L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

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Open’er 2017 : samedi 1er juillet

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L’Open’er se déroule à la même période que le festival Werchter. Et c’est un constat, il réunit une partie des mêmes têtes d’affiches. Mais la comparaison s’arrête là. Car tant l’hygiène que la surface de l’emplacement (NDR : verdoyants, ses 75 hectares couvrent une partie de l’aérodrome) permettent de se sentir à l’aise, malgré la foule, et de pouvoir respirer. Même lors du dernier jour de l’événement, en général le plus fréquenté. Aussi la rapidité pour rejoindre le site est impressionnante. Des navettes de transports en commun sont prévues, depuis la gare. Celles du RER son programmées toutes les 10 minutes ; et des bus circulent en continu. Y compris pour le retour. Côté météo, l’endroit est autrement exposé aux intempéries. La pluie tombe sans relâche depuis ce matin, poussée par le vent glacial de la mer Baltique. Dans ces conditions, difficile de rester longtemps sur place et un zapping entre scènes s’impose.

C’est sans doute ce temps qui incite la foule à se réfugier sous la Tent stage, où va se produire Tyga. Casquette bien vissée sur la tête, tatoué jusqu’au bout des doigts et arborant des chaînes en or, le rappeur américain est un parfait stéréotype du genre. Pas de grande surprise cependant pour ce set accordé dans la lignée de Drake ou autre Chris Brown.

La bonne surprise viendra de l’Alter stage où est programmé Benjamin Booker. Il a été bombardé ‘White stripe à lui tout seul’. Une épithète guère usurpée puisque Jack White, qui en est fan, l’a déjà embarqué en première partie de sa tournée. Et après avoir fait salle comble à la Rotonde du Botanique, on est en droit de voir ce qu’il a dans le ventre, lors d’un festival. Flanqué d’une blonde à la basse et d’un gratteur à la coupe afro, le Floridien dispense un rock/garage parfois bien brut de décoffrage. Une musique qu’il teinte parfois de blues, de boogie woogie ou même de glam, réveillant au plus profond de notre esprit, les fantômes de T Rex et de Chuck Berry.

The XX embraie pour une prestation d’une bonne heure, qui va faire bien pâle figure, par rapport à son prédécesseur. Les basses redondantes et les voix du duo, Romy et Jamie, deviennent rapidement soporifiques. Il est loin le temps de « Coexist », une œuvre parue en 2012 et qualifiée de magique, par de nombreux médias ; un opus qui avait suscité un énorme engouement pour la tournée qui avait suivi sa sortie…

La suite n’est guère plus réjouissante. Pourtant, Dua Lipa a le vent en poupe, en Angleterre. Une certaine presse la considère déjà comme la future Amy Winehouse voire Adèle, alors qu’elle n’a que 21 printemps. Et il est vrai que son timbre vocal est impressionnant. Mais elle n’a aucune présence sur les planches. Figée derrière son micro, elle est immuablement statique. De quoi lasser rapidement…

Lorde vient de fêter ses 20 ans. Néo-zélandaise, elle a entamé sa carrière très jeune et publié un premier elpee (NDR : sorti chez Universal), alors qu’elle en avait 17. Ce qui lui a permis de truster les récompenses aux ‘Brit awards’, l’année suivante. Elle a le bon goût de choisir en intro le « Running up that hill » de Kate Bush. Elle est cependant nettement moins prude que la célèbre Britannique. En dentelles, sa tenue laisse transparaître des sous-vêtements particulièrement sexy. Elle ne prend pas de risques en entamant son set par ses tubes « Tennis courts » et « Magnets ». Davantage electro/disco, la suite privilégie les plages de son dernier opus, « Melodrama », qui porte mal son titre. Dans un style qui oscille entre Lykke Li, Bjork et Florence Welch, elle s’autorise de jolies envolées vocales qui démontrent déjà une belle maîtrise, malgré son âge…

Mais c’est avec l’envie de terminer par une touche plus rock que votre serviteur rejoint la fin du set de Kevin Morby. Après avoir milité chez Woods et The Babies, ce songwriter a embrassé une carrière solo, il y a trois ans, et a publié autant d’album au cours de cette période. Il n’est pas sans rappeler Kurt Vile voire les Allah-las pour la touche folk désinvolte. Auteur d’une prestation quatre étoiles, ce natif du Missouri, va clore sa prestation par son single « Dorothy » et le rythmé « The ballad of Arlo Jones », dans un style proche de DIIV. De quoi oublier l’accumulation de fatigue et la sensation de froid éprouvée durant ce festival, pour le quitter les oreilles remplies de bonnes vibrations…

(Organisation : Open’er)

 

Main Square 2017 : vendredi 30 juin

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La première journée de l’édition 2017 du Main Square ressemble fort à un laboratoire, au sein duquel de nombreuses expérimentations vont être tentées, notamment, par System Of A Down, Soulwax et Vitalic. Une affiche qui risque donc fort de nous réserver pas mal de surprises… 

Biffy Clyro. Main Stage. 20:45 - 21:45

Le show de Biffy Clyro est prévu pour une bonne heure. Il va nous y proposer ses classiques, ainsi que des compos issues de son dernier opus, paru il y a tout juste un an. Non seulement le patronyme du combo est insolite, mais l’accoutrement l’est tout autant. Simon Neil et James Johnson ont enfilé des pantalons de pyjama. Celui du chanteur/guitariste est de couleur rose. Et du bassiste, est décoré de motifs partagés entre carreaux gris et blancs. Dès l’ouverture, « Wolves of Winter », extrait d’« Ellipsis », la tension électrique est maximale. A cause de la gratte, mais également de la ligne de basse. Issu de Kilmarnock, le trio assure, très souvent, le supporting act de Muse. Ce qui explique sans doute pourquoi, au fil du temps, les musicos sont devenus de véritables bêtes de scène. Faut dire aussi que le combo compte déjà sept elpees studios et deux ‘live’, à son actif. Comme lors de sont set accordé au Stade de France, le band, que les fans accueillent aux cris de ‘Mon the Biff’, a enchanté l’auditoire, en exécutant un post rock alternatif, mais aux accents romantiques. (Setlist : “Wolves of Winter, “Living Is A Problem Because Everything Dies Biblical”, “Howl”, “That Golden Rule”, “Black Chandelier”, “Bubbles”, “Re-arrange”, “Different People”, “Mountains”, “9/15ths”, “Animal Style”, “Many Of Horror”, “Stingin’ Belle”)

