. Parfois Emma pousse sa voix dans les aigus, à l’instar du tendre « World Untouched ». Elle n’oublie pas « Who's Sorry Now », un morceau co-écrit en compagnie de Jasper Stevelinck. Et c’est un délice pour les tympans. Plus électro, « Strangers » incite l’auditoire à remuer le popotin. Pas de Lost Frequencies, comme en 2015, pour attaquer « Run ». Mais encore une reprise, celle de « Fortune Cookie », un tube signé Milow. Et stupeur, on n’entend plus la voix d'Emma. Panne de micro ! Sans paniquer, elle rappelle ses deux musicos, qui s’improvisent danseurs de samba brésilienne. Et lorsque le son est de retour, Emma reprend le cours de sa chanson. Manifestement, elle a séduit le public du festival de Barges…

Le public est (a) chaud ; et il va complètement se lâcher lors de la prestation de Talisco, très attendue par le public. De son véritable nom Jérôme Alandi, le Bordelais est soutenu par un drummer, un guitariste/bassiste et un claviériste. Basiquement folk, sa musique est à la fois teintée de rock (NDR : à cause de l’intensité des grattes électriques) et d’électro. Ce qui ne l’empêche pas de nous servir des tubes. A l’instar de « Your Wish », « Follow Me », « Sorrow », « Glory » et « Everyone », particulièrement taillés pour la bande FM. Mais le plus intéressant procède de ses nouvelles compos qui figureront sur son prochain opus. Et franchement, à première écoute, elles sont vraiment excellentes. Sans quoi la voix de Jérôme est toujours aussi atmosphérique, des compos qu’il interprète dans la langue de Shakespeare. Et puis, il faut également souligner son art à faire participer le public, qui a vraiment apprécié cette forme d’interactivité.

Au loin, des éclairs lézardent le ciel. La température devient insupportable. L’orage guette. Aussi votre serviteur préfère quitter le festival pour rejoindre ses pénates. Pas de Balthazar. Ce n’est pas un problème, il a déjà vu le band à plus de 10 reprises. Dommage pour Ghinzu. Quant à Mustii, il revient au Cirque Royal. Donc pas de souci pour le revoir bientôt en concert. A l’année prochaine !

(Organisation : Scène sur Sambre)

Mustti + Ghinzu + Balthazar + Talisco + Emma Bale + Julian Perretta + Sonnfjord

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W-Festival 2016 : mardi 23 août

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Le W-Festival se déroule au milieu des champs. A Wortegem-Petegem, c’est-à-dire quelque part entre Audenarde, Deinze et Waregem. Et il se consacre essentiellement à la synth wave, l’electro dance et le post punk. Pour y parvenir, c’est quand même la galère. Aucun panneau indicateur spécifique ne vous dirige vers le site, et le GPS ne renseigne pas de destination ‘Den Brandenwiijn’. Ce n’est qu’après avoir sillonné les routes de campagne, en long et en large, qu’on arrive enfin à bon port. Au milieu de parcelles agricoles, où la moisson vient sans doute d’être achevée. Coup de bol, il ne pleut pas, car sur ces terres, le sol est encore relativement meuble, donnant l’impression de marcher sur des sables mouvants. Un parking y a été aménagé. Après les contrôles d’usage, on pénètre au sein d’un espace particulièrement bien aménagé. Le podium est impressionnant. Il y a du plancher qui couvre le sol sur tout le site et des chapiteaux, dont la plupart sont en structure pyramidale, y sont plantés autour. Judicieusement. Un plus grand a même été érigé à une cinquantaine de mètres face à la scène principale… au cas où il pleuvrait. 

En débarquant à 16h05, le set de Heaven 17 vient de commencer. Donc pas eu le loisir d’assister à ceux de The Serious Five, Portrait et De Brassers. Dommage pour ces derniers, car son style qui oscille de PiL à Wire, en passant par The Clash, The Damned et Joy Division mérite qu’on s’y intéresse.

