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Dour Festival 2016 : samedi 16 juillet

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Au réveil d’une courte nuit, on se lève sous une couche épaisse de nuages. La météo n’annonce pas que du beau temps. Mais il ne pleut pas. C’est déjà un bon point. Ce qui renforce l’enthousiasme des festivaliers, prêts à en découdre pour une nouvelle journée de folie ! Et pour votre serviteur, il s’agit de la plus chargée. Car le programme rock est particulièrement riche.

Début des hostilités en compagnie de Fews, dans La Petite Maison dans la Praire. Le quatuor suédois (NDR : mais établi à Londres) pratique un post-punk classique mais terriblement efficace. Il est venu défendre son premier elpee, « Means », paru il y a peu. Ce qui marque à premier abord, c’est le plaisir pris par les musicos sur les planches. Ils sont tout simplement ravis d’être là et se félicitent du monde présent dans la fosse. C’est la première fois qu’ils se produisent devant autant de monde ! Et même s’ils semblent largement ‘stoned’ (à moins que ce soit dû à l’euphorie ?), ils enchaînent les titres marquants, à l’instar de « 100. Goosebump ». C’est néanmoins à la fin du concert que l’on prend une grosse claque. Après avoir lancé leurs excédents de houblon dans la foule, les quatre gaillards terminent leur prestation par leurs deux meilleures chansons. Tout d’abord « Zoo », caractérisé par son refrain instrumental et sublimé par des interventions de guitare agressives. Et in fine, « III ». Si la version studio dure huit bonnes minutes, celle que le combo va interpréter en ‘live’ va s’étaler sur plus d’un quart d’heure. Un titre au cours duquel une pluie de décibels va s’abattre sur l’auditoire, ma foi, comblé par ce déluge sonore. De quoi conclure à merveille un show très convainquant. Une fois sorti de scène, le chanteur s’écroule de fatigue. N’ont assisté à cette péripétie que ceux –les veinards !– qui squattaient le bord du podium. Manifestement, Fews a tout donné ce qu’il avait dans le ventre…

Allah-Las embraie sur les mêmes planches. La musique de ce quatuor fleure bon la Californie des sixties. Les Beach Boys ne sont pas loin, c’est certain ! A cause des mélodies terriblement  accrocheuses. La voix de Miles Michaud est particulièrement agréable à l’oreille. Et finalement tout le monde passe un bon moment en leur compagnie. Même le ciel se découvre et laisse apparaître un grand soleil. Le prochain album du groupe devrait sortir en septembre ; et à l’écoute des nouvelles compos proposées, il sera certainement intéressant.

Pour être excentriques, on peut vraiment affirmer que King Khan and The Shrines le sont assurément. Une formation établie à Berlin dont les accoutrements sont –pour le moins– plus qu’extravagants. Moustache imposante, cheveux teints en blond, combinaison complètement ouverte sur la poitrine, laissant deviner ses attributs, le chanteur est un personnage vraiment à part. Lors du set, il joue même avec une poupée gonflable. Teintée de psychédélisme et de soul, la musique du band est particulièrement puissante. Le show vire rapidement au délire ; ce qui a le don de réveiller un auditoire, tombé quelque peu en léthargie, avant la suite d’une soirée qui s’annonce épique.

Django Django grimpe sur l’estrade à 21h30. Fondée en 2009, la formation londonienne est en progression constante. Eponyme, son premier elpee a décroché un disque de platine, en France. Faut dire que sa psyché/pop est vraiment savoureuse. En outre, ce show est très attendu par votre serviteur, fan depuis la première heure. Et il ne va pas être déçu. Pendant une heure, le quatuor va dispenser ses meilleures compos. Sans la moindre faiblesse. Depuis « Waveform » à « Default », en passant par « First Light », toutes y passent. Mais en ‘live’, les versions studio sont davantage développées. Ce qui apporte évidemment une énorme valeur ajoutée par rapport aux albums. Et « Skies Over Cairo » constitue le point d’orgue du set. Que dis-je, une révélation. Passée un peu passée inaperçue sur le premier elpee du band, cette plage prend en ‘live’ une toute autre dimension. A cause des sonorités orientales qui enrichissent le morceau. Résultat des courses, le public se sent transporté et se met à danser. En terminant par « Silver Rays », le combo parvient même à faire asseoir toute la fosse. Une prestation phénoménale pour ce groupe qui constitue une valeur sûre dans l’univers du rock contemporain…

Une demi-heure de pause avant le spectacle de Fat White Family qui se déroule au Labo. Juste le temps de se rafraîchir. Car ce petit chapiteau est en effet notoire pour être le plus chaud du festival ! Le collectif anglais compte une dizaine de minutes de retard, lorsqu’il monte sur l’estrade. A peine arrivé, Lias Saudi, le vocaliste, ôte son t-shirt. Début de ce qui deviendra un véritable strip-tease. Punk, les morceaux dispensés sont sauvages. Déchirée, la voix du chanteur colle parfaitement à l’expression sonore. Dès le départ, les pogos éclatent spontanément au sein de la foule. Et suivant un rituel, Saudi vient régulièrement haranguer les spectateurs. Ce type doit avoir un grain. Joue-t-il un rôle ? Peut-être un peu. Mais il est tellement imbibé d’alcool, qu’il fait n’importe quoi. A trois reprises, il saute dans le public. Mais on n’est pas au bout des surprises. Au milieu du set, il dérape carrément. Après s’être débarrassé de son t-shirt, il enlève son pantalon. Il n’hésite d’ailleurs pas à exhiber ses fesses lors d’une chanson plus paisible. Vu son attitude de rock star, il focalise tous les regards. Et, fallait s’en douter, vu son état, il finit par dévoiler ses parties les plus intimes. C’est du jamais vu pour ma part. Finalement, si la musique est excellente, elle passe presque au second plan. Avant-dernier morceau, « Touch The Leather » se révèle une monstrueuse ballade punk comme on entend rarement. Puis, en toute fin de concert, Lias se verse une bouteille de vin rouge sur la tête, sexe à l’air. A mon avis, il lui manque certainement plusieurs cases ! Pourtant, malgré les excès du chanteur, il faut reconnaître que la prestation punk ‘old school’ de Fat White Family constitue certainement un des meilleurs concerts de cette édition du festival !

