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Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Raw blues power

Le catalogue de Provogue réunit un tas de formations qui pratiquent le rockin' blues, sous une forme particulièrement hard. A l'instar de ce duo de guitaristes.

Paul Brandon Gilbert est âgé de 35 ans. Il est originaire de l'Illinois. Il était le leader du groupe Mr Big. Il revendique pour influences majeures: Led Zeppelin, Pat Travers, Robin Trower, Van Halen et Aerosmith. Ce qui permet immédiatement de cerner la dégaine du bonhomme, propice à libérer un rockin' blues bien dur, agressif et saturé d'électricité. Il compte, et vous pouvez me croire, une multitude d'albums à son actif, dont plusieurs rendent hommage à Jimi Hendrix.

Pour enregistrer " Raw blues power ", Paul a reçu le concours de son oncle, Jimi Kidd. Originaire de Chicago, Kidd cite plus volontiers, John Lee Hooker, Taj Mahal et Muddy Waters, comme maîtres. Il est surtout connu pour avoir drivé la formation DeLuxury. Les amateurs de blues doivent savoir que le neveu l'emporte sur le tonton. Autrement dit, le rock dur prend ici le pas sur les 12 mesures, si douces à nos oreilles.

"12 days of the blues", le calme "Freedom", le très rock "Play guitar", et la reprise de "Sookie Sookie" de Don Covay, découpée dans le style que Steppenwolf lui avait conféré, constituent les meilleurs moments de cet album. Et il faut attendre la dernière plage, "Blues power", pour enfin hériter d'un blues électrique de près de 10', un fragment plus conventionnel ; mais auquel le duo aurait bien fait de penser plus tôt…

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Sweet tea

Aussi surprenant qu'excitant, ce dernier opus de Buddy Guy manifeste son retour vers le Sud profond ; et plus précisément vers le pays des collines du Nord du Mississippi. La ville d'Oxford doit bien vous dire quelque chose… Fat Possum, vous connaissez? "Sweet Tea" aurait pu s'intituler "Buddy Guy chante Fat Possum". Sept des neuf plages émanent de la plume d'artistes appartenant à ce label. Et en particulier Junior Kimbrough, Robert Cage, T-Model Ford et Cedell Davis.

Personnellement, j'estime que cet album est remarquable. Probablement un des meilleurs de Buddy depuis bien longtemps. Il est entouré du guitariste rythmique Jim Mathus, des Squirrel Nut Zippers, et d'un bassiste d'Oxford qui répond au nom de Davey Faragher. Les percussions sont partagées entre le vétéran Sam Carr, Spam du T-Model Band et l'ex-Attractions d'Elvis Costello, Pete Thomas. Nous assistons bien à un retour de Buddy vers le Sud. Et pas seulement parce qu'il est né en 1936, en Louisiane.

"Sweet Tea" s'ouvre par le "Done got old" de Jr Kimbrough. Une plage acoustique au cours de laquelle la voix de Buddy est bien mise en avant. Un peu comme s'il voulait nous mettre dans la confidence. Même si elles appartiennent au répertoire de Kimbrough, les 1ères notes de "Baby please don't leave me" nous plongent dans l'univers de Fat Possum. Les percussions sont lourdes, mises à l'avant plan ; mais la guitare est bien celle de Mr Guy. Elle vit, bouge et se trémousse. Il est incontestable que Buddy a largement influencé Jimi Hendrix, au cours des 60s. Il revisite encore 2 autres plages de Junior. "Stay all night" tout d'abord. Et puis "I gotta try you girl". Un long trip hendrixien entouré de mille démons. Les percussions constituent un pilier majeur de cet album. Sèches, implacables, elles édifient une rampe de lancement rêvée pour l'artiste. Quelques moments superbes et décapants défilent. : "Look what all you got" et le shuffle extraterrestre, "She's got the devil in her". Sa vision du "Tramp" de Lowell Fulsom est terrifiante. Les cordes sont en perpétuel dérapage contrôlé. Buddy maîtrise la manœuvre et réalise un travail extraordinaire sur le sujet! "Sweet tea" s'achève par "It's a jungle out there". Une compo de Guy dont les cordes dialoguent avec le piano de Bobby Whitlock ; une compo qui me donne des frissons dans le dos... Géant!

