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Jean-Claude Mondo

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samedi, 31 décembre 2005 01:00

Highway 17

Originaires de l’Essex, les Cadillac Kings se sont formés en 1998. Responsable d’un premier opus ("Lou Ann", paru chez Flathead) très bien reçu par la critique, cette excellente formation anglaise a vécu depuis de nombreux changements de personnel. Seuls les deux piliers, le chanteur Mike Thomas et l'harmoniciste Gary Potts, sont toujours impliqués dans l’aventure. Le line up est aujourd’hui complété par une nouvelle section rythmique constituée de Roy Webber (ex- Big Joe Louis's Blues Kings et West Weston's Bluesonics) aux drums ainsi que Orlando Shearer (ex-Otis Grand) à la double basse, un remarquable pianiste accordéoniste qui répond au nom de Mike Adcock (ex-Poorboys comme Mike Thomas) et enfin Oliver Darling, un guitariste âgé de 21 ans. La musique puise son inspiration dans les années 40 et surtout 50 : blues, R&B, jump, swing et zydeco.
 
Les Kings démarrent sur les chapeaux de roue par "Bombshell girl". Passé une courte introduction accordée par Gary, on entre de plein pied dans le rock'n'roll. La section rythmique assure. Le piano se trémousse. L'harmo de Gary et la slide de Mike mettent le nez à la fenêtre. Et l'effet est radical, car toute l’assistance a déjà envahi la piste de danse! Ces musiciens apprécient les débuts du R&B et en particulier Amos Milburn, Wynonie Harris et Louis Jordan. Soit les compos qui débordent de swing et de jive ! Le nouveau guitariste est dans son élément ; et il le démontre tout au long d’"Exorcisin' baby". La vieille Gibson ES150 d’Oliver décolle. La section rythmique rivalise avec celles d'outre-atlantique; et c’est suffisamment rare en Angleterre pour ne pas le signaler! Nous empruntons l’autoroute pour "Highway 17". Le mid tempo est irrésistible et l'harmo se fait gouailleur pendant que le piano roule dans le décor. Faire-valoir des solistes Gary, Oliver et Mike, "Hilde's hop" est un instrumental rapide. Bon blues rythmé, "You never now" évolue quelque part entre Chicago et la Californie. Un univers sonore qu'apprécie Rod Piazza. Et nous n'en sommes pas tellement loin, même si le résultat est un rien plus paresseux, un peu moins saignant, mais tout aussi efficace. Le "She's gonna ruin me" de T-Bone Walker Swing nous plonge dans la musique des 40’s. L'esprit est proche du jazz et les musiciens reprennent en chœur le refrain comme au bon vieux temps. Oliver se sent proche de T-Bone et de Pee Wee Crayton. Changement de direction et cap sur la Louisiane, lorsque Mike Adcock saisit son accordéon, tandis que Mike Thomas chante le zydeco ; faut dire que les deux Mike ont joué ce type de répertoire pendant des années, chez les Poorboys! Les 88 touches en ivoire du piano d’Adcock rebondissent sous ses dix doigts allègres, tout au long de "Hard top boogie". Les Cadillac Kings nous invitent alors pour un voyage destiné à découvrir les différentes facettes de la musique louisianaise : le swamp blues de "A trick of the blues" écorché par un harmo à la Jimmy Reed, la Nouvelle-Orléans de "Throwin' a dragnet", le zydeco de "Lovinest girl", et la reprise du "Shake baby shake" commise par le pianiste de New Orleans, Champion Jack Dupree. Et l’opus nous réserve encore des surprises. Tout d’abord l'énergique "Watch yourself brother" qui ne termine pas encore ce tout bon album, puisque nous avons encore droit à dix minutes de boni d’une adaptation live de "The confession", signée Cousin' Joe ; et enfin "You stayed on the one", un petit délire que s’étaient réservés le pianiste et la section rythmique, en studio.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Live at the King Club

Encore un blues band américain qui puise son inspiration dans le son des années 50 : le blues urbain de Chicago époque Chess, le Delta blues du Mississippi et le rock'n'roll de Memphis, période Sun. Un quatuor : Chris Boegar à la basse, ‘Low Rollin´’ Joe Nosek à l’harmonica et à la guitare rythmique, Kenny ‘Beedy eyes’ Smith (NDR : le fils de Willy Big Eyes) à la batterie, et Travis Koopman aux guitares. Ces trois deniers se partageant les vocaux.
 
