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Epica - 18/01/2026
Kreator - 25/03/2026
Didier Deroissart

Didier Deroissart

mercredi, 11 juin 2025 19:20

C'est pas à vous qu'ça m'arriverait

Après 12 ans d'attente, Marcel et son Orchestre ont gravé un nouvel elpee intitulé « C’est pas à vous qu'ça m'arriverait ». Très actifs dans les années 2000, les membres de de la formation originaire de Boulogne-sur-Mer, usés par le rythme effréné des tournées, se sont imposés un break en 2012.

Le groupe, à l’humour décapant, toujours la cervelle en ébullition, plus imprévisible et insaisissable que jamais, incarne incontestablement le représentant le plus digne que la région Nord-Pas-de-Calais.

Une étiquette malgré tout réductrice, tant les carnavaleux n’hésitent pas à s’aventurer dans de multiples directions sans jamais perdre de vue leur faculté à électriser leur auditoire pour l’inviter à danser. Une équipe de joyeux lurons, donc, pour qui une technique hors du commun n’est pas forcément une fin en soi. Il est d’ailleurs difficile d’imaginer ce qui pourrait freiner Marcel et Son Orchestre dans sa vertigineuse quête d’absolu. Mieux vaut écouter ce nouvel elpee une première fois et en conclure que l’on n’a pas fini d’en faire le tour en prenant le temps d’y réfléchir. Dans un style où l’innovation n’est pas une évidence, les Nordistes confirment leur identité tout en étant capables d’y apporter quelques touches d’originalité qui les empêchent de tourner en rond. Enfin bref, la bande à Marcel n’est pas morte !

L’opus s’ouvre par un total déjanté « Stigmatisez-Moi ». Avec eux, une seule promesse : du fun, du son et une furieuse envie de chanter à tue-tête. La fête se poursuit par « Maudit Karma », un autre morceau festif teinté de sonorités ska et reggae, qui sent bon le soleil et le sable chaud de Kingston, où ils taclent le sourire carnassier d’une Marine érigée en épouvantail utile d’un macronisme dérouté. On enchaîne par le festif et afrobeat « Autocentré », un son venu d’Angola, un kuduro bien persuasif, copieusement balisé par un ensemble cuivré très intéressant.

En mode vintage french rhythm’n’blues à la Nino Ferrer, « L’Empathie » et « Bertrand, Pas Rassurant » persistent dans cette éloquence dénonciatrice. Le rocksteady « Le Dégoût » et ses claviers façon Tyrone Downie (NDR : le Jamaïcain qui a joué en compagnie de Marley atteste que le style festif issu de Kingston coule toujours dans les veines des Marcels).

En outre, c’est ludique, enrichi d’excellentes références, de citations, de Bashung à La Reine des neiges ; comme un blind-test pour grands érudits de la chanson, à l’instar de « L’Empathie ».

Évidemment, le collectif dégage toujours cette ambiance tonitruante, entre ska, punk, afrobeat et rock insulaire. Franck, le meneur de l’équipe, est intarissable sur les riches heures des années 70/80… Branchez-lui Stranglers, Fela Kuti ou Talking Heads, et il s’emballe. Un air d’Acadie souffle sur « Dans ma Boudinette », un cajun pur jus. Introduit par quelques cris de mouettes, le funky rap en ch’ti « V’là l’Dégât » pastiche le Sugarhill Gang et Kool & The Gang, sur un flow de cuivres arrangés aux petits oignons.

Festif, déjanté, schizonévrosé à souhait et délirant !

The Intemperate Sons a fait irruption sur la scène rock alternative de Dallas (Texas), à l'été 2019, se distinguant immédiatement par un son mêlant riffs de guitare brûlants, mélodies obsédantes et profondeur émotionnelle brute. En 2021, son talent incomparable a attiré l'attention de Ryan Shuck et Amir Derakh - légendes dans le monde du rock grâce à leur travail pour Orgy, Dead By Sunrise et Julien-K - qui ont signé le groupe sur leur label, Frame|Work.

