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La vérité selon RORI

Après avoir marqué les esprits en assurant la première partie de Lana Del Rey, au festival Rock en Seine, devant 40 000 spectateurs, RORI poursuit son ascension. Cet été, elle s'invite sur les scènes de plusieurs festivals dont Les Francos à Esch/Alzette, Les…

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Orquesta Buena Vista Social Club

‘Adios Tour’ featuring Omara Portuondo, Guajiro Mirabal, Barbarito Torres y Jesús ‘Aguaje’ Ramos

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Ce soir l’AB est archi-comble pour accueillir l’Orquesta Buena Vista Social Club. On va donc vibrer aux sonorités cubaines de la guajira, du danzon, du bolero, du cha-cha-cha et de la rumba. Entre autres. C'est la tournée d'adieu du Buena Vista Social Club. Elle a d’ailleurs été baptisée 'The Adios Tour'. Et la nouvelle mise en scène devrait permettre au répertoire, pourtant classique, de prendre une nouvelle dimension.   

Le Buena Vista Social Club est à l'origine, une mythique boîte de nuit située dans la banlieue de La Havane, à Cuba. A l’issue de la révolution cubaine de 1959, ce night club a disparu. Cinquante ans après sa fermeture, le nom a été repris pour baptiser un projet musical imaginé par Nick Gold de la maison de disques World Circuit et le guitariste américain Ry Cooder. L'idée de ce projet était de réunir dans un même enregistrement des musiciens cubains ‘campesinos’ (soneros légendaires des années 1930, 40 et 50) et d'Afrique de l'Ouest. Retenus à l'aéroport de Paris, les Africains n’avaient pu rejoindre Cuba. Finalement l'enregistrement de l'album sera réalisé sans eux. Intitulé « Buena Vista Social Club », il va rencontrer un tel succès que le groupe sera invité à se produire sur scène. D’abord à Amsterdam, en 1998 ; puis pour une série de concerts au Carnegie Hall de New York. Le cinéaste Wim Wenders sera même sollicité pour filmer ces événements. Il va en réaliser un documentaire, en ajoutant des interviews accordées par plusieurs musiciens, à La Havane. Et le film va même porter le même titre, 'Buena Vista Social Club'.

Avant le spectacle, l’impatience est palpable dans la grande salle de l'Ancienne Belgique. L’auditoire est constitué essentiellement de quadras et de quinquas pour cet avant-dernier show. A 20h30 pétantes, les lumières s'éteignent. Rolando Luna se dirige vers son piano, placé à l’extrême gauche du podium. Il est seul pour rendre un premier hommage. A Ruben Gonzales, décédé en 2003. En interprétant « Como Sento Yo ». Tout au long de ce récital, une vidéo consacrée à Ruben défile en arrière-plan, sur un écran. Bouleversant ! Le combo déboule ensuite sur les planches, sous la houlette du tromboniste Aguaje Ramos. Pour cet ‘Adios Tour’, il a entraîné dans le périple, plusieurs musiciens qui avaient participé à la confection de l’opus ainsi qu’au film, il y a plus de 15 ans. Et tout particulièrement Eliades Ochoa, le guitariste au chapeau de cow-boy, le trompettiste Guajiro Mirabal et le virtuose du laud, Barbarito Torres. Ils sont soutenus, ce soir, par de nombreux musicos qui les ont rejoints au cours de l'aventure, dont le vétéran Papi Oviedo, particulièrement dynamique à la guitare 'tres', le jeune pianiste –un virtuose !– Rolando Luna, et une fameuse section rythmique composée du contrebassiste Pedro Pablo et des percussionnistes Andres Coyao (congas), Filiberto Sánchez (timbales) et Alberto 'La Noche' (bongos). Sans oublier le trio de trompettiste drivé par Luis Allemany et le célèbre chanteur de 'son', Carlos Calunga. Chef d’orchestre, Jesús 'Aguaje' se consacre également au chant. Il y est secondé, par la très belle Idania Valdés.

