Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de son nouvel album, « Adult Romantix », prévue pour le 22 août via son nouveau label Winspear. Cet elpee, inspiré par des textes de la période romantique comme…

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Cactus 2017 : vendredi 7 juillet

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Il s’agit déjà de la 36ème édition du festival Cactus, un festival familial, sans stress, qui a bénéficié, tout au long de ce week-end, d’une météo idéale, soit ensoleillée sans pour autant se révéler caniculaire, même si la température était particulièrement fraîche, le vendredi soir. Excellente initiative, le kiosque info a été installé en bord de site, ce qui libère de l’espace et permet ainsi à la foule de se rendre aux stands ‘food’ et de sortir du Minnewaterpark, plus rapidement…

Il y a déjà bien du monde pour accueillir l’Anversois Amir Fouad, aka Tamino. Sur les planches, cet auteur-compositeur-interprète –habillé chic– est soutenu par Tom Pintens (NDR : au cours des nineties, il a notamment bossé en compagnie de Stef Kamil Carlens), aux claviers et Ruben Vanhoutte, aux drums. La tessiture vocale de Tamino est très large. Il peut monter ou descendre facilement dans les octaves. Il ne compte qu’un Ep à son actif, mais en ‘live’, il parvient à donner une autre dimension à ses compos, et tout particulièrement son single « Habibi » ainsi que « Cigars »…

Het Zesde Metal, c’est le projet de Wannes Capelle, un natif de Wevelgem. Ce chanteur/compositeur/interprète/guitariste (NDLR : également acteur de théâtre) est responsable de titres engagés, sociopolitiques pour la plupart. Au sein du backing group, milite encore Tom Pintens. Il se charge des claviers. Le band monte sur l’estrade au son d’une B.O. d’Ennio Morricone. Wantje n’est pas avare de déclarations entre les morceaux. Mais en  néerlandais… Il a enregistré « Calais », pour dénoncer le problème des réfugiés qui veulent se rendre en Angleterre, mais en même temps, il marque son opposition au traitement de la question, par la gauche flamande. Pendant « Dag zonder schoenen », il invite la foule a lancer ses chaussures. Et le public s’exécute. Le sommet du concert sera atteint lors de son mash-up entre « Where is my mind » des Pixies et le « Boze wolven » de Gorki, suivi par son incontournable « Ploegsteert »…

Le répertoire de Michael Kiwanuka est souvent indolent, davantage propice à la glandouille du dimanche matin, qu’à booster son énergie. C’est sans doute la raison pour laquelle, son début de concert s’est révélé bien plus percutant que dans le passé. Et instrumental, son premier titre se singularise par un solo de gratte ‘floydien’. Inattendu ! Et vraiment chouette. La suite est même bien entraînante, son backing group, impliquant 5 musicos, se chargeant d’entretenir le groove. Les points culminants de son set seront atteints, en milieu de parcours, lors du funky « Black man in a white world », caractérisé par des lignes de basse à la James Brown, ainsi que tout au long de très joli « Home again ». Puis –chassez le caractère et il renvient au galop– Kinawuka va en revenir à une majorité de morceaux plus lents, au cours desquels les bavardages dans l’auditoire vont finir par couvrir le volume sonore du concert… 

The Verve avait, sans doute, bien plus de potentiel qu’Oasis à son origine ; mais son aventure s’est fracassée sur l’autel de la drogue, de l’alcool et de la dépression. Pourtant, le frontman, Richard Ashcroft, a rebondi en entamant une carrière solo plus que solide. On se souvient qu’en 2005, il avait ainsi accordé un concert étincelant à l’AB. La suite sera moins bien brillante…

Richard Aschroft est donc programmé comme semi tête d’affiche, au festival Cactus. Quand il monte sur l’estrade, on est frappé par sa silhouette : il est maigre comme un clou, a la boule à zéro, est chaussé de lunette noires, et semble avoir pris un fameux coup de vieux. On dirait presque Joe Starr. Il est flanqué d’un drummer, d’un bassiste et d’un gratteur. Ce dernier est sans doute un disciple du nombrilisme. Dès qu’il en a l’occasion, il en remet une, deux voire trois couches. Des soli qui nuisent manifestement à la subtilité des compos. Tout comme les bandes préenregistrées, qui reproduisent claviers et section de cordes. En outre, en début de parcours, la voix de Richard –régulièrement préposé à la sèche ou à la rythmique– n’est pas au top. « Out of my body » est rallongé inutilement. Hymnique, « This is how it feels » a un goût de Cranberries. « Space and time » manque d’âme, malgré l’envolée psyché. Et puis progressivement le charme recommence à opérer. « Sonnet », « Lucky man », « Love is noise », « Break the night with colour » ainsi que le plus optimiste « Music is power » retrouvent des couleurs. Et paradoxalement, c’est quand les morceaux adoptent le profil de la big music, même si elles sont enrichies de cordes préenregistrées, et surtout privés des exercices de style intempestifs du gratteur, que les compos se mettent à décoller. Comme lors de l’inévitable « Bitter sweet symphony », un final qui va faire vibrer notre fors intérieur…

Roisin Murphy n’a pas trop convaincu. Pourtant, son spectacle, impliquant notamment marionnettes, costumes multifonctionnels, masques et boas, a de quoi séduire visuellement. Mais ses 40 premières minutes, tramées sur une forme de mid tempo étrange, souffrent du vocal trop peu mis en exergue, pour ne pas dire noyé dans l’ensemble. La dernière demi-heure sera plus intéressante, grâce des beats hypnotiques injectés au remix de « Sing it back », au « Forever more » de Moloko et surtout à « Jealousy ». Et tout bon Dj sait que lorsque le public commence seulement à danser au cours des 30 dernières minutes de son set, il restera sur sa faim…

(Organisation : Cactus)

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(Merci à Nick)

Main Square 2017 : dimanche 2 juillet

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Troisième journée du Main Square. L’affiche va privilégier la quintessence du pop/rock ainsi que le blues/rock caustique. Et si toutes les formations programmées ont tenu leurs promesses, Radiohead a constitué, ce qu’on peut appeler la cerise sur le gâteau…

