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dEUS - 19/03/2026
Hooverphonic

Toto

Lenny Castro… en maestro…

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Il n’y a pas de lézard (NDLR: hasard?). Toto, le super groupe américain vient de fêter ses 40 ans de carrière. Peu d'artistes ont marqué la culture pop comme Toto. Si on additionne tous les albums auxquels les membres du groupe ont participé, on atteint un total de 5 000, pour un demi million de ventes. La National Academy of Recording Arts and Sciences a salué de nombreuses fois le talent du band, en le nominant plus de 200 fois aux Grammy Awards. Bardé de récompenses, il est l'un des meilleurs vendeurs de disques et ses tournées mondiales continuent de cartonner. Fondé dans les années 70, Toto est parvenu à faire évoluer son style avec brio au fil des tendances et des décennies, réunissant ainsi plusieurs générations de fans. Les retrouvailles entre la troupe et ses fans ont été fixées au Zénith de Lille. Le concert ne se déroulera pas à guichets fermés, mais l’amphithéâtre est bien garni.

La nouvelle tournée du band a été baptisée du titre du dernier opus, « 40 Trips Around The Sun ». Pas de première partie. Prévu à 20h00, le spectacle débute avec 30 minutes de retard. Lorsque l’immense rideau qui masque la scène tombe, la foule entre déjà en délire.

Joseph Williams (NDR : c’est le fiston du compositeur de la musique du film ‘Star Wars’ et d’'Indiana Jones’) se consacre au chant et Shem Von Schroeck à la basse. Shanonn Forest aux drums et l’inamovible percussionniste Lenny Castro (NDR : il accompagne également Fleetwood Mac, Santana et Joe Bonamassa, en tournée) sont protégés par des plexiglas. Ils sont installés sur des estrades. Stetson vissé sur le crâne, David Paich siège derrière son piano à queue. A sa disposition, on remarque la présence de trois chapeaux hauts-de-forme, un parapluie et un loden, accrochés à un portemanteau. Il s’en servira au cours du set. Steve Porcaro (NDR : le frère des regrettés Jeff et Mike, respectivement batteur et bassiste du combo) se charge des claviers. Steve Luthaker se réserve la guitare. Planté en retrait, Waren Ham est préposé au sax, à la clarinette et la flûte traversière. Ces deux derniers participent également aux parties vocales. Pas de choristes, comme lors de la prestation, accordée en 2016, à Forest National.

« Alone », une des trois nouvelles compos, ouvre le show. Armé de sa gratte, Steve s’approche de Williams et invite la fosse à acclamer le combo. Et c’est l’incontournable « Hold The Line » qui embraie. La voix de Joseph est claire et grimpe déjà bien dans les aigus. Steve, David, Sham ou/et Waren appuient régulièrement son chant. Steve assure le lead vocal pendant « Lovers In The Night », tout en jouant majestueusement de ses ivoires. La section rythmique est impeccable. Pour le deuxième extrait du dernier elpee, « Spanish Sea », Lukather troqué sa gratte électrique contre une sèche. Une ballade plutôt prog rock.  

Lenny Castro est pourtant le véritable maestro. Trente ans déjà qu’il milite chez Toto. C’est lui qui met l’ambiance. Et il le démontre une nouvelle fois, en intro de « I Will Remember », bien soutenu par son compère à la batterie, avant que la compo ne soit illuminée par des harmonies vocales à quatre voix. Tout au long de « Rosanna », le public est debout et reprend les paroles de la chanson. A cet instant, le band et l’auditoire entrent en véritable communion.