Après avoir cassé la croûte, retour au Labo. Un peu par hasard il faut bien l’avouer. Mdou Moctar s’y produit. Le guitariste nigérien porte un grand foulard autour de la tête, comme les berbères, lorsqu’il est confronté à une tempête de sable, ne laissant apparaître que son regard. Sur les planches, il est soutenu par deux musicos. Mélange savant entre musique traditionnelle touareg et rock, la musique est chargée de swing. Particulièrement dansante, elle offre un bon moment aux 200 personnes encore présentes sous un chapiteau un peu vide, il faut le reconnaître…

La soirée se termine par La Mvuerte (NDR : ne pas confondre avec le groupe belge La Muerte). Et le Parisien excelle dans sa programmation cold wave, maîtrisant parfaitement les codes du genre.

Ce samedi constitue certainement la meilleure journée pour les rockeurs. Elle prend même fin, ce dimanche matin à 4 heures. Un peu de repos est indispensable pour pouvoir tenir dûment le coup pour les dernières 24h (NDR : et pas l’inverse !)

(Organisation : Dour Festival)

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Dour Festival 2016 : vendredi 15 juillet

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C’est déjà le troisième jour, et on a l’impression que temps passe trop vite. Inimaginable de gamberger, il y a huit podiums sur le site de la Machine à Feu. Et d’une estrade à l’autre, il y a toujours un, deux, voire trois concerts qui se déroulent quelque part. Et qui risquent de vous intéresser. Ce vendredi constitue certainement la journée consacrée aux découvertes pour votre serviteur, car hormis Sharko et Mass Hysteria, les autres artistes et groupes programmés sont peu notoires.

La journée commence justement par Sharko sur la Mainstage. Le trio belge vient présenter son nouvel opus, « You Don’t Have To Worry ». Il pratique un rock énergique, électrique et mélodique. Perso, en live, il me fait penser aux Pixies (NDR : qu’on verra sur la même scène ce dimanche) et puis à dEUS, une autre formation belge. D’ailleurs la voix de David Bartholomé est très proche de celle de Tom Barman. Ravi d’avoir vécu un concert de Sharko, auquel je n’avais jamais assisté. Faut dire qu’il s’était accordé une longue pause de 7 années…

Direction La Petite Maison dans la Prairie pour le show Jeanne Added. Nominée au Victoires de la Musique en 2016 pour son album, la Rémoise fait figure, à l’instar de Petit Biscuit, de révélation française du moment. La jeune femme est responsable d’une pop teintée d’électro. Ses chansons sont empreintes de douceur. C’est le moment idéal choisi par bon nombre de festivaliers pour faire une bonne sieste. Il est vrai que les deux premières journées n’ont pas été de tout repos. Les morceaux atmosphériques de la chanteuse tombent à pic pour se ménager un petit moment de détente. Les yeux se ferment et on profite, tout simplement !

A quelques mètres de là, Glü entame son set au Labo. Dans un style qui agrège la drum’n’bass et le hip hop. Le public est bien réveillé et les corps commencent à remuer. Le Labo est vraiment parfaitement adapté à ce projet expérimental. Sous ce chapiteau, les surprises son légion ; et on y passe souvent de très bons instants. Glü en est une de plus !

Il est 20 heures, et mon cœur balance entre deux spectacles. Le choix est cornélien : Compact Disk Dummies ou La Femme ? En outre, les deux podiums sont relativement éloignés l’un de l’autre. Difficile donc de couper la poire en deux. Après longue réflexion, la décision est prise : ce sera La Femme. Entre pop, rock ou électro, le style du combo français est également très particulier. Mais dans la fosse, le public se trémousse ; et entre même rapidement dans une forme de folie. Souvent saccadée, la voix incite les spectateurs à sauter sur place et rebondir sur le plancher, comme sur un trampoline. A l’instar d’Aline et de Granville, notamment, la nouvelle génération de pop française jouit manifestement d’un fameux potentiel !

Le concert de Mass Hysteria a déjà commencé sur la Cannibal Stage. Oscillant entre rock et métal, la musique de ce quatuor véhicule des textes engagés dans la langue de Voltaire. Mais rapidement les musicos descendent dans la fosse et invitent l’auditoire à se poser et tourner autour d’eux. Une situation amusante et très impressionnante. Il ne faut néanmoins pas s’attarder au cœur de ce délire, car la température est caniculaire. En tout cas, entre les gouttes de sueur, tout le monde passe un très bon moment...

Après un petit crochet par la Mainstage, pour écouter un Birdy Nam Nam peu convaincant, c’est dans le Jupiler Dance Hall que la soirée continue. Floating Points a embarqué un live band ; et cette expérience musicale promet d’être intéressante. Le Londonien crée un univers très personnel, à la limite de l’envoûtement, grâce à des mélodies électro-post-rock particulièrement efficaces. Et puis à son backing group, particulièrement solide. C’est le coucher de soleil. La fatigue gagne les organismes. Et dans ce contexte le set se révèle singulièrement planant…   

STUFF. se produit dans le petit Labo, vers 1 heures du matin. Son expression sonore intègre jazz, hip hop et même un zeste de post punk. Les Gantois ont l’art de faire danser la foule. Et elle est très réceptive. Chanson phare, « Event horizon » donne le coup de grâce aux festivaliers en extase. Il est tard, mais ces derniers donnent tout ce qui leur reste comme énergie…

Ce vendredi, je suis allé de découverte en découverte. Faut dire que je n’avais jamais assisté au concert d’un seul de ces groupes. Vu sa programmation éclectique, Dour est vraiment le festival idéal pour jouer à l’explorateur. Il est maintenant temps de prendre un peu de repos. A demain !