Mark Lanegan Band. Main Stage. 15:30 - 16:30

Mark Lanegan est un pilier du rock alternatif. Son aura est impressionnante. Et pour cause, il a participé activement au mouvement grunge, en militant au sein de Mad Season et puis Screaming Trees, à la même époque que Nirvana et Pearl Jam, sans pour autant récolter le même succès. Son premier groupe, The Jury, impliquait d’ailleurs Kris Nosolevic, le futur drummer de Nirvana. Il participé aux sessions d’enregistrements d’une centaine d’albums, dont ceux de Queens Of The Stone Age (on peut notamment entendre sa voix caverneuse, rocailleuse, hantée, sur « This Lullaby », une plage qui figure sur l’elpee « Lullabies To Paralyse »). Il a fondé Gutter Twins en compagnie du vocaliste, Greg Dulli, dès 2003. Bref, depuis le début des eighties, il est omniprésent. Les musicos de son backing group sont talentueux et classieux. Et Lanegan s’accroche à son micro nonchalamment, comme une véritable rock star qui a tout vécu. Bref, cette journée s’ouvre bien sous le signe du rock’n’roll. Entre chaque morceau, Mark remercie la foule massée devant lui. Et le MLB va nous livrer un set tout en subtilité et élégance…

Seasick Steve. Main Stage. 17:00 - 18:00

Pour suivre Mark Lanegan, qui de mieux qu’un authentique bluesman ? En l’occurrence Seasick Steve. Son pseudo, il le doit à un ami, qui avait constaté qu’il ne pouvait pas monter sur un bateau sans éprouver le mal de mer. Il s’est produit dans le métro parisien, fréquenté Janis Joplin et recruté –à une certaine époque– le futur drummer de Led Zeppelin, John Paul Jones, dans son groupe. Il raconte sa vie à travers ses chansons, des histoires au cours desquelles ses guitares ont aussi un rôle à jouer. Il n’oublie pas, non plus, de remercier son staff pour son aide précieuse ainsi que l’attitude du public si cher à son cœur qui n’a rien à envier à celui des plus jeunes. Son blues/rock contemporain nous entraîne au cœur d’une odyssée rock’n’roll où ne comptent que les riffs et les breaks percutants. En outre, l’artiste ne manque pas d’humour tout en communiquant sa bonne humeur. Au cours du show, il va ainsi inviter une femme à grimper sur l’estrade, pour lui dédier une chanson d’amour, intimant l’auditoire, sur le ton de la plaisanterie, de se taire, afin de les laisser tous deux profiter de cet instant intemporel. A l’issue de ce morceau, il l’embrasse et lui dédicace un vinyle. Et le concert de reprendre sous sa forme énergique. La foule va encore être surprise, lorsqu’il va entamer une expérience absurde, en jouant de la guitare sur les cymbales du drummer. Bref, il est tout de même impressionnant de voir ce qu’on peut réaliser à l’aide d’une batterie, d’une planche à lessiver, d’un manche à balai et de trois cordes…

Naive New Beaters. Green Room. 19:15 - 20:15

Naive New Beaters est un prototype des nouveau groupes 2.0, un peu high-tech, qui surfent sur la vague dite ‘tendance’. Les Parisiens ont d’abord un projet musical. Ils se produisent en public et enregistrent des albums. Mais pas seulement. Ils ont réalisé un film, tourné en Chine, consacré à la cuisine exotique. Ils créent donc, bien évidemment, leurs propres clips. Mais plus étonnant, ils brassent leur propre bière… Biberonné au rock, au rap, à l'électro, mais aussi au disco, le band est aujourd’hui responsable d’une musique funky, qui ressemble à un exercice de style complexe mais délicieusement approprié. Son show est à la fois déjanté, absurde et surtout drôle. La formation a entamé une nouvelle tournée, au printemps 2017, et Le Main Square en est, en quelque sorte, son couronnement. Pour ce soir, le trio bénéficie du concours d’une drummeuse et d’une bassiste. Ils sont tous vêtus de combinaisons de couleur bleu foncé, sur lesquelles sont représentées des mains. Leurs accoutrements sont aussi insolites que la manière de s’approprier la scène. Et pour cause, ils enchaînent les mouvements de danse improbables et les tirades saugrenues. Et pourtant, le spectacle séduit ; l’auditoire se mêlant à ce délire artistique stylisé. La set list alterne titres récents et morceaux plus connus. Ce qui explique sans toute pourquoi, tout au long de l’heure prévue, le combo est parvenu à entrer en osmose avec la foule, pour ce spectacle dédié à une caricature de la facétie, parfaitement planifiée et maîtrisée. Un moment de détente absorbé par les yeux et les oreilles de l’auditoire. Avant que le band suivant, appelé à prendre la relève sur la Main Stage, ne déterre –sauvagement– la hache de guerre…

Savages. Main Stage. 20:00 - 21:00

C'est-à-dire Savages. Britannique, ce quatuor féminin est drivé par la chanteuse/actrice française Camille Berthomier, alias Jenny Beth. Responsable de deux opus à ce jour, Savages porte bien son patronyme. A cause de ses prestations ‘live’ jugées féroces, dévastatrices et agressives, mais en même temps élégantes et séduisantes. Si ce groupe féminin est considéré comme l’héritier naturel de Siouxsie & The Banshees, à cause de son aura vénéneuse et intrigante, sa prestance et sa gouaille évoquent plutôt PJ Harvey. Vêtues de noir, les quatre filles affichent une dégaine raffinée et glaciale, redéfinissant le post punk à grands coups de talons aiguilles, de riffs acérés et de compos incandescentes, dans un esprit plus féminin que féministe. A l’issue d’une intro électro préenregistrée, reproduisant le son d’une piste de vinyle bloquée sur le même sillon, les filles montent sur le podium. Et leur aura est impressionnante. Jenny Beth intimide même du regard la foule. Elle semble même la défier. Ce sont les premiers signes de l’orage sonore qui va éclater. Les cordes de guitare sont stridulantes, mais parfaitement maîtrisées, la ligne de basse est précise et solide, le drumming est puissant et la voix de la leader corrosive. De quoi nous réserver un set à l’éclat particulier, au beau milieu de tous ces combos majoritairement masculins, qui se relaient au cours de la journée. Suivant un même rituel, Jenny Beth achève le show debout sur la foule, portée à bouts de bras par les festivaliers, comme si elle était devenue une statue érigée au combat pour les droits de la femme…  