System Of A Down. Main Stage. 22:25 – 23:55

Né sur les cendres de Soil, System of a Down est né en 1994. Et ce band californien, dont les membres sont d’origine arménienne, est considéré comme une icône du néo-hard rock, depuis 1998. Les textes sont engagés et de nombreuses compos évoquent le génocide dont ont été victimes leurs compatriotes. On pourrait d’ailleurs comparer les lyrics à ceux de Zack de la Rocha, même si les cibles sont différentes. En outre, la musique est aussi écrasante et élaborée que celle de Rage Against The Machine (NDR : progressive ?) ; le combo n’hésitant pas à se servir d’instruments insolites comme l'oud, la cithare ou la guitare à 12 cordes. De quoi insuffler un autre souffle à la scène métallique contemporaine. Après avoir pris une pause en 2006, le combo a repris son bâton de pèlerin, dès 2010. De quoi assouvir la nostalgie de ses nombreux aficionados. Ce qui explique l’engouement suscité à chacune de ses apparitions ! Dès les premiers accords dispensés par la gratte de Daron Malakian, le public est aux anges. Il est secoué par l’émotion, en retrouvant la voix si familière du chanteur Serj Takian. D’autant plus que les classiques commencent à défiler. A l’instar de « Violent Pornography », « Chop Suey » ou encore « Sugar ». Les pogos et le headbanging s’invitent naturellement. Amusant, mais les fans s’évertuent à reproduire le phrasé vocal de Serj Takian, un exercice quasi-impossible à accomplir. Faut dire que la vélocité de diction du leader de SOAD est stupéfiante. Sans pour autant négliger le sens mélodique des chansons. Bref, grâce à System Of A Down, le Main Square a vécu un événement néo métal que sa programmation n’était jamais parvenue à vivre au cœur de son festival. De quoi lancer les hostilités pour les deux prochaines journées…

Soulwax. Green Room. 23:40 – 00:40

Soulwax est considéré comme un véritable OVNI dans l’univers de la musique. A cause de son mélange alternatif entre électronique et rock. C’est aussi le projet des frères Dewaele, mieux connus comme les piliers de 2ManyDjs. Stephen et David mènent ainsi deux carrières en parallèle tout en composant albums et B.O. pour le cinéma. Ainsi, en 2016, les frangins ont signé la musique du long métrage ‘Belgica’. Et au printemps 2017, ils ont publié l’opus « From Dewe », engendrant dans la foulée la création d’un nouveau show, sobrement baptisé ‘Soulwax Transient Program For Drums And Machinery’. Un spectacle aussi percutant que puissant, puisqu’il implique le concours de trois batteurs ! Qui vont mettre littéralement le feu. Sous leur impulsion, les morceaux vont inciter la fosse à se mouvoir en rythme. Tous les musicos sont vêtus de blanc. La fratrie Dewaele se charge des claviers ainsi que des pads électroniques et pose circonstanciellement ses voix dans le mix. Les trois drummers sont enfermés dans des cubes ; ceux installés de chaque côté du podium se font face et le troisième, est planté en arrière plan, devant l’auditoire. Le line up implique également un bassiste en un autre claviériste. L’expression sonore et le light show nous renvoient aux prémisses de la musique électronique ; une approche brute de décoffrage qui a manifestement conquis l’auditoire, même si la setlist a essentiellement réuni des morceaux issus du dernier long playing. Visuellement, on épinglera encore une l’image de la pochette du dernier LP –une tête !– qui s’élève au fond de la scène et telle une boule à facettes commence à tournoyer, apportant une perspective cosmique à la prestation du groupe…

Vitalic. Main Stage. 00:35 – 01:35

Vitalic c’est le bébé de Pascal Arbez-Nicolas. Il a étudié la musique en Bourgogne ; mais c’est en assistant à un concert de Daft Punk, qu’il commence à appréhender la musique différemment. Ses premiers pas dans l’électro sont plutôt impénétrables. Il monte différents projets et finit par opter pour celui de Vitalic. Il bosse alors sur des remixes, enregistre et entame des tournées internationales. Son dernier album, « Voyager », est paru début de cette année. Il nous entraîne au sein d’un périple oscillant entre électro futuriste et disco cosmique, sis aux frontières de l’imaginaire. Bien que les sonorités glaciales puissent crisper, leur reproduction en ‘live’ procure un cocktail détonnant qui incite à danser, tout en oubliant tout ce qui vous entoure. L’armature lumineuse, placée au-dessus de la tête de l’artiste, crée une symbiose avec la musique et transforme l’artiste en parfait maître de l’univers qu’il affiche sous les yeux et réserve aux oreilles des festivaliers. Tout au long de son set, on retrouve une sensibilité si particulière que reflète si bien l’excellent « Second Lives ». Ce qui devrait inciter les mélomanes à se replonger sur ses précédents essais.

La première journée du Main Square a tenu toutes ses promesses. Elle a aussi réveillé, en notre for intérieur, des souvenirs, mais également permis d’ouvrir la porte aux univers des autres. Une première journée éprouvante, mais que les artistes et groupes ont eu le bon goût de magistralement magnifier…

Voir aussi notre section photos ici

(Organisation : Main Square)

 

Open’er 2017 : vendredi 30 juin

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La troisième journée est la plus chargée au niveau programmation. Un regret quand même, que l’Alter stage ne serve plus et qu’aux artistes polonais. Et exclusivement ! Dommage, car dans le passé, on avait pu y applaudir les prestations d’ambassadeurs de la scène alternative, comme Swans, Kurt Vile ou encore Thurston Moore. La Main et la Tent stage sont réservés aux grosses pointures.