Formé par la famille Watson - Keith (batterie), Jake (guitares) et Max (chant, guitares, clés) - ainsi que le bassiste Mark Marks, The Intemperate Sons est une affaire de famille avec une connexion profondément enracinée qui imprègne chaque note que les musiciens jouent.

Keith, artiste chevronné connu pour avoir dynamisé des foules massives lors de projets tels que Gun Hill, Natural Born Thrillers et Agents Of Solace, pose les fondations lyriques et rythmiques du combo. Son travail sur des titres comme « Dust To Dust », « The Color Within » et « Unrealized » montre sa capacité à puiser dans les recoins les plus sombres de la psyché humaine, transformant la douleur personnelle en un rock hymnique.

Max Watson, multi-instrumentiste et leader du band, apporte un mélange unique de polyvalence et d'intensité. L'approche méticuleuse de Max en studio, où il crée sa collaboration avec Keith sur des titres comme « Way Back When » révèle une voix aussi fascinante que diffusent des harmonies vocales complexes, garantit que chaque chanson résonne à un niveau viscéral. Sa voix lyrique sur des plages comme « Faceless Man » et « Once Again » met en évidence son talent en tant que voix d'une génération.

Jake Watson, le principal architecte sonore de la formation, est un maître de la narration musicale. Son approche novatrice de l'écriture de chansons - évidente dans des morceaux comme « Remission », « Way Back When » et « Wading in the Gray » - transforme les paroles en récits puissants. Son rôle va au-delà de la musique, car sa vision artistique influence tout, de l'identité visuelle du groupe à sa présence sur scène.

Mark Marks, la force unificatrice à la basse, apporte à la fois son expérience et son groove au groupe. Vétéran de la scène musicale de Dallas, il apporte une contribution indispensable au processus d'écriture de The Intemperate Sons. Ses succès passés, dont la première partie d'icônes du rock comme Sebastian Bach, témoignent de son talent et de son dévouement.

Le partenariat avec Tony Franklin (The Firm, Whitesnake) sur ce premier long playing, « The Color Within », souligne encore l'engagement de la formation envers l'excellence, le travail de la basse de Franklin ajoutant de la profondeur à des titres marquants comme « Dust to Dust » et la chanson-titre.

The Intemperate Sons propose une approche convaincante du rock alternatif, fusionnant l'intensité grinçante du hard rock et des éléments folk et grunge. Sa musique est un voyage sombre et introspectif qui résonne dans l'âme, suscitant des comparaisons avec des combos emblématiques comme Alice In Chains, Stone Temple Pilots et R.E.M. Le lien familial entre le clan Watson se manifeste dans leur son unique - un mélange d'hymnes à la guitare et d'harmonies vocales complexes qui résonnent longtemps après le dernier accord.

La vidéo du single « Dum, radio edit » est disponible

 

This Will Destroy Your Ears verse dans le dark wave, puise son inspiration dans la noirceur des sons de l’Angleterre des années 80 tout en y mêlant des notes psyché accrocheuses et des salves soniques noisy. « Funland », son nouvel album, sortira le 10 octobre 2025. Il a été produit et mixé par Ben Hampson (DITZ, Lambrini Girls) et masterisé par Katie Tavini (Bloc Party, Los Bitchos),

This Will Destroy Your Ears voit le jour en 2018 dans les Landes et part aussitôt sur les routes anglaises, partageant la scène avec USA Nails, JOHN ou Black Midi. Cette première tournée, dans un vieux Renault Master surnommé Georges par les Anglais, donne le ton : frontal, sans détour et farouchement DIY.

Son troisième elpee, « Funland », est le premier entièrement enregistré dans son propre studio d’enregistrement (Recording United), niché au cœur du tiers-lieu Kontainer, dans les Landes — un espace de création autant inspiré par la Factory de Warhol que par l’activisme DIY de Death By Audio. Inspiré de leurs virées anglaises, et en particulier de Blackpool — station balnéaire en Technicolor délavé — le disque tire son nom d’un parc d’attractions à la dérive : un mix improbable mais magique de machines à sous mourantes, de clowns tristes et de néons blafards. Une carte postale de cauchemar pop, quelque part entre David Lynch et Stephen King.

