Les idoles de Yungblud…

Sur « Idols », Yungblud franchit un cap et affirme son identité musicale avec force. Toujours porté par une énergie brute et une notoriété en pleine ascension, le chanteur britannique livre un troisième album studio aussi puissant que varié. Dès « Hello,…

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Bénabar les regarde danser…

Bénabar est de retour et nous propose un nouveau single intitulé « Elles dansent », un titre fondamentalement pop, joyeux et émouvant, qui raconte une histoire de famille ou d’amis dans laquelle chacun pourrait se reconnaître : un moment de joie et de liberté…

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Protomartyr

Pas de la petite bière…

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Responsable de quatre elpees à ce jour, dont le dernier « Relatives In Descent » est paru l’an dernier (NDR : un opus qui figurait dans le Top 20 de votre serviteur), Protomartyr se produisait ce jeudi 3 mai en la salle De Kreun, à Courtrai. Issu du Michigan, de Detroit très exactement, ce quatuor pratique une forme de post punk qui doit autant à Joy Division que The Fall. Compte-rendu.

C’est Tyvek qui ouvre le bal. Un autre quartet également issu de la même Motor City. Mais à coloration légèrement féminine, puisqu’il implique une guitariste. Malheureusement, au bout de deux morceaux, les oreilles incitent à battre en retrait. En cause : des balances désastreuses et un volume sonore bien trop élevé. Surtout pour un supporting act. Dommage, car le band possède une belle notoriété sur la scène underground, compte une solide discographie et partage même régulièrement les planches avec la tête d’affiche… (voir photos ici)

Chaque musicien de Protomartyr semble venir d’un univers différent. Chevelu, balaise et barbu, le bassiste campe un look de métalleux. Hormis la tignasse en gâteau de riz, le guitariste ressemble à Baptiste Lalieu, le leader de Saule. Vêtu d’une veste grise et d’un pantalon foncé, Joe Casey, le chanteur, est un personnage anti-charismatique par excellence. Seul le drummer a une tête… de personnage lambda. Une petite table a été installée près du vocaliste, sur laquelle sont alignées quelques bouteilles de bière. Souvent, entre les morceaux, il les boit au goulot ou verse le contenu dans un verre en plastique, qu’il emmène alors avec lui tout en déambulant sur l’estrade. Il prêche plus qu’il ne chante, d’une voix déclamatoire, un peu à la manière de Nick Cave, des textes profonds, complexes, notamment sur la désintégration de la politique américaine.

C’est le batteur qui trace le fil rouge de la musique, selon un drumming qui peut se révéler ample, syncopé, hypnotique, tumultueux ou luxuriant, alors que cotonneuse, la ligne de basse adopte résolument un ton cold wave, tout en s’intégrant parfaitement à la section rythmique.  

Casey se tient droit. Son pied de microphone est légèrement plus haut que sa tête, qu’il lève pour chanter, menacer ou rugir. On dirait un prof mécontent qui exprime sa rage, son exaspération et ses angoisses. Chaque syllabe est chargée de venin. Plus puissante que la précédente, elle est répétée pour qu’elle pénètre bien dans votre matière grise.

Au cours de la première partie du show, les morceaux s’enchaînent sans temps mort, et le chanteur ne remercie l’auditoire qu’après quelques morceaux. Les accords de gratte de Greg Ahee sont alternativement complexes, répétitifs, caustiques, sauvages, vibrants ou tintinnabulants, et rappellent parfois ceux dispensé par Justin Jones, au sein d’And Also The Trees. Et tout particulièrement sur le remarquable « A private understanding. Au fil du set, le son devient de plus en plus puissant, peut-être un peu trop. Si bien qu’avant le rappel, lorsque Joe vient s’adresser à la foule, difficile de comprendre ce qu’il raconte, tellement on a les oreilles en compote.

Si le set s’ouvre par « My children », un morceau dont la mélodie me fait furieusement penser aux Stranglers circa « No more heroes », lors du rappel, c’est à nouveau dans un même climat que l’excellent « Why does it shake ? » va d’abord nous replonger, avant d’entamer des méandres sonores énigmatiques et éruptifs. Et la prestation de s’achever par le post punk bien enlevé, « Scum Rise ! ». Si ce public constitué essentiellement de quadras et de quinquas semble beaucoup apprécier la prestation, chante même ou hoche gentiment la tête, il reste plutôt calme, alors que 35 ans plus tôt, à l’écoute d’une telle musique, il se serait mis à pogoter… il est vrai que depuis, beaucoup d’eau est passée sous les ponts, et qu’en outre, ce concert n’était pas de la petite bière… (voir photos )

(Organisation : Wilde Westen)

 

 

Selah Sue

En attendant la sortie du troisième album…

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La tournée semi-acoustique de Selah Sue passait par l’Ancienne Belgique, ce mardi 1er mai. De son véritable nom Sanne Putseys, la Louvaniste compte, à ce jour, deux elpees à son actif : un éponyme paru en 2011 et « Alone », en 2015. Après avoir accouché de son premier enfant, Selah devrait sortir, début 2019, un troisième album. Ce qui ne l’a pas empêchée de participer à la B.O. du film « Jazz Loves Disney 2 ». Du jazz et de la lounge, des styles auxquels elle a décidé de se frotter après avoir exploré la soul, la pop, le reggae, le dancehall et l’électro contemporaine. Elle est en début de périple. Hier, elle se produisait à la Roma d’Anvers (voir les photos ici). Toutes les dates sont sold out.