(Organisation : Dour Festival)

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Dour Festival 2016 : jeudi 14 juillet

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Le soleil s’est levé depuis bien longtemps lorsque le réveil sonne. Pour bon nombre de campeurs, le premier réflexe, avant d’entamer la journée, c’est de se prendre une bonne douche. Malheureusement, il semble manquer de cabines et les files s’allongent. Certains festivaliers nous relatent avoir attendu plus d’une heure avant de pouvoir s’y rafraîchir! Habitant à quelques kilomètres, il est donc plus facile de rentrer chez moi, pour faire sa toilette.  

HONNE ouvre la deuxième journée du festival vers 16h. Le duo propose une musique douce et agréable, très susceptible de détendre toute La Petite Maison dans la Prairie. Légère, son électro plait au public. Celui-ci, en mode cool, s’assied en nombre sur le plancher en bois qui recouvre le sol. Le repos des guerriers avant la suite de la bataille, assurément !

Une petite sensation se produit à quelques mètres de là. Au Labo, Petit Biscuit veut confirmer tous les espoirs placés en lui. A seulement 16 ans, il a fait craquer toute la scène électro française grâce à son titre « Sunset Lover ». Pas étonnant que quelques minutes avant le concert, le brouhaha ambiant s’est largement couvert d’un accent bien d’outre-Quiévrain. Le concert est très expérimental, c’est le principe de la scène d’ailleurs, mais très planant. Le talent du gamin est indéniable. Il est à l’aise sur tous les instruments ! Un bon moment, toujours propice à la relaxation, mais c’est un peu le thème de ce début de soirée.

Même si, comme par contradiction, ce sont les terribles rockeurs de Kadavar qui s’installent sur la Cannibal Stage. Les Allemands sont notoires pour leur puissant rock’n’roll, largement influencé par certains maîtres du genre comme Black Sabbath ou Led Zeppelin. Les décibels vont se déverser tout au long de ce concert pour le plus grand plaisir des plus téméraires qui entament des pogos ou du crowdsurfing. Si le trio manque clairement d’originalité, on retiendra néanmoins leur passage à Dour pour la bonne ambiance qu’il est parvenu à créer sous le chapiteau.

Cap ensuite vers La Petite Maison dans la Praire, pour s’y installer avant l’arrivée de Mac deMarco. Votre serviteur a déjà eu l’occasion d’assister au spectacle du Canadien, à deux reprises ; mais il est de nouveau impatient de le revoir. L’artiste aux cheveux bouclés monte sur le podium flanqué de son band, à 21h30. Il attire toujours autant la sympathie. Et comme d’habitude, il présente tous ses compères avant de lancer son show sur « The Way You’de Love Her ». Une chanson parfaitement représentative du bonhomme, habitué à écrire de superbes ballades lo-fi décontractées. Dans le dictionnaire, figurera peut-être un jour, la photo de Mac à coté du mot ‘cool’. Entre chaque chanson, les six amis discutent entre eux et jouent ce qui ressemble presque à des mini-sketches. Le tout est manifestement très agréable même si on aimerait parfois que les morceaux s’enchaînent plus rapidement. Néanmoins, les titres phares sont toujours aussi efficaces. Que ce soit « Another One » pour sa mélancolie presque malsaine, « Cooking Up Something Good », sa folie ou encore « Chamber of Reflection », son ambiance pesante. Le groupe s’autorise même une reprise du « Reelin in the Years » de Steely Dan. Aussi improbable qu’absolument jouissive. Et suivant une forme de rituel, Mac achève la prestation sur l’incroyable « Together », compo au cours de laquelle il saute dans un public qui reprend en cœur le célèbre refrain (NDR : ‘Togeeeeether’). Un moment de bonheur, tout simplement. Mac deMarco a encore une fois placé la barre très haute et nul doute que son prochain passage en Belgique devrait attirer beaucoup de monde.

Pour terminer la journée en beauté, rendez-vous enfin sur la Mainstage pour The Prodigy. Près de 20 000 personnes attendent devant le podium. C’est assez impressionnant et ce qui va se produire l’est encore plus. La techno hardcore des Anglais va rendre complètement dingue le Dour Festival. La foule va hurler, se bousculer et bondir pendant 1h30. Un phénomène rarement vu sur la plaine de la machine à Feu. Les titres défilent sans aucun break. A tel point qu’on a parfois du mal à distinguer le début et la fin des morceaux. L’ambiance est folle. Totalement décomplexés, les spectateurs semblent s’éclater et ne jamais être rassasiés. Le trio donne tout ce qu’il a dans le ventre et atteint le point d’orgue sur « Invader Must Die », un morceau aussi violent que son titre le suggère !

La première journée complète est déjà terminée pour ma part ; il faut pouvoir se lever demain, car de nouvelles aventures sont au programme !

(Organisation : Dour Festival)

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Dour Festival 2016 : mercredi 13 juillet

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Pour la deuxième année d’affilée, le festival de Dour propose une soirée de concerts le mercredi. C’est donc à partir de midi que les premiers festivaliers débarquent sur la plaine de la Machine à Feu. Tente plantée et apéro dégusté en compagnie de forts sympathiques voisins français, votre serviteur se dirige vers la Mainstage ou plus exactement la Last Arena…

Il est plus ou moins 20 heures et Baloji y est programmé. L’artiste d’origine congolaise est de retour à Dour après un passage en 2013. Il parvient à faire danser la foule pendant une heure grâce à sa musique très marquée par la culture africaine. Quelques gouttes de pluie touchent le sol dourois ; cependant, les spectateurs espèrent tous que les chansons de Baloji ramèneront le soleil.

Point de soleil mais néanmoins une accalmie au moment où Salut C’est Cool monte sur l’estrade. Complètement fou, le quatuor va mettre le feu au public grâce à un set complètement surréaliste et décalé. Les Parisiens enchaînent les titres aux paroles de mauvais goûts et plutôt ridicules. C’est pourtant leur marque de fabrique et elle fonctionne très bien ! Parfois technos, parfois electros, les morceaux secouent complètement les festivaliers qui sont décidemment prêts à passer cinq jours de folie !

Petit détour par la Jupiler Dance Hall où un événement original se produit. La Colonie de Vacances implique quatre groupes qui jouent simultanément un rock surpuissant aux quatre coins du chapiteau. On ne sait pas où donner de la tête et on se surprend finalement à tourner en rond, complètement perdu par ce qui se passe autour de nous. Terrible claque !