Thylacine. Green Room. 20:45 - 21:45

Le Thylacine est un mammifère baptisé également loup marsupial, loup de Tasmanie ou encore tigre de Tasmanie. Son espèce serait éteinte depuis quelques décennies. C’est aussi le patronyme choisi par un duo électro angevin, impliquant le beatmaker William Rezé et son amie, issue des Beaux-Arts, Camille Després. Elle se charge des vocaux. La formation est tout autant capable de dispenser une électro soyeuse, qu’aventurière ; mais également de conférer à l’expression sonore des accents puissants et interstellaires. A l’instar du premier opus, enregistré dans le transsibérien au cours d'un voyage créatif. Lui est au départ saxophoniste. Il a découvert la musique électronique en la pratiquant. Elaborée, chaleureuse, entraînante et chatoyante à la fois, elle entraîne le mélomane au cœur de paysages intérieurs et extérieurs. Et le périple est magnifique. Pourtant, le projet est méconnu. En outre, la foule s’est déjà ruée vers la Main Stage, afin de se réserver une place de choix, pour vivre le concert de Radiohead. Aussi, il y a peu de monde devant la Green Room, pour assister à ce concert. Paisible, « Home » ouvre le set ; un morceau au cours duquel William se réserve un solo au saxophone. Le ton est donné. Il sera empreint de grâce. Et pourtant, inconsciemment, au sein de l’auditoire, les corps se mettent à remuer, bercés par les litanies électroniques lancinantes… mais aussi parfois percutantes. La formation ne va pas négliger les excellents titres de son long playing, à l’instar de « Poly, Piany Pianino » ou encore « Train », cette fameuse plage qui s’inspire de ce voyage au cours duquel les musicos ont emprunté le Transsibérien (NDR : on entend même le bruit du convoi sur les rails). Le son est nickel, l’instrumentation précise et les esprits sont propulsés dans leurs rêves visionnaires… Thylacine constitue certainement un des nouveaux moteurs de la musique électronique ; et ses évolutions futures sont à suivre plus qu’attentivement. Que du bonheur !  

Radiohead. Main Stage. 21:45 - 00:15

Radiohead est considéré comme une légende vivante, dans l’univers de la musique rock. Véritable référence, il continue de l’influencer. Et d’une manière toujours aussi conséquente. Par son souci constant de l’expérimentation. Fondé en 1985, le band d'Oxford a toujours été en avance sur son temps, en se remettant constamment en question ; et il est également parvenu à synthétiser ses propres références, qu’elles soient issues du rock, de la pop, du prog, du jazz, de l’électro, de la new wave ou même de la noisy. Et la liste est loin d’être exhaustive. Ce qui ne l’a pas empêché de rencontrer un succès certain. Et pas seulement grâce à l’un ou l’autre single, mais aussi ses nombreux albums, qui ont atteint, pour la plupart, le faîte des charts, quelques semaines après leur sortie. Sans oublier ses concerts, reflet d’un perfectionnisme qui n’a guère d’égal sur la scène contemporaine. Ce qui lui a permis de séduire plusieurs générations de mélomanes, même si les mauvaise langues lui ont reproché une démarche un peu trop intello. Ce soir, le combo se fait désirer. Les musicos débarquent donc en accusant un retard d’une dizaine de minutes. Et les premiers accords de « Daydreaming » sont accueillis sous les acclamations de la foule. Qui va bénéficier, d’un set de deux heures et demie. Plusieurs morceaux issus de « OK Computer » commencent à défiler. Et les applaudissements redoublent d’intensité lorsque le band attaque des titres notoires. A l’instar de « Let Down, Exit Music (For A Film) ». Ou encore, lors du premier rappel, l’incontournable « No Surprises ». Une prestation qui sera parachevée par l’inévitable « Paranoïd Androïd ». Si les musicos affichent une présence impressionnante sur les planches, le spectacle est doublé d’un spectacle visuel. Des écrans sont placés de chaque côté du podium et une gigantesque toile ovale est disposée en arc de cercle, derrière la formation. Y défilent soit des images du live (le set proprement dit, les prestations individuelles sur leur instrument, les gros plans focalisés sur leurs visages ou leurs membres qui s’agitent) ou des projections psychédéliques ; parfois en surimpression. Un set irréprochable. Comme d’habitude, serait-on tenté d’ajouter…

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(Organisation : Main Square)

 

 

Main Square 2017 : samedi 1er juillet

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Cette deuxième journée était sans doute la plus électronique du festival ; ce qui a permis à des jeunes artistes comme Talisco, Kungs ou Jain, de tirer leur épingle du jeu, mais également à des ténors comme Major Lazer et Die Antwoord de confirmer leur potentiel. Mais c’est surtout dans le style pop/rock que la surprise est venue, grâce au set déjanté de Cage The Elephant.

Talisco. Main Stage.  17:00 - 18 :00

Talisco nous vient tout droit de Bordeaux. Son folk/rock est musclé par l’électro ; mais les mélodies sont aussi entêtantes que dansantes. A son actif, un Ep, gravé en 2013, et deux albums, dont le dernier, « Capitol Vision », est paru début de cette année. Et manifestement,  Jérôme Amandi est toujours aussi fasciné par l’Amérique, ses compos constituant autant de road trips ensoleillés. S’improvisant conteur et cinéaste indépendant de la chanson, Talisco construit de somptueux paysages au sein desquels il éveille les sens, comme la caresse du soleil sur la peau, le vent dans les cheveux et la joie dans les cœurs. Une chose est sûre, sa musique incite le public à danser et à reprendre en chœur les refrains entonnés par Jérôme Amandi. C’est tout à fait flagrant lors des morceaux les plus connus, et notamment ceux qui ont servi de spot publicitaire ou de générique. Et comme l’enthousiasme des musicos est contagieux, l’auditoire a entamé de la plus belle manière, une journée qui allait devenir exceptionnelle…

Cage The Elephant. Main Stage. 18:30 – 19:30

Les frères Shultz et quelques potes ont fondé Cage The Elephant, à Bowling Green (NDR : c’est dans le Kentucky) en 2006, mais se sont installé à Londres, dès 2008 ; soit juste avant la sortie du premier elpee. Le combo puise ses influences fondamentales dans le rock classique, le blues et le funk. Vêtu d’une chemise de couleur rouge sang, d’un pantalon noir et chaussé de boots dorés à paillettes, Matt Shultz (NDR : c’est le leader) mène la danse et invite l’auditoire, contaminé par son énergie dévastatrice, à le suivre. Pas étonnant que certains médias estiment qu’il s’agit presque, d’une réincarnation de Mick Jagger. Depuis la sortie de son dernier opus, « Tell Me I'm Pretty », la musique a pris une coloration davantage indé. Oscillant entre southern rock frénétique et britpop. Faut dire que c’est Dan Auerbach, le leader des Black Keys, qui s’est chargé de la mise en forme de cet LP, un disque qui a permis au band de décrocher le ‘Grammy Award’ du meilleur album rock pour l’année 2017. Pour en revenir à la prestation de Cage The Elephant, on doit admettre qu’elle a laissé le public pantois, rappelant en même temps, ce à quoi pouvait ressembler un concert de ce style, au cours des 60’s voire des 70’s…