Su les planches, Selah est épaulée par son compagnon, Joachim Saeren, au piano et aux claviers, ainsi que Semon Lenski, à la ‘double bass’ (instrument qui cumule violoncelle et contrebasse). Elle se consacre à la guitare sèche amplifiée. Une prestigieuse ‘Martins and Co’ de couleur jais.

A 20 h 30, les lumières s’éteignent. On entend une bande sonore, émaner de fond de la scène. Il s’agit de « Game Is On ». Elles se rallument et Selah apparaît, vêtue simplement d’un legging noir et d’une chemise ample à fleurs. Après une intro aux cordes, les ivoires illuminent une compo que chante Sue, d’une voix trempée subtilement dans la reverb. Elle devient douce sur le lent « So This Is Love », un titre qui navigue quelque part entre lounge et jazz, et que module la contrebasse. Déjà, le corps de Selah ondule sensuellement. A l’issue de ce morceau, Selah salue la foule en français, néerlandais et anglais. Elle ajoute : ‘C’est le début de la tournée, on a quelques nouvelles chansons, mais on a surtout encore le droit de se tromper’. Le tout sur un ton espiègle. Ce qui déclenche de nombreux applaudissements dans la fosse. Et ces nouvelles compos, manifestement, sont bien moins mélancoliques. Il ne faut pas oublier qu’elle souffre de dépression bipolaire. Si pendant « In A Heartbeat », ses cordes sont vaporeuses, celles du violoncelle, torturées, libèrent de l’agressivité. Elle interprète de manière plus académique « Night And Day », un deuxième nouveau morceau.

Elle se sert de sa loop machine pour « Fyah Fyah » et « Peace Of Mind », deux anciennes compos et parvient à superposer sa voix en couches, tout en lui communiquant différentes intonations, alors que le synthé reproduit des sonorités d’harmonium. Et son flow est toujours aussi fluide. Superbe !

Petit problème technique pour « Alone ». Enfin de sangle. De quoi détendre l’atmosphère. Elle nous réserve une cover du « Whatever Will Be, Will Be » de Doris Day. Et soulignée par les ivoires, la version est superbe. Dynamisés par des beats électro, « My Love » et « This World » adoptent un ton davantage électro. Ce sont également les deux morceaux qui achèvent le concert. Avant un rappel unplugged : Selah Sue et sa sèche ! Mais, c’est le public qui choisit les compositions à interpréter…

Setlist : « Game Is On », « SoThis Is Love », « In A Heartbeat », « Night And Day », « Fyah Fyah », « Peace Of Mind », « I Want Go For More, « Alone », « Full Of Love », « Whatever Will Be, Will Be », « I Need », «  My Love »/ « This World ».

Rappel : « Break », « Mommy », « Explanations », « Ragga Medley ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

EyeHateGod

Une attitude rock’n’roll, anticonformiste et résolument grinçante…

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Avril 2016. Alors qu’EyeHateGod s’apprête à partir en tournée, le vocaliste Mike IX Williams est retrouvé inconscient dans sa chambre d’hôtel. Le verdict tombe : après des années d’excès d’alcool et de drogues, le foie de l’artiste est en piteux état. Six mois plus tard, il est à nouveau admis aux urgences. Il vomit du sang, son foie et ses reins ne fonctionnent quasi-plus. Il ne peut dès lors plus quitter l’hôpital, au risque d’y laisser la vie. Pris à la gorge face aux coûts faramineux en soins de santé, sa femme et lui lancent un appel au crowdfunding afin de les aider pour faire face à la cirrhose qui le ronge. Contre toute attente, la mobilisation est massive : plus de 70 000 dollars sont récoltés et permettent au chanteur de recevoir un nouveau foie. Deux ans plus tard, EyeHateGod est de retour en terres belges et a choisi Anvers pour fêter ses trente ans d’existence.

Non loin du port anversois, face à un chancre de plusieurs dizaines de mètres de long –tout en boue, béton et autres tranchées– quelques personnes sombrement vêtues sirotent une pression et bravent la pluie. En pénétrant dans la pénombre du ‘Het Bos’, dont les murs sont recouverts de posters, collages et graffitis, on est plongé dans une ambiance underground similaire à celle du Magasin 4, à Bruxelles. Petit passage par l’étal marchandising de la tête d’affiche du jour. À côté des t-shirts frappés de l’imagerie du groupe, un papier scotché au mur attire l’attention : ‘Weed donations, also adderall or opiates’ (Trad : dons d’herbe, adderall [une forme d’amphétamines]ou opium). Le cadre est planté.

D’une capacité de deux cents personnes, la salle commence peu à peu à se remplir. En guise d’éclairage, seuls deux petits néons portables sont posés sur des amplis, de chaque côté du podium, conférant au lieu une lumière blanchâtre, stérile et froide.

