Musiczine recherche des collaborateurs.

Tu as une très bonne connaissance musicale et tu souhaites participer à l’aventure Musiczine.net ? Tu es passionné, organisé, ouvert, social, fiable et appliqué ? Tu as une bonne plume ? Alors n’hésite plus : rejoins-nous ! Vu l’ampleur prise par Musiczine et…

logo_musiczine

La vie explosive de Fine Lame

Groupe de rock poétique incisif, enflammé, tumultueux, exalté, tranchant, Fine Lame convoque le rock français à appétence littéraire et la tradition du spoken word anglo-saxon. Le groupe a sorti un premier Ep 5 titres le 29 novembre 2022 qui évoque tant le…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Hooverphonic
Kreator - 25/03/2026
Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

samedi, 31 décembre 2005 01:00

Still Cadillacin

Né à St Louis, dans le Missouri, Johnny Blommer est âgé de 33 ans. Il avoue pour inspiration majeure Freddie King, Buddy Guy et Albert Collins. Un chanteur/guitariste qui réside aujourd’hui à Tucson, dans l’Arizona. Il est également le leader du Bad News Blues Band, une formation locale notoire qui accompagne régulièrement la légende texane, Long John Hunter. Enfin, il drive en parallèle un deuxième combo : les Thousandaires.
 
L'album s’ouvre par "Johnny's boogie", une plage instrumentale décapante au cours de laquelle Mr Blommer nous emmène sur la route à bord de sa vieille Cadillac blanche. Johnny y est armé d'une slide aiguisée au couteau. Alex Flores souffle comme un possédé dans son sax ténor. Constituée de John Penner à la basse et de Richard Medek (NDR : il assure également la production de l’elpee) aux drums, la section rythmique court derrière les solistes. La version du "Gangster of love" de Johnny Guitar Watson est très réussie, un fragment enrichi d'un piano et de trois saxophones. La six cordes de Johnny y est déjà très affûtée. Le rythme monte d'un cran pour aborder le "Lonesome" de Memphis Slim. Une compo pour laquelle il a reçu – ô surprise ! – le concours de deux musiciens du groupe hollandais T99 : Mischa Den Haring à la guitare rythmique et Donné la Fontaine à la basse. Si la voix de Johnny n'est guère transcendante, il excelle à la guitare. Au cours du texas blues légèrement funky "Got to have you", il échange de courtes phrases sur les cordes avec l'excellent bluesman texan, Long John Hunter. Den Haring et la Fontaine sont toujours de la partie lors du blues fin de soirée "Fool's paradise". Signé Charles Brown ce morceau émouvant est enrichi par l'orgue Hammond de Randy Lopez. Blommer est un vrai pro. Mais en outre, il injecte un maximum de sensibilité dans son jeu. Le titre maître est sculpté dans du west coast blues. Bourré de swing, il bénéficie du soutien de Hurricane Carla et d’Alex Flores aux saxophones ténor. Johnny est également capable de varier son répertoire. A l’instar de "Thought I saw you", une ballade R&B exquise, rehaussée par l'orgue Hammond. Une bien belle composition illuminée par l'intervention sur les cordes. Issu de la plume de Blommer, "Devil woman" est manifestement inspiré par le T99. On y retrouve le même climat empreint de mystère, le même climat lourd et blafard. D’ailleurs Den Haring est bien présent et cela s'entend. La guitare de Long John Hunter introduit le superbe slow blues "Always singin' the blues", une chanson qu'il a écrite et qu'il chante avec une passion contenue. "Mean ol' life" est imprimé sur un tempo enlevé et soutenu par force cuivres, dont la trompette de Mike Blommer Sr, le paternel de Johnny. Du blues à haut niveau! L’opus s’achève par un instrumental traditionnel célèbre : "Amazing grace". Johnny s’y réserve la slide, et Cathy Rivers la deuxième guitare. Je vous recommande chaudement cet opus, tout comme le "Knock out" du Bad News Blues Band, produit par Andrew "Jr Boy" Jones.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Back for seconds

Etabli dans le Sud de l'état de New York, ce quartet est constitué de ‘Rhythm Ray’ Pettis à l’harmonica, ‘Stratcat’ Willie Hayes à la guitare et au chant, John ‘Catfish’ Wiser à la basse ainsi que Dave ‘Sticks’ Fiorini aux drums. ‘Live’, leur tout premier opus ("Over easy") est paru en octobre 2000 ; un disque suivi par "Hot 'n tasty", chroniqué en son temps par votre serviteur.
 
