La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

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Paddang à la poursuite des fantômes…

Paddang est un trio de rock psyché formé en 2020 à Toulouse. Osees et King Crimson à fond dans lʼautoradio et un nom de groupe inspiré d'un spot de surf en Indonésie, Paddang file à toute berzingue dans une épopée cosmique. Les trois voix dictent le ton et…

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Témé Tan

La machine n’a toujours pas d’âme…

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De son véritable nom Tanguy Haesevoets, Témé Tan est impliqué dans différents projets. Dont Goulash, un duo qu’il partage en compagnie de Noza et le sien en solo. Son 'one man show' avait réalisé le ‘buzz’, lors de son passage au dernier festival Esperanzah. Son coeur balance entre Kinshasa et Bruxelles. Faut dire qu’il a grandi entre les deux villes. Sa musique est le fruit d’un cocktail entre soul ‘motownesque’, world latino et surtout congolaise (pensez à Kasai Allstars, Konono n°1, Staff Benda Bilili ou encore Jupiter & Okwess International). Il vient de publier son premier elpee.

Youri assure le supporting act. Il y a déjà bien du peuple dans la salle. Très interactif, l’artiste signale être blanc, mais avoir longtemps vécu au Congo. En outre qu’il va nous montrer ce qu’est la musique africaine. Il a donc des racines black. Sur les planches, il se sert d’une guitare, d’une basse, d’un iPad et d’une loop machine.

« Chem Chem  » ouvre le set. Youri est plutôt doué pour créer ses boucles. Ce qui engendre parfois des moments vraiment magiques. Il est particulièrement interactif. Ses morceaux oscillent entre la world, le reggae, le jazz et l’électro. Dans ce dernier cas de figure, il nous bombarde d’infra-basses. Heureusement, le pilonnage ne dure que trois à quatre minutes. Et le set de s’achever dans un climat réminiscent des eighties. Pas mal du tout pour une première partie !

La Rotonde est pleine comme un œuf. Témé Tan va également nous proposer un 'one man show'. Un artiste plutôt sympathique et également très interactif. Pas besoin de se prendre la tête, cependant, pour assister à ses spectacles. Il ne transporte pas tous ses instruments, à l’instar de Rémy Bricka, mais les garde à portée de main. Soit deux machines et un ukulélé. Les compos sont rythmées. Et l’artiste semble prendre son pied sur les planches. Mais laisser des machines diriger la manœuvre déshumanise les sonorités. La machine n’a toujours pas d’âme. Bien sûr, il tripote de temps à autre ses curseurs, pour modifier les courbes musicales. Mais ces manipulations méthodiques finissent rapidement par lasser. Sous cette approche, la sueur et l’émotion sont les parents pauvres. De l’émotion, il y en aura quand même lorsque l’artiste se servira de son ukulélé. Au bout d’une demi-heure, quand même. Mais la transition sera de courte durée, Témé Tan en revenant à ses machines. Dans ces conditions, votre serviteur préfère alors s’éclipser…

(Organisation : Botanique)

 

Mac DeMarco

En marche vers la gloire…

Écrit par

Il y a un peu plus de 3 ans, Mac DeMarco se produisait au Witloof Bar du Botanique. Il n’y avait qu’une trentaine de personnes, y compris votre serviteur, dans la salle. L’artiste avait accordé son set en solo, uniquement armé de sa gratte semi-acoustique. Assis, au milieu de l’auditoire. Un moment véritablement magique. Il revient ce soir dans la capitale, mais à l’Ancienne Belgique, en compagnie d’un groupe électrique, et le concert est soldout.

Le supporting act est assuré par Montero, un Australien établi en Grèce. Il et flanqué d’un backing group. Tour à tour un sextuor ou un septuor, dont trois guitaristes, un drummer, un claviériste et deux préposés aux cuivres et flûtes traversières.