Après The Last Shadow Puppets, FFS ou encore Giraffe Tongue Orchestra, Prophets of Rage est considéré aujourd’hui comme le supergroupe incontournable. Et pour cause, il réunit le guitariste Tom Morello, le bassiste Tim Commerford et le batteur Brad Wilk, soit les ¾ de Rage Against The Machine, les Dj Lord et le MC Chuck D., issus de Public Enemy, ainsi que le leader de Cypress Hill, B-Real. Le collectif déboule sur l’estrade, le poing levé, alors que les sirènes retentissent. Le team va nous réserver plusieurs tubes signés par les trois formations susvisées, mais également le classique de House of Pain, « Jump around ». Sans oublier de rendre un hommage à feu Chris Cornell, à travers le « Like a stone » d’Audioslave. Si la voix de Chuck D a quelques ratés, lorsqu’il la conjugue en harmonie avec B-Real, le résultat est bien plus concluant. Mais c’est Tom Morello qui joue le chef d’orchestre de toute cette équipe. Difficile de croire que le natif d’Harlem a plus de 53 balais. Il bondit sur les planches tout en alignant ses riffs comme de véritables uppercuts. Seul Flea était parvenu, un an plus tôt, à mettre tout le monde d’accord, dans le cadre de ce festival…  

Préado, votre serviteur était fan de Michaël Jackson. Mais peut-on le comparer à The Weeknd ? La question mérite d’être posée. Car en grimpant sur l’estrade, Abel Tesfaye semble manifestement s’en inspirer. Inévitablement, on ne peut que penser aux clips de The King of Pop, tournés à l’époque de « Thriller ». Que ce soit la bande son en intro, le light show ou les effets techniques. Sans oublier la voix du Canadien, dont le timbre n’est pas sans rappeler l’époque « Off the wall » (NDR : sans doute la meilleure !) Et les tubes vont rapidement s’enchaîner. Depuis « Starboy » en ouverture (NDR : mais malheureusement pour les yeux, sans assister à un défilé de lingerie ‘Victoria Secrets’), « Wicked games », le planétaire « Can’t feel my face », le ‘Daft-punkien’ « I feel it coming » et le plus intimiste « The hills », en outro. Un final vécu comme une véritable déferlante de hits. Mais bon ici s’arrêtent les comparaisons, car si Tesfaye est charismatique, semble aussi perfectionniste, et négocie parfaitement ses sorties médiatiques et ses contrats publicitaires (Apple, H&M, …), il lui manque encore cette aura et surtout ce pas de danse (moonwalk) que Bambi était capable de dessiner en live, comme lors de ses shows accordés sur la plaine de Werchter…  

Autre podium autre style. Quatuor féminin, Warpaint est accueilli à bras ouverts et sous les cris stridents des festivaliers. Pas étonnant, lorsqu’on sait que la drummeuse, Stella Mozgawa, est d’origine polonaise. Et au sein d’un pays aussi patriotique, pour ne pas dire nationaliste, ce type de réaction est inévitable. D’habitude très discrète sur les planches, elle va s’autoriser quelques déclarations entre les titres. De quoi épater l’auditoire. Mais le concert va souffrir de moments plus faibles. Les frontwomen Theresa et Emily affichent des mines fatiguées. Et il faut attendre la fin de parcours, au cours duquel le combo va nous réserver « Love is to die » et « New song », pour voir enfin, les filles se lâcher. M’enfin, globalement, la prestation est demeurée agréable à l’écoute… et surtout à regarder, tant elles affichent un charme certain...  

Les infra-basses assourdissantes résonnent au loin. Pas de doute le trio allemand Moderat a entamé son set. Particulièrement puissants, les faisceaux lumineux transforment cette gigantesque plaine en dancefloor. De quoi réjouir les clubbers les plus enthousiastes, mais pas trop votre serviteur qui rejoint doucement ses pénates, vu l’heure avancée de la nuit…

(Organisation : Open’er)

 

Open’er 2017 : jeudi 29 juin

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La sécurité est devenue le maître mot dans les festivals. Sécurité humaine et sécurité des infrastructures. Le drame qui a secoué l’édition 2011 du Pukkelpop a entraîné de nouvelles mesures, y compris hors de la Belgique. Alors quand les prévisions météorologiques décrètent un avis de tempête, en fin d’après-midi, c’est le branle-bas de combat. Les organisateurs décident de chambouler le programme, et de le repousser en soirée, voire plus tard dans la nuit. Ce qui va écourter le planning de votre serviteur. Pour gouverne, le site sera épargné par ces intempéries…

En ce début d’après-midi, Charli XCX grimpe sur l’estrade. Sur la plaine, il y a du vent et il fait froid. Et pourtant, son show va faire remonter la température de quelques degrés. Vêtue d’un minishort et d’un top moulant (NDR : à la limite aussi vulgaire que celui porté par Miley Cyrus) et coiffée d’une casquette ‘up to date’ bien fixée sur le front, elle va multiplier les déhanchements. Le tout en se servant d’une recette toute simple pour enrober ses tubes : du r&b, des fumigènes et des cotillons. Et ses hits sont légion. Les ados se sont massés aux premiers rangs et ils reprennent les refrains en chœur, car ils les connaissent par cœur. Sans oublier de s’autoriser un selfie, en compagnie de la star, quand elle se rapproche de la foule. Qui semble prendre du bon temps. Votre serviteur, beaucoup moins…

En fait il attend, The Kills, un de ses groupes préférés. Surtout qu’il a loupé son concert intimiste, accordé au VK. Le combo se produit sur la grande scène. Et il fallait craindre que ce podium ne soit pas adapté à la prestation d’Alisson Mosschart et de Jamie Hince. Mais les doutes seront rapidement dissipés, balayés par de solides riffs de guitares. Le décor sur le podium est sobre. Seule une toile –dont le design semble inspiré par celui du dernier elpee, « Ash & Ice »– tapisse l’arrière-plan. La boîte à rythmes et le préposé aux fûts se conjuguent pour imprimer le tempo. Mais toute l’attention de l’auditoire est focalisée sur les deux leaders, VV et Hotel. Le public masculin est littéralement sous le charme d’Allison, comme s’il était hypnotisé. A cause de sa voix. Mais aussi de sa silhouette, qui pourrait facilement se prêter à un défilé de mode. Jamie a le sourire aux lèvres. En permanence. Tout en balançant ses solos de gratte. Un moment fort de la soirée… et du festival. 

