Un dixième album studio pour Idlewild

Idlewild sortira son nouvel opus – un éponyme – ce 3 octobre 2025. Il s’agira de son dixième. En attendant, il a partagé le single intitulé "Stay Out Of Place". Le chanteur Roddy Woomble explique que la chanson traite de la multiplicité des voix et de la…

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Paddang à la poursuite des fantômes…

Paddang est un trio de rock psyché formé en 2020 à Toulouse. Osees et King Crimson à fond dans lʼautoradio et un nom de groupe inspiré d'un spot de surf en Indonésie, Paddang file à toute berzingue dans une épopée cosmique. Les trois voix dictent le ton et…

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mardi, 18 novembre 2008 01:00

Orange blossoms

Chanteur, guitariste et compositeur, JJ Grey est originaire de Jacksonville, en Floride. Il est soutenu par une formation répondant au patronyme de Mofro. Sa musique est personnelle. Et pour cause, il compose l’intégralité de son répertoire. De la soul teintée de funk, qu’il contamine d’accès de blues et de rock. Mofro avait commis son premier opus en 2001 : "Blackwater". Un disque suivit par "Lochloosa", en 2004. Constamment à la recherche de nouveaux talents et de nouvelles sonorités, Bruce Iglauer repère l’aubaine. Il signe JJ Grey chez Alligator. Ecurie sur laquelle paraît un premier opus en 2007 : "Country ghetto". Partagé en douze morceaux, « Orange blossoms » en est la suite logique. Au sein du line up, le guitariste Daryl Hance joue un rôle très important. C’est même le principal partenaire de Grey.

Le titre maître ouvre l’elpee. Le rythme est enlevé, mais sans excès. Une compo susceptible de rappeler l’univers swamp de Tony Joe White. La voix soul de Grey est délicate. Elle est soutenue de chœurs et de cuivres. Il concède un subtil solo sur son ‘clavinet’, avant de se consacrer aux cordes face à la slide de Hance. L’expression sonore baigne dans un r&b dansant et séduisant. Quoique rythmé, "The devil you know" emprunte des accents nonchalants venus directement des marais du sud profond de la Lousisiane. Voire de la Floride. Des sonorités rituellement qualifiées de deep southern soul. La guitare évolue constamment à l'avant-plan. "Everything good is bad" est la seule compo du tracklisting qui n’est pas issue de sa plume. Elle baigne dans une ambiance gospel et met en exergue le timbre vocal d’une grande pureté de JJ, même si la part belle est donnée à l'orgue Hammond B3 d'Adam Scone. Un clavier funèbre introduit "She don't know". La voix de JJ est d’une extrême douceur. Le climat dépouillé, malgré la présence d'un quatuor à cordes. "The truth" est une plage brillante. La mélodie mélancolique et tendre. Véhiculant une grande tristesse, la voix se détache de l’ensemble. Manifestement, l'artiste y reflète une peine de cœur. L'orgue Hammond, les violons et le violoncelle accentuent cette immense détresse peine. Cet épanchement de mélancolie envahit également "Dew drops". Changement de climat pour "On fire". Un morceau bien plus optimiste. Les cuivres sont en effervescence. Du pur funk made in Nouvelle Orléans. Un funk qui s’adapte et finit par se traîner paresseusement sur "Move it on". Grey y partage les vocaux en compagnie de chœurs féminins. Les interventions de Dennis Marion à la trompette sont feutrées. Ce funk traduit toute sa délicatesse sur "Higher you climb", un titre très participatif. Vocaux, cordes, cuivres et orgue collaborent une nouvelle fois, impeccablement, à l’architecture sonore. "Ybor city" nous replonge dans l’univers du "Swamp fox". Celui de Tony Joe White, très exactement même si le rythme est beaucoup plus soutenu. D’excellente facture, cet album s’achève par "I believe (in everything)", un cri d’espoir empreint d’une infinie douceur…

 

mardi, 11 novembre 2008 01:00

Vantage point

Chris est âgé de 45 ans. Il est originaire de San Antonio, au Texas. Il joue sa musique depuis près de 30 ans. Il se fixe à Austin en 1979 et rejoint le groupe Mainstreet. En 81, les choses deviennent plus sérieuses, puisqu’il est engagé par Night Train, le groupe du chanteur/guitariste Bobby Mack. Il y sévira trois années. Enfin, en 86 il fonde sa propre formation : les Bad Boys. Il concocte ainsi son premier elpee ; même si entretemps, il cède le leadership à Junior Medlow, le chanteur du groupe mythique Cobras, un combo également issu d’Austin, au sein duquel militait Stevie Ray Vaughan. Depuis 1991, il drive son Chris Duarte Group. Sous ce patronyme, il a commis quelques solides opus dont "Texas Sugar/Strat Magik" en 94, "Tailspin headwhack" en 97, "Love is greater than me" en 2000 ainsi que le puissant "Romp" en 2003. L'an dernier, il a signé chez le label de Mike Varney, Blues Bureau International et lui a consacré "Velocity".