L'album s’ouvre par "Cash Box boogie", leur titre fétiche. Joe Nosek se réserve le chant. Tout est bien huilé. La machine swingue. Joe en profite pour dispenser son catalogue d’effets à la Little Walter! Tout reste bien en place pour la reprise du "Chicago bound" de Jimmie Rogers. Le rythme est soutenu. Le chant de Travis n'est guère transcendant, mais il démontre toute sa verve sur les cordes! Les Kings ne relâchent pas le tempo. Dans le même registre, ils nous assènent "Searchin' for you", un boogie composé par Travis. Son chant est ponctué de phrases décisives et agressives produites par l'harmonica qui reste constamment à l’avant-plan. Signé John Brim, "Tough times" nous ramène dans un climat très fifties, particulièrement proche de Muddy Waters : le Southside Chicago blues. Il est vrai que Travis a accompagné Brim, jadis! Il passe ici à la slide comme pour ponctuer cet effet Waters. Slow blues, "Trouble in mind" est une adaptation d’un ‘traditionnel’. Invité, Todd Cambio pousse son harmonica dans les aigus, en y injectant une bonne dose d'expression. Il chante également passionnément. Issu de la plume de Joe, "Drop down, holler and stomp" est un boogie léger et accrocheur. Son chant est excellent, même s’il force quelque peu sa voix. Le backing est parfait et l'harmonica décolle sur ce riff hypnotique. Bercée par un rythme exotique, "Blue cha cha" est une plage que j’apprécie beaucoup. Nosek y souffle à la manière de Junior Wells. La guitare de Koopman est réverbérée comme celle d'Otis Rush, mais les accords sont plus fragiles ! Les Kings sont ici à leur meilleur niveau. Le "Big road" de Tommy Johnson nous ramène davantage vers le Delta du Sud. Une cover que le Canned Heat de Bob Hite aurait pu réaliser. A cause du jeu rudimentaire mais respectueux. L’adaptation du "Louise" de Big Walter Horton est exécutée avec beaucoup de retenue et une certaine dose d'émotion. Travis chante autoritairement son "Money man", dans le style Southside. Epinglant des compos signées T-Model Ford, Muddy Waters, Johnny Young et Willie Dixon, la fin de l’opus respecte une unité de style. « Live at the King Club » est un disque d’honnête facture, sans plus. Une plaque commise par une formation comme il doit en exister, sans doute, une kyrielle outre-Atlantique.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Buried alive in the blues

Dans les années 60, toute une série de musiciens ont constitué l'ossature musicale du quartier de Northside. Ils marchaient sur les traces des grands de Chicago. Bientôt ils se sont aventurés dans le Southside pour écrire de très bonnes pages de blues. Parmi ces artistes figuraient le Paul Butterfield Blues Band, Mike Bloomfield, Charlie Musselwhite, le Goldberg Miller Band (dont les leaders étaient tout naturellement Barry Goldberg et Steve Miller) et le Siegel Schwall Band. Sans oublier l'Electric Flag de Gravenites, Bloomfield, Goldberg et Buddy Miles.
 
Comme au bon vieux temps, Nick Gravenites chante son "Born in Chicago", un titre autobiographique notoire qui ouvrait le tout premier album du Paul Butterfield Blues Band, paru au cœur des sixties. Une très bonne version qui bénéficie du concours de Corky Siegel à l'harmonica et de Harvey Mandel à la guitare. Nick a écrit "Buried alive in the blues" pour Janis Joplin. Une compo qui devait être enregistrée le lendemain ; c'est-à-dire le jour de la mort tragique de Janis. Gravenites est un excellent blues songwriter. Il le démontre tout au long de ce titre percutant. Il possède également une voix puissante. La machine est parfaitement huilée : Rick Reed à la basse, Gary Mallabern à batterie et un certain Barry Goldberg aux claviers. Autre artiste chevronnée, Tracy Nelson y excelle aux chœurs. Saviez-vous que Gravenites avait succédé à Janis au chant chez le Big Brother and the Holding Company? Préposée aux vocaux au sein de Mother Earth dans les 60’s, Tracy Nelson possède un timbre extraordinaire, explosif, étonnant, musclé. Il emporte tout sur son passage tout au long de "Walk away". Le Blues Reunion passe à la vitesse supérieure pour "Drinkin' wine". Le tempo redouble de vivacité lorsque Gravenites double aux cordes. Et aucune accalmie à l'horizon lorsque les musiciens s'engouffrent dans le "GM Boogie" (NDR : traduisez « Goldberg Mandel Boogie »), un morceau conduit par la guitare solide, déjantée et largement amplifiée d'Harvey Mandel. Quelque part, il nous rappelle qu'il fut autrefois guitariste chez Canned Heat. Nick chante à nouveau et à la perfection le blues tout au long de "Left handed soul". Opérée dans l’esprit de Bloomfield, l’ouverture de Mandel est royale. Savoureux shuffle, "I'm gonna miss you like the devil" est issu de la plume de Slim Harpo. Tracy chante cette plage caractérisée par de bonnes envolées de Siegel et Mandel. Le "I need all the help I can get" de Delbert McClinton privilégie le funk au blues. Nick empoigne sa guitare rythmique pour entamer une de ses meilleures compositions "The death of Muddy Waters", un morceau écrit en hommage à la grande légende du blues. La voix libère beaucoup d'émotion devant les cris proférés par l'harmo de Corky Siegel. Batteur du Howlin' Wolf Band et du Butterfield Band, le talentueux Sam Lay vient chanter une excellente version du "I've gotta find my baby" de Willie Dixon. Tracy Nelson reprend le rôle aux vocaux pour attaquer son "New truck" ; un fragment très rock'n'roll. Goldberg manifeste beaucoup de verve au piano. Les musiciens prennent leur pied. Soutenu par une bonne partie de guitare réverbérée de Mandel, Corky Siegel interprète de son timbre nasillard le célèbre "I'm a king bee" de Slim Harpo. Un Mandel qui se réserve le seul instrumental : "Snake". Le délire sur les cordes qui en fait sa réputation est intact. En finale, Sam Lay revient chanter "Hound dog" et "Roll over Beethoven" sous la forme d’un medley rock'n'roll. Cette bonne tranche de blues a été immortalisée ‘live’ au Fitzgerald de Berwyn, le 15 octobre 2004. Et on n’est pas au bout de notre bonheur ! Puisque le compact disc est accompagné d’un DVD de plus de 80'. Une plaque qui réunit des interviews de Buddy Guy, de BB King et de quelques autres artistes. Nonobstant les quelques (trop courts) documents d'époque, elle épingle une session du Mike Bloomfield en compagnie de l'Electric Flag, mais aussi du Muddy Waters Band impliquant Junior Wells à l'harmonica. Le Paul Butterfield Blues Band n’a pas été oublié. Et en particulier une photo saisissante du même Butterfield. Imaginez un blanc, seul, au beau milieu d’une foule uniformément noire. Le DVD inclut également quelques unes des plages de l'album ‘live’. On y ressent très bien le plaisir communicatif de ces - désormais - vétérans. L’œuvre est, en outre, enrichie par des notes de pochette détaillées et intéressantes et illustrée par de nombreuses photos dont quelques unes sont particulièrement rares…
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Back home