La seconde partie du set démarre sous la forme d’un medley acoustique. Moment au cours duquel on ne peut s’empêcher d’avoir une pensée émue pour les membres de la formation qui ne sont plus de ce monde. Après cet épisode unplugged, tous les musicos quittent leur siège pour reprendre leur place initiale. Afin d’attaquer la dernière partie du spectacle. « Girl Goodby » replonge dans le prog rock ; mais si les percus font un tabac, les claviers se révèlent un peu trop envahissants. « Angela » hésite entre rock nerveux et métal mélodique. Un morceau au cours duquel, les stroboscopes vont nous en mettre plein la vue. « Dune (Desert Theme) » opère un certain retour au calme. La cover du « While My Guitar Gently Weeps » rend hommage aux Fab Four. Et la version est tout bonnement magique. Pendant « Make Believe », David Paich fait le pitre. Et c’est le mégatube « Africa » qui clôt le concert. Lenny Castro va en profiter pour faire son show. Impressionnant ! Ce titre va durer plus de dix minutes et pourtant, on aurait souhaité que cette performance dure encore plus longtemps…

Un seul morceau en rappel, « The Road Goes On ». Pas de raison de se plaindre, le spectacle a duré un peu plus de 170 minutes. Une performance plutôt rare, de nos jours…  

(Organisation : Veryshow + Verone Productions)

Toto se produisait également à Forest National, ce 18 mars, et les photos de ce concert sont à découvrir ici

 

 

 

Frank Carter

Dévastateur sur les planches, mais on est loin de l’anarchie punk de la fin des 70’s…

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Ce soir l’AB accueille Frank Carter and The Rattlesnakes, pour un show qualifié de punk/rock/hardcore. Lors de son dernier passage, il avait littéralement retourné la salle bruxelloise. Faut dire que Frank est à la fois un enfant terrible, un bad boy au grand cœur, un dandy teigneux et un rocker aussi écorché qu’irascible. En live, il est épaulé par des crotales qu’il a baptisé The Rattlesnakes. Son second opus, « Modern Ruin » a bénéficié d’une mise en forme plus léchée. Il était donc intéressant de vérifier si l’Anglais était toujours aussi dévastateur sur les planches…

Il n’y a pas grand monde dans la fosse, lorsque Woes ouvre la soirée. Faut dire qu’il n’est que 18h30, et que la majorité de la foule n’est intéressée que par la tête d’affiche. Pourtant Carter voit en ce band, le futur du pop/punk écossais. Raison pour laquelle, il l’a emmené dans ses valises, pour sa tournée. Ce quintet réunit un drummer (NDR : doué techniquement, il faut le reconnaître), deux guitaristes, un bassiste (NDR : il assure également les backing vocaux, et on entend distinctement sa voix) et un chanteur. Ce dernier se démène comme un beau diable sur les planches. Le départ est plutôt prometteur. Mais monocorde, la structure rythmique finit par lasser. En outre, le vocaliste parvient difficilement à monter dans les aigus. Responsable de deux Eps et d’un premier long playing, paru récemment (« The Coldest Place is Within Myself »), le groupe a encore du pain sur la planche, avant de se faire une place au soleil…

Demob Happy sert de second supporting act. Un combo de power/punk/rock classique, né en 2008, dans les faubourgs de Newcastle. Depuis, le quatuor s’est établi dans la paisible ville de Brighton. Sa philosophie l’est cependant, beaucoup moins. Il est même plutôt contestataire. Armé de guitares électriques, il s'est fixé pour mission de lutter, à coups de riffs aussi tranchants que déjantés, contre ‘la médiocrité culturelle et la complaisance politique’ qui gangrène son pays. Ses influences musicales sont assez faciles à déceler et oscillent de Nirvana à Queens Of The Stone Age, en passant par Royal Blood. La prestation va se révéler autant acide, féroce, chargée d’adrénaline qu’audacieuse, surtout à travers le final « Succubus », un titre au cours duquel le band va donner toute la mesure de son talent…