Pour ce nouvel album, il a choisi de continuer à faire confiance à la fée électricité. Sa section rythmique est constituée du bassiste Joseph Patrick Moore et du drummer Jeff Reilly. Varney se charge de la mise en forme. Savant dosage de funk, de blues, de jazz et de rock, épicé d’un soupçon de métal, son expression sonore est toujours aussi consistante et flamboyante. Parmi ses musiciens favoris, il cite Albert King, Jimi Hendrix, Stevie Ray Vaughan, John McLaughlin et… John Coltrane. Pas trop difficile dès lors de situer son univers musical.

Dès l’entame de "The best I can do", Chris pousse sur le champignon. Une plage rock'n'roll très speedée au cours de laquelle la section rythmique soutient discrètement mais efficacement son leader. Blues rock shuffle à la texane, "Satisfy" emprunte une démarche nonchalante. Nous ne sommes d’ailleurs pas très loin des bayous de la Louisiane. Pour la circonstance, il s’inspire naturellement de son regretté concitoyen, Stevie Ray Vaughan. Plage instrumentale, "Slapstak" constitue un hymne à la guitare texane. L’esprit de Jimi Hendrix est ici bien présent, mais aussi et bien entendu de SRV. "More boogie" est un titre parfaitement adapté. Un boogie électrique radical qui lorgne sensiblement vers Michael Katon, l'homme de l'enfer du Michigan, artiste qui relève d’ailleurs du même label. L'empreinte de Varney est pourtant bien nette. Hanté par cette fureur infernale, ce boogie métallique emporte tout sur son passage! Nostalgiques, les fans du grand Vaughan risquent fort d’essuyer une larme en écoutant "Troubles on me", un blues lent caractérisé par ses questions rituelles échangées entre le chant et les cordes. A la limite, il aurait pu intituler cette compo, "Double troubles on me". La fête de la guitare se poursuit, mais évolue toujours à très haut niveau. Imprimé sur un tempo enlevé, "Let's have a party" est un véritable plaisir pour les oreilles. Alors que les trois musiciens reprennent le refrain, les sonorités de cordes se multiplient au cœur d’une véritable orgie du rythme. Il jouit d’une fameuse santé l'ami Chris! "The end of me and you" baigne au sein d’un climat Memphis R&B. Chris reproduit les riffs du grand Albert King. Et c’est un élève doué. Il est d’ailleurs passé au rang de maître compagnon. Et son savoir-faire est éloquent. Balisé par une rythmique entraînante, "Blow your mind" est un blues rocker à la mélodie accrocheuse. L’intro de "She don't live here anymore" rappelle inévitablement le "Voodoo Chile" du maître Hendrix, avant qu’un magistral changement de rythme survienne. Boulimique, Chris en profite pour libérer une avalanche de notes, glissant ainsi vers une forme de voyage psychédélique qu’il affectionne. Puisant et violent, "Babylon" pénètre dans la sphère rock. Chris y chante à la manière du Roger Daltrey ; et comme à la belle époque du Who! Une plage impressionnant ; mais on navigue ici bien loin du blues! L'album s’achève par "Woodpecker", un autre instrumental au cours duquel Chris s’autorise d’autres voies expérimentales. L’elpee recèle deux bonus tracks. Deux ‘extended tracks’. Tout d’abord le slow blues "Troubles on me". Soit plus de 12' de bonheur pour les adeptes du style. Et puis un "Blow your mind" dont le délire est poussé a son paroxysme.   

 

mardi, 11 novembre 2008 01:00

All odds against me

Bluesman mythique, John Lee Hooker a eu un fils en 1954. Il lui a donné le même prénom. A cette époque, il vivait à Detroit. A 18 ans, Junior chante pour son paternel lors de l’enregistrement de “Live at Soledad Prison". Mais le fiston a vécu tous les excès d’un fils d'artiste : alcool, drogues, divorce, incarcérations, etc. Il faudra attendre le début de ce siècle pour le voir enfin reprendre une existence moins perturbée. En se décidant notamment d’entreprendre une tournée en compagnie de ses musiciens. Sa vie est bien loin d’être aussi dorée que celle de son père ; mais il fait ainsi son expérience. En 2004, il concocte son premier elpee. Un disque très autobiographique intitulé “Blues with a vengeance”. Il y reprend quelques canons de son vieux père. Ce qui lui permettra d’entrer dans les grâces de la presse spécialisée et de décrocher des nominations aux WC Handy et aux California Music awards. En 2006, il sort son second opus, “Cold as ice”, chez Telarc. Pour la circonstance, son blues est à la fois plus moderne et très personnel. Et pour cause, il patine son downhome blues originel de R&B, de jazz et de funk.