Si Clapton est fondamentalement un guitariste de blues, il a acquis son succès commercial à travers ses albums de pop/blues/rock. Au cours de sa carrière, il s’est ainsi illustré en alternant productions blues et commerciales. En 94, "From the craddle" trempait dans le blues. Pop, "Pilgrim" en revenait dès 1998 à la pop. Blues, "Riding with the King" réunissait Eric et BB King, en 2000. L’année suivante, "Reptile" retournait à la pop… Et en 2004, il rendait hommage au mythique Robert Johnson en commettant "Me and Mr Johnson". Un opus suivi quelques mois plus tard par les "Sessions for Mr J", réunissant un CD et un DVD. Clapton semble vouloir protéger son statut de bluesman, sans pour autant en oublier le tiroir-caisse!
 
Son nouvel elpee s’ouvre par "So tired", une ballade country pop assez dynamique pour pouvoir susciter l'intérêt de pousser le laser plus loin. Les instruments sont bien en place. Constituée de Steve Gadd aux drums et de Nathan East à la basse, la section rythmique imprime un tempo solide et précis. La Stratocaster d'Eric évolue bien à l'avant du décor face aux pleurs d'un enfant. En 1974, Eric interprétait avec bonheur "I shot the sheriff" de Bob Marley ; une compo qui deviendra un énorme hit. Depuis, il lui arrive encore régulièrement de se consacrer au reggae. A l’instar de "Say what you will", qui figure donc sur cet elpee. Sculpté dans un R&B délicatement funky, la reprise du "I'm going left" de Stevie Wonder est envahie de choeurs féminins et investie par la présence massive des Kick Horns. "Love don't love nobody" symbolise la ballade lente ‘claptonienne’ par excellence. Il en aura déjà bien commises des ballades destinées à arracher les larmes des jolis cœurs. Pour la circonstance, il pousse même sa voix pour tenter d’entraîner, sur la piste de danse, les couples en mal de vibrations. "Revolution" est un autre périple bercé par les rythmes exotiques de la Jamaïque. Une plage parue en single et que vous avez certainement déjà dû entendre sur l’une ou l’autre station radiophonique. Clapton reprend "Love comes to everyone", un morceau issu de la plume de son ami et ancien rival sentimental, le regretté George Harrisson. Une adaptation qui n'a rien d'inoubliable, avouons-le. Au sein de son backing band, milite Andy Fairweather-Low. Le Gallois accompagne Eric depuis de nombreuses années. Un excellent musicien qui transita naguère par le Rockpile de Dave Edmunds. Pour concocter ce « Back home », Clapton a reçu le concours d’un autre gratteur : le Texan Doyle Bramhall II. Ce dernier signe deux compositions. Une excellente initiative, car les bonnes vibrations du blues font enfin leur entrée. Son "Lost and found" ne boxe pas dans les poids légers ; mais il était temps de donner un peu de tension sanguine à cet album. Or, Doyle affiche une puissance de feu certaine! Mais dommage que son "Piece of my heart" ne soit qu'une gentille ballade de plus. "One day" revient dans le monde de la pop. Le dieu des cordes nous réserve ici toutefois une sortie instrumentale plus musclée. A ce stade, vous avez certainement compris que Clapton a signé un album laidback de plus. Un disque inoffensif et soft, qui ne devrait même pas surprendre les profanes. Et la suite de la plaque corrobore ce point de vue : "One track mind" qu’il caresse finement de son bottleneck, mais la plage est derechef étouffée par ces voix féminines envahissantes ; "Run home to me", une ballade blues/pop séduisante rehaussée par la présence très efficace de Billy Preston à l’orgue hammond, mais qui finit par se noyer dans des cordes maladroitement programmées ! L’opus s’achève par une dernière ballade : le titre maître. Malheureusement, elle ne reflète pas le Clapton de Robert Johnson, mais celui de "Reptiles", celui qui vend beaucoup d'albums…
samedi, 31 décembre 2005 01:00