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

ASAP

Tony Galla est originaire de l'Etat de New York, dans la bonne ville de Buffalo. Au cours des 60s, il monte sa formation, the Rising Sons, puis rejoint un peu plus tard Raven, un groupe talentueux qui attirera l'attention de deux grands de la musique rock, Jimi Hendrix et George Harrison. Raven a sorti à l'époque deux albums "Live at the Inferno" sur Discovery et le mythique "Raven" sur Columbia. A la dissolution du groupe, Galla a entrepris une carrière plus personnelle quoique discrète. Il commet successivement les albums "For all the right reasons" (Orchard), "Doin' it" (Mark) et "From my heart to you". Amateur de blues, mais aussi de chanson italienne et d'opéra, Galla a plus d'une corde à son arc. Le dernier album cité était chanté en italien et recèle quelques canons comme "O sole mio" ou "Volare".

"ASAP" constitue donc le 1er album sérieux pour les amateurs de blues. Merci à Provogue d'en avoir assuré une distribution internationale. Ce sigle signifie bien entendu "As soon as possible" (NDR : traduction, aussi vite que possible). Tony aborde "The blues would slip right in" sur un rythme exotique, proche du mambo. Il possède une voix chaude et volontaire. Sa guitare est allègre. La plage générique est un blues au tempo enlevé. Mark Le Vang est au piano, Galla reste autoritaire au chant. Sa voix, en moins ravagée, fait d'ailleurs penser à celle de Joe Cocker, sur les plages lentes. Et notamment sur "The jealous kind" et un She's all I'll ever need", appuyé par une superbe guitare. Ou même à celle de Gary Brooker sur "Take a giant step". Pour être complet, sachez que cet opus recèle un slow blues chatoyant intitulé "Worried mind blues". Si " Asap " se révèle un bon petit album sans grande ambition, il parvient quand même à mettre en exergue la voix envoûtante de Tony Galla.

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Trouble in mind / The one to blame

Terry est originaire du Tennessee, de Johnson City très exactement. Il y est né en 53. Il a joué, pendant vingt ans, dans des groupes locaux de R&B et de rock avant de tomber sous le charme du blues le plus pur. Celui de Robert Johnson, de Blind Willie McTell et de Lightnin' Hopkins. Il chante virilement en s'accompagnement d'une guitare. Il impose sa dextérité sur la slide et aime taper du pied au même moment.

Ces albums étaient sortis voici une dizaine d'années sous la forme de 33 tours, sur le label First Warning. Nous retrouvons ce remarquable chanteur de country blues en duo avec le leader harmoniciste des Nighthawks, Mark Wenner. Pour les deux albums, Terry mêle reprises de classiques avec des compositions personnelles.

Je retiendrai surtout du premier, les excellents traitements apportés à "Wand dang doodle" de Willie Dixon, "Upside your head" de Jimmy Reed, "Forty-four" de Howlin' Wolf, et au merveilleux "Trouble in Mind" de Sam Hopkins. Trois inédits figurent en bonus tracks :"Aberdeen" de Bukka White, une reprise tonique et acoustique du "Bad luck & trouble" de Johnny Winter et "Spoonful".

L'introduction du second album est très réussie. Garland attaque d'une voix rocailleuse et ravagée son "Good time blues", que ponctue le travail de Mark Wenner, à l'harmonica. Le son est sale. La tonalité de Terry sur le bottleneck est très bien rendue. A l'instar de la plage titulaire ou du "Phonograph blues" de Robert Johnson. Mes plages favorites sont cependant "Nasty boogie woogie" de Champion Jack Dupree, "A closer walk with tee", caractérisé par la pureté métallique de la National steel, sur fond de dixieland, "Rollin' and tumblin" et "It'll be me".