Bref, revenons à nos moutons. C'est à l’issue de la scission de Human League que Heaven 17 est né. Le leader Phil Oakey et Phil Wright prendront la destinée du premier, alors que Glenn Gregory, Martyn Ware et Ian Craig Marsh fonderont le second. Depuis, pas mal d’eau a passé sous les ponts et Ian a abandonné le navire. Malgré quelques hits notoires, le combo est toujours un peu resté dans l’ombre de sa ligue humaine. En outre, il lui a fallu 17 ans, pour qu’il se décide à se produire en ‘live’ (NDR : en ne tenant pas compte des show télévisés, bien sûr). Ce sera en 1997. Et c’est surtout à travers ses vidéos et les pochettes de ses albums qu’il va véritablement s’illustrer. Des clips qui véhiculent le plus souvent des messages politiquement engagés…

Ils sont 5 sur les planches. Soit deux claviéristes (NDR : qui se servent de ‘Roland Fontana’ identiques, excusez du peu), dont Marty Ware, et deux choristes plutôt sexy ainsi que le chanteur Glenn Gregory. Souriant, il a la boule à zéro. Le son est excellent. Et le quintet va nous réserver une chouette prestation au cours de laquelle il va rendre un hommage à David Bowie, en interprétant son « Boys keep swinging »…

Green Gartside n’est pas davantage un adepte des planches. Ainsi, de 1980 à 2006, il n’a accordé aucun concert. Et pourtant, cet artiste a exercé une influence certaine sur de nombreux artistes. Et tout particulièrement sur Beck. Mais aussi Kurt Feldman (The Pains of Being Pure at Heart) et plus que probablement George Michael voire même Prince. Mais ici les avis des spécialistes divergent.

Quoi qu’il en soit, Scritti Politti va nous réserver un set partagé entre compos récentes et tubes, dont les inévitables « Absolute », « Wood Beez » et le plus reggae « The sweetest girl ». Green est soutenu par un préposé aux drums électroniques, un claviériste et un guitariste. Lui-même se consacre à la gratte. Il dispose d’un pupitre devant lui, mais –et c’est particulièrement cocasse– les feuilles qui lui servent d’aide-mémoire s’envolent au gré du vent ; un roadie s’évertuant à y remettre de l’ordre, à plusieurs reprises. Le son est nickel. Peut-être un peu trop puissant, quand même. Et falsetto, la voix de Gartside est d’une douceur infinie. La musique oscille entre synthpop, reggae, hip hop et soul ; mais si le concert s’avère agréable, il n’est guère interactif et finalement, on comprend mieux pourquoi Scritti Politti est considéré comme un groupe essentiellement de studio…  

Chanteuse de Kosheen, Sian Evans est très peu populaire au Sud de la Belgique. Grande fan de Joni Mitchell, elle rencontre cependant un énorme succès en Flandre, aux Pays-Bas et en Angleterre. A l’origine, Kosheen était une formation de musique électronique, mais son mélange de rock, de hip hop, de blues de drum n’ bass et folk est devenu de plus en plus organique, au fil du temps. Ainsi, sur les planches, elle est soutenue par un contrebassiste, un claviériste, un drummer, un guitariste (il se sert d’une sèche amplifiée) et de deux choristes. Et franchement, non seulement Sian a du coffre, mais c’est une fameuse showwoman. Elle invite la foule à frapper dans les mains et arpente l’estrade de long en large. Superbe, sa voix me fait parfois penser à celle de Joan Baez. Avant d’attaquer « All in my head », elle enfile une chasuble de couleur turquoise aux motifs fleuris. Mais sur ce titre plus blues, elle pousse ses inflexions vocales à la manière d’une Janis Joplin. En fait, c’est sa voix qui donne l’essentiel du relief à une musique qui malheureusement en manque singulièrement...