Après cette claque rock, retour vers la Tent stage pour assister à la fin du set de M.I.A. Que de chemin parcouru par la Srilankaise depuis son passage à De Kreun, en 2010. Les écrans vidéo sont impressionnants et couvrent la largeur de la scène. Mathangi et sa choriste soignent les refrains et les pas de danse. Ils déambulent au bord de l’estrade, mais s’autorisent des incursions au sein de l’auditoire. L’artiste n’en oublie pas son tube « Paper planes », un titre qui sample le fameux « Straight to hell » du Clash, un morceau paru en 1982. Quand on pense que la plupart des spectateurs n’étaient pas encore nés à cette époque ! ‘I fly like papers, get high like planes’ s’exclame Maya. Et elle n’a pas vraiment tort, car une symbiose s’installe entre elle et la foule ; et cette forme de synergie la booste, manifestement…  

Il y a du peuple pour assister au concert de Foo Fighters. Beaucoup même. Et il s’ouvre en force par trois tubes : « All My Life », « Times Like These » et « Learn to Fly ». Mais la suite va se révéler moins fringante. L’accumulation de dates dans les stades et grands festivals semble influer négativement sur la voix de Dave Grohl. Elle est bien trop rauque. Faut dire qu’il ne cesse de pousser des cris pendant et entre chaque titre, alors que la présentation des compos pourrait être opérée en douceur. Les morceaux sont longs, pour ne pas dire tirés en longueur. Et les intros –dont certaines sont empruntées à Queen et Van Halen– ne sont pas de nature à réduire la voilure. Faut dire que le groupe a beau être généreux, il doit quand même assurer un show de 2h30 ! Au cours duquel, il va quand même nous réserver une vingtaine de titres, dont en final, « Best of you » et « Everlong »…

(Organisation : Open’er)

 

Open’er 2017 : mercredi 28 juin

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Il s’agit déjà de la 16ème édition de l’Open’er, un festival polonais auquel participe votre serviteur pour la 5ème fois. L’événement a déjà décroché, à deux reprises, le très prisé ‘European Festival Awards’, dans la catégorie ‘Best Major Festival’. Ainsi que de nombreuses autres nominations. Toutefois, sa localisation excentrée attire un public, en grande majorité, local. Soit bien loin de celui du Sziget, qui en constante évolution, draine un auditoire international…

Notre journée débute par le set de Royal Blood, dont la carrière a démarré en force, dès 2014, lors de la sortie de son premier elpee. Un éponyme. Il vient de publier son second. Intitulé « How did we get so dark », il est d’aussi bonne facture, mais ne réserve plus guère de surprise. Les refrains y sont même plus pop et inévitablement accrocheurs. Le concert sera d’ailleurs accordé dans cet esprit. Mais ce n’est pas la cohue face à la grande scène. Pourtant, généreusement tatoué, le drummer –dont le matos est surélevé sur une estrade, du côté droit du podium– n’hésite pas à se lever pour inciter les spectateurs à taper dans les mains. Les riffs sont lourds et semblent calqués sur ceux de Queens of The stone âge. Mais la mayonnaise a du mal à prendre. Le public débarque au compte-gouttes. Faut dire que les nombreuses formalités et autres contrôles de sécurité retardent l’arrivée des festivaliers. Si les organisateurs se félicitent d’avoir introduit en primeur une montre qui sert de moyen de paiement électronique, il faut avouer qu’avant de se la procurer, il faut patienter dans une première file, et puis dans une seconde, pour la charger…

Il y a déjà un peu plus de monde pour James Blake. Son entrée en scène est à la fois sobre et discrète. Il s’installe seul, derrière son clavier, pour aborder la reprise du « Vincent » de Don McLean. Puis, il est rejoint par un drummer et un deuxième claviériste, avant de balancer son tube, « Limit to your love ». Ses longues ballades sont autant de berceuses. Mais au fil du temps, elles deviennent carrément… soporifiques. Et même l’excellent « Retrograde » ne parvient pas à sortir la fosse de sa léthargie. Aussi, progressivement, le public se disperse afin de mettre le cap sur Tent stage au sein de laquelle, la température devrait grimper d’un cran…

Et pour cause, Solange Knowles y est programmée. Après être restée dans l’ombre de sa grande sœur Beyoncé (NDR : elle était d’ailleurs simplement danseuse chez les Destiny’s Child), son heure de gloire est arrivée, lors de la sortie de son troisième opus, "A Seat At The Table". Paru à l’aube de ses 30 ans, cet elpee a reçu un excellente critique auprès de la presse. Qui s’est concrétisée par une première victoire aux Grammy Awards, en 2017, dans la catégorie ‘meilleure performance R&B’. Une belle leçon de persévérance pour cette jolie métisse qui avait déjà gravé sa première plaque, à l’âge de 16 ans. Ce soir elle est flanquée d’un band exclusivement afro. Afro, pas affreux, loin de là, car les deux jolies choristes sont particulièrement sexy. En outre, sveltes et élégants, les six musicos semblent avoir été triés sur le volet. Dès leurs premiers pas sur l’estrade, la belle et ses acolytes entament une chorégraphie. Et elle est particulièrement soignée. On se croirait presque au spectacle de son aînée. Mais les compos sont bien plus profondes. Et les refrains autrement puissants. Très juste, sa voix est digne d’une grande chanteuse de gospel. Elle ne cesse de nous bluffer tout au long d’un show parfait, mais un peu court. Seule ombre au tableau, le son. Les infra-basses sont trop écrasantes et étouffent la voix ainsi que la section des cuivres, déjà discrète, au demeurant…  

Retour sur la grande scène pour la première grosse tête d’affiche de ce festival : Radiohead. Pas de problème, le son est parfait. Comme d’habitude, pourrait-on ajouter. Et les morceaux interprétés ne souffrent d’aucune faille. Pourtant, on aimerait qu’un contretemps ou une improvisation bouscule ce set impeccablement rôdé. Que ce soit les introspections, au cours desquelles les artistes se montrent très concentrés sur leur sujet, ou les dérapages sauvages voire déjantés, tout est strictement maîtrisé. La fusion entre rock électrique et électro épileptique est infaillible. Thom Yorke vit profondément chacune de ses compos. Le light show et les vidéos nous en mettent plein la vue. Les morceaux s’enchaînent à un rythme hallucinant, ne laissant guère le temps à la foule de reprendre son souffle. Et la set list n’a qu’un seul objectif : déconcerter. Pas question de tubes, comme « Creep ». La notoriété du band n’est plus à faire, aussi, il trace sa voie à sa guise. Et qui peut lui donner tort ?