BPS nous embarque sur la route dès son "Harley ridin' yuppie". Le tempo est enlevé. La voix de Stratcat n'est pas bien méchante, mais elle entraîne ses comparses à se joindre au rythme. Les solistes s’autorisent leur premier envol ; mais en toute en discrétion. "Spend my money" poursuit dans le même registre. Quoique bien ficelée, la musique est un peu trop inoffensive à mon goût. Enfin, après cette période d'échauffement, Pettis commence à souffler plus vigoureusement dans on harmo. Il est bientôt rejoint par Hayes pour "Lookin' out for you". Cette plage communique enfin les vibrations attendues. Toute en swing, la section rythmique permet à Rhythm Ray de reproduire les effets spéciaux empruntés à Little Walter. Une chose est sûre, la partie musicale tient parfaitement la route. La Fender Stratocaster de Willie roucoule en douceur tout au long de "Love me when I want ya". Dommage que les vocaux soient constamment aussi moelleux. En réalité, tous les musiciens chantent, mais aucun ne prend réellement le leadership. "It's just that way" baigne dans un univers de charme et de quiétude. L'harmonica susurre ses phrases. Les cordes égrènent des grappes de notes. Une tendre ballade destinée à inviter sa partenaire sur la piste de danse. S’appuyant sur un solide riff de guitare, "Never knew a woman" retrouve un peu de dynamisme. Pas pour très longtemps, puisque "I've got it bad" nous replonge aussitôt dans une ambiance plus feutrée et paresseuse. Willie nous y dispense quand même un solo très réussi, sur sa Fender. De bonne facture, "I know" caresse délicatement vos sens. Et c'est bien dans ce créneau que BPS se montre le plus dans son élément. Willie Hayes ne laisse échapper que les notes nécessaires. On peut distinctement percevoir le glissement de ses doigts le long des cordes. Tramé sur un riff rythmique de guitare, le titre maître lorgne manifestement vers Freddie King. Willie injecte un peu d'écho dans ses cordes qui soudainement bénéficient d’une amplification plus large. Et en final, "Got the groove" évolue sur un tempo cher à cette sympathique formation américaine.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

A new day yesterday live

Chaque génération apporte son lot de jeunes gratteurs. Des musiciens séduits par le blues qu’ils adaptent à un style plus rock, plus dur. Et Joe est devenu le jeune bluesrocker à la mode. Il avait commis son premier elpee, "A new day yesterday", en 2000. Un disque suivi par trois autres concoctés en studio : "So, it's like that" en 2002, "Blues Deluxe" en 2003 et "Had to cry today" en 2004. Live, cette plaque était déjà sortie en 2002. Vu le succès récolté par le jeune chanteur guitariste new-yorkais en Europe, Provogue a décidé de le rééditer ! Un concert immortalisé en décembre 2001. A Fort Wayne, dans l'Indiana. Un set accordé après la sortie de son premier essai, et dont il reprend la grande majorité des titres. Joe Bonamassa est soutenu par Kenny Kramme à la batterie et Eric Czar à la basse. La formule du trio électrique par excellence !
 
La prestation nous arrose immédiatement de ses décibels. Après une courte intro banalement intitulée "Jim intro", nous entrons de plein pied dans le "Cradle rock", un fragment écrit par Rory Gallagher. Très en verve, Joe est armé d'une slide. Il mène parfaitement sa barque, mais le climat général est âpre et métallique. Cette plage se fond directement dans une reprise de l'instrumental "Steppin' out". Une compo que le jeune Clapton jouait en 1966 sur l'album "Bluesbreakers" de John Mayall. Et on l'appelait "God" à cette époque ! Elève doué, Joe l’interprète sans la moindre difficulté avant de virer et surtout d’accélérer vers un "Rice pudding". Il a une fameuse santé, le gamin! Une véritable orgie de guitare, démonstration de son savoir-faire assez nombriliste, introduit le traitement d’un classique de Jethro Tull : "A new day yesterday". Il lui injecte un maximum d'intensité dramatique. Mais si cette reprise n’est pas trop mal fichue, elle a tendance un peu trop facilement à s’égarer sur des chemins de traverses. Tout est prétexte pour s’écarter du cadre de la compo. Pourvu que la Fender Stratocaster puisse égrener une multitude de notes. Lors de la chronique de son précédent opus, j’avais déjà émis la même critique. En fait, je préfère Joe lorsqu’il s’attaque au southern rock, à la manière de Lynyrd Skynyrd. Et "Miss you, hate you" en est la plus belle démonstration. A cet instant, il est tout à fait convaincant, car c’est un rocker dans l'âme. Sa version du "Walk in my shadows" de Free figurait sur le tout premier album du groupe anglais, en1969. Joe nous en propose une version très accélérée, très différente de l'original et qui s’achève en shuffle frénétique. "I know where I belong" reste dans le même ton. Il chante d'une voix proche de celle de Paul Rodgers (NDR : comme par hasard, c’était le chanteur de Free). Joe ne se sent plus. Il sort toute la gamme des effets empruntés à Jeff Beck. Faut dire que "Truth" est son album de chevet. Un elpee du célèbre Londonien sur lequel figure le fabuleux "Blues Deluxe" que Joe a d’ailleurs repris. Titre lent, de nouveau assez southern, "Colour & shape" est un des meilleurs moments de l’opus. ‘Je vais maintenant vous jouer un blues’, nous annonce fièrement Joe. Mais il s’embarque à très vive allure dans son "Trouble waiting", une compo au cours de laquelle ses doigts parcourent à la vitesse du son le manche de sa Fender. Par contre, "If heartaches were nickels" est bien un blues. Un slow blues sudiste, écrit par Warren Haynes de l’Allman Brothers Band. En finale, "Don't burn down that bridge" est un surtout un prétexte pour permettre à Eric Czar de réserver son moment de gloire. Un opus de Rockin' blues que je conseillerai essentiellement aux amateurs de guitares furieuses…
samedi, 31 décembre 2005 01:00

You got to bring some to get some!

