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Calexico

Fuego latino con Calexico y Amparo!

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Calexico était donc de retour, ce 27 avril, à l’Ancienne Belgique, dans le cadre de la sortie de son nouvel opus, « Edge of the sun ». Le concert est sold out et il est diffusé sur le canal Youtube de l’AB (toujours disponible sur les lien suivant :  https://www.youtube.com/watch?v=-ZY9h8cgn1s

Des événements souvent propices à de bonnes surprises. En débarquant dans la salle, on remarque la présence de nombreux quadras, quinquas et même des sexagénaires. Quelques trentenaires, mais peu de jeunes et encore moins de très jeunes…

La première partie est assurée par The Barr Brothers. La formation est drivée, bien évidemment, par des frangins. Brad se consacre au chant et à la guitare. Andrew aux drums, percus et claviers. Le line up est complété par la harpiste Sarah Page et le multi-instrumentiste (claviers, basse, percus, etc.) Andres Vial. Ces trois derniers participent également aux backing vocaux. Leur set a démarré à 19h30, et en se pointant un peu avant 20 heures, on n’a pu écouter que les deux derniers titres de leur concert. Sur sa harpe portable, Sarah dispense des sonorités cristallines et le batteur se sert d’une roue de vélo comme cymbale. Ce sont deux détails qui m’ont frappé l’esprit, lors du peu de temps dont j’ai pu disposer pour voir leur prestation. Mais si leur musique ne manque pas d’allure, difficile d’en dire davantage…

A 8h30 pile, Calexico monte sur l’estrade. Ils sont sept, sous un line up qui semble de plus en plus stable depuis 2013. Et le spectacle de commencer par le plus pop « Falling From The Sky ». Au vu des titres plus sucrés du dernier opus, on imagine alors que le combo va en écouler plusieurs, avant de lancer la machine. Mais dès la fin de ce morceau, Joe Burns, le chanteur/guitariste (et surtout leader), annonce l’arrivée d’Amparo Sanchez, qui a notamment sévi au sein de La Mano Negra. En 2003, elle avait déjà participé aux sessions d’enregistrement du « Don't Leave Me Now » de Calexico ; et en 2008, elle avait également participé à leur tournée. Et grosse ambiance déjà pour « Cumbia de Donde », une compo caractérisée pour son rythme syncopé. C’est seulement alors que la formation va aligner toute une série de titres issus du dernier elpee. Pas tous transcendants, mais d’honnête facture. Tour à tour ‘alt folk’, atmosphériques, paisibles, tex mex et même un morceau de ska (« Moon never rises »). Du même long playing, « Coyoacan » réveille un peu tout le monde. Un excellent instrumental cuivré. Idéal pour rappeler Amaparo afin d’attaquer « Roka ». Elle invite l’auditoire à frapper dans les mains et harangue les spectateurs au balcon, pendant que les cuivres entretiennent le climat mariachi. Et dans cette ambiance, impossible de rester impassible ! On remue la tête, les épaules, le bas des reins, les jambes, les pieds ou tout à la fois. Régulièrement, Ryan Alfred alterne entre contrebasse et basse, Zavala la gratte et la slide, Jacob Valenzuela la trompette et le xylophone et Martin Wenk la trompette et l’accordéon (garni de loupiotes). Mais il faut aussi souligner le concours de Sergio Mendoza, le pianiste/claviériste, toujours aussi génial lorsqu’il nous plonge dans une ambiance cubaine, à l’aide de ses interventions sur ses ivoires. Et il se débrouille tout aussi bien au piano à bretelles, à la six cordes ou au ukulélé. On en oublierait presque le rôle fédérateur du second membre fondateur, John Convertino, à la batterie, dont le drumming est capable de s’adapter à tous les styles. Les compos sont tour à tour chantées dans la langue de Shakespeare (souvent) ou de Cervantès (régulièrement). C’est dans cet idiome que Jacob entame « Esperanza » a cappella, un paso doble qui met ensuite en exergue les deux cuivres. Epatant ! Bonus track du dernier elpee, « Let it slip away » est chanté en duo acoustique par Joe et Ryan. Le premier à la sèche, le second sur sa contrebasse. Mais c’est à ce moment qu’on se rend compte des capacités vocales de ce dernier pour assurer la contre-voix. A cet instant, je ne peux m’empêcher de penser à Simon & Gardfunkel. Elégiaque, très rythmique, « Maybe On Monday » permet à Zavala de se réserver un long solo de gratte, alors que Mendoza rogne littéralement les sonorités de ses claviers. Place ensuite à la cover de Love, « Alone Again Or », moment au cours duquel l’auditoire frappe dans les mains en cadence. Et le set de s’achever par l’allègre « Puerto », provoquant une grosse acclamation de la foule.