Alkerdeel grimpe sur les planches et donne directement le ton : du primitif aux sonorités old-school, de la colère glacée et de la puissance grinçante. Originaire de Zomelgem, le band milite dans un registre difficile à cerner : alors que le début du set déploie les étendards d’un raw Black Metal darkthronien teinté d’accents punks, les morceaux évoluent ensuite vers un sludge hypnotique, alors que la rythmique hardcore se révèle totalement déconcertante. Lorsqu’il ne psalmodie pas, Pede est traversé par un chant rageur et étouffé, agrippé à son pied de micro. Du moins lorsqu’il est branché… un spectateur proche de la scène n’hésite en effet pas à lui tendre une fiche déconnectée par inadvertance quelques secondes plus tôt. La fosse accompagne la formation de la tête, si pas du corps, dans des mouvements quasi-convulsés. Celles et ceux qui n’attendaient pas le combo semblent pour le moins convaincus par cette généreuse prestation de cinquante minutes, délicieusement poisseuse et ‘crissante’, telle une poignée de sable mise en bouche de force. Une fois de plus, il semble que le label belge Consouling Sounds ait eu du flair en signant ce groupe aux sonorités riches et décloisonnées. Plus qu’un opening act, une véritable découverte…

En toute simplicité, Aaron Hill, batteur d’EyeHateGod, est le premier à fouler l’estrade. Il se place derrière son kit de batterie, ajustant au poil ses différents composants. Bonnet noir vissé sur la tête et t-shirt vert à l’effigie de la ville d’Hambourg, Jimmy Bower installe nonchalamment ses deux pédales d’effets et opère ses derniers réglages de guitare. Le bassiste, Gary Mader, en profite pour griller une clope sur le côté droit de la stage, l’air à moitié encore endormi derrière son épaisse chevelure bouclée lui cachant partiellement le visage. Le rescapé Mike Williams finit par débarquer sur scène, la tignasse en bataille et un gobelet en plastique à la main contenant, au premier abord, de l’eau. Il est 21 h 45, soit un quart d’heure avant le timing prévu, et le vocaliste empoigne le pied de micro avant de le faire voltiger dans les airs. ‘We are EyeHateGod’ clame-t-il, pour donner son habituel coup de départ des hostilités. Peu importe si on commence plus tôt, lorsque tout le monde est prêt, la machine peut démarrer. EyeHateGod célèbre ses trois décennies de carrière et ne change pour autant pas son attitude : rock’n’roll, anticonformiste et résolument grinçante. L’extrême n’est pas que musical, mais incarne un style de vie à part entière, sous toutes ses coutures.

Une fois sur les planches, Mike Williams se met à nu et dévoile une âme torturée. Comme l’affirmait Phil Anselmo (Down, Superjoint, Scour, Phil Anselmo & The Illegals et ex-vocaliste de Pantera), ‘Quand il chante, Mike a du fil barbelé en bouche’. Chaque mot est extirpé de son corps frêle, lancé violemment en pâture à la fosse tel un jet de vitriol. Auteur des paroles, il est parfois le seul à les comprendre tant elles lui sont propres et lui collent à la peau. Elles ne sont pas uniquement interprétées en ‘live’… elles sont vécues. Une haine et un dégoût cathartiques, qu’il expulse en balançant son pied de micro et en se martelant le visage. Au grand dam d’un des spectateurs qui en réclamait une à la fin du show, EyeHateGod s'exécute sans setlist. Chaque représentation est différente, que ce soit la liste des titres choisis ou l’ordre dans lequel ils sont interprétés. Bon, il y a évidemment des incontournables tels que « White Nigger », « Sister Fucker Pt.1 », « New Orleans is the New Vietnam » ou encore « Medicine Noose », issu du dernier elpee. Un éponyme. Mais le freestyle connaît aussi ses limites. Preuve en est lorsque Mike Williams s’adresse aux premiers rangs pour savoir ce qu’ils souhaiteraient entendre. Et quand un spectateur lui lâche « Take As Needed for Pain », le chanteur hoche la tête pour lui signifier son refus, en esquissant un sourire dissimulé et plutôt embarrassé. Faut pas déconner, non plus !

Bien que le show soit soldout, l’air ambiant reste tout à fait vivable, comparé à celui respiré lors son dernier concert belge où le Magasin 4 bruxellois s’était rapidement transformé en une fournaise tropicale. Quelques esprits s’échauffent de temps à autre (particulièrement sur le très énervé « Métamphétamine »), jouant des coudes et pratiquant la bousculade amicale. L’un ou l’autre gobelet de bière s’envole, baptisant des chevelures au passage avant de venir s’écraser au sol. Jimmy Bower, clope au bec, se plante à l’avant du podium, à quelques centimètres des premiers rangs. Entre la salle et la fosse, il n’y a aucun garde-fou. Non satisfait du volume sonore ambiant, le musicien se retourne, après quelques morceaux, pour pousser les décibels au maximum. Et d’un coup sec, adressant un clin d’œil amusé à son bassiste. Extrême, quand tu nous tiens. Profitant d’un break entre deux compos, Mike Williams se dirige vers les backstages et chuchote quelques mots à l’un des roadies, qui revient quelques minutes plus tard, avec une bouteille de vin blanc vide aux trois-quarts. Certains démons ont la dent dure et survivent aux expériences passées, quel qu’en soit le degré de gravité. Le chanteur pose la bouteille derrière lui, face à la batterie, et s’en remplit un généreux gobelet en saluant la fosse. Quelques morceaux plus tard, il empoigne son pied de micro et l’abat brutalement. Désormais vide, elle laisse un cadavre de tessons gisant sur les planches. Chacun y lira la métaphore qu’il souhaite.

C’est par une jam improvisée que les Néo-orléanais signent leur prestation. EyeHateGod est typiquement le genre de formations, pas spécialement connue par le ‘grand public’, mais reconnue par le milieu, qui a laissé son ADN chez une multitude de groupes. Trente années passées à écumer les bars, les espaces underground, les petites scènes sans pour autant se hisser sous les feux des projecteurs. Un statut qui ne les a jamais intéressés et qu’ils semblent même fuir. Et vu la prestation de ce soir, roots et résolument brute de décoffrage, on peut se dire que c’est tant mieux.

