New Brutalism de 087 à 089…

New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

logo_musiczine

La fresque de Vincent Delerm

Six ans après « Panorama », le chanteur cinéaste au cœur battant Vincent Delerm élargit encore son travelling sentimental en gravant « La Fresque ». Un huitième album dont la chanson-titre parlée, sur un arrangement tout en palpitations électroniques et…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

The Wolf Banes - De Casin...
Hooverphonic

Yes

Un véritable marathon de rock progressif

Semaine nostalgie à l'AB ! Après Steve Hackett, le guitariste de Genesis et avant The Sisters of Mercy, place à Yes, le dinosaure du rock progressif des années '70 qui invite ses fans à réécouter en ‘live’ trois albums légendaires de leur discographie : « Close To The Edge » ('72), « Going For The One » ('77) et « The Yes Album » ('71). 

Le line up est quasi le même que celui qui avait déjà foulé les planche de l'AB en 2011 : Steve Howe à la guitare, Geoff Downes (ex-Buggles, ex-ASIA) aux claviers, Alan White à la batterie et Chris Squire à la basse. En 2011, un certain Benoît David avait joué le rôle de Jon Anderson, le chanteur malheureusement évincé. Cette année, c'est un nouveau sosie, l'Américain Jon Davison (Glass Hammer, Sky Cries Mary) qui s'y colle et la ressemblance est à nouveau étonnante.

La formation monte sur le podium sur la musique de « L'Oiseau de Feu » d'Igor Stravinsky, alors que sont projetées des photos d'époque et la pochette de « Close To The Edge ». Et c'est parti pour cet opus, qui ne compte en fait que trois longues pièces. Le contenu, on le connaît : il mêle prog, psychédélisme et jazz-rock, un cocktail transcendé par des harmonies vocales que n'auraient pas reniées Crosby, Stills and Nash.

Pour l'album « Going For The One », on passe à un format plus 'abordable' : les chansons sont moins longues et plus mélodiques. C'est sans nul doute mon LP préféré de Yes. La formation interprète à la perfection les petites merveilles que sont « Wonderous Stories », « Awaken » ou « Parallels ».

Après une pause de 20 minutes, Yes revient pour interpréter « The Yes Album ». Remontant à 1971, il recèle les classiques « Yours is no disgrace », « Starship Trooper » et « I've Seen All Good People ». Steve Howe nous gratifie aussi de son superbe solo de guitare acoustique, « Clap », dans lequel sa technique du finger-picking excelle au plus haut niveau. Après « A Venture », un titre qui n'avait encore jamais été joué en live avant cette tournée, le band finit en beauté par « Perpetual Change ». Et lors du rappel, nous avons encore droit à un dernier chef-d'oeuvre, « Roundabout », le single paru en 1972.

En conclusion, ce véritable marathon musical a duré 3 heures, un set peut-être trop long pour les mélomanes non avertis ; mais quel bonheur de voir que cette musique parvient encore à remplir les salles, en dehors de tout formatage commercial. Pour ma part, je ne peux m'empêcher d’avoir un petit pincement au coeur pour Jon Anderson, le grand absent de la soirée. Quant à ceux qui ne se contentent pas de ces concerts nostalgiques, je leur conseille de (re)découvrir l'excellent travail de Steven Wilson, en solo ou au sein de Porcupine Tree ; car cet artiste est parvenu à assimiler la musique des années '70 tout en créant un style nouveau, adapté au son d'aujourd'hui.

(Voir aussi notre section photos ici)

Setlist :

Intro : The Firebird Suite (Igor Stravinsky)
1. Close to the Edge
Close to the Edge
And You and I
Siberian Khatru
2. Going For The One
Going for the One
Turn of the Century
Parallels
Wonderous Stories
Awaken
3. The Yes Album
Yours Is No Disgrace
Clap
Starship Trooper
I've Seen All Good People

A Venture
Perpetual Change

Encore:

Roundabout

(Organisation : Ancienne Belgique)

Sharon Jones

Alive and Kicking

Écrit par

Mad Soul tonight at the AB! Sharon Jones est de retour sur les planches de l’Ancienne Belgique! Tout naturellement sold-out, le show intervient deux ans après son précédent passage dans la salle bruxelloise, qui avait laissé l’auditoire sur les genoux. Et une fois n’étant pas tradition, Miss Jones, accompagnée de ses éternels et mythiques Dap-Kings, a rallumé le feu au cœur de la capitale lors d’un show retransmit en direct sur YouTube.