“All odds against me”, troisième opus de Junior, est découpé en 12 morceaux. Il ouvre cette œuvre par “Dear John”. Un blues au cours duquel, il récite un texte qui nous parle des difficultés rencontrées dans sa vie personnelle. Il a hérité de son père, une voix naturellement puissante. Les gènes ont manifestement parlé. La guitare de John Garcia J est très présente. Les affaires sérieuses commencent dès “Extramarital affair”. Une plage R&B, naturellement funky. La voix est autoritaire. Les cuivres apportent de l’épaisseur à l’ensemble. Naguère gratteur derrière John Lee Senior, Garcia se révèle décidément un expert aux cordes. Imprimé sur un tempo enlevé, mais sans excès, “One eye open” bénéficie d’une orchestration impeccable. Depuis le piano de Will Griffin à la guitare de Jeff Horan en passant par l’harmonica de David Barrett. Ravissant ! “I miss you so” emprunte un même rythme, mais est marqué par un retour des cuivres à l’avant-plan. Le relief et la coloration d’“I’ve got your back” relèvent plutôt du jazz. Le swing est délicat. L’ambiance cabaret. Les arrangements raffinés. La section de cuivres ‘Hot Sauce’ refait surface pour attaquer le solide R&B “Stressed out”. Au sommet de sa forme, Garcia se montre très inspiré. A la fin de sa vie, le vieux John Lee et Carlos Santana avaient collaboré à un projet de blues percussif d’excellent niveau. Junior réalise un travail assez similaire sur “There’s a struggle”, en compagnie de ses propres musiciens. Faut dire que Garcia est une fameuse pointure. John Lee chante “Old school”, une parenthèse downhome. Il est uniquement soutenu par la sèche de Jeff Horan. Cette voix est bien faite pour chanter le blues ; qu’il soit du XXIème siècle ou primitif. “Blues ain’t nothing but a pimp” est la plage la plus aboutie de l’album. Un R&B magistral tout en puissance et caractère. Des chœurs donnent la réplique à notre Hooker souverain tout au long du funk participatif “The people want a change”. D’excellente facture, cet opus s’achève par “That’be the blues”. Junior n’a pu s’empêcher d’opérer un dernier crochet via un des cabarets newyorkais, pour en humer l’atmosphère. Dans l’univers du blues, les fistons sont légion. A l’instar d’Elmore James Jr, Eddie Taylor Jr ou du rejeton de Muddy Maters, Big Bill Morganfield. John Lee Hooker Jr est cependant parvenu à se libérer du spectre de son paternel ; et cette initiative mérite d’être saluée.

Le disque recèle une séquence vidéo de “Blues ain’t nothing but a pimp”, un dessin animé, en noir et blanc, réalisé par le Français Laurent Mercier. Musicien la nuit, Junior y devient un super héros justicier le jour. Un excellent album !

mardi, 04 novembre 2008 01:00

Rich man's war

Sous-titrée "New blues & Roots songs of peace and protest", cette collection a été colligée par Kenneth Bays. Il a réuni des chansons écrites au début de ce siècle. C’est-à-dire lors du dernier mandat de Georges W Bush. Vous vous en doutez, les textes traitent des injustices sociales et économiques, de la multiplication des conflits qui ont secoué les quatre coins de la planète, le plus souvent pour des motifs futiles et dont la responsabilité incombe au 43ème président des Etats-Unis. Comme quoi, le blues peut également véhiculer des discours engagés. Et pourtant, tous ces artistes ont paradoxalement voulu faire passer un message d'espoir et de paix ; à l’instar de celui qui avait déjà été revendiqué, voici déjà bien longtemps, par les Leabelly, J.B Lenoir, Josh White et consorts.

Sur cette compile, on retrouve autant d’artistes se produisant en acoustique que branchés à l’électricité. Bob Brozman ouvre le recueil par le brillant et délicat "Follow the money", une plage caractérisée par un exercice de cordes époustouflant. Guitar Shorty se réserve "We the people", une compo brillante, imprimée sur un mid tempo. Exubérante et torturée, la guitare libère toute sa puissance. "Don't be afraid of the Neo-cons" est une ‘protest song’. Une chanson folk, vous vous en doutez, également. Au cours de ce morceau, G.W. Bush en prend pour son grade. Il est même rendu responsable des conflits qui ont éclaté en Asie. Il est interprété par le couple Norman/Nancy Blake ; des spécialistes du bluegrass. Chanteur/harmoniciste blanc notoire, Matthew Skoller propose son "Handful of people". Au départ, le ton est empreint d’une certaine douceur ; mais au fil de la compo, le Chicagolais laisse éclater sa colère. Il la traduit aussi bien à travers la voix que la puissance de son souffle dans l'harmonica. David Evans professe à l'université musicale du Tennessee. C’est un expert dans l’univers du folk blues d'avant-guerre. Mais il est également un musicien talentueux. Il manifeste son courroux et épanche son amertume tout au long de "Bring the boys back home". Motif ? La présence des troupes américaines en Irak. La pulpeuse Candye Kane assure le vocaux sur "Jesus and Mohammed", une plage issue de son dernier album "Guitar'd & feathered", une complainte ciselée par les cordes acoustiques de Bob Brozman et Jack Tempchin. Soutenu par son New Memphis Underground, Charlie Wood chante "You don't really wanna know". Il y injecte une fameuse de passion et d’émotion. Le climat très jazz, feutré, fin de soirée, nous replonge dans les clubs enfumés de Beale Street, à Memphis. L’orgue Hammond est chaleureux. La guitare très subtile. Le dernier album de Pat Boyack est paru en 2004. Il s’intitule "Voices from the street". Ce guitariste texan accompagne habituellement la chanteuse/pianiste Marcia Ball. Il nous propose ici "Mr Wesola's lucky number dream book part II". Les lyrics de ce titre traitent du sort de travailleurs de l'ombre, outre-Atlantique. Une longue fresque anti Bush. Un funk rap qui pousse à l'avant-plan les percussions, la basse et les claviers. Sans oublier les hurlements du saxophone. Un petit coup de cœur pour "A time for peace", une parabole pacifique concédée par ce bon vieil Eddie ‘The Chief’ Clearwater. Une plage extraite de son dernier elpee, "West side strut". Accentué par des chœurs gospel, le chant est radieux. Et pour clore cette œuvre, Doug McLeod récite "Dubb's talkin' politician blues", un autre pamphlet trempé dans l’acide. Une bien belle manière d’évoquer une politique impopulaire, bien discutable et surtout discutée.