Place ensuite à Marc Almond. Tout de noir vêtu et chaussé de lunettes fumées (NDR : qu’il ôtera après quelques morceaux), il grimpe sur l’estrade lorsque tout son backing group est bien installé. Soit un guitariste, un drummer, un claviériste et deux choristes (NDR : une noire et une blanche). Et manifestement, il a l’air de tenir la forme. Et puis sa voix est intacte. Enfin, il fait constamment le show, par exemple en tendant le micro vers la foule pour qu’elle reprenne les refrains, les ‘sha la la la la’ ou encore les ‘woh woh woh’. Il arpente également l’estrade de gauche à droite (NDR : ou de droite à gauche, selon). Frappant des mains ou incitant l’auditoire à l’accompagner dans ses gestes. Et la foule s’exécute avec enthousiasme. Elle se met même à dodeliner de la tête, à chanter et même à danser. Des moments d’émotion traversent votre serviteur à l’écoute de « Bedsitter », « Tears run rings » ou encore « Torch ». Sans oublier l’incontournable « Tainted love », le hit de Soft Cell. En fin de parcours, il n’oublie pas sa version galopante du « Jacky » de Brel. Et achève le show par un titre au cours duquel il échange vigoureusement ses vocaux avec les choristes. Il va bien sûr recueillir des acclamations nourries. Et il le mérite amplement. Franchement, je n’imaginais pas un tel show de la part d’un artiste qui aujourd’hui tente de nouvelles expérimentations…

Ex-Joy Division et ex-New Order, Peter Hook a donc monté son propre groupe, The Light. En compagnie de David Potts à la guitare, de son fils, Jack Bates, à la basse, d’Andy Poole aux claviers et de Paul Kehoe aux drums. Mauvaise nouvelle, ce dernier n’est pas arrivé à destination. Il dispose probablement du même GPS que le mien (?!?!?). Résultat des courses, le claviériste doit aussi se charger de la boîte à rythmes, qu’il manoeuvre en se servant d’un pc portable. Deux basses dans la même formation, c’est plutôt rare ; et c’est ce qui fait le charme du combo. Mais également la guitare, dont les accords bien cinglants sont dignes de ceux dispensés par Phil Cunningham. Car pour le reste, on a quand même le droit d’être frustrés. Bien sûr, les morceaux proposés sont essentiellement puisés dans le répertoire de Joy Division ou des débuts de New Order (« Thieves like us », « Your silent face », « Subculture » « Blue Monday », « Isolation », « She’s lost control », etc.) ; et à l’écoute de ces classiques, on est envahi pas un sentiment de nostalgie. Peter se sert épisodiquement d’un clavinet, qu’il a placé dans un sac accroché à son pied de micro. Malheureusement, la voix de Peter est trop limitée. N’est pas Ian Curtis ou Bernard Summer qui veut. En fait, on a l’impression de goûter à un plat réchauffé. En outre, le set tire bien trop en longueur. Et n’apporte strictement rien de neuf. Peter aurait tout intérêt à engager un bon chanteur, et à oser la différence, s’il ne veut pas voir mourir son projet, à court terme…

Pas vraiment fan d’Alphaville, votre serviteur décide de rentrer à la maison ; et c’est Wim, notre photographe, qui lui a rapporté ses impressions. Un concert au cours duquel le groupe (un drummer, une bassiste, un guitariste, un claviériste et bien sûr Marian Gold au chant) a accordé un set particulièrement énérgique, bénéficiant d’un superbe light show, et tout particulièrement tout au long du hit « Big in Japan », la toile tendue derrière le band reproduisant des images de mangas (« Juliette je t’aime », « Cat’s eyes »), des signes en écriture japonaise ou des tracés géométriques bien nippons, sur fond de lumières rouges. Et selon notre collaborateur, la foule a beaucoup apprécié le show exécuté par le band allemand.