(Organisation : Ondergronds + Het Bos)

Typh Barrow

Une voix taillée pour le blues et la soul…

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Typh Barrow se produit, ce samedi 28 avril, au Salon de Silly, et le concert est sold out depuis un bon bout de temps. Comme la plupart de ses shows, par ailleurs. On la compare parfois à Selah Sue. Sans doute à cause de sa voix savoureusement éraillée. Mais également à Janis Joplin voire Amy Winehouse, sans le côté tragique. Son deuxième opus, « Raw », est paru en janvier 2017

Lillie Raphaele assure le supporting act. Un petit bout de femme originaire de la région de Mons. Si son père lui fait découvrir la batterie, à l’âge de 3 ans, adolescente, elle milite au sein d’un groupe. Une aventure qui va durer huit longues années. Mais après avoir rencontré des problèmes de santé et vécu une longue convalescence, elle se met à l’écriture, passe à la guitare et suit des cours de chant. La musique devient alors pour elle, une véritable thérapie. Elle a publié un Ep 5 titres, « Au naturel », dont elle va nous proposer de larges extraits. En extrapolant, elle pourrait être la fille naturelle issue d’une liaison hypothétique entre Cédric Gervy et GiédDré. A cause de sa justesse du verbe, de son humour, de son attitude plutôt déjantée. Bref, elle sort vraiment des sentiers battus.

Sur les planches, elle est flanquée du sympathique François Delmotte, à la basse. Il n’a débarqué que depuis quelques mois, mais il se débrouille plutôt bien dans son rôle. Marrant, mais la setlist est gribouillée sur un sous-verre en carton. « A Toi » ouvre le set. Une compo dédiée au commun des mortels qui traite de l’amour torturé, lorsque la relation n’est pas toujours facile. Puis, on pénètre dans l’univers de la femme orchestre. Après avoir ôté ses chaussures, elle frappe du pied sur sa grosse caisse placée devant elle. De quoi la mettre en confiance. Un zeste de gratte invite « La fée verte », un morceau dont le discours environnemental est particulièrement engagé. « Ode pour Gaïa » nous transporte vers les plages ensoleillées de Kingston. Lillie parle de sa maladie et de la musique qui lui a permis de remonter la pente. Après « Goumiche » (NDR : une femme pas vraiment idéale, mais qui ne craint pas d’afficher sa sensualité…), la prestation s’achève par l’intimiste « C’est Toi Et Moi », une nouvelle composition…

Setlist : « A Toi », « La fée verte », « Citoyen », « Ode pour Gaïa », « Je Suis Une Goumiche », « Ce soir, c’est toi et moi ».

Souriante, élégamment vêtue d’une tenue de couleur fuchsia, Typh Barrow grimpe sur l’estrade. Elle est flanquée d’un guitariste et d’une solide section rythmique basse/batterie. Elle se consacre aux claviers, et bien sûr, au chant. Le matos installé sur le podium est imposant. « Floating » et « Time » sont interprétés en mode piano/voix. Sableuse, sa voix est taillée pour le blues et la soul. C’est dans ce style qu’elle se révèle d’ailleurs la plus convaincante. Coloré par un orgue vintage, « Please Mam » lorgne manifestement vers le « Please Mama Please » des Go Go Cat ; et il aurait pu être enregistré aux Studios Sun de Memphis. Une chanson belle mais dépouillée, magnifiée par les chœurs des autres musicos. Digne d’une chorale ! Découpé par les accords de gratte rythmiques, « Yellow Eyes » brille sous le soleil de Kingston, sur la plage de sable fin et à l’ombre des palmiers. Un moment propice à l’interaction avec le public. Et « To Those Who Waits » est de la même veine. Typh lui demande d’ailleurs si tout va bien et remercie l’accueil que lui réserve le Salon. Tout au long de « The Whispers », sa voix est aussi tourmentée que celle de Beth Hart. Un peu coincé, l’auditoire reprend quand même le refrain, mais sur l’insistance de la Bruxelloise. Le gratteur en profite pour dispenser un petit solo… presque métallique. Typh dédie « Hold You Sister » à sa petite sœur qui vit dans un pays lointain, une chanson chargée d’émotion et empreinte de délicatesse. Et dans un même registre, « Hurt » et « The Absence » épanchent une intense mélancolie.

Elle nous réserve un medley incluant le « Back To Black » d’Amy Winehouse, le « Gangsta’s Paradise » de Coolio (NDR : le Californien l’avait félicitée pour sa cover, via un tweet) et surtout « No Diggity », un classique adapté par Blackstreet Boys et Dr Dre. La version se base sur un sample du « Grandma's Hands » de Bill Withers.

Elle concurrence Selah Sue dans le domaine du raggamuffin, tout au long de « Taboo », avant de clore le set par « Daddy’s Not Comming Back », au bout de 90 minutes…

Typh Barrow se produira à l’Ancienne Belgique, le 5 octobre prochain…

Setlist : « Floating », « Please Mam », « Yellow Eyes », « The Whispers », « Time », « To Those Who Waits », « Your Turn », They’Re Calling Your Name », « Hold You Sister », « Hurt », The Absence », « Medley (BTB, Gang, No Diggity) », « Craving », « Replace », « Taboo », « If I Ruled The World », « To Say Goodbye », « Daddy’s Not Coming Back ».