Pop, élégante, subtilement psyché, la musique proposée nous replonge dans les 60’s et même les seventies. Et on ne peut s’empêcher de penser aux Beatles. A cause du soin apporté aux harmonies vocales. Mais aussi à Pond, une autre formation aussie pour laquelle Montero avait réalisé l’illustration de la pochette de l’album « Man It Feels Like Space Again ». Faut dire que l’artiste est devenu notoire pour son graphisme surréaliste…

Mac s’est installé depuis peu à Los Angeles. Agé de 27 balais, il vient de graver son nouvel opus studio, « This old dog », un disque pour lequel il a joué à l’homme-orchestre ; depuis la batterie à l’harmonica, en passant par sa célèbre gratte déglinguée qu’il avait achetée pour une poignée de dollars, mais qui sonne comme aucune autre.

Le show commence à 20h15 précise. Une intro présente chaque musico de manière humoristique. « On The Level », un des singles de son dernier long playing, ouvre le bal. La scène baigne dans les teintes bleues. Mac a revêtu un tee-shirt de couleur orange et est coiffé d’une casquette retournée. Extraits de « 2 », « Ode To Viceroy » et « Freaking Out The Neighborhood » incitent la foule à danser. La version acoustique de l’indolent « My Kind Of Woman » est splendide.

L’auditoire reprend régulièrement les chansons en chœur, qu’il connaît… par cœur… Le natif de Duncan est particulièrement interactif. Sa voix est douce et bouleversante. Le concert va alterner titres énergiques, explosifs même et morceaux plus lounge voire jazzyfiants. Mais la fosse est réceptive à l’ensemble de son répertoire, et ovationne régulièrement la bande au Canadien. En fin de set, il prend la place de son drummer, qui en profite pour avancer en première ligne, afin de livrer une version plutôt burnée du « Californication » de Red Hot Chili Peppers. Manifestement, la route du succès est toute tracée pour Mac DeMarco

(Organisation : AB + Live Nation)

 

Wolf Parade

Il ne faut pas deux loups pour diriger une meute…

Écrit par

Il y a déjà quelques années qu’on n’entend plus guère parler de Wolf Parade. Faut dire que depuis la pause que s’est réservée le band Canadien, en 2011, les deux chanteurs, Dan Boeckner et Spencer Krug ont développé ou participé à des projets parallèles. Le premier a notamment milité chez Divine Fits et Operators, alors que le second s’est essentiellement focalisé sur son aventure en solitaire, baptisée Moonface. Ce n’est qu’en 2016, que le groupe a repris le collier, publiant alors un Ep. Et dans la foulée, il a enregistré un excellent nouvel elpee, intitulé « Cry, cry, cry » Il se produisait au Botanique, dans le cadre de l’édition 2017 de l’Autumn Falls 2017. Il était donc intéressant de voir et surtout d’écouter la transposition en live de ce dernier opus…  

Après une première partie assurée par le groupe torontois, FRIGS, les membres de Wolf Parade débarquent sur les planches. Le public qui a rejoint l’Orangerie, est plutôt clairsemé.  Armé de sa gratte, Dan Boeckner se plante à gauche, et siégeant derrière son piano, Spencer Krug, a opté pour le côté droit. Le chanteur s’installe au milieu. Pas un inconnu, puisqu’il s’agit de l’ex-chanteur de Hot Hot Heat, Dante DeCaro. Après avoir participé aux sessions d’enregistrement pour plusieurs albums, il a rejoint définitivement le line up. En arrière plan, Arlen Thompson campe derrière ses fûts. Sous les applaudissements, le groupe entame le set par le single issu du dernier opus, « Lazarus Online ». Krug se concentre sur ses ivoires, tout en chantant de sa voix si caractéristique ce morceau qu’il a composé dans son style lyrique. Et les autres instrumentistes, lui emboîtent aussitôt le pas. Boeckner reprend ensuite le flambeau. Echafaudées sur les lignes de gratte, ses compositions adoptent un profil davantage punk et direct. A l’instar du dernier LP, que la formation va reprendre quasiment dans son intégralité, les deux leaders prennent la direction des événements, à tour de rôle. Malheureusement, malgré le talent des musicos et des titres, il faut bien reconnaître que les deux artistes ne parviennent pas à entrer en osmose. Y compris sur le répertoire précédent. Ainsi, la magie ne parvient pas à opérer pour les, pourtant superbes, « You are a runner and I am my fathers son » et « Modern World ». Wolf Parade est confronté à un problème de luxe : il a deux chefs de meute, et aussi talentueux soient-ils, il ne sont pas complémentaires, en ‘live’. De quoi susciter une déception bien légitime, quand on connaît le potentiel du combo. Le concert aurait pu ou dû être exceptionnel, il n’a été que satisfaisant…

