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lundi, 31 décembre 2001 01:00

Lou Ann

Tenez-vous bien : une nouvelle formation de british blues sort enfin de l'ombre, outre-Manche! Je dois d'ailleurs avouer être resté sur ma faim au cours de ces vingt dernières années. Pas que la Grande-Bretagne soufre d'une disette, mais parce que le niveau général est demeuré trop longtemps bien en deçà des productions nées outre-Atlantique. Et ce n'est pas pour rien si parmi les meilleurs, on retrouve encore Paul Lamb and the Kingsnakes, Big Joe Louis and his Shuffle Kings et les Big Town Playboys. Auxquels il faudra ajouter bientôt les Cadillac Kings. Un combo bien dans la tradition actuelle du blues ; c'est à dire marqué par de forts accents de swing et de boogie.

Les Kings sont six : le chanteur Mike Thomas, Paul Morgan à la guitare, le jeune Gary Howard au piano, Gary Potts à l'harmonica, Bernie Brewster à la basse et Ray Maquis à la batterie. Ces deux derniers jouent ensemble depuis plus de trente ans. Ils ont sévi chez Key Largo, un groupe oublié du British Blues Boom qui avait enregistré, en compagnie de Mike Vernon, un album sur Blue Horizon. Le groupe s'est formé en 1998 sous le patronyme Third Degree. Il définit sa musique comme un cocktail de West Coast jump, T-Bone swing, Chicago blues et Texas shuffle. Et il en est probablement bien ainsi. Leur 1er album s'intitulait "I'm gone".

"Lou Ann" s'ouvre par "I'm leaving you baby". Une entrée en matière convaincante. Dès les 1ères notes, on croirait entendre les Kingsnakes. Il est vrai que Gary Potts est un élève de Paul Lamb. Cependant les Kings sont très différents. La guitare de Paul se veut très west coast, un style marqué par l'empreinte de Junior Watson et de Rusty Zinn. Le rythme monte d'un cran pour "Cadillac swing". Le piano est bien présent. L'harmonica se déchaîne et impressionne. "Cruise-o-matic" est une solide composition qui me rappelle l'homme de Boston, Rick Russell. Mike chante en s'accompagnant d'une slide décapante. Colin Hartshorn est venu souffler dans son sax tenor. Thomas possède une excellente plume. Et dans un style assez proche de Guitar Slim, "Was it something that I said?" est à nouveau superbe. La cohésion des musiciens y est remarquable. "Fortune teller" est un shuffle, plus proche de Chicago, caractérisé par un son de guitare pourri et un harmonica qui n'en peut plus d'éblouir. "The spirit is willing" est un long blues lent. Paul Morgan a parfaitement assimilé le style créé par T-Bone Walker. Lorsque Gary Howard empoigne l'accordéon sur "Turn your damper down", il ouvre une parenthèse zydeco. Changement de rôle lorsque Ray Maquis prend les cordes et Potts chante pour affronter le swing rapide de "Fat boy's Five & Dime". Et la finale nous plonge dans le rock'n'roll et boogie de "Lou Ann", "Bee boogie" et "Jump children". Impressionnant !

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Cain does King

Chris est californien. Il a accompli des études musicales à San José. Il avait opté pour le jazz et pouvait jouer du piano, de la basse, de la clarinette et du ténor sax. La guitare, il l'a apprise de lui-même. Son premier album, "Late night city blues", remonte à 1987. Un disque pour lequel il sera nominé pour quatre W.C Handy Blues Awards. Ce disque était sorti sur le label des frères Ford, Blue Rock'it. Ses trois elpees suivants paraîtront chez Blind Pig : "Cuttin' loose" en 90, "Can't buy a break" en 92 et "Somewhere along the way" en 95.