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

A tribute to Paul Butterfield

Tout comme son ami Charlie Musselwhite, Paul Butterfield a sans doute été un des musiciens blancs qui a le plus marqué le blues des années 60. Deux musiciens qui ont préfiguré l'arrivée d'un phénomène qui allait sacrer le retour de cette musique comme musique populaire. Il n'a que 23 ans lorsque son 1er album sort en 65. Un disque qu'il commet en compagnie de Mike Bloomfield, Elvin Bishop, Jerome Arnold, Sam Lay et Mark Naftalin. Patrick Ford a eu le nez creux en réunissant ses deux frères, Robben et Mark, pour rendre un hommage commun au légendaire Paul Butterfield.

Les Ford Brothers ont rassemblé des titres issus des sept premiers albums du célèbre Butterfield Blues Band. Et pour réaliser ce travail, le Ford Blues Band réunit une superbe brochette de musiciens ; en l'occurrence Pat Ford à la batterie, Dewayne Pater à la basse, deux harmonicistes, Mark Ford et Andy Just, ainsi que deux guitaristes, Robben Ford et Volker Strifler.

L'opus s'ouvre par "Screamin", un instrumental composé Bloomfield. Si les 2 guitaristes se partagent les soli, c'est surtout Andy Just qui se signale par une intervention lumineuse. "One more heartache" opère un changement de style. Un extrait de "The resurrection of Pigboy Crabshaw", au cours duquel Mark Ford chante et souffle dans l'harmo, au milieu de cuivres, dont la présence faisait la saveur de cet album paru en 67. Flûte et sax circulent dans un courant jazz pour l'interprétation absolument superbe de "Last hope"s gone". La basse de Dewayne ainsi que le chant et la guitare de Robben sont au top. Ce titre ouvrait l'album "In my own dream", paru en 1968. Robben chante très bien le R&B mélodique "No amount of loving", pendant que Mark souffle avec une clarté remarquable. Tout comme l'instrumental "Work song", "Mary Mary" figurait sur le second album et très aventureux "East West", paru en 66. Andy Just démontre sa puissance naturelle, proche de Butterfield, à l'harmo. A charge de Robben, de mettre à la sauce 2001, les parties de guitare délirantes de Bloomfield! Et dans le registre jazz, il est tout à fait impressionnant. Enfin, soulignons la présence de deux canons issus du répertoire des débuts de PBBB. Tout d'abord, "Good morning little schoolgirl", caractérisé par le concours du pianiste originel, Mark Naftalin ; et ensuite "Everything's gonna be alright". Ces deux compositions étaient sorties sur l'album "The original lost Elektra sessions", chez Rhino. Le 4 mai 1987, Paul Butterfield s'éteignait, victime d'une overdose…

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Electerrified

Troisième album pour Fred Lani et ses guérisseurs. Très populaire, surtout dans notre espace francophone, le groupe remplit aisément les salles ; ce qui n'est pas chose évidente. Il est clair que ce nombreux public n'est pas uniquement constitué d'amateurs de blues et nous ne lui en tiendrons certainement pas rigueur. Bien distribué, l'album passe en radio et ne peut que bien se vendre. Inspiré d'un excellent jeu de mots, "Electerrified" est pour sûr bien électrique, mais surtout bien produit.

Le line up est identique : Fred gratte et chante, Jérome Boquet le seconde aux cordes, Papy X tient la basse et Axel Muller, les percussions. Les guitares rythmiques ouvrent le feu par "Stayin' out", un rockin' blues sans surprises. "Walkin' down town" poursuit avec un accent plus blues, dû en partie à l'introduction de l'harmonica de Dave Reniers. A ce stade, nous sentons bien que la production s'est concentrée sur les parties vocales. "The wrong side" est sans doute mal titré car cette plage nous propose ce que les Healers font de mieux. Le boogie rock furieux, taillé au couteau par la guitare est proche de celui d'un célèbre Irlandais aujourd'hui disparu. Définitivement ‘the best side’ of the band. Fred nous signe un superbe solo, démontrant au passage son habileté sur la slide. Fred se montre tout aussi à l'aise sur les phrases nous rappelant Albert King. Nous les retrouvons sur l'excellent "At home last night". Ralentissement forcé pour la reprise de "Sacred ground" de Sonny Landreth. La slide se fait rurale, tempérée et colorée. A mi parcours, l'atmosphère devient délibérément bluesy. Et se manifeste tout au long de l'indolent "Thanks for the snack", du blues lent et impeccable, "The devil's cry", ainsi que du boogie blues rockabilly, "I'm back", caractérisé par une imparable partie de guitares. Inspiré par les grands guitaristes du jazz, Fred démontre l'étendue de ses possibilités et de sa palette de styles sur le véloce "Tell me". Epicé par un soupçon de funk, le très réussi "Watcha wanna do" agrège les phrases musicales d'Albert King et l'orgue de Pieter van Bogaert. "Electerrified" est sans aucun doute l'album le plus accompli des Healers. Le plus personnel aussi. Mais osons aussi souligner ce qui est perfectible. En l'occurrence les percussions. Elles sonnent parfois creuses et n'ont pas cette densité qui ressort des sections rythmiques américaines. Enfin, pourquoi avoir placé la plage la plus faible en ouverture?