(Organisation : Silly Concerts ASBL)

Calum Scott

L’émotion à fleur de peau…

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Calum Scott entame sa tournée européenne, un périple destiné à promouvoir son premier elpee, « Only Human », paru en mars dernier. Un disque enregistré sous la houlette des producteurs Fraser T Smith (Adele, Ellie Goulding), Jayson DeZuzio (Skylar Grey, Imagine Dragons) et Oscar Görres (Taylor Swift, Britney Spears). Scott est considéré comme un véritable phénomène au Royaume-Uni.

Mais la véritable surprise va nous venir du supporting act. En l’occurrence Daniel Docherty. A cause de sa technique en picking et de sa voix à l’accent scottish qui sent bon les Highlands. Les sonorités de sa gratte sont tellement cristallines que vous en avez des frissons partout. Il se produit seul, armé de sa semi-acoustique et d’une loop machine qu’il maîtrise à merveille. Même les tapotements sur le corps de son instrument servent à créer des boucles et surtout le rythme. Et c’est en superposant ces différentes couches sonores, qu’il élabore ses mélodies. Trempée dans le folk, sa musique est plutôt vivifiante et me fait penser tour à tour à celles de The Passenger, Ed Sheeran, Jeff Buckley, Matt Simons ou encore Mumford and Sons. Conteur et troubadour des temps modernes, ce natif de Glasgow a un énorme potentiel. Qu’il est possible de discerner sur ses deux Eps, gravés à ce jour « This Holy Fire » (2016) et « Life Is What Make Of It » (2017), et surtout son hit « Hold Me », une véritable petite perle…  

Place ensuite, à la tête d’affiche. Sur les planches Calum Scott est soutenu par un bassiste, un drummer, un claviériste/pianiste et un guitariste/claviériste. Il débarque vêtu d’une veste cintrée de couleur noire, jaquette qu’il laissera rapidement tomber. Et il salue d’emblée le public.

Sa voix est particulièrement émouvante, une émotion décuplée suivant les morceaux choisis, et tout particulièrement lors de la chanson dédiée à sa sœur. 

Le set s’ouvre par le hit « Come Back Home ». Calum joint le geste à la parole et tend régulièrement la main gauche vers la foule. Il saute sur place lorsque le rythme s’accélère. Son timbre devient carrément soul tout au long de « Only Human », un titre au cours duquel il ouvre son cœur, même si la section rythmique finit par s’imposer pour libérer un solide groove. Et dans le même esprit, caractérisé par ses beats électro, « Rhythm Inside » est destiné au dancefloor.

Premier single issu de l’opus, « You Are The Reason » évoque la douleur dans l’amour. Grâce à sa voix, il parvient à transformer cette souffrance en beauté positive. Interactif, il va expliquer, pendant 5 bonnes minutes, sa démarche artistique et sa conception de l’écriture de son album. La musique est devenue, en quelque sorte, une thérapie qui lui a permet de contrôler ses émotions...

Il dédicace « Good To You » à la ville de Bruxelles. Agglutiné devant le podium, le public féminin réagit et pousse des cris. Une des filles lui adresse un ‘I love You’. Il répond dans un français presque parfait ‘Moi aussi, je vous aime tous’.

Il interprète « Not Dark Yet » armé de sa sèche, mais uniquement accompagné du pianiste. Et c’est limité aux ivoires et à sa voix, qu’il attaque « Hotel Room », tout au long duquel on n’entend pas une mouche voler. Le public boit littéralement ses paroles. Les autres musicos deviennent alors spectateurs en regardant Calum dans son exercice vocal. Et suivant la même formule, « Won’t Let You Down » est enrichi par les chœurs de ses musicos.  Des chœurs ‘cathédralesques’ ! Dans ces circonstances, le travail opéré par l’ingé son est primordial, et à cet égard, il est à féliciter. « Won’t Let You Down » est la fameuse compo écrite pour sa frangine qui a lancé sa carrière. Et l’artiste est tellement ému qu’il ne peut retenir ses larmes en fin de parcours. Il lui faudra quelques secondes pour reprendre ses esprits, avant qu’il ne s’excuse auprès du public de cet épanchement de sensibilité, qui l’applaudit chaleureusement. Manifestement, on peut affirmer qu’il s’agit d’un artiste à taille humaine. Electro/pop nerveux, « Give Me Something » clôt une jolie prestation d’une bonne heure ; mais en quittant l’estrade, Scott signale qu’il accordera un rappel.

Un encore au cours duquel il est en parfaite communion avec la fosse, tout au long de « If Our Love Is Wrong », qui connaît les paroles par chœur ; et qu’il ponctue par la somptueuse cover du  « Dancing On My Own » de Robyn, à nouveau abordée en mode piano/voix. Tout au long de ce set chargé d’émotion, l’artiste s’est mis à nu en vidant son cœur et son âme.  

Setlist : « Come Back Home », « Only Human », « Rhythm Inside », « You Are The Reason », « Good To You », « Not Dark Yet », « Hotel Room », « No Matter What », «Won’t Let You Down », « What I Miss Most », « Give Me Something ».

Rappel : « If Our Love Is Wrong », « Dancing On My Own ».