« Bullets & Rocks » ouvre le premier rappel. Sur le nouvel album, il a bénéficié du concours de Sam Beam et Neko Case. C’est le drummer de Bar Brothers qui vient gratter une sorte de güira sur ce titre électrique, presque west coast, souligné par de superbes harmonies vocales, et qui permet aux cuivres de se lancer dans le free jazz. Et bien évidemment, Amparo revient pour mettre le feu sur la cover du « Con Toda Palabra » de Lhasa de Sela, au cours de laquelle la harpiste de Barr Brothers, vient également prêter main forte. Le public est aux anges et le manifeste bruyamment. Trois grattes électriques stimulent le classique « Not Even Stevie Nicks », moment choisi par le band pour rendre hommage à Joy Division à travers « Love Will Tear Us Apart ». Encore qu’au fil des ans, ce titre commence un peu à perdre de sa saveur. Miss Sanchez revient à nouveau pour « Güero canelo ». C’est la toute grosse ambiance. Les ‘fuego’ sont repris en chœur par la foule, et Zavala en profite pour relancer les spectateurs installés confortablement dans la loggia, en tentant des exercices de style à la gratte, que reprend de la voix l’auditoire…

Le deuxième ‘encore’ débute en force par une version très électrique, mais surtout particulièrement réussie du « The One I Love » de R.E.M. La foule chante en chœur cet hymne classique incontournable. Le concert s’achève quand même après un peu plus de deux heures de spectacle, par le mid tempo « Follow the River ». Ovation magistrale ! Et c’est bras dessus, bras dessous, que le septuor le salue et l’applaudit à son tour. Ce soir c’était ‘el fuego con Calexico y Amporo’ !

Setlist

01. Falling From The Sky
02. Cumbia de Donde (+ Amparo Sanchez)
03. Splitter
04. Miles From The Sea
05. World Coming Undone
06. Tapping On The Line
07. Moon Never Rises
08. Coyoacan
09. Roka (+ Amparo Sanchez )
10. Black Heart
11. Beneath the City
12. Sunken Waltz
13. When The Angels Played
14. Esperanza
15. Let it slip away
16. Maybe On Monday
17. Alone Again Or
18. Puerto

Rappel 1 :

19. Bullets & Rocks
20. Con Toda Palabra (+ Amparo Sánchez)
21. Not Even Stevie Nicks
22. Güero canelo (+ Amparo Sánchez)

Rappel 2 :

23. The One I Love
24. Follow the River 

Organisation AB

(Voir aussi notre section photo ici)

Matthew E. White

Un peu trop light à mon goût…

Écrit par

Parallèlement à ma critique –dithyrambique– de « Fresh Blood » (voir ici), le second album de Matthew E. White, paru il y a quelques semaines, je me faisais une joie de découvrir le natif de Richmond à l’AB Club de Bruxelles, ce jeudi. Bien entendu, la petite taille de la salle aurait dû me mettre la puce l’oreille : impossible en effet de caler l’ensemble de son ‘Space Bomb Orchestra’ sur le podium étroit du Club ! C’est donc sans surprise que Matthew E. White s’est produit en version light, c’est-à-dire sous la forme d’un duo, devant un auditoire presque comble.

L’Américain (NDR : il est grand et barbu !) et son compère se servent parcimonieusement de leurs grattes électriques et d’une slide. Et le début de set est décevant, même si intrinsèquement les morceaux sont superbes.

C’est un euphémisme d’affirmer que le côté soul et radieux de la musique composée par cet artiste disparaît dans ces versions ascétiques… pour laisser place à des moutures plus country/rock. Genres que j’affectionne pourtant tout particulièrement ; mais malheureusement, comme mon esprit était préparé à recevoir des vibrations positives correspondant parfaitement à l’atmosphère entretenue par ces premiers jours de beau temps, je ne suis pas parvenu à accrocher. Les adaptations sont bien moins immédiates et accessibles que sur l’elpee. La déception est donc réelle, malgré l’évidente qualité des chansons et la dextérité du jeu de cordes des deux sbires. Une certaine absence de relief dans le son et dans l’interprétation me pousse d’ailleurs, peu à peu, à reculer vers le fond de la salle, avant de finir accoudé au bar afin de siroter une bière, en bénéficiant d’une bien belle et agréable musique de fond ! En solo, le show de Sean Rowe accordé il y a quelques semaines, était bien plus énergique…

Après une heure de concert et un bref rappel, Matthew E. White et son jeune acolyte quittent l’estrade sous les applaudissements nourris. Votre serviteur a, de son côté, plutôt envie de retourner, au plus vite, écouter ses albums luxuriants, et au fond de lui-même espère que le futur come-back de son héros bénéficiera du concours d’un véritable groupe, afin que sa musique puisse bénéficier de l’instrumentation qu’elle mérite…

(Organisation AB)

 


Moon Duo

Objectif : Lune !

Écrit par

Initié fin 2009, en parallèle à Wooden Shijps, Moon Duo trouve de plus en plus ses marques dans le paysage sonore (et sonique) actuel, faisant figure de Pygmalion pour bon nombre de mélomanes.
Surfant sur les mêmes trames psychédéliques que Wooden Shijps, le projet monté par le talentueux Mister Ripley Johnson et de sa compagne à la ville, Sanae Yamada, s’en détache néanmoins par une approche plus directe, tout en gardant bien sûr en ligne de mire les circonvolutions en spirales propres au genre.
Gagnant à la force du poignet ses galons de ‘guitar héro’ un rien hypster, l’ami Johnson ne s’égare pas dans de futiles joutes tape-à-l’œil (NDLR : à l’oreille ?) ; ce qui somme toute, reflète parfaitement son travail discret mais impeccable.
Forts des échos enthousiastes recueillis à chacun de ses passages, la paire, renforcée depuis deux années par un vrai batteur remuant des vrais bras sur scène (en la personne de John Jeffrey), attire de plus en plus de curieux, tout en ramenant son cheptel de fans inconditionnels.
Elle a même décroché une place de choix dans une veine très à la mode actuellement (le band constituera l’une des attractions majeures du Eindhoven Psych’ Lab, en juin prochain).
Bref, absolument dans l’air du temps, le genre d’évènement quasi hype à récupérer au sommet de la vague.