Pour enregistrer son cinquième, "Unscheduled flight", il réintègre Blue Rock!it. Nous sommes alors en 1997. La même année, il crée la revue musicale ‘Thunder knocking at the door’. Elle remporte un franc succès dans la baie de San Francisco, et lui permet de financer en 98, "Live at the Rep", un album qui épingle des chansons de cette revue. Cain a toujours été inspiré par Albert et B.B King. Il vouait aussi une admiration sans bornes à un fervent adepte de BB, Mike Bloomfield. Ce nouvel album porte bien son nom. Une œuvre très réussie qui rend un hommage avoué à B.B King.

Il est entouré de la section rythmique du Ford Blues Band. En l'occurrence Dewayne Pete à la basse et Patrick Ford à la batterie. Une section de cuivres permet de recréer le son de BB. Son choix s'est porté sur des chansons du répertoire de King, écrites entre les années 50 et 70.

L'entrée des cuivres sur "Heartbreaker" est majestueuse. La voix chaude de Chris colle bien à ce style si caractéristique. Mais ici, c'est surtout sa guitare qui accroche. Elle sonne même comme la sœur jumelle de Lucille. Lorsqu'il attaque "Whole lot of lovin", le mimétisme se propage à sa voix. Etonnant! Je ne vais pas cependant m'étendre à (NDLR : heureusement que tu n'as pas utilisé la préposition sur..) toutes les plages, car l'album forme un tout bien compact, un hommage vibrant à la légende vivante de Memphis. Cain reprend les différentes facettes du King. Aussi bien les ballades, à l'instar de "Better not look down". Que le blues lent. Sans bavardage excessif, "Gambler's blues" mérite même la médaille de 1ère classe. Et c'est également en économisant ses notes, qu'il séduit sur "Take it home" et "Looking the world over". Allez à la découverte de ce bel album qui s'achève en beauté par "Hummingbird"!

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

So easy

Batteur/chanteur, Boyd Small est originaire de l'Oregon. Il y a drivé les Terraplanes avant de fonder son propre band, le Boyd Small Big Blues Band. Il a aussi longtemps côtoyé Screamin' Jay Hawkins et Guitar Shorty. En 1997, il est curieusement venu se fixer à Amsterdam pour apporter son aide à la création du label Cool Buzz. Un label qui nous a permis de découvrir quelques révélations hollandaises telles que Drippin' Honey, T-99, Sugarcane et Cuban Heels. Boyd a même enregistré l'album "This time no lies" pour ce label.

Au sein du Boyd Small Band, nous retrouvons de nombreux musiciens de Sugarcane. En l'occurrence le guitariste Bas Flesseman, le bassiste Jasper Mortier et les cuivres, Aldo Groen, Matthijs Willemsen et Jon Spijker. Mischa den Haring, le guitariste de T-99 est également de la partie. Boyd Small possède un style particulier, très personnel, qui ne permet guère de comparaison. Inutile donc de lui coller des étiquettes. Il compose l'intégralité de son répertoire et sa voix fort originale, légèrement nasillarde, campe une espèce de Lou Reed bluesman.

L'harmoniciste Richard Koster pointe le bout du nez sur "Jungle Law" qui démarre de fort belle manière. "Say when" laisse transparaître une richesse et une complexité insoupçonnées. A cause de la trompette de Willemsen qui ouvre les soli, de la guitare de Flesseman toute en réverbération et des chœurs qui répondent à Boyd. Les cuivres se déploient telle une fanfare avant de se fondre dans "Straight up", une ballade envoûtante dont les cordes discrètes de Bart vont et viennent. Son solo sur l'éclatant "Just one" est très impressionnant. La guitare rythmique imprime le riff. L'harmonica intervient sur fond cuivré. Le ton monte. Boyd pousse ses cordes vocales, pour emprunter un timbre proche de Bono. Excellent! Le rythme se développe, s'accélère sur le très R&B "Too down for the fight", tout comme sur "Paper bag" d'ailleurs. Un fragment marqué par un nouveau changement de rythme et un accompagnement de chœurs du meilleur effet. La richesse de la composition est telle que les accents prennent parfois une forme pop, mais dans le bon sens du terme. Et je pense tout particulièrement à "64 Belair" qui manifeste toujours cette explosivité instrumentale, rehaussée ici par la présence du sax de Jan Spijker. Même schéma pour "Lessons never learned", "Solid ground" et le joli "Kansas" de Willie Barber, abordé derechef sous la forme d'un clin d'œil à Lou Reed. Chanté avec passion et discernement, "I'm bitter" est un slow blues dont la sensibilité perce nos âmes. Le sax de Jan monte en puissance. Les chœurs s'élèvent. Encore une réussite ! Ce très bon album de blues pop ne plaira sans doute pas aux puristes ; mais il est tellement différent dans sa démarche qu'il mérite qu'on s'y intéresse. Définitivement attractif et original !

