La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

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Le parfum de vie de Goudi

Pierre Goudesone, alias Goudi, trace son chemin musical depuis la fin des années 80. Après s’être fait connaître en compagnie des groupes Flesh & Fell et Speaking T, il poursuit aujourd’hui une carrière solo. Son univers musical riche et profond l’a conduit à…

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samedi, 31 décembre 2005 01:00

No dark in America

Rosco Gordon est né en avril 1928. A Memphis, dans le Tennessee. Au début des années 50, il enregistre pour les labels Chess, Sun, RPM et Duke, notamment au sein des studios de Sam Phillips. "Bootin" constitue son premier 45 tours. Il décroche ensuite quelques hits, dont un certain "No more doggin". Inspiré par un riff de Jimmy McCracklin, il compose "Just a little bit". En 1960. Une chanson qui deviendra un énorme hit dans l’univers du R&B! Surprise, il quitte alors le monde musical pour s'installer à New York en compagnie de son épouse. Elle décède cependant en 1984. Il décide alors d’en revenir à ses premières amours. Mais sans grand succès. En 2000, il commet alors l'album "Memphis, Tennessee" chez Stony Plain. Un disque pour lequel il reçoit le concours de Duke Robillard et de ses musiciens. Mais Rosco ne jouit plus d’une bonne santé. Soufrant de diabète, d'insuffisance cardiaque et d'une hernie discale, il est retrouvé mort à son domicile de Queen's à New York. Le 11 juillet 2002 !
 
Cet elpee réunit les dernières séances d'enregistrement de Rosco peu de temps avant sa disparition. Certaines prises ont été immortalisées dans son studio du Queens. Les autres à Nashville, en compagnie de jeunes musiciens. Le titre maître ouvre l’opus. Il s’agit de sa toute dernière composition. Rosco est derrière son piano. Il chante d'une voix chaude. Le saxophone de Jeff Coffin et la guitare de Joe Pisapia sont bien mis en relief. "Cheese & crackers" est du pur Gordon. Du bon vieux R&B. Le piano est manœuvré à la dure et le honky sax hurle. La bonne humeur règne tout au long d’"Early in the morning", un fragment qui ne manque pas d’entrain. "A night in Rio" nous ramène dans les rythmes exotiques. Du calypso comme il adorait à ses débuts. A l'époque, il était très apprécié en Jamaïque où il est d’ailleurs toujours considéré comme le parrain de la musique ska. Rosco chante "Girl in my world" et "You don't care about nothing" d'une voix frêle et peu assurée, des ballades légères habillées d’arrangements de cordes. Dans le même registre, "I am the one" est bien plus exaltant. Rosco est cependant au sommet de son art sur des thèmes R&B. Et notamment quand il peut martyriser nerveusement son piano. A l’instar de "That's what you do to me". Composition particulièrement émouvante, "You look bad when you're naked" a été enregistré dans son appartement. Il y est seul en jouant sur son piano désaccordé. Toujours en solitaire, il interprète "Love on top of love" et "Takes a lot of loving", deux superbes blues lents chargé d'émotion et de sensibilité. Le même feeling naturel hante également "Are you mine?" et "When my baby come home", des plages enrichies d’orchestrations. Si cette œuvre n’est pas la meilleure de l’artiste, elle constitue manifestement une tranche d'histoire!
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Roadhouse rhythm

Mike Guldin roule sa bosse sur les routes du blues depuis plus de vingt ans. Un chanteur guitariste qui sévit aujourd’hui dans la région de Philadelphie. Il a réuni autour de lui d'excellents musiciens. Sous la bannière de Rollin' & Tumblin' ou plus simplement des Tumblers, comme il semble l'affectionner. Un premier album, "Caught between the blues and a heartache", était déjà paru en 2003.
 