La vidéo du premier single « Gorgeous Eve Holds A Banger Hammer », est à voir et écouter ici

 

jeudi, 12 juin 2025 09:42

Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels des années 60, l’âme vibrante de la Motown, et l’improvisation subtile du jazz. Formé de sept musiciens passionnés, le groupe (qui se prononce Denver) propose une musique à la fois riche et moderne, où cuivres flamboyants, rythmiques envoûtantes et voix chaleureuse s’entrelacent pour créer une expérience live intense. En parallèle de sa carrière scénique, la formation a remporté plusieurs tremplins et dispositifs de soutien à l’émergence tels que Blues de Traverse, INKUBB, GO, et Pop-Up, prouvant la qualité de sa proposition artistique. Sa musique, à la croisée des genres, est un appel au voyage entre des racines soul profondes et une modernité audacieuse.

2025 marquera un tournant, puisque le band sortira son premier elpee. Il a été mixé par Arnaud Fradin, leader du groupe nantais Malted Milk, et masterisé à Los Angeles par Gerard Albo, ingénieur du son ayant travaillé pour Amy Winehouse. Il a été enregistré à la Gare aux Musiques de Louviers et s’accompagnera d’une tournée de lancement, une étape clé pour affirmer encore davantage leur identité musicale.

Depuis sa création, DNVR s'est forgé une solide réputation sur scène, comptant une trentaine de concerts à son actif et des premières parties prestigieuses pour Faada Freddy et The Brooks. Ces performances ont confirmé son statut de formation à suivre, capable de captiver et de faire vibrer toutes les générations.

La vidéo du single « Milkshake » est disponible ici et celle de « Jealousy », 

 

samedi, 31 mai 2025 09:38

Un second volume pour Mensis…

Mensis a sorti son second album, » Mensis II », ce 15 mai. Une fresque musicale très pop entre nostalgie des années 70/80 ce et modernité. Réunissant Marta et Ange, le duo explore les méandres des souvenirs, le passage du temps et le lien complexe entre les individus et la société.  « Mensis Vol II » délivre une pop légère et cinématographique qui sent bon l’été, les vacances, la plage, la fête, à l’image de sa pochette.

Duo de voix et d’écriture, Mensis est aussi un couple dans la vie. La voix grave et sensuelle de Marta, passionnée de romans, est portée par les musiques d’Ange, multi-instrumentiste, qui navigue entre la pop 80’s, la soul music et le rock psychédélique.

Après un premier opus, « Second Step On The Moon », qui nous emmenait dans un voyage onirique, le groupe revient avec une œuvre encore plus audacieuse influencé par la pop des Wings, la soul et les violons de Barry White et le psychédélisme rock de Tame Impala.

Le nouvel extrait qui accompagne la sortie de l'opus, « Tôt ou Tard », bénéficie d’un superbe clip en noir et blanc réalisé par Fabrice Leseigneur.

Si le premier extrait, « Arimna », nous transportait à Rimini, évoquant les souvenirs de vacances familiales dans les années 70 en bord de mer, les premières rencontres, les sorties, les amis, le second, « Shooting Stars », nous a projeté dans les étoiles.

Le réalisateur Lionel Payet Pigeon a entièrement généré les décors et nos deux musiciens à la découverte d'une nouvelle planète sauvage de ce clip à l’aide de l'intelligence artificielle. Rien de mieux que l'espace pour admirer les étoiles filantes.

Le clip de « Tôt ou Tard » est disponible ici et d’« Arimna »

 

samedi, 17 mai 2025 16:42

La fusion à chaud de High Fade…

Ce soir, le Zika-Zak a programmé High Fade, un power trio écossais. Originaire d’Édimbourg, il pratique un funk cold school (très seventies, si vous préférez) qu’il mêle à du disco, de la soul et d’une pointe de rock, pour concocter une solution sonore contemporaine.

Fondé en 2018, le band ne compte qu’un seul album à son actif, « Liftes Too Fast », paru en avril 2024 (NDR : dont il va nous proposer de larges extraits, lors du show). Pourtant, il a déjà reçu une multitude d’éloges de la part de poids lourds de la musique, et en particulier de Rage Against The Machine. En outre, au cours des 4 dernières années, il a joué plus de 1 000 concerts. Et c’est son premier en Belgique !