Jain. Main Stage. 20:00 - 21:00

 Jeanne Louis Galice et toulousaine. Agée de 25 ans à peine elle a choisi pour nom d’artiste, Jain. Elle puise ses sources musicales dans son enfance vécue à travers l'Afrique, en suivant le parcours de son père, guidé par ses activités professionnelles. Elle constitue une des bonnes surprises électro/pop pour l’année 2016. Dotée d’une identité visuelle et musicale particulièrement efficace, elle est capable de séduire tout type de public à l’aide de ses tubes entêtants et percutants. On se surprend même parfois à fredonner des morceaux comme « Come » ou « Makeba », récemment récupérés par la publicité. Le passage par le Main Square Festival était ainsi pour la jeune artiste le moyen de confirmer sa présence électrique sur scène. On pourra sans doute lui reprocher d’avoir sans doute voulu appliquer les mêmes codes que ceux utilisés en ‘live’, en voulant rester très proche, voire trop, du public et en attachant davantage d’importance à l’explication de son itinéraire qu’à la pratique de son art. Mais heureusement, le spectacle est quand même au rendez-vous. Sa voix au timbre si particulier continue de charmer. Et elle peut s’appuyer sur un backing group solide. De quoi contribuer à créer une très bonne ambiance. Pari réussi !

Die Antwoord. Main Stage. 21:30 – 22:45

Die Antwoord (NDR : la réponse, en afrikaans) est parvenu installer Le Cap et l'Afrique du Sud sur la carte de la musique. Inclassable, décapante et sauvage, celle du band est coulée dans le moule d’un modernisme certain. Cependant, elle est très susceptible de choquer les oreilles et même les yeux d’un public non averti. Elle agrège le rap alternatif, la rave et la ‘zef’ (NDR : issue de la culture locale, elle mêle trash, tradition et modernité) ; et sa transposition en ‘live’ est éminemment spectaculaire. Monumentale, même. La présence du combo en France est plutôt rare. Aussi, ce show accordé à Arras est une quasi-exclusivité. Bilan, Die Antwoord est aussi dérangeant sur les planches qu’à travers ses vidéos sulfureuses, dont plusieurs ont d’ailleurs été prohibées. Sur l’estrade, les musicos sont de véritables mutants. Piloté par la voix rauque du rappeur et co-leader Ninja ainsi que de celle, cristalline et suraiguë, de Yolandi Visser, le spectacle est insolite, complètement absurde. Interprétés dans un cocktail déroutant entre afrikaans et anglais, les textes sont véhiculés par une expression sonore particulièrement puissante, blindée par des accès de basses à faire vibrer les corps. Véritables transformistes, les deux leaders changent de tenues, entre chaque titre, préludant chaque fois, un morceau plus dingue que le précédent. Le show est donc manifestement au rendez-vous. On se prend une fameuse claque. Et ce même avant que la formation n’attaque des tubes tels que « Baby’s On Fire » ou « I Fink U Freaky ». En prenant un peu de recul, on pense inévitablement aux précédentes interdictions qui ont frappé les moins de 18 ans, pour assister aux concerts de Die Antwoord ; mais également à l’éventuelle réceptivité des festivaliers, à ce type de discours. L’inquiétude est cependant de courte durée et laisse heureusement vite place à une nouvelle idée. C’est un live à voir au moins une fois dans sa vie…

Kungs. Green Room. 22:35 - 23:35

Jeune DJ toulonnais, Valentin Brunel, a choisi Kungs, comme pseudo. Au cours des derniers mois, il a conquis les charts grâce, notamment, à « This Girl », fruit de la remasterisation électro d’un titre signé par le groupe australien Cookin’ on 3 Burners, et deux autres extraits de « Layers », son premier elpee, « Don’t you know » et « I feel so bad ». Le tout en 2016 ! Il a ainsi, en peu de temps, réussi à décrocher l'un des plus gros succès de l'année en matière de musique électronique dansante. Bénéficiant d’une communication visuelle conséquente, traduite par ses clips, il cartonne sur Youtube en y cumulant les millions de vues. Nommé aux Victoires de la Musique et invité au non moins célèbre festival de Coachella, Kungs est considéré comme le jeune DJ qui monte, à l’instar des réalisations du jeune beatmaker Petit Biscuit. Au cours de son ‘live’, il a proposé des remixes de classiques populaires publiés au cours du nouveau millénaire, des standards issus de la musique électronique et pop, afin de réunir un max de peuple et de le faire danser. De temps à autre, il y a glissé des plages extraites de son album, afin d’éviter que la foule ne finisse par se lasser. Le Dj jouit d’une excellente technique et d’une maîtrise impressionnante. Bref, on a vécu un excellent moment de partage entre amis ; de quoi bien préparer le terrain pour Major Lazer qui se produit dans la foulée, sur la Main Stage…

Major Lazer. Main Stage. 23:25 - 00:45

Diplo est considéré comme un des meilleurs Djs au monde. Producteur et compositeur au service de la crème de la pop urbaine mondiale, il avait, au départ, monté Major Lazer comme un projet parallèle, en s’inspirant de la culture jamaïcaine, un peu, en guise de récréation. Mais « Watch Out For This » et « Lean On » vont devenir des hits planétaires imparables ; et le projet va se transformer en véritable groupe. A temps plein et dont le succès potentiel devient considérable. Pour concocter son quatrième long playing, le band a reçu –comme d’habitude– de nombreux guests. Et des grosses pointures ! Major Lazer est une machine destinée à faire danser, annihilant toute fonction cérébrale pour laisser le corps décider de la suite des événements. L’annonce de l’arrivée imminente du combo provoque déjà une véritable ovation. Sa réputation le précède, comme sa montée sur les planches. L’ambiance est donc déjà torride, alors que le set n’a même pas encore commencé. Et dès les premiers accords, les festivaliers commencent à se déhancher. Il ne faut même pas attendre les tubes pour que la machine à fumée soit déclenchée et les canons à confettis arrosent l’auditoire. On entend quelques notes de « Watch Out For This »… fausse alerte, c’est une ruse ! La foule est déchaînée et n’attend plus que le moment au cours duquel il pourra laisser éclater son euphorie. En fin de show, le groupe invite l’auditoire à suivre ses instructions. Message reçu 5 sur 5 ! D’abord bondir tous en même temps, puis se précipiter en courant à gauche et enfin à droite. La liesse est à son comble lors du dernier titre, « Lean On », au cours duquel le band en profite pour remercier le public français. En revêtant les vareuses de l’équipe de France de football et en agitant un gigantesque drapeau aux couleurs tricolores. Et le show de s’achever, avec un certain soulagement, davantage réclamé par les muscles endoloris que par une réelle envie de voir clore une des plus belles prestations accordées sur la Main Stage.