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Eroticomobile

Guitariste belge à la réputation bien établie, Jean-Pierre Froidebise a collaboré avec de nombreux artistes du cru. Et notamment Pierre Rapsat et BJ Scott. Différentes expériences qui lui ont permis de toucher un peu à tout. Il a aussi sévi, voici quelques années, chez Such A Noise. Une formation qui, de son rockin' blues puissant, animait nos festivals de l'été. Froidebise, c'est également le nom de son nouveau groupe. Qui avait déjà sorti un 1er album intitulé "Freezin' to the bone".

" Eroticomobile " a été composé et chanté exclusivement en français. Il est, suivant son auteur, empreint de chanson, de rock, de jazz et de blues. Les musiciens qui l'entourent sont d'un excellent niveau technique. On y retrouve l'harmoniciste Thierry Crommen, qui a lui aussi travaillé en compagnie de Beverley Jo Scott. Jack Thysen est à la basse et Marc Descamps à la batterie. Jean-Pierre a pratiquement tout écrit lui-même.

L'ouverture "Un type comme moi" est une très belle complainte jazz/funk enrichie par l'apport des claviers de Philippe Decock et le sax ténor de Pietro Lacirignola. Le funk continue de contaminer "Elle a la rage", mais le tempo vire peu à peu au R&B. Un cri pour la propreté et le nettoyage! A l'instar de ZZ Top, autres adeptes de bolides, la plage titulaire fonce au rouge comme un boogie furieux sur son ferment érotique. Poussé dans le dos, Crommen vire aux aigus pendant que Froidebise chauffe ses cordes métalliques. "Chet Atkins" est un hommage vibrant au célèbre guitariste qui vient de disparaître. Thierry libère des phrases très inspirées par le baron Toots. Je ne vais pas disséquer toutes les plages, car cet album a été réalisé avec beaucoup de passion. J'épinglerai cependant encore le tout bon blues rythmé "Est-ce que j'ai tort". La slide y est gouailleuse et disserte avec l'harmo. Crommen prouve l'étendue de ses possibilités sur le très rapide et quasi instrumental "Deux boulets morts". Enfin, cet opus s'autorise des clins d'œil facilement saisissables. Et en particulier "Le 18 septembre", dont le jeu de guitare est inspiré du maître à Jean-Pierre, un certain Jimi Hendrix, décédé le 18 septembre 1970. "L'Hopital St-Jacques" enfin. Une adaptation du célèbre "St James Infirmary". Bienvenue pour un trip aventureux dans le monde des femmes, du sexe, de l'alcool et de la violence…

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Road of love

Raoul Ficel incarne le blues du sud-ouest français. Raoul, alias Philippe Coudougnan, compose, chante, joue de la guitare et de l'harmonica. Il est secondé par la contre bassine, composée d'une unique ficelle, de G. Le Brouc. Hop Pepino se réserve les claviers tandis que l'harmoniciste suisse, Little J.C Bovard, assume la batterie. Le groupe a déjà quelques années de galère à son passif. Mais je ne lui connais qu'un seul album à son actif : "Goodtime Blues". La formation est passée par la Belgique, il y a quelques années. Au cours d'un week-end épique, qui s'est déroulé autour de la ville de Tournai. Depuis, Bo Weavil et son roots blues à ras de terre a pris la tête de l'étendard tricolore.