La première partie est assurée par la formation irlandaise, Amos Moses. Originaire de Galway, elle réunit d’anciens membres de Ol’ Times, dont le guitariste Colm Brennan. Le line up implique également un chanteur, un batteur et une bassiste qui joue pieds nus.

Le quatuor jouit d’une solide réputation sur les planches, en Irlande et en Angleterre. Pas encore d’album à son actif, mais plusieurs singles, dont le dernier, « Lady In White », paru ce 26 avril, dure près de 7 minutes. Sur disque, ce blues doux et langoureux, tramé essentiellement sur un orgue Hammond, prend aux tripes. En ‘live’, cet instrument est remplacé par des sonorités de six cordes particulièrement saignantes. Le drummer frappe sauvagement ses fûts. Le vocaliste possède une voix de tueur. Un set court mais bien électrique qui a superbement chauffé l’ambiance avant la tête d’affiche (page ‘Artistes' ici). 

Place à High Tide ! Le chanteur-guitariste et le bassiste arborent fièrement le kilt. Dès les premières notes de « Burent Toast & Coffee », le ton est donné : une rythmique irrésistible, une énergie débordante, des breaks parfaitement maîtrisés et ce son vintage qui incite les spectateurs à se déhancher sans retenue.

La force de ce groupe réside dans un groove irrésistible et une énergie débordante sur les planches. Ajoutez-y un look rétro, une attitude positive et une générosité sincère envers le public, et vous obtenez la recette du succès de High Fade. Le trio implique le batteur Calvin Davidson (qui fait vibrer le groupe et partage les tâches vocales sur certaines chansons), le bassiste Oliver Sentence (qui canalise le funk avec son style très axé sur le slip et ses envolées vibrantes) et le guitariste/chanteur Harry Valentino, qui dirige le tout à la manière de Jack Black chez Tenacious.

L'interaction avec le public est omniprésente. Valentino semble constamment inquiet de voir quelqu’un dans la salle qui ne passe pas un moment formidable. Il vérifie donc continuellement que tout le monde est prêt à s'éclater. Leur énergie brute, leur musicalité impeccable et la joie pure qu’ils dégagent en ‘live’ sont indéniables. Le public ne tarde pas à répondre présent : dans tous les coins de la salle, ça danse, ça tape dans les mains et ça chante les refrains les plus accrocheurs. Et surtout, sur l’insistance du chanteur, les bras vont dans tous les sens. Ce qui frappe chez High Fade, c’est sa capacité à faire revivre l’esprit des années 70 tout en conservant une fraîcheur ultra contemporaine. Le look des musicos, leur attitude et les arrangements constituent à la fois un hommage aux grands du funk - James Brown, Sly & The Family Stone ou Prince - et une proposition résolument actuelle. Mention spéciale au titre « Sharpen Up », véritable hymne funky qui enflamme la salle.

Les musiciens ne se contentent pas de jouer de la musique, ils créent une atmosphère où rester immobile est impossible. La piste de danse devient un océan de mouvements, les fans se nourrissant de l’énergie du combo et vice-versa. Qu’ils enchaînent des grooves profonds et percutants ou qu’ils explosent dans de solides solos, chaque instant est vivant, spontané et électrique. Et ce qui marque les esprits, c’est l'intensité trempée de sueur, les sourires éclatants échangés entre ses membres, et la joie pure qui irradie l’auditoire. C'est le genre de spectacle qui vous rappelle pourquoi la musique ‘live’ est si spéciale. Le genre qui vous laisse en haleine longtemps après la dernière note. D'une tonicité presque digne de Whiplash et d’une durée de 15 minutes, le solo de batterie est une merveille. Il semble presque achever Davidson, et à la fin, votre serviteur ne sait plus s'il y a une machine à fumée ou si c'est de la vapeur qui s'échappe de son corps, tant son drumming est rapide.

À la fin de son concert, lors du retour du groupe pour un rappel, la salle est prête à se lâcher.