In the House

Otis Clay est né à Waxhaw, dans le Mississippi. En 1942. Au cours de sa jeunesse, il chante le gospel. A l’âge de 15 ans, il rejoint le Blue Jay Quartet of Birmingham. Il vit alors à Chicago. Fin des 50’s/début des 60’s, il est toujours adepte du gospel, mais milite alors chez les Golden Jubilaires. Néanmoins, il commence à s’intéresser au R&B et finit même par y consacrer ses facultés vocales. En 1971, il signe pour Hi records, le label soul de Memphis. Il y rejoint alors Syl Johnson et Al Green. Fin des 70’s, il tourne beaucoup en Europe et au Japon. Des périples qu’il reproduira tout au long des eighties. En 1985, il sort d’ailleurs "Soul man : Live in Japan", un elpee enregistré en public, vous vous en doutez. De sa discographie, je retiendrai surtout les albums suivants : "I'll treat you right" en 92 et "This time around", en 98, tous deux pour Bullseye ; ainsi que "The gospel truth" en 93, chez Blind Pig.
 
Ce nouvel enregistrement live constitue déjà le septième volume de la série "Live at Lucerne", parue sur Crosscut. Il a été immortalisé le 14 novembre 2003. Otis Clay est soutenu par son backing band au grand complet : guitare, claviers, basse, batterie, trompette et trombone ; sans oublier les chœurs (NDR : somptueux !).
 
Le concert s’ouvre par "You're the one" ; une compo rythmée, mais pas trop. Les musiciens accomplissent leur mission en toute discrétion, pour mieux mettre en exergue le chant délicieux de Mr Clay et de ses choristes. Cependant, je dois avouer que les claviers qui produisent le son d'un ensemble de cordes me restent en travers de la gorge. Lors de la ballade douce et lente "When hearts grow cold", Otis est au sommet de son art. La mélodie colle parfaitement à son timbre apaisant, pendant que la guitare de Hollywood Scott s’autorise une sortie, ma foi, fort plaisante. Mais qu'est-ce qu'il chante bien Mr Otis Clay! Il invite le public à danser son "Nickel and a nail". Hollywood Scott fait vibrer ses cordes et démontre qu'il est sans aucun doute un excellent musicien. "Sho wasn't me" est un agréable ballade soul. Benny Brown double à l'orgue et au piano, sur une trame subtilement funky. Sa version du "For the good times" de Kris Kristofferson bénéficie d’un arrangement adapté au véritable blues lent. Tout au long de cette plage, l’organe vocal d’Otis manifeste une grande clarté ; de la luminosité même ! Ce savant mélange de soul et de R&B ne froisse jamais l'oreille. Otis privilégie la douceur. Il a manifestement forgé son style dans les églises et les temples, lorsqu’il chantait le gospel au sein des chœurs. Pourtant il est capable de hausser aisément le timbre de sa voix. A l’instar d’"I can take you to heaven tonight". Tous les musiciens le soutiennent à l’unisson, lors du toujours gospel, mais plus traditionnel, "Amen". Et puis de "This little light of mine". Et grosse surprise, l'incroyable Sharrie Williams en profite pour faire son entrée en scène et partager le chant avec Mr Clay! Le "Love & happiness" d'Al Greene marque un retour au rythme. Une impulsion prolongée par le funk jouissif que partagent "I just wanna justify" et "Respect yourself", deux titres nappés par l'orgue Hammond complice. Dans le style, cet album est vraiment d’excellente facture…
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Blue ink