(Organisation : Live Nation)

 

 

G3

G3 = 3 + 1

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Joe Satriani a décidé de remonter son G3, un projet à géométrie variable, fondé en 1996. Une quinzaine de musiciens ont déjà transité par le trio, dont les plus notoires sont Steve Vai, Brian May, Robert Fripp, Eric Johnson et Steve Lukather. Ce sont tous des guitaristes. La nouvelle mouture implique celui de Dream Theater, John Petrucci (NDR : ce n’est pas sa première collaboration), et l’ex-Scorpions (NDR : il a quitté la formation allemande, en 1978, quand même), Uli Jon Roth. Six concerts ont été programmés dans l’Hexagone, y compris celui de ce soir, qu’accueille le Zénith de Lille, et un en Belgique, au Stadsgebouw d’Anvers (voir les photos ici). Le spectacle est divisé en quatre parties, dont trois sont réservées à chaque gratteur et la dernière fédérant la triplette. La salle n’est pas comble, mais bien remplie d’une foule dont la majorité est constituée de quadras, quinquas et sexagénaires.

Habituellement logée dans les gradins, la console des jeux de lumières a été déménagée dans la fosse afin de laisser place à trois énormes projecteurs vintage qui vont se focaliser sur les membres du G3. Et ce sont trois malabars qui les manipulent. La mise en scène est dépouillée : une estrade centrale pour le drummer et une autre, à droite pour les claviers. Enfin, un écran est placé à l’arrière-plan, sur lequel seront projetées des vidéos. Petite précision, un bassiste va se placer sur la même ligne que la ou les têtes d’affiche…

Uli Jon Roth fait cavalier seul depuis qu'il a quitté les Scorpions. Il a cependant participé à une partie de la tournée du band allemand. Guidé par une certaine forme de spiritualité, il reconnaît pour influence majeures, Jimi Hendrix et la musique classique. Yngwie Malmsteen et Edward Van Halen le considèrent comme un de leurs maîtres…

Bandana pour retenir sa longue chevelure, son look rappelle celui des artistes glam rock du début des seventies. Sur les planches, il est flanqué, outre le batteur et le claviériste, de trois gratteurs. Il dispose de trois guitares ornées de plumes sur le haut du manche. Dès « Sky Ouverture », il démontre toute sa virtuosité sur le manche. On est en admiration devant ses doigts qui y glissent, avec une aisance remarquable. Il dédie « Sun In My Hand » à son frère, Zéono Roth, décédé en février dernier. Les cinq morceaux proposés sont issus du répertoire des Scorpions, mais il prend soin de les revisiter à sa sauce personnelle. Et le résultat est épatant. Dommage que sa voix ait tant perdu de son éclat…

Setlist : « Sky Ouverture », « Sun In My Hand », « We'll Burn The Sky », « Fly To The Rainbow », « The Sails Of Charon ».

John Petrucci débarque en compagnie d’un préposé aux fûts et d’un bassiste. Il s’agit de Dave LaRue. Faut croire qu’au cours de sa tendre enfance, John avait une Gibson à la place d’un hochet. Physiquement, il ressemble à Sébastien Chabal, le célèbre rugbyman français et pourrait servir de modèle au dessin animé les Pierrafeu. Bref, il a une bonne bouille et est particulièrement interactif. Ses interventions aux cordes sont sauvages, nerveuses, huileuses, graisseuses même. Sur le podium, ce véritable guerrier des temps modernes se transforme en bête de scène ; et ses acolytes ne sont pas en reste. L’expression sonore varie entre métal mélodique et black métal. Le volume des grattes domine l’instrumentation, mais les compos prennent littéralement aux tripes. Les projos accentuent le climat mystérieux, parfois ténébreux du concert. Du pain béni pour les photographes ! Bref, c’est la partie du set qui a le plus botté votre serviteur.

Setlist : « Wrath Of The Amazone », « Jaw Of Life », « The Happy Song », « Damage Control », « Glassy-Eyed Zombies », Glasgow Kiss ».

Ancien professeur de guitare –il compte parmi ses anciens élèves, Steve Vai, Kirk Hammett (Metallica), Alex Skolnick (Testament) et Larry Lalonde– Joe Satriani puise essentiellement ses sources chez Jimi Hendrix. Pourtant, il pratique une forme de hard rock instrumental. Pour l’anecdote, il a également été le soliste de Mick Jagger.

Dans le cadre du G3, la setlist de Joe Satriani est alterne invariablement reprises et compos personnelles. Il n’est laissé guère de répit à l’auditoire, qui va encaisser un déluge de décibels et assister à une multitude de soli administré par Joe, à la six cordes. 

Sur le podium, il est soutenu par un drummer, un claviériste/gratteur (NDR : il est coiffé d’un Stetson) et d’un bassiste. Joe change de gratte avant d’attaquer chaque nouvelle compo. Sous le feu des projecteurs, sa silhouette brille de milles éclats. Crâne rasé, chaussé de grosses lunettes noires, cool, il fait son show. Suivant les sonorités de son instrument, il agite tous les membres de son corps et adopte des mimiques différentes, suivant son feeling. Il fait corps avec sa gratte et accompagne ces exercices de style de déhanchements. Il ne chante pas, et n’ouvre la bouche que pour respirer ou s’adresser à la foule, notamment pour la remercier. Il nous réserve de larges extraits de son dernier opus, « What Happens Next ». Et ne concède qu’un seul titre plus calme, dispensé dans l’esprit de Carlos Santana. Le second gratteur s’installe derrière les claviers pour aborder « Cherry Blossoms » ; le natif de Westbury (NDR : c’est dans l’Etat de New York) le talonne à la note près. Il est totalement hanté par Hendrix quand il mord dans ses cordes. « Catachysmic » est le cataclysme attendu. Debout comme un seul homme, le public jubile. Les riffs sont dévastateurs. Une déferlante qui va s’achever par « Summer Song », au bout d’une heure…