Le long chemin du retour se profile déjà, car le programme de demain est plutôt chargé…

(Organisation Open’er)

 

Les Nuits Botanique 2017 : mardi 23 mai

Les Nuits Botanique ont refermé leurs portes dimanche dernier, mais le programme prévoit quand même un prolongement exceptionnel : un concert d'An Pierlé est organisé dans le cadre exceptionnel de l'Eglise Notre-Dame de Laeken, l'édifice néo-gothique dont la crypte abrite les tombes de la dynastie royale belge. Un an après avoir accordé un set sublime au sein de l’église des Dominicains, l'artiste gantoise est donc de retour aux Nuits ; et pour l’occasion, afin de célébrer la sortie, chez PiaS, du deuxième chapitre de son diptyque 'stellaire' : « Cluster ».

A l’instar du premier chapitre, « Arches » a été enregistré en partie dans une église et réserve une place prépondérante aux grandes orgues. C'est donc tout naturellement au sein d’édifices religieux qu'An Pierlé a choisi de faire vivre sa musique. A Laeken, étrangement, les grandes orgues ne seront pas utilisées et le podium sera installé non pas en dessous du jubé, comme d’habitude, mais sur l'hôtel. Les raisons de ce choix sont d'ordre logistique, l'entrée principale ne permettant pas l'installation de la scène à l'arrière de l’édifice. En outre, les dimensions gigantesques des orgues ne correspondent pas à l'atmosphère intimiste au sein de laquelle la musique de l’artiste baigne.

Le superbe « I Feel For The Child », issu de « Arches », ouvre le spectacle sur des claquements de doigts. Karel De Wilde, l'organiste, côtoie, une fois n'est pas coutume, les autres musiciens sur l’estrade. Et les sonorités digitales de son instrument, un Nord C2D customisé, ainsi que la voix nous transportent d'emblée au cœur d’une dimension mystique. Le break incrusté au milieu de la compo est d'une intensité et d'une puissance incroyables. ‘And you drown yourself in silence...’ Enfin, elle s’achève comme elle a commencé, en douceur, a capella…

L’auditoire, qui occupe complètement la nef centrale et les ailes, est déjà conquis. Dans la foulée, An Pierlé entame « Road To Nowhere », le premier extrait de « Cluster ». Aux côtés d'An, on reconnaît son partenaire à la scène comme à la ville, Koen Gisen (guitare, saxophone, percussions). Les harmonies vocales des deux choristes, Loesje Maieu et Kaat Hellings, sont d'une extraordinaire délicatesse, tout comme leurs interventions aux claviers et aux percussions.

Après « Vibra », An Pierlé présente son nouveau 'single', « Golden Dawn ». D’un ton humoristique, si caractéristique, elle propose à chacun d'écrire aux radios afin qu’il soit diffusé plus fréquemment ! L'interprétation est superbe. Sublime, le refrain vous saute au cou et vous enlace sans jamais plus vous lâcher : ‘The Golden Dawn is on its way. We dream... Keep dreamin' on...’ C'est lent, voluptueux, déchirant de beauté. 

« Huntifix » s’inscrit dans la même veine. Empreinte de tendresse, cette chanson d'amour est construite autour de quelques notes d'orgue et de piano, soutenues par le va-et-vient d’une maraca. Le saxophone et les notes d’ivoires apportent ça et là des couleurs plus 'free jazz'. La composition virevolte lentement, telle une danse sensuelle : ‘Do you want to undress me, Do you really want to see, Would you like to caress me, Do you want me entirely…’

Un petit bémol cependant : les choeurs féminins sont trop envahissants pendant ce morceau ; on aurait préféré être en tête-à-tête, virtuel bien sûr, avec la belle An.

S'ensuit l’épatant single « Birds Love Wires », qui figure également sur « Arches », une des plus belles compositions de ces deux dernières années. Avant d'interpréter « There Is No Time », An Pierlé invite quelques spectateurs à monter sur le podium afin de participer au tournage d'une vidéo. Sous la direction de l'artiste, et le temps d'une chanson, votre serviteur se retrouve à ramper sur le tapis du podium avec deux amies tandis que d'autres dansent et qu'une petite fille s'assied au piano à côté de l'artiste. Un moment comique, étrange et inoubliable !

La dernière partie du show se déroule dans la perspective d'une montée en puissance, alignant l'imposant « Sovereign », le sexy « Bedroom Dust » (qui rappelle Lana Del Rey, me confie judicieusement ma voisine, Charlotte) et enfin, le très sombre « Dragon JM ».

On épinglera également les superbes jeux de lumière qui exploitent à merveille l'architecture de l'église. Les faisceaux viennent jouer sur les voûtes et l'effet est féerique. Au fil des harmonies gothiques, on peut apercevoir les ombres de Lisa Gerrard et de Kate Bush qui ondulent dans les travées…

L'épique « Changing Tides » entame le rappel. Un tambour martial guide la composition dans une farandole enivrante, qui débouche sur un final époustouflant à trois voix.

Après avoir chanté une pub pour faite la promo de son nouvel album (encore un moment cocasse), An Pierlé prend enfin congé de l’auditoire sur une reprise à nouveau fabuleuse de « Such A Shame », le classique de Talk Talk. Il ne faut pas oublier que ce groupe anglais est une de ses références majeures ! L’approche est ici minimaliste : juste quelques notes de piano et les voix. Le public est crucifié de bonheur.

En conclusion : le nouvel album réussit brillamment l'épreuve du 'live', recueillant dans l'édifice gothique un superbe écho. Ce soir, nous étions invités par Notre-Dame de Pierlé... pour un joli point... d'orgues aux Nuits Botanique. (Voir aussi les photos ici)

Pour lire l'interview d'An Pierlé, c'est là.
Pour écouter l'émission spéciale WAVES consacrée à « An Pierlé », c'est ici.

Setlist:

Feel for the Child
Road To Nowhere

Vibra
Golden Dawn
Huntifix
Birds Love Wires
It's Like
Monkey
We Gravitate
There Is No Time
Sovereign
Bedroom Dust
Dragon JM

Encore:

Changing Tides
Such a Shame (Talk Talk cover)

En première partie, La Jérôme, alias Christa ‘Kiù’ Jérôme, auteur/compositrice belgo-haïtienne, franco-néerlandophone et bruxelloise se produisait en duo avec son guitariste. D’une voix très jazzy, elle a proposé un répertoire 'bluesy' à la fois épuré et émouvant. (Pour les photos, c’est là)

An Pierlé + La Jérôme duo

(Organisation: Botanique + Ancienne Belgique)

 

 

 

 

Les Nuits Botanique 2017 : samedi 20 mai

Le festival des Nuits Botanique touche bientôt à sa fin et se clôture en feu d'artifice. Avant la soirée des adieux, prévue au Cirque Royal, ce dimanche, la veille propose également un programme des plus alléchants : All We Are, Mountain Bike (release concert) et Warhaus au Cirque ; puis, ensuite, la nuit électro au Bota.