Couvert de tatouages, Frank Carter est un performer hors pair, versatile, fielleux, charismatique qui peut se transformer en un irrésistible diable en boîte. Les trois premiers titres sont interprétés d’affilée (« Primary Explosive », « Trouble » et « Fangs »). Le bassiste et le guitariste déambulent de gauche à droite et inversement. Frank crache régulièrement sur le plancher ou expulse ses postillons. Il décide d’affronter la foule. Il grimpe sur la barrière de séparation et se laisse porter par celle-ci. Pendant une vingtaine de secondes, cet acrobate va même accomplir la posture du poirier. Au cours du set, le guitariste (NDR : dont les riffs sont caustiques) va également se lancer dans l’exercice du crowdsurfing. Mais également les meufs (NDR : avant le mecs, et à la demande de Frank), dans le public. Heureusement, il y a suffisamment de personnel de sécurité pour les accueillir sur le podium. Où y atterrissent également des soutifs et des petites culottes. Faut dire que l’auditoire est ‘chaud-boulette’. La température ambiante ne peut qu’augmenter dans la fosse, et c’est une véritable folie qui s’en empare. Pourtant, les titres sont joués impeccablement. On est loin de l’anarchie punk de la fin des 70’s. En outre, les mélodies sont contagieuses et des compos comme « Acid Veins » ou le single « Snake Eyes », bien que brutes de décoffrage et violentes, continuent de vous trotter dans la tête, plusieurs heures après avoir été dispensées.

Carter appelle sa maman à l’aide de son mobile et le colle contre l’estrade, le temps d’une chanson. Moment d’émotion. Le public est conquis. Frank Carter and The Rattlesnakes

vient de sortir un album ‘live’, baptisé « 23 Live at Brixton Academy », un opus qui reflète parfaitement le climat au sein duquel baignent les concerts du groupe.  

Cerise sur le gâteau, Electric)noise(machine, s’est chargé de l’afterparty, au Club.

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

Big Flo & Oli

Un spectacle mémorable…

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Ce samedi 10 mars, Big Flo et Oli débarquaient sur le sol belge (NDR : et ce n’est pas une première), afin d’y présenter ce qui reste un des meilleurs albums de l’année 2017, dans la catégorie hip-hop/rap, « La Vraie Vie ».
Les Toulousains font escale au Palais 12. La capacité maximale de cette salle, située sur le site du Heysel, est de 15 000 places. Elle constitue un des plus importants lieux de spectacles de la capitale européenne, après Forest National (7 400) et après le stade Roi Baudouin (50 000).
Votre serviteur a découvert ce tandem, dans le cadre du festival de Ronquières, en 2017. Une jolie surprise ! Les gamins avaient épaté la galerie, par ailleurs très hétéroclite, en ciselant des mots pour les traduire en textes ravageurs, sans être rageurs, à la manière de grands chanteurs de ce monde !
Ils puisent leurs sources à travers le quotidien. Le leur et celui des proches. Ils construisent un monde, sans être moralisateur à outrance.
Florian José (Big Flo) et Olivio Laurentino Ordonez (Oli), à l’état civil, ont très tôt voué une passion immodérée pour la musique. Nés d’un père chanteur de salsa, ils commencent à rapper sur un titre de Sully Selfi, « J’voulais », dès l’âge de 6 ans.
Ils recevront, dès l’enfance une solide formation musicale. Olivio étudie la trompette et Florian la batterie, au conservatoire de Toulouse.
Assez vite, ils se taillent une place de choix dans le milieu. Intitulé « La Cour des grands », le premier elpee est certifié disque d'or en 2015 alors qu’ils n’affichent respectivement que 22 et 19 printemps.
En janvier 2018, le duo est nominé dans deux catégories des Victoires de la Musique, ‘Album de musiques urbaines’ et ‘Chanson originale’, grâce au titre « Dommage ».

Le supporting act est assuré par Daddy K, DJ bien connu dans les milieux branchés de la nuit. Censé chauffer l’auditoire, son set d’une bonne demi-heure va complètement manquer sa cible : il est tiré en longueur. Trop, c’est trop !

Lorsque les premiers (vrais) sons envahissent l’arène, il est quasi 20 heures 30. Des écrans géants sont disposés de part et d’autre de la main stage, elle-même cachée par de grands rideaux.

Inutile de dire que la salle bruxelloise est pleine à craquer. Le public est plutôt jeune. Faut dire qu’on touche à un genre musical que seuls les moins de vingt ans peuvent connaître.