Setlist : « Energy », « Catbot », « Satch Boogie »/ « Cherry Blossoms », « Thunder High On The Mountain », « Super Funky Badass », « Catachysmic », « Circles », « Always With Me, Always With You », « Summer Song »

Maintenant, les maîtres sont au  nombre de 3 : le G3 ! Le grand père Uli, le grand frère Joe et le petit frère John. 30 minutes de pure jouissance traduite par 3 reprises. Tout d’abord le « Highway Star » de Deep Purple, au cours duquel un chanteur débarque pour se consacrer au micro. Mais c’est Petrucci qui tire ici son épingle du jeu. De quoi en attraper des frissons partout, alors que l’histoire du rock défile dans votre imaginaire. La cover du « All Along The Watchtower » de Dylan, ensuite. Cuisinée à la mode Hendrix, elle est caractérisée par un crescendo opéré à tour de rôle sur un même riff, avant que les trois ne l’exécutent ensemble. Et enfin une version d’« Immigrant song » de Led Zeppelin. Et c’est Uli qui se consacre au chant. Pour avoir eu la chance d’assister au concert du célèbre dirigeable en 1979 et Plant à plus d’une dizaine de reprises, un sentiment de douce nostalgie commence à envahir l’esprit de votre serviteur. Mais quel bonheur d’avoir pu assister à un tel show !

(Organisation : Gérard Drout Productions et Verone productions)

 

 

 

(The) Nits

Un groupe intemporel

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The Nits a publié son 23ème album, « Angst », l’an dernier. Un trio amstellodamois né en 1974, et qui réunit aujourd’hui Henk Hofstede, Rob Kloet et Robert Jan Stips. Compositeur, le premier se consacre à la guitare, le second aux drums et percus, le troisième aux claviers. Les trois participent aux vocaux, même si c’est Henk qui se réserve le lead.

Quasi-soldout, l’AB est en configuration ‘Théâtre’. Le set est partagé en deux parties, séparé par un entracte de 30 minutes.

Le décor est simple et dépouillé. A 20 heures piles, le combo grimpe sur l’estrade. Et il est accueilli par de chaleureux applaudissements. Faut dire que sa fanbase est nombreuse et particulièrement fidèle. Il y a même des aficionados qui ont fait le déplacement depuis Nantes ! Au cours de ce concert, le band va nous proposer de larges extraits de son dernier elpee, un concept album qui évoque l’héritage d’après-guerre aux Pays-Bas. ‘Que nous reste-t-il’, s’interroge Henk, ‘des souvenirs de nos parents pris dans la tourmente de l’occupation nazie puis de la libération ? N’avons-nous pas déjà tout oublié, nous condamnant dans un avenir proche, à de nouveaux drames ?’

Le band n’a pourtant pas perdu son légendaire humour. « Oom-Pah-Pah » ouvre le show en douceur. Discrète l’instrumentation est guidée par le vocal sombre, qui en prenant son envol emprunte un ton mélodieux. Tour à tour blanc ou bleu, le light show entretient une forme de mystère. « Les Nuits » est interprété alternativement en français ou anglais. Percus réverbérées, ligne de guitare claire, piano et synthés atmosphériques qui entrent ensuite dans les perturbations, alimentent ce morceau chanté par Henk d’une voix, ma foi, très ‘beatlenesque’… Faut dire que greffer à un style classiquement pop, des tas de claviers, des bruitages surprenants et des sonorités bigarrées, afin de communiquer une touche originale à sa musique, est une des caractéristiques essentielles du band. « Flowershop Forget-Me-Not » est un extrait du dernier opus, « Angst ». La voix suave de Henk se pose sur un filet de gratte. Pendant « J.O.S. Days », il souffle dans son harmo.  

Autre extrait du nouvel elpee, « Radio Orange » baigne au sein d’un climat électro/jazz ouaté, une plage réminiscente du long playing expérimental, « Tin ». Une voix déclame un texte poétique, empreint de douceur. Serait-ce des vers de Bertolt Brecht ? Avant d’attaquer « Lits Jumeaux », Hofstede empoigne une sorte de luth. Sa voix frise la perfection. Et le premier acte de s’achever par « Along A German River », moment choisi par les trois artistes pour marteler généreusement les cymbales mises à leur disposition.

Paisible et subtilement syncopé, « Breitner On A Kreidler » (Angst ») entame le deuxième volet. Une vache déprime. C’est sans doute de l’humour bovin. Alors pourquoi ne pas administrer un peu de XTC à cette « Cow with Spleen » ? Sur fond de bruitages, Henk va chercher des mobiles de différentes grandeurs pour meubler progressivement l’arrière-scène, et un collaborateur vient lui filer un coup de main. Et pendant que le décor prend forme, des images défilent sur une toile tendue dans le dos des musicos alors que des jeux d’ombres et de lumières sont projetées sur ces mobiles, créant ainsi une ambiance étrange. Chanson à la fois belle et envoûtante, « Two Sisters » raconte l’histoire de deux sœurs qui ont vécu la seconde guerre mondiale, à Amsterdam. Place ensuite au hit lumineux, « Cars & Cars ». De quoi rassurer les fans de la première heure. Percus et claviers entretiennent l’effervescence, tout au long de « No Man’s Land ». « Omsk » est un titre qui figure sur l’album « A Touch Of Henry Moore ». Parue en 1983, c’est une des œuvres préférées de votre serviteur. A l’époque, la formation s’était démarquée de son influence new wave, pour adopter une forme plus pop, mais avant-gardiste. Le martèlement métallique qui ouvre la compo est hypnotique et ravive le souvenir du célèbre sculpteur anglais. « Port Of Amsterdam » clôt le spectacle. On y retrouve cette ambiance portuaire spécifique : bruits, cris ou encore brouhaha qui règne dans les bars… En parvenant à traverser un peu plus de quatre décennies, The Nits peut revendiquer le statut de groupe intemporel…