Bref, pour une première, on peut considérer que le W-festival a été une réussite. A taille humaine, il doit avoir attiré plus ou moins 2 000 festivaliers, pour la plupart des quinquas, dont le comportement a été vraiment exemplaire, car ils étaient venus pour faire la fête. Un public au sein duquel on a recensé de nombreux francophones. L’an prochain, faudra peut-être prévoir une autre bière que la pils (NDR : décidément, la blanche n’a pas beaucoup de crédit au Nord du pays), un vin rouge potable (à 4€ le verre, c’est un minimum) et de la nourriture un peu plus variée (entre les frites ou les pizzas, il n’y avait guère d’autre choix). Enfin, si l’organisateur cherche d’autres vieilles gloires qui ont marqué les eighties, tout en ne risquant pas trop de grever son budget, il pourrait penser à D.A.F., Gang of Four, Modern English, Wire et And Also The Trees. Enfin, si ces groupes sont alors encore bien en activité. Ce n’est qu’une suggestion, qui en vaut bien d’autres ; mais franchement, fallait oser un tel festival !

(Organisation : W-Festival)

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Sziget Festival 2016 : mardi 16 août

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C’est déjà le dernier jour du Sziget ! Le calendrier n’en est pas la seule preuve. Il suffit de se balader autour des tentes pour comprendre que pour bon nombre de festivaliers, il est temps de prendre un peu de repos. Mais avant le retour au pays, il reste encore huit bonnes heures de musique. Let’s go !

L’Europe Stage accueille une nouvelle fois le premier concert de la journée. Il s’agit de Salmo, un ‘gruppo’ de rap italien. 95% de l’audience doit certainement être composé de ressortissants du pays de Dante. Il faut dire que ce collectif est particulièrement notoire dans la botte ! Soutenu par ses collaborateurs, le chanteur met immédiatement le feu. Je ne comprends strictement rien de ce qu’il déblatère, mais son chant est nerveux et puissant. En outre, il a recours à des refrains aisément mémorisables. Lors d’un morceau de reggae –apparemment récent– il enjoint la foule à se diviser en deux camps, afin qu’elles se rentrent dedans. La journée démarre en force et elle se déroulera sous le signe du pogo !

Après une petite restauration, direction l’A38 Arena pour applaudir FIDLAR. Issu de Los Angeles, ce groupe de garage est, à ce jour, responsable de deux excellents elpees. Une chose est sûre, il va faire très chaud sous la tente. En fait, le combo jouit d’une notoriété turbulente. Et dès 18 heures, le chapiteau se transforme en véritable sauna. Pourtant, on est surpris par le premier titre du set. Une reprise du « Sabotage » des Beastie Boys. Et comme prévu, la foule remue déjà dans tous les sens. Une agitation qui sera constante tout au long du show. Et en enchaînant par « Cheap Beer », Zac Carper et ses potes mettent directement le public dans leur poche. Véritable hymne à la boisson, le morceau fait mouche ! Les compos défilent sans guère de répit. Tout le monde se bouscule et Zac passe la moitié du concert à jouer de la guitare, couché sur les planches. Mais impossible d’observer plus de dix secondes d’affilée ce qui se passe sur l’estrade tellement il y a du remue-ménage dans la fosse. Après le surpuissant « No Waves », je craque. Je suis forcé de sortir du chapiteau pour rejoindre le bar adjacent. La bouteille d’eau achetée passe cul sec et je retourne dans la bataille. Tout le monde est littéralement baladé du 30ème au 3ème rang sans trop comprendre comment. C’est la folie. Et physiquement, c’est éreintant. Les festivaliers vont perdre de nombreux litres de sueur durant l’heure de show ! Et c’est à l’issue de « Cocaine » que FIDLAR tire sa révérence. Il s’agit de la chanson la plus emblématique du combo. Elle baigne au sein d’un climat malsain ; ce qui ajoute du piment à cette fin de spectacle. Le quatuor californien a donné tout ce qu’il avait dans le ventre. Bien aidé par un public déchaîné, il a provoqué le plus beau pogo du Sziget. Et l’intensité était telle que de nombreuses personnes se sont effondrées, dès les derniers accords exécutés. Il ne leur restait plus qu’à aller s’hydrater. C’était même devenu impératif.