En se basant sur le principe de la ‘Draw my life’, les compères s’amusent à brosser en images animées le parcours (parfois tumultueux) de leur vie avant de laisser tomber le tissu sur un décor constitué de deux tours placées aux extrémités de l’estrade, le tout auréolé d’une jolie couleur rosée, style provençale.

Le show commence alors par la plage titulaire du nouvel LP « La vraie vie », qui raconte la pression ressentie lors de son écriture. Il tacle au passage Orelsan : ‘Dans ce milieu j'ai été très déçu, j'te l'dis tout d'suite, Comme la fois où Orelsan nous a refusé l'feat, Pourtant il sait combien on l'aime, Allez, sans rancune, mais un peu quand même’

Les frangins prennent un plaisir fou à s’exhiber devant un parterre plus qu’enthousiaste alors qu’ils se rappellent avec humour qu’il y a encore quelque temps, à Liège, le public se comptait sur les doigts d’une seule main.

Accompagnés par un violoncelliste/bassiste, un pianiste/guitariste et un DJ, les acolytes continuent leur tour de chant en alternant morceaux récents, comme « La vie normale », et plus anciens, dont « Gangsta », un de leurs premiers vrais tubes.

La « Salope » rend hommage à toutes celles qui exercent le plus vieux métier du monde.

Le show est truffé d’humour et d’autodérision. Les (fausses) injures fusent de toutes parts. Le shifumi –jeu effectué à l’aide des mains au cours duquel les deux joueurs choisissent simultanément un des trois coups possibles en le symbolisant de la paluche, par pierre, feuille ou ciseaux– constitue le point d’orgue. Big Flo en ressort vainqueur par KO.

Et histoire de rendre un peu plus dramatique encore cette battle verbale, les deux lascars ont enfilé un peignoir déniché aux friches.

Autre belle surprise, lorsque sur les premières notes de « Papa », le padré himself grimpe d’un pas décidé les planches, bonnet vissé sur la tête, afin d’accompagner les fistons sous un tonnerre d’applaudissements. Et c’est les yeux embués d’émotion, que le sexagénaire vide les lieux, toujours autant étonné par tant de complaisance.

Le combo prend ensuite place autour d’une table ronde, histoire de se poser un peu. Les musiciens viennent les rejoindre. Un serveur débarque plateau en main et leur sert ce qui semble être du jus de fruit. Les plaisanteries tombent comme pommes à l’automne. Le temps s’arrête quelques minutes. La respiration haletante manifestée depuis le début s’estompe peu à peu, avant de redevenir à la quasi-normale.

Mais, de courte durée, cette parenthèse s’achève par un « Jump » totalement déhanché où le binôme s’acharne à transformer le peuple en marionnette collective, l’invitant à exécuter quelques pas à droite, à gauche, devant et derrière avant se s’accroupir et de se relever à maintes reprises. Autant dire que les lombaires des quinquas s’en souviendront !

Le concert touche doucement à sa fin. Dans une ambiance feutrée, Big Flo se couche sur un banc pour interpréter un magnifique « Autre part », inspiré de sa propre histoire et de son envie d’en finir avec la vie.

Wawad, ami de longue date et champion de beatbox, monte sur les planches,  à son tour. Son talent est certes impressionnant, mais cette prestation s’éternise à nouveau et le parterre finit par se lasser. Dommage !

Un spectateur est ensuite choisi par les artistes afin de pousser la chansonnette sur la partie la plus rapide de « Ca va trop vite » et s’en sort presque aussi aisément que les géniteurs. En échange de quoi, il pourra s’approvisionner aux frais de la princesse auprès du stand merchandising… ce qui lui fait une belle jambe !

Déjà deux heures environ que le concert a débuté avant que ne retentisse « Dommage», dont le refrain est repris en chœur par les spectateurs.

En guise d’apothéose, Bigflo et Oli traversent la fosse, escortés de molosses (NDR : ça rime !) afin de rejoindre une plateforme sise de l’autre côté de la salle.