Al Basile est né en 1948, dans le Massachusetts. Mais aujourd’hui, il vit à Providence, dans le Rhode Island. Partagé entre le jazz et le blues depuis la fin des années 60, il chante et joue du cornet. Ami de Duke Robillard et de Scott Hamilton, il deviendra le premier trompettiste de Roomful of Blues. Entre 73 et 75. Depuis, il a régulièrement côtoyé Duke, joué en sa compagnie et bénéficié de son concours à la production pour l’enregistrement des elpees "Down on Providence Plantation" en 1998, "Shaking the soul tree" en 2001, "Red breath" en 2003 et ce nouvel opus, "Blues ink". Dont le titre (NDR : l'encre bleue) est lourd de signification, lorsqu’on sait qu'Al en en a écrit toutes les plages! Pour concocter cette nouvelle plaque, il a reçu le concours de musiciens chers à Duke : Marty Ballou à la basse, Mark Teixeira à la batterie, Matt McCabe au piano (NDR : il a longtemps sévi au sein du Roomful of Blues) et Jerry Portnoy, un ancien membre du Muddy Waters Band, à l’harmonica.
 
Al déclare en toute sincérité "I got to love and be loved". Un Chicago blues assez classique. Il possède une bonne voix, assurée, finalement fort proche de celle de Duke Robillard. La première intervention de Jerry Portnoy est divine. "The catch-up" est du blues à ras de terre, simple et inspiré comme je l’apprécie. Duke se montre à la hauteur. Très T-Bone, le piano de McCabe assure l'accompagnement. "Just a heartache" nous entraîne vers le blues des bayous louisianais, mais en respectant une certaine rigueur dans le tempo. L’excellent "Stop knockin" évolue sur des rythmes chers aux îles, et en particulier le mambo syncopé. Matt McCabe se sent inspiré par cet exotisme, avant de céder le relais à Mr Basile qui concède son unique solo sur le cornet à pistons. L'ambiance devient relax, très calme, apaisante même, tout au long de "Hooray for me". Marty injecte un soupçon de jazz à la basse acoustique. Une compo qu’Al chante sereinement, soutenu par l'harmonica de Jerry et le piano. Quoique évoluant à un haut niveau, tous ces musiciens s'entendent parfaitement. Et lorsque le tempo s’élève sur "Full time job ", Duke en profite pour se réserver un solo finement ciselé. Retour aux Caraïbes pour "Annie get your thing on". La section rythmique réalise un superbe boulot. Une belle occasion pour Portnoy de crever l'écran. Blues lent, "Hurt me" évolue paresseusement sur un axe Baton Rouge Chicago. Une opportunité unique pour permettre à Jerry et Matt de dispenser des soli de haute facture ! "Lonesome sun" nous conduit à la Nouvelle Orleans. Mark imprime des rythmes syncopés sur lesquels le piano de McCabe frétille de bonheur. Al chante avec passion et un calme prodigieux le blues lent "School in hell". Jerry susurre de courtes phrases mélodiques sur son instrument. Remarquable ! Il ne reste plus à Duke qu’à ajouter son savoir-faire. Et l’espace de quelques notes à peine, il se montre étincelant. Le même Duke injecte de la réverbération pour créer une atmosphère lugubre, proche du voodoo, sur "Sugar shock". Blues acoustique, Fifth never " est un tout simplement savoureux. D’excellente facture, cet opus s’achève par "Say your prayers". Piano, guitare et harmo sont à l'unisson tout au long de ce slow blues proche du Chicago southside cher à Muddy Waters.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Night after night

Aujourd’hui, Big Dez constitue certainement une des meilleures formations françaises de blues. Militant depuis 1996, elle est drivée par le chanteur/guitariste Phil Fernandez. Un personnage qui s'est souvent rendu au pays du blues pour se perfectionner et se mesurer aux musiciens locaux. Et tout particulièrement à Austin, au Texas. En mars 2003, il y a ainsi enregistré "Sail on", un elpee qui laissait transparaître un potentiel international indéniable. L’année suivante, il y est retourné ; pour mettre en boîte ce tout nouvel opus. Hormis Vincent Daune qui a cédé ses baguettes à Nico Leophonte, le line up de base est identique : Bala Pradal aux claviers, Marc Schaeller à l'harmonica et Lamine Guerfi à la basse. A l’instar du long playing précédent, quelques invités ont participé aux sessions d’enregistrement.
 