Quand votre serviteur débarque au Cirque Royal, All We Are termine son show. C’est même le dernier titre interprété par ce trio établi à Liverpool. Mais ce « Dreams » laisse une impression plutôt étrange. La musique est assez décousue, à la limite de la justesse, surtout dans le chef de la chanteuse. Il faut espérer que le début de set était de meilleure facture…

Enfin, après ce premier coup de pédale, place à Mountain Bike... Hum... Les jeux de mots sont faciles quand on évoque ce quatuor bruxellois. Depuis 2012, Etienne (chant, guitare), Charles-Antoine (guitare), Aurélien (batteur) et Stefano (bassiste) ont déjà publié un album éponyme sur Humpty Dumpty et aujourd'hui, c'est la soirée 'release' de la nouvelle plaque : « Too Sorry For Any Sorrow », qui sort sur le label bruxellois Humpty Dumpty et le franco-belge Teenage Penopause Records de nos amis Elzo Durt et François Abdel.

Dès les premiers titres, « Future Son » et « Absolutely », le ton est donné. Cette pop frontale, très 'british', énergique, psyché vire parfois carrément au 'post punk'. Post punk, à cause de ces sonorités de grattes légèrement désaccordées, mais bien cinglantes. On pense tour à tour aux Kinks, à Oasis, à Ty Segall, aux Stranglers ou encore aux Buzzcocks.

Déplorant que le parterre ait été disposé en mode places assises, Etienne s'empresse d'inciter l’auditoire à se lever : ‘On n'est pas là pour ramasser des champignons !’, exhorte-t-il, non sans une pointe d’humour. Le public s'exécute et l'ambiance monte tout de suite d'un cran.

La setlist privilégie les morceaux du nouvel elpee. « You'd Better Let Go » a de délicieux relents psychédéliques et « Escape Plan » est enrichi de superbes harmonies vocales. Issu du premier album, « I lost my hopes (in paradise) » n'a rien perdu de sa fougue et fait mouche comme à chaque concert du combo. Entre deux chansons, Etienne rend un hommage discret à Christophe Van Impe, le journaliste décédé il y a peu. Le set se termine en beauté dans la foulée de « Mean With You », « Torture » et « B+ B- ». Une prestation explosive et de très belle facture !

Votre serviteur n’a pas encore eu l’opportunité d’assister à un concert de Warhaus. Il est donc impatient de découvrir la suite du programme. Il faut dire que Maarten Devoldere, le 2ème chanteur de Balthazar, a fait très, très fort, en publiant « We fucked a flame into being », son premier LP solo. Pour la petite histoire, ce titre s’inspire de ‘Lady Chatterley's Lover’, le roman-brûlot de D.H. Lawrence.

Quand les musiciens montent sur le podium, on reconnaît Michiel Balcaen, qui milite également derrière les fûts, chez Balthazar, et Jasper Maekelberg, le leader de Faces On TV, à la guitare. Le couple glamour par excellence débarque enfin : Maarten Devoldere est habillé de noir, et sa longue veste lui confère un look très classieux ; et, à ses côtés, Sylvie Kreush, sa compagne à la ville comme à la scène, est particulièrement sexy dans sa tenue sombre bordée de voiles. La rythmique chaloupée de « Control » s’élève. Le chanteur se saisit de sa guitare/basse hybride et égrène les quelques notes qui sont ensuite répétées à l'infini par sa pédale 'looper'. Après quelques accords de mélodica, il commence à chanter... et… on est tout simplement subjugué. Sa voix est désinvolte et lancinante, comme celle de Nick Cave. Ou alors proche d’un Leonard Cohen, plongé au sein d’une atmosphère lynchéenne. Derrière lui, la silhouette de Sylvie Kreush ondule et fascine. La guitare essaime quelques cinglantes notes tiraillées en mode 'bend'. Un climat moite de cabaret érotique, chargé d'une sensualité à fleur de peau, baigne alors le Cirque.

Pour attaquer « Beaches », le poulain de l'écurie PiaS passe à la trompette et sample une ligne légèrement dissonante reproduisant une sirène de paquebot. Pas étonnant quand on sait qu’il a enregistré les bases de son album, sur un bateau, près de Gand. Une embarcation qui a d'ailleurs donné son nom au projet Warhaus. S’ensuit le riff quasi-funky de guitare, qui provoque une réaction enthousiaste du public. « Against The Rich » enfonce encore le clou grâce à son rythme rétro irrésistible.

Après un titre interprété par Sylvie Kreush, Devoldere nous réserve une version en solo de « Memory ». Quand on observe le manche sa gratte, manifestement elle a été trafiquée. La corde supérieure est prévue pour une basse et les trois supérieures, pour des cordes de guitare électrique. Ce qui permet au musicien de jouer les deux parties sur un seul instrument via deux micros/pick-ups séparés. Ingénieux !

Retour à la formation au complet pour aborder l'envoûtant « Machinery » et, surtout, le voluptueux « I'm Not Him », un slow qui évoque –et c’est à s'y méprendre– « Elle et Lui » de Max Berlin. Tout y est, même la 'cow bell', le son de clochette. Rassurez-vous, ce mimétisme est délibéré : l'artiste reconnaît vouloir adresser un clin d'oeil à ce titre légendaire.

Le concert arrive tout doucement à son terme et après la chanson 'locale', « Bruxelles », interprétée en solo, Warhaus choisit de terminer le show par une nouvelle compo, « Mad World ». La partie finale a capella est reprise en choeur par un public conquis, qui continuera à chanter, même après le départ des musiciens…

En un mot comme en cent, Warhaus est une véritable révélation. Outre les références citées, on y décèle encore d’autres influences, puisées chez Serge Gainsbourg et Lou Reed. Mais surtout une ambiance et un son qui rappelle le chef d'oeuvre « Pop Crimes », signé par le regretté Rowland S. Howard, l'ancien guitariste de Birthday Party... Seule petite déception ce soir : la stature de Devoldere. Elle est respectable en ‘live’, mais n'impose pas comme celle d'un Nick Cave. Mais peut-on vraiment lui reprocher cela? En résumé, ce soir, si Mountain Bike a confirmé tout son potentiel, on a assisté à l'éclosion, si pas d'une star, à tout le moins d'un talent avec lequel il va falloir compter... 