Des ballons géants sont jetés dans la foule ; ce qui crée une ambiance digne de la cour de récréation. Une bombe de confettis explose et met un terme à une prestation qui restera à jamais gravée dans les tympans de ceux qui ont eu la bonne idée de venir ce soir…

Les autres ont définitivement manqué un spectacle qu’on pourra, sans aucun doute, qualifier de mémorable…

Setlist

1) La vraie vie
2) La vie normale
3) Gangsta
4) Comme d’hab
5) Freestyle du dico
6) Nous aussi
7) Salope
8) Papa (ft. Notre père Fabian)
9) Trop tard
10) Clash
11) Autre part
12) Sac à dos
13) Ca va trop vite
14) Je suis
15) Dommage
16) Personne
17) Alors alors

 

 

GoGo Penguin

Comment rendre le jazz accessible au plus grand nombre…

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Ce samedi 10 mars, l’Ancienne Belgique accueillait l’un des groupes les plus excitants qui sévit depuis quelques mois : GoGo Penguin. Ce n’est pas la première fois que la formation anglaise rallie la capitale européenne. Il y a quelques mois, elle se produisait à Flagey, afin de donner sa propre version de la B.O. du film culte « Koyaanisqatsi », réalisé par Godfrey Reggio. Une belle illustration de son potentiel.

Originaire de Manchester, le trio appartient à cette catégorie d’artistes ou de groupes capables de gommer les frontières entre les genres musicaux. Plus exactement, à l’instar de Kamasi Washington ou de Badbadnotgood, le band tente de rendre le jazz accessible au plus grand nombre. Un jazz qu’il mêle à l’électronique, sans jamais perdre de vue le sens mélodique. Après voir gravé l’excellent « Man Made Object », elpee qui lui avait permis de se forger une certaine notoriété, GoGo Penguin est venu défendre son nouvel opus, le tout aussi épatant « A Humdrum Star ».

Le public, ce soir, est multigénérationnel. Tous les balcons sont accessibles et la salle est aux trois-quarts pleine. Peu de groupes de jazz peuvent se targuer d’attirer un auditoire aussi conséquent.

A 21h les lumières s’éteignent. Chris Illingworth s’installe au piano à droite du podium. Rob Turner, à l’autre extrémité, derrière ses drums, tandis que Nick Blacka, le préposé à la contrebasse, se plante au milieu. Derrière chaque musicien, un pingouin est projeté sur un écran. L’éclairage est sobre et efficace. Pendant une heure et demie, GoGo Penguin va puiser essentiellement son répertoire au sein de son dernier LP. Dès les premières notes, on est impressionné par la précision des trois instrumentistes, reflet de leur formation académique. Tels des équilibristes, ils enchaînent les constructions complexes et empruntent des chemins inattendus pour finalement toujours retomber sur leurs pattes. Sans laisser le moindre temps mort, ils enchaînent tour à tour les prouesses. Mêmes les transitions sont élaborées. Face à tant de technique et de richesse musicale, et afin d’en savourer pleinement la qualité, il faudrait que chaque prestation soit individuelle, plutôt que de se concentrer sur une perception d’ensemble. N’empêche que le mélomane ne peut que sortir comblé, d’une telle prestation. Un concert qui, j’en suis sûr, réconciliera beaucoup de monde avec le monde du jazz.

(Organisation : Ancienne Belgique + Live Nation)

Landscape Magazine

Libre de tout carcan…

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La Cellule 133A se niche près de prison de Saint-Gilles. Heureusement, la salle est plutôt sympa. D’autant plus que deux graphistes, Sophie De Meyer et Julie Hecquet, en ont profité pour exposer leurs œuvres sur ses murs. En outre, au cours du set, elles vont proposer une ‘Live Painting Performance’. Ce sont également elles qui ont réalisé les visuels et l’artwork de l’album « To The Land » de Landscape Magazine, un duo réunissant Dego Higueras et Nicolas Draps, deux musiciens aux parcours diamétralement opposés.