La dernière partie du spectacle est un pur chaos : une énergie brute, à faire danser comme si votre vie en dépendait. C'est un peu si Rush et Red Hot Chili Peppers osait une jam en combinant rock classique, prog, funk old school et beaucoup de disco, sans oublier une touche de jazz fusion des années 70 et 80, alors que les mélodies restent plutôt pop.

Le dernier morceau du set, « Burnt Toast and Coffee », rend de l'énergie au groupe, embrassant le rock à la manière d'un AC/DC renaissant. Après une brève pause, pendant laquelle le bassiste demeure seul sur scène, la formation revient pour interpréter ce qui sera probablement le titre le plus fort de la soirée, « Life's Too Fast », avant de clore le show par « Break Stuff ». Epatant et incendiaire !

Setlist : "Gossip" - "Fur Coat" - "Taking Care Of Business" - "Sometimes I Wonder" -"Harry's Guitar Solo" - "Bone To Pick" - "Pick Me Up" - "The Jam" - "Burning" - "Chameleon" - "Calvin's Drum Solo" - "Sharpen Up" - "Burnt Toast And Coffee"

Rappel : "Life's Too Fast" - "Break Stuff".

(Organisation : Rock Nation et Zik-Zak)

Photo : Vincent Van Wesemael

lundi, 26 mai 2025 19:17

Le temps est venu pour Wati Sera

Quand le blues saharien croise l’énergie brute du rock, on obtient Wati Sera, un quatuor où la transe rythmique se mêle à une intensité électrique. Son premier Ep, « Le Temps Est Venu », est disponible depuis le 10 avril 2025. Né du projet Strange O’Clock, Wati Sera inclut Cély Laurent (chant, calebasse, tambourin), Tof Balasakis (guitare), Guillaume Chevillard (batterie) et Bertrand Dessoliers (basse, membre du groupe No One Is Innocent), qui vient insuffler une puissance nouvelle à cette alchimie musicale.

Sa musique puise dans le blues africain, le rock psychédélique et la transe saharienne, mêlant percussions organiques, riffs hypnotiques et une voix envoûtante qui alterne dioula et anglais. Entre groove lancinant et éclats électriques, Wati Sera redessine les frontières qui séparent héritage et modernité. Son patronyme, signifiant ‘Le temps est venu’ en dioula, langue d’Afrique de l’Ouest, incarne la promesse d’être au bon endroit, au bon moment, pour partager une musique authentique et riche d’histoire. Wati Sera déploie une musique originale en puisant dans un socle blues et en s’inspirant de la musique africaine, psychédélique et rock. Cette fusion audacieuse crée un afro-rock blues à la fois contemporain et profondément enraciné.

La voix évocatrice de Cély Laurent se marie à la virtuosité de Tof Balasakis, tandis que Bertrand Dessoliers et Guillaume Chevillard apportent une dimension rythmique puissante. Selon l’harmoniciste Vincent Bucher : ‘Tantôt trépidante, tantôt méditative, la musique de Wati Sera déploie un groove jazz-blues agrémenté de transes sinueuses du Sahara et d’un chant inspiré en dioula ou en anglais, le tout filtré par une savoureuse sensibilité européenne’.

La vidéo de « Feel Yourself » est disponible ici

 

 

 

 

 

lundi, 26 mai 2025 19:15

Pourtant, Gabrielle Verleyen…

D’une voix forte et veloutée, Gabrielle Verleyen réconcilie l’indie-folk et la pop à texte française. Dans un univers sonore sans bord, mélancolie et sérénité se côtoient pour offrir un paysage intime et lumineux. Cette ex-timide découvre, à plus de 20 ans, sa voix comme un passeport, voix qu’elle réservait jusqu’alors aux murs rassurants de la maison familiale. Un diplôme de Langues et Littératures romanes en poche, elle s’échappe à Rotterdam pour y intégrer un conservatoire de musiques du monde. Et c’est son propre univers qu’elle se crée, fait de vécus personnels et d’influences (pop-folk, indie rock et musique indienne). De ce séjour, il reste des expériences, parfois douloureuses, qu’elle évoque en anglais, par respect pour la langue de celles-ci. Mais quand les choses se vivent ici, c’est en français qu’elle ose les dire.