Le second hommage est réservé au contrebassiste Israel ‘Cachao’ López, disparu en 2008. Et c’est évidemment Pedro Pablo qui donne le ton, tout au long de « Tumbao », alors qu’en arrière-plan, ce sont les images de Cachao qui sont projetées. On en arrive donc à « Santa Lucia ». Là en fermant les yeux (NDR : surtout si on a vu le film), on se sent transporté à la Havane, dans la rue, où défilent devant vous des vieilles bagnoles américaines rafistolées. « Rincon Caliente », « Carretera » et « Trombon Majadero » permettent d’entretenir ce voyage. Comme son titre l’indique, « La Percusion » va démontrer tout le talent du trio de percussionnistes, installés sur une estrade, au fond de la scène. Après « El Ruisenor », on a droit à un troisième hommage à travers « Bruca Manigua ». Il s’adresse à Ibrahim Ferrer qui s’est éteint en 2005. Votre serviteur avait eu la chance d’assister à un concert de ce personnage, physiquement frêle, mais grand pas son talent de vocaliste, un an avant son départ. Je regarde donc attentivement les images qui défilent sur l’écran. Et un quatrième est dédié au guitariste Manuel Galbán, qui nous a quittés en 2011, lors de l’interprétation de « Marieta ». Après « Batanga », j’assiste à l'arrivée triomphale d'Omara Portuondo. Ce moment est particulièrement attendu par l’auditoire. Car, cette jeune fille n’a que 84 ans. C’est l'une des dernières icônes vivantes de la grande 'Musica Cubana'. Et quand elle déboule sur les planches, c’est pour mettre le feu. Tout d’abord lors des trois premières chansons qu’elle interprète. Omara et le Rolando Luna sont très complices. Et « Mulata En Cha Cha Cha », « 20 Anos » et « Quizas Quizas » en sont de belles illustrations, des compos au cours desquelles, la voix de Mrs Portuondo vous prend littéralement aux tripes. Elle s’éclipse alors sous un tonnerre d'applaudissements. Deux ans, que je n'avais pas vu la grande diva et je dois vous avouer jubiler de bonheur en revivant de tels instants magiques. Sa voix vous fait fondre comme un glaçon au soleil.

« Chan Chan » constitue le cinquième hommage. Il s’adresse à Compay Secundo, un remarquable guitariste décédé en 2003. Lui et Ibrahim formaient un duo infernal. Les images nous feraient presque croire que Compay est présent parmi nous. Le sixième concerne Pio Leiva, la voix de Buena Vista Social Club. Il a rejoint l’autre monde en 2006. Idania Valdés et Carlos Calunga saluent divinement sa mémoire, à travers « El Cuarto De Tula ». Le concert est fini. Mais ce n’est pas la fin...

Omara, la grande dame, est de retour. Mon coeur frétille comme un gardon avant même qu’elle ne se mette à chanter. « Dos Gardienas » et « Candela » constituent assurément les cerises sur le gâteau des 95 minutes de ce fabuleux spectacle. Que je n'oublierai pas de si tôt. En finale, on retiendra encore les exercices de style de Guajiro Mirabal et les pirouettes de Barbarito Torres, qui va même jouer de son laud, dans le dos.  

(Organisation : Ancienne Belgique + Jazztronaut)

Voir aussi notre section photos ici  

 

Attila

Attila à la conquête de l’Europe…

Écrit par

C’est par Anvers que qu’Attila avait décidé de faire un crochet en Belgique pour le début de sa tournée européenne. Une centaine de personnes les attendaient au Kavka, petite salle de concert en plein cœur d’Anvers. Chauffé en première partie par Knives To a Gunfight et Heart Of A Coward, le public a répondu présent au Metalcore teinté de Hip-Hop des Géorgiens.

Les hostilités ont tout d’abord commencé par Knives To a Gunfight. Originaire d’Anvers, il va délivrer un Metalcore pêchu, précis et sans concession. Il joue sur ses terres, cela se sent. Les fans sont là. Ils jouent des coudes pour s’emparer du micro et chanter à l’unisson avec le chanteur charismatique (et tatoué jusqu’au visage!), Mick. On se bouscule et on laisse la place à quelques mosh-pits au centre de la salle. Vu l’agencement réduit des lieux, inutile de préciser que la promiscuité est vite de rigueur. L’intensité monte d’ailleurs d’un cran lorsque le combo annonce que le concert est entièrement filmé afin d’en réaliser prochainement un clip. Il ne compte certes que deux années dans les jambes mais fait preuve d’une expérience certaine de la scène. Bonne découverte.