Retour sur la Mainstage à 23h pour The Vaccines. Les quatre rockeurs britanniques sortent les grosses guitares et les premiers pogos du festival éclatent dans la fosse. Alternant entre des morceaux très nerveux comme « Wreckin’bar » et des titres plus mélancoliques, tel que « Post Beak-Up Sex », les Londoniens nous réservent un show purement ‘british’. Un bon moment pour tous les amateurs de rock et une bonne initiation à cet art pour les autres !

Logique : cette première soirée s’achève par le show d’un artiste belge ? En l’occurrence Netsky, dont la drum’n’bass devrait secouer la plaine douroise. Et sans aucun problème, Boris Deanen et son band vont balancer du gros son durant plus d’une heure. La foule est en délire et la terre tremble. Impressionnant ! « Puppy », le morceau le plus célèbre du producteur d’Edegemest, se révèle finalement un des plus relax. En tout cas c’est ce que l’on croit avant un finish absolument monstrueux et bien loin de la version classique. Le set est d’ailleurs flambant neuf, mais remarquablement travaillé. Une grande réussite !

1h40 du matin, il est temps de rentrer au camping. Les choses très sérieuses commencent demain lors d’une première journée complète. Bonne nuit !

(Organisation : Dour festival)

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Cactus 2016 : dimanche 10 juillet

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C’est déjà le troisième jour du festival Cactus et l’ambiance est toujours aussi excellente. Sur la route, après avoir garé mon véhicule, un papa et son fiston –en vélo– s’arrêtent pour me demander pourquoi je prenais des notes. Quelques explications plus tard, ils reprennent leur chemin en direction du site. Et tout au long du Cactus, des festivaliers viennent tailler une bavette, sollicitant ou demandant notre avis sur les prestations des artistes. En français ou en anglais. Certains médias l’ont déjà souligné, ce festival a conservé une taille humaine, ce qui explique ce esprit convivial qui y règne en permanence… 

Goat est une formation suédoise qui pratique une forme de fusion expérimentale entre (hard) rock, psychédélisme, afrobeat, worldbeat et world (Niger et Mali). Notamment. Sur les planches, ils sont masqués et ont revêtu des parures ésotériques. Dont deux filles, chanteuses et danseuses ; mais les leurs sont particulièrement colorées. Le reste du line up implique deux gratteurs, un bassiste, un drummer et un percussionniste. Préposé au djembé, c’est lui qui balise les rythmes. Le plus souvent tribaux. Parfois, la musique semble évoluer quelque part entre Hawkwind et Tamikrest. Les deux nanas sont absolument déchaînées et si l’une se sert d’un tambourin et l’autre de maracas, il faut reconnaître qu’elles font le show. Et hormis un morceau un peu trop rapide, le set se révèle terriblement excitant. Le public remue et applaudit chaleureusement un spectacle qui devrait faire un malheur dans le cadre de Couleur Café ou de l’Esperanzah.

Place ensuite à Kurt Vile et ses Violators. Et on ne peut pas dire que le départ soit donné en fanfare. On s’ennuie ferme. Kurt essaie –enfin– de communiquer avec le public en balançant quelques onomatopées, du style ‘Hey’. Mais au bout d’une vingtaine de minutes, il aborde un titre acoustique en solo que plus personne n’écoute. Et au moment où on craint que le concert ne tourne au fiasco, les musicos se réveillent et lancent enfin la machine. A partir de cet instant, le set entre dans une toute autre dimension. Les riffs de guitare giclent. Le climat devient carrément hypnotique et on se rend alors compte que le quatuor (de temps à autre enrichi d’un 5ème musico) a un potentiel incroyable… qu’il doit encore explorer. Et lorsque le saxophone entre en piste, pour un long titre, le band est alors au sommet de son art. Manifestement, Kurt essaie d’aller de plus en plus à la rencontre de son public. Il lui reste à trouver les mots justes, et puis pourquoi ne pas utiliser l’arme de l’humour ? Pourtant, après le concert, en backstage, il est venu à la rencontre de fans, posant sur des selfies ou bavardant spontanément en leur compagnie et surtout cassant cette image de personnage introverti. C’est un fameux pas dans la bonne direction…

SX est une formation courtraisienne drivée par la chanteuse/claviériste Stefanie Callebaut. Ce soir, outre le drummer Jeroen Termote, elle est soutenue par deux membres d’Amartorski. Aux synthés. Expérimentale, l’électro du combo n’est pas facile à digérer. D’autant plus que le volume sonore est bien trop puissant. Stefanie a une superbe voix. Elle est vêtue d’une veste en (simili ?) cuir et une robe flamboyante (NDR : elle est mannequin dans l’univers de la mode vestimentaire). Un logo ‘SX’ ténébreux tourne régulièrement en fond de scène. Le public est aux anges. Votre serviteur un peu moins, même s’il reconnaît une belle cohésion dans l’ensemble. Et c’est paradoxalement lors des titres les plus accessibles, au cours desquels Stefanie se concentre sur les claviers, que la mayonnaise prend le mieux. Mais honnêtement, ce n’est vraiment pas ma tasse de thé…

Neuf ans déjà que The Cinematic Orchestra n’a plus publié d’album. Mais un nouvel essai est prêt à sortir. Bref, la bande à Jason Swinscoe est très attendue. Ils sont 13 artistes sur les planches, dont une section de cordes, réunissant un violoniste, un altiste, un violoncelliste et un contrebassiste. Enfin, de ce qu’on peut deviner, car ces musicos sont cachés derrière un claviériste au matos conséquent. Circonstanciellement, deux choristes féminines –de couleur noire– viennent se joindre à l’ensemble, pour ajouter une touche soul à l’expression sonore. Le drummer est protégé par des parois transparentes. Et on est parti pour un concert dont les compos allient acid jazz, musique de chambre et electronica ; le tout imprimé sur un downtempo. Les solos sont impressionnants, surtout ceux du saxophoniste. Mais les compos baignent le plus souvent au sein d’un climat fusion complexe rappelant même l’époque glorieuse du jazz/rock des seventies (NDR : pensez à Weather Report ou à Chic Corea). Peut-être en plus climatique. Filmique aussi. Ben, vu le patronyme. Et le tout sous la houlette de Jason Swinscoe, le maître à penser de ce collectif londonien. C’est excellent, mais un peu trop intello pour être programmé lors d’un festival…