(Organisation : Botanique)

Julien Doré

Maturité acquise au détriment du grain de folie…

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Après avoir vécu intensément, pendant trois années, son « LØVE » album, accordé une multitude de concerts, été certifié quadruple disque de platine en France et d’or en Belgique et auréolé d’une Victoire de la Musique comme Artiste de l’année, Julien Doré a eu besoin de se ressourcer. Avec lui-même et les autres. Avec la Nature et le Monde. Et c’est dans cet état d’esprit, qu’il a imaginé "&", quatrième elpee, une œuvre cocoon, solaire, humaine, caractérisée par son écriture unique, entière et poétique, et dont les mélodies transpercent, brûlent ou caressent. Ce soir, le Palais 12 est sold out. 20 000 personnes attendent le natif d’Alès. Un public multigénérationnel. Et le mot est faible !

Le supporting act est assuré par Fùgù Mango. Une prestation qui ne durera que 20 minutes. Votre serviteur a déjà assisté aux shows de cette formation à plus de dix reprises. Difficile dans ces conditions d’en relater davantage. D’autant plus que durant ce set, le son n’a jamais vraiment été au top. Pas sympa pour une première partie ! Dommage ! En outre, le band n’a pu interpréter sa cover du « Golden Brown » des Stranglers, un titre devenu pourtant son cheval de bataille…

Le backing group de Julien réunit deux guitaristes (NDR : dont Roland Mélies), un bassiste, un drummer et deux claviéristes ; ces trois derniers plantés sur leur estrade. En arrière-plan, un écran est frappé du sigle « & »… d’où sort JD et qui projettera de temps à autre des vidéos. Le concert s’ouvre par « Le Lac ». Et déjà la foule l’ovationne. Ce qu’elle va d’ailleurs faire tout le concert. Et quarante mille mains qui battent la mesure, ça fait du bruit ! La scène baigne alors dans le bleu azur. Plus rock, « Moonlight Serenade » est dynamisé par les percus. Les grattes galopent et les claviers les talonnent. « Beyrouth Plage » est découpé dans des riffs funkysants. « Les Limites » met le feu dans l’auditoire. Faut dire que le public connaît le refrain par chœur. Julien veut entendre tout le monde. Et il le signale. Avant qu’une nuée de confettis ne tombe généreusement du toit. Agée de 4 ans, la petite voisine de votre serviteur rayonne de bonheur, mais elle attend impatiemment « Chou Wasabi ». Les jeux de lumières épousent les beats électro. Moment de tendresse et larmes pendant « Coco Caline ». C’est l’instant ‘panda’ qui s’est évadé de Pairi Daiza. L’ursidé fait autant le pitre que Julien. Un grand moment ! La chanson terminée, des roadies apportent un piano. Panda s’installe derrière et joue quelques notes. Julien lui demande de quitter les planches. Madame Panda s’exécute et salue le public. Elle l’attend alors en petite tenue, backstage.

Julien récupère les ivoires pour « Magnolia », une chanson d’amour chargée de spleen. La compo repose sur trois accords. Il invite la fosse à reprendre, et dans la langue de Shakespeare, le refrain : ‘Don’t be Afraid’…

Julien sort de nouveau de l’écran, avant « Porto Vecchio », et traverse la fumée. Il nous réserve alors quelques morceaux au cours desquels il susurre ses tourments, sur fond d’arrangements veloutés, d’une voix de crooner. Il prend un bain de foule pendant le très dansant « Kiss Me Forever ». Et invite la foule à lever les mains et à les balancer. Le loup apparaît sur l’écran et Julien imite son cri.