Le temps de se rafraîchir le gosier et ce sont les Anglais de Heart Of A Coward qui prennent possession de la scène et attaquent ‘Killing Fields’, titre aux chants clairs en fin de compo, n’ayant pas manqué de faire vibrer dangereusement les tympans. Ce type de voix n’est en effet apparemment pas le point fort de Jamie Graham, chanteur de la formation. Elle nous promet ensuite une montée en puissance au fur et à mesure des morceaux. Pas faux. Mais le set ne décolle pas et les titres s’enchaînent selon une linéarité quelque peu monotone. « Around a Girl (in 80 days) » clôture la prestation en une envolée de fausses notes vocales. Passons. Il est temps de refaire le plein en houblon afin d’accueillir la tête d’affiche.             

Première constatation : les Américains d’Attila ne sont que quatre sur scène. Nate Salameh, le soliste, manque à l’appel. Le band n’y fera d’ailleurs pas mention ni allusion pendant son show. On apprendra le lendemain, via le compte Facebook de Nate, que les quatre autres musicos et lui ont décidé de converger vers des chemins différents, le guitariste ayant désormais opté pour ‘un style de vie différent en ne consommant plus d’alcool ni de drogues ; ce qui s’avérait impossible comme membre du groupe’.

Le concert s’ouvre par un « Middle Fingers Up » qui met directement l’ambiance : le quatuor invite à jumper et le public suit sans broncher. Attila prend visiblement du plaisir à exécuter ses titres, malgré le format réduit des lieux. Alors qu’il rencontre un beau succès outre-mer, atteignant presque les deux millions d’écoutes sur Spotify, il doit encore faire ses preuves en Europe. ‘C’est vrai que nous ne venons pas souvent chez vous, mais c’est promis, on reviendra’ lance Fronz, le chanteur, en guise de promesse au public. La setlist reprend essentiellement des plages de leur dernier opus, « About that Life », reconnu unanimement par les critiques comme un succès. ‘Il y a la barrière de la langue, mais je vois qu’on se comprend quand même’. La confrontation des cultures européennes et américaines est en effet parfois palpable. Il peut paraître un peu surprenant de voir une formation profiter d’un break entre deux morceaux pour apercevoir qui, parmi le public, porte un t-shirt ou une casquette à leur effigie, tout en invitant ensuite chaleureusement les personnes présentes dans la salle à dépenser quelques deniers au stand marchandising. Il suffit de suivre quelque peu le groupe sur les réseaux sociaux pour se rendre compte que leur facette ‘business’ occupe une part toute aussi importante que celle musicale. Par chance, il a préféré ranger dans ses tiroirs les chaînes (à l’exception du batteur) et autres bagues ‘bling-bling’ arborées dans le clip « About That Life ». C’est d’ailleurs par ce titre, lors du rappel, qu’Attila clôture un show propre, percutant et fidèle à l’énergie insufflée dans leur dernier LP. On regrettera cependant la durée du spectacle : à peine moins d’une heure. Un combo incontestablement habitué à fouler les scènes dont la percée en Europe ne pourra qu’aller crescendo au fur et à mesure des prestations. Prochain rendez-vous lors des festivals d’été ?

Setlist : Middle Fingers Up – Hellraiser - Party With the Devil - Callout, - Sex, Drugs, & Violence - Break Shit - Shots for the Boys - Temper - Payback - Rage *** Rappel : About That Life                               

Do or Die

Un samedi soir sur la terre, en mode HxC.

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Stand For Truth et Do Or Die, la tête d'affiche, ont fait trembler la cité du doudou ce samedi 18 octobre. L'épicentre : l'Alhambra de Mons. Do or Die est une formation montoise née en 1999 qui reconnaît pour influences majeures, Machine Head, Sepultura, Slayer, Pantera, Metallica, Madball ou encore Cannibal Corpse. A son actif, 5 elpees studios, dont le dernier "The Downfall of the Human Race", remonte à 2011.

Reach The Shore était également au programme. Arrivé trop tard, j’ai manqué leur prestation.

Stand For Truth a vu le jour en 2010 et nous vient de Tournai. La formation, dont le nom apparaît de plus en plus à l'affiche des festivals, attirait mon attention depuis un moment.