Philippe Blackmarquis

Warhaus + Mountain Bike + All We Are

After Party – Nuit Electro

Après l'enchantement maléfique dispensé par Warhaus, au Cirque Royal, cap vers le Botanique pour la désormais traditionnelle Nuit Electro, qui est programmée lors du dernier samedi du festival.
 

Pour débuter, dès minuit, dans la Rotonde, on va prendre une véritable claque dans la figure. Ou plutôt, on a encaissé une boule de neige lancée par Ross Tones, alias Throwing Snow. Le producteur londonien a gravé son premier album, "Embers", cette année ; et le résultat sur scène est bluffant. Sa musique électronique est puissante, pulsée et son côté 'trance', hautement hypnotique. Elle recèle aussi des touches krautrock dans les séquences à la Tangerine Dream. Les ambiances sont sombres et mélancoliques, à cause du recours aux accords mineurs. La salle n’est pas encore comble, mais les têtes dodelinent, comme emportées par l'invitation au voyage. Jolie entrée en matière !

Gay Pride oblige, l'artiste suivant est 'queer' : Zebra Katz (Ojay Morgan). A la fois rappeur, danseur et performer, cette icône du mouvement ‘Hip Hop Queer’ crée d'emblée une atmosphère toxique et moite, au sein d’une Rotonde à présent pleine. Vêtu d’une combinaison ignifugée et d’un masque noir, il intrigue. Sa musique lorgne vers un hip-hop à la limite du trip-hop, rappelant par moments Tricky. Impressionnant !

Mais il et temps de quitter la Rotonde pour rejoindre l'Orangerie, où nous attend Factory Floor. Dès 2005, date de sa naissance, la formation londonienne brouille les pistes. Techno primitive ou post-punk aux relents industriels ? La question mérite d’être posée. D’autant plus qu’un titre comme « Bipolar » lorgne vers Joy Division et The Fall. Aujourd'hui, F.F. réunit Gabriel Gurnsey (synthés, programmation, batterie) et la jolie Nik Colk (synthés, voix, effets). Un duo ! Sur le podium de l'Orangerie, Gurnsey se consacre à la batterie et Colk s’est installé en vis-à-vis, derrière une table, sur laquelle on imagine concentrés des synthés, des contrôleurs et des boîtes à rythme. En 'live', le son de F.F. est très 'techno modulaire'. Il s’agit de séquences de basses synthétiques et de beats électroniques sur lesquels Nik Colk applique des effets sonores, élabore des progressions et parfois, injecte quelques voix trafiquées. La musicienne ressemble d'ailleurs un peu à Nico, mais qui aurait teint ses cheveux en roux. Elle a enfilé un t-shirt de sport vert parfaitement kitsch. Gurnsey intervient pour soutenir les beats à l’aide de ses drums. Le public est enthousiaste mais malheureusement le set est écourté après 40 minutes, à cause des retards accumulés au fil de la soirée.

On profite de l'interruption pour se désaltérer, zappant au passage le set de l'Anglais Babyfather ; puis hop, retour à l'Orangerie pour la tête d'affiche de la Nuit : Paula Temple. La carrière de cette productrice/DJ, établie à Berlin, couvre plus de 20 ans ! Puissante et hybride, sa techno est construite à l'aide de logiciels comme Ableton et de contrôleurs qui manipulent les tracks et les samples. Elle se plante debout derrière ses machines. Et il émane d'elle une forme de mystère. Sans soute à cause de ses cheveux couleur anthracite et puis de son regard sombre. Quant au public, il est venu pour danser et Paula Temple lui fournit la bande-son idéale pour son délire nocturne. Une prestation pas très originale, certes, mais oh combien efficace.

Throwing Snow + Zebra Katz + Factory Floor + Babyfather + Paula Temple

Philippe Blackmarquis

(Organisation : Botanique)

Les Nuits Botanique 2017 : mercredi 17 mai

Ce mercredi 17 mai, le Cirque Royal sert de décor pour une soirée qui s’annonce autant variée que décalée. Et pour cause, les trois groupes programmés sont réputés pour leur ligne de conduite peu conventionnelle. Robbing Millions, BRNS et Jacques vont se succéder afin d’offrir au public des Nuits Botanique, des performances qui sortent des sentiers battus ; et en tout cas, loin du visage commercial affiché par bon nombre de spectacles, proposés une bonne partie de l’année, à Bruxelles.

Robbing Millions grimpe sur l’estrade à 19h30. C’est tôt pour un jour de semaine. Il fait plus de 30° à l’extérieur. Et on aurait préféré profiter un peu plus longtemps d’un soleil que l’on voit trop rarement. Cependant, la faute n’incombe pas au quatuor belge. Dont la pop –il ne fait aucun doute sur ce sujet– est particulièrement créative. Ainsi, chaque compo regorge de petites idées, parfois même insidieuses. C’est le point fort chez cette formation. Ce qui communique un joli relief à sa musique. En outre, la bande à Lucien Fraipont est passée maître dans l’art de torcher des refrains aussi simples qu’efficaces. Et un titre comme « In The No Air » synthétise parfaitement tout ce savoir-faire. Un superbe morceau pop, aussi délicat que solide. Un régal pour les oreilles, également. Sur les planches, Robbing Millions est aussi capable de se livrer. Son énergie est impressionnante. Le groupe sait qu’il est à un moment clé de son existence et il doit convaincre. Challenge réussi ce mercredi. Une excellente première partie qui deviendra aussi le meilleur moment de la soirée. Mais on y reviendra…