"Junk tour" ouvre le feu. Bala enfonce ses doigts de velours dans son clavier. La section rythmique prend ses marques. La guitare de Phil ne tient déjà plus en place et dispense de courtes phrases qui font mouche. Cueillies dans un Texas blues de choix avant d’être triturées, ces grappes de notes ne peuvent que nous mettre l’eau (NDR : le vin ?) à la bouche. Sapidité Freddie King, Long John Hunter et plus exactement Phil Fernandez. Le blues de Big Dez est d’une solidité à toute épreuve. La fête continue tout au long d’"Even me". Pradal est passé à l'orgue. Le souffle de Marc est percutant. Une attaque très caractéristique. Les invités se bousculent au portillon des studios Wire Recording. Dont une section de cuivres constituée de Gary Slechta à la trompette et de l'excellent Gordon Beadle au saxophone. Sans oublier Preston Hubbard, préposé à la basse. Chanteur particulièrement doué, Mike Cross échange des vocalises avec Phil, un ancien membre des Fabulous Thunderbirds Une deuxième guitare entre dans la danse : celle de Rodolphe Dumont. Elle attaque "Night after night", sur un tempo rock'n'roll. Le tempo persiste tout au long de "Never make a move too soon". Le chant de Phil ne présente pas la moindre faille. Sax Beadle se régale sur son sax ténor. Big Dez opte alors pour un changement de direction : la Louisiane ; et New Orleans en particulier. Nico impose le ton de ses percussions. Les touches de Pradal sont affûtées. Mike et Jacqui Cross rejoignent Phil pour chanter cet "At Gino's" contagieux. Le saxophone de Tom Robinson vibre. Pour aborder "#2", la Stratocaster de Phil libère un son pourri. Tous les instruments participent au rythme de ce shuffle bien carré, pendant que la guitare s'évade au pays des King, Freddie et BB. C'est la fête ! Et lorsque Big Dez produit un tel groove, c'est le bonheur ! Plus cool, atmosphérique, "Suspicion" est propice à de nouveaux éclats des cordes. Lors de l’instrumental "2710 S. Lamar", Marc et Bala démontrent leur savoir-faire. Bala Preadal nous donne même une leçon d’efficacité, sur son orgue, tout au long de "Big livers". Il nous transporte même à Memphis, au pays de Booker T. Plage finale, "Stroll for Madeleine", est toujours instrumentale. Elle est malheureusement trop brève à mon goût. Parce que nous sommes envahis par le climat relaxant du piano électrique de Bala ; une compo au cours de laquelle les cordes de Fernandez éclatent pour la dernière fois. Découpé en neuf fragments, « Night after night » est un album d’excellente facture. Un de plus pour Big Dez ! Au cours du mois de juillet, le groupe effectuera une tournée aux Pays-Bas (NDR : il en profitera pour enregistrer un album ‘live’), avant de se produire aux ‘Blues Passions’ de Cognac. Enfin, le 7 août, ils seront à l’affiche du Festival de Gouvy en Belgique.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

The Billy Gibson Band

Billy Gibson est né à Clinton, dans le Mississippi. Peu à peu, ce chanteur/harmoniciste blanc a fait son chemin, lentement mais sûrement. Après ses études, il émigre à Clarksdale où il joue au sein des Midnighters. Il se fixe ensuite à Memphis, à Beale street. Son université du blues, comme il aime si bien le rappeler. Depuis, il s'est forgé une solide réputation, collaborant notamment aux enregistrements de Deborah Coleman, Michael Burks et des Junkyardmen. Son premier album "Billy Gibson" est paru en 1996, sur North Magnolia. Il bosse ensuite pour la boîte de distribution, Indise Sounds. Il commet successivement "The nearness of you" en 2001 et "In a Memphis tone" en 2004. Pour ce nouvel opus, il a reçu le concours de son BG Band. Un backing band constitué de trois musiciens noirs : David Bowen à la guitare, James Jackson à la basse, et Cedric Keel à la batterie.
 