Il revenait au duo français Air, de clôturer l’édition 2016 du Cactus. La paire fêtait ses 20 années d’existence l’an dernier. Nicolas Godin et Jean-Benoit Dunckel n'ont pas la réputation de briller sur les planches. Et pourtant, ce soir, ils vont démentir l’adage. Les musicos sont vêtus de blanc. Et le light show colle parfaitement à leur look rétro futuriste. Ils conjuguent leurs voix falsetto. Comme sur disque. Ils sont soutenus par un drummer/percussionniste, planté en retrait, sur la droite. Les singles se succèdent : « Venus », « Cherry Blossom girl », titre à la fin duquel le vocodeur émet un ‘Merci beaucoup’ totalement hilarant, le nostalgique « Playground love » ou encore « Alpha Beta Gaga », un morceau pimenté par des accords de banjo. Caractérisée par une voix computarisée, mais tellement séduisante, les aventures érotiques de Stephen Hawking sont décrites tout au long de « How does it make you feel ». « Kelly watch the stars » nous propulse du côté de la voie lactée. Après l’incontournable « Sexy boy », « La Femme d’argent » clôt le spectacle, une compo tramée sur une ligne de basse chaude et profonde. De quoi terminer en beauté cette 34ème édition du festival Cactus. A l’année prochaine ! (*)

(Organisation : Cactus)

Merci à Nick Nijfels (*)
 
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Cactus 2016 : samedi 9 juillet

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Deuxième jour du Cactus, et les travaux sont suspendus sur l’autoroute. Ce qui rend le parcours plus facile. Aussi, comme le temps est toujours de la partie, que demande le peuple ? Bien sûr, la fatigue se fait inévitablement sentir, lorsqu’on rentre à 2h30 du matin. Votre serviteur débarque donc au milieu de l’après midi. Puis quittera le site un peu avant 20 heures, afin de se ménager pour le lendemain. Nick(*), correspondant pour la partie néerlandophone de Musiczine, relatera donc la fin de la journée.

En débarquant, on constate la présence de nombreux enfants –qui pour la plupart ont un casque de protection sur les oreilles– accompagnés de leurs parents, des petites têtes blondes partis à la chasse aux gobelets en plastique pour décrocher un t-shirt. Sympa et écologique en même temps.

Daniel Norgren a quitté sa Suède pluvieuse pour débarquer au cœur d’un Bruges ensoleillé. Le singer/songwriter a entamé son set par des compos trempées dans un americana rafraîchissant. Il s’accompagne tour à tour à la gratte, à l’accordéon ou au piano à queue. Un set agréable à l’écoute mais pas vraiment bouleversant (*).

Black Mountain a une bonne dizaine de minutes de retard sur l’horaire. Le band est victime de petits problèmes techniques, apparemment. Ce qui semble se reproduite régulièrement. Comme lors de son dernier concert accordé au Botanique. Faudra peut-être penser à faire réviser le matos. Heureusement, il y a de la marge entre chaque prestation. Le quintet monte enfin sur les planches. Un claviériste, un guitariste, un batteur, un drummer, un bassiste et une chanteuse. Les 20 premières minutes sont particulièrement toniques. Les claviers sont tour à tour atmosphériques ou rognés. Et les interventions gémissantes du leader, Stephen McBeam, à la guitare, rappellent celles d’Erick Braunn (NDR : pensez à celles dispensées sur le légendaire « In-A-Gadda-Da-Vida » d’Iron Butterfly). Quant au timbre vocal –superbe– d’Amber Webber, il campe un hybride entre celui de Siouxsie Sioux et de Grace Slick. Un compliment, quand même. Malheureusement, côté présence de scène, la chanteuse parvient rarement à trouver sa place. Tant qu’elle est derrière son micro, elle joue parfaitement son rôle, mais lors des longs passages instrumentaux –pour la plupart vaporeux– elle reste plantée comme un poireau. Sculptées dans un blues/psyché/rock, parfois subtilement teinté d’électro (NDR : mais dans l’esprit d’un Kraftwerk), la plupart des compos ne manquent pas d’allure. Mais souffrent encore trop d’inconstance dans l’intensité. Black Mountain a du potentiel, mais il est encore trop court en ‘live’ pour faire la différence…

Issue de Birmingham, en Angleterre, Laura Mvula est une chanteuse de soul dont la carrière solo n’a débuté qu’en 2013. Auparavant, elle avait milité au sein d’un groupe a cappella et puis fondé son propre groupe, Judyshouse, en 2008. Elle est diplômée du Conservatoire, et a publié son deuxième elpee, « The Dreaming Room », en juin dernier. Elle reconnaît pour influences majeures Nina Simone, Jill Scott, Erykah Badu et Lauryn Hill. Elle a bossé en compagnie de Nile Rodgers et puis avait accompli le supporting act d’une des dernières tournées de feu Prince, qui était tombé sous le charme de sa musique.

Sur les planches, elle se sert d’un keytar (sorte de guitare/clavier) qui semble aussi grand qu’elle. Ses boucles d’oreilles sont impressionnantes. Elle est soutenue par un trio de choristes habillées de noir, un claviériste, une guitariste (c’est sa sœur), un drummer (Troy Miller, le directeur musical de Laura, qui avait notamment bossé pour Amy Winehouse), un bassiste et un contrebassiste (NDR : c’est son frère et il se sert d’une contrebasse électrique, de plus petite taille que la conventionnelle). Sophistiquées, les compos mêlent pop, rock, world, électro et néo-soul. La voix de Laura est à la fois puissante et profonde. Elle n’hésite pas à plaisanter entre les morceaux. Elle invite le public à réagir qui régulièrement, frappe des mains en cadence. Car manifestement, il apprécie le spectacle…

Flanqué de ses Extraordinaires, Charles Bradley transpire la soul par tous les pores. Mais, ce soir il a divisé son set en deux actes. On aurait pu qualifier sa première partie de presque religieuse. Il demande d’ailleurs à l’auditoire si elle accepte de se rendre à l’église, en sa compagnie. En interlude, pendant que les musicos nous réservent deux titres instrumentaux, Charles change de costard. De retour, il se lance dans un show bien plus funky. Sensuel également. A la limite, obscène. Un peu dans l’esprit de James Brown. Encore que lors des morceaux les plus tendres, c’est à Marvin Gaye qu’on se met à penser. Un chouette concert pour tous les amateurs de r&b (*).