Cet été 2014, elle a, notamment, participé à l'Antwerp Metal Fest et enchaîné au Dour Festival, pour défendre son premier album, "Game is over".

Ce soir, bien que le son n'ait pas joué en leur faveur durant les dix premières minutes, l'énergie dégagée a fait bonne impression.

Le problème réglé, le groupe confirme, alors, qu'il n'est pas là par hasard. J’ai bien fait de rester sur place.

Parmi les titres interprétés, je reconnais "Injustice for all" et "I'll make you pay" ; compos dont les vidéos ont pas mal circulé sur la toile.

Un Ep 6 titres devrait sortir au mois de mars 2015. En exclusivité, "Hope for the hopeless" nous a été présenté. Très prometteur, je pense.

A suivre !

Une petite demi-heure plus tard, Do Or Die, la tête d'affiche, investit les planches. Au sein du line up, on remarque la présence d’un nouveau batteur, Jonathan Chiarenza.

Pour ne pas déroger à la règle, c'est sur les chapeaux de roues que le show démarre. Et la surprise est de taille, puisqu’il s’ouvre par un nouveau morceau, "Crows".

L’aptitude du band à se réinventer est sa marque de fabrique. Pas étonnant que "Crows" fasse mouche, à l'unanimité.

Trois autres nouvelles compos, d'un futur sixième elpee, alimenteront la setlist, qui en comptabilisera dix-sept au total. Rien que ça !

Ils s'agit de : "Bella Famiglia soldiers", "Off with their head" et "You fucked us once, We kill you twice !"

Elles seront jouées avec un enthousiasme débordant et sans appréhension. Un professionnalisme exemplaire. Le public appréciera !

Finalement, tout semble facile pour ces ‘monstres’ de la scène hardcore belge et européenne.

Prouesses d'interprétation, vocales, techniques, rythmiques et même physiques seront au rendez-vous pour le plaisir des cinq sens ; voire six pour les plus férus d'entre-nous.

Un moment précis va marquer ma soirée. Chris Michez (chant), aujourd'hui orphelin de ses grands-parents, leur rendra hommage, en guise de remerciements pour l'homme qu'il est devenu, tout au long de la chanson "Heart full of pain".

L'altruiste qu'il est n'oubliera pas de la dédier à nos disparus, aussi.

C'est l'index levé vers le ciel qui donne le coup d'envoi.

Le concert se termine par  un classique et une reprise de Sepultura ; respectivement "Bella Famiglia" et "Roots bloody Roots".

Sachant que la salle est très difficile à dompter quand il s'agit d’acoustique, terminer cette chronique sans mettre en exergue l'ingé-son du band serait une erreur.

C'est très surpris et humblement qu'il m'a donné son nom. Jérôme Sanna, membre à part entière du combo, était donc aux manettes.

Une longue tournée s'est achevée, ce soir.

Résumé de la conversation réalisée en compagnie le Chanteur Stéphane Frocheur, à l’issue de leur prestation.

Do Or Die se prépare à sortir, pour mars 2015, son 6ème opus. Des négociations seraient en cours auprès de plusieurs labels, dont certains d'envergure.

Le mixing sera opéré du côté de Dallas, aux USA, par un certain Sterling Winfield (Pantera, Hellyeah, ...)

Quant à la production, elle sera assurée par Mikey Doling, guitariste cheez Snot, Soulfly et Channel Zero.

Ça va barder !

(Organisation Alhambra)

 

Rustie

Never Become Emotionally Attached to Man, Woman, Beast or Child

Écrit par

Russell Whyte, plus connu sous le nom de Rustie, déposait ses platines sur les planches du VK, ce jeudi 16 octobre pour y présenter « Green Language », un second LP en demi-teinte mais imprégné de bonnes grosses basses bien lourdes, à l’image de ce concert, qui en aura laissé plus d’un sur sa faim.

Pour son troisième passage sur une estrade bruxelloise (1ère fois en 2009 à l’AB, 2ème au Bozar Electronic Weekend en 2011), le DJ/producteur écossais a convié en première partie Yarin Lidor, DJ israélien qui explore le même terrain, un genre hybride et inclassable de Bass Music, Hip Hop et électro. L’homme propose un DJ Set sans grandes étincelles. Et des étincelles, cette soirée n’en produira pas énormément. Heureusement, il y a le bar.