 

Issu de Kiel, en Allemagne, Marc est un harmoniciste réputé dans son pays où il a décroché quelques prix. Personnellement, je dois avouer ne pas le connaître. Pour l'instrument chromatique, il avoue des influences aussi diverses que Toots Thielemans, Stevie Wonder et Paul deLay, côté diatonique, Paul Butterfield, Magic Dick, Jean-Jacques Milteau, William Clarke et Little Walter tout de même.

Jack Cook est né à Seattle. Il a presque 40 balais. Un guitariste séduit par la slide d'Elmore James et la tonalité de Sleepy John Estes. Il a sévi au sein de l'Isaac Scott Band, en compagnie de l'harmoniciste Steve Bailey. Plus récemment, il a milité chez le trio acoustique, les Phantoms of Soul.

Jack a une fort bonne voix. Il débute par "About to lose my mind" d'Arthur "Big Boy" Spires. L'harmonica qui l'appuie laisse augurer de très agréables choses pour la suite. Elles sont d'ailleurs confirmées dès "Put it all in there", une composition dont le texte a été écrit par Wild Child Butler. Marc aborde ce titre avec beaucoup de verve. La rythmique imprime le beat de Bo Diddley. Je suis assez étonné par la virtuosité naturelle et originale affichée par ce jeune musicien allemand. Il passe à l'instrument chromatique pour interpréter "Outside man", de Junior Parker. Différents thèmes sont abordés sur cet opus. Le bon vieux jazz pour "Chicken ain't nothin' but a bird" (de Louis Jordan), qu'il dédie à son ami Carlos Del Junco, et le country blues sur "Saturday blues", exécuté en duo avec le dobro de Jack. Cook rend hommage à son maître, Sleepy John Estes, en exécutant avec brio "Goin' to Brownsville", toujours armé de son dobro. Il adapte également "Just give me a chance" de Silas Hogan, en hommage à Stevie Wonder, et "Work song" de Nat Adderly en hommage à Paul Butterfield. Jack Cook termine en solitaire par la plage titulaire. Un très bon album de blues acoustique.

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Jake´s blues

Brim est un vétéran du blues contemporain. Né dans le Kentucky en 1922, il fêtera donc ses 80 ans l'année prochaine. Il prend ses 1ères leçons de blues au contact de Tampa Red et de Big Bill Broonzy. Il monte à Indianapolis en 41 et enfin à Chicago en 45. A partir de 1950, il enregistre plusieurs 45 tours sur différents labels, avant d'atterrir chez Chess. En 53, il y sort son seul hit, "Ice Cream man". Il a joué en compagnie de grosses pointures telles que Little Walter, Robert Jr Lockwood, Willie Dixon et Fred Below. Il a également disparu régulièrement de la scène musicale, avant de sortir un 1er album solo en 1994, "Ice cream man" sur Tone-Cool, sur lequel Bob Margolin et Jerry Portnoy ont collaboré.