Les Breeze Kings constituent une des formations les plus en vue à Atlanta, en Georgie. Elle a été fondée en 1997 au Northside Tavern (NDR : un vieux club de la cité géorgienne) par Carlos "Breeze" Capote, un chanteur/harmoniciste originaire de la Floride toute proche. Il est épaulé par Jim Ransome (un Virginien) à la guitare, Dave Roth à la basse et Mark Yarbrough à la batterie. Les Breeze Kings comptaient déjà deux albums à leur actif : "Tyin one…. on for the people" en 1999 et "You to bring some to get some" en 2002.
 
"Hey Bartender" ouvre l'album. Le tempo est lent. Les musiciens s’installent progressivement autour de la voix convaincante et juste de Carlos ‘Breeze’ Capote. L'orgue évolue en toile de fond. Les saxophones de Matt Kearney et de Norm Ficke (baryton, ténor et alto) viennent soutenir de quelques riffs l'accompagnement de cette plage calme qui se mue bientôt en "Ooh wee" de Willie Dixon. La voix de Capote est excellente, c’est indéniable. Son vocal est ample. Il en fait la parfaite démonstration sur "Don't put no headstone on my grave". Les accords plaqués sur la guitare par Jim Ransome suivent la voix à la trace avant de sortir sans réserve lors d’un solo appuyé. Sans surprise, "Up the country" campe un country blues amplifié. Le rythme du chemin de fer est imprimé par la batterie de Mark Yarbrough, pendant que Jim travaille sa vieille Gibson en picking. Soutenus par les cuivres et caractérisé par un solo de guitare divertissant et dynamique, Les Kings s'attaquent au "Hidden charms" de Willie Dixon. Toujours signé Dixon, "Love the life I live" est chanté avec autorité. Les changements de rythme sont parfaitement au point. Capote exécute une partie d'harmo très séduisante face au piano de Paul Linden. Carlos cède le micro à un Roth plus agressif pour attaquer "Tell me again baby". Bien amplifiée, la guitare prend un plaisir certain tout au long de cette plage. Guitare en pickin' et percussions métronomiques alimentent un autre country blues amplifié : "Sorry that had to put me down". "Casanova man" constitue sans aucun doute une des meilleures plages de l’opus. Carlos s'y fait un "natural born lover". Il chante tout en délicatesse ce léger shuffle parfumé par la guitare de l'ami Frank Moates. Tout aussi exquis, "Hello little bird" évolue sur un tempo vif. Le jeu à l’harmonica de Capote est à la fois inventif et respectueux de ses maîtres. Il nous démontre ici qu'il a tout compris, digéré et intégré de ses idoles. Ransome a écrit "Going to Decatur". Il a recours au bottleneck pour donner une sonorité très country blues à l’ensemble, pendant que le piano Paul Linden roule. La reprise du "Mother in law blues" de Don Robey est un autre point fort de l’elpee. Toute la machine est bien huilée pour cette adaptation en Texas shuffle, au cours de laquelle la guitare de Jim se veut conquérante alors que l’harmonica se réserve un envol royal. Dave Roth revient chanter de sa voix autoritaire son "Cut you down". Un tout bon blues enrichi de cuivres, balayé par l’orgue et émaillé d’un solo déjanté de Ransome sur ses cordes. De bonne facture, cette plaque s’achève par une version du célèbre "Pink Panther" de Mancini, mieux connue pour avoir servi de bande sonore à la fameuse panthère rose. Pour la circonstance Norm Ficke se réserve le saxophone et Eddie Tigner (NDR : un invité !) le Wurlitzer.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Clearcut case of the blues

Mike Bader est né en 1958. A Cedar Rapids, dans l'Iowa. Il reçoit sa première guitare à l’âge de 12 ans, et monte un groupe l'année suivante. Au cours des 70’s et des 80’s, il fréquente un autre guitariste : Craig Erickson (NDR : devenu depuis célèbre). A cette époque, il assiste aux concerts d’Albert et BB King, Luther Allison, Buddy Guy, Jimmy Dawkins, Albert Collins et des Allman Brothers. Ils deviendront ses influences majeures dans l’univers du blues. En 1981, il s'installe dans les Montagnes Rocheuses et devient Park Ranger à Yellowstone. Fin des 90’s, le virus musical refait surface et le pousse à se produire en solo lors de shows acoustiques consacrés au blues. Puis il se décide à fonder son propre groupe. Bien qu’établi depuis à Missoula, dans le Montana, il est redescendu l’an dernier à Cedar Rapids pour enregistrer son premier album. Un opus constitué de onze compositions personnelles. Un disque pour lequel il a reçu le concours de son frère Dave à la basse, de Tom Giblin aux claviers et de Mike O'Connell à la batterie.
 