mardi, 04 novembre 2008 01:00

Something in between

Matt Andersen est chanteur/guitariste. Un Canadien qui réside sur la côte est. Il impose par sa stature. Mais c’est surtout un artiste étonnant à la voix puissante et expressive. Il puise largement ses sources dans le blues, country et rock américain. A ce jour, il comptait deux disques enregistrés ‘live’. Tout d’abord un EP intitulé “Bold and beaten” ; et puis un elpee répondant au titre de “Second time around”. « Something in between » constitue son premier opus concocté en studio. La production a été confiée à son ami Paul Miner. Né en Angleterre, il vit aujourd’hui au Canada. Les sessions d’enregistrement se sont déroulées sur le vieux continent. A Lincoln, très exactement. Au nord de Londres. Pour la circonstance, il a bénéficié de la collaboration de quelques requins de studio. En l’occurrence le drummer Henry Spinetti et le bassiste Dave Markee ; deux musiciens qui ont bossé en compagnie d’une pléiade d’artistes. Dont Eric Clapton. En compagnie duquel il a accompli un fameux bail. Un certain Norman Barrett est également de la partie. C’est le second guitariste. J’ignore si nous sommes en présence du même gratteur qui sévissait au sein de Gravy Train, un combo de prog qui s’était illustré au début des 70s, notamment en signant quelques elpees pour le label Vertigo. Mais c’est plus que probable.

Revenons cependant à l’ami Matt! Il a une sacrée voix. En outre toutes les comparaisons émises lors de cette chronique, sont à mettre à son crédit. L’opus s’ouvre par “Come by”, un titre très southern rock qui mêle cordes électriques à un dobro acoustique. Manifestement, il est ici hanté par le spectre de Gregg Allman. Le titre maître est une bien jolie ballade country. Matt joint sa voix aux chœurs gospel. Dan Cutrona siège derrière le piano. “Working man blues” campe un boogie bien carré. Matt marque le tempo de sa slide aux accents métalliques. La production insiste beaucoup sur les effets de voix qui étreignent celle du leader ; ce qui lui permet de laisser libre cours à son talent de gratteur. La voix d’Andersen trahit parfois des similitudes avec celle de Joe Cocker. Elle est bien sûr moins ébréchée ; mais s’avère tout aussi chaleureuse et graveleuse. Et elle colle parfaitement à des plages empreintes de quiétude comme “So gone now” et “Broken man”. Ou encore sur la chanson qui m’a le plus fait flasher. En l’occurrence la reprise du “Wrote a song for everyone” de John Fogerty. De quoi vous flanquer des frissons partout. A cet instant, Matt nous réserve sa meilleure sortie sur les cordes. J’épinglerai encore une référence. Celle relative à Bob Seger, le rocker de Detroit. C’est manifeste sut la ballade rock “Stay with me”. Cutrona se réserve l’orgue Hammond ; mais le line up est différent. En fait ces sessions d’enregistrement s’étaient déroulées au Canada. Tout comme sur le tendre “How I wish”. Matt est d’ailleurs un bluesman qui déborde de sensibilité. Et “Better man blues” en est la plus belle illustration. Enfin, pour que votre info soit complète, sachez que Matt est également susceptible de s’attaquer au swing et au jazz. A l’instar de “Baby come back home”. Ou encore en fin de parcours, lorsqu’il se retire en chantant “Bold and beaten”, face à un quartet de cordes. Démontrant ainsi sa capacité à varier son répertoire. Un album fort intéressant !

mardi, 04 novembre 2008 01:00

Now it's tomorrow

Randall est un musicien issu du sud des Etats-Unis. Compositeur et multi-instrumentiste, il roule sa bosse sur les routes de la rock music, depuis bien longtemps. Originaire d’Athens, en Georgie, il a d’abord été marqué par la soul music ; et en particulier celle de James Brown et de Ray Charles. Au cours des 70’s il a participé à l’aventure du groupe de southern jazz rock, Sea Level. A cette époque, il apporte sa collaboration à Gregg Allman, Elvin Bishop ou encore à l’Atlanta Rhythm Section. Et puis décide d’entreprendre une carrière solo. « Now it's tomorrow » constitue son septième opus ; et le quatrième pour le label New West. Edité par Polydor, son tout premier remonte à 1975. Il s’intitule "That other mile". Il a toujours plongé son écriture jusqu’aux racines américaines, en lui conférant des accents blues et country. Mais pour concocter ce "Maintenant, c'est demain", il a décidé d’élargir sa palette, n’hésitant pas à revisiter les Beatles, la musique psychédélique et indienne. Lors de la confection de cet elpee, il a bénéficié de la collaboration de ses fidèles musiciens. En l’occurrence les guitaristes Davis Causey et Mike Hines, ainsi que le bassiste Michael C. Steele. Sans oublier son ami Garry Hansse, préposé aux drums, mais également responsable des sessions d’enregistrement, du mixage et de la production.

