Du 27 au 29 juin et pour la 19e année consécutive, le festival Couleur Café a dignement fêté les musiques du monde, la diversité culturelle, la solidarité et l’égalité des chances. A l’affiche, quelques pointures telles que MC Solaar, Erykah Badù, Tiken Jah Fakoly, Bernard Lavilliers ou encore Jimmy Cliff. Le ciel, raisonnablement clément, a épargné le site de Tour & Taxis malgré des prévisions peu rassurantes, permettant ainsi aux milliers de visiteurs de profiter pleinement du festival et de toutes ses activités connexes, comme l’expo « Sex & Love », l’inévitable marché et le village ONG rebaptisé Solidarity Village, le spectacle des nombreuses fanfares mobiles, sans oublier une finale de foot sur écran géant.
27 juin : 1er jour
On ne se bousculait pas aux portillons du site Tour & Taxis cette année. En dépit d’une fréquentation vraisemblablement moindre, l’ambiance du festival n’a rien perdu de son authenticité. De très larges sourires se sont esquissés sur le visage des visiteurs qui, trois jours durant, ont secoué leur popotin sur les rythmes soul, reggae ou orientaux des 44 artistes à l’affiche.
Après un faux-départ provoqué sous le chapiteau ‘Univers’ par Kery James, dont le R’n’B s’est révélé particulièrement pénible, direction le ‘Fiesta’ où The Caroloregians, formation ska reggae dirigée par des membres de Moon Invaders, sont les premiers à faire danser la foule. Une heure plus tard se produit MC Solaar, sous le ‘Titan’. Très attendu par un public majoritairement ado, voire plus jeune encore, le rappeur français a réjoui les fans de la première heure à coups de tubes comme « Le Nouveau Western », « Qui sème le vent récolte le tempo » ou l’inévitable « Caroline », lancés ponctuellement entre un ou deux extraits de son dernier essai, « Chapitre 7 ». On évitera en revanche d’évoquer les chorégraphies à deux balles des choristes, ponctuées d’une danse du ventre approximative.
Du côté de l’‘Univers’, l’Orchestre National de Barbès a offert à son public un délicieux mélange de musique orientale traditionnelle, de dub, de ska et de rock. Après 5 ans d’absence sur scène, l’orchestre n’a rien perdu de sa pêche, comme il l’a prouvé sur la reprise insolite du « Sympathy For The Devil » des Rolling Stones. Retour ensuite au ‘Titan’ où s’est produit l’une des têtes d’affiche les plus attendues de cette édition. Mais Miss Erykah Badù s’est fait attendre. Si bien que les organisateurs et ses musiciens eux-mêmes ont décidé, pour faire patienter un public légèrement échauffé, de démarrer le concert sans l’interprète principale. On a donc eu droit à une longue intro instrumentale. Vêtue d’une robe argentée et coiffée d’une afro plutôt originale, la diva est arrivée sur scène une demi-heure en retard. Le public lui a tout de même réservé un accueil des plus chaleureux, tandis qu’elle présentait, sans cérémonie, quelques extraits de son nouvel essai, « New AmErykah, Part 1 : 4th World War ». Tout comme MC Solaar, Badù n’a pas oublié ses premiers fans en leur balançant des versions plutôt groovy de ses hits « On & On » ou « Apple Tree ». La princesse de la Nu-Soul s’est donc fait rapidement pardonner grâce à un set efficace et envoûtant.
Triste nouvelle annoncée quelques jours plus tôt, Konono n°1, programmé dans l’antre de l’‘Electro World’ à 22h15, n’était pas de la fête. En cause, un problème de visa qui a empêché le groupe de voyager et donc, d’assurer leurs nombreuses dates estivales. Un problème rejoignant tristement le thème « Clandestino ! » du Solidarity Village…
La journée s’est clôturée sur fond de hip hop cubain. Celui d’Orishas. Un set un peu plat, souffrant en outre, d’un léger problème de son. Sans trop s’essouffler sur scène, la formation n’a pas vraiment donné le meilleur d’elle-même. On l’a alors imitée en se dirigeant doucement vers la sortie, non sans passer par les ‘Rues du Bien Manger’, où les saveurs culinaires du monde entier se mélangeaient et donnaient l’irrésistible envie de tout goûter.