"Power shaft blues" ouvre l’elpee en toute décontraction. Une plage chaleureuse qui affiche directement la couleur du style adopté par Bader : la voix est posée bien à l'avant, l'orgue colore l'ambiance ; et lorsque la guitare prend enfin prend le large, c’est avec économie et réserve. Une forme musicale où se mêle nonchalance et bonne humeur ; que Bader qualifie de ‘meat and potatoes blues music’. Une configuration qu’il reproduit sur "Four times the pain". La bande à Bader éprouve quand même quelques difficultés à masquer ses origines teutonnes. Et n’hésite donc pas à s’attaquer rageusement à un "Auf wiedersehen blues", au cours duquel Tom rejoint ses frères à l'harmonica. La voix émerge très souvent de d'ensemble. La rythmique n'est pas un modèle de légèreté, mais elle soutient bien les solistes ; et en premier lieu Mike, dont la slide est bien aiguisée tout au long de "Don't want to know". Mike laisse cependant entrevoir une capacité à diversifier son style. Instrumental particulièrement jazzifiant, "Octavio" en la plus belle illustration. Le titre maître est un blues à la fois remarquable, lent et très long. Le jeu de guitare est immaculé, très mélodique. L’atmosphère plaintive, empreinte d’une grande tristesse. Mike épanche son trop plein d’émotion avec une grande sensibilité. Une rythmique très caractéristique du reggae envahit "Never too late". Les musiciens contribuent à entretenir cette atmosphère, y compris la guitare de l'ami Erickson et l'harmonica de Tom Bader. Les cordes de Mike vagabondent dans la reverb. L'effet est très réussi. Intermède instrumental nourri au zydeco louisianais, "Shufflin' in A" se trémousse sur des rythmes dansants. La guitare y excelle face à l'orgue et l'accordéon de Dan Funsch. Mike force un peu sa voix à l'avant-plan pour interpréter "Here I am now", un R&B aux arrangements bien ficelés. Une ambiance stimulante qui se prolonge tout au long de "Funky ED". Toujours aussi dansante, mais nettement plus funky (NDR : le titre !), cette plage instrumentale ouvre la porte aux cuivres activés par Jason Hicks. Ce qui n’empêche pas ce morceau de s’accrocher puis de s’étendre, autorisant ainsi les sorties remarquées de l'orgue, du sax et de la guitare de Craig Erickson. Giblin est vraiment brillant aux claviers. C’est vrai qu'il a longtemps joué en compagnie de Lonnie Brooks, mais aussi de Mighty Joe Young. L’opus s’achève par un nouveau slow blues somptueux ; mais davantage dans un style proche du Chicago blues classique des 50s. Tom s’y réserve l'harmonica, Giblin le piano électrique. L’interprétation est traditionnelle mais très efficace ; en outre la guitare évolue dans son espace sonore de prédilection. Une manière bien agréable de clôturer cet album d’excellente facture…
mardi, 16 décembre 2008 01:00

The way it goes… Sometimes

Hokie Joint est une formation née voici un an à peine. Elle nous vient de Colchester dans le sud-est de l’Angleterre. Un très jeune quintet réunissant le chanteur Jojo Burgess, le guitariste Joel Fisk, l’harmoniciste Giles King, le drummer Stephen Gutmore et le bassiste Fergie Fulton. Le combo signe dix des onze titres de ce premier opus, un disque qui baigne dans le blues dynamique, cru, sale et vivifiant. Giles King n’est pas un inconnu, puisqu’il avait participé aux sessions d’enregistrement de l'excellent elpee de Ian Siegal, "Meat & potatoes". Il milite également chez Ligthnin' Willie and the Poorboys.