Le leader se concentre sur le chant, les claviers et le saxophone. Plage d’ouverture, “Sun runs” est un condensé parfait de l’univers musical au sein duquel cet opus baigne. Une sorte de pop/rock légèrement acide, complexe, riche même. Vous ne serez donc pas étonnés d’apprendre que l’œuvre est truffée d’accents psychédéliques. L’assise rythmique établie par Steele et Hensen constitue la pierre angulaire de cet elpee. On comprend beaucoup dès lors, le privilège d’un producteur lorsqu’il est également le batteur. L’introduction d’“Everybody glows” est à la fois chiadée et tordue. Pourtant, cette plage demeure très pop et mélodique. Un peu dans l’esprit d’Eric Clapton. Et coïncidence, la voix est ici terriblement proche de celle de Delaney. Pas facile d’écrire des chansons à la fois contagieuses et complexes. On pourrait même ajouter raffinées, intelligentes et constamment à la recherche de nouvelles sonorités. Et “Blue Road” en est une parfaite illustration. “Let’s go” est à mon humble avis, le meilleur morceau de l’opus. Un périple musical très séduisant. Au cours duquel les claviers apportent une délicatesse à l’échafaudage sonore… “Some mean god” exsude un parfum d’Orient. Une compo majestueuse, réminiscente de l’univers musical des Beatles. Celui au cours duquel ils étaient sous l’emprise de leur gourou. Mais les compos caractérisées par leurs sonorités en couches, nécessitent plusieurs écoutes avant d’être appréciées à leur juste valeur. “Mess about it” s’ébroue en douceur. A cause de la fragilité et de la délicatesse de la voix. Mais la quiétude cède ensuite sa place au rythme. Explosif ! Alors que la guitare torturée de Davis crie toute sa souffrance, elle laisse à son tour, la place libre aux claviers issus d’un autre monde. Plus classique, “Use to rule the world” émarge au R&B. Funky, la rythmique est alimentée par tous les instruments. Bramblett nous invite à partager une danse nerveuse, en la dynamisant, pour la première fois, de son saxophone. “Visions” (NDR : le titre est bien choisi !) dérive vers des paysages sonores multiformes. Les images sont traitées à l’acide. Le riff est solide. Une aventure reconduite sur “You better move”. Ballade empreinte d’une grande simplicité, mais aussi d’une beauté intemporelle, “Don’t waste your time” est caressée par la voix paresseuse et expressive du leader et illuminée par une jolie échappée de Steele sur sa basse. Cet opus terriblement excitant s’achève par une autre ballade empreinte de tendresse : “You better move”. Clapton  n’est pas loin… D’ailleurs, Delaney fréquente souvent des jam bands comme Govt Mule ou Whitespread Panic. Et à mon humble avis, il doit y laisser des traces…

 

mardi, 04 novembre 2008 01:00

Open road

Si éminent autrefois, le blues anglais est aujourd’hui un héritier bien pâle. C’est même un enfant très pauvre, lorsqu’on regarde le statut de son frère aîné, célébré outre-Atlantique. Pourtant, les adeptes du british blues contemporain continuent toujours à y croire. A cet égard, on ne peut que saluer le mérite et surtout la persévérance du label allemand cher à Thomas Ruf. Après avoir révélé, au cours de ces dernières années, Aynsley Lister ainsi que Ian Parker ; et il y a peu, le juvénile Dani Wilde, il vient de dénicher un authentique et réel espoir. En l’occurrence le très jeune Oli Brown. Un chanteur/guitariste/compositeur qui vient à peine de fêter ses 18 ans. Faut dire aussi que le gamin a déjà tapé dans l'oreille de musiciens notoires comme le vieux maître d'école, John Mayall ; mais également le réputé Robben Ford. Ce dernier lui a d’ailleurs confié : ‘You've got it man!’. En outre, Walter Trout reconnaît en être devenu un ‘big fan’.

Fin 2006, Oli monte son trio en compagnie du bassiste Fred Hollis et du batteur Simon Dring. En janvier 2008, il signe son contrat chez Ruf. Et début mars, le combo entre en studio à Leipzig. Oli signe huit des onze plages de ce premier opus. Il a la voix de son âge et de sa musique. Un timbre un peu frêle, qu’il doit forcer régulièrement. Mais il la soutient constamment par sa guitare. D’ailleurs, son jeu de cordes talonne en permanence le chant.