Billy ouvre les hostilités par "Down home", une plage très Memphis. L’homme est bien chez lui dans la capitale du Tennessee. Sa section rythmique imprime un rythme bien funky. Mais ce qui marque instantanément les esprits, c'est la puissance de feu de Gibson. Ce souffleur possède trois poumons. En outre, sa voix est taillée sur mesure pour son répertoire. Son premier solo est un plaisir des oreilles. L'homme dispose de solides atouts. Son style est très personnel. Sa puissance constante, sa technique infaillible et la dissertation ample. Signé David Bowen, "Keep doin' what ya doin" évolue dans un style que n'auraient pas reniés les Nightcats de Little Charlie Baty! L'orgue de Charlie Wood est venu renforcer l'équipe. Ce qui n’empêche pas Billy de demeurer aussi consistant sur son instrument. Le funky "Home at last" baigne encore dans le Memphis Sound. Le travail opéré par la basse, la batterie et l'orgue est méthodique. Pas étonnant dès lors d’assister à l’intervention d’un autre invité : le saxophoniste Charles Campbell. Un concours opéré totalement dans l'esprit de cette musique rythmée. Le "What is love?" de Gibson constitue un grand moment de cet opus. Une plage bien enlevée qui nous donne envie de participer à la fête. Un fragment caractérisé par une redoutable envolée à l'harmonica. Impressionnant! Charlie Wood s'est assis derrière le piano pour entamer le plus classique, "Darlin' please come home", un blues indolent inspiré par Sonny Williamson II, au cours duquel Billy souffle paresseusement dans son instrument. Notre homme est capable de varier son répertoire. Issu de sa plume, "Stingin' stang" évolue dans un registre bien plus soul. Une compo colorée par la guitare de David, dont l’inventivité laisse transparaître des influences jazz. La reprise du "Love everybody" de Willie Foster replace Billy dans ce qu'il fait le mieux : le blues largement teinté de R&B. Les voix féminines de Lucy et de Lynn le soutiennent. Ce qui lui donne des ailes pour produire un nouveau solo à l'harmonica. Et il est splendide ! La machine est décidemment bien huilée. C'est le bonheur! "One more time" demeure dans le même style. Une autre composition de Bowen au son très Beale street. En front de scène, Billy chante parfaitement ce titre tapissé par l'orgue Hammond. Cet excellent opus s’achève par le "Tell it like it is" de Mose Vinson. Une compo qui baigne au sein d’un atmosphère plus intimiste, et que Billy chante, avec pour seul partenaire, Charlie Wood et son piano roulant. Une dernière occasion pour souffler sereinement dans son harmonica. Parallèlement à la sortie de cet album, Billy vient également de sortir un ‘live’ immortalisé au Rum Boogie Cafe (NDR : il est paru chez Beale Street). En outre, il élabore un guide d'instruction pour harmonica chromatique sur CD, un mode d’emploi qui devrait sortir pour l'été 2006. Et pour que votre information soit complète, sachez que non seulement Billy se produit en compagnie de son propre groupe ; mais également chez les Delta Cats, un duo qu’il a constitué avec son guitariste David Bowen.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Saved by magic

Brant Bjork est issu de Palm Desert, en Californie. Lorsqu’il était encore aux études, il avait monté Kyuss, une formation responsable d’un ‘desert stoner’ rock aux accents heavy et psychédéliques. Le combo commettra quatre albums entre 90 et 94. Lorsqu'il quitte Kyuss, il se concentre d’abord sur le football avant de créer El Camino, un label indépendant rebaptisé depuis Duna. Il joue alors de la batterie chez De-Con, un ensemble de hardcore punk. Puis rejoint Fu Manchu, une formation de surf qui alignera quand même cinq albums. Il décide enfin d’embrasser une carrière solo et enregistre "Jalamanta" en 1999, un album de cool jazz. Peu satisfait du résultat, il grave un disque bien plus heavy l’année suivante, "Ch'e". Puis enregistre successivement "Brant Bjork and the Operators" en 2002, "Keep your cool" en 2003 et "Local angel" l’an dernier. Il a fondé, dernièrement les Bros, en compagnie de Dylan Roche à la basse, Mike Peffer aux drums et Cortez à la guitare. La critique n’hésite pas à qualifier le résultat de cette aventure, comme la plus proche du Jimi Hendrix Experience depuis près de quatre décennies.
 
En ouverture de ce double album, "Magic vs Technology" baigne au sein d’un climat sidéral. Caressées, les cordes synthétisent ces sonorités galactiques. Nous sommes directement plongés dans la musique de Brant Bjork. Bien en rythme, la guitare est tout d'abord malmenée. La voix étrange accroche. La section rythmique balise ce "Get into it" comme à la meilleure époque de la new wave britannique. Brant nous entraîne effectivement dans son trip. Psychédélique, déjantée, la guitare écrase tout sur son passage, puis s’évade… Impressionnant ! Quoique sculpté dans un hard – ma foi – fort classique, "Kiss away" demeure musicalement très riche, évoquant au passage les trios glorieux que furent Cream et Experience. "73" aurait pu sortir en ….1973. Un fragment furieusement proche du groupe anglais Free de Paul Rodgers et Paul Kossoff. "Lil' Bro" lorgne davantage vers le rock sans compromission des Flamin' Groovies. Répétitives, "Moda", "Dr Aura" et "Inside of you" trahissent une influence teutonne, krautrock si vous préférez ! Autre hard rock classique, réminiscent du début des 70’s, "Gonna make the pony trot" manque singulièrement d’éclat. "Sweet Maria's dream" campe un blues à la fois calme et allumé, un blues bjorkien, presque progressif. Nous ne sommes pas tellement loin de la démarche prônée par Tony McPhee chez les Groundhogs, il y a une trentaine d’années. La musique de Brant est riche, complexe, très diversifiée. Ses influences sont multiples. "Freak levels" entame le deuxième disque. L’univers sonore est envahi par quelques cris d’animaux. Les guitares arrachent et explorent de nouveaux horizons psychédéliques ; toujours aussi allumés. Bjork a également recours aux techniques studio pour projeter ce voyage torturé. Les cordes fouettent de riffs "Let the truth be known". Dominée par la voix, cette plage est taillée sur mesure pour un trio de hard rock du début des 70s. "Dylan's fantasy" est excellent, mais trop court. Un instrumental secoué par les quatre cordes frénétiques de la basse. Plus conventionnel, "The messengers" est une parfaite démonstration de la bonne mise en place des trois instrumentistes. La tension monte et se mue progressivement en fureur. Amorcé par un monologue, "Paradise on earth" nous convie à un voyage en Thaïlande. Une aventure qui respire la douceur. "Coor Abdul" propose un autre voyage atmosphérique vers l'Orient lointain. Narré par Bjork, "Avenida de la Revolucion" est imprimé sur un tempo répétitif assuré par les percussions. Lors de ce monologue, il évoque Hendrix et ne tarde pas à laisser ses cordes se tordre dans un tourbillon de notes qui aurait plu au dieu Jimi. Et ce même fantôme introduit ce riff notoire, immortalisé à la fin des 60’s par le Cream dans le sublime "Sunshine of your love" ; un trio qui aura lui aussi marqué les hommes du désert. Tourmenté par les cordes implacables, cette plage aboutit dans les flammes de l'enfer. Longue finale, "Arcadia eyes" repose sur un riff puissant, dispensé à l’unisson par les trois instruments. Maintenant, je me pose quand même une question : pourquoi cette compo se termine après 5 des 10' annoncées et redémarre deux minutes plus tard, mais sous la forme d’une pop song sucrée et mielleuse ? Brant a beaucoup écouté les musiques d'une époque lointaine et la restitue aujourd'hui, sous une forme contemporaine. De toute évidence, cet opus est digne d’intérêt.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