Le titre maître ouvre l’opus. La slide est lourde et déterminée. Cette plage constitue une belle synthèse de la musique du groupe, dont le style me rappelle parfois la quintessence de ce que proposait naguère El Fish. Surtout dans la manière de souffler de Giles. Imprimé sur un rythme plutôt rageur, "Mr Jones" est dominé par les cordes acoustiques. Jojo attaque "Franklin" en manifestant une certaine frénésie punk. Son discours implacable est planté au sein d’un décor Delta blues puissant et électrique. Jojo chante "Chocolate Cake" sur le rythme d'un mambo, un mambo entretenu par les percussions exotiques de Stephen. La rythmique de Giles est lancinante. Giles en profite pour s'évader sur son harmonica, calquant son phrasé sur celui de Sonny Boy Williamson II. "Back where we are going" évolue sur un tempo alerte. La démarche rappelle inévitablement le géant Howlin' Wolf. Jojo éructe ses vocaux. Il est talonné par les courtes notes dispensées par King. L'homme souffle dans son instrument en puissance, mais parcimonieusement. Il se libère du canevas imposé par ses partenaires, avant de céder le relais aux cordes acoustiques de Joel. Une seule reprise : le "Tom Rushen blues" de Charley Patton. Nous débarquons dans le Delta. Ce country blues devenu très électrique baigne au sein d’une atmosphère pourrie. La slide occupe le devant de scène. Tous les acteurs remplissent bien leur rôle. Percutant et très soudé, l’ensemble se resserre autour de la voix de Mr Burgess, devenue soudainement féroce. "The crying song" change de style. Une ballade dont la douceur est contrebalancée par l'intensité et la passion du chant de Jojo. Lors de la lecture de ses sentiments, sa voix libère beaucoup d'émotion et de profondeur, pendant que Giles joue sereinement, en soutien. "Ghost" s'appuie sur une rythmique implacable et saccadée. L'harmonica se joint aux percussions ravagées de Stephen. Jojo récite son chant déterminé sur ce rythme du chemin de fer. Toute la misère du Mississippi hante "Clarksdale mill". "Chain me" nous précipite dans une certaine torpeur. Un blues mélancolique, quasi hypnotique, au cours duquel la complainte de l'harmonica reflète un climat oppressif. Dans l’esprit, nous ne sommes pas loin de la démarche si personnelle de Charlie Musselwhite. "Chain me" emporte tout sur son passage. Jojo inocule force et fureur dans son chant. Il communique tout son mal de vivre. Une dose de frénésie qui n’appartient qu’aux vocalistes punk. La slide et l'harmonica participent à ce combat de chefs. A croire que tels des mauvais garçons, les Hokie Joint préparent un mauvais coup. Ils se retirent heureusement sur une touche plus participative. En l’occurrence lors de leur "Lost in the city". Le chant de Burgess est souverain. Fisk s'illustre sur le dobro. Puis King, à l’harmo. Il souffle toute sa colère. Jojo et Joel chantent à tue-tête, le sentiment du bon travail accompli. Manifestement, ce premier elpee de Hokie Joint risque de faire de ravages. Et pour cause le combo, comme il le revendique, cherche à restituer le blues aux masses…

mardi, 09 décembre 2008 01:00

Hey sugar

A l’instar de son compagnon d’écurie Dave Gross, Miss Sicilia n'affiche que 23 ans au compteur. Ce dernier a d’ailleurs participé activement à la confection du second opus de cette artiste talentueuse. Il fait suite à "Allow me to confess", paru l’an dernier. Non seulement cette jeune dame est très douée aux vocaux, mais c’est également une compositrice prolifique.

L'album s'ouvre dans le jazz. Traditionnel, même. La voix de Miss Sicilia est naturellement puissante. Elle ne doit donc guère forcer pour aborder ce nouveau chapitre. Tout en manifestant un panache certain. Ce jazz lui colle à la peau. L'atmosphère ne varie pas sur son "So attracted to you". La structure est complexe. Les changements de rythme bien huilés. Au cœur de cette ambiance délicieuse, la trompette feutrée de Jon-Erik Kellso et la clarinette de Gerry Niewood se mettent en exergue, alors que David Maxwell apporte sa touche roadhouse à l'ensemble, de ses accords de piano redoutables. "Kissing in the dark" aborde enfin le blues pur et dur. Une plage introduite par la guitare primaire de Dave Gross et l'harmonica de Dennis Gruenling. Deux fameuses pointures, il faut le rappeler ! L’émotion étreint Gina. Elle semble apprécier ces baisers volés dans l’obscurité. Sublimée par ce plaisir qui l’envahit, elle force la voix. Gross sort de sa réserve et forge un solo implacable. L’elpee baigne souvent au sein d’un climat désuet. Tout en observant le ciel, Gina chante passionnément "I pray most everyday". Les cordes sont acoustiques. Maxwell montre toute sa dextérité aux ivoires. Le saxophone ténor reste volontairement en retrait afin de souligner la passion qui hante la chanteuse. "Jack & Jill" est imprimé sur un tempo indolent. Chris Revelli martèle pourtant solidement ses peaux. David est passé à l'orgue Hammond. Dave opère une sortie chargée d’un maximum d’intensité, tout en dispensant un minimum de notes! Miss Sicilia est capable de changer de registre. A l’instar de "What the moon could never do", ballade country rafraîchissante, semblant sortir tout droit de Nashville. Et son timbre se fond naturellement dans ces nouvelles saveurs sonores. "Bad years comin' on" s’attarde dans cette atmosphère très américaine. Tout comme la jolie complainte "Hey sugar", un morceau enrichi par des chœurs émouvants, comme s’ils sortaient d'un vieux jukebox poussiéreux des années 50. La voix de la jeune Gina est très sensuelle. Un atout dont elle aime user et abuser. Ce timbre chaud nous chuchote son "Cherry Tree" dans le creux de l’oreille. Impossible de résister à son charme. Et pourtant, notre pulpeuse pennsylvanienne aime le blues. Et elle le démontre sur le ravissant "Lowest of the low", un morceau au cours duquel elle crie son désarroi de l’instant. Lors de cette plage, elle est soutenue par Gruenling à l’harmonica. Il distille d’incessantes phrases empruntées à Little Walter, avant de s'isoler sur l'instrument chromatique. Un moment éblouissant et aussi et surtout le sommet de cet opus. Miss Sicilia nous tartine encore une solide couche de country bien sirupeuse pour refermer cet album. Lors de deux reprises. Tout d’abord, le "Nobody's darling but mine" de Jimmie Davis, un personnage qui a cumulé une carrière musicale et politique, puisqu'il a été, à deux reprises, gouverneur de la Louisiane. Et puis le "Coat of many colors" de Dolly Parton. Enfin, elle achève l’elpee par "Plain apple pie", une compo chargée d’émotion. Quoique de bonne facture, « Hey sugar » néglige un peu trop le blues à mon goût. Un goût sans doute trop sucré. A l’instar du titre de l’album. Une sensation accentuée par la couleur de la pochette : rose bonbon et vert pistache.