Il nous revient en 2001, flanqué de son backing band au grand complet, line up renforcé par la présence du réputé Billy Flynn aux cordes. "Jake's blues" s'ouvre par "Tougher times", une toute nouvelle version de son "Tough times", qui date d'un demi-siècle. Brim possède la voix caverneuse du vieux noir ; une voix un peu terne et limitée, mais qui chante le blues sans concession. Son style, vous vous en doutez, appartient au Chicago blues du début des 50s, période Chess. Sur le lent mais exquis "What may be your name", il chante comme un Muddy Waters un peu atone. Il shoute sans passion "Hey woman", sous les coups d'harmo de Rick Gerek et surtout la slide de Billy Flynn, dont le jeu transmet sans difficulté la flamme du prestigieux passé. En voilà un qui a tout compris ! Cette même impression se dégage sur "Hey baby". Soutenu par le rythme soudainement injecté, il reprend "You put the hurt on me", en compagnie de ses Tough Time Boys ; une chanson qu'il avait enregistrée en 1971, avec sa femme Grace à la batterie et son fils John Jr à la guitare. Le fantôme de Grace Brim, qui a disparu en juin 1999, est omniprésent. Lorsque le guitariste Jan Artenas lui fait découvrir en studio une bande qu'elle chante et dont il ne connaissait même pas l'existence, son cœur chavire. Il trouve l'inspiration et le feeling sur le champ pour mettre en boîte deux prises de "Dedicated to Grace". Elles figurent sur cet opus. Le chant inédit de Grace apparaît cependant tout en fin d'album, sous le sigle "*". L'émotion se dégage à l'écoute de deux fragments, "No place I go" et surtout, "Oooowee", au cours duquel le vieil homme dialogue avec ses cordes Un moment très intense !

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Make it rain

Michael est né en 1957 à Milwaukee. Dès le berceau, il pouvait entendre son grand-père Joe jouer le Delta blues à Camden, dans l'Arkansas. Frederick, son père, jouait de la basse dans les clubs de blues. Il lui arrivait même de se produire derrière Sonny Boy Williamson II. Il a appris la guitare à Michael, alors qu'il n'avait même pas cinq ans. Les Burks sont revenus se fixer dans l'Arkansas au cours des 70s. Ils y tenaient leur propre juke joint, le Bradley Ferry Country Club. Michael pouvait y jouer avec sa propre formation! En 1994, il monte un nouveau groupe et enregistre pour ses débuts, l'album "From the inside out". Nous sommes alors en 1997.

" Make it rain " constitue son deuxième opus. Edité sur Alligator, il a été produit Jim Gaines et Bruce Iglauer. Michael annonce la couleur dès les premières mesures de "Hit the ground runnin". Sa Gibson Flying V produit un son métallique, très réverbéré, dense et électrique, qui me fait parfois penser à Son Seals. L'homme aime ponctuer son chant de petites phrases assassines comme Buddy Guy sait si bien le faire. C'est le bonheur sur le funky "Got a way with women". L'accompagnement reste sobre et toujours de qualité. D'anciens vieux routiers de la bande à Buddy Guy sont venus prêter main forte à Burks. En l'occurrence Ernest Williamson aux claviers, David Smith à la basse et Steve Potts aux drums. Sans oublier le guitariste rythmique Vasti Jackson, responsable d'un album autoproduit voici quelques années. Il aborde les tempos lents avec la même aisance. "Beggin' business" est un slow blues bien électrique et "What can a man do?" un gospel très doux. L'orgue d'Ernest reste discret à l'avant-plan. La guitare ne distille que les notes nécessaires. Même schéma pour la plage générique de l'album. Caractérisée par une ligne mélodique délicieuse, saturée d'émotion, Burks y produit des notes belles à pleurer. La Flying V est un merveilleux outil. Elle nous fait naturellement penser au légendaire Albert King. Notre Michael adore le Roi Albert. Une admiration qui transpire de partout. Et c'est tout à fait évident sur "Mean old lady" et surtout sur "Everybody's got their hand out", un vibrant hommage à peine voilé. "Heartless" par contre, fait immédiatement penser à un autre King baptisé BB. "Pack it up" constitue sans aucun doute, un des meilleurs titres. Un R&B très entraînant, taillé pour la danse qui sonne très Memphis. Ce superbe album se referme par " Voodoo spell ", une composition dépouillée à l'extrême, dont l'authenticité est très proche des sources du blues…