Né au Pérou, le premier est un guitariste polyvalent aux influences multiples, mais dont l’enfance a été bercée par les courants blues et rock issus des 70’s.

Diplômé du Conservatoire Royal de Bruxelles, le second est belge. Violoniste, il a voulu se détacher de sa condition d’interprète pour embrasser un parcours plus créatif, inspiré par les musiciens du monde pop/rock ou jazz qui le fascinent.

Landscape Magazine est un projet basé sur la recherche de sons, de mélodies et d’effets propices à l’imagination, l’espace et la rêverie.

Pas très grand, l’endroit peut accueillir un max de 100 personnes. Pas plus. Mais le son y est excellent.

Le supporting act est assuré par Riki Delpine. Chaussé de lunettes fumées, il se sert d’une loop machine tout en jonglant entre basse et guitare. Et il est plutôt adroit pour mettre les différentes nappes sonores en couches. Lors du premier morceau, il expérimente des sonorités à l’aide d’une gratte électrique, alors que par la suite, il va épater la galerie sur sa guitare flamenco. Mais 20 minutes, c’est un peu court pour pouvoir se faire une idée du potentiel d’un artiste…

La musique dispensée par Landscape Magazine est essentiellement instrumentale, mais le plus souvent déroutante voire avant-gardiste. Violoniste virtuose, Nicolas est également alchimiste du son. Il le torture. A l’aide de cet instrument électrifié, il est en perpétuelle recherche. Baignant au sein d’un climat ‘new age’, « Chrysalide », morceau qui ouvre le set, est plutôt cérébral. Les deux musicos ont revêtu des vestes blanches. Celles de chimistes ou d’alchimistes ? Ils se servent également d’une loop machine, placée au milieu du jeu de quilles. Et tout au long du show, ils vont constamment triturer des boutons, parfois à même le sol, manipuler des manettes ou encore écraser des pédales de distorsion. L’exercice est parfois périlleux ; d’ailleurs, il ne sera pas exempt de petits problèmes techniques. Ce qui finalement, ne nuira pas à l’ensemble de la prestation. C’est le principal ! Diego a cependant plusieurs cordes à son arc : une guitare électrique, une semi-acoustique et une lap steel posée sur un support. Parfois, lorsqu’il s’autorise des soli de haute volée, le spectre de Ben Harper ou de Santana se met à planer. Le tandem explique avoir énormément bossé sur son album et nous réserve des morceaux issu de cet essai, composés, récemment. De quoi nous donner l’eau à la bouche, en attendant sa sortie officielle. Ambient, « Ballade Pour Tina » marque une pause. De quoi reprendre son souffle. Avant un retour à un climat plus rock, parfois teinté d’électro. Une chose est sûre, expérimentale, la musique de Landscape Magazine est libre de tout carcan…

(Organisation : Cellule 133A + Landscape Magazine)

 

Baxter Dury

En toute décontraction et dans la bonne humeur…

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Jeudi dernier, le Botanique accueillait un habitué des lieux. Et pour cause, c’est la cinquième fois que Baxter Dury foule les planches d’une salle du Botanique. La toute dernière, c’était en 2014, dans le cadre de la présentation de son album, « It’s a Pleasure ». Quatre ans plus tard, il est venu défendre son tout dernier, « Prince of Tears », paru en 2017. Un opus moins convaincant que le précédent, nonobstant ses quelques petites perles. Cette légère baisse de régime n’a pas pour autant découragé la foule, puisque le show est soldout depuis quelques jours. Faut dire que le fils de feu Ian Dury peut compter sur un large panel d’aficionados, au sein duquel toutes les générations sont représentées.