mardi, 02 décembre 2008 01:00

Crawling the walls

Dave est un tout jeune musicien. Il vient de fêter ses 24 ans. Et pourtant, il suscite déjà le respect. Il en impose, si vous préférez. Il est parvenu à faire la fusion entre toute une pléiade d’influences, dont le blues, le jazz, le swing et le rock, pour se forger un style qui tient bien a route. "You don't love me", son premier opus, est paru en 2004. Il était déjà chargé de promesses. Deux années plus tard, "Take the gamble" montre de nets progrès. Pour son troisième essai, les médias l’attendaient au tournant. Et avouons-le le gamin n’a pas déçu. Sans pour autant renier la tradition musicale, sa maturité est étonnante. Et sa maîtrise instrumentale impressionne. Au fil du temps, les cordes vocales de Dave prennent de la bouteille. Et transpirent de plus en plus le vécu….

Une impression confirmée dès le premier fragment. Une ouverture royale ! La cover du "It's my life, baby" de Don Robey est enrichie par une section de cuivres imposante. Dave laisse libre cours à son inspiration sur les cordes ; et franchement, c’est un guitariste de première classe. Il chante "Rock in my shoe", un rock'n'roll pur et dur, très fifties. Son timbre vocal libère la même puissance et la même rage que celle de Little Richard. Préposé au piano, Mike Lattrell alimente et balise l’expression sonore. Dave en profite pour arpenter la scène de long en large. Il imite les pas de canard institués par Chuck Berry, au faîte de sa gloire. Les chœurs, auxquels participe la charmante Gina Sicilia, soutiennent la voix de Mr Gross. Signé Ike Turner, "Cubano jump" campe le premier instrumental convaincant. Le son de la gratte est pourri, légèrement rerverb, direct, franc, menaçant. Il domine les interventions des deux saxophones baryton assurés par Garry Niewood et Rob Chaseman. Une compo très solide. La plage éponyme émarge au jazz traditionnel urbain. Celui de la Nouvelle Orléans. Conal Fowkes égrène ses accords de piano érodés. La clarinette et la trompette dodelinent, alors que la section rythmique –composée de Scott Hornick à la basse et de Michael Bram à la batterie– soutient l’ensemble. Un titre admirablement exécuté, dans l’esprit de ce prestigieux passé. "Baby, wont you please come home ?" reproduit la même recette. Tout ce beau monde est épaulé par le banjo de Matt Munisteri et le sax baryton de Scott Robinson. Dave puise également son inspiration dans le R&B de la fin des années 40. A l’instar d’"Inspiration blues". Niewood est passé sans encombre de la clarinette au sax ténor. Un fragment percutant au cours duquel les notes succinctes de guitare s’enchaînent, mais sont abordées dans un esprit purement jazz… Slow blues cabaret, "You're not the one" est imprimé sur un tempo indolent. Un tempo assuré par la basse acoustique de Hornick. Les interventions des solistes, Kellso et Gross, sont majestueuses. L’elpee recèle deux plages ‘hénaurmes’. Très blues aussi. Tout d’abord "Don't take too long". Dennis Gruenling s’y révèle sémillant à l'harmonica. A cours de ce R&B vivifiant, Gross attaque ses cordes sèchement, dans un style fort proche de Jimmie Vaughan. Et puis "Find yourself another man", un merveilleux blues lent, contaminé par l'esprit du Chicago Southside. Plus de 5' de bonheur ! L’elpee est manifestement très éclectique. "It was born in the 20's" en est une nouvelle illustration. Une longue compo qui prélude le final. Plutôt manouche. Cette forme de jazz traditionnelle est même hantée par Django Reinhardt. A l’instar de "A little love, a little kiss", une plage instrumentale dont les accords classiques et hispanisants ne peuvent que se référer au maître. N’empêche, cet elpee reflète toute la maturité de ce futur artiste majeur. Enfin, c’est tout le mal qu’on lui souhaite… 