La set list n’en oublie pas le notoire « Winnipeg ». Et armé de son ukulélé, il incite derechef l’auditoire à reprendre le refrain en choeur. Un petit moment de folie ! Il noue ses cheveux et retourne derrière le piano pour plonger dans « Sublime & Silence ». Un moment de solitude à partager ! Mais c’est le calme avant tempête. D’une durée de 7 minutes, « De mes sombres archives » clôt le set. Une compo caractérisée par une envolée magistrale. L’artiste accordera encore deux rappels. Malheureusement, votre serviteur doit s’éclipser, c’est le salon ‘Cocoon’ à Bruxelles, et le plateau du Heysel est full. Il lui reste 15 minutes de marche et 30 minutes de métro avant de récupérer son véhicule.

Bref, Julien Doré a acquis une nouvelle maturité. Il a certainement accordé un excellent concert, mais qui a singulièrement manqué de folie. De cette euphorie, dont il faisait encore preuve, il y a trois ans, à l’Ancienne Belgique…

(Organisation : Nada Booking)

Protomartyr

La crucifixion selon Protomartyr…

Jolie double affiche, ce soir, au Botanique. Heimat et Protomartyr partagent la Rotonde. Un enchaînement insolite entre deux formations résolument orientée du côté obscur de la musique alternative... Pour notre plus grand bonheur !

C'est Heimat qui, en toute logique, ouvre les hostilités. Le duo réunit Armelle Oberle et Olivier Demeaux, qui militent par ailleurs au sein des prolifiques Cheveu et Badaboum, mais aussi Accident du Travail et The Dreams. Heimat, qui signifie 'maison' et 'mère patrie', c'est un peu comme si Nico faisait un boeuf avec le Yellow Magic Orchestra. Comme si Bettina Köster, époque Malaria!, se produisait dans un cabaret allemand plongé dans des sonorités électroniques minimales krautrock aux accents japonisants...

Sur les planches, le look d'Armelle évoque plutôt Catherine Ringer, pour le côté désinvolte. Celui d’Olivier Demeaux est assez discret. Il trône derrière ses contrôleurs, son clavier Nord et sa table de mixage Soundcraft. Les deux artistes s'appliquent à distiller leurs titres sans fioritures particulières. La setlist se focalise sur le premier elpee éponyme du duo, paru sur l'excellent label belgo-français Teenage Menopause. Véritables hymnes pop/punk robotiques, rehaussés par le chant lyrique, un peu grandiloquent, d'Armelle, « Tot und Hoch » et « Pompei » sont particulièrement impressionnants. ‘Prost !’, proclame Armelle en goûtant sa bière. Le dernier morceau est un inédit, très martial et ma foi, aussi intéressant. Vu qu'il reste deux minutes, le duo clôture son set par « Wek », une lente mélopée enfantine gonflée par une basse synthé ronflante et superbement 'dark'. Très belle prestation même si on aurait aimé que le duo offre un peu plus au niveau du 'show'.

Une demi-heure plus tard, Protomartyr prend possession de la Rotonde. Issu de Detroit, le quatuor pratique un post-punk propre, précis et subtilement puissant. Mais ne vous méprenez pas : sueur, guitare crachotante et roulements de batterie sont au rendez-vous! Ce qui fait surtout la spécificité du combo, c'est sans nul doute le chanteur, Joe Casey. Quand il débarque sur le podium, pendant l'intro de « My Children », on sait d'emblée que l'on est face à un fameux personnage. Affichant un look de fonctionnaire désabusé, bedonnant et le regard déjà embué par de nombreuses chopes, on dirait un croisement entre Joe Cocker et Ian Dury, en plus jeune. Dans les poches de sa veste sombre, il cache 4 bouteilles de bière qu'il décapsulera et éclusera avec délectation pendant tout le concert.

Très Buzzcocks, « Ain't So Simple » nous plonge immédiatement dans le passé ; et tout particulièrement en 1978-79, soit la période d'âge d'or du post-punk anglais quand il était plus proche du punk que de la new wave. Les compositions sont courtes et énergiques. Les paroles sont tranchantes et le chant ressemble à un cri. Joe Casey éructe ‘Everything's Fine’ dans « Windsor Hum » et la plupart des textes possèdent une forte dimension sociale. On ne comprend pas tout ce que Casey raconte, mais son souffle lyrique lui permet d’être considéré parmi les plus grands poètes du rock.