Les premières notes déjà hypnotiques de « Wilding » résonnent sous la voûte étoilée de la salle circulaire alors que le public s’agglutine à la hâte.

Votre serviteur y compris, recraché juste à temps par la circulation locale.

Les soli de guitares dessinent les premières arabesques sur la ritournelle obsédante de l’orgue et déjà un constat s’impose : des deux pendants indissociables au mantras psychédéliques (l’ennui en opposition à la transe), Moon Duo milite plus que régulièrement dans la meilleure de ces deux catégories.

Si la redite est inévitable, dans ce mouvement propre à tournoyer sur lui-même, il est heureux que Moon Duo opte pour une spirale ascendante par la grâce de rythmiques robotiques impeccables qui amènent le corps à se détacher de l’esprit sans laisser celui-ci se poser trop de questions.

Ainsi, sans temps mort, les pépites de « Shadow of The Sun », principale source de la set list de ce soir, puisque petit dernier de la discographie, s’égrènent et éclosent çà et là en autant de germes porteurs de dérives psychotiques chères au public ici présent.

Territoire conquis d’avance, certes, mais qui n’autorise pas le sieur Ripley et sa gente dame à offrir autre chose que le meilleur d’eux-mêmes.

Car si l’auditoire accepte la danse du Shaman, il exige également de le retrouver lui aussi de l’autre côté, dans cet état évanescent et mystique que tissent les mandalas musicaux.

Si on pouvait craindre que la succession de dates (la rançon d’un succès qui ne cesse de croître) lasse nos trois musiciens, ils n’ont rien laissé transparaître dans leur attitude, certes, un peu engoncée, mais en corrélation avec l’esprit général (où le visage fermé, les yeux clos, on se laisse emporter en affichant un air mi-sérieux, mi habité).

Les projections se chargeant d’apporter leurs couleurs à ce rêve halluciné, la soirée s’écoule sans surprise, sans anicroche non plus.

La machine est parfaitement en place, et les rouages sont bien huilés.

Néanmoins, l’évolution est palpable chez ceux qui suivent leur parcours depuis le début et ont déjà eu l’occasion de les voir auparavant ; ce qui est le cas de votre dévoué serviteur.

Sans oser parler d’accessibilité, la musique de Moon Duo a semble-t-il trouvé ses propres marques et se sent de plus en plus à l’aise dans son registre, à présent pompé plus que de raison par de nombreux groupes aux résonances cosmiques, preuve s’il en est de son influence majeure.

Mais loin de s’autoproclamer pape ou modèle en la matière, Ripley se contente d’explorer plus avant son univers personnel, que ce soit sous l’identité de son band ou de son projet conjugal, égal à lui-même, soit sans esbroufe.

Le résultat, déjà plus que convaincant sur disque, s’affiche ici superbement et ravit les heureux détenteurs d’un sésame.

Évitant d’inutiles distractions, Moon Duo va directement à l’essentiel, objectif : lune.

Le périple est forcément étudié en fonction de l’efficacité.

Les titres propices au rêve sont écartés ; ne reste que la ligne droite et directe tracée vers ces paradis artificiels qui se dessine au fil des minutes introspectives.

Processus générant son lot de trips au sein d’un public acceptant la mise en orbite.

Six titres plus tard (ce qui peut paraître court mais pas dans le registre à rallonge de ces transes hypnotiques), les trois comparses reviennent accorder un rappel où « Goners » rappelle le chemin parcouru et l’évidente filiation avec Suicide, le Velvet et d’autres références toutes aussi évidentes mais tellement passées à la moulinette, qu’il n’en ressort qu’un agglomérat compact d’originalité et de génial savoir-faire.

Si Moon Duo n’a pas inventé le fil à couper le beurre, il peut au moins se targuer d’avoir réinventé un état d’esprit intègre et loin des clichés du genre.

L’enthousiasme au sortir de la salle est palpable.

Le public a en eu pour son argent (et le prix du ticket était très bon marché).

Il est fort à parier que lorsque Moon Duo se produira à nouveau en salle, elle aura pris une autre envergure…

(Organisation : Botanique).

 

 

Skip&Die

Soirée fitness!

Écrit par

Le concert de Skip&Die est sold out. La formation a cependant refusé de se produire dans la grande salle qu’elle aurait pu remplir aisément. La raison est simple : elle souhaite rester le plus proche possible de son public et bien sûr de ses aficionados. Le line up de S&D est partagé entre Sud-africains et Bataves. Le combo est venu défendre son troisième opus, « Cosmic Serpents », paru fin mars dernier. Un disque publié sur le label bruxellois, Crammed Discs. Pas étonnant, puisque les musicos fréquentent régulièrement la capitale de l’Europe. Côté inspiration, le band puise d’abord ses sources dans la musique d’Amérique du Sud, du Moyen-Orient et de l’Inde. Une chose est sûre, la soirée s’annonce festive…

La première partie est assurée par d’excellent entertainers, nés pour la danse et la fête : Throes and The Shine. Issu de Lisbonne, le groupe implique deux Angolais, aux vocaux. Son expression sonore est le fruit d’un mélange d’électro, d’afro-house, de ku duro, de benga, et de rock, mijoté à la sauce contemporaine. Le tout est agrémenté de break dance et de semba (danse angolaise). Le ku duro, (littéralement 'cul dur' dans la langue de Gil Vincente) est une musique traditionnelle de cette ancienne colonie portugaise. C'est un autre combo lisboète, Buraka Som Sistema, qui l'a popularisée à travers le monde. Un pur bonheur pour les jambes, le popotin et les oreilles.

