Après avoir vécu une nuit éprouvante de camping sous une tente, entouré d’animaux sauvages, on n’est pas mécontent de retrouver le site des festivités. Le jeudi nous avait permis d’être témoins de prestations exceptionnelles ; mais également d’essuyer quelques concerts inutiles. On croise donc les doigts pour que ce vendredi soit émaillé de performances inoubliables.
A peine arrivés sur le site, on déchante. Le ‘Club’ accueille un Those Dancing Days relativement peu intéressant. Une pop trop gentille pour être honnête, interprétée par une demoiselle aussi élégamment vêtue qu’une certaine Ugly Betty. Et la suite de la programmation n’est pas beaucoup plus intéressante. On attend donc le début de l’après-midi. Et sur le coup de 13h, enfin, notre journée commence.
Le ciel est plus que clément. Il fait carrément chaud et The Dodos déchire tout sur son passage. La transposition live de leur « Visiter », sous le ‘Château’, relève du génie. La pop psyché du duo transforme le petit chapiteau en véritable petit nid douillet et chaleureux. Définitivement l’un des incontournables de cette année.
Pour se rendre au ‘Club’, pas le choix, il faut passer à côté de la Main Stage, en surfant entre l’incroyable horde de fans de Metallica. Confronté au massacre de Das Pop, on regrette de ne pas avoir emporté de boules Quiès. On court donc se mettre à l’abri pour fuir cette horreur.
Mais Lightspeed Champion tarde à montrer le bout de son nez. Il compte une bonne dizaine de minutes de retard. Pendant ce temps, nos tympans encaissent les échos provenant de la grande scène… Heureusement, assagi, l’ex-leader assagi des Test Icicles se rattrape plutôt bien, concédant de jolies versions de ses « Midnight Surprise », « Tell Me What It Worth » et autres « I Could Have Done This Myself ». Le mecton se débrouille pas mal. Etonnant donc d’apprendre, quelques jours après cette performance sympathique, que le jeune Texan estime que la scène n’est pas son point fort. Il a, en outre, décidé de faire un break et de ne plus remonter sur les planches avant un bon moment.
Petit tour sous le ‘Dance Hall’, histoire de jeter un œil au show de Modeselektor et, surtout, vérifier si le son est toujours aussi pourave. Et c’est effectivement le cas. Pas même l’excellent « Black Block » du duo ne réussit à nous retenir. Que l(es) ingénieur(s) du son réagissent, bon dieu !
Tant pis. De toute manière, pas une seconde à perdre puisque Caribou se produit au ‘Château’. Un univers toujours aussi psychédélique, un son exemplaire (!) et une ambiance relax vont nous procurer un des moments les pus intéressants de l’après-midi.
On ne peut pas en dire autant des Los Campesinos!, qui prennent la relève sous ce même chapiteau. Les petits jeunes jouent (trop) fort et leur enthousiasme est peu engageant. Les nouveaux morceaux semblent encore nécessiter beaucoup de travail. C’est ce qui arrive quand on veut enchaîner un peu trop rapidement les publications. On fera donc l’impasse sur le second essai du septuor.
On les attendait comme le(s) messie(s). Ils ne nous auront pas trop déçus. Les Foals surfent sur la vague Math Rock en y ajoutant un effet pop revitalisant. Les morceaux de « Antidotes », dont « The French Open », « Red Socks Pugie », « Olympic Airwaves » ou « Hummer » se traduisent à merveille sur les planches. Mais un peu plus d’enthousiasme de la part du leader, Yannis Philippakis, aurait été bienvenu. Un manque d’entrain qui cependant peut s’expliquer. En fait –et c’est qu’il a annoncé dernièrement–, il n’est pas satisfait du premier essai de sa formation. Dommage pour lui. Personnellement, on s’éloigne de la ‘Marquee’ plutôt satisfaits. A chacun ses problèmes…
Aïe, l’âge nous rattrape. On ressent tout à coup une douleur lancinante au niveau du dos. C’est donc assis sur les côtés du ‘Club’ que l’on se farcit l’affreux spectacle des juvéniles Does It Offend You, Yeah? Un désenchantement auquel on ne pourra pas échapper, la douleur nous empêchant de s’éloigner du chapiteau. C’est sûr, on rangera le disque au fond de l’armoire dès notre retour au monde réel. Au bout de quarante minutes de torture, on trouve le courage d’aller s’allonger quelques minutes sous la tente et manger un petit bout.
C’est également le cul par terre qu’on s’envoie le concert des Breeders. Les sœurs Deal jouissent d’un potentiel de sympathie énorme et leur performance est impeccable. Celui accordé par Miss Kittin & The Hacker, sous le ‘Dance Hall’, l’est tout autant. Un déluge de tubes aussi bien extraits de leurs efforts conjoints que de leurs essais solos. Le chapiteau entier se secoue le bas des reins sur « Frank Sinatra », « Life On MTV » ou « Flesh & Bones ». On aurait juste préféré entendre « 1972 » à la place de la dispensable et bancale reprise du King, « Suspicious Minds ».
On n’était que peu familier de leurs travaux ; mais le moins que l’on puisse dire, c’est que les Tindersticks nous ont épatés, même sous un ‘Marquee’ à moitié vide.
Un étrange phénomène semble se produire. Les différentes scènes sont soudainement désertées. Un simple coup d’œil au programme nous explique la raison. Rien de plus normal : Metallica vient de débarquer sur la ‘Main Stage’. On n’a pas spécialement envie de les voir ; mais on se sent l’obligation de s’y rendre. La grande scène est prise d’assaut, d’une extrémité à l’autre du terrain. Une chose est sûre, la bande à Hetfield rassemble les foules. Fidèle à elle-même, la troupe de métalleux enchaîne les nouveaux morceaux, extraits de « Digital Death » avant de finir sur la série de tubes obligatoires et dans une tempête (un peu ridicule, il faut le souligner) de feux d’artifice. Y a pas autre chose au programme ?
De leurs côtés, les Tokyo Police Club et autres Boys Noize ne se sont guère mis en évidence pour retenir notre attention. Le dos en compote, on se dirige doucement vers le camping pour passer une deuxième nuit affreuse… Qu’est ce qui nous a pris de se taper le camping ?