Habitué aux retards de la salle molenbeekoise, c’est sur le coup des 21h que je débarque dans un VK quasi vide. Un rideau réduit l’espace de l’auditoire de moitié. Derrière le voile, un parterre clairsemé. Ce n’est décidément pas un succès de foule pour le jeune producteur de Glasgow. En attendant l’arrivée de ce dernier, Yarin Lidor fait timidement danser quelques clubbers du jeudi soir sur un set qui semble s’allonger indéfiniment.

Plus qu’une impression, puisqu’il a fallu attendre 21h45 pour que Rustie daigne rejoindre ses platines pour le ‘Live VJ Set’ annoncé. Derrière lui, l’écran diffuse des variations d’une seule et même image : celle de flamands roses illustrant la pochette de « Green Language » et le vidéoclip de « Raptor ». Le set démarre lentement sur quelques extraits de son dernier labeur. Pas content le Rustie ? Ou juste amorphe ? Le jeune homme affiche une mine fermée, résolument tournée vers ses machines. OK, vu le matériel déployé, les manips demandent certainement une bonne dose de concentration. Mais, sourire oublié en coulisse, l’Ecossais preste sans communiquer la moindre émotion. La salle gigote sur les « Lost », « Attak », « Surph », « Ultra Thizz » et autres capsules empruntées à ses collègues de Warp, comme le génial « Chimes » de Hudson Mohawke, qui sera le point culminant de la soirée. Et, à contrario d’un DJ set, pour que ce soit le titre d’un autre qui se révèle être le point culminant du show live d’un artiste, ce dernier a de quoi remettre en question sa prestation. Au bout d’une petite heure, le mecton lâche ses manettes et se barre sans se retourner. Allez, si, un petit rappel riquiqui et puis s’en va. Et je fais de même, assez déçu du résultat, malgré quelques passages pourtant prometteurs.

(Organisation : VK)

Erlend Øye

Un automne norvégien

Le ciel est bas et plombé au dehors. L'obscurité de l'hiver s'est glissée sur Bruxelles. Unique convive : la pluie. Le froid glace le sang. La mélancolie s’installe. Pourquoi ne venez-vous pas à l'intérieur? Allez, amusez-vous!

Quand un musicien de la trempe d’Erlend Øye, ancien membre de Kings Of Convenience et collaborateur régulier chez Röyksopp, revient sur le devant de la scène après 5 ans d’absence, forcément, on y jette une oreille attentive. Et on découvre un album enthousiasmant, à peu près aussi jouissif et audacieux que son premier effort, le déjà très surprenant « Unrest ».

À titre purement informatif, Legao, le deuxième essai du jeune Norvégien, a été enregistré entre 2013 et 2014 au studio Hljóðriti à Reykjavik en Islande aux côtés du groupe de reggae Hjálmar. Un choix singulier mais somme toute assez cohérent lorsqu’on écoute les nouveaux morceaux du Norvégien. À commencer par « Fence Me In », un petit bijou d’indie-pop lumineuse assez éloignée des tendances affichées dans le passé par Kings Of Convenience, si ce n’est dans cette façon de mélanger la légèreté à la gravité, de varier les esthétiques et les genres musicaux. Cette fois, c’est dans des tonalités mid-tempo, des sonorités exotiques et  des rythmes presque dub qu’Erlend Øye est allé puiser les arrangements souples et élégants de ses chansons efficaces.

L’inclassable Erlend Øye se met alors en scène. Artiste atypique à la silhouette d’adolescent dégingandé, au visage flanqué de lunettes époque Brejnev et fan absolu de ‘Data Pop’. Jeune extraverti qui arpente volontiers le monde blasé de l’électronique et de la culture club. Un concert plutôt ensoleillé.

Pourtant, l’ennui s’immisce rapidement. L’Orangerie est comble, l’auditoire suffoque dans la moiteur qui laisse peu de place et guère de confort pour accueillir votre hôte comme il se doit. Après 27 minutes d’attente pour commander un soda. 14 minutes de file devant les portes de l’Orangerie, l’angoisse vous étreint. La fatigue et la foule gagnent sur le concert. Un choix  s’impose : supporter ou le revoir. Après 4 morceaux, c’est la seconde solution qui s’invite et décide. Impérieusement. À bientôt Erlend Øye. Pas ici, pas maintenant.