Précédé d’un DJ set dispensé en dents de scie par l’Ecossais Keb Darge, pourtant connu pour dénicher de jolies pépites rares, le concert démarre ponctuellement, comme il est de coutume à l’AB. Place à la reine de la Soul actuelle, Sharon Jones, une sacrée boule d’énergie positive. A 58 ans, la dame de fer de l’écurie Daptones Records, resplendit plus que jamais.

Les huit Dap-Kings prennent place dès 21h, suivis des deux choristes qui figurent dans la vidéo de « Stranger To My Happiness ». En guise de mise en bouche, ils vont ensemble interpréter deux sympathiques morceaux extraits du premier LP à venir de l’une des backup singers, dont je n’ai malheureusement pas saisi le nom. De quoi chauffer doucement le public avant l’arrivée de la reine de la soirée. Et quelle reine ! Vêtue d’une petite robe grise et noire à franges, elle met le public dans sa poche, à peine débarquée sur les planches. A cause de son charisme, son humour et son talent incroyables.

Chez Sharon Jones, rien n’est statique. Les franges s’envolent, la tête se secoue dans tous les sens, les jambes se démènent malgré de hauts talons… Et une humeur sans faille communiquée à toute l’assemblée, malgré la présence de touristes qui ne parviennent pas à retirer le bâton de leur derrière. Les premiers rangs, eux, sont bouillants. La chanteuse se prête même au jeu de la danse langoureuse tout au long d’un morceau, en compagnie d’un jeune homme qui se s’est habilement glissé sur scène sans qu’on ne le remballe immédiatement. Un moment qu’il ne risque pas d’oublier, le Fred.

Qu’à cela ne tienne ! Elle fait ensuite appel à quelques demoiselles du parterre qui l’accompagnent le temps d’une efficace démonstration de danse. Du côté de la set-list, le groupe se concentre essentiellement sur « Give The People What They Want », quatrième LP paru en janvier dernier. Les envolées de cuivres se suivent et font mouche à chaque note, rehaussant ces arrangements Funk et Soul vintage, que Sharon Jones sublime de sa voix gospel. Un sans-faute pour cette grande dame qui luttait encore contre un cancer des voies biliaires, moins d’un an auparavant. Ce soir, il fallait être mort ou apathique pour ne pas avoir la moindre gouttelette de sueur qui perlait au milieu du front.

Les prochains rendez-vous belges de Sharon Jones et ses Dap-Kings sont prévus pour le 31 octobre au Vooruit de Gand, et le 6 novembre au Het Depot de Leuven. Deux options, aucune excuse !

(Organisation : Live Nation)

Détroit

Noir désir à l’Horizon

Écrit par

Cent ans de solitude et onze ans d’absence ne sont pas venus à bout du souffle de l’une des plus belles voix, de l’une des plus belles plumes de la scène rock française. Si la musique avait oublié Bertrand Cantat, ne fût-ce qu’un instant, le public avait résolument répondu présent ce jeudi 15 mai, à l’Ancienne Belgique de Bruxelles. Et quel accueil !

Quelques minutes à peine ont d’ailleurs suffi pour fermer tous les guichets de l’Hexagone et de Belgique.

Sans doute, certains s’attendaient-ils à un événement peuplé de quadras nostalgiques à la recherche du temps perdu. D’autres, à de nouveaux horizons sis au-delà du vide orienté vers une autre lumière, loin des rivages ‘sombres’ de Noir Désir, qui auraient définitivement brûlé les dernières pages du groupe culte français, grillé ses dernières cartouches. Par bonheur, Bertrand Cantat et Pascal Humbert ont réussi magistralement à garder le cap, à se frayer une voie médiane, louvoyant entre passé et futur pour s’ouvrir vers un Détroit plus que présent. Un voyage au bout de la nuit ? Pas vraiment.      

Un rendez-vous avec le temps traversé par une électricité spasmodique. Rarement une telle ferveur n’a saisi l’auditoire francophone de l’AB. Aux côtés de Bertand Cantat (Chant, Guitare) et Pascal Humbert (Basse, Contrebasse), militent Nico Boyer (Guitare), Bruno Green, alias ‘le Professeur’, (Claviers, Guitare) et Guillaume Perron (Batterie). Et cette équipe s’est vraisemblablement rendue coupable de l’un des meilleurs concerts de musique française, en cette année 2014. Rien de moins.