Diron Shine et Mob assurent le chant. Le premier est musclé et a enfilé un marcel coloré. Ils sont soutenus par Igor Domingues aux drums et percus, Marco Castro à la guitare, aux synthés et machines ainsi que Rafael Silva à la basse. Throes and The Shine (chapeau sur la tête) va mettre le feu à l'AB Club et la transformer en boîte de nuit. Les musicos montent d’abord sur l’estrade. Ils sont suivis par les deux vocalistes. Dès l’intro, l’invitation est claire : ‘Everybody's, clap your hands !’ L’auditoire s’exécute. Il va zouker, jumper et danser sec sur le dancefloor. La température va graduellement monter de plusieurs degrés et atteindre son pic sur « Batida ». Deux fans audacieux montent sur l’estrade pour se défouler en compagnie de la formation. Il est temps de faire régime ? Suffit d’assister au set de T&TS et vous perdrez quelques litres, voire quelques kilos superflus. Une belle mise en jambes…

Place ensuite à Skip&Die. Catarina Aimée Dahms, aka Cata Pirata, est la chanteuse. De nationalité sud-africaine, sa tenue est particulièrement excentrique : elle porte une longue cape bleue, un short blanc à froufrous assorti au chemisier et est chaussée de bottes guêtres fantaisistes de couleur noire. Sa chevelure est constituée de longues tresses en mode dreadlocks. Et malgré cet aspect extérieur un peu farfelu, elle est plutôt jolie. Soirée fitness, puisque dès qu’elle monte sur les planches, elle entame son jogging. Le sourire aux lèvres. Tout en rappant ou chantant. Et d’une manière impeccable, s'il vous plait ! Le line up est complété par le drummer/percussionniste Gino Boombanbu, aka Bombrini, le claviériste et bidouilleur Jori Collignon ainsi que Daniel Rose au sitar et à la gratte.

L'intro nous plonge dans le monde oriental. Avant que « Jungle Riot » n’entame le set. Cata mêle onomatopées et chant. Tribales voire explosives, les percus nous entraînent dans les ghettos de Soweto. « Killing Aid » permet à la température de prendre encore quelques degrés. Moment choisi pour se prendre dans la tronche, « Burning Bridges », un brûlot issu du nouvel elpee. On est dans une fournaise. Pulls, manteaux, tee et sweet-shirts s'accumulent sur le bord de l’estrade et les baffles. Cocktail d'électro, de balkan music, de drum&bass et de hip hop, « La Cumbia Dictatura » permet à Cata de démontrer son aptitude à canaliser la foule. Elle la mène même à la baguette. Et pour la circonstance, évidemment, l’incite à danser. Les lyrics sont interprétés dans six langues différentes : anglais, afrikaans, zoulou, xhosa, espagnol ou portugais.

« Mami Wata » est dynamisé par les percus. Ragga et reggae contaminent « Perpetual War ». Bienvenue à Kingston ! Les artistes en profitent pour faire un break, se désaltérer et arroser le public, avant d’embrayer par un « Get Your Braai On », au cours duquel le hip hop mène la danse. Plus paisible, « Nine Dimensions » trempe dans une pop classique. Ce sera le seul moment cool du set. Nerveux, « Multi Murder » reprend sa vitesse de croisière. Cata en profite pour prendre un bain de foule. « Space Girls » achève la prestation, une autre compo pop, mais dansante, balayée par un solo de gratte psyché.

L’auditoire en veut encore, hurle, bat des pieds ou/et des mains. Soirée fitness, je l’avais déjà dit. Le combo revient alors et nous réserve une version ‘unplugged’ d’« Anti Capitalista », à la demande du public. Magique ! Et la soirée de se conclure par un « Senorita » vitaminé par les beats drum&bass, alors que le sitar emporte nos rêves, jusqu’au Taj Mahal…

(Organisation : Ancienne Belgique)

Russian Circles

A plein volume…

Écrit par

Deux ans après voir publié son cinquième album, « Memorial », Russian Circles se produisait à nouveau dans l’Hexagone, et plus précisément à Tourcoing, au Grand Mix, devant une salle remplie aux deux tiers. 24h après la prestation de Red Fang, la salle française allait une nouvelle fois vibrer sous les riffs métalliques d’un combo issu du pays de l’Oncle Sam.