La guitare ouvre l’album sur "Snuggle man". Bien sentie, elle est activée par un musicien qui doit déjà avoir accumulé une bonne dose d'expérience au sein des clubs, outre-Atlantique. Bien présents, les cuivres donnent de l'épaisseur à la musique. Le piano est également à l'avant-plan. Un orgue le soutient. Ce qui confère une dimension de big band à l’ensemble. Enfin, la voix de Mike recèle aussi dans le timbre ce qu'il faut de vécu. Une ouverture judicieuse. "Memphis women and chicken" trempe bien sûr dans le Memphis R&B. Le vocal de Mike est sensiblement ravagé, particulièrement éraillé même. Des chœurs féminins lui donnent la réplique lors du refrain. Très soul, cette musique doit certainement produire de bonnes vibrations en ‘live’. Un solo de guitare clôture cette plage remarquablement ficelée. D’une solidité à toute épreuve, la section rythmique réunit CJ Clark à la basse, Billy Wear aux drums et Alan Howe à la guitare rythmique. Funky, l’excellent "25 miles" d'Edwin Starr franchit un pas de plus vers la soul, épinglant au passage une superbe combinaison entre l'orgue Hammond B3 de Karl Frick et le piano de Tim Hooper. Clairement une invitation à vous remuer les fesses. Surpuissante, la voix de Guldin domine cette tranche musicale dont le but est manifestement de libérer un maximum de groove! Ballade très cool, un peu surannée, "The coast of goin' broke" courtise un soupçon de jazz traditionnel à travers la trompette de Terry Townson. L'album alterne compositions originales et covers. Mike met d’ailleurs le célèbre "Lucille" ( NDR : signé Little Richard et Albert Collins) à la sauce R&B. Tout au long de cette plage, Tim - au piano - et Tommy Castro - invité de prestige à la guitare - se montrent brillants. Mike insiste dans ce style ‘blues southern’ en attaquant "Goin' back to Memphis". Les parties vocales affichent un profil particulièrement gospel ; et notamment le chant de Denise Dejame. Les musiciens de Delbert Mc Clinton sont également au rendez-vous : James Pennebaker à la slide, Townson à la trompette et Don Wise au saxophone. Le Rollin' and Tumblin' reprend "I wanna love you" de McClinton, une plage que chante, de sa voix remarquable et douce, le bassiste CJ Clark. Le titre maître ("Roadhouse rhythm") est tout à fait judicieux. Une plage qui bluese et qui rocke. Tous les musiciens sont à l'avant-plan pour produire ce smokin' style. Les voix de Mike et de Miss Denise se conjuguent en harmonie. Impressionnant ! Les cordes de Guldin et de Pennebaker vibrent de chaque côté de la sono. La version d’"Angel eyes", une ballade issue de la plume de John Hiatt, est une autre réussite. Elle démontre, en outre, la grande cohésion de l'ensemble. "You left the water running" replonge vigoureusement dans le R&B. Un véritable cocktail pétillant dont les bulles sont produites par le piano, la guitare et le sax ténor. Après une dernière parenthèse très rock'n'roll intitulée "The real thing", ce très bon album s’achève par une chanson intimiste : "Southern woman and a nawthern man". Shawn Appleby s’y réserve le Resonator Dobro. Mike a empoigné sa guitare et chante cet authentique Delta blues en duo avec la délicieuse EG Kight, dont la pureté du timbre est tellement proche de Bonnie Raitt…
samedi, 31 décembre 2005 01:00

On the road

Pour les vétérans de la scène blues, Eelco Gelling n’est certainement pas un inconnu ! Agé aujourd’hui de 59 ans, ce guitariste hollandais s’est illustré, fin des sixties, chez Cuby and the Blizzards. En plein ‘blues boom’. A l’époque, cette formation s’est régulièrement produite chez nous. La naissance de cet ensemble remonte à 1964. Harry ‘Cuby’ Muskee et Eelco étaient les membres fondateurs du combo. Un quintette ! C&B a commis toute une série d’elpees dignes d’intérêt ; dont le fameux "Desolation", en 1966. Au cours des 70’s, Eelco monte Red White & Blue, puis sévit quelque temps chez Golden Earring, en compagnie duquel il enregistre l’un ou l’autre disque. Entre 77 et 78. Au cours des années 80, il rejoint Cuby. D’abord dans le Muskee Gang, puis le Blues Connection.
 
L’Eelco Gelling Band constitue son nouveau projet. Et "On the road" leur premier opus. Une œuvre inspirée d’un livre de Jack Kerouac, naguère figure emblématique de la Beat Generation. Son band implique le chanteur Ron Krop, qui double également à la guitare, le saxophoniste Bert Van Meeuwen, l’organiste (NDR : préposé au hammond !) Willem Van der Schoof, le bassiste Arjen Tijsdijk et le drummer Jeffrey Van Duffelen.
 