A 21 heures tapantes, les lumières s’éteignent. Les haut-parleurs crachent une musique de bal. Les musicos grimpent sur le podium. Deux choristes/claviéristes s’installent aux extrémités de l’estrade. Un guitariste, un bassiste ainsi qu’un batteur se plantent en retrait. Ils commencent à jouer, avant que Baxter Dury n’entre en piste. Vêtu d’un costard cravate, le dandy britannique, malgré quelques cheveux gris en plus, est toujours aussi élégant. Dès l’entame du set, il nous gratifie de quelques pas de danse désarticulés. En toute décontraction. Le concert s’ouvre par « Isabel », une excellent compo issue de son elpee, « Happy Soup ». Entre les morceaux, sourire en coin, Dury s’amuse à chauffer le public, voire à taquiner des spectateurs bavards. Il enchaîne les titres de son dernier LP, en passant du micro au piano. Mais également les chansons qui ont fait son succès. Le son est parfait. La guitare et la voix de l’Anglais sont bien mis en évidence et sont parfaitement soutenus par les choristes qui, elles aussi, n’hésitent pas à oser quelques mouvements de danse.

Un peu avant 22h, la formation vide les lieux. Quelques instants plus tard, après avoir reçu une rose, de la part d’une admiratrice, le natif de Wingrave et sa troupe accordent deux derniers morceaux ; en l’occurrence le savoureux « Cocaine Man » et son dernier single, « Prince of Tears ». On ne pouvait rêver mieux pour couronner un concert au cours duquel la bonne humeur était omniprésente...

(Organisation : Botanique)

King Dalton

Des musiciens particulièrement talentueux…

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King Dalton est un quintet issu du Nord de la Belgique réunissant des musiciens expérimentés. En l’occurrence les frangins De Meester, Jonas (Laïs) et Pieter (Stavroz, Tiger Horse, Meester Tanghe) ainsi que Tomas De Smet (A Brand), Jorunn Bauweraerts (Tiger Horse, Meester Tanghe, Laïs) et Frederik Heuvinck (Zita Swoon, Think Of One, Broken Circle Breakdown Bluegrass Band). La formation pratique une musique qui oscille du blues au folk, en passant par le jazz, le psychédélisme, le funk, et on en passe… Parmi ses influences majeures, on pourrait citer J.J. Cale, Jimi Hendrix et Daniel Norgren. Il vient de publier « The third », son troisième elpee…

La salle est comble pour accueillir King Dalton. Le groupe monte sur les planches à 20h30 précises, après la diffusion d’une bande préenregistrée. Pieter, le guitariste, a revêtu un manteau à capuche de couleur verte. Cette capuche dissimule une chevelure abondante. Devant lui trône un imposant saxophone baryton. Jorunn s’installe devant son micro et son synthé.

Lors des trois premiers titres, Jonas se sert d’un bouzouki irlandais. C’est lui et le guitariste qui mènent la danse durant la première moitié du folk traditionnel « Velvet Highway », un extrait du dernier elpee. D’abord paisible, la compo s’emballe quelque peu à mi-parcours. Pieter triture ses cordes et tel un pantin désarticulé (NDR : il ne tiendra pas en place, d’ailleurs, tout au long du show), gesticule dans tous les sens. Jolie, la combinaison des deux voix me fait penser à celle du duo Angus et Julia Stone.

Pour attaquer « Light On The Water », la chanteuse empoigne un tambourin (bendir) alors que le drummer tapote ses cymbales à l’aide de chaînes métalliques, un morceau exotique qui lorgne vers Robert Plant et son Sensational Space Shifters. Pieter a opté pour la sèche afin d’aborder « Secrets », un titre qui s’ouvre dans l’americana avant qu’il la troque pour son sax en se plaçant dos au public. Il jette un œil vers son frère, et la chanson nous propulse à la Nouvelle Orléans. Blues, « Dawn My Luck » nous entraîne dans le bayou du Delta. La foule reprend en chœur le refrain de « Walking Wounded », le single qui a précédé la sortie du long playing. Pieter se trompe de répertoire. Ses acolytes s’arrêtent et l’observent d’un air goguenard, avant qu’il ne se ravise. Place alors à « Medecine Man » et « Diligence », deux extraits de l’opus éponyme. Ce dernier concède des influences manifestement africaines. Tout en émargeant au psyché/rock, « Shuffle The Cards » lorgne vers dEUS voire Zita Swoon. Logique au vu des antécédents de certains membres du band.

