Acteur majeur du rock psyché d’Austin depuis plus d’une décennie, Holy Wave annonce la parution de « i’m DADA » le 10 juillet 2026 chez Suicide Squeeze Records. Pour accompagner cette annonce, le quatuor texan dévoile « s33.u.in/HAL », un premier extrait désormais doté d’un clip. Le morceau, enregistré au Mexique, glisse de couplets souples vers une montée plus dense et donne déjà une idée d’un disque plus direct, sans renoncer à l’étrangeté qui caractérise la formation.
Ryan Fuson revient sur la genèse du single : ‘“s33.u.in/HAL” est comme une prière au Dieu des insuffisances, un dieu enfant que nous élevons pour qu’il devienne un jour notre sauveur. C’était l’une des premières idées liées au disque, mais aussi l’un des derniers titres achevés. J’écoutais beaucoup Wagon Christ à l’époque et je voulais en retrouver l’esprit, sans parvenir au résultat espéré. Le morceau a donc été mis de côté, avant que Joey et Julian n’arrivent en répétition munis de nouvelles pistes. À partir de là, la chanson s’est presque écrite d’elle-même et elle est vite devenue l’une de nos préférées.’
Le long playing a pris forme à Ensenada, sur la côte pacifique mexicaine. Ce déplacement hors des États-Unis a offert au combo le recul nécessaire pour préciser sa direction : un son plus franc, plus tendu et plus construit que par le passé. L’enregistrement au studio El Derrumbe, sous l’impulsion du duo expérimental Lorelle Meets the Obsolete, a nourri cette évolution sans gommer la fibre rêveuse qui traverse toujours les compositions.
Cette session mexicaine ne relève pas du simple décor. La moitié de Holy Wave possède des attaches dans la région frontalière d’El Paso, ce qui rendait ce choix presque évident. Le mixage confié à Joo Joo Ashworth, ami de longue date du band, affine encore les contours de l’ensemble. Sur le fond, les chansons abordent la paternité, la vie à deux, les séparations, l’éloignement et l’accélération troublante de l’IA.
« i’m DADA » accentue l’usage des boucles et des échantillons, tout en misant sur des rythmes cycliques et une pulsation plus nette. Certains titres empruntent au dub son goût de l’espace ; d’autres adoptent une gravité downtempo presque cinématographique. L’ensemble gagne ainsi en cohésion et en impact, sans perdre la brume psychédélique propre au quatuor.
Parmi les morceaux déjà évoqués, « dewey’s dirge » évolue sur des guitares vaporeuses et une pulsation motorik assourdie, tandis que le titre éponyme repose sur une boucle serrée de batterie, basse et guitare. « s33.u.in/HAL », lui, agit comme une transmission brouillée : la chanson progresse sans jamais se refermer complètement, dans une forme de tension contenue qui résume assez bien l’esprit du disque.
Là où les précédents opus de Holy Wave laissaient volontiers place à la dérive, « i’m DADA » paraît plus ancré. La formation n’abandonne pas l’immersion ; elle la canalise. Le résultat n’a rien d’une rupture, plutôt celui d’un affinement sensible de son langage.
Le clip de « s33.u.in/HAL » accompagne également cette mise en orbite de i’m DADA et prolonge l’atmosphère trouble du morceau. Et il est disponible ici

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