Après avoir pris un bon verre, cap vers la Main Stage pour un concert qui devrait être parfait et en même temps nous réserver un moment de détente : celui de The Last Shadow Puppets. Soit le projet commun d’Alex Turner (Arctic Monkeys) et Miles Kanes (The Rascals). Le duo est venu défendre son dernier opus, paru il y a quelques mois (« Everything You've Come To Expect »). Un rock bien british mais plutôt paisible ; et certainement bien plus cool que celui pratiqué par Turner et ses singes arctiques. On arrive plus au moins à mi-concert ; mais il y a encore quelques jolies compositions dans la set list à savourer. A l’instar de « Bad Habits », aussi dansante qu’addictive. Mais ce qui frappe d’abord, c’est l’état d’ébriété affiché par Alex. Il est même carrément bourré. Une chose est sûre, il n’a pas carburé à l’eau de la journée. S’il partage le chant avec Miles, il semble bien moins conscient que son compère. Son regard est livide. Il est même drôle à regarder, car il fait absolument n’importe quoi. Il finit même à quatre pattes durant la cover du « Tottaly Wired » de « The Fall ». Heureusement, les deux artistes se connaissent parfaitement. Ce sont des amis. Et ils sont parfaitement complémentaires. A plusieurs reprises ils osent l’impro ; et le résultat est totalement bluffant. Bref, on a vécu un bon moment en compagnie de marionnettes qui n’ont besoin de personne pour les articuler !

On reste sur place pour vivre l’‘End Show’ d’Hardwell ; mais franchement, hormis les artifices pyrotechniques, son dj set est vraiment banal.

On change alors de décor, puisque sous l’A38, Bullet for My Valentine achève sa prestation. Devant de nombreux fans. Il faut préciser qu’il y a près de 20 ans qu’ils sévissent sur la scène métallique. Les Gallois sont en pleine forme. Le quatuor n’a strictement rien perdu de son énergie et propose un set partagé entre ancien et nouveau répertoire. Et alors que tout le monde pense que le spectacle est terminé, il nous offre un rappel de deux chansons, clôturant définitivement le show par le tube « Walking the Demon ». Il me semblait bien que cette chanson manquait à la set list…

Crystal Palace, ce sera le dernier concert de ce Sziget pour votre serviteur. Honnêtement, avant qu’il ne débute, une grande crainte m’avait envahi. Et pour cause, depuis le départ d’Alice Glass, Ethan Kath s’est retrouvé un peu seul. La chanteuse charismatique et son partenaire n’étaient plus sur la même longueur d’ondes. Et elle a décidé de voler de ses propres ailes. Il a donc recruté une nouvelle vocaliste. Quid de la remplaçante, alors ? L’A38 est plongée dans l’obscurité. Même les écrans géants sont éteints. Les haut-parleurs crachent leurs rituelles sonorités électro ; mais la voix est beaucoup trop en retrait. A tel point qu’on dirait presque de la musique instrumentale. Edith Frances (NDR : c’est la nouvelle !) fait pâle figure dans le rôle d’Alice. Bref, les appréhensions se confirment : toutes les magnifiques chansons du premier album ont été abandonnées, car elles étaient bien trop imprégnées par la personnalité de Mrs Glass. Seule Crimewaves échappe au carnage, maigre consolation… En fin de set, « Celestica » tentera bien de nous mettre un peu de baume au cœur, mais la déception est immense. Dommage de clore ce festival par une aussi piètre prestation…