Certainement sensible à la critique de ses premières représentations, le ‘jeune’ groupe français ne cesse de revisiter ses concerts, de changer de formule, de trouver l’équilibre. Tant dans le répertoire que l’orchestration. Et vu le résultat atteint ce jeudi soir, le public bruxellois a certainement dû assister à la fin d’un ‘tour de chauffe’.

17 titres d’une set list qui sillonne habilement entre « Horizons » et le répertoire de Noir Désir totalement réorchestré. Entre l’envie furieuse de réécouter les anciens titres réinventés et de découvrir les nouveaux sur scène. Aucune concession, pas de prétexte au racolage nostalgique. Juste un nouveau Cantat qui préfère chanter sans lyrisme excessif ni grandiloquence, privilégiant une justesse émotionnelle déchirante.

Le frisson est constamment palpable dans la salle, il vibre derrière chaque mot, chaque note, chaque morceau. Il lézarde les âmes. Une pureté émotionnelle qui, cette fois, ne se cache pas derrière des violons. Ce soir, Détroit a décidé de sortir les guitares électriques et de laisser les cordes au vestiaire. Le temps d’un instant.

Hagard, cheveux ébouriffés et habillé de noir, Cantat monte sur les planches accompagné de son complice Pascal Humbert et de ses trois nouveaux camarades de jeu. Le chanteur est accueilli par une longue salve d'applaudissements ponctuée de ‘On t’aime’. Figé au centre de l’estrade, tel un enfant perdu dans la foule, il répond par quelques sourires, quelques gestes mêlés de mercis étouffés. Symboliquement, c'est sur Pascal Humbert que sont braqués les projecteurs pour les deux premières chansons de la soirée.

« Ma Muse » et « Horizon » en ouverture. L’atmosphère devient subitement troublante, suffocante. Une chape de béton scelle un public désormais muet. La tête rivée au ciel, les yeux fermés, comme absent, Bertrand Cantat revient sur l’indicible d’une voix bouleversante : ‘Qui de mon cœur ou de ma tête va // Imploser comme une étoile // Quel débris ou quel morceau de moi // D'abord te rejoindra.’ Pas question d’oublier !

« Des Visages des figures » vient ensuite atténuer l’intensité de l’émotion. Et nous rappeler, qu’outre une voix magnifique, intacte, l’artiste français est un grand parolier.

Dès les premières notes de « A ton étoile », le ton général change radicalement. Le leader de Détroit reprend progressivement confiance et retrouve les automatismes de l'homme de scène qu'il était du temps de Noir Dez, tourbillonnant avec sa guitare. Loin des polémiques et des controverses, les interprétations de Cantat et Humbert sont habitées d’une musicalité exceptionnelle. Le diable au corps, le chanteur se libère, crache, vomit ses émotions et enchaîne les tubes. Les riffs s’enragent, la batterie cogne et le public exulte. Un incendie volontaire largement maîtrisé par nos cinq pompiers-pyromanes.

Un set terriblement plus dynamique et électrique que celui des concerts précédents qui change de configuration lors du premier rappel. Un rappel sur lequel Pascal Humbert échange sa basse contre une contrebasse et vient souffler sur les braises à l’aide du violon de Catherine Graindorge et du violoncelle d’Anne Lisa pour interpréter « Droit dans le soleil » et quatre autres titres.

Après deux heures de concert, les cinq musiciens viennent frontstage, guitare à la main, pour un final furieux en communion totale avec le public sur « Le vent nous portera » et « Comme elle vient ». Un vacarme étourdissant produit par un auditoire braillant sans accalmie : ‘Comme elle vient vient // Encore et encore // Comme elle vient // Encore et encore…’ sur lequel Bertrand Cantat a eu juste le temps de lancer un ‘Bruxelles, je t’aime’ avant de disparaître en backstage.

Un très grand concert sans démesure, plein de sobriété et riche en émotion.  

Nietzsche suggérait ‘qu’il n’est pas de belle surface sans une redoutable profondeur’ (Naissance de la Tragédie), Cantat nous apprend qu’on ne crée pas de chant sublime sans un gouffre de souffrance sous-jacent.     