Le tempo a ensuite baissé d’un cran, en compagnie de Gregory Porter. Un musicien dont la voix de crooner (NDR : pensez à Frank Sinatra) est parfaitement soulignée par les ivoires. Sa musique baigne dans un mélange de soul, de blues, de gospel et de jazz. Il reprend le « What’s going on » de Marvin Gaye ainsi que le « Papa was a rolling stone » des Temptations, deux version particulièrement réussies. Bref, un concert qui a certainement séduit un large public, mais qui n’a guère été transcendant (*).

Il revenait à Damien Rice de clore la journée. L’Irlandais est seul sur le podium. Il se sert d’une sèche, d’un bandonéon et de pédales électroniques dont un looper. Le concert tient la route, mais il manque de punch. D’autant plus que l’artiste n’a pas le charisme d’un Luka Bloom. On retiendra surtout « 9 crimes » au cours duquel il déforme sa voix pour la rendre féminine et « It takes a lot to know a man » dont la structure monte en crescendo, son accompagnement virtuel reproduisant voix, clarinette, cloches, guitare électrique et acoustique. Manifestement le meilleur morceau du concert. Dommage qu’il n’ait pu bénéficier du concours d’un autre musicien pour l’épauler ; le résultat aurait sans aucun doute été bien plus convainquant… (*)

(Organisation : Cactus)

Merci à Nick Nijfels

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Mons Summer 2016 : samedi 9 juillet

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Deuxième jour de l’édition du Mons Summer qui, faut-il vous le rappeler, se déroule, cette année, non plus à Mons Expo, mais au zoning Geothermia. Ce samedi, la programmation est plus largement consacrée à la scène electro/pop et hip-hop.

Votre serviteur débarque pile poil avant le set de Mustii.

De son véritable nom Thomas Mustin, Mustii s’est fait connaître en publiant « The Golden Age » et « Feed Me », deux titres matraqués sur les ondes radiophoniques, au cours des dernières semaines.  

Jeune artiste belge, acteur, auteur, compositeur et interprète, son univers musical baigne au cœur d’une pop électro enivrante, sensuelle, douce et abrupte à la fois. Un étrange cocktail fait de paradoxes et de déconvenues !

Le gaillard arbore une plastique de mannequin ! Etrangement, la puissance de sa voix contraste avec son physique de jeune premier tout droit sorti d’une sitcom française pour ados, diffusée pendant les années 90.

Dents blanchies, sourire ravageur et coiffure soigneusement peignée, il n’a de cesse de mettre en exergue sa belle gueule, léchant du regard les plus jolies filles. Il s’en approche même amoureusement afin d’attiser la jalousie de leur compagnon ! Inutile de dire que les selfies ont été légion ! Et les règlements de compte aussi…

Se couvrant d’un ersatz de peignoir à capuche de style ‘Boxer’ acheté aux fripes, histoire sans doute de théâtraliser un peu plus l’évènement, le singer a manifestement pris beaucoup de plaisir à se produire sur les planches aujourd’hui.

Le public le lui rendait bien ! Les cris stridents d’une population féminine prépubère se propageant bien au-delà du cercle intimiste !

Ensuite, au tour d’un autre joli garçon d’arpenter la scène : Nicola Testa !

Son album, « No More Raibows », est paru en mars 2015. Un disque enregistré sous la houlette d’Antoine Gaillet, pour lequel il a notamment reçu le concours de Julien Doré, Talisco et M83. Et il a été plébiscité ‘Meilleur Artiste de l'Année’, en 2016, par les Octaves de La Musique.

Nico et son team ont bien bourlingué ces derniers temps, écumant salles de concerts et festivals. En ‘live’, derrière son micro, le Bruxellois se révèle particulièrement efficace.

Les titres défilent, conformes aux versions originales : « Lost And Found », « Land Of Glass », « Home  », « Koko »… Les musicos étalent tout leur brio ! Le chanteur assure son job. Sans plus, ni moins ! Aucune surprise ! Malheureusement !

Pourtant généralement percussives, les compos ne parviennent pas à éveiller un soubresaut de réaction chez les badauds.

L’absence de véritables build-up musical et les (trop) nombreuses ruptures de line-up ont  plongé la prestation dans une ambiance contre-productive. Peut-être conviendrait-il de la rafraîchir judicieusement ou capitaliser davantage sur la chorégraphie ?

Pas d’interactivité entre l’artiste et l’auditoire ! La ferveur d’un bon concert a vite laissé place à l’ennui intersidéral et à la platitude absolue !

« Rainbow », joué en finale, constitue la seule apothéose. La voix chaude de Testa parvient alors enfin à transcender les festivaliers… mais un peu tardivement !

L’équipe n’a malheureusement pas convaincu ! Gageons que ce n’est pas l’amorce d’une mort annoncée !

Changement de cap et d’ambiance ensuite en compagnie de Youssoupha.

Youssoupha Mabiki est un rappeur français connu et reconnu par ses pairs. Pas pour rien qu’il a déjà assuré le supporting act, notamment, de 50 Cent, Snoop Dogg, Busta Rhymes, Nas, Method Man ou encore Redman.

Pour la petite histoire, même le candidat socialiste François Hollande lui a demandé de rapper pour sa campagne présidentielle. Mais s’interdisant toute récupération politique, il décline la proposition…

Exit batterie, guitares et loops électroniques. Place aux fondamentaux du genre : basquets, training et casquettes retournées pour l’apparat. Sans oublier le langage châtié et ses termes argotiques ainsi que les chorégraphies minimalistes à souhait propres au style.