Bref, un bilan plus que positif pour cette deuxième journée du festival, placée sous le signe de l’électro, au cours de laquelle on a assisté à un concert extrême, savouré ceux de formations intemporelles et vécu des expériences intenses. Autant pour le corps que pour l’esprit. Sans oublier les découvertes pour les uns et les redécouvertes pour les autres…

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(Organisation Main Square)

 

Open’er 2017 : samedi 1er juillet

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L’Open’er se déroule à la même période que le festival Werchter. Et c’est un constat, il réunit une partie des mêmes têtes d’affiches. Mais la comparaison s’arrête là. Car tant l’hygiène que la surface de l’emplacement (NDR : verdoyants, ses 75 hectares couvrent une partie de l’aérodrome) permettent de se sentir à l’aise, malgré la foule, et de pouvoir respirer. Même lors du dernier jour de l’événement, en général le plus fréquenté. Aussi la rapidité pour rejoindre le site est impressionnante. Des navettes de transports en commun sont prévues, depuis la gare. Celles du RER son programmées toutes les 10 minutes ; et des bus circulent en continu. Y compris pour le retour. Côté météo, l’endroit est autrement exposé aux intempéries. La pluie tombe sans relâche depuis ce matin, poussée par le vent glacial de la mer Baltique. Dans ces conditions, difficile de rester longtemps sur place et un zapping entre scènes s’impose.

C’est sans doute ce temps qui incite la foule à se réfugier sous la Tent stage, où va se produire Tyga. Casquette bien vissée sur la tête, tatoué jusqu’au bout des doigts et arborant des chaînes en or, le rappeur américain est un parfait stéréotype du genre. Pas de grande surprise cependant pour ce set accordé dans la lignée de Drake ou autre Chris Brown.

La bonne surprise viendra de l’Alter stage où est programmé Benjamin Booker. Il a été bombardé ‘White stripe à lui tout seul’. Une épithète guère usurpée puisque Jack White, qui en est fan, l’a déjà embarqué en première partie de sa tournée. Et après avoir fait salle comble à la Rotonde du Botanique, on est en droit de voir ce qu’il a dans le ventre, lors d’un festival. Flanqué d’une blonde à la basse et d’un gratteur à la coupe afro, le Floridien dispense un rock/garage parfois bien brut de décoffrage. Une musique qu’il teinte parfois de blues, de boogie woogie ou même de glam, réveillant au plus profond de notre esprit, les fantômes de T Rex et de Chuck Berry.

The XX embraie pour une prestation d’une bonne heure, qui va faire bien pâle figure, par rapport à son prédécesseur. Les basses redondantes et les voix du duo, Romy et Jamie, deviennent rapidement soporifiques. Il est loin le temps de « Coexist », une œuvre parue en 2012 et qualifiée de magique, par de nombreux médias ; un opus qui avait suscité un énorme engouement pour la tournée qui avait suivi sa sortie…

La suite n’est guère plus réjouissante. Pourtant, Dua Lipa a le vent en poupe, en Angleterre. Une certaine presse la considère déjà comme la future Amy Winehouse voire Adèle, alors qu’elle n’a que 21 printemps. Et il est vrai que son timbre vocal est impressionnant. Mais elle n’a aucune présence sur les planches. Figée derrière son micro, elle est immuablement statique. De quoi lasser rapidement…

Lorde vient de fêter ses 20 ans. Néo-zélandaise, elle a entamé sa carrière très jeune et publié un premier elpee (NDR : sorti chez Universal), alors qu’elle en avait 17. Ce qui lui a permis de truster les récompenses aux ‘Brit awards’, l’année suivante. Elle a le bon goût de choisir en intro le « Running up that hill » de Kate Bush. Elle est cependant nettement moins prude que la célèbre Britannique. En dentelles, sa tenue laisse transparaître des sous-vêtements particulièrement sexy. Elle ne prend pas de risques en entamant son set par ses tubes « Tennis courts » et « Magnets ». Davantage electro/disco, la suite privilégie les plages de son dernier opus, « Melodrama », qui porte mal son titre. Dans un style qui oscille entre Lykke Li, Bjork et Florence Welch, elle s’autorise de jolies envolées vocales qui démontrent déjà une belle maîtrise, malgré son âge…

Mais c’est avec l’envie de terminer par une touche plus rock que votre serviteur rejoint la fin du set de Kevin Morby. Après avoir milité chez Woods et The Babies, ce songwriter a embrassé une carrière solo, il y a trois ans, et a publié autant d’album au cours de cette période. Il n’est pas sans rappeler Kurt Vile voire les Allah-las pour la touche folk désinvolte. Auteur d’une prestation quatre étoiles, ce natif du Missouri, va clore sa prestation par son single « Dorothy » et le rythmé « The ballad of Arlo Jones », dans un style proche de DIIV. De quoi oublier l’accumulation de fatigue et la sensation de froid éprouvée durant ce festival, pour le quitter les oreilles remplies de bonnes vibrations…

(Organisation : Open’er)

 

Main Square 2017 : vendredi 30 juin

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La première journée de l’édition 2017 du Main Square ressemble fort à un laboratoire, au sein duquel de nombreuses expérimentations vont être tentées, notamment, par System Of A Down, Soulwax et Vitalic. Une affiche qui risque donc fort de nous réserver pas mal de surprises… 