Après une courte et dispensable entrée en matière ‘live’ exécutée à la guitare, l’album s’ouvre par "Stingin’ Eyes", un blues lent au cours duquel le clavier introduit les autres musiciens. Différente de celle de Cuby, la voix de Ron passe bien la rampe. La guitare d’Eelco est facilement reconnaissable. Il utilise une bonne vieille Gibson Les Paul. Il y injecte ce qu’il faut de réverbération dans le son ; comme le faisait si bien Peter Green en son temps. Le traditionnel "Deep Elem blues" maintient un tempo lent, plutôt paresseux, laidback même. Bert opère une bonne intervention au saxophone. Cependant, je n’apprécie guère le son de l’orgue : il ne restitue pas celui d’un Hammond B3. Le rythme s’élève enfin pour "Somebody knows". De bonne facture, cette composition nerveuse est bien menée par Krop. Sa voix secoue. Les cordes sortent enfin de leur réserve pour s’offrir une escapade un tantinet jazzy ; mais jamais ennuyeuse. "Travellin’ man" respecte bien l’esprit ‘sur la route’ de Kerouac. Mais nonobstant les vocaux R&B qui ne manquent pas d’allure, la plage est gâchée par la sonorité de l’orgue. Funky R&B, "Down the highway side" est dominé par le sax et l’orgue. Le timbre vocal assez sombre, empreint de vécu de Ron correspond bien à ce style. Ballade légèrement funky, "Got to get moving" sied bien au groupe. La tonalité de l’orgue Hammond est enfin à la hauteur. Le son métallique de la guitare acoustique s’intègre parfaitement au rythme ; mais la surprise procède de l’incursion rap, opérée par le fils aîné de Krop, Emiel. Original ! La reprise du classique "After a while" est excellente. Il faut préciser que lorsqu’elle est bien utilisée, la voix de Ron possède de solides atouts. De ses cordes, Eelco concède à nouveau les notes idéales. Son feeling est omniprésent! Agréable composition laidback, "You talk too much" lorgne du côté d’un certain Eric Clapton ! « On the road » est un disque d’honnête facture ; mais s’il avait laissé la part plus belle aux envolées de Gelling, il aurait eu une bien meilleure critique.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Brown paper bag

Howard Glazer est un citoyen de la Motor City. Un pur et dur. Normal puisqu’il est né à Detroit, dans le Michigan. Il pratique une forme musicale qualifiée de ‘high energy blues’. Il monte sur les planches, pour la première fois, à l’âge de 13 ans. A cette époque, il joue alors du jazz, du rock et du punk. A la fin des années 80, il s’oriente vers le blues. Il vit quelque temps à Chicago, sans doute pour s'imprégner de la musique locale ; mais revient vite chez lui pour former un duo en compagnie de l'harmoniciste noir Harmonica Shah. Ce tandem sévira six années et se produira un peu partout sur le nouveau et l'ancien continent. Il est également responsable de quelques albums, parmi lesquels je vous recommande "Deep Detroit" (Bluetrack), paru en 2000 et "Tell it to your landlord" (Electro-Fi), en 2003! Des différents musicaux provoquent leur séparation. Howard opte alors pour une aventure plus personnelle. Il fonde cependant les El 34s. En l’occurrence une section rythmique impliquant Bob Goodwin à la basse et Charles Stuart à la batterie. Glazer avoue avoir beaucoup écouté Buddy Guy, Johnny Winter, Hubert Sumlin et son concitoyen, Fred "Sonic" Smith (MC5). Et pour la 1ère fois, il peut enfin donner libre cours à son inspiration à travers treize compositions personnelles. Le Glazer blues est né.
 
L'album s’ouvre par le titre maître. Le trio joue naturellement sans filet. La guitare occupe - avec bonheur - tous les espaces. Enfin plus exactement une slide généreuse, gouailleuse et assez primaire. Quoique relativement monocorde, le chant s’intègre parfaitement aux cordes. "Cold, sad and lonely" évolue sur un tempo moins vivace. L’introduction émarge au Chicago westside. Un style proche d'Otis Rush. La guitare est en permanence sur le qui vive. La voix est grave, presque parlée. Elle ne se manifeste qu’épisodiquement, s’effaçant dès que possible, au profit des cordes. Le répertoire est très éclectique. Il passe au roots sur "Steamrollin' baby". Seul, armé d’une guitare acoustique, le chant du leader est en totale harmonie avec son instrument. Le courant passe! Glazer écrase les pédales pour accentuer les effets de ses cordes. Il chante "Going to Chicago" en relatant cet axe Chicago Detroit, qui lui tient tant à cœur. Maggie McCabe lui donne la réplique vocale. Mais le plus interpellant procède de la guitare détonante, bourrée d'effets. Tonique, elle broie tout sur son passage, dans un style proche de Jimi Hendrix. Blues long et lent, "Sad situation" constitue un exercice de style attendu. Howard (NDR : pas un débutant !) ne distille que les notes nécessaires. Il entrecoupe ses interventions d’espaces vides. Conférant à son interprétation des instants dramatiques. Tout en laissant le champ libre à la sensibilité exacerbée du musicien. Une formule qui ne manque pas de charme. Le solo monte progressivement de quelques degrés pour atteindre des sommets escomptés. Des sommets empreints d’une d'une fragilité bien naturelle pour ce blues à fleur de peau! Un point d’orgue atteint derechef sur "The dogs they bark at midnight". Intensité, émotion et douleur se rejoignent le temps de 9 minutes. Les doigts font de plus en plus vibrer les cordes. Ils y communiquent de l'effet. Nous ne somme plus loin d’un Buddy Guy! Howard attaque "Radioactive woman" sous un format acoustique. Un blues bien rythmé par les percussions de Charles. La voix soutient le texte dans un style, ma foi, assez personnel. "Full moon blues" constitue certainement un des meilleurs moments de l'album. L'homme est seul. Ses cordes au bord de la rupture libèrent un feeling tellement présent. L'échange opéré entre la voix et les cordes concède un rare moment de blues authentique ! Cinq minutes de bonheur ! Roots blues rock, "Don't love you no more" manifeste des accents empruntés au sud. La ligne de guitare est mélodieuse. Les voix féminines de Maggie et Stephanie Johnson épaulent le timbre particulièrement rugueux du leader. La guitare rythmique épouse délicatement un profil rock'n'roll. "Mean harted woman" conjugue virtuosité et technique tout en laissant le champ libre aux vertus instrumentales des El34s. Blues rocker, "Smokin' and drinkin" est une parfaite démonstration du style Glazer. "Start again" constitue un exercice en solitaire inspiré par John Lee Hooker. Et une musique freeform, sans doute inspirée par le fantôme de Jimi Hendrix, achève cet opus! Un elpee à savourer ! Et sans réserve !
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Center Stage