En 2018, elle remet le cap sur Bruxelles, avec quelques compositions en poche et beaucoup de tristesse liée à ce départ. C’est sur ce terreau nostalgique qu’elle écrit la plupart des chansons de son premier Ep, « Le Lac ». Sorti fin 2021, on y découvre une cartographie intime et sincère. Son premier extrait, « Le Renard passe », a rayonné des ondes belges jusqu’au film international, ‘American Night’ (Alessio Della Valle, avec Rhys Meyers, Emile Hirsch, etc.). Belle récompense pour la jeune femme, qui avait déjà remporté la 3ᵉ finale du ‘F dans le texte’ la même année. Ces reconnaissances et les critiques positives de cet Ep lui permettent de se produire sur quelques belles scènes (Botanique, Atelier 210, Théâtre National, Le 140, Festival FrancoFaune, LaSemo), accompagnée par le guitariste Romain Verwilghen, le tromboniste Julien Guilloux et le batteur Édouard Cabuy.

Sur fond de guitares planantes, parfois saturées, et de sonorités indie-folk, Gabrielle nous plonge dans une mélancolie rêveuse traversée d’éclats de lumière. D’une voix singulière, Gabrielle Verleyen dévoile les contours d’une histoire d’amour douloureuse en tentant de comprendre et de réparer ce qui peut l’être. Porté par un refrain dont le ton doux et sucré charme instantanément, le titre annonce un premier album, prévu pour début 2026.

Le morceau est accompagné d'un vidéo clip réalisé par Cyril Marbaix et met en scène un road trip décalé, en compagnie d'une mascotte peu ordinaire.

Le clip de la vidéo « Pourtant », est disponible ici

 

Dimanche 07 septembre 2025 – Laurent Spencer Smith – Ancienne Belgique, Bruxelles

Vendredi 10 octobre 2025 – Jessie Murph - Ancienne Belgique, Bruxelles

Dimanche 05 octobre 2025 – Yungblud – Forest National, Bruxelles

Lundi 06 octobre 2025 – Flo – De Roma, Anvers

Dimanche 12 octobre 2025 – Kae Tempest – Bozar, Bruxelles

Vendredi 14 novembre 2025 – Isabel LaRosa – La madeleine, Bruxelles

Mardi 25 novembre 2025 – Baxter Dury – Ancienne Belgique, Bruxelles

Jeudi 27 novembre 2025 – Lorde – Forest National, Bruxelles

Mercredi 29 avril 2026 - The Haunted Youth – Cirque Royal, Bruxelles

Mercredi 22 juillet 2026 – Bad Bunny – Stade Roi Baudouin, Bruxelles

http://www.livenation.be/

vendredi, 21 mars 2025 11:47

Comme lors d'un showcase…

Ce vendredi 21 mars, Lemon Straw est programmé au Zik-Zak, à Ittre. Pas mal de têtes connues dans le public, entre deux âges. Il y a également de nouveaux fans qui viennent découvrir ce groupe. Et le concert est sold out.

Gianni Sabia est issu de la commune de Frameries, près de Mons. Après avoir travaillé cinq ans en usine, il décide de tout quitter et part s’installer en Angleterre, puis aux États-Unis. C’est au pays de l’Oncle Sam qu’il s’initie à la composition et écrit ses premières chansons. Lorsqu’il revient en Belgique, il fonde Lemon Straw, un patronyme qui se réfère à la paille (straw) que le John Lennon servait aux clients du bar new-yorkais où il travaillait. Boris Iori et feu Renaud Lhoest (il est décédé en 2014) se joignent au line up, et un premier Ep autoproduit est gravé fin 2007. La formation ne cherche pas le succès rapide et foudroyant, mais préfère prendre le temps de composer et de se créer un univers en tournant sur de petites scènes dans toute la Belgique francophone. Depuis, le combo a sorti cinq elpees studio, dont le dernier, « Jump », est paru en janvier 2025. Et inévitablement, la setlist va inclure plusieurs plages de cet LP.