Les deux premières plages, “Psycho” et “Open road”, sont forgées dans un blues funk. La rythmique est impérieuse. “Stone cold (Roxanne)” colle bien au style dépouillé du trio. Il célèbre Roxanne passionnément. Il y injecte autant de sensibilité que Sting dans Police. Et pourtant, il ne parle pas de la même fille. “Can’t get next to you” constitue la première cover de cet elpee. Un tube décroché par les Temptations en 1969. La formation anglaise Savoy Brown en avait réalisé une version, il y a plus de trente ans. Et c’est cette adaptation dont Brown s’est inspiré. Pour la circonstance, il a reçu le concours aux vocaux de ses acolytes et du claviériste Govert Vander Kolm. Du très beau travail ! La reprise du « All the King horses » de Luther Allison épouse un même profil. Van der Kolm est toujours au poste. Mais l’intensité est plus marquée. Brown se libère enfin totalement, démontrant, au passage, sa dextérité sur les cordes. On a encore droit à une autre cover : le “Black betty” de Huddie ‘Lead Belly’ Ledbetter. Une compo écrite voici plus de 70 ans. Et qui a connu plusieurs versions. Ram Jam avait popularisé la sienne en 1977. La nouvelle n’apporte rien de neuf. Ballade séduisante, “Shade of grey” permet à Brown d’étaler sa dextérité jazzyfiante, mais très personnelle. “Missing you” constitue le slow blues rituel. Ce qui ne l’empêche pas de dispenser une énorme dose d’intensité. “New groove” est un shuffle vigoureux ; un morceau au cours duquel notre ami Oli perd un peu ses repères vocaux. Par contre, il manifeste beaucoup plus d’autorité et d’agressivité pour attaquer “Played by the devil” ; une plage dont la vitesse d’exécution rappelle inévitablement Alvin Lee, de la grande époque du Ten Years After. L’album s’achève par “Complicated”. Pas compliqué du tout. Plutôt même banal. Ce qui n’empêche pas d’entrevoir chez ce jeune musicien, une carrière à la hauteur de son talent. D’ailleurs si vous souhaitez en savourer un aperçu, je vous invite à visionner une séquence ‘live’ diffusée par Youtube, au cours de laquelle il soutient John Mayall et donne la réplique à Buddy Witthington…

 

mardi, 03 octobre 2006 02:00

Big easy boogie

Mitch est issu de Brooklyn, un quartier populaire de New York. En 1971, il s'installe du côté de San Francisco où il fonde son Red Hot Mama Band. En fait, il s’est inspiré du surnom de sa copine et chanteuse, Susan Savoy. Après avoir opéré un périple à Hawaï, il fonde les Rocket 88's en compagnie des membres du groupe de David Bromberg. Mitch a enregistré cinq albums pour le label Blind Pig : "Steady date" en 1984, "Mr Boogie is back in town" en 88 (NDR : pour lequel il a reçu le concours de l'excellent guitariste Danny Caron), "Solid gold Cadillac" en 91 (NDR : Charlie Musselwhite, Ronnie Earl et des membres de Roomful of Blues sont de la partie), "Shakin the shack" en 91 et "Jump for joy" en 2001. Mitch a également concocté un elpee solo : "Keeper of the flame". En 1996. Un hommage aux bluesmen qui l'ont le plus marqué. Mitch Woods est un artiste qui s’est toujours évertué à perpétuer l'héritage culturel d'une musique américaine née il y a des décennies. Un style appelé boogie woogie ou jump blues, dont l’apogée a été célébrée, fin des années 40, par les ensembles de Louis Jordan, Joe Liggins et Louis Prima.

Mitch vit sa musique. Une bête de scène qui donne tout ce qu’il a dans le ventre sur les planches. "Big easy boogie" est partagé entre un CD audio et un DVD live, immortalisé à New Orleans. Pour la circonstance, il est entouré de collaborateurs de couleur noire, parmi lesquels figurent de nombreux musiciens de Fats Domino (NDR : il fête ses 78 ans cette année !) ; et en particulier le batteur Earl Palmer, le bassiste Ervin Charles Jr et le saxophoniste ténor Herb Hardesty.