Californiens, les frères Ford roulent leur bosse les routes du blues depuis belle lurette. Robben et Patrick ont entamé leur carrière au début des années 70. Ils accompagnent alors Charlie Musselwhite. Mark, leur frère cadet, les rejoint alors au sein du Charles Ford Band, du nom de leur père. A partir de 72, les frangins décident de faire cavalier seul ; ce qui ne les empêchera pas de se réunir régulièrement. Patrick est le moins connu. Il joue de la batterie mais ne chante pas ; cependant, il est le fondateur du label ‘Blues Rock it’. Au cours des dernières années, le Ford Band avait commis deux elpees bien sympathiques : "Tribute to Paul Butterfield" et "In memory of Michael Bloomfield".
 
Le concert s’ouvre par le très notoire "Mellow down easy" de Little Walter. L'ensemble manifeste une grande cohésion ; ce qui n'est manifestement pas une surprise pour un line up constitué de trois frères. Robben est le premier à sortir de sa réserve en dispensant un premier solo dans son style bien personnel. La scène permet le développement de thèmes ; et nos trois frangins ne se privent pas de cette opportunité. Robben introduit le funky "Another fine day", une plage interprétée d'une voix mâle par Volker Strifler, le deuxième guitariste. Robben chante le classique "Good morning little schoolgirl" de Sonny Boy Williamson I. Mark y tire tout naturellement son épingle du jeu. Son intervention à l’harmonica est étonnante, inventive et toujours très inspirée. Robben se réserve ensuite les vocaux pour deux de ses compositions : "Nothing to nobody" et "Tired of talkin'". La première est une plage très personnelle mêlant à la fois jazz, rock et blues. Elle nous permet sans doute ici de retrouver le meilleur du Ford Band. Robben possède un timbre musical qui se prête facilement à son écriture. Les sorties instrumentales sont de haute facture. L'entente entre les frères est telle, qu'ils peuvent se permettre de jammer sans jamais ( ?!?!?) susciter l'ennui. "Tired of talkin" est un blues rock plus classique. Mark y développe un solo majestueux à l'harmo. Mark vient à son tour chanter deux de ses compositions dont "Feelin' disconnected". Mark jouit également d’un timbre très musical. Plus frêle, il libère cependant beaucoup de feeling. Invité, le guitariste Chris Cain monte sur scène pour interpréter "Up from the streets", un jazz rock funky émaillé d’interventions originales. Ce Californien relève également de l'équipe du label Blues Rock It. Le set s’achève par le "Lovin' cup" de Paul Butterfield. Patrick s’y réserve le chant. Et un bon album de plus pour l'équipe Ford!
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Fire in the feeling

Terry est né en 1944, dans le Mississippi. Au cœur du Delta, à Vicksburg très exactement. Dans sa jeunesse, il chante le gospel ; un exercice de style qu’il va poursuivre au début des sixties. A capella. Au sein des Knights. A 22 ans, il se fixe à Los Angeles, et se met à la guitare. Tout en se concentrant sur la composition, il devient un chanteur de studio réputé. Au cours des 70s, il se produit en duo en compagnie de Bobby King. Un duo qui va surtout devenir le backing band de Ry Cooder. Et pour un bon bout de temps. Ce qui leur permettra de l’accompagner à plusieurs reprises lors de ses tournées mondiales. Le tandem commet deux albums chez Rounder : "Rhythm, blues, soul and grooves" en 1990 et "Live and let live!" en 92. Terry décide ensuite d’entamer une carrière sous son patronyme. Enchaînant six opus avant ce « Fire in the feeling » : "Blues for thought" en 93 pour Pointblank, "Puttin'it down" en 95, "Come to the river" en 97, "Mississippi magic" en 2001 et "Live like a hurricane" en 2003. Ces quatre elpees sur le label Audioquest ; sans oublier le "Walk that walk" chez Telarc, en 2000.
 