Le supporting act est assuré par Coralien, un artiste belge aux multiples facettes. Sa longue chevelure blonde et bouclée lui confère une bonne bouille. Auteur, compositeur, interprète, multi-instrumentiste et producteur, il a d’abord publié cinq singles qui ont connu un certain succès sur les ondes belges, le propulsant sur le devant de la scène noir-jaune-rouge. En 2023, il publie son premier opus, « Métronome ». Découpé en dix plages, il reflète sa créativité. A la fois subtiles, puissantes et chargées d’émotion, ses compositions sont teintées d’envolées lyriques. Ce soir, il va nous en réserver quelques-unes.  

Sa passion pour la musique, qui mêle pop et rock, tout en en ne négligeant pas l’électronique, filtre à travers ses chansons, qu’il écrit, compose et produit avec une grande précision. Et soutenu sur les planches, par un drummer bigrement efficace, il crée un univers sonore qui lui ressemble (Page ‘Artistes’ ici)

Place ensuite à la tête d’affiche. Installé au centre du podium, Gianni Sabia est équipé de ses grattes semi-acoustiques Gibson, achetées aux États-Unis (selon lui, c’est moins cher là-bas). Il se charge aussi, parfois, des claviers. Il est épaulé par Martin Moreau (Feels, Mingawah), à la batterie, perché sur une estrade, de Boris Lori aux guitares, dont la lap steel, et à l’harmonica, et l’un des deux frères Chainis, Grégory, à la basse.

Gianni prend soin de saluer tout le monde, puis le quatuor entame le set par « Broken Window ». Il s’agit d’un premier extrait du nouvel album, « Jump ». La ligne de basse est bien mise en avant sur ce morceau pop/rock dépouillé, mais empreint de sérénité et de sensibilité. Caractéristique, la voix de Gianni est à la fois sablée, chaude, aérienne et à fleur de peau ; et tout en posant la mélodie, ses émotions transpirent à travers ses textes.

Extrait de « Puzzle », paru en 2020, « Magic World » embraie. Une compo d’abord paisible, avant de s’emballer. En outre, elle a un feeling radiophonique.

L’ambiance est sympathique, et le contact entre les artistes et le public est excellent. Gianni est très interactif face à ses fidèles spectateurs. Avant chaque chanson, il décrit l’ambiance dans laquelle elle a été écrite et en raconte l’histoire ; ce qui n’est pas dénué d’intérêt.

Le light show n’est pas agressif, mais met bien en valeur les artistes et l’auditoire.

Sauf durant les morceaux interprétés en solo par Gianni (à la guitare ou au piano), les interventions de Martin sont dynamiques. Manifestement, il est en forme !

Entre folk, rock, blues et pop, l’univers sonore est régulièrement hanté par Bruce Springsteen, mais aussi par Charlie Musselwhite ou Ben Harper, notamment quand Boris souffle dans son harmonica ou joue de la slide guitar.

« Jump », c’est le titre du denier long playing et celui du premier single qui en a été extrait. Gianni passe derrière les claviers et la chanson nous transporte dans un voyage évoquant les grandes plaines du Far West. Une petite pause s’impose. Problème technique. Vite résolu. C’est du ‘live’ !

Le concert reprend par « Home ». Avant un nouvel extrait de « Jump », « Don’t Look Up ». Le concert se termine par « Run », issu de l’elpee, « See You On The Other Side » (2010).

Un concert tout en douceur et en musicalité. Et les émotions livrées par Gianni transcendent ses chansons accordées tout au long d’un (presque) showcase cosy, au cours duquel la foule s’est montrée attentive et même participative.

D’ailleurs, votre serviteur avait eu l’opportunité d’assister à un vrai showcase de Lemon Straw chez le disquaire ‘Initiales CD’, à Silly, quelques jours auparavant, au cours duquel Gianni s’était produit en duo avec Martin.

Setlist : « Broken Window », « Magic World », « Angels Never Die », « Jump », « Like A Soldier », « Mystery Train », « What’s Going On », « Home », « Don’t Look Up », « Walking Away », « Rider », « Game », « Leave Me Alone », « Run ». 

Rappel : « I Won’t Stay Anyway ».

(Organisation : Zik-Zak et Rock Nation)

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