L'album studio a été enregistré au studio Boiler Room de New Orleans. En novembre 2000. Sous la houlette du légendaire Dave Bartholomew. "Big easy boogie" donne immédiatement le ton. Nous opérons un retour dans le passé de plus d'un demi-siècle. Le boogie est au menu. Toute la scène est occupée par un front de cuivres impressionnant : quatre saxophones et une trompette. Bien entendu, le piano de Mitch Woods est omniprésent. Il est incontestablement le roi de la scène. "Thought I heard Satchmo say" met en exergue la trompette du redoutable Dave Bortholomew. Le climat exotique peut surprendre ; mais ne sommes-nous pas dans la cité du Mardi gras ? Une ville qui a toujours eu le cœur à la fête! "Fallin' for you" est une ballade indolente, comme les aimait Fats Domino. Mitch chante passionnément, la main gauche sur le cœur pendant que la droite parcourt les ivoires. La guitare de Jimmy Molière est bien mise en évidence. Tout en rythme elle colore cette jolie mélodie empreinte de simplicité. Superbe ! Imprimé sur un tempo entraînant et face aux chœurs féminins chaleureux de Charmaine Neville et Maria Muldaur, "Counting the days" baigne encore dans la même ambiance néo-orléanaise. Les musiciens s'enfoncent davantage au sein du quartier français. Dans la Bourbon Street ! Caractérisé par les congos irrésistibles d'Alfred Roberts, un joyeux "Mojo Mambo" nous invite à faire la fête. Mr Woods se lance dans son exercice de style préféré : le boogie woogie instrumental. Tout au long de ce "Crescent city flyer", le piano est absolument superbe. Earl Palmer marque autoritairement le tempo. Les cuivres entrent dans la danse! "Heart and soul to you" est une tendre ballade abordée dans l’esprit de Domino. Le sax ténor de Hardesty se détache du front de cuivres. "Shout, sweet and tender" carbure au pur rock'n'roll. Un fragment vivace, efficace, enfiévré. Impossible de tenir en place. La rythmique de Molière est placée en avant. Les cuivres se conjuguent à l'unisson. "Back in my arms again" épouse un tempo plus modéré ; un rock'n'roll moins débridé mais légèrement parfumé d’exotisme. "I left my baby at the Mardi gras cryin" rend hommage de la plus belle manière la musique de New Orleans. Celle de Professor Longhair, Allen Toussaint, James Booker,… Les rythmes syncopés invitent à se trémousser. Pour la circonstance, il se réserve un solo sémillant. En fin de parcours la reprise du "I'm ready" de Fats Domino est un réel plaisir pour les oreilles. L'album s’achève par la ballade lente "The ballad of Dr Daddy-O". John Mooney se consacre à la six cordes. La voix de Tex Stephens, disc jockey légendaire de la Crescent City, est bien présente. L'album honore la mémoire d'Ervin Charles Jr, décédé en février 2003, quelque temps après ces enregistrements.

Mais la fête n'est pas terminée et se prolonge même lors de la lecture d’un DVD d’une durée de près de 2h15'. Il recèle quelques plages de cet album enregistrées live au New Orleans Jazz & Heritage Festival. En 2002. On y retrouve pratiquement les mêmes musiciens. La plaque inclut également quelques prises studio opérées, sous la direction de Dave Bartholomew, lors de l'enregistrement de l'elpee. Sans oublier des interviews accordées par Earl Palmer, Herb Hardesty, Mitch Woods et Cosimo Matassa (NDR : le propriétaire des studios J&M au sein desquels ont enregistré Little Richard, Fats Domino, Ray Charles et bien d'autres) ainsi que des extras bibliographiques et discographiques.

mardi, 05 septembre 2006 02:00

High acres

Ad van Meurs a emprunté le sobriquet de ‘The Watchman’ lors de son passage au RockFest de Prague. En 1988. Spécialisé dans la roots music (NDR : il préfère le terme rhythm & folk contemporain) ce singer songwriter a commis un opus éponyme en 1991, alors qu'il tournait aux Etats-Unis. Des sessions d’enregistrement que le Néerlandais a opérées à New York et au Texas. Il monte le Watchman Band en 1992 et embraie par un second elpee : "Narcisse". Il se produit alors inlassablement en Europe et aux States où il concocte "Peaceful artillery". En 1994. Disque qui sera suivi par "Broken lock & rhyme" en 96 et "Flight over life" en 97. Sa vie musicale est ainsi partagée entre longs périples et sessions d’enregistrements, qu’il ponctue par la sortie d’un album annuel. Pourtant son dernier long playing remonte déjà à 2004, "Weep on, willow". Une œuvre de blues léger!

Ad a composé l’intégralité des textes et toute la musique de cet elpee. Les prises de son, le mixing et la production ont été assurées par son épouse et compatriote, Ankie Keultjes. Il a bien sûr reçu le concours de ses musiciens : Stephan Jankowski aux guitares, Théo Wijdeven à la basse et Eric van der Lest aux drums ; ainsi que de quelques amis invités. Des guitares bien séduisantes ouvrent "Eagle lander", un instrumental caractérisé par la pureté de la ligne mélodique et la complémentarité entre le dobro de Van Meurs et la guitare acoustique de Stephan! Le titre maître nous entraîne au cœur de l'ambiance glauque des vieux ports, un climat que n'aurait pas renié notre Arno national ; mais pour la circonstance, les voix d'Ad et de sa tendre Ankie se conjuguent en douceur, face à l’incontournable accordéon de Pim Kops et le piano de Gerard de Graaf. Jankowski est un gratteur extrêmement compétent. Il souligne le vocal d’Ad, tout au long de "The ring", de sa guitare espagnole, sur un ton de jazz suranné. "Dumbo" baigne au sein d’une même atmosphère hispanique mais allègre. L’aspect festif est entretenu par les percussions et la guitare électrique de Gene Williams. Sa "doobie guitar" répète à l'infini le motif rythmique cher aux Doobie Brothers ; cependant, la palme revient à Stephan, qui laisse éclater sa classe naturelle aux côtés du djembé d'Osama Mileegi! Empreinte de romantisme et de tristesse, "Autumn blues" mêle folk, blues et jazz. Une plage limpide parcourue par la guitare étincelante de Jankowski. Quand une recette marche, pourquoi s’en priver ? "The river" recourt ainsi aux mêmes ingrédients : la corrélation entre cordes acoustiques, dobro et les percussions d'Osama. Ankie Keultjes interprète "Sleepless in Ostend" d’un timbre suave et romantique, une chanson subtilement traversée par les riffs du sax baryton de Menno Romers qui sonnent comme la sirène d'un vieux ferry quittant le port flamand. Bien posée, la voix grave de Watchman berce "The big ocean" dans la douceur du folk, pendant que la guitare de Stephan emprunte les accents d'une mandoline. Savant dosage de folk, de chansons et de roots, ce nouvel album du Watchman s’avère, ma foi, fort agréable à écouter…