Notez également qu’après ce concert accordé dans une AB archi-comble, Détroit a décidé d’offrir à son public belge une troisième et dernière date à l’Ancienne Belgique, le mercredi 8 octobre 2014.

Voir aussi la section photos ici

La setlist:

Ma muse – Horizon – Des visages des figures – A ton étoile – Le creux de ta main – Lazy – Le fleuve – Lolita nie en bloc – Ange de désolation – Null & void

Rappel 1

Droit dans le soleil – Glimmer in your eyes – Sa majesté – Fin de siècle – Tostaky

Rappel 2

Le vent nous portera – Comme elle vient

(Organisation Live Nation)

 

The Chameleons (Vox)

Mark Burgess et Kompany…

Dirigé par Mark Burgess, l'un des plus talentueux chanteurs/compositeurs/poètes de l'histoire du rock (et un de mes ‘héros’), The Chameleons a marqué les années '80 en produisant des bijoux de rock post-punk psychédélique, comme "Script of The Bridge" ou "Strange Times". Malheureusement, la formation s'est séparée après la mort de leur manager Tony Fletcher, en 1987. Après avoir tenté plusieurs projets en solo ou en compagnie d'autres musiciens (The Sun and The Moon, Invincible, ...), Mark Burgess a décidé, en 2000, de reprendre le flambeau sous le vocable Chameleons Vox (la voix des Chameleons) à l’aide du batteur originel, John Lever et d'autres musiciens.

La tournée européenne qui passe par Het Depot, ce soir, repose sur l'interprétation intégrale du premier album des Mancuniens, « Script of the Bridge ». Probablement leur meilleure réalisation, elle remonte à 1983. En fin d'après-midi, j'ai eu la chance d'interviewer Mark Burgess. C'est un homme attachant, très brillant et pétri d'humour typiquement britannique. Il a parlé de son enfance à Manchester, des Beatles, de T.-Rex, de l'enregistrement de « Script... », de ses projets, etc., mais aussi, de son intérêt pour les OVNI, les expériences proches de la mort et les phénomènes paranormaux, en général. Cette interview sera publiée sur musiczine.net dans les tout prochains jours. Stay tuned !

Mais pour l'heure, concentrons-nous sur le concert. Het Depot est en configuration 'box', car un rideau coupe la salle en deux. Chameleons Vox n'attire pas la toute grande foule, mais c'est un public de véritables fans, majoritairement des quadragénaires, qui est venu vivre ce moment unique.

Dès la première chanson, « Don't Fall », le ton est donné. La formation reproduit à la perfection le titre original. Depuis qu'il a recommencé à jouer de la basse sur scène, Mark Burgess ressemble à s'y méprendre à l'image qu'il reflétait dans les années '80. Ce qui frappe également, c'est l'excellent travail réalisé par les deux guitaristes, qui ont réussi la gageure de reproduire les tonalités extrêmement élaborées, créées à l'époque par Dave Fielding et Reg Smithies ; des tonalités bourrées de réverbération (notamment, grâce à l'ampli Roland Space Echo). Le son général est parfait. Pas étonnant, puisque c'est l'excellent ingé’ Thomas ‘Mixmeister’ (TNproductions) qui est préposé à la table de mixage.

Après « Here Today », il attaque « Monkeyland », un des titres phares de l'opus. Le morceau s’ébroue tout en douceur, mais quand éclate le refrain, le public reprend comme un seul homme : ‘It's just a trick of the light !’ Le set embraie par « Second Skin », une de mes 10 chansons préférées toutes époques et catégories confondues. Sept minutes de pur plaisir, où l'on ressent pleinement la profondeur de l'inspiration de Burgess, qui puise ses racines dans les années '60 comme en témoigne l'allusion concédée au « Please, Please Me », des Beatles, glissée au beau milieu de la chanson. Dans la deuxième partie, superbement psychédélique, on flotte dans un autre monde, les yeux fermés, transpercés par la beauté hypnotique de la musique.

Les plages suivantes de l'elpee sont une succession de classiques incontournables et indémodables, depuis l'énergique « Up the Down Escalator » jusqu'au très sociologique « A Person Isn't Safe Anywhere These Days ». Au moment de « Paper Tigers » l’intensité est à son comble et la formation clôture sa prestation par le très beau « View From A Hill ».