Malgré tout, il se distingue de bon nombre de ses confrères dans le milieu. Et la différence est de taille.

Notoire pour son engagement, et tout particulièrement dans le domaine de la non-violence, il peut s’appuyer sur une belle plume. Personnage intelligent, il s’en sert pour dénoncer sans vergogne les travers sociétaux, médiatiques et économiques.

Détail qui fait toute la différence : il évite les poncifs du genre. Pas de critiques à l’égard des forces de l’ordre ou encore des politiques, notamment. Son seul ennemi reste l’idéologie prônée par Eric Zemmour…

Ses textes sont chanfreinés pour un ‘parlement’ correct tout en pointant du doigt ce qui doit l’être ! On est donc très loin du fantasme du rappeur-gangster !

Les fans sont majoritairement jeunes. La plupart reprennent d’ailleurs les paroles sous le regard amusé des parents qui les accompagnent. Et le tout se déroule dans la bonne humeur !

Le leader et ses disciples s’amusent ! Faut dire qu’exécuter une danse de sioux sur un lit de rumba congolaise singulièrement endiablée, il faut oser. Il amène même l’auditoire à s’interroger sur l’importance de la communication, dans un courant philosophique, à travers « Entourage » ! La communion est solennelle ! Voir sectaire !

Il revenait au charmeur Doc Gynéco de clore le festival.

La plaine est (enfin) noire de monde ! Au cours des nineties, celui dont la verve s’est effilochée, était le rappeur phare de toute une frange de la population.

L’époque où il criait sur tous les toits qu’il se masturbait en écoutant Vanessa (Paradis) est révolue. Comme celle qui faisait la fierté des plateaux de télévision, lorsqu’il devenait le chroniqueur attitré de Marc-Olivier Fogiel sur France Télévision. Plus rien depuis ! Complètement rayé de la carte ! Oublié de tout le monde ! Enfin, presque…

Les ventes désastreuses de ses albums successifs l’ont obligé à travailler dans un bar-tabac et s’inscrire à Pole Emploi, l’équivalent belge du Forem.

Un artiste mort-né en quelque sorte !

Faisant fi d’un passé que l’on espère révolu, il a pris le parti de reprendre les tournées d’été pour le plus grand bonheur des fans ! Sans doute également pour renflouer son portefeuille aussi mince qu’un papier à cigarettes…

C’est pour fêter le vingtième anniversaire de « Première consultation », disque qui lui a valu la gloire et la consécration de la presse, qu’il opère son come-back.

Objectivement excellent, ce premier opus était un best-of à lui tout seul. Un florilège de bonnes chansons, bien torchées et plutôt décalées sur fond d’humour et d’amour !

Le Sieur est aujourd’hui devenu un papa assagi, délaissant sa coupe hirsute pour un poivre et sel, témoin de l’air du temps ! Sa nonchalance légendaire est restée, par contre, intacte !

Pour l’occasion, Bruno Beausir s’est entouré de musiciens expérimentés. Un claviériste, un batteur et un guitariste soliste. Un rasta également, dont le rôle reste obscur… Sa tâche ? Approvisionner son copain en joints, histoire de se détendre un peu !

Un concert grandiose certes, mais sans nouvelle matière première ! Dommage !

L’essentiel au final était de se replonger dans un passé pas si lointain. Souvenir, souvenir, lorsque deux décennies plus tôt, « Nirvana », « Passement de jambes », « Né ici » ou encore « Classez-moi dans la variet » faisaient les beaux jours des baladeurs cassettes.

Coiffé d’un bonnet, il prend un évident plaisir à descendre de l’estrade pour se fondre dans une foule complètement hystérique, pendant une petite dizaine de minutes. La sécurité avait peine à contenir cet élan de générosité !

Après une heure d’un show qui restera dans les annales de tout festivalier qui se respecte, le troubadour français quitte le podium d’un pas décidé afin de laisser s’exprimer les musicos une dernière fois.

Une consultation gynécologique bien sympathique et moins douloureuse que prévue !

(Organisation : Mons Summer Festival)

Cactus 2016 : vendredi 8 juillet

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Chouette, le temps est enfin de la partie pour assister à la 34ème édition du festival Cactus. Par contre, pour rejoindre Bruges, ce vendredi soir, c’est la galère. Près de Lichtervelde, on doit se taper une vingtaine de kilomètres de bouchons. Sur l’autoroute, une seule voie est accessible. Motif ? Des travaux. Or, c’est la ruée vers le littoral avant un week-end annoncé beau et chaud. Incompréhensible ! En outre, pour stationner au parking SNCB, il faut se taper un détour de plusieurs kilomètres. Ou alors se contenter de la rue adjacente à la gare, de l’autre côté des voies de chemin de fer. Soit à 20 minutes de marche du site. Conclusion, on débarque juste avant le set de Calexico.

En avril dernier, Calexico s’était produit à l’Aéronef de Lille. Gaby Moreno lui avait servi de tremplin, la chanteuse argentine participant ensuite au spectacle. Retour à un concert plus classique pour le septuor, au cours duquel on se rend compte que Zavala est de plus à plus à l’aise. Les trompettes que se réservent Jacob Valenzuela et Martin Wenk, apportent cette coloration mariachi à l’ensemble. Sergio, derrière ses claviers, inocule des tonalités bien cubaines à l’ensemble. Jon, aux drums, allie rituellement autant sobriété qu’efficacité. Et le timbre de Joey –qui porte une superbe chemise de cow-boy de couleur noire– est toujours aussi limpide. En plein air, les sonorités semblent davantage réverbérées. On a aussi l’impression que la trompette de Wenk est davantage mise en relief que celle de Jacob. Ce qui n’empêche pas l’ambiance de monter en crescendo. Bien sûr, les titres latino, sont les plus prisés. Et vous communiquent une irrésistible envie de remuer et même de danser. Le public devient de plus en plus chaud et puis, il fallait s’y attendre une invitée vient rejoindre Calexico, en fin de parcours, afin de participer à l’adaptation du « Soledad » de Los Galleros. Ce n’est pas Moreno, mais une certaine Sophie Bailey. Zavala fait à nouveau son show en invitant le public à reprendre de la voix les intonations de sa gratte. Le public est moins réactif que d’habitude, et Zavala n’insiste pas trop. Bref, on ne va pas raconter deux fois la même chose au sujet d’un concert, qu’on a tout simplement apprécié. Même s’il est demeuré plus conventionnel. D’ailleurs on est rarement déçu par un show de Calexico…