Fondé en 20014, Russian Circles pratique une forme de post-rock/post-metal, caractérisée par le recours à des pédales de sampling et de loop. Son patronyme est inspiré d’un exercice pratiqué dans l’univers du hockey sur glace…

Pour assurer leur première partie européenne, le trio chicagoan a fait appel Helms Alee. Des compatriotes. Etablis à Seattle. Ce soir, il s’agit de leur premier show accordé sur le Vieux Continent. Un trio réunissant deux filles et un mec. Leur musique libère énormément d’énergie, mais à la grosse louche. Epais, les riffs de gratte se succèdent, mais se ressemblent. Après avoir encaissé trois morceaux de ce metal stoner, le public est rassasié. Et souhaite que ce gavage s’achève le plus rapidement possible…

Vers 21h30, les choses sérieuses commencent. Chevelu, Mike Sullivan, le guitariste, s’installe sur la gauche. Barbu, le bassiste, Colin DeKuiper, sur la droite. Et Dave Turncrantz, en arrière-plan, au milieu, derrière ses fûts. Dès les premiers accords, on est impressionné par la puissance du son. Comme quoi, il n’est pas nécessaire de monter un quintet ou de disposer d’un mur d’amplis, pour produire du ‘gros son’. Le trio enchaîne les titres de ses différents long playings. Aucun n'est négligé. Parfois, les riffs de métal cèdent le relais à de longs crescendos construits en harmonie. Mike Sullivan est un fameux gratteur. Sa technique au tapping est stupéfiante de vélocité. Et le bassiste, est loin d’être un manchot. Les hochements de tête se généralisent dans la fosse ; ce qui démontre le réel intérêt de la foule pour ce concert. Un seul reproche, les musicos sont un peu trop statiques. Une critique largement compensée par la qualité, l’intensité et l’énergie libérée par les compos, et la parfaite maîtrise des instruments affichée par les trois compères de Russian Circles.  

Après une bonne heure de concert, le public est satisfait. Et le manifeste par de vives acclamations. De quoi aussi donner envie de ressortir les disques du band et de les écouter à plein volume, dans l’esprit de ce set…  

(Organisation : Le Grand Mix)

Pour les photos de Russian Circles lors de leur set à l'AB, c'est ici
Pour les photos de Helms Alee lors de de leur set à l'AB, c'est
Pour celles de Russian Circles au Grand Mix, c'est ici
Et pour celles de Helms Alee au Grand Mix, c'est

 

 

Fauve

N’est pas Fauve ` qui veut !

Écrit par

Je suis fan de rock. Je suis fan de rock. Je suis fan de rock. Je suis fan de Fauve ≠. Comment entamer la chronique d’un concert ? Quand passe-t-on de ‘la route pour y aller’ au ‘concert proprement dit’ ? Pour Fauve ≠, cette simple distinction devient une énigme : à quel moment précis l’état d’esprit du spectateur bascule-t-il dans les Nuits Fauves ? Parce que c’est de cet événement dont il était question ce jeudi soir, un soir de semaine comme un autre, un soir de Nuit Fauve plus qu’un simple soir de concert, chez nos voisins français, au Zénith Arena de Lille.

Les portes commencent à s’ouvrir peu après 18h, la foule s’engouffre entre les barrières, impatiente, fébrile… et quelconque. Pas de ‘bobos’, pas de ‘hipsters’ en tout genre, non. Des gens normaux. Des adolescents, oui, mais des trentenaires aussi. La presse, oh privilège, entre par une porte distincte. Moment choisi pour tailler une bavette avec le bassiste de Fauve ≠, à côté d’un public qui ne s’en rend pas compte. Oui, les membres de Fauve ≠ sont comme ‘Monsieur tout le monde’ ; et absolument, sans leur billet en main, ils seraient refusés à l’entrée, comme n’importe quel quidam…

La foule investit donc les lieux. Pas question de se masser devant les portes, tout est ouvert. Il est même mentionné ‘Ici tout est à vous’ sur le bracelet bleu que l’on nous a distribué à l’entrée. Quelques fans se pressent contre les crash-barrières (ne dites pas ‘frontstage’ chez nos voisins français, sinon ils vont imaginer qu’on leur parle d’un type de sandwich ou d’une marque de voiture), d’autres opèrent un détour via le stand ‘pop-corn’ ou le merchandising (où les préposés ne sont pas les moins impliqués dans Fauve ≠…). Ça discute, ça boit des coups, ça rit, ça s’amuse. Le concept augure que ‘Les Nuits Fauves sont aux concerts ce que le barbecue est à la gastronomie’. Mais perso, la gastronomie, ça m’emme*** profondément.

19h45 marque le début des premières parties. La longueur du paragraphe, que vous aurez peut-être envie de zapper d’ailleurs, vous permettra de confirmer ce que votre serviteur en a conclu : pas convaincu. C’est Bagarre qui ouvre le bal et sa tentative de poésie ésotérico-intelligente (‘Un cimetière. Un parterre de cuillères.’) me donne plutôt la nausée et l’envie subtilement impérieuse de fuir le plus loin possible. N’est pas Fauve ≠ qui veut. La musique et le tempo mettent par contre le public rapidement d’accord.

Le second supporting act, Les Gordon, n’a pas davantage mes faveurs. Question de goût : 30 minutes du même beat décliné en 10 versions, très peu pour moi. Je râle, je crache sur ces premières parties ; mais la question qui me traverse l’esprit finalement –et je n’ai aucune réponse à fournir– est : quel artiste serait capable d’ouvrir pour Fauve ≠ ? Somme toute, Barbare et Les Gordon ne sont pas un si mauvais choix : ils sont ‘jeunes’ et Fauve ≠ leur offre une magnifique opportunité de se produire au Zénith.

Et puis Fauve ≠.