La voix de Pieter devient chevrotante alors que celle de Jorunn grimpe dans les aigus pour « High Tide ». Après le plus pop/rock « Sudden Deafness », le set embraie par l’americana « Beach House », un morceau au cours duquel l’autoharpe et la mandoline vont s’imposer, puis s’achève par le tendre « 1600 », moment choisi par Jorunn pour souffler dans son mélodica. En rappel, le combo va nous réserver deux titres.

Eclectique, intense, souvent intimiste, mais fort agréable, ce concert a surtout mis en exergue des musiciens particulièrement talentueux.  

(Organisation : Ancienne Belgique)

From Kissing

Taillé pour le ‘live’…

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C’est la release party organisée dans le cadre de la sortie officielle du premier album de From Kissing, « Lumières Noires », un disque produit par Neda Raffaele D'Anello (Meatbeat) et enregistré entre la Belgique et en l’Italie. Le rendez-vous a été fixé dans l’Auditorium de la RTBF à Mons. Une belle salle où l’acoustique est impeccable. Vu la météo, seule une centaine de personnes se sont déplacées. La salle est donc à moitié vide ou pleine, selon.

Partagé équitablement entre Binchois et Montois, le groupe avait publié trois Eps avant de graver ce premier elpee. Le line up actuel réunit Mass Panza (guitare, synthé, prog, chœurs), Chris Willems (chant), Bastien Preaud (basse, synthé et prog), mais plus son fils, Antoine (drums), remplacé par Hervé Tricot. Même si sa musique navigue dans des eaux sonores proches de Nicolas Testa, elle puise également ses références chez IAMX, Interpol et Editors. Notamment.

Avant que la formation ne débarque, un light show multicolore balaie le podium, sur lequel a été posé une estrade afin d’y installer l’imposant kit de batterie. 

« City Lights » ouvre le set. La ligne de basse est frémissante. Les accords de gratte sont fluides, avant de monter en puissance. Massimo la délaisse quelques instants pour se consacrer aux claviers. Chris déborde déjà d’énergie. Il est en perpétuel mouvement, harangue le public et l’incite à applaudir. Il accompagne son chant –en anglais !– d’une gestuelle comme s’il était habité. Il part à l’assaut du drummer avant de revenir sur ses pas. Parfois sa voix emprunte des inflexions à Robert Smith. Lors des compositions les plus rock, on distingue quelques réminiscences empruntées tantôt à Big Country, malgré les quelques beats electro. Ou alors à un Muse contemporain. Les cordes et les claviers se chargent d’intensité, au fil de « Get Up », alors que la voix devient atmosphérique. Le combo n’en oublie pas le single, « Gazolina ». A la fois dansant et radiophonique, au cours duquel une contorsionniste rejoint le band sur la scène, ce titre électro/pop fait l’objet d’un clip vidéo (NDR : c’est à découvrir ici).

Dans le même esprit « Runaway » lorgne vers un Simple Minds remis au goût du jour. Parfaite, l’intervention au clavier y est sans doute pour quelque chose. Christophe teste la longueur du fil de micro, puis s’aventure dans l’auditoire, en escaladant les fauteuils. Acrobatique, cet exercice lui permet de rentrer en contact avec les spectateurs. Manifestement, c’est une véritable bête de scène. Puissant, « Light Me Up » synchronise jeux de lumières et musique. « Heavy Heart » rappelle les références puisées chez IAMX. Et caractérisé par ses sonorités électro torturées, l’excellent « A Drop » aurait pu figurer au répertoire de Nicola Testa. Le set s’achève par « West Coast ». Avant qu’en rappel, le groupe ne concède deux morceaux, « Arches » et « Lost And Found ».

Manifestement, From Kissing est un band taillé pour le ‘live’. Alors, s’il passe près de chez vous, n’hésitez pas à aller l’applaudir…

(Organisation : GOGO Booking + Fron Kissing)

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