L'album s’ouvre en force par "Uphill climb". Le tempo est vif. Douce et pure, la voix d'Evans est immédiatement reconnaissable. La guitare de Jimmy Scott ne tient déjà plus en place. Le rythme demeure aussi alerte, assez rock'n'roll, pour "Nothing wrong with Texas" ; une compo marquée par le piano léger et sautillant de Dave Frasier et surtout la slide de Joe Colombo. Ecrite par Ry Cooder, "My baby joined the Army" est une superbe ballade empreinte d'une immense douceur. Le chant de Terry épouse la mélodie. Au cœur de ce climat serein, le son lugubre des cordes de David Lindley et le piano à peine effleuré de Denise Bonnell se détachent. "I'll be your shelter" est d’une beauté désarmante. A cause du chant naturel de Terry ; et puis des guitares de Lindley et de Mark Shark responsables de la coloration de cette toile sonore. Le bonheur ! "Let's get gone" est manifestement hanté par l’esprit de John Lee Hooker. Un boogie léger que Terry parvient à s’approprier, tant sa personnalité rejaillit dans le rythme. Les musiciens secondent parfaitement le leader : Colombo à la slide, Hense Powell à l'orgue ainsi que la section rythmique. Parcimonieuse, elle est constituée de Jorge Calderon à la basse et de Phil Bloch à la batterie. Une cohésion qui porte à nouveau ses fruits tout au long du classique "Turn on your lovelight". L'ambiance est propice à la danse. Nous ne sommes pas tellement loin d’un Santana au sommet de sa forme. Un climat entretenu par les congas, l’orgue Hammond et surtout les éclats produits par la guitare de Jimmy Scott. La chant de Terry se profile nettement devant les interventions du trombone de George Bohannon tout au long de "Discover me", un blues particulièrement dépouillé soutenu par les vocaux de Phil Bloch et de Denise Bonnell, qu’ils dispensent tout en frappant des mains. Excellent! Une rythmique plus rock refait surface pour "I got a pony". La slide de Shark s’y révèle rugissante. Dernier blues mélodique de cet elpee, "What about me" est traversé par les cordes de Scott et l'orgue Hammond de Powell. La slide rageuse de Colombo imprime un rythme obsédant tout au long de "Racket in the room". Un superbe album qui s’achève par "Walkin' chains". La douceur y est extrême, mais elle provoque une certaine torpeur, qu’accentue la slide de Colombo au sein d’un climat où règnent l’inquiétude et la douleur. Je vous recommande vivement cet album…
samedi, 31 décembre 2005 01:00

The Elmore D Band

Alias Elmore D, Daniel Droixhe a presque soixante balais. Ce Liégeois de pure souche s’est alimenté au rock'n'roll des 50’s au cours de sa prime jeunesse. Il ne se convertira au blues que dans les années 60. Au contact du british blues boom. Et il lui est resté fidèle, tentant même de remonter le temps à la recherche du blues d'origine. Son goût immodéré pour la slide lui conférera ce surnom, bien entendu inspiré par Elmore James.
 
Pour enregistrer cet opus, il a bien sûr reçu le concours de la fine fleur de notre blues national belge : Big Dave à l’harmonica, Lazy Horse aux guitares et à la mandoline, Willie Maze ainsi que Gerry Fiévé aux drums. Live, l’opus immortalise trois enregistrements différents. C'est-à-dire celui du 13 mai 2000 accordé dans le cadre du festival ‘4rth Blues 'n Bloom’, du mois d’octobre 99 au ‘Bluesin' Belgium’ de Peer et enfin du printemps 2002 au ‘Blues Festival’ de Mönsteräs, en Suède. Hormis une compo personnelle, le répertoire est ici limité à des reprises de classiques du blues. Rien à voir donc, avec ses chansons en dialecte liégeois qui alimentaient l’elpee "Saturday night rub".
 