De retour sur le podium pour le rappel, Mark Burgess nous réserve, a capella, la chanson que les fans de Manchester City, son club favori, entonnent en l'honneur de notre Vincent Kompany national, sur l'air de Mrs Robinson : ‘And here's to you, Vincent Kompany’... Un clin d'oeil très apprécié par un public de connaisseurs ! Ensuite, le band reprend « Looking Inwardly », une plage extraite du second elpee des Chameleons, « What does anything mean? Basically », avant d'entamer un autre tour de force, « Soul in Isolation ». Cette composition très élaborée, issue du troisième album du groupe, « Strange Times », s'étire sur plus de 9 minutes et comme d’habitude, Burgess s'y adonne au 'song dropping' en plaçant quelques extraits de « The End » (The Doors) et « Eleanor Rigby » (The Beatles). « Singing Rule Britannia (While the Walls Close In) » est présentée comme une chanson ‘Made in Manchester’ et Burgess y introduit également une évocation musicale, mais au « Transmission » de Joy Division…

Après une seconde pause, Chameleons Vox revient sur les planches pour interpréter le très funky « Swamp Thing » et le solide « Return of the Roughnecks ». Au final, excepté le manque relatif d'interaction entre les musiciens en ‘live’, ce concert a été en tous points parfait. On a pu se rendre compte de l'incroyable spectre qui caractérise les Chameleons : une musique forte et en même temps très sophistiquée, des paroles très poétiques, voire philosophiques, révélant un regard unique sur la société et la condition humaine. On attend impatiemment les nouvelles compositions que Mark Burgess et surtout son nouvel elpee qui devrait paraître dans le courant de l’année, une œuvre pour laquelle il a associé différents musiciens, à l’écriture...

En première partie, Reiziger, une formation louvaniste et limbourgeoise, a présenté un power-rock énergique, aux accents Sonic Youth / Fugazi / Girls Against Boys. Leur album « Kodiak Station » est sorti il y a peu sur Birch&Broom/[PiaS]. A suivre !

Organisation : Het Depot, Leuven

Setlist :

Don't Fall
Here Today
Monkeyland
Second Skin
Up the Down Escalator
Less Than Human
Pleasure and Pain
Thursday's Child
As High As You Can Go
A Person Isn't Safe Anywhere These Days
Paper Tigers
View From a Hill

Encore 1

Looking Inwardly
Soul in Isolation
Singing Rule Britannia (While the Walls Close In)

Encore 2

Swamp Thing
Return of the Roughnecks

 

 

Leaf House

Liègechester vous salue bien

Écrit par

Loin d’être en reste sur le plan qualitatif, la jeune scène liégeoise rivalise non seulement avec le reste du pays, mais peut aussi se targuer de posséder quelques pointures de calibre international.
Leaf House est bel et bien de cette trempe, et présentait fièrement ce vendredi, le résultat de deux années de travail.
Une ‘Release Party’ qui prélude, on l’espère, une grande carrière, il est vrai déjà joliment mise sur rails
.

Le public local ne s’est pas trompé, et a répondu en masse afin de participer à cette mise sur orbite.

Public majoritairement jeune. Logique, au vu de la moyenne d’âge affichée par le groupe. Une jeunesse qui sent bon la fougue et l’enthousiasme, tout en ne négligeant pas pour autant l’amour du travail bien fait et le soin apporté au sens du détail.

À l’écoute des nouveaux titres présentés ce soir, il ne fait plus aucun doute que le band liégeois entend entrer de plein pied dans la cour des grands.

Et de constater qu’il a tout pour réussir.

En ce sens, les prochaines dates de concerts leur permettront d’affûter un set qui possède exactement le bon dosage pour satisfaire aussi bien les festivaliers en quête de bonne humeur que les mélomanes plus difficiles.

En moins d’une heure, Leaf House balaie toute ombre de doute et impose d’emblée sa patte.

Un son, une pêche, un équilibre : de quoi mettre en valeur des compositions riches et particulièrement efficaces.

Il n’y a pas à dire, l’album est promis à un bel avenir, et le succès du groupe devrait dès lors logiquement suivre cette trace étoilée, bigarrée de mille couleurs.