Biffy Clyro. Main Stage. 20:45 - 21:45

Le show de Biffy Clyro est prévu pour une bonne heure. Il va nous y proposer ses classiques, ainsi que des compos issues de son dernier opus, paru il y a tout juste un an. Non seulement le patronyme du combo est insolite, mais l’accoutrement l’est tout autant. Simon Neil et James Johnson ont enfilé des pantalons de pyjama. Celui du chanteur/guitariste est de couleur rose. Et du bassiste, est décoré de motifs partagés entre carreaux gris et blancs. Dès l’ouverture, « Wolves of Winter », extrait d’« Ellipsis », la tension électrique est maximale. A cause de la gratte, mais également de la ligne de basse. Issu de Kilmarnock, le trio assure, très souvent, le supporting act de Muse. Ce qui explique sans doute pourquoi, au fil du temps, les musicos sont devenus de véritables bêtes de scène. Faut dire aussi que le combo compte déjà sept elpees studios et deux ‘live’, à son actif. Comme lors de sont set accordé au Stade de France, le band, que les fans accueillent aux cris de ‘Mon the Biff’, a enchanté l’auditoire, en exécutant un post rock alternatif, mais aux accents romantiques. (Setlist : “Wolves of Winter, “Living Is A Problem Because Everything Dies Biblical”, “Howl”, “That Golden Rule”, “Black Chandelier”, “Bubbles”, “Re-arrange”, “Different People”, “Mountains”, “9/15ths”, “Animal Style”, “Many Of Horror”, “Stingin’ Belle”)

System Of A Down. Main Stage. 22:25 – 23:55

Né sur les cendres de Soil, System of a Down est né en 1994. Et ce band californien, dont les membres sont d’origine arménienne, est considéré comme une icône du néo-hard rock, depuis 1998. Les textes sont engagés et de nombreuses compos évoquent le génocide dont ont été victimes leurs compatriotes. On pourrait d’ailleurs comparer les lyrics à ceux de Zack de la Rocha, même si les cibles sont différentes. En outre, la musique est aussi écrasante et élaborée que celle de Rage Against The Machine (NDR : progressive ?) ; le combo n’hésitant pas à se servir d’instruments insolites comme l'oud, la cithare ou la guitare à 12 cordes. De quoi insuffler un autre souffle à la scène métallique contemporaine. Après avoir pris une pause en 2006, le combo a repris son bâton de pèlerin, dès 2010. De quoi assouvir la nostalgie de ses nombreux aficionados. Ce qui explique l’engouement suscité à chacune de ses apparitions ! Dès les premiers accords dispensés par la gratte de Daron Malakian, le public est aux anges. Il est secoué par l’émotion, en retrouvant la voix si familière du chanteur Serj Takian. D’autant plus que les classiques commencent à défiler. A l’instar de « Violent Pornography », « Chop Suey » ou encore « Sugar ». Les pogos et le headbanging s’invitent naturellement. Amusant, mais les fans s’évertuent à reproduire le phrasé vocal de Serj Takian, un exercice quasi-impossible à accomplir. Faut dire que la vélocité de diction du leader de SOAD est stupéfiante. Sans pour autant négliger le sens mélodique des chansons. Bref, grâce à System Of A Down, le Main Square a vécu un événement néo métal que sa programmation n’était jamais parvenue à vivre au cœur de son festival. De quoi lancer les hostilités pour les deux prochaines journées…

Soulwax. Green Room. 23:40 – 00:40

Soulwax est considéré comme un véritable OVNI dans l’univers de la musique. A cause de son mélange alternatif entre électronique et rock. C’est aussi le projet des frères Dewaele, mieux connus comme les piliers de 2ManyDjs. Stephen et David mènent ainsi deux carrières en parallèle tout en composant albums et B.O. pour le cinéma. Ainsi, en 2016, les frangins ont signé la musique du long métrage ‘Belgica’. Et au printemps 2017, ils ont publié l’opus « From Dewe », engendrant dans la foulée la création d’un nouveau show, sobrement baptisé ‘Soulwax Transient Program For Drums And Machinery’. Un spectacle aussi percutant que puissant, puisqu’il implique le concours de trois batteurs ! Qui vont mettre littéralement le feu. Sous leur impulsion, les morceaux vont inciter la fosse à se mouvoir en rythme. Tous les musicos sont vêtus de blanc. La fratrie Dewaele se charge des claviers ainsi que des pads électroniques et pose circonstanciellement ses voix dans le mix. Les trois drummers sont enfermés dans des cubes ; ceux installés de chaque côté du podium se font face et le troisième, est planté en arrière plan, devant l’auditoire. Le line up implique également un bassiste en un autre claviériste. L’expression sonore et le light show nous renvoient aux prémisses de la musique électronique ; une approche brute de décoffrage qui a manifestement conquis l’auditoire, même si la setlist a essentiellement réuni des morceaux issus du dernier long playing. Visuellement, on épinglera encore une l’image de la pochette du dernier LP –une tête !– qui s’élève au fond de la scène et telle une boule à facettes commence à tournoyer, apportant une perspective cosmique à la prestation du groupe…

Vitalic. Main Stage. 00:35 – 01:35

Vitalic c’est le bébé de Pascal Arbez-Nicolas. Il a étudié la musique en Bourgogne ; mais c’est en assistant à un concert de Daft Punk, qu’il commence à appréhender la musique différemment. Ses premiers pas dans l’électro sont plutôt impénétrables. Il monte différents projets et finit par opter pour celui de Vitalic. Il bosse alors sur des remixes, enregistre et entame des tournées internationales. Son dernier album, « Voyager », est paru début de cette année. Il nous entraîne au sein d’un périple oscillant entre électro futuriste et disco cosmique, sis aux frontières de l’imaginaire. Bien que les sonorités glaciales puissent crisper, leur reproduction en ‘live’ procure un cocktail détonnant qui incite à danser, tout en oubliant tout ce qui vous entoure. L’armature lumineuse, placée au-dessus de la tête de l’artiste, crée une symbiose avec la musique et transforme l’artiste en parfait maître de l’univers qu’il affiche sous les yeux et réserve aux oreilles des festivaliers. Tout au long de son set, on retrouve une sensibilité si particulière que reflète si bien l’excellent « Second Lives ». Ce qui devrait inciter les mélomanes à se replonger sur ses précédents essais.

La première journée du Main Square a tenu toutes ses promesses. Elle a aussi réveillé, en notre for intérieur, des souvenirs, mais également permis d’ouvrir la porte aux univers des autres. Une première journée éprouvante, mais que les artistes et groupes ont eu le bon goût de magistralement magnifier…

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(Organisation : Main Square)

 

Open’er 2017 : vendredi 30 juin

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La troisième journée est la plus chargée au niveau programmation. Un regret quand même, que l’Alter stage ne serve plus et qu’aux artistes polonais. Et exclusivement ! Dommage, car dans le passé, on avait pu y applaudir les prestations d’ambassadeurs de la scène alternative, comme Swans, Kurt Vile ou encore Thurston Moore. La Main et la Tent stage sont réservés aux grosses pointures.