20h45, entame des hostilités, début du combat des affects, des émotions en pagaille, du sang et des sanglots, des ongles arrachés sur le parquet granuleux, d’accès de colère, de violence, de sexe. Départ de deux heures physiques, puissantes, émouvantes, éprouvantes. Deux heures où Fauve ≠ compte bien gratter les croûtes encore un peu sanguinolentes de toutes nos âmes blessées. Deux heures viscérales, simplement viscérales.

Les fauves sont lâchés dans l’arène, « Sous les Arcades », extrait du nouvel album « Vieux Frères – Partie 2 » lance le bal ; le chanteur harangue la foule qui n’en n’a –et le concert commence à peine– pas vraiment besoin : ils sont tous fans de Fauve ≠, conquis d’avance, connaissent les paroles et tentent d’en suivre le débit infernal qui leur est imposé. Bref, ils sont venus pour ‘faire’ les Nuits Fauves. C’est ce public qui est le noyau de l’univers de Fauve ≠, ce sont les émotions de ce public précis, celui qui est venu ce soir, qui conditionne toute l’ambiance, toute la tension qui est libérée. Enchaînement par l’incontournable « Nuits Fauves », pourquoi bouder son plaisir ? Et « Voyou » avant de continuer l’exploration de ce « Vieux Frères – Partie 2 » avec T.R.W. pour mieux revenir sur « Infirmière » que l’auditoire reprend en chœur. Le moment de se poser, d’observer le cadre : une scène bardée d’écrans de télévisions, entourée d’écrans géants, une hémisphère éclairée par des centaines de lampions accrochés au plafond. Intime.

Fauve ≠ n’a peur de rien, pas même de convaincre un Zénith presque comble de chanter leur « 4 000 Iles » en canon à trois voix… et ça marche. Un peu de balbutiements, un peu de difficulté, mais la mayonnaise prend et le public s’en donne à cœur joie. Du nouvel opus, on épinglera le magnifique et presque joyeux « Tallulah » (‘Et si le ciel s’écroule, si les continents plongent, je te suivrai même jusque dans tes songes’) et la puissance de « Paraffine ». On saluera une énergie rock puissante qui faisait (peut-être ?) défaut à « Vieux Frères – Partie 2 » version album. Guitare puissante, gros son de basse et chanteur courant partout à la fois. La formation prend également plaisir à revisiter « Haut Les Cœurs » dans une version dépouillée mais qui ne perd bien sûr rien de son énergie lorsqu’il s’agit de clamer « Va t’faire enculer » au Blizzard. Les rappels sont ‘convenus’, « De Ceux » et « Kané » sont incontournables, mais permettent aussi de découvrir une adaptation ‘live’ bouleversante de « Bermudes » et de terminer dans une communion impressionnante par « Les Hautes Lumières ».

Et de rejoindre mes pénates, un vendredi matin, très tôt, un peu hagard, après avoir bu ‘des coups’ en compagnie des membres du groupe ; parce qu’ils n’aiment pas : les autographes, les selfies, ce genre de trucs. Et d'égarer sur une feuille des phrases, des bribes de mots, des songes, des sentiments confus. De ne plus trop savoir si c’était ‘bien’ ou pas. De se rendre compte que j’étais salement con d’avoir pensé que ce n’était ‘vraiment pas génial’ avant d’avoir vu la famille Fauve ≠ en action.

Plus qu’un concert, plus qu’un simple exutoire à ‘choses négatives’, Fauve ≠ se veut profondément ancré dans son temps, dans son public, en proposant un concert ‘soirée avec les potes’ à taille zénithienne. À la sortie, le merchandising est plein à craquer. Les spectateurs se seraient-il rendu compte de l’identité de ceux qui vendent les t-shirts ? Ils parlent, rient, jouent, croisent les musicos. Peut-être sans le savoir. Sûrement sans le savoir.

Et votre serviteur retourne se noyer, après la nuit, avant le jour, dans les Nuits Fauves.

Set list

1. Sous les arcades
2. Nuits fauves
3. Voyou
4. T.R.W
5. Infirmière
6. 4.000 îles
7. Vieux frères
8. Tallulah
9. Haut les Cœurs
10. Azulejos
11. Loterie
12. Paraffine
13. Cock Music Smart Music

14. Blizzard

Rappel :

15. De ceux
16. Bermudes
17. Kané
18. Les Hautes Lumières

Organisation A Gauche de La Lune (Les Paradis Artificiels)

(Voir aussi notre section photos ici)