La setlist se promène entre « Under Color Of Official Right », « The Agent Intellect » et la dernière production, « Relatives In Descent », un des albums de l'année. « Up The Tower » et « Male Plague », par exemple, sont des véritables coups de poing et le public accuse le coup en dodelinant de la tête. Bizarrement, aucun pogo ni de 'circle pit' ne se déclenche. C’est sans doute dû à l'atmosphère intimiste de la Rotonde. Mais la puissance et la violence sont bien présentes, retenues mais non moins intenses. On passe d'une lenteur marécageuse à un emballement frénétique en moins d'une seconde.

La fin du show conduit à l'apothéose, grâce à « Here Is The Thing », « Don't Go To Anacita » et « Dope Cloud ». ‘Can you light up the mirror ball ?’ demande Casey, en pointant le doigt vers la grosse boule à facettes pendue très haut dans le dôme de la Rotonde. Exécution : le préposé aux lumières dirige 3 faisceaux blancs sur la sphère, transformant la salle en discothèque pour le reste du concert : fun ! « Half Sister » clôture officiellement le set, mais les musiciens reviennent bien vite pour interpréter deux bombes : « Why Does It Shake? » et surtout « Scum, Rise! ».

En un mot, un concert en forme d'uppercut, incandescent et carrément jouissif. On aurait juste voulu qu’il dure plus longtemps mais en une heure, on a quand même eu droit à pas moins de 18 titres ! Aucun doute : Protomartyr nous a... crucifiés !

Setlist :

My Children
Ain't So Simple
Corpses in Regalia
Windsor
Hum
I Stare at Floors
Up the Tower
Male Plague
Cowards Starve
The Devil in His Youth
3 Swallows
A Private Understanding
Here Is The Thing
What the Wall Said
Don't Go To Anacita
Dope Cloud
Half Sister

Rappel:

Why Does It Shake?
Scum, Rise!

(Organisation : Botanique)

Moses Sumney

Une voix hors du commun !

Écrit par

S'il est un artiste à suivre en cette fin d’année, c'est sans conteste Moses Sumney. Non seulement il est le petit protégé de Solange Knowles, mais il suscite l’admiration de David Byrne ainsi que de Sufjan Stevens. Originaire de Los Angeles, il a aussi reçu la collaboration d’Andrew Bird et de Beck. Il lui aura fallu trois ans pour écrire son premier essai. Un opus intitulé « Aromanticism ». On avait hâte de le découvrir en ‘live,’ ce lundi soir, au Botanique. Preuve de l’engouement provoqué par l’artiste, la Rotonde est pleine à craquer.

Il est 21h lorsque les lumières s’éteignent. Deux musiciens viennent s’asseoir aux extrémités du podium et plantent le décor sonore, en superposant les lignes de cordes. Quelques minutes plus tard, Moses Sumney grimpe à son tour sur l’estrade et s’installe derrière les trois micros posés au milieu de la scène. Il est vêtu d’amples vêtements de couleur noire et sa carrure en impose. Dès les premières paroles, il confirme tout le bien que l’on pouvait penser de lui. Sa voix est un instrument à part entière ; et elle est même capable de monter dans les aigus avec une aisance déconcertante. Il s’en sert également pour construire des boucles. Et semble même y prendre du plaisir. Une technique qui crée inévitablement une certaine ambiance. Il enchaîne les morceaux de son premier et seul elpee, en n’oubliant pas le superbe « Lonely World ». Mais nous réserve également quelques nouveaux morceaux, ainsi qu’une reprise du « Come to me » de Björk. Si on a pu lire dans certaines interviews qu’il était timide, sur les planches, il est vraiment cool. Il n’hésite d’ailleurs pas chambrer le public, notamment lorsqu’il l’invite à chanter. Les deux musicos qui l’accompagnent affichent une belle maîtrise de leurs instruments. Le bassiste troque circonstanciellement le sien contre un saxophone. Et le guitariste brille sur ses cordes, en jonglant littéralement entre ses pédales d’effets. En l’absence de section rythmique et vu la complexité des morceaux, la performance des deux acolytes a de quoi impressionner.  Au bout d’une heure, ils laissent Moses Summey seul sur les planches. Armé de sa gratte, il attaque alors « Man on the Moon », un titre qui figurait sur l’album « Mid-City Island », paru en 2014, avant d’embrayer par le superbe « Plastic ». Enfin, il conclut le concert par « Doomed », assis derrière un piano à queue, démontrant ainsi toute sa polyvalence…