The Black Box Revelation jouit d’une énorme popularité au Nord du pays. Et l’engouement manifesté par la foule en est certainement la plus belle démonstration. Responsable d’un psyché/rock/blues particulièrement nerveux, directement inspiré par les White Stripes, TBBR est avant tout un duo qui réunit le drummer Dries Van Dijck et le chanteur/guitariste Jan Paternoster. En live, ils sont soutenus, suivant les circonstances, par une ou deux choristes. Qui ont du coffre, il faut le signaler. Et puis, par un claviériste qui siège derrière un Korg. Coiffé d’un chapeau, dans l’ombre, ce personnage semble entretenir le mystère…

Une toile a été tendue en arrière-plan. Y figurent le nom et l’emblème –deux yeux– du band. Tout au long du show, elle sera éclairée de spots aux couleurs différentes, pour mettre en exergue ce regard ténébreux. Peut-être celui de l’organiste…

Dès les premiers accords, la puissance du son souffle tout sur son passage. Jan triture ses pédales, libère des riffs incendiaires, grimpe régulièrement sur l’estrade réservée au batteur, pendant que celui-ci martèle ses fûts comme un malade. Les choristes apportent un feeling soul aux compos. Mais rien à faire, votre serviteur est littéralement assommé. Pourtant, le public est ravi et réserve une gigantesque ovation au combo. Qui va accorder un rappel au cours duquel il va se frotter à une version bien torchée du « Spoonful » de Willie Dixon (NDR : un classique repris notamment par Howlin’ Wolf). Et ma foi, il s’agit certainement du meilleur moment du set. Un peu trop linéaire, cependant, à mon goût.

C’est en 2007 que votre serviteur avait assisté, pour la première fois, à un concert de Wilco. Et il avait déjà été ravi par sa prestation. Une bonne raison pour vérifier le chemin parcouru, depuis, d’autant que son dernier elpee, « Star wars » est tout bonnement excellent.

En intro, les haut-parleurs diffusent « EKG », la plage instrumentale qui ouvre le dernier opus. Avant que le sextet ne monte sur l’estrade. Soit le chanteur/guitariste Jeff Tweedy (NDR : cheveux longs, chaussé de lunettes et coiffé d’un chapeau, il a pris de l’embonpoint mais est particulièrement souriant), le fidèle bassiste John Sirratt (NDR : il accompagne son leader depuis l’aventure Uncle Tupelo), le drummer/percussionniste Glenn Kotché, le claviériste Mikael Jorgensen, le claviériste/guitariste Pat Sansone et le guitariste (lead et pedal steel) Nels Cline.

Derrière le band, le light show est littéralement stellaire. Bref, dès le départ, on en a plein la vue. Le son est nickel. Les harmonies vocales sont impeccables. Et lorsque les trois guitares entrent dans la danse, on a la tête dans les étoiles. On pense tour à tour à T. Rex (« Random name generator »), aux Byrds (« Heavy metal drummer »), aux Beatles (« Hummingbird »), à Bowie circa « Ashes ot ashes » (« Handshake Drugs », « Kamera ») au Floyd (ce tempo réminiscent du célèbre « Echoes » imprimé tout au long de « Cold Slope »), à Santana (« Impossible Germany ») ou encore à REM (« Box full of letters »). Et si « Art of Altmont » est saupoudré d’un zeste d’électro, il ne prend jamais le pas sur l’instrumentation organique. Nels (NDR : considéré par le magazine Rolling Stone, par le 82ème meilleur guitariste de tous les temps, il avait accordé une interview à Musiczine, en 2007 – voir ici) est dans son trip. Ses pédales ne sont pas à ses pieds, mais sur un retour de scène. Il n’hésite pas à les triturer. Mais c’est sur sa six cordes qu’il étale tout son talent sur sa six cordes. Et même sur une gratte à deux manches, en fin de parcours. Il lui arrive même de donner une coloration jazzyfiante ou carrément noisy (Sonic Youth ?) a des morceaux pourtant carrément pop/rock. Mais c’est Jeff –dont la voix est savoureuse– qui trace la ligne de conduite en préservant le sens mélodique des chansons, tantôt en s’accompagnant d’une sèche électrifiée. Ou d’une guitare électrique. John et Pat Sansone soulignant régulièrement les compos de leurs harmonies vocales. Le summum du show sera atteint par « Spiders (Kidsmoke) », un long morceau chargé d’intensité électrique, dans l’esprit d’un Neil Young, au cours duquel le public va battre des mains en cadence. On ne voit pas l’heure passer, et au bout de 18 titres, Cline branche une autre de ses guitares, avant qu’on lui signifie qu’à 1 heure du matin, c’est l’extinction des feux et des lumières. Une finale qui s’achève un peu en queue de poisson (NDR : à l’instar de l’odeur désagréable qui a quelque peu balayé le site tout le week-end, à cause d’un bras de canal apparemment mal entretenu) pour un set tout bonnement époustouflant. Et le combo revient à l’AB ce 28 octobre…

Setlist : “More...”, “Random Name Generator”, “The Joke Explained”, “I Am Trying To Break Your Heart”, “Art of Almost”, “Pickled Ginger”, “Hummingbird”, “Handshake Drugs”, “Kamera”, “Cold Slope”, “Via Chicago”, “Spiders (Kidsmoke)”, “Jesus, etc.”, “Box Full of Letters”, “Heavy Metal Drummer”, “I'm The Man Who Loves You”, “Dawned On Me”, “Impossible Germany”.

(Organisation : Cactus)

Voir aussi notre section photos ici

 

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