The Experimental Tropic Blues Band

La Belgique vue des Tropic…

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The Experimental Tropic Blues Band présentait ce samedi au Salon à Silly « The Belgians ». Une soirée organisée dans le cadre de l’‘Interclubs Tour’, une initiative de Club Plasma et Clubcircuit, soutenue par SABAM for Culture.
Fers de lance de la scène belge, ces Liégeois ne sont pas nés de la dernière pluie. La formation s’est constituée de manière très étrange, en 2001, lors d’une fête organisée dans une école de photographie. Les trois potes se découvrent un attrait pour la musique et décident de se vouer corps et âme à cette belle, mais difficile, discipline.
Depuis, ils ont écumé pas mal de salles de concerts et de festivals. Ils ont ainsi eu l’opportunité d’ouvrir pour The Cramps, Bob Log III, Heavy Trash, JSBX, Andre Williams, The Soledad Brothers, Jay Reatard, The Black Lips, Jim Jones Review et j’en passe !
Après avoir publié un Ep (« Dynamite Boogie »), en 2005, et deux elpees, « Hellelujah » et « Captain Boogie », respectivement en 2007 et 2009, la consécration vient véritablement grâce au troisième opus intitulé « Liquid Love », un disque paru en 2011.
Enregistré à New York, dans le studio de Matt Verta-Ray (Heavy Trash), sous la houlette de Jon Spencer (JSBX, Heavy Trash, Boss Hogg, Pussy Galore), il a bien été reçu par la critique.
Réunissant Jean-Jacques ‘Boogie Serpent’ (guitare, voix), Jérémy ‘Sale Coq’ (guitare, voix) et d’un drummer (surnommé Devil d'Inferno) cousin lointain de Monsieur Propre, les gaillards se sont donc rebaptisés pour la circonstance ‘The Belgians’.
Le génial trio est venu ce soir défendre son improbable et dernier opus. Enfin, défendre est un bien grand mot puisque de l’aveu même du leader, le disque est invendable.
Cette parenthèse belgo-belge dans l’histoire du groupe se révèle de facto essentiellement taillée pour le live et difficilement exportable hors du Royaume. Dont acte !
Peut-être ont-ils voulu éviter les écueils d’une certaine routine et de s’enfermer dans un genre musical cadenassé pour démontrer qu’il était possible de faire preuve d’autodérision façon ‘Strip-tease’, l’émission qui déshabille !
Ces fous furieux dépeignent aujourd’hui, au travers de leur éphémère projet, le portrait d’une Belgique qu’ils veulent à leur image. A savoir gentiment, mais sincèrement déjantée !
Evoluant à mi-chemin entre kitsch et décalage torturé, la formation noire/jaune/rouge a tenu à rendre un hommage appuyé au plat pays qui est le nôtre sur fond de singularité, d’absurdité et de surréalisme. Le tout sur un ton décomplexé et foncièrement rock & roll. A la sauce Tropic quoi !

Comme on pouvait s’y attendre, cette ode électrisante s'ouvre donc tout naturellement sur l'hymne national. Une Brabançonne bien poisseuse et crasseuse comme on les aime ! S’ensuit une salve de titres qui adoptent différents profils : garage, davantage électro (voire new beat) ou plus dansant.

Une déferlante d’images et de vidéos projetées en continu sur un écran situé en arrière-plan illustre bien cette belgitude. La synchronisation avec le tapis musical est totale et savamment chronométrée. Un vrai travail de schizophrène !

Sans être exhaustif, on a pu voir nos différents Rois (Philippe, Baudouin, Albert II, etc.), mais aussi Eddy Merckx, Annie Cordy, Plastic Bertrand, Paul Vanden Boeynants, les diables rouges. Mais également des baraques à frites (quand même !), un type qui bouffe de la mayo à n’en plus finir (il finit même par dégueuler), les grandes grèves de 1960, l'affaire Dutroux sur fond de polémique et le drame provoqué par la tuerie de La Place Saint Lambert.

Le travail d’archives nécessaire afin de réaliser ce show visuel est absolument extraordinaire et intelligemment construit. Il met une nouvelle une fois la créativité du combo en exergue.

L’ambiance est survoltée et le public littéralement déchaîné. Foi de bourlingueur, j’ai rarement vu un parterre si festif !

Un aficionado est invité à monter sur le podium afin d’y accompagner le groupe. Armé d’une guitare électrique prêtée par l’artiste, notre hôte d’un soir fait fi de sa timidité passagère et balance, sourire hébété aux lèvres, tel un autiste, une salve de gammes aux oreilles de qui veut bien l’entendre.

Je suis convaincu que ce Sieur retiendra à jamais ce moment d’émotion !

Pendant ce temps, Jérémy a préféré descendre dans l’arène, tel un gladiateur des temps modernes. Voulant se délecter d’un spectacle dont il ignore l’issue, il effleure ici et là son jack sur la peau des spectateurs. Ce contact produit alors un son particulièrement amusant et décalé.

Plongé dans cette atmosphère survoltée, vêtu intégralement d’un rouge démonique pour l’occasion, il se défend, à maintes reprises, des élucubrations sexuelles qui lui traversent l’esprit. Le tout sous le regard médusé des convives présents dans la salle.

Pas gêné pour un sou, le gourou encourage alors l’auditoire à se livrer à un gang bang ! Plutôt sympa et original au fond !

Encouragé par une horde de femmes particulièrement chaudes et sexy, le tombeur, a déboutonné son pantalon et livre un service trois pièces bien membré, à la pilosité luxuriante. On n’oubliera pas au passage de remercier Dame nature pour cette générosité sans nom à faire pâlir de honte plus d’un homme…

Pris dans l’euphorie, je ne sais dire combien de temps a duré le set… à vue de nez, je dirais une grosse heure… Malgré une fatigue évidente, conséquence d’un savant mélange d’énergie déployée, de pintes ingurgitées et d’absorption de substances illicites, les gaillards reviennent pour un (très) long rappel. Est-ce là les effets du gingembre consommé sans la moindre modération tout au long du concert par les musicos de The Experimental Tropic Blues Band ?

Nul ne le saura, mais qu’importe après tout… ce qui est sûr, c’est que de tous les peuples de la Gaule, y’a pas à dire, ces trois Belges sont les plus braves !

Le support act était assuré par le nouvel espoir flamand, The Spectors. Un quintet dont on entendra parler ! (Voir compte-rendu concert ici)

(Organisation Club Plasma + Clubcircuit)

Groundation

Manque de peps!