Après 30 minutes de pause, BRNS prend le relais. Un groupe qui nous a particulièrement enchantés au cours des dernières années. Première constatation, il y a un changement au sein du line up, puisqu’une demoiselle vient s’installer derrière les claviers. Le combo publiera son second elpee, ce 6 octobre prochain. L’occasion est donc belle de découvrir, ce soir, quelques nouvelles chansons mais également de redécouvrir les grands classiques du combo… Et bien non ! Le choix des Bruxellois est clair : le neuf avant tout ! Une exception qui confirme la règle, le hit « My Head Into You ». Exit donc les « Mexico » et « Our Lights », entre autres. On a quand même droit au nouveau single, dévoilé la veille du concert, « Pious Attitude ». Un morceau insipide et décevant. Parmi les nouvelles compos, quelques unes sortent du lot ; mais impossible de bien les appréhender par manque de repères. C’est là que le bât blesse. On peut comprendre l’importance de proposer des compositions inédites. Mais, à mon humble avis, c’est une erreur de ne pas revenir sur celles qui ont le plus marqué le public, surtout quand le nouvel elpee n’est pas encore sorti. De quoi être frustré, même si on sait bien qu’on laissera à  BRNS une nouvelle chance, lors de la sortie de ce « Sugar High »…

C’est finalement le DJ conceptuel Jacques qui clôture la soirée. Le Français se sert de bruits causés par des objets utilisés dans la vie quotidienne –produits par les ustensiles de cuisine ou des jouets, par exemple– pour enrichir sa musique électronique. Préenregistrés, il les insère judicieusement dans sa compo pour lui communiquer un aspect, finalement cohérent. Une technique intéressante, car elle permet de l’aborder sous un angle différent. En outre, son expression sonore est empreinte d’une certaine douceur ; ce qui permet de reprendre ses esprits après un set aussi peu accessible que celui de BRNS. Pas de grandes envolées, mais un moment qui va s’avérer agréable…

On ne peut manifestement pas décréter que cette soirée ait été la meilleure de l’année. Cependant, elle a permis de confirmer tout le bien que l’on pensait de Robbing Millions, probablement un des groupes qui devrait faire l’avenir de la pop noir-jaune-rouge, de découvrir les nouveaux titres du prochain opus de BRNS et d’assister à la prestation d’un artiste hexagonal complètement perché. Bref, finalement, ce n’était pas si mal du tout, en fait !

 Adrien Mouchet

 

Ce mercredi soir, c’est sous un grand soleil que les Nuits accueillent trois artistes américains. Et sous le Chapiteau. La soirée a été classée ‘folk à l’état sauvage’. Une formule qui définit assez bien l’état d’esprit de ces musiciens privilégiant le folk mais qui, dès qu’ils montent sur les planches, cherchent à communiquer une autre dimension à leur répertoire…  

Tim Darcy ouvre la soirée, face à un Chapiteau à moitié plein (NDR : ou vide, selon). Il s’était produit, en février dernier, à la Rotonde, en compagne de son groupe, Ought. Mais a contrario de ce set, le natif du Texas (NDR : bien qu’exilé à Montréal) monte sur le podium seul, armé de sa guitare. Il est venu présenter son excellent premier opus, « Saturday Night ». Ce qui ne va pas l’empêcher de proposer quelques nouvelles compos ; et elles sont de la même veine. Sa voix est nasillarde. Les accords de sa gratte sont particulièrement incisifs. Les spectres de Televison, Feelies et même parfois des Smiths rôdent. Malheureusement, si l’interprétation est impeccable et les morceaux solides, il faut reconnaître que trop minimalistes, ils accrochent difficilement. Manifestement, ils manquent de nuances. L’instrumentation est trop dépouillée. En outre, la voix est bien trop impérieuse. De quoi nous laisser sur notre faim…    

Vingt minutes plus tard, le Chapiteau est à présent quasi-comble pour accueillir Ryley Walker. Entre 2014 et 2016, cet Américain (NDR : il est originaire de l’Illinois) a publié 4 albums. On peut donc affirmer qu’il est prolifique. Son dernier elpee, « Golden sings that I have been sung », remonte à août de l’an dernier. La musique de cet artiste trempe dans un folk, parfois proche de feu Tim Buckley. On s’attend donc à un set essentiellement acoustique. Or, lorsqu’il grimpe sur l’estrade, il est suivi par un batteur, un bassiste et un guitariste. Conclusion, le concert est particulièrement électrique, nous entraînant alors au cœur d’un trip psychédélique. Certains titres dépassent même les 10 minutes, faisant alors la part belle au flux de cordes chargé d’intensité, mais permettant également au drummer d’étaler toute sa technique. Et paradoxalement, le songwriter, vient y poser la voix. L’auditoire semble conquis, face à ce quatuor qui prend un énorme plaisir sur les planches. Le libellé ‘folk à l’état sauvage’ a donc bien pris ici tout son sens. (Pour les photos, c'est ici)

Il est 22 heures, lorsque Angel Olsen débarque sur scène. Depuis la sortie de son premier LP, « Burn your fire for no witness », paru en 2014, le succès de la native de Saint-Louis est en courbe ascendante. Son dernier opus, intitulé « My Women », a conquis l’ensemble de la critique ; ce qui lui permet, aujourd’hui, d’enchaîner les dates de tournées et de figurer à l’affiche des plus grands festivals. Pour accomplir son dernier périple, elle a entraîné dans l’aventure, un backing group impliquant deux guitaristes, une bassiste, un batteur et une choriste. Ils sont tous vêtus de blanc. Et débarquent les premiers sur le podium. Suivis assez rapidement par la songwritrice, qui a enfilé un pull rayé aux différents coloris. Sa voix est tout bonnement merveilleuse et embrasse une large palette d’émotions. Il ne faut quand même pas oublier qu’elle a été la choriste du vénéré Will Oldham (aka Bonnie ‘Prince’ Billy). Ses musicos se contentent de l’accompagner, sans jamais sortir de leur cadre. Qui sera folk/rock. Pourtant, l’Américaine a de l’énergie à revendre. Entre chaque morceau, elle communique avec le public. Ou alors en profite pour réaccorder sa gratte. Faut dire que sous le Chapiteau, la température est particulièrement élevée. Pendant plus d’une heure, elle va enchaîner les plages de son dernier long playing et quelques uns issus de son précédent (« Unfucktheworld », « Hi-Five », …) Le public est conquis et quitte les lieux vers 23h. Soirée réussie ! (Pour les photos, c'est là)

Béber

Tim Darcy + Ryley Walker + Angel Olsen

(Organisation : Botanique)

 
 
 
 

 

 

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