(Organisation Botanique)

 

Avi Buffalo

Section rythmique défaillante…

Écrit par

Avi Buffalo est une formation californienne qui a publié son premier elpee en 2010. A l’époque, son leader, Avi Zahner-Isenberg, n’avait que 19 ans. Depuis, hormis l’un ou l’autre travail de production, il s’était montré plus que discret. Le combo vient donc de graver son second opus. Et manifestement, le songwriter n’a rien perdu de son art à torcher des pépites pop-rock. L’opus a d’ailleurs reçu d’excellentes critiques de la part de la presse spécialisée. Et deuxième bonne nouvelle, l’Américain se produisait, ce mercredi 15 octobre, dans l’intimité de la Rotonde du Botanique…

Après une première partie assurée par une jeune Belge répondant au nom de Leonore, place à la tête d’affiche. Le backing group d’Avi réunit une drummeuse, un claviériste et un bassiste. Armé de sa guitare, Zahner-Isenberg s’installe au centre du podium. A vue de nez la moyenne d'âge du combo de doit pas dépasser les 25 printemps. Pourtant, les musicos ont l'air à l'aise et dès leur entrée en scène, n’hésitent pas à discuter avec leur public. Malheureusement, les deux premiers morceaux sont perturbés par une sonorisation pas encore au point. Les claviers sont trop mis en évidence alors que la guitare et la voix passent quasi inaperçues. Et même si au fil du set, le son va s’améliorer, il ne sera jamais totalement parfait. Pourtant, au bout d’une vingtaine de minutes, Avi a déjà démontré ses talents de guitariste. Ses doigts se baladent sur le manche avec une aisance impressionnante. C'est d'autant plus flagrant lorsqu'il entame en solo un morceau de son premier opus (« Summer Cum ») sur lequel un arpège d'une efficacité remarquable est exécuté. Il attaque ensuite deux titres à la sèche, uniquement épaulé par son claviériste. Mais le charme n’opère pas et on est finalement  heureux de voir revenir les autres membres du band. La set list se consacre essentiellement au dernier elpee ; et peu à peu, l’auditoire commence à ressentir une certaine frustration. Pas que la qualité des titres soit en cause. D’ailleurs les mélodies son solides, et Avi maîtrise parfaitement son sujet. Par contre, hormis le claviériste –qui impressionne par sa dextérité sur les touches de son instrument– la section rythmique fait un peu pâle figure. Le bassiste n’est pas un prodige, mais il assume plus ou moins correctement son job. C’est plutôt la drummeuse qui est à la traîne. Désinvolte, lymphatique, elle se contente de caresser ses fûts. Résultat des courses, elle ne parvient pas à communiquer le moindre dynamisme aux compos. Ses acolytes ont beau se décarcasser, rien n'y fait, la mayonnaise ne prend pas et l’auditoire perd progressivement son enthousiasme.

Quand on quitte la salle, on reste sur un sentiment mi-figue, mi-raisin, convaincu que les morceaux –excellents sur disque, je le rappelle– auraient pu atteindre une autre dimension, si le backing group avait été à la hauteur. On réécoutera volontiers la discographie d’Avi Buffalo, mais on réfléchira à deux fois, avant d’aller le voir en concert. Ou tout au moins, on se renseignera sur les musicos qui accompagnent Zahner-Isenberg…

 

(Organisation : Botanique)

 

Camera

Motorikissime

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Les Berlinois de Camera entamaient ce mardi leurs trois dates belges à Liège. Un concert que votre serviteur attendait impatiemment, suite à la sortie de leur formidable nouvel album, "Remembre When I Was Dioxide Carbon" (voir rubrique chronique de notre site). Leur premier passage à Liège, dans le cadre du Microfetival 2013, m'avait laissé un peu sur ma faim. Le groupe, de fort mauvaise humeur suite, semble-t-il, à un conflit interne et des soucis techniques, n'avait pas vraiment justifié sa réputation de brillant performeur. JauneOrange avait alors promis de les inviter une nouvelle fois, à la première occasion. Ce nouveau rendez-vous a par contre amplement répondu à mon attente. Camera a démontré de la plus brillante manière qu'il est bel et bien une machine motorik exceptionnelle rôdée par des années de concerts sauvages dans les lieux publics berlinois et une tournée dans le monde entier quasi ininterrompue depuis 2012.