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Soirée Reggae Roots, ce 19 avril à l’AB. Ce n’est pas la grande foule quand votre serviteur débarque au 110 du Boulevard Anspach, vers18h30. En tête d’affiche Groundation, un groupe de reggae californien originaire de Sonoma (NDR : c’est en Californie du Nord).

Nahko and Medicine For The People assure le supporting act. Issu de Portland, dans l’Oregon, cet ensemble pratique un cocktail de hip-hop, de jazz, de country, de roots et de folk, tout en puisant ses racines dans la culture apache et portoricaine. L'Amérique profonde dans toute sa diversité ! Mais très susceptible de nous entraîner jusqu’à Kingston ! Le quatuor réunit deux préposés à la gratte électro-acoustique, Chase Makai et le chanteur et leader Nahko. Le line up est complété par une section rythmique impliquant le bassiste Thomas et le drummer Justin Chittams. Le combo compte, à ce jour, deux elpees, « On The Verge » paru en 2010 et « Dark As Night », en 2013. Et il a déjà réalisé les premières parties pour Michael Franti, Trevor Hall, Xavier Rudd et Soja.

Pas grand monde en début de show. Les spectateurs arrivent au compte-gouttes, mais le fan base se révèle bien actif. Faut aussi dire que leur set commence à 19h30 précises. Pourtant, dès le départ, le combo maîtrise parfaitement la situation. Nahko est une véritable bête de scène. Il bondit sur l’estrade ou arpente le podium de long en large. Il entre aussi rapidement en interactivité avec les  premiers rangs. Il excelle, tant au chant, à la gratte qu’aux claviers.

Le concert s’ouvre tout en douceur par « Aloha Ke Akua ». Nahko se consacre à la guitare électro-acoustique. Au départ la setlist était limitée à 5 titres. Elle va largement déborder, puisque le spectacle va dépasser les 50 minutes. A cause de cette intensité émotionnelle qui va permettre une totale communion entre les musicos et l’auditoire. Et puis de certaines attitudes. Comme celle au cours de laquelle les trois frontmen s’accroupissent, dos au public, devant le drummer. Responsable d’un solo d’enfer, il faut le souligner. Finalement, il n’y manquait que les percus (NDR : comme sur les vidéos postées sur YouTube), pour dynamiter leur prestation. Ce qui n’a pas empêché Nahko and Medicine For The People de chauffer idéalement l’ambiance avant de passer au plat de résitance. (Pour les photos voir ici)

La 'Groundation Day' est une fête importante de la Rastafariculture. Ce qui explique le choix du patronyme de ce combo yankee qui se réclame d’un nouveau genre, né de la rencontre entre du reggae roots authentique et du jazz à la fois cool et visionnaire. Le tout stimulé par du dub. Imaginez une rencontre hypothétique entre Bob Marley, Miles Davis, Burning Spear et John Coltrane, et vous aurez une petite idée du style proposé. Le band est drivé par Harrison Stafford. Un barbu qui se réserve le micro et la gratte. Il est soutenu par Marcus Urani (claviers, mélodica) et Ryan Newman (basse), des étudiants en musicologie, mais surtout des dingues de jazz et de reggae. Ils sont venus défendre leur huitième elpee, « A Miracle », un disque dont la pochette a été réalisée par Neville Garrick, directeur artistique de Bob Marley, à l’époque de « Rastaman Vibration », un long playing gravé en 1976. Lors des sessions, ils ont reçu le concours de ses deux anciennes choristes, en l’occurrence, Marcia Griffiths et Judy Mowatt. Elles ne participent cependant pas à la tournée. Pour la circonstance, elles ont été remplacées par Kim Pommell et Stephanie Wallace. Le line up est complété par le trompettiste David Chachere, le drummer Te Kanawa Haereiti, aka Rufus, et Mingo Lewis Junior aux percus et congas.

C’est sous un tonnerre d'applaudissements que Groundation (Pour les photos voir ) monte sur les planches. Evidemment, il y a pas mal de dreadlocks dans la fosse. Votre serviteur est bien assis au balcon et domine la situation. Le concert est presque sold out. Il fait très chaud et l'ambiance est à la fête. Balisé par les cuivres, « Libération Call » ouvre le set. Le spectre de Jah Rastafari plane. Les deux choristes ont un fameux coffre. Et parfois, la puissance de leur voix dépasse celle d'Harrison. Elles dansent, alors que les autres musicos sont plutôt statiques. Le mélodica met le nez à la fenêtre sur « Head Strong », un extrait d’« Each One Teach One », un LP paru en 2001. Iron y trace une longue ligne de basse. Marcus Urani improvise aux claviers sur « Riddim Hold Dem », une plage tirée du nouvel opus. Malgré un excellent départ, le set commence progressivement à patiner. Les impros jazzyfiantes s’éternisent. Et une certaine lassitude commence à m’envahir… La formation revient à Couleur Café cet été, et j'espère qu’elle manifestera davantage de ‘peps’. Franchement, votre serviteur avait déjà eu l’opportunité d’assister à un de leurs concerts, dans le cadre de ce festival, et il m’avait beaucoup mieux botté. Une petite déception, à contrario de Nahko, dont le concert m'a vraiment plu et que j'ai hâte de revoir.

(Organisation : Ancienne Belgique)

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