En l’espace d’une heure et demie, Moses Sumney n’a pas failli à sa notoriété nouvelle acquise. Rarement, on a entendu une voix pareille. Elle est même hors du commun. Une chose est certaine, on devrait encore entendre parler du Californien, au cours des prochains mois.

(Organisation : Botanique)

Fink

Un artiste à suivre de très près…

Écrit par

Ce soir, l’Ancienne Belgique est en mode Box. Pas ce qui était prévu au départ. Mais vu le manque de réservations, cette disposition s’imposait. N’empêche, il doit bien y avoir 900 personnes pour accueillir Fink.
Chanteur, guitariste, compositeur et producteur anglais, Fin Greenall, aka Fink, compte huit albums à son actif, publiés en 20 années de carrière (NDR : au départ, il était dj). Et son dernier, « Resurgam », est paru en septembre dernier. Un disque pour lequel il est revenu à un élecro/folk plus classique.
Pas de supporting act, mais un film projeté sur un grand écran partagé entre séquences assez différentes, parmi lesquelles on épinglera les étapes de la fabrication d’un vinyle et des extraits de concerts notoires, qui se sont produits en Grande-Bretagne, depuis les 60’s jusque l’an 2000. 

Vers 20h45, les lumières s’éteignent. On remarque la présence des fidèles acolytes de Tim ; en l’occurrence le drummer/guitariste Tim Thornton et le bassiste Guy Whittaker, un musicien atypique, particulièrement doué, qui va se servir de trois basses différentes, une à 6 cordes, une à 5 et une autre à quatre, montée sur une énorme caisse électro-acoustique. Le line up est enrichi d’un second gratteur et d’un deuxième drummer, qui va également se consacrer aux claviers. Fink est coiffé d’un petit chapeau mou.

Le light show est constitué de 3 grillages garnis de spots placés derrière chaque artiste et d’autres assemblages réunissant de petites lampes leds montées sur des supports qui ressemblent à des trépieds de claviers. Le light show ne va pas seulement se focaliser sur les artistes, mais également la fosse.

Le set s’ouvre par « Warm Shadow ». Puissante ou tendre, mais bien maîtrisée et chargée d’émotion, la voix de Tim est impeccable. En outre, il est particulièrement interactif avec la foule. Et percutant, son toucher de gratte est à la fois hanté par JJ Cale et Keziah Jones. Le backing group affiche une technique irréprochable. Et tout particulièrement la section rythmique. Caractérisée par ses mélodies envoûtantes, la musique oscille entre folk’n’blues austère, trip hop brumeux et dub aérien. Lors des morceaux les plus intenses, quatre des musicos se consacrent à la gratte électrique. Fink s’est aussi réservé l’une ou l’autre compo, en solo, en s’accompagnant aux ivoires. Et le résultat s’est révélé savoureux. Un artiste à suivre de très près…

(Organisation : Live Nation)

Jambinai

Ils n’ont pas voulu garder le silence…

Écrit par

Jambinai (잠비나이 en coréen) est une formation de post rock issue, non pas du Soleil Levant (Japon), mais du Matin Calme (Corée du Sud). Sa spécificité, c’est de conjuguer instrumentation contemporaine et folklorique (taepyongso, haegeum, geomungo, jungju, piri, etc.) Suivant la bio, cette formation est considérée comme la plus novatrice sur la scène sud-coréenne, car elle est parvenue à créer une nouvelle forme de musique mêlant, sans tomber dans la dissonance, passé et présent. Soit un subtil cocktail de heavy post rock, de folk metal, d'électro et de tradition indigène.