Raoul Ficel observe une démarche fort proche, sans concession. Une démarche inspirée par le Chicago Blues de la fin des 40s, début 50s ; un regard appuyé vers le sud, les sources, les racines du Delta. Tout leur blues est construit au sein de ce climat sans fioriture, mais avec tellement d'authenticité qu'il en devient saisissant et nous touche jusqu'à la moelle.

Boogie chanté en français, "Oh Lulu" nous plonge de suite dans ce climat raoulien. "Pas tout juste" se trémousse dans le Southside de Chicago. L'harmo est puissant, le son du piano vieillot. Le fantôme de Sunnyland Slim passe devant nous. La rythmique est lourde, très 1er degré, mais tellement efficace. Génial ! Même schéma mais en rythme pour le Maxwell street shuffle, "You give me the blues", une compo écrite en réalité par le louisianais Lightnin' Slim. Le "Road of love" qui donne le titre à l'album est issu de la plume de Clarence Carter. Une attaque primaire conjuguée avec un clin d'œil au Memphis Blues. Hot Pepino secoue son orgue. Raoul se concocte un solo lancinant sur les cordes. Le même effet se produit sur "I'm gonna keep what I got" de Slim Harpo. Raoul ne doit rien à ses potes parisiens de Bo Weavil. Et la suite en apporte la plus belle preuve ; que ce soit en anglais ("Ain't got time to love") ou dans la langue de Voltaire. Ainsi la voix fait merveille sur le dépouillé "J'peux plus dire", le vigoureux "Laisse-moi" et le blues rocker qui arrache "J'peux plus me passer de toi" ! En fin d'album, il rejoint l'univers de Howlin' Wolf, à travers "Don't cry mama". Un excellent album en couleurs bleu, blanc et rouge…

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Showbiz Blues

Franchement, je me demande comment Receiver se débrouille pour dénicher autant d'archives de Fleetwood Mac. Ce label avait déjà consacré un premier volume intitulé "The Vaudeville years", au mythique groupe insulaire. Il vient de remettre le couvert à travers une sélection de 29 plages jamais éditées. Du moins dans la version présente. Le coffret est enrichi de remarquables photos d'époque ainsi que d'un arbre généalogique du groupe, dessiné depuis ses origines. Un travail réalisé par le maître du genre, Pete Frame.

Le premier disque débute par trois plages du combo Peter B's et une version anglaise de Booker T & the MGs. Le line up était alors composé de l'organiste Peter Bardens (futur Camel), du bassiste Dave Ambrose (Brian Auger Trinity) ainsi que de Peter Green et de Mick Fleetwood. Jeremy Spencer adorait parodier certains artistes. Il en avait même fait une obsession. A commencer par Elmore James. Il en épousait parfaitement la technique à la slide, alors qu'il n'avait même pas 20 ans. C'est tout à fait évident sur "The sun is shining" et "My baby's sweeter". Il adorait aussi Elvis Presley. Il reprend ici "Don't be cruel". Et puis Buddy Holly, dont il adapte "You're the one". Peter Green plutôt obnubilé par BB King. Il interprète ici son "How blue can you get" et "Buzz le baby". Peter était aussi inspiré par Howlin' Wolf. Une inspiration qui se manifeste tout au long de "Long grey mare". Et puis par Otis Rush. Sa version d' "I have to laugh", un titre jamais édité, est belle à pleurer. Du tout grand Peter ! Le disque épingle également la 1ère prise studio de "Mind of my own" ; au moment où Danny Kirwan a fait son entrée dans le Mac. Nous sommes alors en 1968. Saluons au passage le Green acoustique de "Show-Biz blues" et deux essais qui allaient y aboutir : "Do you give & damn for me" et "Him and me". Le premier elpee se termine par "Leaving town blues", lors d'un duo échangé entre la six cordes de Peter et le violon gitan de Nick Pickett (John Dummer Band). La Boston Tea Party, accomplie en février 1970, avait duré trois nuits. Le deuxième CD s'ouvre par deux remarquables titres extraits de la première : "Black Magic woman' et "Jumping at shadows". Ils n'apportent cependant rien de plus que les versions déjà éditées et prélevées lors des autres sessions nocturnes. Le reste relève d'un concert accordé à Londres 70, peu de temps avant que Green ne quitte le groupe. Pourtant le Mac était au sommet de son art. Pour preuve cette version de 14' du "Rattlesnake shake", de "Stanger blues" dont l'intro ressemble furieusement à "What'd I say", du rock'n'roll de Jeremy Spencer, "Tiger", et de "Great balls of fire". Peter Green chante "Twist and shout". Et là franchement, c'est une curiosité ! Mais le quart d'heure le plus extraordinaire a été immortalisé sur "Green Manalishi". Green y alterne la guitare wah wah et une basse à six cordes, avec un sens de l'improvisation époustouflant. Un exercice de style qui préfigurait son futur album solo, "The end of the game". La fin de la partie, un titre prémonitoire ! Merci à Receiver pour ce flashback opéré au cœur d'une époque aussi extraordinaire.