Mais commençons par évoquer la prestation du trio liégeois Back to Whitworth. Né sur les cendres d’Eté 67, le band n’a pourtant rien en commun avec le groupe de pop champêtre. Si le début du set peut rappeler la musique cosmique des années 70, en particulier les sonorités spatiales de l'orgue vintage, le propos se muscle progressivement et évolue vers des compositions plus math-rock saupoudrées de stoner. Agréablement surpris au départ, cette évolution me parle moins. Le son métallique de la batterie est agressif et cet instrument prend trop de place. On peut louer la technicité mais elle finit par lasser. Difficile de trouver un fil conducteur dans les courts morceaux finaux. Surtout quand on n'a jamais été grand fan de ce style. Ceci expliquant sans doute cela.

Chez Camera aussi, la batterie tient la place centrale. Motorikissimes, les rythmes de Michael Drummer (apparemment ce n’est pas un pseudo ; de quoi croire en la prédestination) sont l'élément moteur (fatalement) de la transe qu'impose progressivement le groupe. A côté de lui, sérieux comme Joseph Ratzinger, Timm Brockmann distille quelques drones sur son laptop mais surtout des sonorités synthétiques tournoyantes. Les deux compères sont accompagnés par un guitariste dont on n'apercevra le visage qu'à la fin du concert. Penché sur son instrument, les cheveux ballotant dans l'air rare de La Zone, il livre les accords cosmiques bouclés propres au krautrock.

D'interaction avec le public, il ne sera pas question. Pas un mot, pas un regard, pas un geste. Une froideur toute teutonne qui pour votre narrateur n'a pas d'importance mais peut-être, explique en partie le manque de réaction d'un public nombreux mais majoritairement amorphe voire même peu concerné.

Et pourtant, cette musique est terriblement excitante. Transique, psychédélique, faite de répétitions évolutives, elle passe de moments d'accalmie à des passages ébouriffants d'une rapidité extrême au gré du tempo des rythmes tribaux de Drummer.

Le premier morceau dure 15 minutes, le second 20. Enormes, hallucinants. On est entraîné sur les montagnes russes des percussions, le corps en ébullition et le cerveau déconnecté. On voudrait qu'ils nous emportent encore plus loin, on espère les mélodies synthétiques de l'album, des envolées de guitare. Elles ne viendront pas. Qu'importe. La scène semble pour Camera un monde à part où la transe prime, engendrée par les variations d'énergie et la répétitivité. Et tant pis pour ceux qui voulaient une copie conforme de leur remarquable travail en studio. Aucun morceau ne semble familier. C'est le royaume de l'improvisation maîtrisée. La dernière saillie, un peu plus brève et sans doute un rien moins intéressante donne à nouveau la part belle aux rythmiques. Drummer est vidé. Rideau.

Ce concert a provoqué en moi ce que seules certaines musiques africaines traditionnelles ont réussi à engendrer. Une déconnection quasi spirituelle, un état modifié de conscience. Pourtant, en y repensant, je suis certain de ne pas avoir assisté à la plus grande performance de Camera ce mardi soir. Mais je sais que la prochaine fois, l'expérience qu'ils me proposeront sera totalement semblable et complètement différente. Le propre du Krautrock. L'essence d'un grand groupe.

(Organisation JauneOrange)

Irma Pany

Un grain soul irrésistible dans la voix…

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La première fois que j’ai entendu parler d’Irma Pany, c'était en 2011. Elle venait de poster son futur tube « I Know », sur la toile. Les internautes lui ont ensuite fait confiance et ont financé son premier album, « Letter To The Lord », via la plateforme participative 'My Major Company'. Et l’elpee est rapidement devenu disque de platine. Son premier concert, elle l’accorde à l’Ancienne Belgique, en première partie de Stromae. Coiffée d’un bonnet, armée d’une sèche, et tirant parti d’une loop machine, elle s’y produit en solitaire. Et tout en démontrant déjà son immense talent, sa superbe voix fait déjà la différence. Quelques mois plus tard, elle foule les planches de l’Orangerie, devant un auditoire sold out, pour y livrer un set empreint d’une grande sensibilité.