(Organisation : Ancienne Belgique)

Setlist 1 : « Oom-Pah-Pah », « Les Nuits », « Flowershop Forget-Me-Not », « J.O.S. Days », « Soap Bubble Box », « Nescio », « Yellow Socks & Angst », « Radio Orange », « Lits Jumeaux », « Along A German River ».

Setlist 2 : « Breitner On A Kreidler », « Cow with Spleen », « Sketches Of Spain », « Two Sisters », « Cars & Cars », « No Man’s Land », « A Touch Of Henry Moore » , « Pockets Of Rain », « Port Of Amsterdam ».

Rappel 1 : « Zündapp Nach Oberheim », « Giant Normal Dwarf ».

Rappel 2 : « Adieu Sweet Bahnhof », « In the Dutch Mountains ». 

 

Antwon

Set enflammé pour public riquiqui…

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En débarquant vers 19h45 à l’AB, on me signale, à l’entrée, être le premier arrivé et que seuls 30 tickets ont été vendus. C’est le nombre de spectateurs qui assisteront au set de Rozz Dyliams, programmé en supporting act. Et on n’en dénombrera qu’une cinquantaine, lorsque Antwon, la tête d’affiche, entamera sa prestation. Soirée cependant hip hop, ce soir, au Club de l’Ancienne Belgique.

Les deux artistes prévus à l’affiche sont américains. Etabli à Seattle, Dylan Ross est à la fois producteur et rappeur. Le décor est plutôt dépouillé. Seule une table campe sur les planches. En arrière-plan, une toile représentant un Antown rageur et guerrier a été tendue. Sans adresser le moindre regard à l’auditoire, un Dj vient se planer derrière les platines et commence immédiatement à mixer le son. Puis, Dylan le suit. Coiffé d’un durag, les oreilles percées, il est vêtu d’un jogging dont le pantalon est prêt à tomber. Il a une bonne bouille (NDR : pas le froc !) et dépose deux bouteilles de pinard sur le bord de la table. Micro en mains, il invite le public à se rapprocher du podium et déclare : ‘Let’s go to the party’. A l’instar de tout Mc’s digne de ce nom, il occupe tout l’espace scénique, en déambulant de gauche à droite et vice-versa. Son flow est, en général, rapide. Son hip hop old school est teinté de funk. L’atmosphère devient plus lourde, lorsqu’il agrège drum&bass et emorap (NDR : populaire aux States, depuis 2010, l’emorap est le fruit d’un mélange entre rap classique et punk ; en outre, il touche une génération de rappeurs nés dans les années 90 qui n'hésitent pas à reprendre tous les codes de la période punk, comme les piercings, les tatouages faciaux tout en se livrant à une consommation excessive de drogues). La voix est entraînante et parfaitement mélodieuse. Ce qui n’est pas le lot de tous les rappeurs. A la manière d’un certain Russ, il a un don pour faire grimper la température. Et ce malgré la présence d’un public aussi réduit.

De son véritable nom Antonio Williams, Antwon est né en Californie. Agé de 32 ans, il doit son style unique à sa voix caractéristique et son passé punk. Précurseur de la génération 2.0 de rappeurs, nés sur YouTube ou SoundCloud, il est influencé par la rage de Death Grips tout autant que par la rêverie de Cocteau Twins. Parue l’an dernier, sa dernière mixtape, « Sunnyvale Gardens », se la joue éclectique grâce à la collaboration du producteur Kaytranada, du rappeur Matt Ox et de Lil Peep, le (défunt) prince du sombre genre de l’émo-rap.

C’est le même Dj qui soutient Antwon dont la tenue est plutôt cool : coiffé d’une casquette, il a enfilé un short et un tee-shirt de couleur verte. Ce qui permet de percevoir ses tatouages. Et ils sont impressionnants. Il invite également le public à se rapprocher et va nous proposer des extraits de ses deux derniers opus. Des vinyles d’ailleurs en vente, au stand merchandising. En début de parcours, son flow est assez rapide, presque a capella, avant que de grosses basses viennent laminer le tout. La musique est d’ailleurs écrasante, et évolue au rythme du pas lourd et calibré imprimé par l’artiste. En outre, sa voix de baryton accentue cette sensation. Véritable bête de scène, il parvient à manipuler un auditoire, pourtant réduit à sa plus simple expression. Il libère une énergie phénoménale, et le public lui rend bien, un public qui tout au long du spectacle a dansé, jumpé, levé les bras au ciel, chanté à tue-tête, en oubliant les soucis du quotidien ; car il s’est bien amusé. 

Déjà qu’il prenait des selfies au sein de la fosse, pendant le set de Dylan Ross, mais à la fin du show, chaque spectateur a eu droit à sa poignée de main...

(Organisation : Ancienne Belgique)

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