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Well…Well…Well

Depuis quelques années, Burnside est devenu un bluesman incontournable. Un statut qu'il doit probablement à son affiliation au sein de l'écurie Fat Possum. Originaire d'Oxford dans le Mississippi, cet ex-fermier et pêcheur affiche aujourd'hui trois quarts de siècle. C'est au contact d'un de ses voisins, Fred Mc Dowell, qu'il s'est imprégné du delta country blues. Une musique qui est devenue depuis, la base de son inspiration. Les autres influences détectables dans le Burnside blues ont pour nom John Lee Hooker, Lightnin' Hopkins et Muddy Waters. Mais attention, R.L a tellement de personnalité qu'il a su créer son propre style. Cet opus provient de bandes qui datent de 86 à 93 ; et les perles s'y bousculent.

Cela débute en mai 86 par une version live du "Nightmare blues", immortalisée à Charleston, en Caroline du Sud. Un frisson vous parcourt l'échine. C'est lors de l'hiver 86, dans une maison sise au bord du Mississippi, qu'il commet le saignant "Staggolee". Une interprétation tout à fait bouleversante accordée en présence d'un Curtis Saldado tombé sous le charme. Il interprète aussi le "Last night" de Little Walter. Beau à pleurer! En avril 91, il commet "Poor boy" à La Haye ; en décembre 92 un émouvant "How many more years", à Athènes; et en avril 93 enfin, dans une maison de Gieterveen en Hollande, les décapants "Goin' down south" et "Mellow down peaches". Ces deux fragments sous la formule d'un trio. Au sein duquel on retrouve Jon Morris à l'harmonica et son beau-fils, Calvin Jackson aux percussions. R.L Burnside est bien un bluesman incontournable.

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Cool cool woman

Cette formation namuroise nous avait livré une démo prometteuse l'année dernière. Ce début officiel est réellement accrocheur. Buttnaked nous présente deux guitaristes solistes qui se partagent tout au long de l'album soli et vocaux. Marc Bodart et Patrick Louis s'acquittent parfaitement de cette mission. Marc a la voix frêle fine, très musicale, qui se manifeste tout en sensibilité. Patrick possède une voix plus soul et chaude. Composée du bassiste Miguel Pumares et du batteur Georges Triantafylou, la section rythmique est solide. Elle porte avec pugnacité les deux solistes. Oeuvre de Luke Alexander, la production est impeccable. Pour celles ou ceux qui l'ignorerait, Luke est également le guitariste de Last Call et un ancien Electric King!

Marc chante les deux premières plages. Une entrée en matière fort bien ciselée. "Cool cool woman" libère un maximum de punch. Les guitares semblent légères mais font mouche. Elles s'échangent différentes salves tout au long des 4 minutes. Marc embraie par un "Far from home" au tempo moyen. La guitare est trafiquée, laissant échapper un son torturé. L'effet incombe, sans doute, à Luke Alexander qui avait déjà employé cette formule sur le dernier album de Last Call. Patrick vient chanter "Going to my baby's house", sur un rythme de mambo tissé par Triantafylou. Ex Electric King, Big Dave souffle de bien jolies phrases sur son harmonica. Ce rythme des îles se retrouve sur "Travelling shoes", prétexte à de superbes lignes de guitare. Sur un rythme de chemin de fer, les deux chanteurs s'échangent les vocalises sur "Somebody tell that woman" de Willie Dixon. "Night life" est une composition plus aventureuse, aux accents jazzy prononcés par le piano de Vincent Bruyninckx. La guitare sur le fil du rasoir se fait l'écho d'un certain Santana. Quand Marc Bodart commence à chanter "Right from wrong" quasi a capella, on peut mesurer la justesse de son chant. La guitare s'évade en nous rappelant le fantôme d'un Peter Green d'une époque déjà si lointaine. Excellent! Buttnaked consacre sa 2ème reprise au très célèbre "Got love if you want it" de Slim Harpo. Une occasion idéale pour retrouver les phrases enflammées de Big Daven, face à la puissance rythmique. Big reste très inspiré pour ponctuer le lent "Three cats" et introduire une de ses meilleures interventions aux cordes, qui libèrent ici un son nettement plus sale et gras!! Patrick attaque d'une voix bien mâle une nouvelle version de "Going to my baby's house". Une adaptation très funky qui démontre la réelle envergure de la section rythmique. L'apparition de Mr Spring Blues, Pierre Dejeneffe, est une bonne surprise. Inventif sur son harmonica, cet élève doué de Big Walter Horton consacre une finale très roots. Bravo à Buttnaked, car cet album est une réussite sans faille. Suffit de prendre le temps de l'écouter!