L’ABClub est comble. Tous les musicos sont assis. En tailleur, Eun Young Sim pince ou frotte ses cordes à l’aide de bâtons en bambou de longueurs différentes. Sur l’estrade, l’instrument est assez imposant et quand l’artiste l’empoigne violement, elle fait corps avec celui-ci. Elle joue également du xylophone. Bomi Kim, se réserve le haegeum, un vieil instrument à cordes frottées semblable au ehru chinois. Il a été imaginé, il y a environ mille ans environ. Il est formé d'une caisse de résonance en bambou ou en bois, tendue par une peau de serpent à une extrémité de la tige, et les deux cordes sont frottées par un archet à crin de queue de cheval. Elle est assise sur son siège, son instrument placé sur les genoux. Mais le personnage central est certainement Ilwoo Lee. Il trône au milieu des planches. Derrière son imposant geomungo (une sorte de cithare coréenne), il joue du piri (flûte en bambou) et de la guitare (à sept cordes), parfois les deux en même temps, mais également du taepyongso (petite trompette coréenne) et se sert d’une loop machine. Il est le seul à s’exprimer en anglais. Il reste imperturbablement rivé sur sa chaise ; ce qui ne l’empêche pas de se démener comme un beau diable. Derrière lui, Yu ByeongKoo, également assis, se consacre à la basse. Bandana lui enserrant le crâne, Choi JaeHyuk, le drummer, campe derrière Eun Young Sim.

Une formation de métal, en position assise, ce n’est pas courant. L’éclairage est discret. Un faisceau de couleur blanche se focalise sur chaque artiste. De quoi rendre l’ambiance mystérieuse, voire mystique. Les phases d’explosions sonores et d’accalmies mélodiques s’enchaînent à merveille. L’observation des instruments traditionnels coréens en plein live est fascinant, l’éclairage collant parfaitement à l’ambiance. Celui qui connaît déjà la démarche artistique visée par Jambinai n’est pas surpris par la présence d’instruments atypiques en Europe, mais communs en Asie.

Des cymbales sonores ouvrent « Deus Benedicat Tibi », un morceau de 10’ qui entame le set tout en douceur et permet déjà à chaque instrument traditionnel de s’exprimer à tour de rôle.  Eun Young frotte délicatement les cordes de son geomungo à l’aide d’un archet. Bomi tapote délicatement les lames métalliques d’un glockenspiel, en se servant d’un bâton. Ilwoo empoigne son piri qui propage des sonorités stridentes. Eun saisit une baguette en bambou et fait cracher les cordes de son geomungo, alors que Bomi pose son haegeum sur ses genoux. Et lorsque le drumming entre dans la danse, la compo s’envole dans le métal. Le collectif embraie par « The Mountain ». Le light show est alors de couleur rouge. Ilwoo se lève et extirpe des sonorités discordantes de son taepyongso (trompette), avant que la section rythmique ne reprenne la direction de opérations, au sein d’un climat franchement noisy. Un climat qui va carrément virer au métal sur « Echo Of Creation », même si les sonorités du geomungo entretiennent le fil mélancolique. Issu du deuxième elpee, « Time Of Extinction » est le tube du band. Il est joué depuis très longtemps. Brèves, les parties vocales sont assurées par les filles, alors que –et c’est neuf– Ilwoo prête sa voix aux expérimentations… quand même préparées. S’étalant sur plus de 6’, « They Keep Silence » véhicule un message politique fort et dénonce les défaillances et la responsabilité de l’appareil gouvernemental sud-coréen lors du naufrage tragique du Sewol, en 2014. Les moments plus calmes sont envoûtants, comme une respiration avant que la musique ne monte en puissance, alors que telles des ritournelles, les mélodies s’incrustent dans les têtes et les coeurs. « Connection » opère un retour au calme, comme en début de concert et termine le show. La boucle est bouclée. Le morceau terminé, les musicos partent sur la pointe des pieds et emportent leurs précieux instruments.

Des applaudissements nourris rappellent les artistes. Ilwoo remercie le public, en anglais, bien sûr. Il signale qu’un show, ne doit pas aller au-delà de 60 minutes. Jambinai va quand même accorder deux derniers titres en rappel. Mais pas « Grace Kelly », qui n’y figure apparemment plus…  

(Organisation : Ancienne Belgique)

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