L'ouverture est royale. Elle nous permet de saisir la capacité naturelle d'immersion dans le blues de l'artiste ainsi que la complémentarité et la fraternité qui lie les différents musiciens. Une osmose qui se manifeste entre Elmore (le chant et les cordes) et Dave (l’harmo) sur la cover d’"I can't be satisfied" de Muddy Waters et celle de "Gotta move" de Homesick James (le set accordé à Houthalen en 2000) ainsi que le très roots "It ain't no lie" de Kansas Joe McCoy. Les drums de Maze sont métronomiques. Lazy participe évidemment aux échanges de cordes. De son passage à Peer, j’épinglerai l’adaptation du "Drop down Mama" de Sleepy John Estes ; un fragment au cours duquel Lazy Horse joue le rôle de Yank Rachell à la mandoline. Fasciné par le blues d’avant-guerre, Elmore est également très marqué par le mythique Robert Johnson, dont il interprète ici le 'Walking blues". Une interprétation très respectueuse, commise en Suède, au cours de laquelle Big Dave s'évade dans les aigus. Toujours en Scandinavie et pour notre plus grand plaisir, il chante son hymne "Dji N'Oûveûre qui l' londi". En dialecte d'outre Meuse ! Et la compo passe aussi bien la rampe qu’en anglais. Enivré par une mandoline délurée et un harmonica, le "It's tight like that" de Tampa Rec nous entraîne sur les rues et trottoirs du sud profond. Ce fervent de la guitare à douze cordes ne pouvait rendre hommage à Leadbelly qu’en chantant à tue-tête en compagnie de Big Dave le "Pick a bale O'cotton". Le traitement opéré sur le classique "Road runner" de Bo Diddley mérite de tourner en boucle dans votre lecteur. Très Delta Blues, il s’électrifie progressivement puis intensément sur un tempo accéléré. Excellent ! Hommage à Willie Brown, la lecture du "Broke and hungry" est chargée d’émotion. Elmore et Big Dave y échangent les vocaux. Lors du medley "Outside woman blues"/I'm so glad", ce n’est pas une femme qui est au chant, mais bien Elmore. Non seulement la conversion de son timbre est saisissante ; mais en outre, cette plage constitue un grand moment. L’artiste parvient à communiquer au public toute sa sensibilité au point de toucher son âme, alors que Big Dave donne tout ce qu'il a encore dans les poumons pour le soutenir. Paradoxalement, ces deux morceaux figuraient au répertoire du Cream en 67/68!! Les musiciens rendent également hommage aux jug bands en attaquant le "Whitewash Station" du Memphis Jug Band. Et pour conclure, ils ne pouvaient – bien évidemment – pas oublier le répertoire d'Elmore James. En interprétant un medley d’"I can't hold out" et de "My heart beats like a hammer". "Ce soir, I'm so glad", chante Elmore D. Nous aussi, nous sommes si heureux de l'entendre et surtout de l’écouter. Puisse-t-il continuer très longtemps à nous révéler son talent, à témoigner de sa générosité et à communiquer sa bonne humeur!
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Loi du miel

Fin 2003, le chanteur/guitariste/harmoniciste Fred Verhaegen (NDR : un ex membre de Mambo Chillum) rencontre le bassiste Frits Standaerts. Ils décident de composer ensemble. Puis recrutent deux musiciens pour enregistrer une premier elpee : "Shipwreck Party". Le duo prend ensuite la route en compagnie du guitariste Simon Pleysier à la guitare et du percussionniste particulièrement doué Rohal De Ridder (NDR : ex-El Fish). Cette équipe est donc retournée en studio pour concocter ce nouvel opus : "La loi du miel".
 
Une plaque qui s’ouvre par le titre maître. Un disque partagé entre compos chantées dans la langue de Voltaire (NDR : vous vous en doutez !) et titres interprétés dans la langue de Shakespeare. Une œuvre caractérisée par ses chœurs masculins et une instrumentation acoustique drivée par l'harmonica au son très aigu et naturel. "Fatherless child" démarre au cœur du Delta. Le climat y est inquiétant. Le thème est grave. La voix excellente. L'accompagnement monte progressivement en puissance ; et en particulier la guitare et les percussions. Un violon tisse des arabesques tantôt hispaniques, tantôt mauresques. Et en faisant preuve d’un peu d’imagination on pourrait rêver à une promenade sur le dos d’un chameau pour traverser le Sahara. A moins que ce ne soit au cœur du Colorado, du côté de Durango. Le rythme passe immédiatement au reggae pour "Lonely". Cette plage évolue au fil du temps vers l'aventure. A cause de la conjugaison des voix et de l'harmonica pleurnichard ; mais surtout de la guitare déjantée. Rapidement rejoint par un chant calme et paisible, l'harmonica devient rural et champêtre pour "Oh Lord". Avant que la chanson n’adopte un ton gospel lorsque de nouvelles voix viennent rejoindre celle de Fred. La basse de Frits emprunte un profil moribond pour annoncer une mélodie d'une tristesse absolue : "What's a man". Un fragment très bien interprété. La voix est expressive et sensuelle, au bord du désespoir. Elle vit au cœur de cette atmosphère tellement ténébreuse et inquiétante, qu’assombrit encore un harmonica au phrasé lugubre. Les vibrations reviennent pour hanter "Lost in the dirt". Le beat palpite. Une slide bien aiguisée souligne les parties vocales tandis que Rohal prend soin du tempo. L’association de la slide et des peaux relayée par la guitare acoustique très percussive nous entraîne à la découverte de grandes étendues désertiques. "Coalminer's blues" cultive cette sensation de l'étrange. Les changements de rythmes entretiennent cette perception. La voix ravagée s'évade dans de nouvelles tonalités. Fred est un très honnête harmoniciste. Il insiste surtout sur les aspects les plus hypnotiques de ses interventions. Nous ne sommes jamais loin de la torpeur des swamps. Sur "Summertime in the city", Fred manifeste sa joie de voyager sous la chaleur d'un soleil de plomb. Une compo dont la mélodie délicate et allègre traduit un sentiment de bonne humeur. "Jamaican rhum" marque un retour au reggae. Des images de plages dorées, de palmiers, de jolies filles vous enivrent … Voix, guitare et harmonica se partagent "Marianne", une ballade charmante et frivole qui baigne au sein d’un climat champêtre. L'album s’achève par une courte plage intitulée "Je m'en vais" (NDR : au revoir !). Nonobstant le chant empreint d’une grande sensibilité, ce fragment ne respire pas la joie… quoique ce ton narquois cache sans doute des malentendus. Album original, « Loi du miel » est le fruit du travail de musiciens qui aiment mêler diverses approches à leur propre univers. Il faut le souligner. Durango sera à l'affiche du Live Music Festival de Harelbeke, le 25 juin prochain.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Rolling Fork revisited