Car leur musique s’écoute, mais se voit également, se déclinant dans un spectre large s’étendant au-delà de la simple quadrichromie.

Sans appartenir à une quelconque mode (ou alors la leur, qui adopte ses propres codes), et se prévalant d’atouts susceptibles de plaire à un grand nombre (sans pour autant tomber dans la facilité), Leaf House est un groupe heureux et prêt à s’épanouir.

Heureux, qui comme Ulysse et ses compagnons, entament leur carrière sous les meilleurs auspices.

S’il reste évident que le groupe à encore du chemin à parcourir (somme toute quoi de plus normal qu’un long voyage pour un groupe arborant ce patronyme ?), les gagnants du tremplin Ardentes (qui à ce titre ouvriront le festival), marquent déjà les esprits et se distinguent dans le paysage sonore local.

À suivre, donc.

Finalement, au sortir de ce concert, je ressens l’impression vivifiante de vivre au plus près l’histoire d’une scène en devenir, une scène amorcée par les mêmes passionnés, actifs depuis belle lurette, mais qui porte aujourd’hui les fruits d’un succès amplement mérité.

Et je ne peux m’empêcher d’y voir certaines similitudes avec ce Manchester d’une autre époque, elle aussi raillée pendant tout un temps, et qui est parvenue à sortir de la grisaille pour devenir un des pôles majeurs de l’industrie du disque.

Liègechester, vous salue bien.

(Organisation: JauneOrange)

 

Kaiser Chiefs

Séance d’essayage…

Écrit par

En ce 23 avril, Saint-Georges est célébré un peu partout en Angleterre. Et pour fêter cet événement, rien de tel que d’assister au concert de Kaiser Chiefs, un groupe de britpop toujours en vogue, dans une petite salle... Surtout lorsqu’on sait que ce combo a plutôt l’habitude de se produire devant des milliers de spectateurs, que ce soit indoor ou lors de grands rassemblement en plein air. Pour ponctuer sa tournée, et avant d’entamer la saison des festivals d’été (NDR : il est notamment programmé à Dour, ce 20 juillet), il a décidé de réserver à ses aficionados, quelques set intimistes. Dont la Flèche d’Or à Paris, la veille, et l’Orangerie du Botanique, ce soir.

Parfois on se demande pourquoi programmer une première partie. Surtout quand elle ne sert qu’à faire patienter le public. Et le DJ set de l’abonné Brett Summers en est une nouvelle illustration. Il tente pourtant de chauffer la salle. Mais sans succès. Faut dire que les aficionados de Kaiser Chiefs sont déjà agglutinés aux premiers rangs ; et ils attendent le concert principal. Et rien d’autre. La météo clémente invite plutôt à rejoindre le bar ou aller profiter des derniers rayons de soleil en terrasse et jardin.

Drôle d’intro sonore que le titre « War » version Tom Jones (à choisir, celle de Springsteen est quand même meilleure) ! Bref, enfin, les musicos de Kaiser Chiefs montent sur l’estrade comme une équipe de football, prête à aborder un match de ‘Champion’s league’ (NDR : ah oui, c’est vrai il y a une demi-finale ce soir). La prise de risque est minimale en débutant les hostilités par le tube « Everyday I Love You Less and Less ». Dans la foulée, Ricky Wilson, jamais avare de commentaires entre les titres, lance un ‘Brussels, I want to see you dancing !’ Qui ne provoquera guère d’effet. Car bien que chaleureux, le public ne remue pas tellement, et les pogos ne semblent pas figurer au programme de l’auditoire, ce soir. Les chansons s’égrènent et le turbulent leader joue au responsable de vestiaire. Il déplace un par un les blazers que des spectateurs ont entassé sur une enceinte. Et s’amuse à les revêtir au fil des morceaux. Avant d’inviter les propriétaires à récupérer leurs jaquettes sur l’estrade. Et à redescendre dans la fosse, tout en ajoutant ‘You’re wasting my time and the time of all the audience’. Il est vrai que vu la durée de la prestation prévue (NDR : 1h15), il était préférable de ne pas perdre trop de temps. Wilson introduit « The factory gates » par ‘It was the first song of our last album’ et « Coming home », par ‘Now we’ll play the second song’. Ben oui, ce sont deux plages issues de leur dernier elpee, fraîchement paru en mars, « Education, education, education war ». Manifestement, n’y a pas que les compos qui sont directes et un peu bourrues chez Kaiser Chiefs, la communication aussi. Les tubes « I predict a riot » ou « Ruby » ne sont pas oubliés. Et on a bien sûr droit au one-man show rituel du leader qui tour à tour descend dans le public ou lui demande de s’asseoir sur le sol. Il convie également une fan, (NDR : et pas une moche) à danser un slow. Puis, sur « Canons », il fonce comme un boulet vers la table de mixage et retraverse la foule en crowd surfing…