Les bagages sont prêts et l’avion décolle dans quatre heures. Il est temps de partir. Le Sziget est un événement bien à part de tout ce que votre serviteur a pu vivre dans le passé. Le temps semble comme figé sur cette île où finalement la musique n’est absente qu’entre 6 et 10 heures du matin. Le public vient de tous les horizons pour faire la fête ; et la solidarité est le maître mot. Des bars ouverts toute la nuit ou des tentes plantées à dix mètres des scènes. Une telle situation n’existe qu’à Budapest ! Côté musique, on regrettera une programmation un peu trop commerciale sur la Main Stage. Pour le reste, c’était top ! Dans l’avion, les souvenirs se bousculent et il est certain que lors de la première nuit dans mon lit, les rêves vont être colorés ! A bientôt Sziget. Et surtout, ne change pas !

(Organisation : Sziget Festival)

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Sziget Festival 2016 : lundi 15 août

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Plus que deux jours à savourer… Pourtant, la fatigue est de plus en plus palpable ; mais heureusement, la chaleur est un peu retombée et quelques nuages bienvenus se sont invités dans le ciel. C’est une bonne nouvelle, car aujourd’hui la plupart de la journée se déroulera devant la Main Stage. Mieux vaut éviter les insolations !

Il est 16 heures quand Years and Years grimpe sur l’estrade. Sculptés dans l’électro/pop, les morceaux sont bien trop lisses ; en outre, la voix du chanteur est excessivement mise en avant. Surtout qu’elle n’est pas vraiment irrésistible. Pas de quoi s’emballer. Finalement, on a l’impression de se farcir le show d’un facsimilé d’Oscar and the Wolf ; mais en moins bien. Cependant, le public féminin semble à nouveau prendre son pied. Tant mieux pour elles, alors !

Pour votre serviteur, la tête d’affiche de ce lundi revient à Kaiser Chiefs. Faut dire qu’il est un fan de longue date. Et puis, le chanteur, Ricky Wilson, est une véritable bête de scène. Le set démarre à 17h45. Le ciel est gris mais il ne pleut pas. C’est parfait ! A la surprise générale, la formation anglaise entame les hostilités par une nouvelle compo : « We Stay Together ». C’est une première ! Mais cette ballade diffère du rock nerveux pratiqué, en général, par le band issu de Leeds. La chanson est agréable à l’oreille, mais elle n’est pas vraiment transcendante. Heureusement, on ne reste pas trop longtemps sur sa faim. Car le combo embraie immédiatement par « Every Day I Love You Less And Less ». Soit le titre d’ouverture de son premier LP. Caractérisé par sa mélodie addictive et son refrain contagieux, ce morceau est du pur bonheur ! Tiens, le suivant est encore récent. Apparemment, la set list alterne ancien et nouveau répertoire. Pas un mauvais choix, car il permet de reprendre sa respiration après chaque tube ! Suivant sa bonne habitude, Ricky communique énormément avec son public et prend plaisir à le faire hurler de chaque coté de la fosse, ‘Kaiser’ et ‘Chiefs’. Tout en imposant le tempo. L’ambiance monte encore d’un cran !  Et bien sûr, le set s’emballe définitivement dès les premières notes de « Ruby », chanson reconnaissable entre mille. L’auditoire chante le refrain en chœur. Plus de temps de récupération, car le team va enchaîner par un triptyque de folie ! Après l’excellent « The Angry Mod », le classique « I Predict a Riot » résonne à travers la plaine. De quoi déclencher un pogo général. J’en perds même une chaussure. Pas grave, l’instant valait le coup ! Ricky Wilson décide alors de rejoindre la foule dans la fosse. C’est la folie ! On imagine alors que le set va s’achever tranquillos par le « Pinball Wizard » du Who. Mais les Anglais en ont encore sous la pédale et s’attaquent à « Oh My God ». Constant qu’il lui reste encore un  peu de temps disponible, Wilson intègre des ‘Na Na Na Na Naa’ au beau milieu de la chanson. Incitant le public à reprendre ces onomatopées, en chœur, bien entendu. Et pour  couronner le spectacle, il escalade un pylône avant d’entonner une dernière fois son ‘Oh My God I Can’t Believe It…’ Le show de Kaiser Chiefs s’est révélé à nouveau grandiose. Et l’intensité qu’il y a injectée était tout bonnement phénoménale. Un plaisir pour les oreilles et les yeux !