A l’instar de Muddy Waters, Johnny Dyer est né à Rolling Fork, dans le Mississippi. Sa jeunesse est bercée par le son des juke-boxes qui diffusent la musique de Waters, Howlin' Wolf, Sonny Boy Williamson, Little Walter, etc. En 1958, il se fixe définitivement en Californie. A Los Angeles, très exactement. Il y retrouve d'autres bluesmen; et notamment George Smith, Shakey Jake Harris, Pee Wee Crayton et T-Bone Walker. Début des années 90, il enregistre deux albums pour Black Top : "Listen up" et "Shake it", deux elpees pour lesquels il reçoit le concours de Rick Holmstrom à la guitare.
 
« Rolling Fork revisited » rend hommage à la musique de Muddy Waters ; un projet monté par l'harmoniciste Mark Hummel ainsi que Dyer. Hummel a ramené son band : les Blues Survivors. Soit Charles Wheal à la guitare, Steve Wolf à la basse et Marty Dodson à la batterie. Et puis quelques invités, parmi lesquels on remarque la présence de deux anciens membres de la bande à Waters : Paul Oscher et Francis Clay.
 
Il ne faut guère plus de cinq secondes pour se rendre à l'évidence : nous sommes entrés dans le monde musical de Muddy Waters. Entre les quelques notes distillées par la guitare acoustique de Paul Oscher et les phrases attendues que laisse échapper l'harmonica de Mark Hummel, la voix authentique et chaude de Johnny s’immisce dans le débat sonore. Une voix tellement proche de Waters qu’il faut se pincer pour ne pas y croire. Saisissant ! Le tempo s'élève. Bob Welsh s’agite au piano. En filigrane, on distingue nettement la guitare de Rusty Zinn égrener ses notes dans son style West Coast bien personnel. Johnny peut chanter l'esprit tranquille ce "Young fashioned ways". Son backing group est à la hauteur. Mark n’a rien perdu de sa superbe. Le gamin est tellement doué qu’il illumine tout l’opus de son talent. Dans un registre très proche de Little Walter, bien entendu. Et l’interprétation du remuant "Can't get no grinding" de Memphis Minnie en est la plus belle illustration. Dyer se montre terriblement convaincant sur les tempos plus lents, dépouillés à l'extrême. A l’instar de "Country boy", une plage aux accents dramatiques. Paul Oscher s’y réserve la slide. Dans un style proche du maître. Pour la circonstance, il se permet de doubler à l'harmonica, qu’il a pris soin de poser sur un rack. Francis Clay caresse ses balais comme à l’époque où il militait chez le Muddy Waters Band (NDR : il y a sévi 12 ans, à partir de 1957). Cette même magie teintée d’émotion envahit "Layaway plan". Soutenu par la slide perçante de Paul et l'harmo, Dyer chante comme s’il était possédé par la personnalité du mythique bluesman. Cet hommage au maître est très réussi. Parmi les autres plages, j’épinglerai encore un "Don't go no further", exécuté à la manière d'un shuffle bien nerveux. La férocité de Mark y est envoûtante. Tous les amateurs du Mississippi saxophone ne peuvent qu’applaudir sa performance réalisée tout au long de "Gone to Main street", une compo plus Little Walter que jamais, "Sugar sweet" ou encore "My dog can't bark". Bob Welsh et Rusty Zinn assurent les cordes sur "Don't know why" ; une compo au cours de laquelle Steve Wolf et Marty Dodson assurent une assise rythmique particulièrement solide, tout en manifestant un swing naturel. Zinn sort de sa réserve sur le bien notoire "Forty days and forty nights". Son solo est bien ficelé. Il monte lentement mais sûrement en puissance. Il assure également la rythmique sur le très saignant "Stuff you got to watch". Trempé dans la West Coast, "Clouds in my heart" épouse un slow blues princier, un fragment au cours duquel Marc semble hanté par l’esprit de George Smith. Excellent! Enfin, Johnny Dyer et Paul Oscher s'échangent quelques phrases d'harmonica lors de la dernière minute d’"Evan's shuffle", qui clôt cet elpee.
samedi, 31 décembre 2005 01:00