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Waterbottle

J'attendais El Fish au tournant. S'il avait séduit un public amateur de créativité et d'originalité, l'album "Wisteria" avait quelque peu perturbé ses fans de blues. Un disque qui avait sans doute précipité la séparation des deux solistes, Steven De Bruyn et Filip Casteels. Mais quelle n’a pas été ma surprise d'apprendre que l'inénarrable Roland Van Campenhout prendrait la place de Filip. Qu'allait faire ce croustillant quinquagénaire devant ces fils du blues?… M'enfin, je suis quand même resté optimiste, car en abordant de multiples directions musicales, Roland est un artiste qui a toujours su se remettre en question. Il a trempé dans le Delta Blues, mais aussi réalisé des musiques de films, opéré des ouvertures vers l'Orient et embrassé bien d'autres perspectives encore. Entre artistes larges d'esprit, prêts à tout expérimenter, l'amalgame a fonctionné. "Waterbottle" est une réussite ; certes pas facile à assimiler dès la première écoute, mais cette musique si riche vous pénètre insidieusement jusqu'à vous posséder.

Vous le devinez, il n'existe pas de similitude entre la guitare de Filip et celle de Roland, ni entre le chant fin et propre du premier, et celui, rocailleux et ravagé, du père Roland. Une bonne partie du El Fish sound est restée, grâce à l'harmonica lumineux de Steven, et l'extraordinaire qualité de la section rythmique de Jan Ieven et Rohal De Ridder. Jan est une pièce importante du puzzle Fish. D'ailleurs, il se charge d'une bonne partie de l'écriture et notamment des instrumentaux.

L'ouverture "Tangah" et "Mustallah" est une longue épopée inspirée par la musique orientale. Un fragment au cours duquel Roland mord à pleines dents dans le délire psychédélique. Le dernier instrumental, "Canzoncina per Jaco", se ballade entre le Far West et le Mexique voisin. Caractérisée par une extraordinaire leçon d'harmonica, elle pourrait être la bande sonore d'un western. D'autres plages possèdent une délicate touche country. Notamment la reprise du "The end is not in sight" des Amazing Rhythm Aces ainsi que la reprise d'une plage de l'album "Wisteria", Lack of time". Cette chanson qui manifestait une tristesse infinie, subit ici un traitement plus optimiste, plus rythmé. Tel un cowboy sur son cheval, Steven déclame autour de lui "I feel fine", devant des accords de guitare d'une simplicité désarmante!! Et en conclusion, il tire des sons impossibles de son kazoo. Roland chante sa composition "Good as bad can be". Elle sonne très El Fish. L'alchimie a fonctionné ! Steven crée des motifs lugubres, blafards, très "noir et blanc". El Fish passe ensuite au tango. Etonnant, non ? Roland chante Astor Piazzolla, sur "I've seen that face before". Il pousse la plaisanterie jusqu'à livrer quelques phrases en français! La voix grasse de Roland se mêle à celle plus timide de Steven pour chanter "This or that". Bien plus roots, la finale "Bad tattoo" est balayée par deux harmonicas qui s'entremêlent. Et l'entraînant "The Chinaman in the dessert" a bien évidemment recours à une formule à la Roland, caractérisée par un méchant échange entre slide et harmonica! El Fish se maintient dans l'incontestable qualité.