Noel Gallagher et ses High Flying Birds succèdent à Kaiser Chiefs. Pas de quoi en faire tout un plat, mais il est toujours chouette de revoir un membre d’un des plus célèbres duos de frères ennemis, en concert. Bien sûr, ce sont les morceaux du répertoire d’Oasis qui recueillent le plus de succès. A l’instar de  l’incontournable « Wonderwall ». Sans quoi, le set s’avère désespérément plat. Pourtant, Noel se montre particulièrement sympa à l’égard de son auditoire. Enfin, davantage que d’ordinaire. Opération séduction ? Possible, surtout depuis qu’il a annoncé, il y a quelques jours, avoir l’intention de reformer Oasis, en compagnie de son frangin. Affaire à suivre donc…

On abandonne la prestation du célèbre Mancunien flanqué de ses Oiseaux qui volent haut, pour mettre le cap vers l’A38 Arena, où Chvrches va se produire. Et je dois être parmi les derniers à avoir pris cette décision, car bon nombre d’autres mélomanes se sont déjà bien installés sous le chapiteau. Si bien qu’en débarquant, il est bourré comme un œuf. Et à cette heure-ci, c’est inattendu ! Il faudra donc assister au début du spectacle, à l’extérieur. Il règne une ambiance incroyable sous la tente. Faut dire que non seulement la belle Ecossaise ne manque pas de charme, mais elle a un don pour manipuler la foule. Maintenant, côté musical, l’électro/pop dispensée par la formation n’est vraiment pas dans mes cordes…

Retour donc sur la scène principale où Sia est programmée. Quand elle monte sur les planches, elle accuse un léger retard. Elle est vêtue d’une majestueuse robe blanche. Qui s’ouvre à mi-parcours d’« Alive » pour laisser la place à trois danseuses. Parmi lesquelles figure la petite Maddie Ziegler, devenue célèbre pour ses apparitions remarquables dans les clips de l’Australienne. Une chose est sûre, c’est l’autre star du show. En fait, on se demandait comme Sia –en général, bien trop statique– allait parvenir à rendre ses spectacles attractifs. Et bien elle a trouvé la solution : elle demeure en retrait, et laisse les danseurs et les acteurs focaliser tous les regards. Parfois on a l’impression d’assister à une pièce de théâtre, voire à un film. Si les titres les plus notoires ne sont pas négligés, il faut avouer que l’assistance est avant tout scotchée par le talent de Maddie. La gamine épate la galerie et tout particulièrement sur « Eslastic Heart », morceau au cours duquel elle réalise une performance parfaite en duo avec un danseur (NDR : qui n’est pas Shia Labeouf, comme dans le clip). Le show est superbement travaillé, et au sein d’un amphithéâtre, il devrait être incroyable.

Impossible ensuite d’accéder à l’A8 Arena, pour assister au concert de M83. Il y a beaucoup trop de monde, y compris à l’extérieur. Tant pis, on se contentera de l’Europe Stage où un groupe luxembourgeois, Say Yes Dog, a pris place sur le podium. Les drapeaux grand-ducaux flottent dans les airs. Le trio défend une forme d’électro assez proche de celle pratiquée par M83. Il y a peu de monde sous la tente, mais le combo se vide les tripes. Et franchement certains morceaux, surtout les plus dansants, comme « A Friend » ou « Stronger », passent parfaitement la rampe…

Une nouvelle journée se termine. Encore 24h à tenir. Mais pourquoi donc se plaindre quand on prend autant de plaisir ?

(Organisation : Sziget Festival)

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