Après une brève interruption, le rappel met à nouveau une plage du dernier opus en évidence, « Meanwhile Up In Heaven », avant un retour aux origines en compagnie du premier single « Oh my god ». 

Bref, un set plutôt court comme annoncé –d’ailleurs quand l’heure de fin d’un spectacle est déjà annoncée, on est mis immédiatement au parfum– mais finalement, très agréable.

(Organisation Botanique)

Set list :

Everyday I Love You Less and Less
Ruffians On Parade 
Everything Is Average Nowadays 
Never Miss a Beat 
Little Shocks 
The Factory Gates 
Coming Home 
You Can Have It All 
Modern Way 
Misery Company 
I Predict A Riot 
Ruby 
Cannons 
The Angry Mob  

Rappel :

Meanwhile Up In Heaven
Oh My God 

 


San Fermin

Talent à l’état pur…

Écrit par

Attention talent à l’état pur ! Slogan quelque peu bateau et lancement de chronique un rien ‘marqueté’, mais rarement le Bota n’a autant eu l’impression de découvrir un petit groupe dont on sait pertinemment qu’il deviendra grand une fois le concert terminé… Tout chez San Fermin permet en effet de croire qu’ils trusteront les grandes scènes d’ici peu ! Le contraire ne serait que flagrante injustice.

La formation a emprunté son patronyme aux fêtes de la San Fermin qui se déroulent chaque année, au mois de juillet, à Pampelune, en Espagne. Elles célèbrent, depuis des siècles, le saint patron de la communauté autonome de Navarre, saint Firmin (voir article Wikipédia ici), un événement devenu autant sacré que profane, caractérisé par ces fameux lâchers de taureaux dans la foule.

Intitulé « Daedelus », son premier elpee est sorti en août 2013. Plus d’une vingtaine de musiciens y avaient participé. Mais la figure de proue est incontestablement le jeune mais tout-puissant compositeur Ellis Ludwig-Leone. Qui dirige un backing group de 7 musicos particulièrement talentueux. Et le concert de ce mercredi soir à la Rotonde du Botanique en a été la preuve parfaite. Derrière son clavier, le New-yorkais mène sa troupe d’une main de maître. Pas un hasard que ce fraîchement gradué de Yale ait été assistant du compositeur Nico Muhly, connu pour avoir bossé pour Antony and the Johnsons, Sufjan Stevens et Grizzly Bear…

Les morceaux du groupe de Brooklyn sont particulièrement brillants et auraient pu naître d’une rencontre hypothétique entre Sufjan Stevens (« Daedelus (What We Have) ») et The National (« Rennaissance », « Bar »), soutenue par un improbable brass-band légèrement jazzyfiant. Et ce cocktail de pop baroque a l’avantage de la diversification, atout qui procède notamment de l’alternance entre la voix de la chanteuse Rae Cassidy (sur le magnifique « Sonsick ») et celle, très proche de Matt Berninger, du chanteur Allen Tate. Mais l’instrumentation n’est pas en reste, le trompettiste, le violoniste et le saxophoniste –instrument remis au goût du jour ces derniers temps– apportent également leur pierre à l’édifice. Immédiats et entraînants, les morceaux à tiroirs de San Fermin sont épiques et euphorisent un public pourtant clairsemé ! En à peine plus d’une heure de concert et un rappel énergique à souhait, les New-yorkais ont entamé leur marche en avant sur les terres européennes. Les quelques nouvelles compos dévoilées annoncent, en outre, un nouvel album à la hauteur du premier.

Enfin, les huit musiciens sont de showmen, ce qui ne gâte rien. Ils n’hésitent pas à se fondre dans la foule ou à entamer d’improbables mini-chorégraphies pas prétentieuses pour un sou. Un concert vraiment irrésistible dans une salle qui semblait déjà être trop étroite pour eux !