My blue boogie style

Pianiste, Christian Bleiming est né en Westphalie (Allemagne). En 1960. Très tôt inspiré par Clarence ‘Pinetop’ Smith et Meade ‘Lux’ Lewis, il s’est souvent produit en compagnie de chanteurs et de musiciens tels que Guitar Crusher, Big Jay McNeely, Big Joe Duskin, Angela Brown ainsi que Tommie Harris. Mais il a également varié les configurations : en solo, en duo (flanqué du drummer Peter Samland) et en trio (lorsque le guitariste Amadus Grund rejoint le tandem). Sans oublier ses collaborations menées avec Tommie Harris, un chanteur noir américain issu de l’Alabama et âgé aujourd’hui de 67 ans. Christian compte déjà quelques albums à son actif : "Jivin' time" en 1990 (NDR : soutenu par ses Boogie Boys), "Piano blues & boogie woogie" en 93, "Boogie-woogie power-train" en 95, "Boogie that blues away" en 98, et "Solo & Live" en 2001.
 
Ce nouvel opus s’ouvre par une pièce instrumentale échangée entre le piano et la batterie : "The whirlwind boogie" ; histoire de comprendre que Christian est un client très sérieux. Une formule qu’il reconduit sur "Blue basement shuffle", un barrelhouse shuffle exquis, et un autre boogie intitulé "Raintown boogie". De bonne facture, "I don't want no woman" est imprimé sur un tempo élevé. Au cours de ce blues, les musiciens sont à l'attaque. A la guitare, Grund conjugue parcimonie et efficacité. La voix soul de Tommie Harris est bien ciselée. Il ne reste plus au pianiste qu'à ajouter un solo très naturel. La voix de Harris illumine plusieurs plages. Aussi bien dans le domaine du blues lent (NDR : jadis popularisée par le géant Freddie King, la reprise d’"Ain't nobody's business" en est la plus belle illustration), que lorsque le tempo s’élève. Et je pense tout particulièrement à "Evening news", plage au cours de laquelle il force quelque peu sa voix, ou encore "Brand new boogie dance", un boogie pur et dur ! Et quel bonheur d’entendre Bleiming s'y éclater avec un talent fou! Tommie chante également deux dernières plages : "Next time you see me" - Amadus y prend son pied tout en sortant de sa réserve - et le traditionnel "Just a closer walk with thee", une ballade parfaitement soul. Les trois instrumentistes se réservent un autre boogie : "Battin' the boogie". Et pour que votre information soit complète sachez que Bleiming est seul derrière les 88 touches de son piano pour deux titres, dont la cover du "Lux's boogie" de Meade Lewis. L’elpee recèle deux autres excellentes reprises. Tout d’abord, une adaptation slow blue du "Just a dream" de Big Bill Broonzy, un fragment au cours duquel Grund exécute un bon travail sur les cordes. Enfin et surtout, un joyau de Chicago shuffle : "Beat up team" ; une compo signée Otis Spann. Car effectivement, Bleiming est parvenu à intégrer et à digérer la technique du merveilleux sideman de Muddy Waters. J'apprécie énormément cet album. Un disque qui mérite assurément une écoute attentive de la part des amateurs de piano blues et boogie.