Irma est depuis soutenue par un backing group. Elle se charge du chant, de la sèche et des percus. Des percussions auxquelles se consacre entièrement Claire Pastor. Le line up est complété par le drummer Nicolas Dacunha, la bassiste Elise Blanchard, le guitariste Gautier Vizioz ainsi que Nicolas Liesnard au piano et synthétiseurs. Agée de 26 printemps, la Camerounaise possède un grain soul particulièrement émouvant dans la voix. Et difficile de ne pas y succomber. Sur les planches, sa frêle silhouette et son instrument font littéralement corps. Que ce soit la guitare, le piano ou les percus, qu’elle alterne avec le même bonheur. Son second album « Faces », est paru début juin. Elle l’a enregistré aux States. Elle est donc venue le défendre. L'Orangerie du Botanique est en configuration assise comme il y a deux jours pour Adam Cohen.

L’estrade est complètement dégagée au centre. A gauche sont concentrés la bassiste (également préposée aux synthés), le guitariste, et sur une estrade, la percussionniste. A l'extrême droite, le drummer jouit d’un emplacement de choix, sur un petit podium. A ses pieds, s’est installé le claviériste. Le concert va débuter. La scène est balayée d’un light show aux couleurs jaunes/orangées. Manifestement, un événement va se produire. Effectivement, Irma déboule depuis de fond du décor, alors inondé de lumière. Elle a abandonné son bonnet, mais pas sa six cordes. Elle entame le set par le single qui a précédé la sortie de son dernier opus, « Hear Me Out ». Sa voix est douce, enchanteresse. Progressivement, elle l’amplifie avant de lui donner toute sa puissance, sous un tonnerre d’acclamations. Je suis déjà conquis. Et j’en attrape déjà des frissons partout. Première constatation, les percussions ont pris une plus grande place dans l’expression sonore, communiquant davantage de couleurs aux compos. « Letter To The Lord » et « Their Truth » ne manquent pas de charme. Irma demande de balancer les épaules et de se les tenir. Pas évident quand on tien un appareil photo en main. Mais on se plie au jeu. Le public et l’artiste sont entrés en parfaite communion. Et elle sera permanente. Pour « Save Me », elle a empoigné une mandoline, un r&b qui ne manque pas de groove. Les cordes acoustiques guident « Where Do You Go ». Une formule qui a fait son succès. Et qu’elle exploite ici, à fond.

Percus et applaudissements accompagnent la voix d’Irma tout au long de « Watching Crap On Tv ». Elle en profite pour retrouver toute la magie des sonorités de sa loop machine. Et on se délecte des « Street Lights », « Ain't Easy » et « Everything Comes And Goes ». « Trouble Maker » rend un hommage appuyé à Michael Jackson. Elle ose un pas de danse qui devient presque envoûtant. On a envie de la rejoindre, mais c’est interdit. Elle nous réserve une autre reprise, mais de Justin Timberlake, toujours aussi dansante. Pour « Love Me », elle participe activement aux percussions. Et la belle va même au charbon. Chaleureux, l’auditoire l’accompagne en tapant dans les mains. Une envie irrésistible de quitter son siège vous envahit, mais la sécurité veille au grain. Les consignes sont strictes. Restez assis, vous pouvez vous agiter, mais modérément. Elle n’oublie pas son hit « I Know », qui lui a permis de faire sa place sur la scène musicale. « Catch The Wind » n'est pas une reprise de Donovan. Ou je me trompe. Mais c’est surtout une chanson qui incite au recueillement. En fermant les yeux, on entre dans le monde du rêve…

« Unconditional » constitue le dernier titre du concert. Enfin, celui pour lequel elle est soutenue par ses musicos. Car elle revient pour un petit rappel, mais en solitaire. Elle s’assied sur le bord de l’estrade pour interpréter « End Of The Story ». Bouleversant ! Et nous réserve une version acoustique, empreinte de tendresse, d’« I Know ». Votre serviteur a passé deux soirées d'exception en trois jours dans cette Orangerie en configuration assise : Adam Cohen et Irma. Deux artistes talentueux, mais qui sont demeurés humbles. Et qui respectent leur public…

(Organisation : Botanique)

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