Après The Last Shadow Puppets, FFS ou encore Giraffe Tongue Orchestra, Prophets of Rage est considéré aujourd’hui comme le supergroupe incontournable. Et pour cause, il réunit le guitariste Tom Morello, le bassiste Tim Commerford et le batteur Brad Wilk, soit les ¾ de Rage Against The Machine, les Dj Lord et le MC Chuck D., issus de Public Enemy, ainsi que le leader de Cypress Hill, B-Real. Le collectif déboule sur l’estrade, le poing levé, alors que les sirènes retentissent. Le team va nous réserver plusieurs tubes signés par les trois formations susvisées, mais également le classique de House of Pain, « Jump around ». Sans oublier de rendre un hommage à feu Chris Cornell, à travers le « Like a stone » d’Audioslave. Si la voix de Chuck D a quelques ratés, lorsqu’il la conjugue en harmonie avec B-Real, le résultat est bien plus concluant. Mais c’est Tom Morello qui joue le chef d’orchestre de toute cette équipe. Difficile de croire que le natif d’Harlem a plus de 53 balais. Il bondit sur les planches tout en alignant ses riffs comme de véritables uppercuts. Seul Flea était parvenu, un an plus tôt, à mettre tout le monde d’accord, dans le cadre de ce festival…  

Préado, votre serviteur était fan de Michaël Jackson. Mais peut-on le comparer à The Weeknd ? La question mérite d’être posée. Car en grimpant sur l’estrade, Abel Tesfaye semble manifestement s’en inspirer. Inévitablement, on ne peut que penser aux clips de The King of Pop, tournés à l’époque de « Thriller ». Que ce soit la bande son en intro, le light show ou les effets techniques. Sans oublier la voix du Canadien, dont le timbre n’est pas sans rappeler l’époque « Off the wall » (NDR : sans doute la meilleure !) Et les tubes vont rapidement s’enchaîner. Depuis « Starboy » en ouverture (NDR : mais malheureusement pour les yeux, sans assister à un défilé de lingerie ‘Victoria Secrets’), « Wicked games », le planétaire « Can’t feel my face », le ‘Daft-punkien’ « I feel it coming » et le plus intimiste « The hills », en outro. Un final vécu comme une véritable déferlante de hits. Mais bon ici s’arrêtent les comparaisons, car si Tesfaye est charismatique, semble aussi perfectionniste, et négocie parfaitement ses sorties médiatiques et ses contrats publicitaires (Apple, H&M, …), il lui manque encore cette aura et surtout ce pas de danse (moonwalk) que Bambi était capable de dessiner en live, comme lors de ses shows accordés sur la plaine de Werchter…  

Autre podium autre style. Quatuor féminin, Warpaint est accueilli à bras ouverts et sous les cris stridents des festivaliers. Pas étonnant, lorsqu’on sait que la drummeuse, Stella Mozgawa, est d’origine polonaise. Et au sein d’un pays aussi patriotique, pour ne pas dire nationaliste, ce type de réaction est inévitable. D’habitude très discrète sur les planches, elle va s’autoriser quelques déclarations entre les titres. De quoi épater l’auditoire. Mais le concert va souffrir de moments plus faibles. Les frontwomen Theresa et Emily affichent des mines fatiguées. Et il faut attendre la fin de parcours, au cours duquel le combo va nous réserver « Love is to die » et « New song », pour voir enfin, les filles se lâcher. M’enfin, globalement, la prestation est demeurée agréable à l’écoute… et surtout à regarder, tant elles affichent un charme certain...  

Les infra-basses assourdissantes résonnent au loin. Pas de doute le trio allemand Moderat a entamé son set. Particulièrement puissants, les faisceaux lumineux transforment cette gigantesque plaine en dancefloor. De quoi réjouir les clubbers les plus enthousiastes, mais pas trop votre serviteur qui rejoint doucement ses pénates, vu l’heure avancée de la nuit…

(Organisation : Open’er)

 

Open’er 2017 : jeudi 29 juin

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La sécurité est devenue le maître mot dans les festivals. Sécurité humaine et sécurité des infrastructures. Le drame qui a secoué l’édition 2011 du Pukkelpop a entraîné de nouvelles mesures, y compris hors de la Belgique. Alors quand les prévisions météorologiques décrètent un avis de tempête, en fin d’après-midi, c’est le branle-bas de combat. Les organisateurs décident de chambouler le programme, et de le repousser en soirée, voire plus tard dans la nuit. Ce qui va écourter le planning de votre serviteur. Pour gouverne, le site sera épargné par ces intempéries…

En ce début d’après-midi, Charli XCX grimpe sur l’estrade. Sur la plaine, il y a du vent et il fait froid. Et pourtant, son show va faire remonter la température de quelques degrés. Vêtue d’un minishort et d’un top moulant (NDR : à la limite aussi vulgaire que celui porté par Miley Cyrus) et coiffée d’une casquette ‘up to date’ bien fixée sur le front, elle va multiplier les déhanchements. Le tout en se servant d’une recette toute simple pour enrober ses tubes : du r&b, des fumigènes et des cotillons. Et ses hits sont légion. Les ados se sont massés aux premiers rangs et ils reprennent les refrains en chœur, car ils les connaissent par cœur. Sans oublier de s’autoriser un selfie, en compagnie de la star, quand elle se rapproche de la foule. Qui semble prendre du bon temps. Votre serviteur, beaucoup moins…

En fait il attend, The Kills, un de ses groupes préférés. Surtout qu’il a loupé son concert intimiste, accordé au VK. Le combo se produit sur la grande scène. Et il fallait craindre que ce podium ne soit pas adapté à la prestation d’Alisson Mosschart et de Jamie Hince. Mais les doutes seront rapidement dissipés, balayés par de solides riffs de guitares. Le décor sur le podium est sobre. Seule une toile –dont le design semble inspiré par celui du dernier elpee, « Ash & Ice »– tapisse l’arrière-plan. La boîte à rythmes et le préposé aux fûts se conjuguent pour imprimer le tempo. Mais toute l’attention de l’auditoire est focalisée sur les deux leaders, VV et Hotel. Le public masculin est littéralement sous le charme d’Allison, comme s’il était hypnotisé. A cause de sa voix. Mais aussi de sa silhouette, qui pourrait facilement se prêter à un défilé de mode. Jamie a le sourire aux lèvres. En permanence. Tout en balançant ses solos de gratte. Un moment fort de la soirée… et du festival. 