mardi, 25 novembre 2008 01:00

What love will do

Manifestement, cette Californienne (NDR : elle est issue de Los Angeles) a déjà parcouru du chemin. Elle a décroché deux années consécutives le ‘Blues Award’ comme meilleure artiste féminine contemporaine. Bien qu’ayant dépassé le cap des 50 balais et quoique devenue grand-mère, c’est toujours une très belle femme. Elle est née à Detroit. Sa jeunesse n'a pas été rose. Et pour cause, encore gamine, ses parents ont mis successivement fin à leurs jours. En outre, alors qu’elle était encore adolescente et vivait dans le Midwest, du côté de Minneapolis, elle devient fille-mère. Elle n'avait que 14 ans lorsqu'elle assiste à un concert d'Otis Rush. Il deviendra son premier guide musical. Bien avant Ma Rainey et Bessie Smith. Elle commence à se produire de plus en plus souvent sur les planches. En 1980, elle se fixe à Phoenix, en Arizona. Elle y fonde les Mojomatics. Une aventure qui s’étalera sur six années, avant qu’elle n’émigre vers L.A. Son premier essai, "More than live", paraît en 1991. Ce n’est encore qu’une cassette audio. Son futur époux, Jeff Turmes, elle le rencontre sur la côte ouest. Il faudra attendre 1997, pour la voir sortir son tout premier album, "It takes one to know one". Dans la foulée, elle signe encore trois productions indépendantes avant de se lier au label canadien Northern Blues Music. Elle y consacre "Bury him at the Crossroads" en 2004 et "Do I move you?" en 2006. Pour “What love will do”, son nouvel elpee, elle a atteint le panthéon du blues. Celui de la cité des vents. C’est-à-dire l’écurie chicagolaise Alligator…

L’opus s’ouvre par "That's what love will make for you" de Little Milton. L’intro trempe dans le funk/ R&B le plus pur. Cette compo fait la part belle à la voix puissante de l’adorable Miss Magness. Zach Zunis se charge des parties de guitare. Stephen Hodges frappe ses fûts sur un tempo métronomique. Il pousse tous les acteurs vers l'avant. Teresa James opère un travail impressionnant sur "I want a love". Janiva chante au cœur d’une atmosphère volontairement dépouillée. La rythmique est sèche et saccadée, malgré les battements de main. Les sonorités de la guitare dispensées par Turmes sont complètement pourries. Dave Darling se charge des chœurs vocaux. La production est très soignée. Darling coproduit cet opus en compagnie de Janiva. Dans le passé, il a bossé pour des pointures comme les Stray Cats, Tom Waits, Dan Hicks ou encore Def Leppard. La cover du "I'm glad you're mine" d'Al Green trempe dans le R&B sanguin. L’auditoire est invité à se trémousser sur la piste de danse. Le soutien aux cuivres de Jeff Turmes et Lee Thornburg est décisif. Janiva procure une nouvelle vie au "Bitter pill" d'Ann Lennox. Sans se forcer, elle adopte un profil funk à son interprétation dévastatrice. Le son est sale. Le sax baryton de Jeff est bien présent. L’orgue Hammond d’Arlan Schierbaum vibre. Miss Magness consacre tout son cœur et injecte toute sa sensibilité pour attaquer "Fool me again". Elle y administre tellement de passion, que sa respiration entre deux phrases est très perceptible. Les interventions de Schierbaum à l’orgue sont délicieuses. Si cet opus fait la part belle à la musique dansante, il faut reconnaître que les adaptations sont magistrales. Le génial et talentueux Junior Watson illumine la cover du  "Get it get it" d’Ike Turner. Blues pur, alangui, "One heartache too late" véhicule des accents dramatiques. Elle domine son sujet de la voix. Une voix tellement expressive ! Les cordes de Zach Zunis sont bien présentes. Une claque! Issu de la plume de Bill Withers,"I don't want you on my mind" affirme sa doctrine blues. Le tempo est plus marqué. Très blues aussi. La passion et l'émotion sont omniprésentes. Son mari lui a consacré deux de ses compositions. Mais ce sont de véritables joyaux. Tout d’abord "You sound pretty good". Jeff y cumule le banjo, la basse et le sax baryton. Evoluant dans l’esprit du meilleur d'Ike & Tina Turner, la puissance du son ravage tout sur son passage. "I won't be around" replonge dans un univers amène. Le timbre de Janiva est doux, caressant, sensuel. Et le trouble dans nos esprits commence à s’installer. Faut dire que le dépouillement correspond parfaitement à son profil. Cette œuvre s’achève dans la douceur contagieuse de "Sometimes you got to gamble". La voix de notre déesse libère une pureté absolue face aux accès de basse dispensés par Gary Davenport et le piano de son tendre Jeff. A travers cet opus, Janiva a voulu écire un testament consacré à la puissance de l'amour. Elle y reflète son combat pour défendre et protéger les enfants qui vivent dans les cellules familiales en crise. Une grande dame, assurément !