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Scratching on my screen

En sous-titrant son nouvel opus, "An album of acoustic blues music", le Blues Band ne pouvait pas mieux planter le décor! Fondée en 1979, à l'époque du punk rock, cette formation anglaise accuse un âge déjà très vénérable. Elle compte d'ailleurs déjà une bonne douzaine d'albums à son actif. Les musiciens ont tous un excellent niveau. Leur downhome blues est donc de bonne facture.

L'harmonica de Paul Jones ouvre le "Mean old Frisco" d'Arthur Crudup. Paul double au chant et Tom McGuinness se réserve la mandoline. Dave Kelly s'acquitte du célèbre "Crossroads" de Robert Johnson, en solitaire. Le son métallique du dobro est très pur. Paul pratique aussi l'exercice en solo. Sa voix dialogue avec l'harmonica sur le traditionnel "Jesus on the mainline". Tom reprend du service à la mandoline pour "Drop down mama" de Sleepy John Estes. Il est vrai que ce dernier pouvait en son temps s'appuyer sur la mandoline de Yank Rachell. Dave possède une voix taillée pour chanter le blues. Ce qui n'est guère étonnant lorsqu'on sait que notre homme est sur les routes depuis plus de 35 ans. Son timbre fait mouche sur "Still a fool" de Muddy Waters, un "Don't sell it don't give it away" parcouru par le piano sémillant de Bob Hall, et son "Sus blues". Mc Guinness et le bassiste Gary Fletcher font eux aussi l'une ou l'autre apparition au chant, mais de manière bien moins convaincante que Paul et Dave. L'adaptation du "Lonely avenue" de Doc Pomus, conjugue de bien jolies guitares. Et sachez que si l'album a été enregistré live sur différentes scènes, cette disparité est presque imperceptible.

lundi, 31 décembre 2001 01:00

demo

Toute la région de Roubaix-Tourcoing et de Faches-Thumesnil (NDR : bien entendu !) a conservé le souvenir de Sugar Mama, un groupe local, devenu mythique, hanté par la longue silhouette de son jeune guitariste, Mathias Dalle. Ce dernier écoutait chez lui, en cachette Junior Watson, Kid Ramos, Rusty Zinn ou encore Alex Schultz. Le bon vieux Chicago blues des 50s ne le branchait plus. Il a donc logiquement tiré sa révérence, changé de look et remonté ce Bluesin' Machine. La musique de son nouveau combo est solide et navigue à très haut niveau. Nous partons de Kansas City, direction plein Ouest pour aboutir en Californie, à Los Angeles. Pour y jumper et swinguer. Mathias synthétise divinement le style de ses nouveaux dieux ; et il se met à chanter, plutôt bien d'ailleurs. La Bluesin' Machine swingue avec bonheur. Tous les éléments s'emboîtent parfaitement. Tout au long de "Certainly all", la guitare est divine, le piano de Stefan Orins sémillant, la section rythmique très soudée. Une section rythmique composée de Luc Dewerte à la basse, et d'Eric Navet à la batterie. Mathias, Luc et Stefan nous invitent à chanter en chœur "Certainly all". Long blues lent, "Love is a gamble" meuble nos fins de soirée. La guitare de Mr Dalle synthétise le style de T-Bone Walker. Très West Coast et un tantinet jazzy, la finale instrumentale, "Bluesin' machine jump", démontre que la "machine" est parfaitement huilée. A suivre de très près!