Royal Albert Hall

Flash-back : nous sommes à la fin des sixties! Enfin, plus exactement en 1966. La musique contemporaine est en pleine effervescence : elle célèbre la rencontre et la fusion des styles. Sans se soucier des règles. Certains musiciens se sentent à l’étroit au sein de leur propre groupe. Surtout les plus doués. Et décident de vivre de nouvelles aventures : c'est le mythe des supergroupes. The Cream en est certainement la tout première manifestation. Une formation réunissant la ‘crème’ des musiciens de l’époque : Eric Clapton, Jack Bruce et Ginger Baker. Fondé en juin 66, ce trio d’exception trouvera rapidement un rival d’envergure : le Jimi Hendrix Experience. Surnommé ‘God’, Clapton avait transité chez les Yardbirds avant d’éclater au sein de l'école des Bluesbreakers de John Mayall. Il avait d’ailleurs participé à l’enregistrement de leur éponyme devenu légendaire. Ce brillant (NDR : et le mot est faible !) guitariste bénéficiait enfin d’une section rythmique d’exception : le chanteur/bassiste/compositeur Jack Bruce et le fantastique drummer Ginger Baker. Ces deux personnages avaient participé aux premiers soubresauts du blues en Angleterre ; en militant chez l’Alexis Korner's Blues Incorporated et le Graham Bond Organization. Fils légitimes du British Blues Boom, les trois musiciens partageaient donc les mêmes racines. Mais ils voulaient aller bien plus loin en gommant les limites d'un genre, pour explorer de nouveaux territoires sonores. Un concept qui allait passer par l’allongement des plages pour permettre aux musiciens de se libérer. Et qui se soldera par le succès à l’échelle mondiale de leur blues rock bien trempé. Pourtant, l'aventure Cream ne durera que l’espace de trente mois. Soit jusque décembre 1968. Faut dire que les musiciens se détestaient royalement. Avant de poursuivre leurs aventures en solitaire, ils avaient quand même eu le temps de marquer clairement leur territoire, léguant quatre albums studios ("Fresh Cream" en 66, "Disraeli Gears" en 67, "Wheels of fire" - un double elpee dont un live - en 68 et "Goodbye Cream" en 69) et deux testaments ‘live’ : "Live Cream" en 70 et "Live Cream Vol 2" en 72. Sans oublier les classiques "White Room" et "Sunshine of your love", ainsi que leur version du "Crossroads" de Robert Johnson. Depuis, seul Clapton est parvenu à faire carrière. Il est même devenu une star universelle.
 
36 ans après leur séparation, le trio a décidé de se reconstituer pour accomplir une seule et unique tournée. Un périple entamé au Royal Albert Hall de Londres, en mai, et clôturé au Madison Square Garden de New York, fin octobre dernier. Sous-titré "London May 2-3-5-6 2005", ce double album immortalise le début de cette nouvelle aventure. Et constatation : le son très caractéristique du vieux trio n'a pas pris une ride. Bruce et Baker forment toujours cette assise rythmique inébranlable et talentueuse. Clapton renoue, sans la moindre difficulté, avec le style qu’il pratiquait à l’époque. La critique a rarement épargné Slowhand Clapton. A tort ou à raison. Mais une chose est sûre, il reste un musicien hors pair. La quintessence du répertoire est passée ici en revue ; et notamment les adaptations de classiques du blues : "I’m so glad" de Skip James, "Crossroads" de Willie Dixon, le traditionnel "Rollin and tumblin" et "Born under a bad sign" de Booker T (une compo popularisée par Albert King). Sans oublier l’inévitable "Crossroads", imprimé pour la circonstance sur un tempo plus lent. L’oeuvre recèle également la cover du "Stormy Monday" de T-Bone Walker, un slow blues fort classique qui n'avait pas été gravé sur vinyle à la grande époque. Quelques compos personnelles, dont les plus notoires sont issues de la plume de Jack Bruce : "NSU", "Politician", "Deserted cities of the heart", "White room" et "Sunshine of your love" (NDR : morceau pour lequel il avait reçu la collaboration du poète Pete Brown). Et puis le "Badge", co-signé par Eric Clapton et George Harrison. Baker se réserve quand même la paternité de trois fragments : le curieux et dispensable "Pressed rat & warthog", "Sweet wine" et "Toad", tremplin idéal pour produire son célèbre solo de batterie kilométrique. Vu la qualité du son, les vieux aficionados, mais aussi les néophytes, devraient facilement y trouver leur compte…