 

mardi, 18 novembre 2008 01:00

Full tilt

Edwards Williams est peut-être petit par la taille mais grand par le talent. Ce neveu du légendaire J.B Hutto a monté son quartet, il y a plus d'un quart de siècle : les Blues Imperials. Et en ce début du XXIème siècle, il nous propose encore et toujours la crème du Chicago West side blues. A l’instar de son oncle, jadis, son arme la plus redoutable est le bottleneck. Un petit tube en acier qu’il glisse au doigt pour le frotter le long des cordes, afin de produire un son métallique, immédiatement perceptible. Lil' Ed n'a que 31 ans lorsqu'il est repéré par Bruce Iglauer, le patron du célèbre label de Chicago, Alligator. Il l'invite en compagnie de son groupe dans son studio. Il ne leur faudra que trois heures pour immortaliser une trentaine de titres. Bruts de décoffrage. Sans le moindre artifice. Du ‘live’ quoi ! Ces morceaux serviront de base à la confection du premier elpee "Roughhousin". Un disque qui paraît la même année, soit en 1986. Le band accomplit des tournées interminables et réalise deux autres opus avant de décider de se séparer, au cœur des années 90. Ed concocte alors deux albums personnels, flanqué de son ami Dave Weld, chez Earwig. Mais en 1998, il a le blues de son ancien groupe. Et remonte l’équipage. Dans la foulée, il signe un nouveau contrat chez Alligator.

« Full tilt » constitue le cinquième chapitre de cette nouvelle aventure. Pour la circonstance, Lil’ est soutenu par Michael Garrett à la seconde gratte, son frère James ‘Pookie’ Young à la basse et Kelly Littleton à la batterie. Caractéristique du line up : il est multiracial. La majorité du répertoire est cosignée par Ed et son épouse Pamela.

Tonitruante, la slide ouvre le feu sur "Hold that train". Elle libère de bonnes vibrations. Au départ, le chant de Lil’ domine le sujet ; mais rapidement, il cède la place aux cordes explosives et furieuses. Le bottleneck glisse le long du manche et produit déjà une forme d’envoûtement. Lil’ étale tout son savoir-faire sur "Housekeeping job". Ses phrases agressives sont dignes de la palette d'Albert King. Soutenue par les saxophones d'Eddie McKinley et David Basinger, la rythmique s’avère très dansante. La même recette est reproduite pour "Woman, take a bow". Le climat est à nouveau volcanique. Imprimé sur un tempo très rock'n'roll, "Don't call me" est entretenu par le riff slide de circonstance et le piano sautillant de Johnny Iguana. Ed est évidemment capable de changer de registre. Et de s’attaquer au slow blues. Comme sur le brûlant "Check my baby's oil" ou le superbe "Life got in the way". "Love don't live here anymore" évolue naturellement sur un tempo soutenu. La rythmique épouse un profil très Jimmy Reed. Ed accorde au piano de Johnny Iguana et aux cordes de son partenaire Michael Garrett, un billet de sortie. Mais ce dernier se montre sous son meilleur jour sur "My baby moves me". La slide ne tient guère en place tout au long du boogie vivifiant "Candy sweet"! Signé Pookie Young, "Every man needs a good woman" campe un blues lent généreux, dramatique, satirique, mais empreint d’une grande sensibilité. L’orgue Hammond tapisse cette plage au cours de laquelle Ed étale toute la richesse et la puissance de sa voix ; une voix qui vibre et épanche un océan de mélancolie. Pour conclure cet elpee, les Blues Imperials ont décidé de puiser au sein du répertoire de Hound Dog Taylor. Et tout particulièrement en adaptant le redoutable "Take five". Impossible de résister aux fourmis qui démangent tous nos membres. D’autant plus que cette attaque rythmique est implacable. Irrésistible même ! Très directe, cette musique reflète parfaitement la puissance de feu du quartet sur les planches. Il n'y manque que l’aspect visuel. Mais on l’imagine. Parce que l'image du leader est tellement colorée. Il n'hésite jamais à se vêtir de rouge flamboyant. Son crâne est toujours recouvert d'un couvre-chef. De manière, sans doute, à compenser sa taille. Il se produit très souvent chez lui. A Chicago. Au Buddy Guy's Legends. Chez Rosa's, au  B.L.U.E.S.