 

 

 

mardi, 11 juillet 2006 02:00

Blue Me

Alias West, Leslie Weinstein est né en 1945 à Forest Hills, dans l’état de New York. Il y fonde son premier groupe : les Vagrants. Une aventure de courte durée, car dès 1969 il forme Mountain en compagnie du bassiste/producteur Felix Papalardi et du batteur Corky Laing Leslie. Une aventure que le trio américain allait couronner de succès. En pratiquant tout simplement du blues rock. La formation accorde un de ses premiers concerts lors du festival de Woodstock. Rayon discographie, le combo aligne "Mountain climbing" en 1970, "Nantucket sleighride" et "Flowers of evil" l'année suivante, ainsi que "Live Mountain" en 72. Ce sera le chant du cygne, puisque l’ensemble splitte la même année. West et Laing décident alors de reprendre la route en impliquant un Anglais dans le nouveau projet : le très notoire bassiste Jack Bruce ! West, Bruce & Laing immortaliseront 3 albums. En 74, Mountain se reforme brièvement et concocte un elpee : "Avalanche". Depuis, l’histoire de Leslie West est devenue beaucoup plus anecdotique. Ce qui n’a pas empêché son LW Band de graver une multitude d’albums. Et de croire encore aujourd’hui à son étoile. Ainsi il a commis "As Phat as it gets" en 2001, "Blues to die for" en 2003 ainsi que "Guitarded" et "Got blooze" en 2004.

Pour concocter "Blue Me" West a reçu le concours du drummer Aynsley Dunbar (NDR : un vétéran anglais !), de Tim Fahey à la basse, de Kevin Curry à la guitare rythmique, d’Art Groom à l’orgue Hammond et de Brian Mitchell au piano (NDR : ce dernier a côtoyé une multitude de musiciens notoires ; et en particulier BB King, Dr John, Bob Dylan et Allen Tousssaint). Le bon vieux Leslie attaque le "Blues before sunrise" de Leroy Carr. Il emprunte le célèbre riff de slide imaginé par Elmore James. La section rythmique est écrasante. Le piano épouse le rythme. Le résultat n’est pas très subtil, mais très efficace. Et puis ça déménage ! Il embraie ensuite par le "I woke up this morning" de Graham Barnes, en reproduisant toute une série d’accords appréciés par tous les fans de Ten Years After. Pas pour rien qu'Alvin Lee les avait réservés pour son album "SSSSh!". En 1969. Et manifestement, cette plage est la meilleure de l’opus. La machine est bien huilée. Dévastatrice, elle broie tout sur son passage. Et "Four day creep" en est la pus belle démonstration. A l’instar de ses derniers opus, Leslie mange un peu à tous les râteliers. Sans trop de discernement. Parfois ses décisions sont judicieuses. Parfois douteuses. Ses covers du "Hit the road Jack" de Percy Mayfield (NDR : un tube pourtant glorifié en son temps par Ray Charles) et du "Green river" de Creedence Clearwater Revival, au cours duquel il ressemble à un Omar Dykes survitaminé, sont tout à fait dispensables. A contrario, le sommet de l'album est atteint par sa version du "Standing around crying" de Muddy Waters, un slow blues qui libère un maximum d'intensité dramatique. West sait comment conduire son blues. Sa voix est surpuissante. Ses cordes ne demandent qu'à hurler, mais il parvient toujours à les garder sous contrôle. Une performance impressionnante dans le domaine du répertoire lent. A cet instant, on sent qu’il est dans son jus. Que ses quarante années passées sur les grandes scènes internationales, les petits clubs et autres roundhouses, bars ou tripots ont forgé chez cet homme, une expérience hors du commun. Son adaptation du "Sinner's prayer" de Lowell Fulsom évolue en catégorie ‘super lourds’. Pour la circonstance, il a reçu le soutien du notoire Todd Wolfe. Je le préfère cependant dans un autre registre. Et en particulier lorsqu’il aborde le répertoire de Freddie King. D’ailleurs on sent très fort que lors de l’adaptation du vigoureux "Tore down", il prend son pied. Le géant de Forest Hills ne fait pas dans la dentelle. Dans son style de rocker éléphanteque, il n'a pas peur de relever le gant du hard rock. A l’instar du "One thing on my mind" de Samyy Hagar et Montrose! Il s'amuse tellement qu’il n’est pas difficile d’imaginer le West aligner encore une bonne dizaine d'albums du genre dans les années à venir!