(Organisation Botanique)

 

Arsenal

Arsenal jouait à la maison

Écrit par

Arsenal présentait fièrement son nouvel opus, « Furu », ce 19 avril à Anvers au sein d’une Lotto Arena survoltée.
Aller voir Arsenal en concert, c’est l’assurance de passer un bon moment. Le duo belge a la bonne habitude de transformer chaque salle qu’il visite en dancefloor, au bout de quelques notes ; et ce concert de la Lotto Arena n’a pas fait exception à la règle.
Plantons le décor, « Furu » est quelque peu différent des précédents opus. Moins exotique peut-être, un peu moins dansant, un peu plus rock, il reste néanmoins très efficace. Le challenge était d’insérer intelligemment ces nouveaux morceaux à un set complet sans dénaturer l’esprit Arsenal. Le groupe profite généralement de ses concerts à l’AB ou la Lotto Arena pour inviter de nombreux guests, comme lors des sessions d’enregistrements. C’est ainsi qu’hier, trois des chanteurs qui ont participé à la confection du disque avaient accepté de rejoindre la Lotto Arena : Lydmor, Tim Bruzon et Doseone.

Dès le début du concert, mes petites inquiétudes sur l’incorporation des titres de « Furu » sont balayées d’un revers de la main. Lydmor interprète brillamment “Timul (Lie Low)” et dans la foulée, Doseone et Tim Bruzon lui emboîtent le pas pour “Not Yet Free”, “Sharp Teeth” et “Beautiful Love”. Quatre titres du nouvel elpee parmi les cinq premiers morceaux, l’examen d’entrée est réussi avec distinction. Après cette petite introduction, le festival Arsenal peut commencer. Leonie, fidèle acolyte, charme les 8 000 spectateurs tout au long de “Switch” avant que Gabriel Rios, le vieil ami, ne vienne lui aussi apporter sa pierre à l’édifice.

Les compos se suivent et les classiques d’Arsenal mettent tout le monde d’accord. Toute la salle est debout, danse et chante, que ce soit en anglais, en français ou... en portugais.  “Melvin” vient clôturer le premier rappel et retourne complètement la Lotto Arena, dans une version remaniée et rallongée. Assurément un des meilleurs moments du show !

Ce concert est proche de la perfection, la setlist est bien balancée. John Roan et Léonie Gysel ont, comme toujours, une énergie incroyable et communiquent merveilleusement avec leur public.

Alors pourquoi décréter qu’il n’est que proche de la perfection et pas tout simplement parfait ? Parce que, pour avoir vécu leurs prestations à de nombreuses reprises, depuis plusieurs années, j’avais un petit goût de trop peu à la fin du concert. Je regrette de ne pas avoir vu la grande carcasse de Baloji venir interpréter “Personne ne Bouge”. Je regrette qu’en disposant d’une telle discographie, Arsenal ait pris la décision de jouer une seconde fois “Beautiful Love”, au cours de la soirée, pour clôturer le spectacle. “Beautiful Love” est un bon single, mais autant lors des dernières tournées, c’était un régal d’entendre une deuxième fois “Lotuk” ou “Melvin”, autant “Beautiful Love” ne méritait pas d’être bissé, même si Tim Bruzon la chante divinement bien.

Arsenal reste une valeur sûre. Et il mériterait certainement plus de reconnaissance et de succès côté francophone. Un conseil, ne les ratez pas ce 29 août prochain, lorsqu’il se produira dans le cadre du festival Scène sur Sambre…

Setlist:

Timul (Lie Low) (feat. Lydmor)
Not Yet Free (feat. Doseone)
High Venus
Sharp Teeth (feat. Tim Bruzon)
Beautiful Love (feat. Tim Bruzon)
Switch
The Coming (feat. Gabriel Rios)
Saudade pt1
Saudade pt2
One Day at a Time
Estupendo
Lovesongs (Propaganda) (feat. Lydmor)
Evaporate (feat. Lydmor)
Personne ne Bouge
Lotuk

Encore 1:

Woe-is-me (feat. Doseone)
Longee
Melvin

Encore 2:

Either
Beautiful Love (feat. Tim Bruzon)

(Voir aussi notre section photos ici)

Page 84 sur 154