Après cette claque rock, retour vers la Tent stage pour assister à la fin du set de M.I.A. Que de chemin parcouru par la Srilankaise depuis son passage à De Kreun, en 2010. Les écrans vidéo sont impressionnants et couvrent la largeur de la scène. Mathangi et sa choriste soignent les refrains et les pas de danse. Ils déambulent au bord de l’estrade, mais s’autorisent des incursions au sein de l’auditoire. L’artiste n’en oublie pas son tube « Paper planes », un titre qui sample le fameux « Straight to hell » du Clash, un morceau paru en 1982. Quand on pense que la plupart des spectateurs n’étaient pas encore nés à cette époque ! ‘I fly like papers, get high like planes’ s’exclame Maya. Et elle n’a pas vraiment tort, car une symbiose s’installe entre elle et la foule ; et cette forme de synergie la booste, manifestement…  

Il y a du peuple pour assister au concert de Foo Fighters. Beaucoup même. Et il s’ouvre en force par trois tubes : « All My Life », « Times Like These » et « Learn to Fly ». Mais la suite va se révéler moins fringante. L’accumulation de dates dans les stades et grands festivals semble influer négativement sur la voix de Dave Grohl. Elle est bien trop rauque. Faut dire qu’il ne cesse de pousser des cris pendant et entre chaque titre, alors que la présentation des compos pourrait être opérée en douceur. Les morceaux sont longs, pour ne pas dire tirés en longueur. Et les intros –dont certaines sont empruntées à Queen et Van Halen– ne sont pas de nature à réduire la voilure. Faut dire que le groupe a beau être généreux, il doit quand même assurer un show de 2h30 ! Au cours duquel, il va quand même nous réserver une vingtaine de titres, dont en final, « Best of you » et « Everlong »…

(Organisation : Open’er)

 

Open’er 2017 : mercredi 28 juin

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Il s’agit déjà de la 16ème édition de l’Open’er, un festival polonais auquel participe votre serviteur pour la 5ème fois. L’événement a déjà décroché, à deux reprises, le très prisé ‘European Festival Awards’, dans la catégorie ‘Best Major Festival’. Ainsi que de nombreuses autres nominations. Toutefois, sa localisation excentrée attire un public, en grande majorité, local. Soit bien loin de celui du Sziget, qui en constante évolution, draine un auditoire international…

Notre journée débute par le set de Royal Blood, dont la carrière a démarré en force, dès 2014, lors de la sortie de son premier elpee. Un éponyme. Il vient de publier son second. Intitulé « How did we get so dark », il est d’aussi bonne facture, mais ne réserve plus guère de surprise. Les refrains y sont même plus pop et inévitablement accrocheurs. Le concert sera d’ailleurs accordé dans cet esprit. Mais ce n’est pas la cohue face à la grande scène. Pourtant, généreusement tatoué, le drummer –dont le matos est surélevé sur une estrade, du côté droit du podium– n’hésite pas à se lever pour inciter les spectateurs à taper dans les mains. Les riffs sont lourds et semblent calqués sur ceux de Queens of The stone âge. Mais la mayonnaise a du mal à prendre. Le public débarque au compte-gouttes. Faut dire que les nombreuses formalités et autres contrôles de sécurité retardent l’arrivée des festivaliers. Si les organisateurs se félicitent d’avoir introduit en primeur une montre qui sert de moyen de paiement électronique, il faut avouer qu’avant de se la procurer, il faut patienter dans une première file, et puis dans une seconde, pour la charger…

Il y a déjà un peu plus de monde pour James Blake. Son entrée en scène est à la fois sobre et discrète. Il s’installe seul, derrière son clavier, pour aborder la reprise du « Vincent » de Don McLean. Puis, il est rejoint par un drummer et un deuxième claviériste, avant de balancer son tube, « Limit to your love ». Ses longues ballades sont autant de berceuses. Mais au fil du temps, elles deviennent carrément… soporifiques. Et même l’excellent « Retrograde » ne parvient pas à sortir la fosse de sa léthargie. Aussi, progressivement, le public se disperse afin de mettre le cap sur Tent stage au sein de laquelle, la température devrait grimper d’un cran…

Et pour cause, Solange Knowles y est programmée. Après être restée dans l’ombre de sa grande sœur Beyoncé (NDR : elle était d’ailleurs simplement danseuse chez les Destiny’s Child), son heure de gloire est arrivée, lors de la sortie de son troisième opus, "A Seat At The Table". Paru à l’aube de ses 30 ans, cet elpee a reçu un excellente critique auprès de la presse. Qui s’est concrétisée par une première victoire aux Grammy Awards, en 2017, dans la catégorie ‘meilleure performance R&B’. Une belle leçon de persévérance pour cette jolie métisse qui avait déjà gravé sa première plaque, à l’âge de 16 ans. Ce soir elle est flanquée d’un band exclusivement afro. Afro, pas affreux, loin de là, car les deux jolies choristes sont particulièrement sexy. En outre, sveltes et élégants, les six musicos semblent avoir été triés sur le volet. Dès leurs premiers pas sur l’estrade, la belle et ses acolytes entament une chorégraphie. Et elle est particulièrement soignée. On se croirait presque au spectacle de son aînée. Mais les compos sont bien plus profondes. Et les refrains autrement puissants. Très juste, sa voix est digne d’une grande chanteuse de gospel. Elle ne cesse de nous bluffer tout au long d’un show parfait, mais un peu court. Seule ombre au tableau, le son. Les infra-basses sont trop écrasantes et étouffent la voix ainsi que la section des cuivres, déjà discrète, au demeurant…  

Retour sur la grande scène pour la première grosse tête d’affiche de ce festival : Radiohead. Pas de problème, le son est parfait. Comme d’habitude, pourrait-on ajouter. Et les morceaux interprétés ne souffrent d’aucune faille. Pourtant, on aimerait qu’un contretemps ou une improvisation bouscule ce set impeccablement rôdé. Que ce soit les introspections, au cours desquelles les artistes se montrent très concentrés sur leur sujet, ou les dérapages sauvages voire déjantés, tout est strictement maîtrisé. La fusion entre rock électrique et électro épileptique est infaillible. Thom Yorke vit profondément chacune de ses compos. Le light show et les vidéos nous en mettent plein la vue. Les morceaux s’enchaînent à un rythme hallucinant, ne laissant guère le temps à la foule de reprendre son souffle. Et la set list n’a qu’un seul objectif : déconcerter. Pas question de tubes, comme « Creep ». La notoriété du band n’est plus à faire, aussi, il trace sa voie à sa guise. Et qui peut lui donner tort ?

Le long chemin du retour se profile déjà, car le programme de demain est plutôt chargé…

(Organisation Open’er)

 

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